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mardi 18 octobre 2011

Vient de paraître : Rd Congo. Au-delà de l’urgence humanitaire


 « Au-delà de l’urgence humanitaire », c’est le titre, qui peut paraître provocateur compte tenu de « l’air du temps », dominé par les nécessités de l’aide d’urgence, par toutes ces urgences caractéristiques d’un pays post-conflit : aide à l’enfance, aide aux femmes victimes des viols, aide alimentaire, aide médicale, aide aux Bonobos… L’univers ambiant des Congolais semble inéluctablement géré par l’humanitaire. 
Mais Lambert Mende Omalanga, l’auteur, refuse de s’aplatir devant les apparences. L’ouvrage de 171 pages qu’il publie est un appel pathétique à ne pas ensevelir le destion de la Rd Congo sous un fatras d’alibis humanitaires. Il faut, écrit-il, aussi soigner les causes à l’origine de ces urgences : le Congo doit être pacifié et reconstruit pas ses fils et ses filles.
Impérativement. C’est pour lui la meilleure façon d’aider à résoudre les maux qui assaillent les Congolais, dus essentiellement à la précarité de la vie, à la pauvreté, lesquelles devraient être empoignés par la racine. Oui, un appel à soigner les causes des maux dont souffrent les Congolais : insécurité, violences sexuelles, au lieu de se limiter à en colmater les effets.
Le remède s’appelle pacification, mise hors d’état de nuire des forces négatives, et selon le leader politique nationaliste, actuel ministre de la Communication et Médias de la Rd Congo, relance économique autocentrée.
C’est sans doute plus facile à dire qu’à faire. Les 171 pages du second ouvrage politique de Lambert Mende – Imprimeries Agb-Kinshasa, après « Dans l’œil du cyclone » -L’Harmattan, 2008- mettent à nu la foison d’obstacles que le Congo ne soit pas enterré dans ses urgences.
Après des années d’activisme politique en Europe contre le régime dictatorial qui sévit dans un pays, Lambert Mende Omalanga regagne la Rd Congo au début des années 90, et y poursuit son combat en faveur de la démocratisation de l’espace politique national. Ses qualités d’orateur et son intelligence particulière de la chose politique le font tout de suite remarquer.
Il ne tardera pas à prendre pieds dans la nomenclatura du système issu de la Conférence nationale souveraine. Ministre, puis vice-premier ministre dans divers gouvernements de coalition durant ce qu’on a appelé «  la première transition », Mende peine pourtant à afficher son affiliation idéologique : le lumumbisme, un mélange de nationalisme et de panafricanisme.
La fin de la dictature mobutiste et le chaos qui s’en suit, rythmé par des agressions armées successives et les conflits larvés qui menacent son pays lui en donnent l’occasion. Le lumumbiste, qui a vu le jour à Okolo – Lodja/Sankuru – en 1953, et atteint l’âge de la raison avec l’accession de son pays à la souveraineté nationale et internationale, essaie de comprendre l’incompréhensible et d’expliquer l’inexplicable.
Au-delà de l’urgence humanitaire, le second, transpire, lui aussi, ce besoin de comprendre. Mais il le dépasse en ce qu’il veut surtout faire comprendre, pour mieux prévenir. Aujourd’hui, comme en 2008, Lambert Mende s’acquitte d’une dette de nationaliste offusqué par tant d’années de gâchis et d’incessants retours à la case de départ. Parfois entretenus à dessein.

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