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mardi 25 août 2026

Sud-Kivu : la SOCICO-RDC plaide pour des prêts sans intérêt en faveur des étudiants affectés par la coupure des réseaux

Des étudiants sont en difficulté financière avec la coupure prolongée des réseaux de télécommunication dans les territoires de Fizi et Baraka. Cette situation perturbe la vie de nombreux étudiants ressortissants de cette partie du Sud-Kivu.

La situation affecte notamment ceux qui poursuivent leurs études à Uvira, Bukavu, Goma ainsi qu’au Burundi. Selon la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC), ces étudiants éprouvent de sérieuses difficultés à recevoir l’aide financière de leurs familles.

Les transferts destinés au paiement des loyers, des frais académiques, de l’alimentation et d’autres dépenses courantes passent habituellement par des services de monnaie électronique tels que M-Pesa, Airtel Money ou Orange Money.

La coupure des réseaux bloque les transferts

L’interruption des réseaux prive ainsi les étudiants d’un moyen essentiel de communication et de transfert d’argent avec leurs proches. Pour certains, cette situation compromet directement leurs conditions de logement, leur alimentation et la poursuite de leurs études.

Face à ces difficultés, la SOCICO-RDC, Coordination urbaine d’Uvira, appelle le gouvernement provincial du Sud-Kivu à mettre temporairement à la disposition des étudiants concernés des prêts sans intérêt.

Un remboursement après le rétablissement des réseaux

L’organisation propose que ces crédits servent à couvrir les besoins urgents des étudiants, notamment les frais académiques, le logement et l’alimentation.

La SOCICO-RDC estime que les montants avancés pourraient être remboursés par les familles dès le rétablissement des réseaux téléphoniques et la reprise normale des transferts financiers.

La SOCICO-RDC appelle à une réponse rapide

La structure de la société civile demande ainsi aux autorités provinciales de prendre en compte la situation particulière de ces étudiants et de mettre en place une réponse temporaire afin d’éviter que la coupure des réseaux ne compromette davantage leur parcours académique.


Sud-Kivu : la Société civile de Baraka dénonce le bouclage fiscal et exige la libération de six de ses membres

Des opérateurs économiques dénoncent une opération de recouvrement forcé. Les composantes de la Société civile de la ville de Baraka, dans la province du Sud-Kivu, expriment leur vive indignation face à la reprise contestée de l’opération de bouclage menée par le gouvernement provincial à travers la Direction provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER-Baraka/Fizi).

Dans un communiqué daté du 24 août 2026, cette structure dénonce notamment la coupure des réseaux de télécommunication et de la connexion Internet, la non-réalisation de certaines promesses liées aux projets de développement, ainsi que le non-respect, selon elle, des procédures de recouvrement forcé des documents de bord.

Une mesure jugée préjudiciable à la population

Pour la Société civile de Baraka, cette opération intervient dans un contexte déjà marqué par la crise, les tensions sociales et les difficultés économiques.

Elle estime que le recouvrement forcé des taxes porte atteinte aux droits des opérateurs économiques et à la dignité des citoyens.

La structure considère également cette démarche comme une pression supplémentaire sur une population confrontée à l’injustice et à la pauvreté.

Six acteurs de la société civile détenus à Uvira

La Société civile affirme que six de ses acteurs sont détenus à la prison centrale d’Uvira depuis le 14 août 2026.

Selon le communiqué, ces personnes auraient été arrêtées après avoir dénoncé et refusé cette pratique de recouvrement forcé, qu’elles estiment dépourvue de contreparties.

La société civile de Baraka dénonce ces arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires ainsi que le transfert de ses membres, qu’elle considère comme une violation des droits fondamentaux et des procédures judiciaires.

La Société civile rejette toute implication dans l’opération

Les composantes de la Société civile de Baraka affirment par ailleurs ne pas être associées à cette opération de bouclage. Elles réaffirment leur indépendance et refusent de cautionner, selon elles, une mesure susceptible d’étouffer les opérateurs économiques et de restreindre les libertés citoyennes.

Elles accusent également le gouvernement provincial de mener une démarche contradictoire, après des appels à l’apaisement qui auraient précédé la reprise de l’opération.

Exigence de libération et suspension du bouclage

Face à cette situation, la Société civile de Baraka exige la libération immédiate et sans condition des six acteurs détenus. Elle demande également la suspension définitive de l’opération de bouclage et appelle les autorités à privilégier le dialogue ainsi qu’une gouvernance transparente.

Appel à la vigilance de la population

La Société civile invite enfin la population de Baraka à rester vigilante et mobilisée, tout en privilégiant des actions pacifiques pour défendre ses droits.

Elle appelle également l’opinion nationale et internationale à suivre cette situation, qu’elle présente comme une menace pour la cohésion sociale et la démocratie locale.


Sud-Kivu : formation des jeunes au leadership responsable et à l’entrepreneuriat

À l’occasion du Mois de la Jeunesse, le Conseil Urbain de la Jeunesse d’Uvira (CUJ-Uvira) a accompagné l’Union des Jeunes Utiles pour le Développement (UJUD ASBL) dans l’organisation d’une grande conférence des jeunes, vendredi 21 août 2026.

Cette rencontre a été consacrée à la formation, au renforcement des capacités et à la promotion d’une jeunesse responsable, engagée et capable de contribuer au développement de sa communauté.

Le CUJ-Uvira réaffirme son soutien aux initiatives de jeunesse

Le président urbain du CUJ-Uvira, Mustapha Amissi Issa Lequartial, a pris part à cette activité pour témoigner du soutien de l’organisation faîtière de la jeunesse d’Uvira aux initiatives en faveur de l’épanouissement et du développement des jeunes.

Sa présence a également traduit la volonté du CUJ-Uvira de renforcer les collaborations entre les différentes organisations de jeunesse de la ville.

Leadership et entrepreneuriat au cœur des échanges

La conférence s’est articulée autour du thème : « Comment un jeune peut devenir un leader responsable au sein de sa famille et de sa communauté, et comment un jeune peut devenir entrepreneur ? »

Les échanges ont permis aux participants de réfléchir aux valeurs du leadership responsable, à la citoyenneté, à l’engagement communautaire et aux possibilités offertes par l’entrepreneuriat.

Les jeunes ont été encouragés à développer une vision positive de leur avenir, à devenir des acteurs du changement au sein de leurs communautés et à rechercher les opportunités susceptibles de favoriser leur autonomie économique.

Le CUJ-Uvira salue l’engagement de l’UJUD ASBL

Le Conseil Urbain de la Jeunesse d’Uvira a salué l’engagement de l’UJUD ASBL et de son président, Enoch Mushenguzi, ainsi que la contribution des différents partenaires, intervenants et responsables de jeunesse ayant participé à la réussite de cette conférence.

Pour le CUJ-Uvira, cette initiative illustre la nécessité d’une collaboration accrue entre les organisations de jeunesse afin de promouvoir une jeunesse mieux formée, responsable et engagée dans la transformation sociale.

Un engagement pour la paix et le développement

Le CUJ-Uvira réaffirme son engagement à accompagner les initiatives consacrées à la formation des jeunes, à la paix, à la cohésion sociale, à l’entrepreneuriat et à l’émergence d’une jeunesse porteuse d’espoir.

À travers ce type d’activités, les organisations de jeunesse entendent contribuer à l’émergence d’une génération capable de prendre des responsabilités et de participer activement au développement de la ville d’Uvira.


Sud-Kivu : le PAPCO alerte sur la situation sécuritaire et affirme avoir repoussé des attaques à Nakitundu

Le Parti des Artisans de la Paix au Congo (PAPCO), mouvement dirigé par le général Daniel autoproclamé Nyikiriba Matebura Nahlungwe, affirme avoir été confronté à plusieurs attaques dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.

Dans une série de déclarations attribuées à son porte-parole, Daniel Kabage Müller, le mouvement rapporte notamment de violents affrontements autour de la colline Nakitundu, présentée comme une position stratégique surplombant Kasika, chef-lieu de la chefferie de Luindi.

Selon le PAPCO, une première attaque aurait eu lieu le 18 juin 2026. Le mouvement affirme que des combattants présentés comme des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs alliés du M23 auraient tenté de déloger ses positions.

