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mardi 18 octobre 2022

Investir en Afrique devient une nécessité, pour ne pas dire un acte salvateur (Félix Tshisekedi)

 Mesdames et messieurs, Distingués invités,

Je suis particulièrement honoré de me tenir devant vous, ce jour, et j’aimerais remercier, à cette occasion, The Financial Times, pour cette opportunité qui m’est encore une fois donnée de parler de l’Afrique et principalement de la République Démocratique du Congo.

Avant d’entrer dans le vif de mon allocution, j’aimerais profiter de ma présence dans la mégapole londonienne pour exprimer, aux peuples du Royaume-Uni de Grande Bretagne et de l’Irlande du Nord, toute ma compassion et ma solidarité quant à la disparition de Sa Majesté la Reine Elizabeth II.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Le continent africain a de tous temps fait l’objet d’un antagonisme discursif consistant d’une part, à la vanter pour les potentialités dont elle regorge ; et d’autre part, à la vilipender pour les réalités économiques, sociales et politiques qui l’ont transcendé depuis la période faste des indépendances.
Ma présence à cette tribune tend non pas à exacerber davantage cet antagonisme mais plutôt à faire le plaidoyer honorable de cette Afrique qui se lève, qui avance et qui chaque jour durant, prend la mesure de sa grandeur et s’assume.

En effet, comment pourrais-je faire fi du réveil de l’Afrique, longtemps considéré comme un géant au pied d’argile au moment où notre continent et mon pays, la République Démocratique du Congo, en particulier, constituent aujourd’hui le graal dont l’humanité a besoin pour assurer sa survie ?
L’assurance de mes propos tient du fait des statistiques qui démontrent que nous sommes le continent qui offre le taux de rendement net le plus élevé comparativement aux autres continents, avec la présence d’économies qui affichent des taux de croissance oscillant à 5 % l’an, pendant qu’ailleurs, certaines économies peinent à franchir le seuil des 2 %.
Par ailleurs, Le Rapport 2022 sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce Et le Développement (CNUCED en sigle), publié le 9 juin, révèle que les investissements directs étrangers vers les pays africains ont atteint un niveau record de 83 milliards de dollars, plus du double du total enregistré en 2020.

Aujourd’hui, plus qu’hier, investir en Afrique devient une nécessité, pour ne pas dire un acte salvateur, non pas dans la logique du discours réducteur et marginalisant qui a toujours prévalu à l’encontre de nos populations, mais plutôt vis-à-vis des enjeux auxquels l’humanité est confrontée.
En effet, vous n’êtes pas sans ignorer les effets dévastateurs du réchauffement climatique et l’obligation qu’il nous incombe en tant qu’êtres humains, sans distinctions aucune, d’accélérer notre transition vers l’émergence d’une économie verte et durable pour ainsi sauver notre planète.
Comme lors de toutes les grandes mutations qui ont pu jalonner l’existence contemporaine de ce monde, l’Afrique a et aura toujours un rôle à jouer ; celui qu’elle s’est, cette fois-ci, choisie elle-même et pour lequel elle revendique, pour elle-même, la légitimité au vu des éléments ci-après :
1. L’Afrique, est tout d’abord synonyme de dynamisme et d’avenir. En effet, contrairement aux autres continents, l’Afrique se veut jeune car composée à plus de 60 % d’une population âgée de moins de vingt-cinq (25) ans ;
2. L’Afrique c’est également, le vivier minéral les plus prolifiques de notre planète puisque possédant près d’un tiers des réserves en minerais de celle-ci ;
3. L’Afrique est enfin, la clé de voûte de cette nouvelle révolution industrielle, dite verte, et qui passe notamment par :
• L’utilisation de ressources minérales pour la production d’artefacts peu polluants ;
• La protection de l’environnement et la protection des espaces verts et particulièrement des forêts ;
• Le changement de nos modes de vie, en adoptant de nouvelles techniques responsables de gestion des ressources qui pour certaines ancrées dans nos us et coutumes, autrefois considérés comme marginaux, mais qui s’avèrent aujourd’hui prisées et même définies comme salvatrices.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Je ne pourrais m’appesantir davantage sur les potentialités dont regorge l’Afrique, et le rôle qu’elle se revendique, notamment sur le plan de l’avènement de cette économie à émissions nettes zéros carbone sans pour autant évoquer mon pays, la République Démocratique du Congo.

