APO

jeudi 18 janvier 2018

Les agences de l'Onu lancent un appel d’urgence pour prévenir la famine dans le Grand Kasaï

Dans un avertissement sévère, trois agences des Nations Unies - l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) - disent que le temps presse pour sauver des centaines de milliers de vies en République démocratique du Congo.
Les agriculteurs qui ont fui leurs villages à cause du conflit ont raté trois saisons agricoles successives. Cela a laissé les gens avec presque rien à manger. L'aide alimentaire ne parvient pas à combler le vide. Seulement 400.000 des 3,2 millions de personnes souffrant d'insécurité alimentaire grave au Kasaï ont reçu une aide en décembre. Plus de 750.000 personnes sont toujours déplacées. Environ 630.000 personnes déplacées sont retournées dans leurs villages incendiés après s'être cachées dans la forêt, et elles doivent dorénavant être assistées pour reprendre la production agricole. Plus de 90 % des communautés rurales dépendent entièrement de l’agriculture.
"L'agriculture est le seul moyen de redevenir productif. Non seulement elle génère de la nourriture et des revenus pour les familles, mais elle restaure également l'espoir, la dignité et l'autosuffisance », a déclaré Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO en RDC.
L'état nutritionnel des enfants est particulièrement critique. « Au moins 400.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère », a déclaré Tajudeen Oyewale, Représentant par intérim de l'UNICEF en RDC. "Ils risquent de mourir, à moins de recevoir de toute urgence une aide en matière de santé, d'eau, d'assainissement et de nutrition. La sécurité alimentaire à plus long terme doit être rétablie et les pratiques d'alimentation et de soins améliorées afin que les enfants puissent avoir accès à la nourriture de qualité dont ils ont besoin. "

L'ONU et ses partenaires courent contre la montre pour nourrir la population du Kasaï, combattre la malnutrition parmi ses enfants et renforcer la résilience. Mais les obstacles se dressent contre eux : infrastructures limitées, sécurité médiocre et moyens financiers insuffisants. 
"Il y a des signes qui montrent que les donateurs commencent à contribuer, mais les ressources sont très insuffisantes au vu de l'ampleur de la souffrance humaine", a déclaré Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC. "Le gouvernement congolais et la communauté internationale doivent se réengager sur tous les fronts pour prévenir une famine majeure au Kasaï. Ne pas le faire, immédiatement et collectivement, signifie que beaucoup vont mourir. "


lundi 15 janvier 2018

11 civils par des terroristes ADF le 11 janvier sur l’axe Mbau-Kasindi au Nord-Kivu (Gouvernement)

COMPTE-RENDU DE LA 6ème REUNION  EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL DES MINISTRES

Ce lundi, 15 janvier 2018, s’est tenue à l’Immeuble du Gouvernement de la Gombe, la Sixième Réunion Extraordinaire du Conseil des Ministres sous la présidence du Premier Ministre, chef du Gouvernement, Son Excellence Bruno Tshibala Nzenzhe

Points à l’ordre du jour :

I.             Points d’informations
II.           Approbationdes relevés des décisions du Conseil des Ministres
III.         Examen et adoption des dossiers
IV.         Examen et adoption des textes

I.             Points d’informations

Le Gouvernement a reçu trois communications :

La première du Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et Coopération Internationale qui a introduit une réflexion sur les relations entre la RDC et le Royaume de Belgique. Il en ressort une vision divergente du concept de coopération au développement entre nos deux Etats. D’une part, pour la RDC, le besoin d’une coopération axée sur le renforcement des structures de base pouvant accompagner le décollage économique de ce paysaux énormes potentialités, gage d’une justice distributive et d’autre part, pour le Gouvernement belge, une coopération réduite à des interventions humanitaires ponctuelles, pour ne pas dire philanthropiques, paternalistes ou missionnaires rappelant une certaine onomastique de notre Etat lors d’épisodes sombres de son existence au 19ème siècle.
Le Gouvernement de la RDC a ainsi appris par la voie des ondes la décision de la Belgique de suspendre sa coopération directe avec la RDC se chiffrant à 25 millions d’Euros qu’il affecte à des ONG. Le Gouvernement regrette que les autorités belges aient choisi ainsi de gérer les relations bilatérales par voie de presse.
Il y a lieu de rappeler à ce sujet que la coopération de la RDC avec du Royaume de Belgique se limitait déjà à l’aide humanitaire,ce qui ne relève nullement de la coopération au développement. Le Gouvernement en a pris acte et informe l’opinion qu’il fera connaître sa réaction quant à ceet informera ce partenaire des mesures appropriées y relatives par la voie diplomatique.

La deuxième communication, faire par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur et Sécurité avait trait à l’Etat et l’Administration du territoire. Il en ressort une situation sécuritaire relativement calme sur toute l’étendue du territoire nationale avec cependant quelques tentatives subversives initiées notamment par un membre de la hiérarchie du clergé de l’Eglise catholique de la ville de Kinshasa. Ces tentatives que des membres de la CENCO ont tenté de rationnaliser par la suite dans un communiqué s’inscrivaient dans un schéma anticonstitutionnel de violence, de désordre, de perturbation du processus électoral compromettant gravement  les Intérêts Nationaux.
Face à la poursuite de telles actions, les services compétents du Gouvernement ont été instruits de faire en sorte que force reste à la loi afin d’éviter toutimpact négatif sur l’ordre public, la paix, la convivialité entre les différentes couches sociales de la Nation et le processus électoral en cours.
Le Vice Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur a également fait le point des interventions humanitaires du Gouvernement en faveur des victimes des pluies diluviennes qui se sont déversées sur la Ville-Province de Kinshasa ainsi que sur les résultats positifs de la réunion tenue entre les gouverneurs des provinces frontalières respectives l’Angola et de la RDC en prévision de la réouverture des frontières à leurs niveaux après leur fermeture pendant de longs mois, consécutivement aux actions des groupes terroristes agissant sous l’étiquette « Kamina Nap » dans l’espace kazanien.  Il a en outre signalé la fin, lundi 08 janvier 2018 dans le territoire de Kamiji (province de Lomami) de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs par la CENI et la réception par la CENI du premier lot des machines à voter, destinées  à la sensibilisation de la population au sujet de cette technique de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections tel que recommandée à la Centrale électorale par les parties à l’Accord du 31 décembre 2016 dans le chapitre II. 5 de leurs résolutions.

Complétant le vice Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur et Sécurité, le Ministre de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Réinsertion a signalé l’activisme des groupes armés tant étrangers que locaux qui, en réponse, subissent une traque inlassable des FARDC.
Il a fait part au Gouvernement du kidnapping de 11 civils par des terroristes ADF le 11 janvier sur l’axe Mbau-Kasindi au Nord-Kivu et indiqué la réduction sensible des capacités de nuisance des groupes dits Maï-Maï Malaïka éclos vers novembre 2017 au Maniema grâce à la détermination et à la bravoure des vaillantes FARDC qui ont notamment démantelé le Quartier Général de ces malfrats et récupéré un important lot de matériel militaire. Les recherches se poursuivent activement  pour capturer leur chef et le mettre à la disposition de la justice.
Le Ministre de la Défense a ensuite fait état des performances des unités des forces gouvernementales dans la province du Tanganyika où elles ont mis un terme au conflit Bantous-Pygmées.
Dans l’espace Grand Kasaï, il a été signalé quelques soubresauts d’éléments résiduels terroristes au Kasaï et au Kasaï Central où leur tentative d’investir l’aéroport de Kananga ce 14 janvier a été mis en échec par les forces nationales de défense. 11 membres de ces groupes d’inciviques ont été capturés.


II.           Approbation des relevés des décisions du Conseil des Ministres

1.    Le Conseil des Ministres a approuvé par la suite le relevé des décisions de la sixième réunion ordinaire du Conseil des Ministres du vendredi 17 novembre 2017  au cours duquel le gouvernement avait adopté les dossiers relatifs respectivement à l’Evaluation de l’exécution des mesures économiques urgentes du Gouvernement, au complément d’informations sur le « Fonds Okapi pour la Conservation de la Nature en RDC (FOCON-RDC » et approuvé le rapport d’évaluation du processus électoral ;

2.    Le relevéd’une décision de la quatrième réunion extraordinaire du Conseil des Ministres du mardi 05 décembre 2017  qui avait eu pour objet le Projet de Loi portant habilitation du Gouvernement ;

3.    Le relevé d’une décision de la cinquième réunion extraordinaire du Conseil des Ministres du samedi 30 décembre 2017 consacrée à l’examen d’un Projet d’Ordonnance portant dispositions complémentaires relatives au statut, à l’organisation et au fonctionnement de l’Agence pour le Développement et la Promotion du projet Grand Inga en sigle « ADPI-RDC » qui a été adopté ;

4.    Le relevé des décisions de la septième réunion ordinaire du Conseil des Ministres du vendredi 05 janvier 2018 sur le rapport d’évaluation des événements survenus le 31 décembre 2017 de même que des mesures à prendre consécutivement aux conséquences humanitaires causées par la pluie diluvienne qui s’est abattue dans la ville de Kinshasa dans la nuit du 3 au 4 janvier 2018.

III.         Examen et adoption des dossiers

Le Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports et Communications brossé l’économie d’un dossier relatif à la subvention d’équilibre en faveur du transport urbain assuré par l’Etablissement Public TRANSCO. Il s’agit notamment de la poursuite de la subvention en carburant ainsi que la prise en charge du stock des pièces de rechange, de pneumatiques et d’un fonds pour le renouvellement de son charroi.

Quant au Ministre d’Etat, Ministre du Commerce Extérieur, il a présenté son Projet de réhabilitation et modernisation de l’établissement publicFoire Internationale de Kinshasa « FIKIN ».L’étude menée par son Ministère avec l’appui du COPIREPa mis à jour ce projet en trois phases opérationnelles consistant respectivement en (1) la construction d’un parc d’attraction moderne, (2) la construction du parc d’exposition et (3) la construction des hôtels et salles de conférence dans le cadre du Partenariat Public Privé.
Les deux dossiers ont été approuvés par le Conseil des Ministres.

IV.         Examen et adoption des textes

1. Le Vice Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité a dans ce chapitre présenté un Projet de Décret portant levée de la surséance décidée en 2013 de la mise en œuvre de l’érection en villes de quelques entités territoriales afin de les rendre opérationnelles  de villes.

2. Le Ministre d’Etat, Ministre du Commerce Extérieur a, pour sa part, planché sur le Projet de Loi de ratification de l’Accord sur les échanges bilatéraux entre la RDC et la Zambie qui implique des mesures réciproques en matières notamment des statistiques, de lutte contre la fraude, de mise en conformité avec les règles du COMESA et de facilitation en vue la de la fluidification du commerce frontalier. Il a aussi défendu :

3. Un Projet de Loi de ratification de l’Accord sur les échanges bilatéraux entre la RDC et le Rwanda basé sur les mêmes principes,

4. Un Projet de Loi de ratification de l’Accord de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et
5. Un Projet de Loi autorisant la ratification du Protocole d’Accord sur le Commerce des Services signé entre les pays membres de la SADC conclu à Maputo (Mozambique), par les Chefs d’Etat ou de Gouvernement des Etats membres de la SADC.

Le Ministre de l’Environnement a présenté 

6.Un Projet de Loi autorisant la ratification de l’amendement de Kigali du Protocole de Montréal sur le réchauffement climatique.

Le Ministre des Hydrocarbures a soumis

7. Un Projet d’Ordonnance portant approbation du Contrat de Partage de Production signé entre  la RDC et la Compagnie Minière du Congo, COMICO-SONAHYDROC, en sigle le 21 décembre 2007 sur les Blocs pétroliers I, II et III de la Cuvette Centrale de la RDC.

Enfin, Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire
a présenté

8. Un Projet de Décret portant création, organisation et fonctionnement de l’organisme public à caractère scientifique dénommé Agence Nationale d’Assurance Qualité-ESU (ANAQ-ESU).

Ces Projets de Lois, d’Ordonnance et de Décret ont été approuvés par le Conseil des Ministres. Ils seront soumis pour sanction à qui de droit.

Commencée à 10 heures, la Sixième Réunion Extraordinaire du Conseil des Ministres s’est terminée vers 16 heures.

Je vous remercie.




lundi 8 janvier 2018

22 ans après le crash de Type-Ka à Kinshasa, les familles des victimes pour une journée nationale dédiée aux victimes des accidents en Rd Congo

Les familles-parties civiles regroupées au sein de l’Association des Victimes de Type-Ka (AVTK/ASBL), à l’occasion de la célébration du 22ème anniversaire de la catastrophe aérienne survenue sur le marché Type-ka, le 8 janvier 1996, interpellent de nouveau les autorités de la République Démocratique du Congo et leurs Institutions, en l’occurrence le Président de la République, le Sénat, l’Assemblée Nationale, le Gouvernement de la République, ainsi que le Gouvernement Provincial de la Ville de Kinshasa, avec espoir de trouver, cette fois-ci, sous le bénéficie d’urgence, une oreille attentive, en vue de leur implication effective pour la résolution définitive et judicieuse en faveur des victimes.
22 ans se sont écoulés depuis l’avènement de la catastrophe aérienne survenue sur le marché Type-ka, une calaminé publique dont elles ont vécu et subi les effets dramatiques. Entre-temps, la Cour Suprême de Justice, siégeant en cassation, avait déjà rendu depuis le 3 novembre 2004 son Arrêt définitif dans l’affaire qui les oppose à la Régie des Voies Aériennes (RVA) et à la Société SCIBE AIRLIFT, en déclarant les pourvois en cassation de ces deux dernières irrecevables. La conséquence de cette Décision judiciaire était l’acquisition de la force de la chose jugée du 6 Mai 1997 par le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe qui avait condamné la Régie des Voies Aériennes (RVA) et la Société SCIBE AIRLIFT aux dommages et intérêts en faveur des parties civiles.
Cet accident du lundi 8 janvier 1996, le plus meurtrier de l’histoire de l’aviation civile au Congo, en Afrique et dans le Monde, a eu à occasionner la mort de plusieurs personnes et des lésions à d’autres qui sont devenues infirmes à vie. Devant l’insensibilité quasi-inhumaine de tous les Gouvernements qui se sont succédés depuis ce malheureux événement jusqu’à ce jour, et aussi devant la non prise en compte de nos préoccupations majeures, les familles de victimes du crash aérien de Type-ka, se retrouvent aujourd’hui essoufflées et désemparées. Elles ne savent à quel saint nous vouer. Car, leur cri de détresse, leur« S.O.S. ! », n’est pas non seulement entendu, et plus grave encore, ne trouve point de solution voici 22 ans ! La plupart des victimes qui étaient encore malades et alités à la maison jusque à un récent passé, sont mortes et celles devenues invalides sont sans espoir et n’attendent que leur mort ! Des orphelins sans encadrement, car les familles se sont désintégrées socialement, ont vu leur avenir hypothéqué.
En ce 22ème anniversaire qu’elles commémorent la catastrophe aérienne survenue sur le marché Type-Ka, elles portent à la connaissance de l’opinion publique qu’à la suite du manque d’accompagnement et de protection des familles de victimes par le Gouvernement et les autres institutions de la République, les familles de victimes, cherchant d’autres voies et moyens, judiciaires et/ou politiques, pour solutionner leur dossier relégué dans les oubliettes de l’histoire, se sont retrouvées victimes d’une arnaque organisée par un réseau des malfaiteurs, agissant au nom des autorités sur Internet, avec la complicité d’une banque commerciale de la place.
Es familles des victimes dénoncent cette passivité et ce silence coupable du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, toujours insensible pour l’indemnisation de familles des victimes. Elles condamnent cette banalisation de la vie humaine, conformément aux prescrits de la Constitution de la République, telle que modifiée à ce jour et qui stipule en son article 16 (alinéas 1 et 2), nous citons : « La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs ».
C’est pourquoi, déterminés coûte que coûte à défendre leurs intérêts et à faire rétablir, par des moyens légaux, toutes les responsabilités en rapport avec la catastrophe aérienne de Type-ka, les familles de victimes de Type-ka, comptant sur la volonté du Chef de l’Etat pour « une justice équitable, réparatrice et distributive » pour tout congolais et toute congolaise, demandent aux Autorités de la République Démocratique du Congo et à leurs Institutions ce qui suit :
1. Au Président de la République et au Gouvernement Central :
- De s’impliquer résolument dans la question de l’indemnisation équitable, de toutes les victimes de la catastrophe aérienne de Type-ka, en tant donné que la RVA est une Entreprise publique, appartenant à l’Etat et au respect du principe de la condamnation judiciaire « in sollidum », c’est-à-dire l’un à défaut de l’autre ;
2. Au Bureau de l’Assemblée Nationale :
- D’instruire sa Commission Socio-Culturelle aux fins de relancer les travaux sur le dossier relatif à la catastrophe aérienne de Type-ka, déjà examiné, mais non adopté en Plénière, en vue de prendre des mesures d’éligibilité devant faire de la journée du 8 Janvier de chaque année, « une journée nationale » dédiée aux victimes des accidents en République Démocratique du Congo, au regard de la leçon pédagogique à tirer du crash aérien de Type-ka ;
3. A la Commission Nationale des Droits de l’Homme :
- d’accompagner les familles de victimes afin qu’elles espèrent trouver cette fois-ci, un plaidoyer plus efficace et sous le bénéficie d’urgence, une oreille attentive, amenant les autorités politiques et/ou judiciaires à une implication plus responsable pour la résolution définitive et judicieuse en leur faveur ;
4. Au Gouvernement Provincial de la Ville de Kinshasa :
- De prendre des mesures concrètes d’accompagnement psychosocial et socio-économique en faveur :
• des victimes encore invalides ou encore malades jusqu’à ce jour ;
• des veuves devenues indigentes à la suite dudit crash ;
• des orphelins et orphelines, ainsi que d’autres enfants en situation particulièrement difficile, composés essentiellement des enfants en rupture familiale, sociale ou scolaire, des enfants-parents, des filles-mères, des enfants devenus déviants et délinquants ;
• des membres de familles des victimes vivant dans la précarité ;
- D’honorer la mémoire des victimes de la catastrophe aérienne de Type-ka en construisant « LE MÉMORIAL DES VICTIMES » à la Place Type-ka même en guise de leur souvenir pour les générations présentes et futures.

Fait à Kinshasa, le 8 janvier 2018
« TOUS UNIS, JUSTICE SERA FAITE ! ».

POUR LES FAMILLES VICTIMES DE TYPE-KA
1.    Léon BONGOLA wa BILAPO, Président
2.    Mme Elysée BONGUMBA BIAKENEYI, Vice-Présidente
3.    Joachim BONGEYE w’ESONGOLA MATONDO, Secrétaire Général
4.    Mme Agnès KIANGALA SWAMI, Trésorière Générale





vendredi 5 janvier 2018

Gouvernement de la Rd Congo : Pour arrêter le cycle de violence en perspective pour cette année 2018, et empêcher aux organisateurs de la marche du 31 décembre de récidiver, le gouvernement demande à la justice de se saisir du dossier et d’établir des responsabilités

La septième réunion ordinaire du Conseil des Ministres s’est tenue ce vendredi 5 janvier 2018 à l’immeuble du Gouvernement sous la Présidence du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Bruno TSHIBALA NZENZHE.

Un seul point figurait à l’ordre du jour à savoir: « Evaluation des évènements survenus dans la ville de Kinshasa et dans quelques agglomérations de l’intérieur du pays, le 31 décembre 2017 ».
La réunion débute avec la présentation des vœux de nouvel an 2018 aux membres du Gouvernement par le Premier Ministre Chef du Gouvernement au nom du Président de la République Chef de l’Etat et en son nom Propre.

Après le mot introductif du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, complété par le Ministre de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Réinsertion, a présenté au Conseil des Ministres l’état de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national.
Il en découle que la situation sécuritaire est calme sur toute l’étendue du Territoire National, mais légèrement perturbée le 31 décembre 2017 à la suite du mouvement lancé par le Comité Laïc de Coordination de l’Eglise Catholique avec le soutien de l’ancien Président de la Conférence Nationale Souveraine et Président Honoraire du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition et certains partis politiques de l’opposition. Plusieurs paroisses et diocèses catholiques ainsi que des nombreux acteurs politiques et de la Société Civile n’ont pas suivi ce mouvement et ont privilégié d’œuvrer pour la paix en ce dernier jour de l’année 2017.

S’agissant du bilan, on note :
- A Kinshasa : 4 morts parmi les civils et 1 policier. Ces morts n’ont aucun lien avec les manifestations du 31 décembre. On note également 77 fauteurs de troubles qui ont été interpellés et relâchés après leur audition.
- A Kananga : dans la nuit du 30 au 31 décembre 2017, trente personnes se réclamant du mouvement Kamwina Nsapu qui ont voulu pénétrer dans la ville pour participer à la marche du 31 décembre ont été neutralisées par les forces de l’ordre ; le bilan est d’un mort du côté des assaillants.

Dans sa conférence tenue le 02 janvier 2018, l’ancien Président de la Conférence Nationale Souveraine et Président Honoraire du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition, Monseigneur Laurent Monsengwo, par ce que c’est de lui qu’il s’agit, a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du Pays ainsi que des forces de l’ordre. A ce sujet, le Gouvernement de la République qui ne peut accepter que des telles propos viennent d’un Ministre de Dieu a, pour sa part, par le biais de son porte-parole, salué la bravoure des forces de l’ordre et la maturité du peuple congolais qui ne s’est pas laissé manipuler.

Le Vice-premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité a, par la suite, fait part au Gouvernement des autres manifestations programmées par le même Comité Laïc de Coordination de l’Eglise Catholique et son incitateur qui veulent faire entrer la République Démocratique du Congo dans un cycle de violence pour perturber le processus électoral en cours.

Après débat et délibération, le Gouvernement de la République a:
1. Condamné fermement les évènements survenus le 31 décembre 2017 et a mis en garde les organisateurs contre toute récidive.
2. rappelé que les libertés de manifester en RDC doivent se conformer à la constitution, aux lois et textes réglementaires de la République et aux engagements internationaux notamment au Pacte International des droits civils et politiques et à la Charte de l’Union Africaine des droits de l’Homme et des peuples, qui insistent sur le maintien de l’ordre public dans toutes les manifestations.
3. insisté sur la Laïcité de l’Etat Congolais tel que stipulé à l’article 1 Alinéa 1er de la Constitution : « la République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960 un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc … ». De ce fait, il ne peut y avoir alliance entre l’Etat et une Eglise au détriment des autres, de même qu’il ne peut y avoir alliance entre le sabre et le goupillon. Le Gouvernement rappelle ce principe et invite toutes les Eglises à la Neutralité.
4. Pour arrêter le cycle de violence en perspective pour cette année 2018, et empêcher aux organisateurs de la marche du 31 décembre de récidiver, le gouvernement demande à la justice de se saisir du dossier et d’établir des responsabilités. Le respect de la Loi passe avant les considérations d’opportunité.
5. Enfin le Gouvernement de la République rassure la population qu’il ne ménagera aucun effort pour préserver et maintenir la paix chèrement acquise sur l’ensemble du Territoire National afin de permettre la poursuite du processus électoral en cours.

Poursuivant sa communication, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, a informé le Conseil des Ministres des dégâts causés par la pluie diluvienne qui s’est abattue dans la Ville Province de Kinshasa dans la nuit du mercredi 03 au jeudi 04 janvier 2018.

Prenant la parole, le Ministre de la Solidarité Nationale et Actions Humanitaires a pour sa part, présenté les faits saillants, le bilan provisoire et les stratégies d’intervention par rapport à cette catastrophe naturelle dont les dégâts enregistrés se présentent comme suit :
- 37 personnes décédées et plusieurs personnes blessées.
- Inondation des terrains et du poste haute tension de la Société Nationale d’Electricité au niveau de la Funa ayant entrainé la coupure d’électricité et la rupture de la distribution d’eau dans certains quartiers de Kinshasa.
- Glissement des terrains
- 5.100 maisons inondées dont l’orphelinat « le Coeur d’une mère ».
- 192 maisons écroulées

Tout ceci a entrainé le déplacement de plusieurs milliers de personnes vers des familles d’accueil en attendant la baisse du niveau des eaux.
A cet effet, le Président de la République présente ses condoléances à toutes les familles endeuillées et ses compassions à tous les sinistrés. Il a instruit le Gouvernement pour que deux journées de deuil national soient observées ce lundi 08 et mardi 09 janvier 2018 en mémoire de toutes les personnes décédées.

Les Ministres de la Solidarité Nationale et Actions Humanitaires, des Affaires Sociales, de la Santé, de l’Aménagement du Territoire et Rénovation de la Ville, des Affaires Foncières, de l’Urbanisme et Habitat ainsi que celui des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, ont été chargés, chacun en ce qui le concerne, à prendre des dispositions immédiates pour soutenir et accompagner les sinistrés mais aussi pour maitriser et contrôler les inondations ultérieures étant donné qu’une pluviométrie importante sera observée jusque fin mars 2018.

Commencée à 10h00’, la septième réunion ordinaire du Conseil des ministres a pris fin à 13h45’.

Pour le Ministre de la Communication et Médias
Porte-parole du Gouvernement, empêché,
Dr. Félix KABANGE NUMBI MUKWAMPA

Ministre de l’Aménagement du Territoire et rénovation de la Ville.

Le Comité laïc catholique avance un bilan d'une dizaine de morts, des dizaines des blessés et des centaines d'arrestations

