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jeudi 2 août 2012

Bulletin d’information société civile Nord-Kivu, 27 juillet 12


  Ville de Goma : la menace du M23 a la base de l’anxiété
La population du Chef-lieu du Nord-Kivu vit la peur au ventre. Depuis le week-end dernier, les rebelles du M23 constituent une sérieuse menace contre les habitants de Goma. Leur avancée spectaculaire, jusqu'à contrôler  Rutshuru-Centre, Kiwanja, Mabenga puis récemment Rumangabo, Rugari et Kibumba  inquiète plus d’une personne. L’anxiété est grande dans le chef de plusieurs personnes de la capitale provinciale. Les attaques du M23, ont occasionné de conséquences humanitaires importantes.
En effet, plus de 100 milles personnes ont fuit Rumangabo, Rugari et Kibumba. Nombreuses familles sont présentement concentrées dans le Camp de déplacés de Kanyaruchinya, non loin du Bureau administratif de la Chefferie de Bukumu, en Territoire de Nyiragongo, soit environs 4 km-nord de Goma. D’autres ont carrément foncé sur Goma où elles vivent, soit dans des familles d’accueil, soit dans des écoles et ce, dans des conditions déplorables.
Les rebelles du M23 avec leurs alliés Rwandais ont amassées leurs hommes de troupe à l’entrée de Kibumba, à plus ou moins 25 km-nord de Goma. Ils auraient infiltrés nombreux de leurs éléments dans la Ville et menacent de s’emparer de Goma  d’ici là. Vérité ou mensonge,  action psychologique ou pure réalité, personne ne sait jusqu’ici le fonds du secret des agresseurs qui contrôle la quasi-totalité du Territoire de Rutshuru.
Territoire de Rutshuru : le réseau Airtel coupe par le M23
Depuis le week-end dernier, les habitants de Ruchuru, Kiwanja, Mabenga, Rwindi, Rumangabo Rugari et environs ne sont plus joignables sur leurs portables du réseau air-tel. Nos sources sur place indiquent qu’un obus lancé par le M23 aurait endommagé l’antenne de ce réseau lors de récents  affrontements avec les Fardc à Rumangabo. Cette situation affecte également nombreux abonnés air-tel au du Territoire de Lubero qui deviennent injoignables à Kanyabayonga, Kaina, Kirumba et environs.
Cet acte n’est pas différent de la coupure de l’adduction d’eau qui a avait été perpétré par le même mouvement en Groupement de Jomba au mois de juin dernier. Ces crimes devraient en tous mériter l’attention particulière de la Cour Pénale Internationale et du Conseil de Sécurité de Nations Unies.
Et pendant ce temps, le M23 rêve d’étendre son contrôle avant l’arrivée éventuelle d’une quelconque force internationale devant les traquer. A coté de Goma, cette rébellion et ses alliés brûlent  de réoccuper le Territoire de Masisi où elle doit rejoindre ses caches d’armes qu’elle avait abandonnées il y a 4 mois, lors de sa fuite pour Runyonyi.  
Ainsi, la reprise par le M23 le dimanche dernier de la localité de Kabizo, Groupement de Tongo, dans la Chefferie de Bwito, à 25km-ouest de Rutshuru n’avait autre objectif que tenter de s’ouvrir un passage pour Mweso, en Territoire voisin de Masisi. Et, il faut souligner que dans les zones sous son contrôle, le M23 brille par l’enrôlement forcé de jeunes dans sa rébellion, des enlèvements des civils et autres violations graves de droits humains.  
La Société Civile du Nord-Kivu considère que ces menaces du M23 sont plus qu’inquiétantes et exposent de nombreuses vies humaines  en Province. En cas où le Conseil de sécurité traîne à voter une résolution visant à en finir avec cette rébellion ou sanctionner le Rwanda et l’Ouganda pour leurs soutiens au M23, le pire serait inévitable.
Par ailleurs, nous attirons l’attention des autorités Congolaises sur les menaces de mort que nous traversons ces jours en raison de nos opinions, de nos actions de lobbying et plaidoyer, de mobilisation de la population contre l’agression et la balkanisation. Des sources dignes de foi, nous apprenons que le M23 et ses alliés auraient mis sur pied un réseau d’assassins de grand renom,   pour nous éliminer physiquement. La Coordination de ce réseau d’assassin serait établie à Goma, avec des ramifications à Beni, Butembo, Kinshasa et dans plusieurs autres endroits de la RDC. Nous en alertons l’opinion tant nationale qu’internationale face au risque que nous courrons.  

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