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mardi 28 août 2012

Le collectif des Ongdh dénonce la campagne de diabolisation de l’Asadho par le gouvernement de la Rdc


En date du 18 août 2012, l’ASADHO avait rendu public un communiqué de presse intitulé « Les critères à prendre en compte pour la composition de la Force Neutre d’interposition » et dans lequel elle demandait que « les troupes de tous les Etats impliqués dans le conflit armé congolais, entre 1996 et 2003, et  dans l’exploitation illégale des ressources naturelles soient exclues de ladite Force internationale neutre à déployer à la frontière congolo-rwandaise ». Il s’agit en l’occurrence de l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.
En réaction à ce communiqué, le gouvernement congolais, par la bouche de son porte-parole, a déclaré lors d’une interview rendue public le lundi 20 août 2012 que « cette ONG n’était pas qualifiée et n’a pas été sollicitée pour émettre un quelconque avis sur une matière aussi sensible que la guerre. Celle-ci, a-t-il indiqué, relève de la compétence du Parlement et de l’exécutif national ». Dans un éditorial reflétant le point de vue du Gouvernement diffusé au journal de mercredi 22 aout 2012, à 20H00, sur la Radiotélévision Nationale Congolaise(RTNC), et totalement consacré à la position prise par l’ASADHO, le Gouvernement dit notamment que : « à l’évidence, l’ASADHO est opposée aux intérêts nationaux congolais à cette guerre injuste, lesquels consistent simplement à démanteler définitivement les interférences criminelles rwandaises en RDC ».
Le Collectif des Ongdh considère que ces propos sont de nature à soulever la population contre une organisation citoyenne qui n’a fait que donner son point de vue dans un débat démocratique et à l’exposer non seulement au mépris, à la haine et à la vindicte populaire, mais aussi à préparer l’opinion aux actions que des forces obscures manipulées pourraient entreprendre contre cette association.
Le Collectif des Ongdh en RDC note avec amertume, véhémence et frustration que pareilles déclarations officielles du gouvernement congolais démontrent à suffisance sa détermination à extirper de la vie nationale tout débat de société portant ainsi gravement atteinte à la démocratie et au droit à  la liberté d’expression tels que garantis par divers instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC et sa Constitution. Ces déclarations relèvent, par ailleurs, de la pire nostalgie de certains acteurs, hier très actifs dans les différents mouvements armés, aujourd’hui tous rétribués par des postes politiques, jouissant de la totale impunité des actes  d’agression, crimes de guerre et crime contre l’humanité dont ils portent encore la responsabilité jusqu’à ces jours.
En effet, le Collectif des Ongdh tient à rappeler à l’opinion tant nationale qu’internationale que le peuple congolais garde encore vifs en mémoire notamment des nombreuses vies humaines de ses fils et filles perdues, des femmes enterrées vivantes (à Makobola, Mwenga, et Kasika),  des viols et atrocités sur les populations civiles, de nombreux déplacés de guerre à l’est du Congo, des pillages des villages et des ressources naturelles, la privation d’eau et d’ électricité ayant occasionné d’énormes dégâts dans les hôpitaux et maternités à Kinshasa, etc. pendant que le ministre Lambert Mende Omalanga, porteur de la déclaration notoirement dangereuse ci-haut décriée, était alors porte-parole du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) avant de regagner le RCD/KML, entre autres mouvements complices dans l’agression de la RDC. Ces actes ne resteront pas impunis !
Aussi, compte tenu de tout ce qui précède et eu égard au danger de voir le pays revivre l’expérience du passé, le Collectif des Ongdh s’approprie et tient à réaffirmer la position émise par l’ASADHO dans son communiqué pré-rappelé car, on s’en souviendra, les violations des droits de l’Homme ont été perpétrées aussi bien dans la partie du territoire du Congo géré en son temps par l’entité gouvernement qu’à l’est de la RDC géré par les rebelles et leurs agresseurs alliés ; il en était de même du pillage des ressources naturelles. Depuis, tous ces Etats demeurent intéressés par la RDC pour l’assouvissement de leurs intérêts. Le rapport mapping des experts des Nations Unies et bien d’autres rapports n’en disent-ils pas long ? D’autres Etats ci-haut cités, poursuivent, jusqu’à ces jours, l’exploitation illégale des ressources naturelles du Congo dans un silence complice de l’exécutif congolais qui frise la haute trahison.
Dans ce contexte, le Collectif des Ongdh pensent qu’aucun des Etats intéressés ne devrait revenir sous quelque mandat que ce soit sur le territoire congolais car le peuple ne garde aucun bon souvenir de leur présence dans le passé si ce n’est soutenir, contre la volonté de celui-ci, un régime n’ayant aucun égard pour le respect et la promotion des droits de l’Homme et incapable de protéger ses citoyens.  
C’est pourquoi, et au regard de ce qui précède, le Collectif des Ongdh en RDC recommande :
1. Au Conseil de sécurité des Nations Unies, le renforcement du mandat de la MONUSCO comme unique force bénéficiant encore de la confiance du peuple congolais pouvant être déployée à ce titre en cette partie du pays ;
2. A l’Union Africaine, de se joindre à l’opinion du peuple congolais en mettant un terme  au mandat confié à la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) ;
3. Au Parlement congolais, d’interpeller, à sa session de septembre 2012, le gouvernement congolais sur la question de l’opportunité de la mise en place d’une force internationale neutre à l’est de la RDC dans l’esprit de la CIRGL et d’accélérer le processus d’adoption de la proposition de loi sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme.
 4. Au gouvernement de la RDC, de cesser toute campagne de dénigrement contre les Ongdh et les considérer comme partenaires.
 
Fait à Kinshasa, le 27 août 2012
 

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