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mercredi 22 décembre 2010

Province du Nord-Kivu, controverse sur la fin de l’administration parallèle installée par le Cndp pendant les années de la guerre


Il ya plus de deux semaines que les éléments de l’ex-mouvement politico-militaire du Cndp ont accepté de lever les barrières qu’ils avaient érigé à Mushaki dans le Territoire de Masisi dans la province du Nord-Kivu pour adhérer au processus de réunification des territoires qu’ils contrôlaient. Beaucoup de défis restent pendants qu’en bien même ils ont pris cet engagement, leur présente est encore vivante dans la majeure partie qu’ils ont occupée pendant la guerre, a déclaré le président de la société civile du Territoire de Masisi, M. Sylvestre Bwira.
Le vice-président du Cndp s’était lui-même rendu à Masisi avec l’administrateur du Territoire de Masisi, Mme Bangwene. Il avait présenté l’administrateur du territoire à la population et que désormais qu’elle lui a demandé de passer par Mushake pour se rendre à Masisi.
Le Cndp avait également placé des chefs de postes et sa police qui dépendaient du Territoire de Mushake. Tous les membres qui avaient été nommés par le Cndp, alors mouvement politico-militaire continuent encore à travailler. Le chef de poste placé à Mushake continue lui à exercer, la police parallèle vague à ses occupations quotidiennes, a ajouté le président de la société civile de Masisi.
 En termes de réunification de ce territoire, il y a à boire et manger, a-t-il dit. S’il y a réunification, on donnerait l’occasion aux autorités reconnues par Kinshasa de les installer. Mais ils ont été installés par le chef d’un parti politico-militaire. « Nous ne comprenons pas. Est-ce qu’un parti politique peut-il installer un administrateur ? », s’est-il demandé.
Le problème de retour des réfugiés rwandophones est une question épineuse dans le Territoire de Masisi d’autant plus qu’à l’issu des accords de la conférence sur la paix et le développement tenue à Goma l’année dernière, « nous avons compris qu’il n’y avait pas réellement des réfugiés. L’Abbé Malumalu est parti au Rwanda à leur recherche. Il n’avait vu personne. Nous avions entendu parler qu’il y avait des réfugiés spontanés qui venaient du Rwanda. Ils passaient clandestinement la frontière pour installer dans le territoire de Masisi avec leurs armes. Nous avons demandé au HCR de nous dire si ces retournés étaient exactement des réfugiés. Le HCR ne les avait pas reconnus comme des réfugiés ».
M. Sylvestre Bwira a souligné que « nous ne connaissons pas leur nombre et où sont-ils installés ? Ils entrent spontanément dans le territoire et rentrent d’où ils viennent. Les habitants de Masisi sont anxieux sur l’ensemble du territoire parce que ces réfugiés rentrent avec des armes et à un certain moment ils disparaissent. Nous ne comprenons rien de ce phénomène parce que les pouvoirs publics pouvaient en principe s’occuper de cette question et de comprendre la problématique de ces retournés ou ces « réfugiés ».
Développement des conflits
Il y a des conflits qui se développent entre Tutsi et Tutsi qui sont rentrés des pays anglophones notamment de l’Ouganda et de la Tanzanie. Il y un conflit de ceux-là qui étaient à l’époque en Rdc, certains Tutsi disent que ces Tanzaniens ne sont pas de Congolais et viennent s’aventurer au Congo. Ils craignent que leurs terres ne soient spoliées. C’est la première problématique de ces retournés. Un autre type de conflit qui se développe, c’est entre Hutu et Tutsi. Ils se disent qu’ils sont tous rwandophones et que les Tutsi ne sont pas des Congolais. Le troisième type de conflit que les habitants de Masisi auquel ils assistent impuissants est celui entre éleveurs et agriculteurs. Ces derniers retournent avec leurs vaches et les nourrissent dans les champs des agriculteurs. Le quatrième conflit est celui qui opposerait gouvernés et gouvernants. Dans ce territoire a indiqué le président de la société civile de Masisi, ceux qui gouvernent ce sont les hommes qui viennent du Rwanda. Ils viennent avec des armes sous couvert du Cndp. Un slogan est né dans le territoire qui dit « nous fêtons le cinquatenaire mais en réalité ce sont les 50 ans de souffrances ».
Dans l’ensemble, la situation sécuritaire dans le Masisi après le passage du chef de l’Etat qui avait demandé la fin de crépitement des balles, la situation est un peu fragile a reconnu M. Sylvestre Bwira. Tout le monde craint tout le monde, a-t-il fait observer. D’une manière générale, le Parec du Pasteur Daniel Ngoy Mulunda n’a pas su récolter toutes les armes. Chaque groupement social ou tribal continue à entretenir et à garder ses armes. Les gens ont peur du lendemain qu’ils ne sauraient maîtriser. Ils se disent que ceux qui détiennent des armes sont de telle tendance et les autres sont de telle autre tendance. C’est pour cette raison qu’ils ont refusé de remettre leurs armes au Parec. L’autre inquiétude des habitants de ce territoire est l’APLS, le mouvement du Général Janvier qui détient des armes et impose sa loi dans la partie Nord-Ouest du territoire de Masisi. La Monusco est présente dans le territoire et « nous avons tenté à plusieurs reprises de rencontrer ses responsables, elle a son cahier de charge qu’elle doit observer  l’insécurité est permanente dans le territoire », a-t-il conclue.
Le Cndp confirme la fin de l’administration parallèle
Avec le début des nominations que le gouvernement a opéré dans la province puisque le Cndp avait présenté une liste des cinq candidats comme administrateurs des territoires, il en a nommé trois et il en reste deux. Ces nominations ont comme conséquence principale la fin pour le Cndp de l’administration dite parallèle, a mentionné le porte-parole du Cndp, Me Antoine Mahamba.  Il a enchaîné que son parti, le Cndp, attend incessamment la nomination des chefs de postes d’encadrement administratif qui pourrait intervenir dans les tout prochains jours.  « Nous espérons que tout va marcher comme sur les roulettes. Concernant l’insécurité, le chef de l’Etat a ajouté encore trois mois pour l’opération Amani Leo parce que nous savons qu’il y a encore des poches de résistance  et d’insécurité dans certains coins. Vous savez que les Fdlr occupent encore des coins dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Nous espérons qu’avec l’opération Amani Leo tout cela finira.
Me Mahamba a toutefois indiqué que l’insécurité, oui il y en a mais les Fardc font aussi des efforts pour essayer de sécuriser les populations civiles et d’en finir définitivement avec les Fdlr. Les causes de toutes les guerres dans les Kivu sont contenues dans l’accord de Goma signé le 23 mars 2009. Le Cndp a rempli sa part de contrat en mettant fin à l’administration parallèle. La balle est dans le camp du gouvernement pour qu’il en fasse autant avec l’intégration politique, la reconnaissance formelle des grades dans l’armée, le retour effectif des réfugiés et la prise en charge des blessés de guerre qui pose problème. « Nous attendons la concrétisation de la promesse qui a été faite par le chef de l’Etat ».

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