APO

mercredi 31 août 2011

Précampagne ou campagne électorale avant la lettre, turbulence politique constatée à la mi-décembre entre l’opposition et la majorité

 Avec l’Université de Pprd à Kisangani désignant Joseph Kabila comme son candidat unique à la présidentielle de 2011 et suivi d’un autre conclave à Lubumbashi, les matinées politiques aux allures de campagne électorale, le retour d’Etienne Tshisekedi, suivi de l’organisation du congrès de son parti et enfin l’entrée et la double démission de Vital Kamerhe comme député national et membre du Pprd, le tout accompagné d’une tournée à l’Est du pays, les Congolais ont vécu une précampagne si pas une campagne électorale qui ne dit pas son nom.
Christophe Kolomony, chargé de la Justice du Pprd déclare qu’il ne faut pas confondre la propagande politique d’un parti politique avec la campagne électorale. Les partis politiques sont des mouvements qui sont en propagande politique au jour le jour. C’est le socle de leurs activités de faire savoir leur existence, de faire savoir leur projet de société ainsi que leur idéologie. Cela relève de la propagande politique, souligne-t-il. Le congrès d’un parti politique n’est pas limité dans le temps.
«  Il se tient à un certain moment bien fixé par les Statuts du parti concerné. Ca dépend selon qu’on a fait un congrès à une telle date, on peut la tenir à une date qui suivra selon le timing imparti, ainsi par exemple pour mon parti, nous tenons le congrès tous les trois ans. Donc, il peut coïncider avec la période de la précampagne électorale ou des campagnes électorales. Cela ne doit pas paraître comme étant une mauvaise chose. Mais je crois que les partis politiques ont le devoir de pouvoir vulgariser leur pensée politique. Ce qui rentre dans le cadre de la propagande politique », déclare M. Kolomony.
Les adhésions ont été enregistrées ces derniers jours à l’AMP avant même que ces partis ne concourent aux élections. Pour certains observateurs, il sera difficile de déterminer la force de chaque parti politique en cas de victoire de l’Amp aux prochaines élections si certains partis n’arrivaient pas à avoir des représentants au niveau du Parlement. Déjà, il y a des partis politiques de l’Amp qui n’ont pas des députés et des sénateurs ont dénoncé, il y a quelque temps, leur exclusion des institutions du pays.
Des adhésions et des recrutements sont des opérations permanentes dans un parti politique, dit M. Kolomony. Les partis politiques qui veulent concourir aux élections font un effort, pour davantage recruter dans le rang de la population autant plus que les élections. C’est la voix du nombre. « C’est celui qui remplisse plus les urnes qui est élu. Au-delà de ces adhésions et des recrutements, je crois qu’il y a un autre travail à faire, le degré d’engagement militant et la conviction même politique qui amène des gens à adhérer, de savoir que des personnes qui veulent s’engager politiquement pour soutenir le projet de société du parti politique. »
Le chargé de la Justice du parti présidentiel indique que cela ne peut pas être vu de mauvais œil. Les partis politiques savent comment juger la température et le degré d’engagement de leurs militants. Les élections restent la seule chose pour se rendre compte de la capacité politique de chaque parti politique. Les adhésions peuvent se faire et les recrutements peuvent continuer mais c’est au cours des élections qu’on se rendra compte qu’effectivement du degré de l’importance et de la véracité de toutes ces adhésions qui sont enregistrés à l’Amp.
Des membres de la famille présidentielle craignent que ces adhésions au niveau de l’Amp puissent faire un effet de boomerang après les élections. Car, les alliances ne peuvent se conclure qu’après le premier tour de la présidentielle. La conclusion des alliances se font en termes de l’importance des sièges obtenus par chaque parti politique à l’issue des élections.
« Nous ne pouvons pas présagé sur le mauvais sentiment des uns et des autres. Nous pensons que ceux qui veulent adhérer le font en âme et conscience d’autant plus que les adhésions sont des actes volontaires et personnels. Si cela peut se révéler être une bombe après les élections, nous nous rendrons compte puisque ceux qui ont de cheveux et qui les coupent pour paraître comme des chauves, les cheveux finissent toujours par pousser. Ils sont facilement détectés ».
Crainte de l’opposition
Le coordonateur intérimaire de l’Union pour la nation, plate-forme de l’opposition, le député Clément Kanku s’est de la précampagne qu’avait  déjà commencé le camp présidentiel, l’Amp. Par la suite, il s’est mis à l’évidence en déclarant qu’il est tout à fait normal que les partis politiques resserrent leur rang et qu’ils mobilisent davantage leurs électeurs. Il y a le processus électoral qui fait qu’il faut sensibiliser les gens davantage pour qu’ils s’inscrivent pour avoir autant d’électeurs.
« Donc, j’ai pris tout cela dans ce cadre-là. C’est qu’on est en train de mobiliser les électeurs et puis c’est tout  à fait normal pour un parti politique puissentde s’affirmer et d’affirmer sa présence sur le terrain pour que des gens ne l’oublient pas », constate le député Kanku wa Bukasa.
 Selon lui, les activités qui mènent l’opposition ne sont pas à comparer avec celles que  l’opposition a eu à dénoncer. La précampagne qui a été amorcée dans des termes très clairs par la majorité présidentielle où l’on demande clairement de voter pour le candidat Joseph Kabila de la majorité présidentielle.
Il se défend tout de même que l’opposition n’a pas commencé la précampagne électorale pour ceux qui le constatent. Le député Kanku fait observer que l’opposition n’a demandé qu’à ses militants d’être vigilants et de se mobiliser pour d’un côté, être présents quant au processus électoral pour se faire enregistrer, se faire enrôler pour ceux qui ne l’ont pas fait, mais de l’autre côté, l’opposition devrait transmettre le message. Pour la simple raison qu’on distiller beaucoup de messages au niveau de la population aussi bien qu’à l’intérieur du pays qu’à Kinshasa disant que l’opposition n’existait plus et que le jeu était fait et que seule la majorité avait droit de cité.
«  Nous avons l’obligation d’éclairer la population. Et nous ne pouvons le faire qu’à travers ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui, la campagne de proximité. Des membres de l’opposition sont déjà déployés à l’intérieur du pays pour transmettre ce message, éclairer la lanterne de la population. Celle-ci doit comprendre que nous n’avons pas abdiqué et nous sommes bien rangés en ordre de bataille pour conquérir le pouvoir en 2011 et que la population doit compter avec nous », confie le député de l’opposition.
Une délégation de l’Union pour la nation s’est déployée dans toutes les provinces. Non pas pour faire une précampagne électorale mais bien une campagne de sensibilisation parce que « nous devons déjouer le plan machiavélique de ceux qui sont de l’autre côté et qui veulent faire croire que l’opposition n’existe plus ».
La démonstration de force de l’Udps le 8 décembre dernier, lors du retour au pays du président Etienne Tshisekedi prouve le contraire et de celle du nouveau parti de Vital Kamerhe qui vient de se ranger du côté de l’opposition, sans parler de l’Union pour la nation et des autres partis. Hier, c’était le Mlc à Mbandaka avec Jean-Lucien Bussa. « Nous voulons tout simplement faire comprendre aux uns et aux autres qu’il faut composer et compter avec l’opposition qui n’a pas du tout abdiqué mais qui est déterminée à arracher cette victoire en 2011. Ce n’est pas du tout une précampagne électorale mais bien une sensibilisation puisque nous voulons corriger tout ce qui est dit ci et là pour détourner et distraire la population et surtout mettre dans la population des choses qui sont loin de la vérité et de la réalité, se défend une fois de plus le député Clément Kanku.
24 décembre 2010

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire