APO

dimanche 26 juillet 2026

RDC : le BCNUDH alerte sur une hausse de 26 % des violations des droits humains en mai 2026

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a publié le 24 juillet 2026 son rapport sur les principales tendances des violations des droits humains en République Démocratique du Congo pour le mois de mai 2026.

Le document met en évidence une nette dégradation de la situation sécuritaire, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, où les conflits armés continuent de faire de nombreuses victimes.

Au cours du mois de mai 2026, le BCNUDH a documenté 481 violations et atteintes aux droits humains, ayant touché au moins 1.188 victimes. Par rapport au mois d'avril, cela représente une augmentation de 26 % des violations et de 20 % du nombre de victimes.

Selon le Bureau, cette hausse est notamment liée à l'intensification odes attaques contre les civils menées par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Beni et Mambasa, ainsi qu'à la résurgence de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la province du Bas-Uélé.

Les provinces en conflit concentrent l'essentiel des violations

Le rapport indique que 393 violations, ayant affecté 886 victimes, ont été recensées dans oles provinces touchées par les conflits armés.

Dans les provinces non affectées par les combats, le BCNUDH a néanmoins documenté 88 violations et atteintes, concernant 302 victimes, notamment en raison des restrictions persistantes de l'espace civique.

Des violences sexuelles toujours préoccupantes

Le BCNUDH a recensé 40 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant fait 59 victimes, dont 33 femmes, 25 filles et un homme.

Le Nord-Kivu concentre près de 73 % des victimes, suivi du Sud-Kivu (15 %) et de l'Ituri (10 %).

Les acteurs étatiques sont mis en cause dans 46 % des cas, avec 27 victimes, dont 26 attribuées aux FARDC. Parmi les groupes armés, le M23 est cité comme le principal auteur présumé, avec 14 victimes.

Journalistes et défenseurs des droits humains toujours ciblés

Le rapport relève également la persistance des restrictions de l'espace civique. En mai 2026, le BCNUDH a documenté six violations visant des défenseurs des droits humains, des journalistes, des leaders communautaires et des acteurs de la société civile, pour un total de 22 victimes, dont 20 femmes.

Par ailleurs, sept cas de protection individuelle oont nécessité l'intervention du BCNUDH. Les menaces provenaient notamment d'éléments de l'AFC/M23, d'agents de la Police nationale congolaise (PNC), d'autorités judiciaires et des services de renseignement.

Grâce au plaidoyer du Bureau, huit défenseurs des droits humains ont bénéficié de mesures destinées à renforcer leur sécurité.

Des poursuites engagées contre militaires, policiers et civils

Dans le cadre de la lutte contre l'impunité, plusieurs procédures judiciaires ont été enregistrées au cours du mois de mai dans des affaires impliquant des militaires des FARDC, des policiers et des membres de groupes armés.

Au total, 66 poursuites ont été engagées contre cinq militaires des FARDC, cinq policiers et 56 civils. Ces procédures ont abouti à la condamnation de 49 personnes, dont cinq militaires des FARDC, cinq agents de la PNC et 39 civils, pour des faits de meurtre, viol, extorsion et autres violations graves des droits humains.

Le rapport précise que trois militaires des FARDC, trois policiers et quatre civils ont été condamnés à la peine de mort. Avec l'appui du BCNUDH, 23 victimes, dont 12 femmes, ont également bénéficié de mesures de protection judiciaire.

Ce rapport s'inscrit dans le mandat du BCNUDH consistant à surveiller la situation des droits humains en RDC et à partager régulièrement ses constats avec les autorités afin de favoriser des poursuites contre les auteurs présumés des violations.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire