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jeudi 1 septembre 2011

Élections générales de 2011 en Rd Congo, espoirs et craintes des ex-groupes armés de l’Est du pays


Faustin Miganda, Secrétaire général adjoint de l’Urdec, Union des résistants démocrates congolais, ex-mouvement armé du Sud-Kivu déclare voir en  cette année de grands enjeux avec des élections qui se s’annoncent. Mais, il est conscient et manifeste ses craintes et espoirs. « Espoirs si tout s’est passé bien, dans l’apaisement si les élections se déroulaient dans les bonnes conditions et surtout dans le délai constitutionnel mais aussi conformément à la loi, c’est-à-dire que les uns et les autres battent campagne en toute sécurité ».
C’est pratiquement l’année de tous les espoirs parce que après les 5 ans de mandat qu’il considère comme une législature test. « Maintenant nous allons entrer dans la véritable législature où les une et les autres auront déjà une expérience », dit-il. Dans tout le cas, tout le monde, ceux qui sont dans les institutions ou en dehors de celles-ci, a vu comment les choses se sont passées. Chacun d’entre nous a tiré une leçon, ajoute M. Faustin Miganda. « Nous pensons que les acteurs politiques pour la législature prochaine vont faire montre d’une certaine maturité politique de l’expérience qu’ils auront déjà au courant de celle-ci ».
« La crainte, je ne sais pas ce qu’il faut craindre. Seulement je crois que la crainte ce serait seulement la mauvaise fois des uns et des autres de ne pas, par exemple, accepter les résultats des urnes. Si tout le monde est disposé à accepter les résultats des élections et que la sécurité soit garantie pour tous les candidats, il n’y a pas de crainte à avoir ».
Céni
Nous pensons que l’opposition et la majorité devraient nous épargner de la querelle inutile autour de cette structure devant organiser les élections. Elles doivent remplir leur mission en se conformant à la Constitution. Ce sont eux qui sont aux affaires et ils sont tous au Parlement. Ils devraient comprendre qu’il y a l’intérêt suprême de la nation congolaise et du peuple congolais qu’il faudrait mettre en avant.
« Nous leur demandons de nous épargner de tout cela. Leur mésentente ne met pas le peuple à l’aise. Nous qui sommes à l’Est du pays, le peuple n’est pas à l’aise de cette mésentente.  Ils devraient lever la mésentente, l’équivoque et installer le bureau de la Céni parce que tout le monde s’attend à ce que la Céni prenne les affaire en main de façon que la loi soit appliquée parce que la Céi en principe devrait déjà céder la place à la Céni ».
Son parti demande à l’opposition et à la majorité parlementaires d’épargner le peuple de cette gué-guerre et de voir l’intérêt supérieur du peuple congolais. Ce parti souhaitait que la Commission électorale nationale indépendante-Céni- soit installée tout de suite et sans délai parce que la Constitution est claire. 
Quant à Didier Bitaki, porte-parole des anciens groupes armés du Nord-Kivu, aujourd’hui en prison, lui a d’abord remercié le chef de l’Etat pour l’acte qu’il a posé à la fin de l’année 2010 en nommant les officiers issus des anciens groupes armés et même ceux des Fardc jadis intégrés. En tout cas pour cet acte, « nous lui remercions et nous lui demandons encore de faire davantage pour que tout le monde se retrouve y compris les cadres politiques ».
Entre temps pour ce qui est de la mise en place du bureau de la Céni, c’est une insatisfaction totale. « On n’est pas d’accord pour que les choses puissent traîner de cette manière. Nous courons le risque de tomber dans l’irrégularité constitutionnelle », se désolait-il.
Dans ces conditions, les anciens groupes armés empressaient tous ceux qui sont concernés par la question électorale de bien vouloir mettre en place immédiatement le bureau de la Céni de manière la plus urgente possible. « Ceci va nous permettre de savoir ce qui va se passer réellement au courant de cette année 2011 parce que c’est une année électorale. On constate qu’il y a une mauvaise volonté manifeste de la part des dirigeants de ne pas mettre ce bureau en place pour une fois nous ramener vers une prolongation, une transition ou à un vide juridique alors que c’est une question que nous croyons totalement résolue à partir des élections de 2006. Pour nous, c’est une inquiétude totale et nous appelons à la volonté de tous pour que le bureau qui vient d’être mis en place se mette rapidement au travail».
Peut-on maintenant permuter les ex-éléments des groupes armés après la reconnaissance de leurs grades ? La question a été résolue finalement parce que la revendication principale était que les grades des militaires soient reconnus dans leur intégralité, soulignait Didier Bitaki. La question qui se pose aujourd’hui est-ce que ces militaires appartiennent au Haut commandement des Fardc, ce qui était la plus grande question que nous nous posions chaque jour, on ne savait pas si ces militaires répondaient à quel ordre, s’interrogeait-il. Mais aujourd’hui, c’est bien connu qu’ils appartiennent aux Fardc et le chef de l’Etat venait de le confirmer en reconnaissant leurs grades. Donc, ils doivent tous obéir aux ordres du gouvernement central de qui ils dépendent dès maintenant dès lors que leurs grades sont reconnus dans les Fardc. En tout cas, il n’y a pas un commandement Cndp ou d’un groupe armé quelconque, faisait-il observer.
Enfin, pour sa part l’ex-principal mouvement armé du Nord-Kivu, le Cndp, est satisfait par cette reconnaissance formelle des grades en dépit du fait que certains éléments dont les grades n’ont pas été reconnus. Dans la totalité, la reconnaissance est formelle et nous en sommes très contents, se réjouissait Me Antoine Mahamba, porte-parole du Cndp.  
Ecrit 27 février 2011

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