Le
bras de fer entre Joël Likele Litumanya, délégué syndical de l’Agence nationale
de promotion des exportations (ANAPEX), et la direction générale de cet
établissement public se poursuit. Dans une nouvelle démarche auprès des
autorités, le syndicaliste affirme être privé de travail et de salaire depuis
octobre 2024, malgré plusieurs décisions administratives et démarches en sa
faveur.
Joël
Likele soutient que son licenciement est intervenu alors que la procédure
concernant son statut de délégué syndical n’était pas arrivée à son terme. Il
affirme avoir saisi le ministre de l’Emploi et du Travail après une décision de
l’Inspection du travail autorisant son licenciement.
Deux
arrêtés ministériels au cœur du contentieux
Selon
les documents produits par le délégué syndical, une contre-enquête de
l’Inspection générale du Travail a relevé plusieurs irrégularités dans la
procédure ayant conduit à la décision d’autorisation de son licenciement.
Le ministre de l’Emploi et du Travail a ensuite annulé cette décision de l’Inspection du travail par arrêté ministériel. Dans une correspondance datée du 18 juin 2025 adressée au directeur général de l’ANAPEX, le ministre lui demandait notamment de réintégrer Joël Likele et de lui payer les arriérés de salaire ainsi que les autres avantages dont il aurait été privé depuis le 1er octobre 2024. Malgré ces instructions, Joël Likele affirme n’avoir toujours pas repris son poste.
Le
Conseil d’administration demande également sa réintégration
Le
dossier a également été examiné au niveau du Conseil d’administration de
l’ANAPEX. D’après les documents transmis, une session extraordinaire du Conseil
d’administration tenue en juin 2026 a abordé le dossier de Joël Likele et
conclu à sa réintégration.
Cette
démarche intervenait après l’autorisation donnée par le ministre du Commerce
extérieur pour la tenue d’une session extraordinaire du Conseil
d’administration consacrée notamment au fonctionnement de la gestion des
ressources humaines et au dossier de l’agent Joël Likele.
Le
syndicaliste affirme toutefois que la décision du Conseil d’administration n’a
pas été suivie d’effet.
Des
recours devant le Conseil d’État
Le
contentieux s’est également déplacé devant le Conseil d’État. Joël Likele
affirme que la direction de l’ANAPEX a introduit plusieurs recours visant
l’annulation des arrêtés du ministre de l’Emploi et du Travail.
Selon
lui, ces recours ont été rejetés par le Conseil d’État, notamment dans les
dossiers référencés ROR 1340 et ROR 1402. Il en déduit que les arrêtés
ministériels demeurent exécutoires.
Le
syndicaliste estime ainsi que le refus de sa réintégration constitue une
violation des décisions des autorités administratives et judiciaires
compétentes. Ces affirmations reposent sur les pièces qu’il dit avoir
transmises aux différentes autorités saisies.
Des
conditions de réintégration contestées
Une
réunion entre la direction générale et le banc syndical s’est tenue en juin
2026 autour de la question de sa réintégration.
Dans
une invitation datée du 4 juin, le directeur général de l’ANAPEX, Mike Tambwe
Lubemba, conviait les permanents syndicaux à une réunion mixte prévue le 5 juin
au siège de l’agence.
Le
procès-verbal d’une réunion de suivi, daté du 9 juin 2026, fait état d’un
désaccord persistant sur les conditions de réintégration. Le document mentionne
notamment des divergences concernant la prise en charge financière de la
période d’interruption de travail et la question de l’ancienneté.
Joël
Likele affirme, pour sa part, que sa réintégration aurait été conditionnée à
plusieurs renoncements : notamment à ses arriérés de salaire, à la prise en
compte de son ancienneté, à l’exercice de son mandat syndical et à la poursuite
des actions judiciaires liées au dossier.
Il
considère ces conditions comme illégales et parle de tentative d’extorsion de
signature. Le procès-verbal disponible établit, de son côté, qu’aucun consensus
n’a été trouvé entre les parties.
Une
procédure judiciaire toujours en cours
Joël
Likele indique avoir également saisi le parquet général près la cour d’appel de
Kinshasa/Gombe. Il affirme que le directeur général de l’ANAPEX n’aurait pas
répondu à plusieurs convocations dans le cadre de cette procédure.
Le
syndicaliste soutient que le dossier porte notamment sur des faits qu’il
qualifie d’« abstention coupable », d’abus de pouvoir, d’acharnement et de
tentative d’extorsion de signature.
Il
affirme également que le dossier a été communiqué au parquet général près la
Cour de cassation, après saisine de cette juridiction par le directeur général.
Ces éléments relèvent toutefois de la procédure judiciaire en cours et devront
être établis par les autorités compétentes.
Joël
Likele saisit de nouveau les autorités
Dans
une correspondance adressée le 31 août 2026 au président de la République, Joël
Likele a de nouveau dénoncé ce qu’il considère comme un refus délibéré
d’exécuter les décisions administratives et les résolutions du Conseil
d’administration de l’ANAPEX.
Il
demande son retour au travail ainsi que le paiement des salaires et avantages
qu’il affirme avoir perdus depuis le 1er octobre 2024.
Le
dossier soulève ainsi une question plus large sur l’exécution des décisions
administratives, la protection du mandat syndical et le respect des procédures
disciplinaires au sein des établissements publics.
À ce
stade, les accusations formulées par Joël Likele à l’encontre du directeur
général de l’ANAPEX restent contestées et relèvent, pour plusieurs d’entre
elles, de procédures administratives ou judiciaires en cours.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire