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mercredi 17 août 2011

Situation actuelle du complexe de production hydroélectrique d’Inga pendant l'étiage

La situation de la production hydroélectrique du Site d’Inga est caractérisée par une baisse de production, production limitée à plus ou moins 350 Mw suite à la calamité naturelle qui frappe le site par l’étiage très sévère du fleuve Congo et par conséquent, la diminution très sensible du plan d’eau dans le canal d’amenée d’eau aux deux centrales d’Inga.

 

De l’étiage actuel du Fleuve Congo et du canal d’amenée d’Inga

Cet étiage qui a commencé le 30 avril 2011 - niveaux d’eau relevés à la prise d’eau du canal d’amenée sur le fleuve Congo à Inga et au Bassin de Shongo étaient respectivement de 151, 61nm et de 150, 76 -, se poursuit jusqu’à ce jour - niveaux d’eau relevés à la prise d’eau du canal d’amenée sur le fleuve Congo à Inga et au Bassin de Shongo sont respectivement de 148,74 m et de 145, 77 m.

Toutefois, il faudra signaler que cet étiage dont les effets sont exacerbés par la sédimentation du canal d’amenée, admet au niveau du Bassin de Shongo, un plan d’eau de fois intérieur au plan critique d’exploitation fixé à 147,90 m-.

 

De la sédimentation du canal d’amenée

Comme dans tous les cours d’eau du monde, le fleuve Congo en général et le canal d’amenée d’Inga en particulier, les charrient les sédiments - sable + vase -.

Les différentes études, mesures et travaux de bathymétrie réalisés sur le canal d’amenée du site d’Inga ont relevé une concentration de sédiments variant entre 27 et 40 g/l. La qualité des sédiments entrant dans le canal a été évaluée à 257,4 tonnes par heure, soit 6.177,6 tonnes par jour. 




De cette quantité entrant, seuls 50 % sont sucés par les machines et ou évacués par des digues déversantes. Les 50 autres sont déposés dans le canal. A ce jour, la quantité des sédiments déposés dans le canal d’amenée d’Inga est évaluée à moins ou moins 16.683.341,33 m3.

Parmi les effets néfastes de l’étiage et de la sédimentation, il faudra compter les arrêts répétitifs des machines à Inga 1 pour nettoyage des circuits de réfrigération - échangeurs thermiques encrassés - à une fréquence d’environ une fois tous les deux jours.

 

De la disponibilité du débit et des machines

Dans la configuration actuelle de l’exploitation à Inga, - 3 groupes à Inga 1 : G11, G13, G16 et 4 groupes à Inga 2 : G23, G24, G25, G28-, le débit nécessaire pour produire la puissance nominale de l’ensemble des groupes dans ladite configuration - 813 Mw - est de 1.670 m3 par seconde actuellement enregistrés dans le canal d’amenée et permettant une puissance nominale variant entre 300 et 350 Mw seulement.

 

De la limitation de la production du complexe

Il va de soi que la limitation actuelle de la charge du complexe à plus ou moins de 350 Mw est tributaire de l’évolution du niveau du plan d’eau du fleuve Congo à la prise d’eau, au Bassin Shongo et pourra donc être revue en cas de variation majeure dudit niveau.

Il n’est plus possible d’accroître la production - les puissances - en toute sécurité, car à toute augmentation de puissance, il s’en suit un encrassement -  colmatage - immédiat des circuits de réfrigération, entraînant l’arrêt des machines dans les deux heures qui suivent pour nettoyage des échangeurs thermiques et le personnel exploitant est astreint à ces préoccupations sans relâche.

 


Des dragues

Pour lutter contre les effets néfastes de la sédimentation, la Snel a opté pour l’évacuation des sédiments déposés dans son canal d’amenée par le dragage mécanique à l’aide des dragueurs à cutter.

Ainsi, la Snel a acquis en 1995, une première drague de marque Italdraghe, d’une capacité d’évacuation solide de 230 m3 par seconde. Cette drague restée en arrêt depuis 2009, a été remise en exploitation en fin juillet 2011 après sa réparation sur fonds propre Snel par une équipe mixte des techniciens de la Congolaise des voies maritimes de Boma - CVM/Boma - et de la Snel/DSI.

Une deuxième drague de marque Bagema, d’une capacité d’évacuation solide de 600 m3 par seconde, sera opérationnelle incessamment. 

De la conclusion

La situation actuelle de la production hydroélectrique du site d’Inga, telle qu’exploitée dans l’introduction, est essentiellement liée à l’étiage sévère du fleuve Congo et non à la sédimentation du canal d’amenée et encore moins à l’état des machines productrices d’électricité.  

Par contre, la diminution de puissance qui nous est imposée depuis juin 2011, est dû au faible débit d’eau enregistré actuellement dans nos bassins de mise en charge - barrage - et en reste tributaire. Comme l’énergie électrique n’est pas stockage ce qui est produit est consommé à l’instant ou ce qui est demandé doit être produit à l’instant.

Dans l’état actuel des choses, la demande est supérieure à la capacité de production suite à la limitation susmentionnée. D’où l’important délestage observé en distribution en cette période de sinistre. Le débit – quantité d’eau – étant limité, la présence du sable dans le canal l’étrangle davantage et diminue de ce fait la section d’eau.

D’où, augmentation de la vitesse d’écoulement d’eau, émulsion eau - sable et encrassement - colmatage - des circuits de réfrigération et échauffement de certains organes, conduisant à des arrêts répétitifs des machines pour nettoyage.

 

  

 

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