Le PAPCO revendique avoir repoussé l’attaque

D’après le mouvement, les combats auraient été particulièrement intenses autour de Nakitundu. Le PAPCO affirme avoir repoussé les assaillants et leur avoir infligé des pertes.

Dans une autre communication, le mouvement évoque des affrontements qui se seraient poursuivis entre le 20 et le 22 juin 2026 sur cette même colline, avec des mouvements ennemis signalés notamment sur la RN2, la route secondaire de Kigogo et l’axe menant vers Irangi.

Le PAPCO avance un bilan de douze morts et plusieurs blessés dans les rangs adverses. Il affirme, de son côté, n’avoir enregistré aucune perte parmi ses combattants.

Ces bilans sont des affirmations du PAPCO et n’ont pas été corroborés de manière indépendante dans les éléments fournis.

Les inquiétudes autour des Moyens et Hauts Plateaux

Dans une déclaration datée du 7 août 2026, le mouvement alerte également sur la situation sécuritaire dans les Moyens Plateaux de Mwenga et d’Uvira.

Le PAPCO affirme que plusieurs groupes armés seraient actifs dans cette zone et cite notamment Red-Tabara, le M23 et le groupe Twigwaneho. Il évoque particulièrement Kashongo, dans le secteur d’Itombwe, ainsi que plusieurs villages situés sur un axe reliant cette zone à Kaziba, dans le territoire de Walungu.

Le mouvement affirme que ses combattants se sont mobilisés pour tenter de bloquer ce qu’il présente comme des mouvements ennemis.

Appel au soutien des autorités

Face à cette situation, le PAPCO appelle les autorités nationales et provinciales à renforcer leur soutien aux groupes dits Wazalendo engagés sur les lignes de front.

Le mouvement déplore ce qu’il considère comme une insuffisance d’appui de la part des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et réclame davantage de moyens pour faire face aux menaces sécuritaires dans la région.

Il demande également au gouvernement de prendre ses responsabilités pour restaurer la sécurité et l’autorité de l’État dans les zones affectées par les affrontements.

Le PAPCO invoque l’article 64 de la Constitution

Dans ses différentes prises de position, le mouvement se réfère à l’article 64 de la Constitution congolaise, qu’il présente comme le fondement de sa détermination à s’opposer à toute atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC.

Le PAPCO affirme ainsi vouloir défendre le territoire national et appelle à une mobilisation contre ce qu’il qualifie d’agression et de tentative d’expansion territoriale.

Cette interprétation de l’article 64 relève toutefois du positionnement du mouvement et ne constitue pas, à elle seule, une qualification juridique de ses actions.

Kasika : le PAPCO réclame justice pour les victimes du 24 août 1998

À l’approche de la commémoration du massacre de Kasika, le mouvement revient également sur les événements du 24 août 1998 dans la chefferie de Luindi, à Mwenga.

Le PAPCO affirme que le massacre avait fait environ 800 victimes, parmi lesquelles le Mwami Mubeza, son épouse, l’abbé Stanislas Wabulakombe et de nombreux habitants.

Le mouvement demande à l’État congolais de poursuivre les démarches visant à établir les responsabilités dans les crimes commis durant les différentes guerres ayant affecté l’Est de la RDC.

Il se réfère notamment au Rapport Mapping des Nations unies et soutient l’idée d’une justice spécialisée pour les crimes graves commis sur le territoire congolais.

Un discours centré sur la défense du territoire

Dans l’ensemble de ses communications, le PAPCO présente l’engagement des Wazalendo comme une démarche de défense de la patrie, de l’unité nationale et de la souveraineté de la RDC.

Le mouvement affirme être déterminé à poursuivre son combat contre les groupes qu’il considère comme des ennemis de la paix et appelle parallèlement le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.

Les différentes déclarations du PAPCO comportent toutefois plusieurs accusations et bilans militaires qui, en l’absence de sources indépendantes citées, doivent être considérés comme des allégations du mouvement.


Afrique du Sud : l’UNCC exige une intervention urgente après l’arrestation de deux cameramen congolais à Durban

L’Union Nationale des Cameramen du Congo (UNCC) monte au créneau après l’arrestation de deux de ses membres en Afrique du Sud. Dans une déclaration faite mardi 25 août 2026 à Kinshasa, l’organisation appelle les autorités congolaises à intervenir rapidement en faveur de Talik Tombisa et Daniel Mukendi, détenus à Durban dans le cadre d’une affaire liée au 46ème sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Selon l’UNCC, les deux professionnels de l’image se trouvaient en Afrique du Sud dans le cadre d’une mission officielle de la République Démocratique du Congo, au sein de la délégation du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants.

Le contexte de l’arrestation

L’affaire remonte au 15 août 2026, à Durban, quelques jours avant le 46ème sommet de la SADC, organisé le 17 août 2026. Les informations rapportées par plusieurs médias sud-africains indiquent que deux membres de la délégation congolaise ont été interpellés alors qu’ils tentaient d’accéder au site du sommet. Les autorités sud-africaines leur reprochent notamment d’avoir présenté une accréditation qui ne leur aurait pas été délivrée, ou qui aurait appartenu à une autre personne.

La justice sud-africaine les poursuit notamment pour fraude, usurpation d’identité et intrusion dans une zone sécurisée. Le dossier a été placé sous le contrôle des juridictions sud-africaines.

Il convient toutefois de préciser que ces accusations demeurent, à ce stade, des accusations faisant l’objet d’une procédure judiciaire et ne constituent pas une condamnation.

Kinshasa évoque une confusion autour des badges

La version congolaise diffère de celle présentée par les autorités judiciaires sud-africaines. Des sources proches du cabinet du vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Mwadiamvita, affirment que les deux personnes étaient bien en mission officielle pour accompagner le ministre au sommet de la SADC.

Selon ces sources, elles disposaient notamment d’ordres de mission, de cartes de service et de passeports de service. L’incident serait donc lié à une confusion concernant les badges donnant accès aux espaces sécurisés du sommet.

L’ambassade de la RDC à Pretoria a, de son côté, confirmé l’interpellation et indiqué avoir engagé des démarches auprès du ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, ainsi qu’auprès des autorités compétentes, afin de clarifier le statut des deux ressortissants et d’assurer leur suivi diplomatique et consulaire.

L’UNCC réclame une assistance juridique et consulaire immédiate

Face à cette situation, l’Union Nationale des Cameramen du Congo demande aux autorités congolaises de garantir à ses deux membres une assistance consulaire et juridique appropriée. L’organisation exige également que leurs droits fondamentaux soient pleinement respectés conformément à la législation sud-africaine et aux instruments internationaux applicables.

Pour l’UNCC, l’urgence est d’autant plus grande que le dossier a déjà été porté devant la justice sud-africaine.

Une procédure judiciaire toujours en cours

Une audience qui devait notamment examiner la demande de mise en liberté sous caution était prévue le 24 août 2026. Mais, selon la chaîne sud-africaine Channel Africa, l’affaire a été reportée au 27 août 2026 pour une audience procédurale préalable, avant l’examen de la demande de caution. Les deux prévenus restent en détention dans l’attente de cette nouvelle étape judiciaire.

Cette évolution renforce la nécessité, selon l’UNCC, d’un accompagnement juridique rapproché des deux professionnels congolais.

L’UNCC demande des explications sur la préparation de la mission

Au-delà de la libération de ses membres, l’Union Nationale des Cameramen du Congo souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant entouré la préparation de cette mission officielle. Elle demande notamment que soient examinées les questions liées aux accréditations, aux autorisations d’accès, aux formalités administratives et à la coordination de la délégation congolaise.

Pour l’organisation, cette clarification est indispensable afin d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise lors de prochaines missions officielles à l’étranger.

Vers un mécanisme de protection des professionnels des médias

L’UNCC plaide également pour la mise en place d’un mécanisme permanent de protection, d’accompagnement et de suivi des professionnels congolais de l’image et des médias appelés à travailler dans le cadre de missions officielles hors du pays.

L’organisation estime que les cameramen et autres professionnels de l’image doivent bénéficier d’un encadrement approprié concernant les accréditations et les règles de sécurité applicables dans les pays où ils sont déployés.

Une affaire à la fois judiciaire et diplomatique

Cette affaire dépasse désormais le seul cadre professionnel. Elle met en jeu à la fois la procédure judiciaire sud-africaine, les démarches diplomatiques de Kinshasa et la responsabilité de l’encadrement des délégations officielles.

L’UNCC appelle ainsi à une mobilisation diplomatique urgente, tout en demandant le respect de la procédure judiciaire et des droits des deux Congolais.

L’organisation réaffirme enfin sa détermination à défendre ses membres et à préserver la dignité du métier de cameraman en République Démocratique du Congo.


RDC : l’État intensifie le contrôle des opérateurs pour améliorer les services télécoms

La mauvaise qualité des services de téléphonie mobile et d’internet continue de susciter de nombreuses plaintes en République Démocratique du Congo. Face à cette situation persistante, le gouvernement entend renforcer le contrôle des opérateurs et établir clairement les responsabilités de chaque acteur du secteur.

Le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a effectué le mardi 25 août 2026 une visite des équipements récemment acquis et installés par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC).

Ces équipements sont destinés au suivi et au contrôle de la qualité des services, à la surveillance des flux de télécommunications ainsi qu’à la gestion du spectre des fréquences.

Au cours de sa visite, le ministre a assisté à une démonstration du fonctionnement de ces dispositifs.

Selon le ministère, ils doivent permettre à l’ARPTC d’obtenir une vision globale et précise des opérations effectuées par les différents opérateurs, presque en temps réel.

Une crise qui dure depuis plusieurs mois

Cette nouvelle étape intervient alors que les plaintes des abonnés se multiplient depuis plusieurs mois. Appels qui n’aboutissent pas ou qui se coupent, absence de réseau, lenteur ou interruption de la connexion internet, consommation contestée des forfaits et perturbations des services mobiles : les difficultés sont signalées dans plusieurs régions du pays, y compris à Kinshasa.

Dès septembre 2025, le gouvernement avait officiellement reconnu la dégradation de la qualité des télécommunications. Les autorités avaient notamment évoqué les coupures intempestives des communications, la saturation des réseaux, les pertes de crédits et forfaits, les transactions de mobile money non abouties mais facturées, ainsi que l’absence de connexion internet malgré un forfait encore valide.

En janvier 2026, le président de la République avait également instruit les autorités compétentes de renforcer le monitoring permanent des réseaux et d’appliquer, sans complaisance, les sanctions prévues contre les opérateurs ne respectant pas leurs obligations de qualité, de couverture et de continuité des services.

Des opérateurs déjà sous pression

La pression gouvernementale s’est accentuée en mai 2026. Le ministre José Mpanda Kabangu avait tenu plusieurs séances de travail avec les responsables de Vodacom, Airtel, Orange et Africell afin d’obtenir des explications et des engagements sur l’amélioration de la qualité des services.

Les opérateurs avaient alors assuré prendre au sérieux les préoccupations exprimées par les autorités et annoncé des mesures d’amélioration.

Parallèlement, l’ARPTC avait déjà renforcé le cadre réglementaire. Une décision adoptée en avril 2025 a modifié les objectifs de performance et de qualité de service applicables aux réseaux mobiles, en intégrant notamment les technologies 3G et 4G et en précisant les mécanismes de contrôle et de sanction.

Les infrastructures également pointées du doigt

La dégradation de la qualité des services ne serait toutefois pas imputable aux seuls opérateurs. En mai 2026, l’ARPTC avait indiqué que les travaux routiers et le manque de coordination autour des infrastructures de télécommunications figuraient parmi les causes des perturbations du réseau internet.

Des coupures répétées de câbles à fibre optique lors des travaux de voirie affectent notamment la continuité des services.

L’enjeu est donc désormais d’identifier objectivement l’origine de chaque dysfonctionnement : insuffisance d’investissement ou de maintenance des opérateurs, problèmes d’infrastructures, coupures de fibre, congestion des réseaux ou autres contraintes techniques.

Vers des sanctions fondées sur des données vérifiables

Avec les nouveaux équipements présentés le mardi 25 août 2026, l’ARPTC devrait disposer de moyens supplémentaires pour accéder aux données des opérateurs, les analyser et transmettre des informations précises aux décideurs.

Le ministère estime que ces outils permettront de constater objectivement les éventuels manquements aux cahiers des charges et, le cas échéant, de déterminer les sanctions ou pénalités prévues par la réglementation.

L’objectif affiché par les autorités est donc de passer d’un système reposant largement sur les plaintes des consommateurs à un contrôle technique permanent, documenté et mesurable.

La balle désormais dans le camp du régulateur et des opérateurs

Cette visite du ministre marque ainsi une nouvelle étape dans le bras de fer engagé par les autorités pour améliorer les télécommunications en RDC.

Après les plaintes des usagers, les alertes du gouvernement, les réunions avec les opérateurs et le renforcement du cadre réglementaire, les autorités disposent désormais d’outils supplémentaires pour mesurer la qualité réelle des services.

Reste à savoir si cette capacité de contrôle débouchera rapidement sur des mesures correctives concrètes et, lorsque les manquements seront établis, sur l’application effective des sanctions prévues par la réglementation.


samedi 22 août 2026

Sud-Kivu : La prolifération anarchique des stations-service fait craindre le pire

La Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) tire la sonnette d'alarme face à la multiplication sauvage des points de vente de carburant à Uvira dans la province du Sud-Kivu. Faute de régulation, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu s'expose à un drame humanitaire et environnemental majeur.

La ville d’Uvira est-elle en train de se transformer en une vaste poudrière ? C’est la vive inquiétude exprimée le vendredi 21 août 2026 par la coordination urbaine de la SOCICO-RDC.

Dans un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Yoshuwa Barika, l'organisation dénonce avec force l'implantation désordonnée et illégale d'infrastructures pétrolières à travers la ville, pointant un danger de sécurité publique devenu critique.

Le quartier Kasenga au cœur de l'anarchie urbaine

Le constat dressé sur le terrain par les militants de la société civile est sans appel. Les stations-service surgissent désormais à chaque intersection, au mépris le plus total des règles d'aménagement du territoire. La situation s’avère particulièrement intenable dans la commune de Mulongwe, plus précisément au sein du quartier Kasenga.

Dans cette zone à forte densité, des pompes à essence sont érigées à proximité immédiate des habitations privées, des établissements scolaires, des marchés populaires et des axes routiers majeurs. Cette cohabitation forcée viole de plein fouet les principes élémentaires de la sécurité urbaine, transformant ces espaces de vie en de véritables « bombes à retardement » pour la population locale.

Une violation flagrante du Code des Hydrocarbures de la RDC

Au-delà du péril sécuritaire, la SOCICO-RDC rappelle que cette prolifération se fait au mépris des lois de la République. Ce désordre contrevient directement à la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures en RDC.

Les articles 178 et 179 de ce texte stipulent clairement que tout exploitant est soumis au strict respect d'un règlement d'hydrocarbures fixant des consignes rigoureuses de sécurité, d'hygiène et de salubrité publique afin de prévenir tout sinistre.

De plus, l'absence de dispositifs de confinement expose les sols et les nappes phréatiques à des risques de pollution chimique irréversibles. En s'affranchissant des permis d'exploitation obligatoires délivrés par l'État, ces stations opèrent en toute illégalité aux dépens de la vie humaine.

L'appel pressant aux ministères de tutelle

Face à ce péril imminent, la coordination urbaine d’Uvira refuse d'attendre une catastrophe pour pleurer des victimes de trop. Elle interpelle directement le ministre National des Hydrocarbures, ainsi que son homologue provincial du Sud-Kivu, exigeant des mesures conservatoires d'urgence.

La société civile recommande la suspension immédiate de tous les chantiers de stations-service suspectés d'illégalité, le lancement d'un audit technique de conformité sur l'ensemble des infrastructures de distribution existantes dans la ville, l'application stricte des sanctions réglementaires, allant jusqu'à la fermeture des stations ne respectant pas les distances légales de sécurité vis-à-vis des tiers.

« La vie de la population d'Uvira vaut infiniment plus que les intérêts commerciaux de quelques opérateurs économiques », martèle Yoshuwa Barika. Pour la société civile, l'autorité de l'État doit urgemment restaurer l'ordre public avant qu'un incendie majeur ne vienne endeuiller la province.