Chers frères et sœurs,
Chers compatriotes,
Ce Dimanche 31 Décembre 2017, Nous avons été des millions à travers notre pays à nous être mobilisés, au-delà des étiquètes politiques, au-delà̀ de considérations individuelles, pour dire STOP à la souffrance du peuple congolais !
Nous avons marché pour dire à la face du monde que nous reprenons notre destin en main.
Le pouvoir en place n'a pas hésité à tirer à balles réelles sur la population, à exercer sur elle des sommations; il n'a pas hésité à lancer des gaz lacrymogènes dans les églises pendant des cultes, à séquestrer des fidèles dans des paroisses, constituant en cela une violation grave des lieux sacrés.
Malgré cette violente répression, malgré de nombreuses barricades placées pour encercler des quartiers et des paroisses de la capitale, la population a montré à la face du monde sa détermination ; elle n'a pas cédé à la peur, elle a marché avec courage et discipline.
Nul ne peut se croire plus fort que nous tous réunis!
Le bilan provisoire est lourd : il y a eu parmi nous une dizaine de morts, des dizaines des blessés et des centaines d'arrestations.
Nous pensons à nos Compatriotes qui ont perdu leur vie ainsi qu'à leurs familles; nous leur disons que leurs sacrifices ne resteront pas vains.
Nous savons que nous pouvons compter sur la solidarité des Congolaises et congolais pour organiser les obsèques de nos compatriotes, mais aussi pour contribuer à la prise en charge des soins de nos blessés.
Nous félicitons ceux de nos militaires et policiers congolais qui ont compris le sens et le message de ces frères et sœurs qu'ils ont laissé, par endroits, manifester pacifiquement.
Nous félicitons également nos compatriotes qui ont marché à Dakar, à Paris, à Bruxelles, à Londres, à Genève, et ailleurs dans le monde ;
Par notre marche de ce dimanche 31 décembre 2017, nous venons de prendre rendez-vous avec l'histoire;
C'est une marche d'espoir pour un renouveau certain dans notre pays;
Une marche d'espoir pour près de 4 millions de nos compatriotes déplacés, certains après avoir subi des barbaries sans que ceux qui nous gouvernent n'esquissent le moindre regret;
Une marche d'espoir pour des familles brisées par des violences, des viols, des massacres, des tueries et des pillages de leurs biens;
Une marche d'espoir pour nos compatriotes qui croupissent dans des geôles sans motif et sans procédure respectueuse de la justice;
Une marche d'espoir pour qu'enfin règnent la paix et la prospérité dans notre pays.
Oui chers compatriotes, il faut que ceux qui s'accrochent au pouvoir dans notre pays sachent que le pouvoir nous appartient, que le pays nous appartient à tous.
Nous avons décidé de reprendre notre destin en mains, pour construire un avenir meilleur pour nos enfants; pour dire HALTE à la dictature.
Nous sommes un peuple béni, à qui Dieu a donné une terre riche.
Notre patrimoine nous appartient à tous. Et il nous revient à tous d'assumer nos responsabilités, comme l'ont fait certains de nos compatriotes avant nous.
Ils sont nombreux à avoir payé de leurs vies pour contribuer à notre liberté.
Nous pouvons être fiers de les avoir honorés par la marche de ce 31 décembre 2017.
Nous ne pouvons plus faire marche arrière.
Nos enfants nous regardent, le monde entier nous regarde, notre conscience nous interpelle.
Nous nous donnons quelques jours pour enterrer dignement nos compatriotes, morts pour la patrie ; et pour soigner nos blessés.
Les Congolaises et les Congolais ne laisseront plus de répit au pouvoir en place.
Ils exigent le respect et l'application stricte de l'accord de la saint-Sylvestre à savoir:
1. Une déclaration publique du Président de la République qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession conformément à la constitution ;
2. La mise en application effective, intégrale et de bonne foi de l'accord de la saint- sylvestre, notamment des mesures ci-après :
a. La libération de tous les prisonniers politiques ;
b. La fin de l'exil des opposants menacés d'arrestation à leur retour au pays;
c. La fin du dédoublement des partis politiques ;
d. La libéralisation des espaces médiatiques et particulièrement de la RTNC;
e. La réouverture des médias injustement fermés;
f. La restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l'électorat et l'institution organisatrice des élections;
g. L'utilisation du calendrier récemment proposé par la CENI comme outil de travail pour l'élaboration d'un calendrier consensuel;
h. Le libre exercice des activités politiques par tous.
Ce message adressé au Président de la République, au pouvoir en place et à tous ceux qui bloquent la mise en application de l'accord de la saint-sylvestre n'est plus un message du seul Comité Laïc de Coordination, mais celui des millions et des millions des congolais, d'ici et d'ailleurs, qui se sont exprimés ce 31 décembre 2017, avec une détermination d'aller jusqu'au bout.
En attendant, nous vous demandons de rester mobilisés et prêts à répondre massivement au prochain appel du Comité Laïc de Coordination.

Que Dieu bénisse les Congolaises et les Congolais.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.
Fait à Kinshasa, le 31 Décembre 2017.
Pour Comité Laïc de Coordination,
Professeur Thierry NLANDU, Professeur Isidore NDAYWEL



mercredi 3 janvier 2018

Cardinal Laurent Monsengwo : « Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme »

Chers frères et sœurs,

Ce n’est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d’énervement, d’incertitude sinon de panique.

Nous sommes témoins d’incidents malheureux survenus le dimanche 31 décembre 2017 lors de la marche pacifique et non violente organisée par le comité laïc de coordination, dans le but de réclamer l’application réelle de l’Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement.  Ceci crée un malaise socio-politique que traverse notre cher et beau pays, la RD Congo (cf. Message de l’Assemblée plénière extraordinaire des Evêques de la Cenco, 24 novembre 2017).

Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie.  Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l’ordre reçu d’une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.

Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue.  Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables.  Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.

Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables des protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ?  Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés (cf. Benoît XVI, Liberté religieuse, chemin vers la paix) ?

Le sait-on, la liberté religieuse est un élément essentiel de l’Etat de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits et aux libertés fondamentales.  L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence la nôtre.

Nous voulons un Congo des valeurs et non d’anti-valeurs.


Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité, et à nos morts pour la liberté, le salut éternel.

Déclaration du Porte-parole sur la situation en Rd Congo : les violences du 31 décembre 2017 ont entraîné la mort de plusieurs manifestants

Les violences perpétrées le 31 décembre 2017, dans le cadre de l'anniversaire de l'Accord de la Saint Sylvestre en République Démocratique du Congo, ont entraîné la mort de plusieurs manifestants et fait de nombreux blessés.
Le recours à la violence par les autorités congolaises, y compris pour interrompre des services religieux, visant à réprimer toute tentative de manifestation pacifique va à l'encontre de la Constitution congolaise qui garantit le droit de manifestation et la liberté de réunion.

Le blocage des medias et réseaux sociaux constitue également une grave atteinte à la liberté d’expression. L'UE présente ses condoléances aux familles des victimes. Elle se rallie à l’appel de la MONUSCO - Bureau Conjoint Nations Unies Droits de l’Homme pour condamner les arrestations arbitraires et appelle à la libération immédiate des détenus, y inclus certains religieux.

