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lundi 6 mai 2013

Retour de la violence à Pinga, dans l’est de la République démocratique du Congo



Au cours des derniers jours, Pinga, située dans la province instable du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) a été le théâtre de lourds affrontements, qui ont grandement compliqué le travail médical d’importance vitale de Médecins Sans Frontières (MSF). Des milliers d’habitants ont fui la ville pour se réfugier dans la forêt aux alentours, et 11 membres du personnel congolais de MSF sont portés disparus.
« MSF s’inquiète beaucoup du fait que des civils font régulièrement les frais de cette violence. Il s’agit de la huitième fois que Pinga change de mains depuis 2012 », déclare Jan Peter Stellema, responsable des opérations à Goma pour MSF. « De nombreux patients ont dû être transférés à Goma pour y être opérés d’urgence. Parmi eux, une septuagénaire a reçu une blessure par balle au bras », ajoute-t-il.
Après la première vague d’attaques de dimanche, une grande partie de la population a pris la fuite dans la forêt qui jouxte la ville. D’autres ont cherché refuge à l’hôpital municipal, mais des hommes armés les ont forcés à ressortir. Des maisons ont été pillées et brûlées, et un combattant a été décapité, ce qui a provoqué un vent de panique dans la ville. On dénombre 11 membres du personnel congolais qui ne se sont pas présentés à leur travail et sont actuellement portés disparus.
Une équipe MSF, qui soutenait l’hôpital municipal l’année dernière, continue de diriger une importante clinique dans la ville et a parfois été en mesure de franchir les lignes de combat pour venir en aide à des dispensaires de la région. Toutefois, l’accès reste extrêmement difficile à négocier avec les multiples groupes armés et alliances qui œuvrent dans ce secteur. Des centres de santé ont été pillés et des équipements médicaux détruits.
« Cela peut être un véritable défi de prodiguer des soins lorsque les structures médicales ne sont pas respectées, le personnel de santé n’est pas suffisant, les gens ont pris la fuite, ceux qui sont restés ont peur d’être victimes de violence, nous sommes forcés de payer des taxes illégales ou de recruter certaines personnes », explique Jan Peter Stellema.
Dans la province du Nord-Kivu, MSF continue de fournir, malgré les conditions difficiles, des soins de haute qualité dans quatre hôpitaux de référence, 12 centres médicaux et quatre postes de santé. Au Sud-Kivu, elle gère quatre hôpitaux de référence, 19 centres médicaux et cinq postes de santé. De plus, en fonction des besoins, elle mène des interventions d’urgence, des activités dans des centres de traitement du choléra, et via des cliniques mobiles hebdomadaires.

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