APO

mardi 19 février 2013

Rapport partiel sur le deroulement du dialogue de Kampala presente aux acteurs de la societe civile a Kinshasa le 16 février 2013

INTRODUCTION

Le dialogue de Kampala a été effectivement ouvert le 9 décembre 2012, comme nous vous l’avions présenté pendant la suspension des travaux pour les fêtes de noël et de nouvel an.
Il vise essentiellement la fin de la guerre du Nord-Kivu, la disparition du M23 et d’autres groupes armées dans la région, la fin de l’insécurité et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.
Nous participons à ce forum en tant que délégués de la Société Civile congolaise témoin à ce dialogue en votre nom.
Nous veillons au grain pour nous assurer avec tous les autres participants que les intérêts nationaux sont réellement pris en compte sans fraude ni glissement vers la trahison  ou la balkanisation

REGLEMENT INTERIEUR DU DIALOGUE
Le règlement intérieur de ce dialogue a pris assez de temps pour être avalisé et signé par les parties en présence car il constitue un  véritable outil qui délimite le cadre et le modus operandi du forum.
Son point d’ordre est, à notre avis son  assertion à respecter la constitution de la République dans la recherche des solutions au conflit en question.
 Il a été adopté par la plénière et signé le 18 décembre 2012 et comprend 22 articles.

ORDRE DU JOUR
L’ordre du jour a fait l’objet des longues séances des discussions entre les parties et il est resté à moitié acquit lorsque nous sommes allés en pause de fêtes de fin d’année.
C’est finalement le 11 janvier 2013 qu’il a été adopté avec 4 chapitres, à savoir :
Revue de l’accord de paix du 23 mars 2009
Questions sécuritaires
Questions sociales politiques et économiques
Mécanisme de mise en œuvre : suivi et évaluation des conclusions  de Kampala.
Le Président Yoweri Museveni a donné au facilitateur l’ordre de parer au plus pressé afin de terminer ce dialogue le plus vite possible.
Dans cet esprit, il lui a présenté un raccourci en 9 points cruciaux pour laisser tout le reste au traitement ultérieur au Congo entre Congolais.
La délégation de la RDC a accepté ce plan tandis que celle du M23 l’a jugé de sommaire et perturbant.
Cela a causé une rupture des travaux pour une bonne période jusqu’au moment où le Président Museveni a réussi la délégation du M23 pour une réorientation. On est alors là revenus à la charpente de 4 chapitres du 11 janvier 2013.

PLENIERE DU DIALOGUE
Au total, nous avons à ce jour 13 séances plénières pendant ce dialogue. Elles fonctionnent normalement conformément au règlement intérieur.
Jusqu’alors, on n’a pas encore enregistré un incident de grande envergure dans le déroulement public de ces travaux.
Nos plénières se terminent toujours par un point de presse animé par le facilitateur entouré par les chefs des délégations.
Ce point est sensé expliquer un communiqué officiel dûment signé par les parties au dialogue.

COMMISSION DE LA DELEGATION DE LA RDC
En plus des travaux de plénières, la délégation de la RDC a eu plusieurs séances de briefing, de réflexion et des stratégies par rapport aux questions cruciales à traiter. 
Face aux revendications du M23, la délégation a été répartie en 4 grandes commissions pour proposer des réponses à réserver à leurs requêtes.
Il s’est agi des commissions ci-après :
Groupe 1 : Fin de la guerre et statut à réserver au M23
Groupe 2 : Amnistie et Cour Pénale Internationale
Groupe 3 : Réconciliation
Groupe 4 : Mécanisme de suivi

COMITE TECHNIQUE PARITAIRE
L’idée d’un comité technique paritaire, constituée essentiellement des techniciens de deux parties et de ceux du Secrétariat Exécutif  de la Conférence Internationale sur le Pays des Grands Lacs est venue conforter le traitement rapproché des dossiers.
Cette équipe a travaillé d’arrache pieds pour en arriver à bout de l’évaluation de l’accord du 23 mars 2009.
Après l’adoption en plénière du rapport de ce comité sur l’évaluation, il a été convenu qu’il continue le même exercice sur le 2ème et le 3ème chapitre afin que la prochaine plénière a  convoquer vienne apprécier leur dernier fruit.
Derrière cette résolution, il a été jugé opportun de renvoyer le grand nombre des délégués des parties pour minimiser les dépenses du trésor public. On s’est assuré que l’équipe de 6 personnes soit représentative des institutions parlementaires et politiques en plus des experts. 
Et le matériel du travail leur a été déjà fourni par les travaux des 4 commissions précitées.
QUESTIONS DELICATES
Les questions critiques soulevées par le M23 méritent une attention spéciale car, il se remarque toujours qu’elles sont un arbre qui cache la forêt, que le parcours est parsemé de beaucoup des pièges derrière des propositions apparemment toutes simples.
Relevons un exemple : le M23 propose que la DGM et L’ANR soient mises en un même service et rattachées à la Présidence de la République.
En plus, il demande instamment que leur technicien et expert soit chargé de la réorganisation et de la direction de ce nouveau service de manière efficace !
Au finish, la problématique de l’intégration politique, sécuritaire, sociale et économique demeure.
 A l’étape actuelle du dialogue, il ne nous est pas encore possible de dévoiler ce que la délégation en pense.

AMBIANCE GENERALE ET NOTRE CONTRIBUTION A L’ESPRIT DU DIALOGUE
L’ambiance générale du dialogue est passable car, en grande partie les personnes de la délégation sont des responsables consciencieux.
On peut signaler quelques petits cas marginaux de cohabitation qui n’entament pas le haut tenu de cette délégation nationaliste. Notre participation,  en tant que société civile parais appréciée par l’ensemble de la délégation. Nous avons également contribué en proposant notre cahier de charge de la Société Civile qui qui constitue notre ligne rouge et qui du reste a été pris en compte dans le discours du chef de la délégation de la RDC au M23.

PERSPECTIVE DE LA FIN DU DIALOGUE
Au regard de tout ce que nous avons laconiquement brossé dans ce petit rapport et compte tenu des autres paramètres de Kampala où de la diplomatie sur l’équilibre des forces sur terrain, il y a lieu d’affirmer que le dialogue va se terminer par un communiqué conjoint, la guerre va prendre définitivement fin, le M23 sera dissous et quelques-uns de ces éléments intégrés d’une manière ou d’une autre en se référant aux mécanismes légaux. Cela peut facilement prendre encore quelques semaines, probablement jusqu’à la fin de ce Mois.
En outre, il nous faut soulever de nouveau la question de la force nationale capable de sauvegarder les frontières de la République de manière permanente.

CONCLUSION PARTIELE
Notre mot de la fin de ce rapport partiel ne peut être qu’une expression de gratitude pour vos prières et votre soutien à cette entreprise de haute portée nationale et de tous les engins. Comme les travaux continuent nous avons tous la charge de persévérer dans l’appui spirituel, social, politique et communautaire afin que le bien l’emporte sur le mal, pour un avenir sécurisé de cette Nation.
Notre souhait est que face à la tentation de renter à la transition politique que le M23 n’a pas su imposé à Kampala, à travers sa proposition du (CNT), la Société Civile (forces vives ) en synergie avec les Confessions Religieuses et les communautés  nous puissions pousser notre Société politique à bâtir sur ses expériences actuelles pour améliorer l’avenir ( bien sûr avec logique essaie- erreur ) au lieu de tous recommencer.
Merci pour votre attention.

Votre délégation à Kampala
Elodie NTAMUZINDA             Magguy KIALA Bolenga
Présidente de la Société Civile         Vice-présidente du Secrétariat National
 du Sud-Kivu                         du Comité de Suivi
Thomas DAQUIN MUITI
Président de la Société Civile du Nord-Kivu

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire