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samedi 17 août 2019

RD Congo : La rougeole, une épidémie meurtrière qui se propage comme une traînée de poudre


L’épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier est la plus meurtrière  que la République Démocratique du Congo (RDC) ait connue depuis 2011-2012. Entre janvier et début août 2019, elle a infecté plus de 145.000 personnes et entraîné 2.758 morts. Malgré l’ampleur de l’épidémie, il y a un manque alarmant d’acteurs et de fonds pour répondre à cette crise. Avec seulement 2,5 millions de dollars américains mobilisés sur les 8,9 millions américains requis pour le plan de réponse du Cluster Santé, le contraste avec l’épidémie d’Ebola à l’est du pays, qui attire multiples organisations et des centaines de millions de dollars, est frappant.
« Alors qu’une réponse rapide et adaptée est cruciale pour contenir l’impact de la rougeole sur les populations, et notamment les enfants, sur le terrain on constate l’absence d’acteurs et donc un manque flagrant d’assistance nécessaire », alerte Karel Janssens, Chef de Mission de Médecins Sans Frontières (MSF) en RDC.
MSF combat l’épidémie à travers ses projets réguliers et des interventions d’urgence dans 13 provinces du pays, aux côtés des équipes locales du Ministère de la Santé. Depuis le début de l’année, les équipes MSF ont vacciné 474.863 enfants de 6 à 59 mois, et pris en charge médicale 27.439 patients.  
Plus récemment, MSF a déployé ses équipes dans de nouvelles zones, comme la province du Mai-Ndombe, à l’ouest de la RDC. Une équipe d’urgence y intervient pour limiter l’expansion de l’épidémie dans les zones de santé situées le long de la rivière Kasaï : Kwamouth, Bolobo et Nioki. Mise en place pour être mobile et agile, l’équipe déplace sa base continuellement. Cela permet d’adapter la réponse et d’atteindre les populations dans les zones reculées difficiles d’accès.
« Le simple fait d’acheminer les vaccins jusqu’au point où les enfants doivent être vaccinés est une tâche énorme. Nous devons garder les vaccins au frais, ce qui implique la mise en place de la chaine de froid. Pour cela, il faut des frigos, des générateurs, du carburant et des moyens de transport rapides, et donc aussi un système de maintenance. Plusieurs zones de santé ne bénéficient d’aucun soutien d’autres organisations, malgré des besoins évidents », explique Pierre Van Heddegem, Coordinateur Terrain de l’équipe d’urgence rougeole de MSF.
A moins d’une mobilisation massive de fonds et d’acteurs, cette crise pourrait empirer davantage.
 « Deux mois après avoir été déclarée officiellement, et quelques semaines avant la rentrée scolaire, l’épidémie ne montre pas de signes de ralentissement. En fait, depuis juillet la situation s’aggrave, avec une hausse de nouveaux cas notée dans plusieurs provinces. Si nous voulons maîtriser cette épidémie, il est impératif de renforcer la réponse dès maintenant », conclut Karel Janssens.
La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse pour laquelle aucun traitement spécifique n'existe. Le seul moyen de lutter contre cette maladie est la vaccination et le traitement symptomatique.
MSF est présente en République Démocratique du Congo depuis 1977. L’organisation s’est dotée de plusieurs équipes de réponse aux urgences à travers le pays qui ont pour vocation de répondre aux urgences sanitaires et humanitaires (épidémie, pandémies, déplacements de populations, catastrophes naturelles, etc.). Ces équipes assurent la surveillance épidémiologique et répondent aux urgences dans un court délai par des actions médicales ponctuelles visant à limiter la morbidité et la mortalité.




vendredi 16 août 2019

Changement climatique : vers un forum annuel pour encourager les investissements climatiques en Afrique



Changement climatique : vers un forum annuel pour encourager les investissements climatiques en Afrique
L’atelier international sur la préparation des projets d’investissement pour la Réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD+) en Afrique, s’est tenu du 13 au 15 août 2019 à Abidjan. Des experts en gestion durable des forêts venant de 18 pays africains se sont engagés à organiser annuellement un forum sur les investissements REDD+, en vue de mobiliser des fonds destinés à la lutte contre le changement climatique sur le continent.
Une soixantaine d’experts africains de la REDD+, participants à l’atelier, ont adopté « Les Résolutions d’Abidjan » qui préconisent également la création et le maintien d’un réseau d’experts africains sur la REDD+. En plus, elles recommandent la promotion de mécanismes d’échanges entre les pays, l’engagement du secteur privé dans la REDD+ et la désignation de points focaux du réseau dans les cinq régions de l’Afrique.
Phillips Gareth, chef de division au Département changement climatique et croissance verte de la Banque africaine de développement, espère voir une mise en œuvre rapide des résolutions de l’atelier qui est un résultat fort intéressant. « La Banque est là pour soutenir vos efforts. Nous voulons aider à faciliter votre accès direct aux financements climatiques et nous allons aider à trouver des fonds pour appuyer les programmes dans les pays », a-t-il ajouté.
Représentant de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), partenaire de l’atelier, Koiro Fujino s’est félicité des échanges passionnants au cours de l’atelier. « C’est la première fois que je rencontre ensemble des experts africains sur la REDD+. Ceci est un premier pas, car nous avons beaucoup à faire pour aller de l’avant. Nous sommes prêts à accompagner les pays africains dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Fujino.
Pour sa part, Juan Chang, spécialiste principal en Forêt et utilisation des sols au Fonds vert pour le climat (GCF) espère que les participants auront désormais une meilleure compréhension du fonctionnement du Fonds. « Cela a été une expérience enrichissante de suivre vos échanges... Nous vous encourageons à promouvoir davantage votre agenda de la REDD+, car en dépit des défis, nous observons un début de résultats », s’est réjoui Chang.
« Cet atelier a permis à nos pays d’être mieux outillés pour accéder aux ressources du Fonds vert pour le climat. C’est ensemble que nous devons porter la voix de l’Afrique devant les instances de prise de décisions portant sur le financement de la mise en œuvre de la REDD+ », a souligné Parfait Kouadio, conseiller technique, représentant le ministre ivoirien de l’Environnement et du développement durable, Prof. Joseph Séka Séka.
« Le dialogue interafricain et avec les parties prenantes reste nécessaire pour l’atteinte de l’objectif de la réduction des gaz à effet de serre. La Côte d’Ivoire continuera à jouer la part qui est la sienne pour la réalisation des propositions pertinentes », a promis M. Kouadio.
Qu’est-ce que la REDD+?
La REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) est le mécanisme international conçu dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour offrir une compensation aux gouvernements, aux communautés, aux entreprises ou aux particuliers des pays en développement pour les actions entreprises en vue de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts en dessous du niveau de référence établi. L'objectif est d'atténuer les effets du changement climatique en réduisant les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES), grâce à l'amélioration de la gestion forestière. REDD+ soutient la création d'une valeur financière pour le carbone stocké dans les forêts, en offrant des incitations aux pays en développement pour qu'ils réduisent les émissions des terres forestières et investissent dans des filières à faible émission de carbone.


mercredi 14 août 2019

SADC : Les dirigeants doivent assurer la sécurité des personnes atteintes d’albinisme


Les leaders de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) doivent intensifier les efforts afin d’assurer la sécurité des personnes atteintes d’albinisme, notamment en luttant contre l’impunité généralisée, a déclaré Amnesty International le 14 août 2019 à l’approche du 39ème sommet des chefs d’État de la SADC en Tanzanie.

Environ 150 personnes albinos ont été tuées pour des parties de leur corps dans des pays tels que le Malawi, la Tanzanie, le Mozambique et la République démocratique du Congo (RDC) depuis 2014. La Tanzanie a enregistré le plus grand nombre d’homicides, soit 76, sur cette période.

« À travers la région de la SADC, les personnes albinos continuent de vivre dans la crainte d’être tuées ou enlevées pour des parties de leur corps. Ces vagues d’attaques violentes sont alimentées par la croyance erronée et dangereuse selon laquelle certaines parties du corps des personnes albinos apportent la prospérité, a déclaré Deprose Muchena, directeur du Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Les leaders de la SADC doivent s’attaquer aux causes profondes de ces agressions ciblées afin de mettre un terme au calvaire des personnes albinos, toujours terrorisées par les bandes criminelles dans la région. Alors qu’ils se réunissent en Tanzanie cette semaine, ils doivent stopper la progression de ces crimes horribles. »

Ces dernières années, des centaines de personnes atteintes d’albinisme ont été victimes d’attaques, notamment de mutilations, d’enlèvements et de tentatives d’enlèvement. Les crimes visant les personnes albinos sont devenus une pratique transnationale dans la région de la SADC : des victimes sont attirées hors de pays comme le Malawi et sont par exemple retrouvées au Mozambique.

Les défaillances de la justice pénale, comme la piètre gestion des dossiers et des preuves, s’agissant de résoudre les cas de crimes visant des personnes albinos renforcent l’impunité et favorisent les crimes contre ce groupe vulnérable.

Si des réformes légales sont en cours, comme les modifications apportées au Code pénal et à la Loi relative à l’anatomie, afin de contrer ces attaques, dans des pays comme le Malawi et la Tanzanie, elles doivent encore produire des résultats positifs car les personnes albinos sont toujours la cible des gangs criminels.

« Il est intolérable que les personnes albinos continuent de vivre à la merci de ces bandes criminelles. À la faveur de ce sommet, les dirigeants de la SADC doivent adresser un message clair : les responsables de ces attaques n’échapperont pas à la justice », a déclaré Deprose Muchena.

Amnesty International demande aux dirigeants de la SADC d’adopter un Plan d’action régional, afin de mettre en œuvre une réponse coordonnée pour assurer la sécurité des personnes albinos à travers l’Afrique australe.

Complément d’information

Le Forum parlementaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe a adopté une motion condamnant les attaques, enlèvements, homicides et actes de discrimination visant les personnes atteintes d’albinisme dans la région lors de sa 45e session à Maputo, le 24 juillet. Amnesty International estime que c’est une mesure positive qui fait avancer la région vers une véritable prise en compte du cycle d’atteintes aux droits humains visant ces personnes.

Les personnes albinos continuent d’être en butte à des violations des droits humains – stigmatisation et discrimination notamment – , à un accès inadapté aux services de santé et d’éducation, ainsi qu’à d’autres exclusions sociales. On compte des dizaines de milliers de personnes albinos dans la région de la SADC.