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lundi 27 juin 2016

Dg de la SCPT, Didier Musete : "nous ne pouvons pas vendre le coût de l’infrastructure ou de la fibre optique d’une manière disparate".

Depuis une année que le nouveau comité de gestion de gestion a été nommé à la tête de la SCPT, ex-OCPT, le personnel ne connait plus de retard de paiement après avoir accumulé des arriérés de salaires de près de 200 mois. Nous avons rencontré le directeur général de cette entreprise, Didier Musete qui invité les Congolais et les étrangers à testez le travail réalisé.

Depuis presque trois décennies, certains Congolais n’ont pas connu la poste et n’ont reçu ou envoyé une lettre par la poste. L’Internet ne va-t-il pas tuer la poste puisqu’avec son téléphone mobile, on peut communiquer à n’importe quel coin du monde ?
Le DG de la SCPT, Didier Musete
En un an, un travail de fonds a été accompli. J’aime bien à dire, testez-nous. La confiance, il faut savoir aller la chercher. Il ne faut pas s’attendre à ce que les gens nous fassent confiance dans le vide. Donc, je veux dire à la population : testez-nous. Allez à votre bureau de poste le plus proche et postez votre lettre, envoyez votre colis, ouvrez votre boite postale, compte chèque postal au niveau de la postefinances et vous allez voir ce qui va se passer. Le service est de qualité si les envois se font et si vous recevez les lettres. Ensuite vous serez devenu un témoignage que nous allons devoir dupliquer et apporter aux autres.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne risquent-elles pas de tuer la poste puisque la plupart des gens utilisent de plus en plus l’Internet avec toutes ses applications ?

Même dans les pays les plus développés ou les plus avancés, la poste reste toujours une institution solidement établie. La poste de la Belgique par exemple a réalisé 6 millions d’euros de bénéfices nets en 2014. Celle de la Suisse a pu réaliser 8 millions d’euros de bénéfices nets. Donc, je peux vous dire que la poste, rien ne la remplace. Le Sms, le mail et tout ça ne peuvent pas remplacer la version courrier papier. Aujourd’hui la poste est encore boostée par ce qu’on appelle l’E-commerce. Les gens restent chez eux et commandent en ligne. Ils ont besoin de quelqu’un pour leur transporter les biens commandés. C’est la poste qui fait ce travail bien sûr qu’il y a des messageries privées. La poste est toujours une administration solide. Ca l’a été dans le cas même pendant la guerre, les gens dans les tranchées avaient besoin de la poste. Celle-ci est une administration qui reste lorsqu’il n’y a plus rien. Dans d’autres pays, on a des services de la valeur ajoutée comme appuyer le service de santé, la collectivité locale, le transport… La poste reste vraiment une administration qui accompagne. J’ai vécu en France. Vous pouvez enlever tout ce que vous voulez dans une commune mais ne surtout pas toucher au bureau de la poste. La poste cristallise tout le monde. Aujourd’hui, nous pensons que le développement inclusif de notre pays devrait passer par la poste. C’est à travers le bureau de la poste dans votre ville, votre commune, dans votre village que cela se fera. Par exemple à Fizi dans le Sud-Kivu, le bureau de poste devrait devenir là où des gens devraient venir s’enquérir des nouvelles, accéder au haut débit, envoyez ou recevoir un courrier ou colis… Voilà, donc tout devrait tourner autour de la poste et ça va développer toute la contrée.

Dernièrement les Congolais se sont plaints du coût trop élevé de l’Internet. On a semblé dire que c’est la SCPT qui a augmenté la location de la capacité de la fibre optique. Ce n’était pas une façon pour la SCPT d’amener les gens vers la poste ?