Première productrice de cobalt au monde, avec un volume représentant près de 70% de la production mondiale, la République Démocratique du Congo abrite plus de 25 millions de tonnes de réserves identifiées dans son sous-sol, soit plus de 50 % des réserves de la planète. Elle est également riche d’autres minéraux entrant dans la fabrication des batteries électriques, tels que le cuivre, le manganèse, le chrome et le lithium.
À ce titre, je m’en vais uniquement rappeler les enquêtes Bloomberg réalisées en 2021, qui ont clairement mis en évidence qu’installer une usine traitant 10.000 tonnes de minerais par an (cobalt, lithium, manganèse, nickel et cuivre) coûterait 117 millions de dollars américains aux États-Unis d’Amérique, 112 millions de dollars américains en Chine, 65 millions de dollars américains en Pologne et seulement 39 millions de dollars américains en République Démocratique du Congo. Autrement dit, le coût est presque trois fois moins important dans notre pays qu’en Chine ou aux États-Unis, et deux fois moins qu’en Pologne.
Outre l’indéniable potentiel minier, la République Démocratique du Congo possède une faune et une flore quasiment unique au monde, de même qu’un fort potentiel agricole avec une superficie cultivable estimée à quelques 75 millions d’hectares dont moins de 10 seraient actuellement exploités. À côté de ces ressources, figure le Bassin hydrographique du Fleuve Congo deuxième poumon mondial après l’Amazonie et prisé pour la production d’hydrogène vert.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Pourquoi donc ne pas investir en Afrique ?
Malgré ce bref exposé des potentialités et des opportunités d’investissements dont regorge l’Afrique, en général, et la République Démocratique du Congo, en particulier, je ne puis ignorer que certaines interrogations bien souvent exprimées sous la forme de doutes, peuvent subsister. Celles-ci, trouvent leurs racines dans l’épineuse question de la stabilité des institutions et du climat des affaires.
L’Afrique et la République Démocratique du Congo, notamment, ont eu, tel que mentionné dans mon introduction, à faire l’objet d’un antagonisme discursif oscillant entre séduction et répulsion, laissant ainsi la part belle aux hommes d’affaires à la réputation sulfureuse et aux investissements viciés, pour ne pas dire véreux, à son plus grand dam.
Il est vrai que le continent africain fait l’objet d’un activisme de groupes armés, certains identifiés comme terroristes comme c’est le cas de la République Démocratique du Congo, alimenté par les volontés prédatrices de certaines puissances, parmi lesquelles on retrouve parfois des États voisins, comme c’est le cas du Rwanda, État-membre du Commonwealth, qui mène une guerre par procuration dans l’Est de mon pays, sous couvert du groupe terroriste du M23.
Le continent africain fait aussi l’objet de sursauts et d’interruption non- démocratiques du cours des institutions à travers la perpétration de coups d’État, notamment. Cependant, les silences parfois complices des puissances internationales ainsi que des médias internationaux, l’ignorance des cris d’alarme et de colère exprimé par nos peuples à travers leurs dirigeants dans les forums internationaux contribuent malheureusement à ce que l’Afrique ne soit perçue que comme un continent à problème.
Je saisis donc l’opportunité m’offerte par cet évènement pour dénoncer cette passivité, et parfois complicité, dans le traitement et la considération donnée à la couverture médiatique et politique des évènements ayant cours en Afrique et appelle à davantage de responsabilité, et d’enthousiasme quant à la capacité de cette Afrique à garantir la sécurité de ses populations mais également des investissements qui y sont développés.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
L’Afrique et la République Démocratique du Congo ne s’avoueront jamais vaincues et ne s’apitoieront plus pour leur sort. Au contraire, l’Afrique aspire a davantage de considération et se décide, à travers ses nations dont la République Démocratique du Congo, à prendre le devant afin de prêcher la nouvelle qui veut qu’elle soit aussi importante que tous les autres blocs régionaux aussi bien dans la conduite et la gestion des affaires de ce monde que dans l’avènement de cette nouvelle économie plus responsable.

En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, celle-ci, vous attend, avec responsabilité et dignité pour ainsi contribuer et concourir à la volonté de développement que nous mettons chaque jour davantage en œuvre. D’ailleurs, de nombreuses avancées ont été enregistrées, notamment dans le cadre du climat des affaires.
En effet, ayant fait de l’investissement l’une des pierres angulaires pour le développement de mon pays, j’ai impulsé un ambitieux programme de réformes économiques visant à faire de celui-ci, un véritable hub d’attractions pour des nouveaux projets ambitieux. On y retrouve, notamment, un cadre légal et réglementaire mis à jour, des mesures d’incitation fiscale à la création des zones économiques spéciales et l’adoption de nouvelles mesures visant à renforcer la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, ceci afin de créer un environnement propice aux investissements congolais, africains et du reste du monde.
Pour conclure, je dirai, tel que vous avez pu le constater, un nouveau paradigme a vu le jour ; celui d’une Afrique et d’une République Démocratique du Congo, notamment, décomplexées, avides de progrès et de développement, et fin-prêtes à jouer leur rôle dans la marche du nouveau monde qui pointe à l’horizon.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités
L’Afrique et la République Démocratique du Congo vous attendent

Je vous remercie.

mardi 4 octobre 2022

Remue-ménage au commandement de l'armée : Tshiwewe à l'état-major général Fardc et Ephraim Kabi à la Garde républicaine

 Kinshasa, mardi 4 octobre (Cellcom présidentielle/GKK)

Aux termes d'une série d'ordonnances rendues publiques le 3 octobre 2022 à la télévision publique RTNC, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé à un remue-ménage au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

A la suite de ces ordonnances, le Lieutenant-Général Christian Tshiwewe Songesha devient le Chef d'Etat-major général des FARDC, en remplacement du Général d'armée Mbala Musiense.

Jusqu'à sa nomination, Christian Tshiwewe, Général 3 étoiles, était le Commandant de la Garde République où il a œuvré depuis le début de sa carrière militaire gravitant les échelons en récompense de sa bravoure à différents postes de commandement. 

Le nouveau Chef d'EMG des FARDC est secondé par deux Chefs d'Etat-major généraux adjoints : Ishale Gonza Jacques (Chargé des opérations militaires) et Léon-Richard Kasonga, l'ancien porte-parole des FARDC (Chargé de l'administration et logistique).

Aux termes d'une autre ordonnance, trois Sous-Chefs d'Etat-major généraux ont été nommés. Il s'agit du Général-Major Roger Ndaywell qui devient le patron des renseignements en remplacement de Delphin Kahimbi ; le Général-major Shiko Jérôme chargé des opérations militaires (il était jusqu'ici chargé des opérations à la Garde Républicaine) ; le Général-major Thomas Kisezo, chargé de l'administration et le Général-major Kipongo Bora chargé de la logistique.

Dans la série des ordonnances de ce lundi soir, le Président de la République Félix Tshisekedi a élevé au grade de Général-major Kabi Kiriza Ephraim et l'a nommé Commandant de la Garde Républicaine (GR).

Chef d'Etat-major au sein de cette unité spéciale de protection présidentielle, le Général deux Étoiles Ephraim Kabi Kiriza est secondé par le Général de Brigade Iyengeli Christophe chargé des opérations et renseignements, du Général de Brigade Mulumba Kabanangi Desiré chargé de l'Administration et logistique et le Colonel Maloba, Chef d'Etat-major de la GR, poste occupé il y a peu par le nouveau commandant de la GR.

Le Commandant Suprême des FARDC a aussi nommé des nouveaux Généraux de Brigade parmi lesquels Sassa Nzita, Mulume Muderhwa, Mbuyu Kongolo Fabrice, Mulumba Kabanangi, Muyumba Malango et Ilengeli Christophe.

Cette série de nominations procède du souci du Chef de l'Etat FélixAntoine Tshisekedi Tshilombo de poursuivre la réforme au sein de l'armée ; elle intervient au moment où la loi de programmation militaire tant souhaitée a été élaborée.

lundi 3 octobre 2022

Le GAFI salue les efforts de la RDC dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme

La Ligue Congolaise de lutte contre la Corruption (LICOCO) a félicité le 3 octobre 2022 le Gouvernement de la RDC, à travers la CENAREF, d’avoir fournis toutes les informations possibles sur les efforts que la RDC accomplit dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Les informations fournies par la CENAREF, lors de la réunion de face à face qui vient d’avoir lieu à Livingstone (Zambie) le 8 septembre 2022, ont convaincu les experts du Groupe d’Action Financière, (GAFI) et ces derniers ont accordé à la RDC un délai supplémentaire de trois ans (octobre 2022 – mai 2025) pour mettre en application un plan d’action convenu entre les parties. Par conséquent, la RDC serait placée sur la liste des pays sous surveillance renforcée.

Lorsqu’un pays est mis sous surveillance renforcée, cela veut dire que le pays doit prendre rapidement par écrit un engagement de haut niveau, sous surveillance de GAFI, à résoudre les défaillances identifiées dans le rapport d’évaluation mutuelle.

Plusieurs pays du monde sont présentement identifiés dans la liste des Etats sous surveillance renforcée aux termes de l’évaluation mutuelle et cela ne constitue pas une sanction mais une contrainte à remédier aux lacunes identifiées, nous a précisé l’expert de CENAREF.

Une des recommandations importantes de GAFI est la réforme de la loi sur les blanchiments des capitaux et financement du terrorisme de la RDC. La proposition de loi de réforme a été déposée à l’Assemblée Nationale et la LICOCO espère qu’elle sera votée au courant de cette session parlementaire.

Une autre recommandation importante de GAFI à la RDC est d’avoir une Etude Nationale des risques de Blanchiment des Capitaux et Financement du Terrorisme. En ce qui concerne cette étude, elle est en phase finale et d’ici le mois de décembre 2022, elle sera publiée par CENAREF. La LICOCO alertait déjà au mois d’août 2022 sur les menaces que la RDC courait en ne prenant pas des mesures législatives et règlementaires pour se conformer aux exigences de GAFI dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme.

En lisant le plan d’action que GAFI a envoyé au Gouvernement, la LICOCO estime que la RDC peut se conformer aux exigences de GAFI si les autorités politiques et administratives s’impliquent en faisant appliquer la loi. La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme doit être une affaire de tout Congolais et la LICOCO encourage les citoyens à dénoncer les personnes qui sont impliquées dans des activités illicites.

Les personnes qui sont impliquées dans des actes de corruption, la fraude fiscale et douanière, les détournements des fonds publics, le trafic d’influence, la vente d’arme ou d’espèces protégées, les actes terroristes et son financement sont parmi les activités illicites que les Citoyens doivent dénoncer. La LICOCO s’engage à suivre la mise en application de ce plan d’action pour le respect des engagements pris par le Gouvernement auprès de GAFI.