Les autorités congolaises ont le devoir de protéger leurs citoyens et non de les réprimer.  Elles doivent redoubler d'efforts pour mettre pleinement en œuvre la décrispation voulue dans l'Accord de la Saint-Sylvestre, permettant ainsi de progresser vers des élections crédibles en 2018.  L'UE continuera à suivre attentivement la situation.



Evénements du 31 décembre en RD Congo, 88 fauteurs de troubles appréhendés (77 à Kinshasa et 11 à Kamina), affirme Lambert Mende


En ce début de l’an 2018, j’aimerais adresser mes vœux de bonheur, de succès et de prospérité à votre corporation, à chacun d’entre vous et à vos familles respectives. Mes vœux auraient sans doute été beaucoup plus enthousiastes si l’année 2017 s’était terminée en beauté, sans que des extrémistes radicalisés n’aient décidé d’instrumentaliser le laborieux processus électoral en cours pour pourrir la vie à la nation au profit de leurs ambitions petites – bourgeoises titillées par des réseaux d’influence étrangers nostalgiques d’un passé révolu.

En effet, un fantomatique ‘’Comité Laïc de Coordination’’ sans domicile fixe comme en témoigne sa lettre du 27 décembre 2017 au gouverneur de la ville de Kinshasa s’est invité sur la scène politique pour faire la récupération d’une mobilisation lancée par des extrémistes de l’opposition qui promettaient à qui voulait les entendre l’apocalypse au 31 décembre  2017 au moment où les Congolais se préparaient aux festivités de la Saint Sylvestre qui ont toujours été un moment de convivialité familiale et sociale.

Face à la maturité du peuple congolais et à la vigilance de nos forces de sécurité, la manœuvre s’est terminée en eau de boudin non sans quelques incidents ici et là sur lesquels la Police Nationale s’est assez clairement expliquée hier dans le style sobre qui est le sien.

Au regard du bilan de ces événements que nous avons tous vécus, le Gouvernement tient à féliciter les forces de police et de sécurité qui, sur l’ensemble du territoire national, ont respecté le mot d’ordre de rigueur, de fermeté et de conformité au droit international humanitaire dans la gestion desdits événements.

Le Gouvernement note également avec satisfaction la responsabilité du peuple congolais qui a perdu cette crédulité sur laquelle les agitateurs comptaient pour déstabiliser notre pays au mieux d’intérêts qui sont loin d’être nôtres.

Car que nous dit à ce sujet le rapport de la Police ? Que sur la cinquantaine de diocèses de la RDC, seuls 2, Kinshasa et Kamina ont répondu aux appels à la provocation de désordres lancés par des membres du clergé extrémistes dissimulés derrière le fameux Comité Laïc de Coordination. Dans les détails, dans l’Archidiocèse de Kinshasa, une dizaine de paroisses sur 132, et dans le diocèse de Kamina une paroisse sur plusieurs dizaines.

En ce qui concerne le bilan humain, toujours selon la Police Nationale Congolaise, 5 cas de décès par mort violente sont rapportés en date du 31 décembre à Kinshasa et Kananga respectivement ; des cas qui n’ont aucun lien de causalité avec les marches anarchiques projetées par le Comité Laïc de Coordination et auxquelles les autorités locales s’étaient opposées pour des raisons valables.

Certes il y a eu 88 fauteurs de troubles appréhendés (77 à Kinshasa et 11 à Kamina). Cependant, ils ont tous été élargis après interrogatoires dans divers postes de police.

Les rêves du grand soir ou de l’hécatombe caressés par les initiateurs de ces désordres programmés se sont donc écroulés comme un château de cartes.

Je voudrais au nom du Gouvernement réitérer l’appel à témoin lancé par la Police à quiconque détiendrait d’autres informations relativement au bilan de ces événements de les mettre à la disposition des enquêteurs.

C’est en tout cas ce que nous attendions des autorités des diocèses de Kinshasa et de Kamina. Mais curieusement, c’est une déclaration politique d’une rare violence qui a été faite par le Cardinal-Archevêque de Kinshasa.

