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jeudi 8 septembre 2011

L'appel de Vital Kamerhe au peuple congolais lors du dépot de sa candidature à l'élection présidentielle

« Je crois à un Congo nouveau, fort, prospère et stable »


Très chers compatriotes,

En déposant ce jour ma candidature pour l’élection présidentielle du 28 novembre prochain, mes pensées vont vers l’ensemble de nos populations et de notre peuple. Je pense à vous, compatriotes de Bandundu, du Bas-Congo et de l’Equateur ; du Kasaï occidental, du Kasaï oriental et du Katanga ; du Maniema, du Nord-Kivu, de la Province orientale ; du Sud-Kivu et de Kinshasa. Je pense à votre vaillant combat pour la démocratie et l’Etat de droit, l’intégrité du territoire et l’unité nationale, la paix, la sécurité et le progrès.

Je prends la mesure des espoirs que vous fondez pour le développement de notre pays et la réduction de la pauvreté grâce à l’exploitation judicieuse et responsable de nos immenses ressources humaines et naturelles, mises efficacement en valeur dans le cadre d’un leadership politique différent et responsable, conduisant une gouvernance qui place le pouvoir au service du peuple.
Le Président de l'Union de la nation congolaise
 Une gouvernance qui pratique la bonne gestion des affaires de la Cité ; cultive le respect de la dignité et des droits de la personne humaine ; se préoccupe de la distribution équitable de la justice et des revenus, de la stabilité de nos familles, l’avenir de nos jeunes et du renforcement de la participation de la femme à la gestion de la chose publique. Une gouvernance qui facilite l’accès aux soins de santé, qui investit dans l’éducation et la recherche pour garantir la compétitivité professionnelle, économique et industrielle des congolaises et des congolais. Une gouvernance qui lutte contre les antivaleurs, les détournements, la corruption, l’impunité notamment des crimes odieux comme les violences sexuelles faites à la femme et autres violations graves des droits humains. Une gouvernance qui protège l’environnement  en tant qu’il est le cadre de la qualité de vie et de l’amélioration des conditions de vie de la population.
MM. Bertrand Ewanga et Vital Kamerhe

J’entends vos légitimes aspirations à l’émergence de la République Démocratique du Congo comme un Etat fort, puissant et stable, induisant la prospérité et la paix pour ses populations et pour toute notre sous-région. Votre patriotisme, votre volonté inébranlable de vivre ensemble au-delà de la riche diversité culturelle de nos ethnies, votre disponibilité à créer et innover, votre génie pour entreprendre, votre culture pacifique, … sont les meilleurs atouts de cette « terre d’espoir ».

En me proposant à vos suffrages, je voudrais être porteur de la fierté, des défis et du rêve congolais. Défis et rêve pour une autre façon de renforcer l’unité de la Nation et de refonder l’Etat, de les raffermir  intégralement et durablement.

Ces défis et rêves, les Congolaises et les Congolais les portent partout où ils se trouvent, au pays comme à l’étranger. C’est pourquoi, je ne peux m’empêcher de saisir cette opportunité pour saluer nos compatriotes de la diaspora qui, quel que soit leur statut ou leurs conditions, participent au développement du pays et méritent, pour cela, tout notre soutien à leurs revendications non seulement pour le droit au vote à l’étranger, mais aussi pour la considération de leurs attaches d’origine lorsqu’ils reviennent au pays. En effet, il ne faudrait pas que lorsque nos compatriotes de la diaspora reviennent au pays, ils soient traités comme des étrangers.
Chers Compatriotes,

