APO

dimanche 8 avril 2012

"Je suis là, je n'ai pas peur" a déclaré vendredi Bosco Ntaganda avant de remettre un mémorandum de revendications


Le général et ex-rebelle Bosco Ntaganda a affirmé qu'il était là et n'avait pas peur, vendredi chez lui à Goma, dans l'est de la RD Congo, où la rumeur le donnait ayant fui avec d'autres officiers ex-rebelles qui ont fait défection. Je suis là, je n'ai pas peur, a simplement déclaré à deux journalistes, dont un de l'AFP, Bosco Ntaganda, connu aussi sous le surnom de Terminator, visé depuis 2006 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants quand il était dans une autre milice au début des années 2000.
Il n'a pas fait défection, a affirmé son aide de camp avant de remettre aux journalistes un projet de mémorandum de revendications des militaires, où sont dénoncées les conditions de vie inhumaines des soldats. Nous nous sommes donné la responsabilité d'intégrer l'armée pour renforcer la sécurité de notre nation, en particulier la paix à l'est qui était menacée (...). Nous avons travaillé de facon remarquable pour que la paix revienne (...) mais dans des conditions inhumaines causées par la hiérarchie qui nous traite avec méfiance. Cela engendre l'échec des opérations (contre les groupes armés actifs dans l'est) et les mauvaises conditions de vie des militaires, est-il écrit dans ce mémorandum.
Le document, qui n'était pas signé jusque-là, dénonce pêle-mêle des problèmes de paie, de nourriture, d'obtention des grades et des fonctions, de logement, de logistique (essence, munitions, véhicules...), et le détournement de fonds par des membres de la hiérarchie militaires. Le gouvernement congolais a appelé vendredi les responsables du mouvement de défection d'officiers dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu à la discipline et à s'abstenir d'actes susceptibles de les exposer aux rigueurs de la justice tant nationale qu'internationale, dans un communiqué de son porte-parole Richard Muyej Mangeze, où il n'est jamais fait allusion au général Ntaganda.
Les officiers déserteurs sont principalement des ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dont Ntaganda était le chef d'état-major avant leur intégration dans l'armée début 2009 après un accord de paix.
Aucun chiffre officiel n'a été donné sur le nombre de défections, mais selon des sources de l'armée congolaise et onusienne, il serait estimé entre 200 et 300 hommes de troupe compris, voire plus. Le mandat de la CPI de 2006 contre Ntaganda concerne le même crime d'enrôlement d'enfants pour lequel la CPI a reconnu coupable Thomas Lubanga quand il dirigeait une rébellion dont Ntaganda était alors le numéro 3.
Mi-mars, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a annoncé qu'il allait demander un nouveau mandat d'arrêt contre l'ex-rebelle Ntaganda pour des crimes supplémentaires de viols et meurtres.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire