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mardi 6 octobre 2026

Nord-Kivu : la malnutrition s’aggrave sous l’effet du conflit et du recul des financements humanitaires

Dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo, la poursuite des combats entre les forces congolaises et l’AFC/M23, ainsi que leurs alliés, aggrave une situation humanitaire déjà préoccupante. Les déplacements de population privent de nombreuses familles de leurs terres agricoles, de leurs revenus, de nourriture, d’eau potable et de soins de santé.

Plus de 33.000 patients pris en charge en huit mois

La malnutrition infantile reste au cœur de la réponse de Médecins sans frontières (MSF) dans cette province. En 2025, quelque 53.000 enfants ont été pris en charge pour malnutrition dans des structures de santé soutenues par MSF en RDC. Entre janvier et août 2026, plus de 33.000 patients ont déjà été soignés dans le seul Nord-Kivu.

À Walikale, la situation est particulièrement alarmante. Une analyse menée en novembre 2025 par le Programme alimentaire mondial et l’UNICEF avait établi un taux de malnutrition aiguë globale de 46 % dans cette zone, considérée comme confrontée à une insécurité alimentaire sévère.

Les déplacements privent les familles de leurs moyens de subsistance

Les conflits ont également fortement perturbé l’agriculture. De nombreuses personnes déplacées ont perdu leur logement, leurs terres et leurs sources de revenus. Certaines vivent dans des centres collectifs, dorment à l’extérieur ou se réfugient dans les forêts, avec un accès limité à l’eau, à la nourriture et aux soins.

Selon les Nations unies, près de cinq des 6,1 millions de personnes déplacées internes en RDC se trouvent dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité empêche par ailleurs de nombreux agriculteurs d’accéder à leurs champs, tandis que les attaques et les prélèvements imposés par certains groupes armés compliquent davantage la production agricole.

Des difficultés d’approvisionnement qui aggravent la crise

L’acheminement de la nourriture et des médicaments reste également difficile. Plusieurs routes sont dégradées ou impraticables, alors que les violences sur les axes de transport rendent les livraisons humanitaires incertaines.

MSF souligne que le recours aux vols humanitaires permet de desservir certaines zones isolées, mais représente une solution coûteuse et complexe. Ces difficultés peuvent retarder les interventions médicales et perturber l’approvisionnement des structures de santé.

Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 26 millions de personnes en RDC ont été confrontées en 2025 à des niveaux de crise ou d’urgence alimentaire, dont près de quatre millions au Nord-Kivu.

Les enfants particulièrement exposés

MSF soutient depuis plusieurs années des structures de santé dans les zones les plus touchées, notamment à Mweso, Walikale, Kibirizi, Masisi et Bambo. Son intervention comprend la prise en charge des cas sévères dans les unités de nutrition thérapeutique intensive ainsi que des soins ambulatoires dans les centres de santé.

À Katoyi, une évaluation réalisée par MSF en mars 2026 a révélé que près d’un enfant sur quatre dépistés souffrait de malnutrition aiguë, entraînant le lancement d’une intervention d’urgence.

Les financements humanitaires en forte baisse

Cette crise intervient dans un contexte de réduction importante des financements humanitaires. Les programmes de sécurité alimentaire figurent parmi les secteurs les plus sous-financés. Selon l’UNICEF, seulement 4,3 % des besoins de financement prévus pour les interventions de sécurité alimentaire en RDC en 2025 avaient été couverts.

Dans certaines zones du Nord-Kivu, MSF fait partie des rares organisations humanitaires médicales à intervenir de manière régulière. L’organisation alerte sur le manque de médicaments essentiels et la disponibilité limitée, voire l’absence, d’aliments thérapeutiques destinés aux enfants malnutris.

Pour MSF, un financement humanitaire durable est désormais indispensable afin de garantir aux enfants souffrant de malnutrition l’accès à la nourriture, au dépistage et aux soins nécessaires à leur survie.


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