Non (Sourire). Je veux corriger tout de suite puisque ce sont deux problématiques complètement différentes. Les télécommunications, parlons-en. Je remercie son Excellence Thomas Luhaka, Vice-ministre et ministre de Poste, téléphones et nouvelles technologies de l’information et de la communication, qui était l’invité de Top Presse de Top Congo Fm dernièrement a rappelé et fixé les esprits. La RDC a investi plus de 345 millions de dollars américains dans la fibre optique depuis Muanda (Kongo Central) jusqu’à Kasumbalesa-Sakanya dans l’ex-Katanga. La fibre optique est aujourd’hui opérationnelle. Les opérateurs de télécommunications mettent de plus en plus leur capacité ou leur trafic sur ce réseau. C’est un gros investissement. Nous nous employons maintenant à savoir comment amortir et à rembourser les emprunts. Tous ces réseaux sont à la charge de la SCPT pour les exploiter et les commercialiser. Nous faisons de notre mieux pour bien faire les choses. La qualité de service s’est accrue. Nous sommes à un taux de disponibilité mensuel qui est à 97.4 %. C’est un réseau qui est de plus en plus fiable. Nous corrigeons les erreurs qui ont été commises au niveau de la construction. Depuis notre arrivée à la tête de la SCPT, nous avons mis en place un business plan qui nous a montré qui est possible de pouvoir baisser le coût au prix vendu chez les opérateurs de télécommunications. Au bout de trois mois de notre mandat, nous avons fait une première baisse à 11 % de la capacité qui est vendue aux opérateurs. Récemment, nous venions de le faire ne baissant le coût de la capacité de la fibre. Regardez du côté de la SCPT pour dire que ça justifierait la hausse de l’Internet, je pense que ce n’est peut-être pas de cette manière qu’il faille voir les choses. Cependant, il est vrai que dans un pays qui a la taille à la dimension d’un continent. Nous devrions faire la péréquation, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas vendre le coût de l’infrastructure ou de la fibre optique d’une manière disparate. Par exemple, on est à Kimpese proche de Muanda ça serait moins cher et à Kinshasa plus cher, à Mbuji-Mayi encore plus cher. Non, ça n’a pas de sens. Nous devrions repartir le coût sur l’ensemble du pays. Il y a des pays qui ont déjà amorti leur fibre optique et la RDC n’est qu’au début. Nous baissons le coût petit à petit avec beaucoup de sagesse et d’intelligence pour ne pas casser le business.

Didier Musete pour la rénovation de la poste congolaise

Avant votre arrivée à la tête de cette entreprise, le personnel a accumulé près de 200 mois d’arriérés de salaires. Une année après, avez-vous apuré tous ces arriérés ?

Nous avons fait preuve de beaucoup de courage dans la gestion de cette question. Le mandat qui nous a été confié pas seulement la direction générale mais aussi le conseil d’administration, nous avons été très clairs. Nous devrions nous attaquer aux vrais problèmes qui rongent l’entreprise. Je viens de parler des problèmes purement techniques de la poste et télécommunications mais la gestion des ressources humaines était également un enjeu de taille. Le conseil d’administration et l’assemblée générale nous ont donné des instructions claires à ce sujet. Nous devrions nous y attaquer. Nous avions négocié vraiment âprement avec le banc syndical de la SCPT. Nous avons convenu au mois de novembre 2015 d’un protocole d’accord qui a permis de faire la décote. Du fait que des gens étaient à la maison et ne travaillait plus ont continué à compter les mois des arriérés de salaires. Ca n’avait vraiment pas de sens. Nous devrions nous mettre d’accord qu’est-ce que la SCPT serait en mesure de prendre en charge. Donc, nous avons fait la décote et le reste de montant de 200 millions de dollars qui restait, nous avons obtenu de la part du gouvernement l’accord de pouvoir le transformer en logements sociaux. Le projet de lotissement pourrait commencer. Je peux vous dire qu’en 2016, la SCPT devrait se retrouver avec zéro dette sociale même si ça n’existe pas mais en tout cas le minimum possible à ce que les agents et cadres aient une maison en contre partie de leurs arriérés de salaires. En même temps, nous avons essayé de trouver un accord pour que nous ne continuions plus à creuser la dette sociale. Depuis que nous sommes là les salaires sont payés tous les mois. Nous avons obtenu de la part d’une clinique locale pour que les agents et cadres de la SCPT soient soignés dans les conditions acceptables. Nous avons un réfectoire pour le personnel s’alimente à un prix modéré. Je peux dire que nous avons participé à combler ce gap au niveau social. Il y a de moins de moins de manifestations à la SCPT et qu’il n’y a quasiment plus de cercueil.
Enfin pour terminer, quel message à vos clients ?
Ca serait mieux que la population nous teste. Que ceux qui sont à Kinshasa, dans les provinces ou à l’étranger, envoyez votre colis ou votre courrier par la poste. La poste est de retour. Pas de raison d’aller en toutes sortes de spéculations. Utilisez votre poste. Dans chaque pays du monde, il y a une poste. En RDC, nous avons choisi de confier ces opérations postales à la Société congolaise de poste et de télécommunications. Allez à votre bureau de poste, déposez et recevez votre courrier ou colis, ouvrez votre compte chèques postaux parce que nous avons relancé la poste finances. Rendez-vous dans nos bureaux et vous y trouverez toute une panoplie de services : transfert d’argent… en tout cas la poste est de retour. Ceux qui rêvent doivent arrêter. Nous sommes en train de faire quelque chose d’immense. Nous avons besoin de l’appui de tout le monde pour la relance de notre poste.





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