On trouve un peu de tout dans cette déclaration de l’autorité diocésaine de Kinshasa sauf des faits infirmant le rapport présenté par la Police Nationale. Le paradoxe qui traverse de part en part son communiqué suscite plus d'inquiétudes qu'il ne clarifie la position d’une frange du clergé qui semble avoir délibérément choisi de se ranger derrière quelques politiciens obstinés dans leur rêve de prendre le pouvoir politique par d'autres voies que celles des urnes, réfutant ainsi les règles communes du jeu politique. La terrible confession sans doute involontaire du Cardinal qui dénonce lui-même "l'instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes" est symptomatique de cette espèce d’auto-projection caractéristique de ce communiqué au vitriol doublé d'insultes et autres mots inutilement excessifs dans le discours d’une personnalité de son rang et de son niveau.
En effet, en même temps que l'Archevêque de Kinshasa réclame avec raison "un Congo des valeurs et non des antivaleurs", tout en "demandant aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue", celui que l'on a connu autrement plus pondéré se fait subitement l'apôtre des insultes et autres noms d'oiseaux dont il gratifie certains de ses compatriotes, en l'espèce des dirigeants démocratiquement élus de ce pays qu'il traite de "menteurs, d'incapables, de fossoyeurs des libertés" et j'en passe, sans oublier nos forces de l'ordre grâce au sacrifice desquelles il peut accomplir paisiblement son ministère, qualifiées de « prétendus vaillants hommes en uniforme ». Une insulte que nos forces de défense et de sécurité ne méritent pas, loin s’en faut.
Alors qu'en pasteur le Cardinal invoque une paix durable pour la RDC, par une attitude de mépris et de rejet, il incite en même temps les Congolais à la haine et à la confrontation en les opposants les uns aux autres par un discours belliqueux aux accents de combattant puisqu'il endosse volontiers le statut de croisé avec le vocabulaire des révolutionnaires des printemps arabes : " que les médiocres (sic!) dégagent", expression de l'intention larvée de livrer ainsi quelques dirigeants à la vindicte populaire. Ce n'est certainement pas la meilleure manière de pacifier les esprits.
Toute cette violence verbale gratuite susceptible d'alimenter ‘’le climat de peur, d'énervement et d'incertitudes’’ que déplore à bon escient le Cardinal lui-même est la résultante d'une incitation à la désobéissance civile à l'interdiction expresse motivée de ces marches non coordonnées par les autorités municipales qui les ont jugée inopportunes puisque, entre autres, la raison justificative desdites manifestations à savoir, l'exigence de l'application de l'accord de la Saint Sylvestre était sans objet dans la mesure où l'application dudit accord est en pleine phase de maturité, sauf pour les pêcheurs en eaux troubles.
Dès lors, comment justifier que l'accord du 31 décembre 2016 qui a clairement balisé le chemin pour des élections apaisées et dont le calendrier est aujourd'hui connu de tous, en plus de l'actualisation du fichier électoral et de la mise en place d'un Gouvernement d'union, sans oublier la désignation d'un Comité de suivi dudit accord, serve encore de prétexte pour troubler l'ordre public?
C'est l'occasion de rappeler par ailleurs que l'Etat de droit auquel se réfère le prélat catholique dans son communiqué favorise certes les droits et les libertés, mais n'exonère point les uns et les autres de leurs responsabilités.
Le Cardinal aurait été plus inspiré de reconnaître, contrairement à son affirmation, que le malaise socio-politique qui traverse notre pays n'a pas pour origine une prétendue inapplication de l'accord de la Saint Sylvestre, mais plutôt, encore une fois, cette obstination politique systématique de certains derrière lesquels il semble avoir choisi de s’aligner pour des raisons mieux connues de lui-même et dont nous savons qu’ils sont téléguidés par des groupes d'intérêts sans amour du peuple congolais et en quête permanente d'alibis pour discréditer et renverser les institutions étatiques congolaises dans le but de "ramasser" le pouvoir par tous les moyens, de préférence non démocratiques.

C’est injuste de la part du Cardinal de méconnaitre le professionnalisme de nos forces de l’ordre qui n’ont causé aucune perte en vies humaines parmi la poignée de fidèles qui ont essayé de manifester violemment avec des insignes religieux à Kinshasa ou ceux d’un parti politique radicalisé à Kamina. Quant aux terroristes et pillards qui ont à leur manière voulu instrumentaliser le flou que tentait de créer le Comité Laïc de Coordination, c’est grâce à la bravoure de nos vaillants hommes en uniforme qu’ils n’ont pas pu semer plus de désolation en ce jour fatidique du 31 décembre 2017. Leur sort mérité n’est pas à plaindre comme l’est celui du policier Mafufu Athanase, abattu au cours de l’attaque du Commissariat Communal de Masina par une cellule de terroristes Kamwina Nsapu et sur le sort duquel son Eminence garde un silence assourdissant.
Il est regrettable que le Cardinal soit descendu dans les caniveaux en traitant ses adversaires politiques de ‘’dirigeants médiocres’’. De lui, on aurait attendu des épithètes plus policés.

Au sujet de cette accusation grossière de ‘’médiocrité’’, le Gouvernement réaffirme qu’il n’a pas à rougir du bilan de ces deux dernières législatures qui est globalement satisfaisant, sauf si l’archidiocèse de Kinshasa peut citer un seul domaine dans lequel le pays a régressé ces quinze dernières années.

En ce qui concerne le ‘’dégagisme’’ auquel  il paraît si attaché, le Gouvernement rappelle que les pays arabes dans lesquels il a été expérimenté ne se portent pas mieux. Il n’y a qu’à voir l’état actuel de la Lybie qui y a perdu jusqu’à son existence et celui de l’Egypte qui, en y renonçant, est en pleine renaissance.

L’échec de la coalition de toutes les forces de l’opposition radicale au grand complet au cours de la mobilisation pour les marches projetées le 31 décembre 2017 permet au Gouvernement de prendre au sérieux la force tranquille de la majorité silencieuse des Congolais qui ont refusé de souscrire au schéma insurrectionnel.

Le Gouvernement  ose espérer que l’Eglise Catholique avec laquelle il vient de signer un Accord-Cadre sur des matières d’intérêt commun aura la force de rompre avec sa philosophie d’antan qui avait fait d’elle un auxiliaire zélé à la colonisation belge dans notre pays, en contribuant à l’élimination physique de tous ceux qui ont servi de repère identitaire à notre peuple, comme Kimpa Vita, Simon Kimbangu ou Patrice-Emery Lumumba.

On ne le dira jamais assez, aujourd’hui, le peuple congolais a plus besoin des pompiers que de pyromanes. Si nous voulons la paix, si nous voulons la consolidation des acquis démocratiques et de l'Etat de droit, la meilleure manière d’y arriver est de pacifier les esprits en refusant d'attiser les violences ou d'ajouter de l'huile sur le feu. Tous les discours doivent converger vers un même objectif: convier les uns et les autres à se préparer pour les échéances électorales prévues au courant de cette année 2018 pour laquelle je vous réitère mes vœux les meilleurs.
Bonne année à chacun et à tous, plein succès dans vos projets individuels et collectifs.
Je vous remercie.


Lambert MENDE OMALANGA

Ministre de la Communication et Médias
Porte-parole du Gouvernement.