La population du territoire de Mushie, dans la province du Maï-Ndombe, demande aux autorités nationales et provinciales d'intervenir afin de protéger les droits des communautés locales et de restaurer un climat de paix.
Dans une note de plaidoyer signée par le notable et opérateur culturel Gabriel Moz Massa, plusieurs préoccupations sont soulevées concernant l'exploitation des terres par la Société générale d'élevage et d'agriculture au Congo (SOGENAC).
Des contrats fonciers jugés dépassés
Le document rappelle que la société Jules Van Lancker (JVL) s'est installée à Mushie en 1966 grâce à des contrats conclus avec les chefs coutumiers de l'époque pour une durée de 25 ans renouvelable.
Selon les auteurs du plaidoyer, ces conventions n'ont jamais été réévaluées malgré les profondes évolutions sociales, démographiques et juridiques intervenues depuis leur signature.
Ils estiment également que les superficies actuellement exploitées par la SOGENAC dépasseraient les limites prévues dans les contrats initiaux, avec l'occupation de terres, de savanes et de forêts qui ne seraient pas couvertes par les accords d'origine.
Des griefs contre la SOGENAC
Le plaidoyer fait état de plusieurs préoccupations exprimées par les communautés locales. Parmi celles-ci figurent des restrictions d'accès à certaines zones forestières, des allégations de pollution des eaux par des pesticides, des difficultés d'accès aux terres agricoles, ainsi qu'une recrudescence des violences et des pillages.
Le document évoque également des conflits liés au braconnage qui auraient entraîné des pertes en vies humaines. Les auteurs demandent que des enquêtes soient menées pour faire toute la lumière sur ces faits.
Par ailleurs, la population déplore le manque d'investissements sociaux malgré la présence de longue date de l'entreprise, citant notamment l'insuffisance d'infrastructures scolaires, sanitaires et routières, ainsi que l'absence de services jugés bénéfiques pour les communautés.
Un appel à l'État pour restaurer la paix et la justice
Dans leur note, les signataires sollicitent la révision des contrats fonciers, une délimitation officielle des terres concernées, la restitution des espaces occupés au-delà des limites contractuelles, la protection de l'environnement et des villages, ainsi que la garantie de l'accès des populations à leurs terres et aux ressources naturelles.
Le document appelle également les autorités à enquêter sur les violences dénoncées et à prendre des mesures contre tout comportement discriminatoire portant atteinte à la dignité des populations.
Enfin, les auteurs du plaidoyer affirment que les habitants de Mushie ne sont pas opposés aux investissements privés, mais souhaitent que ceux-ci soient réalisés dans le respect de la loi, des droits des communautés locales et de l'environnement.
Ils demandent aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la paix, la sécurité et la justice dans le territoire de Mushie.
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