En cette circonstance solennelle, j’entrevois vos craintes et vos peurs, que les événements récents traduisent. Vous vous demandez avec raison notamment si les élections démocratiques doivent toujours être l’occasion de violences, d’agressions et autres actes de vandalisme entraînant blessures, pertes en vies humaines, dégâts matériels, et autres violations graves des libertés fondamentales et des droits humains. Peurs et craintes d’une démocratie piégée par la tricherie, la falsification, le mensonge, le crépitement des armes à feu, l’usage des armes blanches ; une démocratie endeuillée par des tueries, suspectée de forfaiture...
Mme Babandoa
Le combat démocratique n’est pas celui-là. C’est pourquoi je dénonce fermement de telles pratiques qui risquent de décrédibiliser notre jeune démocratie. J’en appelle donc à l’implication de toutes les Congolaises et de tous les Congolais ainsi que de toutes les institutions et autorités publiques pour des élections réellement libres, transparentes, démocratiques et apaisées. Je regrette et dénonce l’absence de débat politique qui seul est susceptible, dans un esprit élevé de dialogue dans la tolérance, d’éviter le recours à la force des muscles et des armes en faveur de la confrontation pacifique et mutuellement enrichissante des idées. Il n’est pas possible de renforcer autrement la démocratie qui ne peut jamais se régénérer sans débat, sans transparence et sans possibilité d’une saine alternance.

Le débat et la transparence sont indispensables pour réduire l’obscurantisme et le clientélisme dans le jeu électoral. Mon expérience parlementaire au perchoir où toutes les forces politiques du pouvoir comme de l’opposition avaient également droit à la parole, démontre sans équivoque mon attachement au débat et à la transparence démocratiques qui sont par ailleurs les meilleurs outils pour le rassemblement et la sérénité des 70.000.000 de congolais. Ma perception à cet égard n’a pas changé. Je crois profondément que l’on ne peut gérer un pays de plus de 400 ethnies et de presque autant de partis politiques, sans un leadership fort et rassembleur.

Rassembler au-delà des provinces, des ethnies,  des clivages partisans ou idéologiques, voire au-delà des clivages sociaux et religieux pour se mettre « au milieu du village », à l’écoute de notre peuple dont environ 90% se trouve aujourd’hui précarisé et marginalisé.

Rassembler au-delà de ces clivages, c’est ce qu’impose la fonction présidentielle. Certes, la démarche est rendue plus difficile dans le cadre d’un scrutin à un tour qui, du fait de la dispersion des candidats et des votes, peut réduire significativement l’assiette électorale de légitimité d’un Président de la République qui ne serait élu au suffrage universel que par une infime portion du corps électoral. Il est à craindre que cette situation écorne gravement le leadership du prochain Président de la République, le fasse apparaître comme le Président d’une faction partisane ou d’une partie du territoire, et rende à terme ingouvernable le pays. Aussi cette formule devrait-elle être corrigée au cours de la prochaine législature pour redonner au Président de la République une large légitimité.
Vital Kamerhe et André-Claudel Lubaya
 En attendant, la meilleure correction à lui apporter réside dans la fédération des efforts et des forces. C’est précisément ce que l’U.N.C., le parti que je préside et moi-même nous efforçons de proposer à nos frères et sœurs qui luttent avec nous dans l’opposition pour vaincre le candidat de l’actuelle majorité présidentielle et assurer une alternance politique efficiente. Les échanges se poursuivent dans ce sens avec les partis du groupe dit de « Sulutani » et ceux de la coalition « AVK ». Quant aux partis du groupe dit de « Fatima », son leader, Monsieur Etienne Tshisekedi,  a décidé, comme chacun l’a entendu, de mettre fin aux consultations en vue de la désignation d’un candidat unique ou commun de l’opposition, estimant qu’il n’est pas indispensable pour l’opposition de se présenter en  bloc pour battre les tenants du pouvoir en place.

Cependant, la sagesse ancestrale enseigne que « musapi mosi ke kufwuaka nginia ve », « kidole kimoja hakiuwi chawa » (un seul doigt ne peut écraser un pou), ou encore « bungi mbupita bulobu » (le nombre dépasse la force), «  nkunde ya bangi, ibobela ne mata » (les haricots qui résistent à la cuisson se ramollissent sous la pression persistante de plusieurs), « mosapi moko esukolaka elongi te » (un seul doigt ne suffit à nettoyer le visage). L’union fait la force.

C’est pourquoi, je reste convaincu de la nécessité de poursuivre nos échanges avec les autres forces de l’opposition pour lutter ensemble autour d’un programme commun, contre un adversaire commun.  Aussi, malgré le dépôt de ma candidature, je reste ouvert au dialogue avec les autres candidats de l’opposition. C’est ainsi que je remercie l’Honorable Ne Muanda Nsemi qui, après nous avoir rejoints, a à plusieurs reprises tenté de rapprocher Monsieur Etienne Tshisekedi et votre humble serviteur. Malgré la prise de position d’Etienne Tshisekedi, je m’engage à poursuivre ces efforts de pourparlers jusqu’au bout avec l’UDPS.

De même, les pourparlers se poursuivront avec Jean-Pierre Bemba du MLC et le Président Léon Kengo wa Dondo de l’Union des Forces du Changement - UFC -, qui sont tous les deux candidats Président de la République et avec qui nous avons signé un programme commun de gouvernement dans le cadre du groupe de « Sulutani ».

Dans le même ordre d’idée, je compte aussi engager des pourparlers avec Monsieur Nzanga Mobutu qui a déposé sa candidature ce matin, ainsi qu’avec Monsieur Mbusa Nyamwisi, président du RCD-KML.

C’est pour moi ici l’occasion de remercier mon aîné Pierre Pay-Pay Wa Syakasighe pour le soutien qu’il m’a spontanément apporté en renonçant à sa propre candidature et pour avoir demandé aux autres leaders d’en faire autant. Je le remercie pour ce geste patriotique et inoubliable posé lors du 1er Congrès ordinaire de l’UNC, mon Parti.

Très chers compatriotes ;

Vous prenant à témoin, j’invite donc les autres forces politiques de l’opposition qui luttent avec nous pour réaliser ce changement, à ne pas se tromper d’adversaire, à mobiliser toutes leurs intelligences et toutes leurs énergies, pour porter à son terme cette bataille patriotique ;  bataille que nous, forces de l’opposition, sommes sûrs de gagner.
Des membres de l'Unc
En effet, notre adversaire, c’est bien le leadership actuellement au pouvoir que nous devons tous combattre en disséquant le passif de son action à la tête du pays, action dont la faillite n’est plus à démontrer. Persistance de l’insécurité et des violations graves des droits de la personne à travers le pays et singulièrement dans la partie Est du territoire national. Absence de volonté politique pour réformer l’armée, la police, les services de sécurité, la justice, l’administration publique. Opacité et incohérences de nos politiques diplomatiques et de coopération ; de nos politiques économiques, agricoles, industrielles et des services ; de nos politiques dans les domaines de l’éducation, de la santé, du social, de la culture et des arts, du sport, etc. Impunité et renforcement des antivaleurs. Opacité flagrante dans le financement des cinq chantiers. Scandale d’un pays aux fortes potentialités hydrauliques et énergétiques, où cependant les populations sont pauvrement desservies en eaux et en électricité. Scandale d’une gouvernance qui peine à donner du travail à ses populations actives, parmi lesquelles des jeunes, dont malheureusement une partie, écrasée par l’oisiveté, les frustrations et le désespoir, se réfugie dans le banditisme urbain et est instrumentalisée pour crédibiliser une politique dite de « tolérance zéro ». Clientélisme, gabegies, prévarications, corruption, impunité, etc. Voilà ce qui caractérise la gouvernance actuelle !

Très chers compatriotes,

Le combat de l’opposition consiste non seulement à dénoncer ces fléaux, mais aussi à proposer à notre population des alternatives crédibles.

C’est exactement ce que je ne cesse de faire, depuis l’émergence de profondes divergences entre le pouvoir en place et moi ; divergences  dont tout notre peuple a été témoin et qui m’ont conduit à démissionner de ma fonction de Président de l’Assemblée nationale, à quitter le PPRD et à créer l’Union pour la Nation Congolaise, l’UNC, parti de l’opposition.

Que l’opposition soit représentée par un ou plusieurs candidats, ma démarche demeure la même. Ici encore une fois, la sagesse ancestrale rendue notamment dans nos chansons et danses populaires constatent que « mbwa azali na makolo minei, kasi akolanda se nzela moko » (bien que ayant quatre pattes, le chien avance sur un seul chemin).

Chers compatriotes ;

La fermeté de ma conviction et de mon engagement pour ce combat, aujourd’hui dans l’opposition, demain au sommet de l’Etat, grâce à vos suffrages, est inébranlable. Elle s’appuie sur la forte volonté de changement, de liberté, de justice et de progrès qui anime la majorité des Congolaises et des Congolais, dans nos villes et villages, en provinces, à Kinshasa ou à l’étranger.  C’est à cette majorité de Congolaises et de Congolais, de tout horizon politique, de toute condition sociale que je viens proposer ma candidature au service de la Nation. Ma promesse est de montrer, par les actes, ma fidélité à la conviction et à l’engagement qui me portent ici pour solliciter votre soutien et vos suffrages. Avec chacune et chacun de vous, je voudrais relever le défi du rêve congolais pour « un autre Congo possible ». Soyez-en, d’ores et déjà, remerciés.
Bertrand Ewanga et Vital Kamerhe
Pour terminer, concernant les événements malheureux survenus avant-hier après le dépôt de la candidature du Président de l’UDPS, Monsieur Etienne Tshisekedi et l’usage disproportionné de la force exercée dans la  nuit du lundi 05 septembre à mardi 06 septembre qui a causé mort d’hommes et emporté complètement les installations de la chaîne RLTV, tout en présentant nos condoléances aux familles éprouvées, nous condamnons fermement toute violence d’où quelle vienne parce que le peuple congolais a besoin de se rendre aux élections dans un climat apaisé pour se choisir ses futurs dirigeants en date du 28 novembre 2011.

C’est ainsi que je voudrais lancer un vibrant appel à tous les partis politiques impliqués dans le processus électoral. Le climat de paix est essentiel à l’instauration de la démocratie. Le temps est venu pour que nous fassions appel à notre sens de responsabilité et de l’histoire.

Ni la force, ni la conviction d’avoir raison ne peuvent à elles seules justifier les actes des violences et de vandalisme.


Soyons tous sages, le peuple nous regarde et attend que nous lui indiquions la direction pour le rendez-vous avec l’espérance.

Mahatma Gandhi disait, je cite : « l’erreur ne devient pas  vérité parce qu’elle se propage et se multiplie. La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit ».

Un autre auteur célèbre J. Clarette disait : « Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande armée des gens beaucoup plus sévères qui ne font rien ».

Nous, dans l’Union pour la Nation Congolaise, UNC, nous avons décidé de poser des actes, de faire avancer la Nation congolaise en ayant humblement la conviction que ceux qui font la même chose que nous peuvent nous rejoindre et ceux qui font le contraire que nous peuvent changer d’avis et nous suivre, et ceux qui ne font rien peuvent se lever et agir afin de conquérir leur propre liberté, leur propre dignité.

J’invite donc fermement les uns et les autres à la retenue. Je les incite à renoncer à cette confrontation des muscles et des fusils à laquelle nous risquons d’assister encore. Pourtant, tout le monde sait que dans notre passé, une telle confrontation s’est maintes fois révélée non seulement stérile, mais aussi dommageable pour notre peuple désormais meurtri.

Je priorise donc le débat démocratique car, du choc des idées jaillit la lumière, alors que du choc des individus jaillit le sang dont le Congo n’a pas besoin. Je crois que tous les partis politiques devraient être évalués à travers leur programme, les leaders à travers leur vision et leur capacité de rassembler et de conduire les Congolaises et les Congolais au rendez-vous de l’espoir pour « un autre Congo possible ».

Dans cette perspective historique, l’acte d’aujourd’hui, tout en étant un geste physique, porte une dimension symbolique essentielle.

Je lance un appel solennel à la Communauté internationale pour qu’elle renforce davantage sa présence et son action en vue sécuriser le processus électoral.

De la même manière, je demande à la CENI et au Pasteur Daniel Ngoyi Mulunda en particulier de mettre en œuvre notamment l’audit des serveurs et de soumettre pour examen et éventuellement signature aux partis politiques le code de bonne conduite.

Chers compatriotes,

« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».

Que vive la République Démocratique du Congo !

Et que Dieu bénisse notre Peuple  et notre pays !

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le 7 septembre 2011



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