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mercredi 22 décembre 2010

Arrivé fin mandat en Rdc, L’Ambassadeur de Chine : « il est inconcevable que la Rdc importe tout de l’extérieur »


Après plus de trois ans et huit mois de mon mandat en Rdc, l’Ambassadeur de Chine en Rdc, M Wu Zexian a quitté la Rdc le 13 novembre 2010 la Rdc. Son successeur est un jeune diplomate de 46 ans qui doit rejoindre son poste d’attache dans les tout prochains jours à Kinshasa. L’ancien Ambassadeur s’est beaucoup investi dans le cadre de conception et de l’élaboration du contrat chinois avec la Rdc. Il est satisfait de son mandat plus de trois ans après.
Le diplomate chinois a déclaré que le pays a beaucoup évolué. D’abord sur le plan sécuritaire, lorsqu’il est arrivé à Kinshasa au début de l’année 2007, la situation n’était pas encore très stable. Mais rapidement, le pays a retrouvé la stabilité et surtout à l’Est du pays où les autorités congolaises ont résolu certains problèmes de fonds. « Aujourd’hui, on constate qu’il y a encore beaucoup de problèmes. A mon avis, le fonds de ce conflit a quand même changé. Cela veut dire qu’il y a plus de facilité pour gérer la situation », a-t-il dit.
Sur le plan économique, il a noté beaucoup de signes d’activités qui sont visibles avec des chantiers qui ont été ouverts à travers le pays qui donnent l’espoir à la population. D’ailleurs, ajoute-t-il, « les entreprises chinoises sont présentes et de notre côté, nous avons essayé de contribuer à cette reconstruction. Du côté de l’ambassade, nous avons poussé deux volets de coopération ».
Le premier volet, c’est l’aide au développement. « Nous avons dans ce cadre réalisé pas mal de projets durant mon mandat, y compris les écoles, des tronçons de route, les fibres optiques », a confié M. Wu Zexian. Avec l’aide au développement accordé annuellement, d’autres projets vont certainement continuer. Il a indiqué que les parties chinoise et congolaise sont en train d’envisager de réaliser le réseau de télécommunication des fibres optiques qui pourrait partir de Kinshasa vers la frontière zambienne.
Sur le plan de la coopération à caractère commercial, la Chine a poussé les entreprises chinoises à travailler activement avec leurs partenaires congolais. Dans ce domaine, le projet le plus important est celui qui est appelé communément « contrat chinois ». En fait c’est une coopération de grande envergure qui va durer pour 22 ans. Tous les projets qui sont prévus dans ce contrat avancent très bien dans les conditions fixées par toutes les parties.
Il a relevé que des projets d’infrastructures qui ont été choisis comme la première tranche de cette coopération, du moins la plupart d’entre eux sont dans la phase terminale. Bien sûr après le premier lot de projets, il y a des projets qui ont été choisis dans le deuxième lot qui avancent aussi très bien et certains sont déjà dans la phase terminale.
Il a mentionné que d’autres projets sont attendus pour le troisième et le quatrième lots. Il est confiant que son successeur qui est un jeune diplomate de 46 ans, connaisseur de la Rdc, va continuer les efforts pour pousser d’aller de l’avantavec cette coopération sino-congolaise. « Il fera certainement mieux que moi puisqu’il est jeune. Il est beaucoup plus dynamique que moi.  De toute façon, dès que je rentre en Chine je veux le voir pour qu’il se familiarise tout de suite avec le nouveau dossier de coopération, bien sûr il connaît le pays mais pas tous les dossiers mais je veux l’aider à se familiariser avec tous les dossiers de coopération pour qu’il puisse continuer à faire des efforts en faveur de l’avancement de tous les projets de coopération entre la Chine et la Rdc ».
Climat de coopération des affaires entre la Chine et la Rdc
Ce climat a été un travail de longue haleine, minutieusement discuté entre les partenaires de deux pays parce que les gens font allusion au « fameux contrat chinois ». C’est cette coopération qui a nécessité le plus de travail de coopération. Pour le projet de l’aide au développement, c’est plus simple puisqu’il suffit de signer un accord gouvernemental pour que la Chine envoie une entreprise pour réaliser les travaux demandés. L’entreprise est payée par l’Etat chinois et c’est très simple. Par contre, pour la coopération à caractère commercial, dès le début « nous avons dit il faut qu’elle soit basée sur le principe d’égalité, de respect mutuel et d’avantages réciproques. Du coup, pour négocier les conditions commerciales il faut tenir compte de certains principes, veiller à ce que chaque détail soit clair et précis pour éviter l’équivoque. Ca pourrait être inconfortable pour les partenaires de deux côtés.
Grand souvenir de la Rdc
C’est un pays formidable, merveilleux et béni par le ciel. M. Wu Zexian s‘est refusé de donner de conseil aux dirigeants congolais. Il souhaite tout simplement voir le pays devenir rapidement prosper, développer, moderne, dynamique. Son vœu est de voir rapidement le peuple congolais trouver son bonheur parce que pour un pays qui dispose autant des conditions favorables, autant d’atouts et autant des potentialités pour le développement, il est paradoxal de le voir aujourd’hui avec moins d’industries. « On importe beaucoup de choses de l’extérieur, ce qui n’est pas normal. Il faut développer l’industrie, attirer des investissements de l’extérieur mais aussi il faut encourager les investissements domestiques. L’agriculture est également à développer », s’est-il exclamé. La Rdc a la même superficie cultivable que la Chine et n’a que 80 millions d’habitants. La Chine en a un milliard trois cent millions. Donc, si le pays importe de quoi manger, ce n’est pas normal. C’est vraiment paradoxal. Il faut que tous les Congolais sachent qu’ils ont une potentialité qui est énorme et il faut savoir l’exploiter.
En revenant sur le « contrat chinois », l’ex-Ambassadeur de la Chine a déclaré que ce contrat est basé sur un principe qui vise à faire investir par des partenaires chinois sur deux fronts. D’un côté, il y a des infrastructures pour lesquelles plusieurs centaines de millions de dollars ont déjà été investis. De l’autre, c’est pour investir dans l’exploitation de la mine. Les parties ont d’abord fait des études de préfaisabilité. Après ces études, elles ont eu à signer l’ensemble des accords commerciaux pour cette coopération et toute de suite « nous avons commencé les études de faisabilité et la différence entre les études de préfaisabilité est que les premières consistent à jeter les bases de cette coopération. Les deuxièmes sont plus techniques ».
C’est simplement pour concevoir cette mine qui, en ce moment, est beau lac avec un réservoir d’eau énorme. Il faut d’abord pomper de l’eau et ensuite creuser des souterrains et la construire enfin. Cela nécessite un travail technique énorme. Les études de faisabilité visent à faire la conception de cette mine et sont déjà terminées depuis fin juillet. Ce n’est qu’après que la partie chinoise va se lancer dans l’exploitation de cette mine. « Et nous pensons que dans quelques années cette mine pourra produire. A ce moment là, elle aura générée tous les financements pour recouvrir non seulement des investissements d’infrastructures qui sont en cours de réalisation depuis le début de cette coopération, mais aussi des futurs projets de coopération de construction d’infrastructures. C’est ça l’idée directrice de cette coopération. Donc, tout ce passe bien ».
Présence des Chinois en Rdc
Il y a deux catégories de Chinois. La première est envoyée par les entreprises chinoises qui les emploient. Ce sont des Chinois qui travaillent dans certains chantiers à travers le pays. La deuxième catégorie est arrivée à titre individuel. Et ces Chinois se retrouvent partout à travers le monde. Ils ne sont pas uniquement en Rdc mais partout à travers le monde et même dans les coins les plus reculés. Ils sont présents à titre individuel et ne sont pas tenus à se présenter à l’Ambassade. C’est pour cela que nous les connaissons très mal, a souligné M.Wu Zexian. Il a rencontré récemment un Chinois de cette catégorie, un petit entrepreneur dans un restaurant chinois. Il a une usine de fabrication des chaussures à Kinshasa et emploie environ deux cent personnes. Elles sont en majorité sont des Congolais. « J’ignorais qu’il avait ce genre d’initiatives privées. Cet entrepreneur chinois a fait venir des gens de son village en Rdc. Ces gens ne travaillent pas dans son entreprise mais se sont lancés dans le commerce et d’autres activités.
M. Wu Zexian a conclu que les moyens manquent pour les identifier tous au niveau de l’Ambassade. Tout ressortissant chinois où qu’il soit se doit de respecter les lois et les réglementations des pays qui l’accueillent. S’il enfreigne la loi de son pays d’accueille, il doit être sanctionné et il lui appartient de porter sa responsabilité individuelle.   

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