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mardi 11 septembre 2012

Les traces du député national sur le chemin de son arrestation



Le temps arrive toujours à dire vrai sur le patriotisme et le civisme des citoyens, particulièrement lorsque leur Etat est confronté à la rébellion et à la guerre d’agression. C’est alors que tombent les masques, et se dévoilent les vrais ressorts des personnalités qui se caractérisent par des attitudes trompe-l’œil.
C’est ce qui est arrivé à Roger Lumbala Tshitenge, député national de son état, ancien seigneur de guerre du fameux mouvement armé Rcd-N, qui fit d’innombrables victimes dans le territoire de Bafuasende, où des notables continuent à réclamer qu’il soit envoyé à la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Le député Roger Lumbala Tshitenge
 Non content d’avoir été fait ministre après le Dialogue Intercongolais, d’avoir obtenu la nomination de son épouse Ngalula pour lui succéder au portefeuille de Commerce extérieur, non content d’avoir échoué à l’élection présidentielle de 2006 et de n’avoir pas fait élire son candidat à celle de 2011, Roger Lumbala défraie aujourd’hui la chronique, à son cause de son refuge dans l’Ambassade de l’Afrique du Sud à Bujumbura le 3 septembre 2012.
Exerçant leur devoir de vigilance, les services de renseignement burundais avaient interpellé le 1er septembre 2012 Roger Lumbala, suspecté de louches va-et-vient dans la Région des Grands Lacs, avec comme point de chute à établir au Burundi, qu’il voulait transformer en une base arrière clandestine des mouvements de rébellion qui embrassaient la province voisine du Sud-Kivu, en visant particulièrement les contrées de Fizi, Lemera et Kamanyola, avec l’appui affirmé du Rwanda.
Avant la fuite du lieu de sa résidence surveillée en direction de l’Ambassade de l’Afrique du Sud à Bujumbura, Roger Lumbala a dû passer par plusieurs heures d’un interrogatoire qui a mis à nu son implication dans les préparatifs de nouvelles rebellions à l’Est du de la Rdc. Ce fait avait déterminé que sa mallette soit saisie avec tous les documents et effets divers qui y étaient contenus, sa valise ayant été auparavant soustraite par l’une de ses femmes burundaises, Alice Ndayisenga.
Les renseignements indubitables sur ses missions clandestines au Rwanda établissent qu’il entretenait des relations suivies avec le capitaine Célestin Senkoko, secrétaire particulier du ministre rwandaise des Affaires étrangères et le général James Kabarebe, ministre de la Défense. Ce dernier est la plaque tournante de la manipulation pour multiplier les foyers d’insécurité en Rdc. Son secrétaire particulier connu sous le code « Voyage ou Safari » est son relai vis-à-vis de Roger Lumbala pour lui transmettre les directives de la manipulation et les invitations qui s’y apportent. Il est à la fois la source et l’exécuteur des intentions déstabilisatrices de ses manipulateurs.   
Son interpellation atteste qu’il est l’un des pions du Rwanda, qui lui demandait avec insistance de prendre la tête du M23 et d’ouvrir des fronts dans le Sud-Kivu, en lui proposant des « collabos » congolais, apparemment prêts pour y semer la terreur, en la personne de deux députés nationaux, lesquels font l’objet des recoupements des renseignements collectés à leur sujet.
Roger Lumbala a confirmé, dans un procès-verbal signé par lui le 1er septembre 2012, à Bujumbura, devant les services de renseignements burundais que le Rwanda apportait son soutien au M23. Il faisait allégeance au Rwanda, à l’instar du colonel Ruzandiza alias Makenga Sulutani, en s’impliquant dans la stratégie rwandaise de déstabilisation de la Rdc, par l’ouverture de plusieurs fronts, de manière telle que, en se répartissant les rôles, la bande à l’ex-général Bosco Ntaganda continuait à sévir dans le Nord-Kivu, particulièrement dans le Rutshuru, avec des postes avancés dans le Masisi. Il a accepté de s’associer avec le Maï-Maï Raia Mutomboki et certains politiciens natifs du Sud-Kivu, pour écumer cette province.   
Roger Lumbala a prêté concours idéologique et diverses ressources au colonel John Tshibangu dans les deux Kasaï. De documents trouvés en sa possession ont dévoilé qu’il avait vainement construit un alibi, à l’aide d’un manuscrit rédigé par ses soins destiné au chef d’agence d’une banque à Kinshasa, lui demandant de mettre à la disposition de son assistant parlementaire, M. Jérémie Mutombo Kamba une sommes importante en dollars en francs congolais, dans une correspondances qu’il datait de Paris en France le 6 août 2012.
Ce stratagème n’a pas réussi, étant donné que Roger Lumbala se trouvait à Kigali, en dépit de toutes ses dénégations. La lecture de ses mouvements opérés et retracés dans son passeport diplomatique, également saisi par les services de renseignements, établissent sans équivoque des va-et-vient dans la Région des Grands Lacs. 
Le leader du Rcd-N, Roger Lumbala
Mouvements suivis
Le 12 juin 2012, il quitte Kinshasa par l’aéroport de N’djili pour Bujumbura où il arrive le 13 juin après une escale à Addis-Abeba en Ethiopie. Le 19 juin 2012, il part de Bujumbura pour Kinshasa qu’il atteint le 20 juin 2012, ayant fait une escale à Addis-Abeba. Le 29 juin 2012, il quitte Kinshasa pour Brazzaville, à partir du Beach Ngobila. Le 30 juin 2012, il s’envole de Brazzaville par l’aéroport de Maya-Maya pour Kigali. Le 2 Juillet 2012, il part de Kigali par avion pour Brazzaville. Le 9 juillet 2012, à partir du Beach Ngobila de Kinshasa, il traverse le fleuve Congo pour Brazzaville. Le 14 juillet 2012, il quitte Brazzaville pour l’aéroport de Maya-Maya pour Bujumbura où il arrive le même jour. Le 2 août 2012, il quitte Bujumbura par son aéroport pour arriver à l’aéroport de Kigali le 3 août 2012. Le 3 août 2012, il sort du Rwanda par route à destination de l’Ouganda par le poste frontalier de Cyanika pour rentrer au Rwanda. Le 6 août 2012, il s’en va de Kigali pour Bujumbura. Le 8 août 2012, il prend son avion à Kigali pour Brazzaville. Le 13 août 2012, il prend son avion à Kigali pour Bujumbura et le 30 août 20123, il part de Bujumbura.
Le 1er septembre 2012, depuis Kigali, il s’en va par route à destination de Bujumbura, et c’est ce jour-là qu’il est pris à la frontière avec le Burundi par les services de renseignements burundais. Du 13 août jusqu’au 1er septembre 2012, jour de son interpellation, il reste à Bujumbura, même si ses appels téléphoniques ont été pris en charge par des réseaux de télécommunications de la Rdc couvrant l’Est du territoire national congolais.
C’est donc sans surprise que d’autres renseignements supplémentaires ont déballé sa connexion avec l’ex-colonel Makenga Sulutani du M23. Le dépouillement professionnel des autres effets de Roger Lumbala trouvés dans sa mallette et saisis a montré qu’il était de mèche non seulement avec le Rwanda et le M23, mais aussi avec le colonel John Tshibangu.
Outre ses contacts avec le précité, il a été trouvé dans les effets de Roger Lumbala, rédigés de sa propre main, un projet de déclaration de prise de pouvoir que devrait lire le colonel John Tshibangu pour annoncer à l’opinion d’attendre une autre déclaration qui, elle, serait lue par Roger Lumbala. Le colonel John Tshibangu s’active à préparer une hypothétique voie royale à Roger Lumbala, au mépris de tout encrage dans les valeurs démocratiques.
Dans une deuxième déclaration, Roger Lumbala fait sienne la rébellion du colonel John Tshibangu et fait allusion à une armée qu’il dénomme A7, naturellement allié au M23. Il a esquissé un plan opérationnel destiné à attaque le Kasaï sur trois axes - Miabi-Kabeya Kamwanga-Tshilenge -. Il avait également des visées à l’aéroport de Mbuji-Mayi, le camp militaire, le gouverneur de province, la résidence et le bureau du général Patience, la station provinciale de la Rtnc.
Pour concrétiser son coup de force, Roger Lumbala avait tablé sur dix jours d’opération, mettant à contribution 600 rebelles constituant 30 groupes de 20 personnes chacun, à déployer dans les trois axes, à raison de 200 personnes par axe. Estimant le coût de cette opération à 6.000 dollars américains, Roger Lumbala avait prévu 600 armes individuelles, chacune d’elles renforcée de 2 chargeurs, sans oublier 11 appareils Motorola pour les communications.
Roger Lumbala, au vu des documents qu’il portait s’activer à nouveau à préparer la guerre, après l’épisode du territoire de Bafuasende, en s’inspirant probablement de la lecture des trois des livres, notamment « L’art de la guerre » de Sun Tse et « Les 36 stratagèmes, Manuel secret de l’art de la guerre », traduit du Chinois, présenté et commenté par Jean Lévi.

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