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mercredi 22 décembre 2010

Malgré une disposition de la Constitution, les personnes vivant avec handicap toujours exclue de la société


« Tenir la promesse, intégrer la dimension du handicap dans les objectifs du millénaire ». C’est sous ce thème qu’on célèbre ce vendredi 3 décembre la journée internationale dédiée aux personnes vivant avec handicap. Dans ce cadre, le comité paralympique  de la Rdc et Handicap international Belgique co-organisent une journée d’action placée sous le signe de sport au Stade Vélodrome de Kintambo.
Alors que la Rdc venait de fêter le cinquantenaire de son indépendance, force est de constater que pour le bien des Congolais, la survie au quotidien reste un combat. Pour le directeur de programme de Handicap international Belgique M. Stefan Flandrin, ce thème montre que les objectifs qui ont été définis à ce changement du millénaire en 2000 avec des résultats qui devraient être évalués en 2015, il y a encore du chemin à parcourir pour intégrer le concept de handicap dans les différents objectifs du millénaire pour le développement. « Ca c’est une véritable gageure à atteindre pour que ces objectifs du millénaire pour  que le développement soit une réussite ».
Les défis qui se posent pour les personnes vivant avec handicap sont énormes et il a souligné qu’on soit personnes vivant avec cette situation ou pas, il pense qu’il y a des défis à relever en termes de santé pour réduire le taux de décès maternel et infantile et en termes d’éducation. Selon lui, ça c’est le rôle de l’Etat d’augmenter son budget qui permettrait à l’éducation nationale de pouvoir mieux fonctionner.
M. Martin Lusambila, personne vivant avec handicap et président de l’ng Parousia, a, lui, fait l’état de lieu de la situation des personnes vivant avec handicap en Rdc. Depuis l’indépendance du pays en 1960 jusqu’avant l’organisation du dialogue intercongolais, la Rdc ne disposait pas un cadre légal qui assurait la promotion et la protection de cette catégorie de personnes.
Dans la foulée, il a déploré la non participation des personnes en situation de handicap dans les institutions tant nationales que provinciales. Dans la Constitution ou dans les autres documents officiels, le constituant ne dit pas clairement ce qui devrait se faire en faveur des personnes vivant avec handicap. « Cela a entraîné la marginalisation d’un nombre important des Congolais en situation de handicap dans la marche des affaires de l’Etat et le développement du pays ».
M. Martin Lusambila a constaté que « tout ce qui se fait dans le pays est conçu en rapport avec les personnes valides et du coup les personnes en situation de handicap sont rejetées ». Toutefois, il a reconnu quelques avancées  constitutionnelles après la signature des accords de paix au terme du dialogue intercongolais à Sun City en Afrique du Sud. L’article 52 de l’Acte constitutionnel adopté en 2003 stipulait que «  la personne du 3ème âge et la personne avec handicap ont droit à des mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques, intellectuels et moraux ». Cet article n’évoque nullement la question de la participation des personnes vivant avec handicap au sein de la communauté.
Après Sun city, ces personnes se sont mobilisées pour approcher le législateur pour qu’il influence les décideurs afin que cette question devienne constitutionnelle. Dans l’actuelle Constitution, le constituant a repris l’article 52 de l’Acte constitutionnel dans son article 49 avec de petites innovations. L’article 49 dit que la personne du 3ème âge et la personne vivant avec handicap ont droits aux mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins… et on y retrouve avec des incises qui ont été ajoutés avec l’insistance des personnes vivant avec handicap et qu’il était important d’insérer que l’Etat a l’obligation de promouvoir la présence des personnes vivant avec handicap au sein des institutions provinciales, locales et  nationales.
M. Lusambila a mentionné qu’il est malheureux de constater qu’il y a un autre alinéa qui a été ajouté disant qu’une loi organique fixe les modalités de cette participation. Jusqu’à ce jour, cette loi organique n’existe pas en vue de permettre la mise en œuvre de l’article 49 de la Constitution.
Mme Betty Miangindula, présidente du comité paralympique de la Rdc, a déclaré que les structures qui organisent le sport à l’égard des personnes vivant avec handicap existent en Rdc  depuis 1990. Toutes les structures de sport des personnes vivant avec handicap se sont regroupées pour former le comité paralympique. Cette femme, docteur en éducation physique, s’est spécialisée en activité physique adaptée et en sport pour personnes vivant en situation avec handicap.
Cette structure organise pour la circonstance en faveur des personnes vivant avec handicap plusieurs activités sportives telles que l’athlétisme pour aveugles, pour sourds, pour retardés défiants intellectuels et pour les défiants locomoteurs. Il y aura le goalball qui est un sport pour aveugles, le football pour aveugles et handicapés physiques et valides, pour les sourds ainsi que le football où il y aura l’équipe de Handicap international avec les parents des enfants en situation avec handicap.
A côté ce sport, il sera aussi organisé le volley-ball assis pour les locomoteurs, le tennis de table pour les locomoteurs et le torball pour  les aveugles. Mme Mingidula a fait savoir qu’il est facile pour cette catégorie de personnes d’exercer ces genres de sport. Les valides seront également mis en situation de handicap pour qu’ils sentent que ce n’est pas facile de vivre dans cet état et de faire le sport. Ces personnes ont les mêmes droits que les personnes valides. Le sport est bénéfique pour eux sur plusieurs plans notamment la santé, car une personne qui ne pratique pas le sport est exposée aux maladies cardiovasculaires et métaboliques. En faisant le sport, ils seront épargnés pour ces maladies parce qu’ils sont exposés comme les valides à ces maladies.
Handicap international Belgique a organisé par la même occasion la présence de ses 15 ans en Rdc. Aucune autorité congolaise ne s’est présentée à cette manifestation qui été organisée mardi au Centre Wallonie Bruxelles. Et pourtant, ces autorités ont été invitées et leurs places sont restées vides. Il y a de quoi de se poser des questions…

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