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dimanche 25 octobre 2026

Nord-Kivu : l’OMS mobilise les leaders religieux contre Ebola à Alimbongo

Dans la zone de santé d’Alimbongo, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) renforcent la sensibilisation communautaire pour freiner la propagation de la maladie à virus Bundibugyo, une forme de maladie à virus Ebola.

À Nduta, des centaines de fidèles de la 55ème Communauté évangélique baptiste au Congo Est (CEBCE) ont été sensibilisés aux mesures de prévention, à la détection précoce des cas suspects et à l’importance de signaler rapidement les décès inhabituels. Les responsables religieux sont appelés à devenir des relais de confiance pour combattre les rumeurs et encourager la collaboration avec les équipes de santé.


À Nduta, un rassemblement religieux transformé en séance de sensibilisation

Ce qui devait être une célébration spirituelle à l’occasion du départ à la retraite d’un responsable religieux de la 55ème CEBCE s’est transformé en une mobilisation communautaire contre la maladie à virus Bundibugyo. Sur l’esplanade de la paroisse de Nduta, dans la zone de santé d’Alimbongo, des centaines de fidèles, de responsables religieux et de leaders communautaires ont suivi les messages de prévention transmis par les équipes sanitaires.

Cette activité, organisée par la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu avec l’appui de l’OMS, à travers le pilier Communication des risques et engagement communautaire (CREC), vise à renforcer la vigilance de la population face à la circulation du virus.

Dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo, confrontée à des crises sanitaires, sécuritaires et humanitaires récurrentes, les autorités sanitaires estiment que la lutte contre l’épidémie doit également se mener au sein des familles et des villages, au-delà des structures de soins.

La détection précoce, un enjeu majeur pour freiner la transmission

Pour le médecin chef de zone de santé d’Alimbongo, le Dr Thadée Kaveho Masumbuko, l’implication de la population est déterminante dans la riposte.

« Le combat contre la maladie à virus Bundibugyo se remporte surtout dans les communautés, lorsque les populations signalent rapidement les malades, recherchent les soins sans délai et adoptent les mesures de prévention ».

L’objectif est d’encourager les habitants à reconnaître les signes suspects, à se rendre rapidement dans une structure sanitaire et à alerter les services compétents sans attendre une aggravation de l’état du malade. Le Dr Pablo Kanyamihigo, membre du pilier CREC, a également insisté sur la responsabilité individuelle et collective dans la prévention.

Selon lui, la reconnaissance rapide des symptômes, le recours immédiat aux soins et l’alerte des services de santé contribuent à protéger non seulement la personne malade, mais aussi sa famille et son entourage.

Les responsables religieux mobilisés contre les rumeurs

À Nduta, les autorités sanitaires misent particulièrement sur l’influence des responsables religieux, dont la parole est écoutée par de nombreuses familles.

Ces derniers sont appelés à transmettre des informations fiables, à rassurer les fidèles et à combattre les rumeurs susceptibles d’alimenter la peur ou de provoquer la méfiance envers les équipes sanitaires.

« Nos églises rassemblent des milliers de personnes. Nous avons la responsabilité de transmettre les informations correctes, de rassurer nos fidèles et de les encourager à collaborer avec les agents de santé », a déclaré Alexandre Kamabu, acteur communautaire et responsable ecclésiastique à Nduta.

Cette approche vise à instaurer un climat de confiance entre les populations et les intervenants sanitaires. Elle doit également faciliter le signalement des cas suspects et réduire les résistances qui peuvent retarder la prise en charge des malades.

Lavage des mains, consultation rapide et signalement des décès

Au cours de la séance, les agents de santé ont rappelé plusieurs mesures essentielles pour limiter les risques de transmission du virus. Parmi les recommandations figurent le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, l’évitement des contacts physiques à risque, ainsi que le recours immédiat aux structures sanitaires en présence de symptômes suspects.

Les participants ont également été sensibilisés à l’importance de signaler rapidement tout décès inhabituel dans leur communauté.

La Dre Micheline Feza Malira, épidémiologiste de l’OMS et membre de l’équipe de riposte déployée à Alimbongo, a souligné les risques liés aux décès qui ne sont pas signalés aux services compétents.

Elle a expliqué qu’une alerte rapide permet aux équipes sanitaires de mener les investigations nécessaires et d’organiser des funérailles dignes et sécurisées, tout en réduisant les risques de transmission.

Une riposte renforcée dans les communautés d’Alimbongo

La sensibilisation organisée à Nduta s’inscrit dans un dispositif plus large déployé par les autorités sanitaires congolaises, avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires.

Depuis l’apparition de l’épidémie dans la zone de santé d’Alimbongo, plusieurs actions sont menées, notamment le renforcement de la surveillance communautaire, la formation des prestataires de santé, l’accompagnement des comités de santé et la recherche active des alertes.

Quelques jours avant cette rencontre, l’OMS avait déjà appuyé une séance préparatoire destinée aux infirmiers titulaires et aux présidents des comités de santé. Cette activité visait à améliorer leurs capacités en matière de détection précoce et de notification rapide des cas suspects.

L’approche retenue repose sur une mobilisation à plusieurs niveaux : les professionnels de santé assurent la surveillance et la prise en charge, tandis que les leaders communautaires et religieux contribuent à la diffusion des messages de prévention et à l’alerte précoce.

Chaque village appelé à devenir un acteur de la prévention

À travers ces initiatives, les autorités sanitaires et l’OMS veulent faire de chaque village un maillon actif de la riposte contre la maladie à virus Bundibugyo.

L’ambition est de permettre à chaque habitant de connaître les principales mesures de prévention, de savoir comment réagir devant des symptômes suspects et de comprendre l’importance d’une collaboration rapide avec les équipes de santé.

À la fin de la rencontre de Nduta, le message transmis aux fidèles était clair : la lutte contre l’épidémie ne dépend pas uniquement des médecins, des infirmiers et des équipes d’intervention. Elle nécessite également la vigilance quotidienne des familles et l’engagement des communautés.

Dans la zone de santé d’Alimbongo, la confiance entre les populations et les services sanitaires apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la détection des cas et limiter la transmission du virus.

L’implication des responsables religieux pourrait contribuer à faire circuler les bonnes informations et à encourager les comportements susceptibles de sauver des vies.


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