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mardi 25 août 2026

100 jours d’Ebola en RDC : MSF appelle à une riposte plus rapide et plus proche des communautés

À l’approche des 100 jours depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. L’organisation estime que la réponse sanitaire reste insuffisante face à une maladie qui continue de se propager à un rythme inquiétant, notamment dans des communautés déjà fragilisées par les conflits, les déplacements, la violence et l’insécurité alimentaire.

Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires au 16 août 2026, plus de 5.000 cas confirmés et plus de 2.300 décès avaient été enregistrés depuis le début de l’épidémie.

Dépister plus tôt pour sauver davantage de vies

Pour MSF, la réponse ne doit pas se limiter à augmenter le nombre de lits dans les centres de traitement. L’organisation appelle à renforcer le dépistage précoce, l’isolement sécurisé des malades et de leurs contacts, ainsi que la prévention et le contrôle des infections dans les structures de santé et au sein des communautés.

« Cette épidémie continue de se propager à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre », alerte le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF.

L’organisation insiste également sur la nécessité de mieux former les professionnels de santé et les responsables communautaires afin qu’ils puissent reconnaître rapidement les symptômes, orienter les patients vers les services appropriés et limiter les risques de contamination.

Les communautés au cœur de la riposte

Dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, en Ituri, des responsables communautaires travaillent avec MSF pour sensibiliser les habitants aux signes de la maladie et les encourager à consulter rapidement.

Le camp accueille près de 50.000 personnes dans des conditions de forte promiscuité. Dans cet environnement particulièrement vulnérable, l’implication des relais communautaires permet de renforcer la détection des cas et de réduire les risques de transmission.

« Nous connaissons nos communautés et savons comment atteindre nos concitoyens », témoigne Ezrome Kiza Lumani, responsable communautaire dans le camp de Rho.

Plus de 60 % des décès hors des centres de traitement

Autre inquiétude majeure soulevée par MSF : depuis le début de l’épidémie, plus de 60 % des décès liés à Ebola en RDC seraient survenus en dehors des centres de traitement, souvent au sein même des communautés.

Cette situation signifie que de nombreux patients meurent sans avoir accès aux soins appropriés. Elle favorise également la transmission du virus avant même que les cas ne soient identifiés.

Le phénomène ne se limite plus à l’épicentre de l’épidémie, situé en Ituri. Le Nord-Kivu connaît à son tour une progression préoccupante des cas, avec des taux de mortalité élevés et une forte méfiance envers la réponse sanitaire.

Former davantage les agents de santé

Face à l’apparition de cas dans de nouvelles zones parfois peu expérimentées dans la prise en charge d’Ebola, MSF appelle à renforcer rapidement les capacités locales.

« Il y a un besoin urgent de professionnels de santé formés à la prise en charge de la maladie, non seulement dans les centres de traitement, mais aussi directement au sein des communautés », souligne Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF en Ituri.

L’organisation plaide ainsi pour une généralisation des formations destinées aux professionnels de santé et aux responsables communautaires, notamment sur la détection précoce, l’orientation sécurisée des patients et la prévention des infections.

Plus de 1.400 employés de MSF mobilisés

MSF intervient actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans la Tshopo et dans le Haut-Uélé.

Ses équipes gèrent six centres de traitement Ebola et plusieurs unités d’isolement représentant plus de 400 lits, soit environ un tiers de la capacité disponible dans le cadre de la riposte nationale.

Plus de 1.400 membres du personnel de l’organisation sont mobilisés. Depuis le début de l’épidémie, plus de 2.000 patients ont été admis dans les structures soutenues par MSF, dont plus de 800 ont été confirmés positifs à Ebola.

À Beni, une réponse davantage ancrée dans les communautés

À Beni, dans le Nord-Kivu, MSF a adapté son intervention en renforçant son travail auprès des structures de santé existantes.

L’objectif est de permettre aux patients d’accéder rapidement à des soins, y compris pour des pathologies autres qu’Ebola, tout en assurant la détection et la prise en charge des cas suspects.

Pour MSF, la priorité est désormais de rapprocher davantage les soins des populations touchées afin d’éviter que les malades ne restent chez eux jusqu’à un stade avancé de la maladie.

Les survivants, des acteurs essentiels de la sensibilisation

Les survivants d’Ebola jouent également un rôle important dans la sensibilisation. Emery Guba Mateso, originaire du camp de Rho, a perdu son fils à cause de la maladie avant de survivre lui-même à Ebola. Il encourage les habitants à consulter dès l’apparition des premiers symptômes.

Son message est clair : plus la prise en charge intervient tôt, plus les chances de guérison augmentent.

MSF appelle ainsi l’Organisation mondiale de la Santé, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et le ministère congolais de la Santé à accélérer la formation et l’accompagnement des acteurs locaux.

Pour l’organisation, la riposte doit désormais être plus rapide, plus flexible et davantage construite avec les communautés, afin de mieux contenir la propagation du virus et réduire le nombre de décès.


Sud-Ubangi : un atelier pour renforcer la gestion durable des ouvrages d’eau

Un atelier consacré au renforcement des capacités des opérateurs des ouvrages d’eau et à la sensibilisation des parties prenantes s’est tenu du 18 au 19 août 2026 à Gemena, dans la province du Sud-Ubangi.

Initiée par le ministre provincial des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Benjamin Kuma Niwa, cette activité s’inscrit dans le cadre du Projet LEDIA WASH, avec l’appui financier de World Vision. Elle a réuni près de 200 participants issus des différentes catégories d’acteurs impliqués dans la gestion, l’exploitation et la pérennisation des ouvrages d’eau.

Les travaux ont été supervisés par l’Assistant Malachie Ebolabi, conseiller du ministre provincial, et Tharcisse Embeke, coordonnateur de la Régie provinciale du service public de l’eau et de l’assainissement.

Renforcer les capacités des opérateurs

L’atelier avait notamment pour objectif d’améliorer les compétences des opérateurs dans la gestion et l’exploitation durable des ouvrages d’eau.

Les participants ont également été sensibilisés au cadre légal et réglementaire régissant le service public de l’eau.

L’activité visait par ailleurs à favoriser le partage d’expériences, à renforcer la collaboration entre autorités, opérateurs, partenaires techniques et financiers ainsi que communautés bénéficiaires.

Une attention particulière a été accordée à la mobilisation des ressources nécessaires à l’entretien, à la maintenance et à la réparation des infrastructures.

Des échanges axés sur les défis du terrain

Durant les deux journées, les participants ont alterné présentations techniques, travaux de groupes, échanges en plénière, séances de questions-réponses et partage d’expériences.

Les discussions ont porté notamment sur l’exploitation et la maintenance des ouvrages, la mobilisation des ressources financières, l’application des textes légaux ainsi que la participation des communautés bénéficiaires.

Les travaux en groupes ont permis d’identifier plusieurs difficultés rencontrées dans la gestion des infrastructures et de proposer des pistes de solutions adaptées aux réalités locales.

Construire ne suffit pas, il faut pérenniser

Les échanges ont mis en évidence une réalité essentielle : la construction d’un ouvrage d’eau ne garantit pas, à elle seule, un accès durable à l’eau potable. La pérennisation des infrastructures nécessite des opérateurs bien formés, un entretien régulier et préventif, des mécanismes efficaces de financement, une répartition claire des responsabilités et le respect du cadre légal.

L’implication des communautés bénéficiaires apparaît également comme un élément déterminant pour préserver les ouvrages et assurer leur fonctionnement dans la durée.

Le suivi des recommandations au cœur des prochaines étapes

À l’issue de l’atelier, les participants ont été invités à mettre en pratique les connaissances acquises et à maintenir la dynamique de collaboration engagée.

Le suivi des recommandations figure parmi les priorités, notamment à travers le renforcement du Comité WASH et la mise en place ou la consolidation d’un mécanisme durable de mobilisation des ressources destinées à l’entretien et à la réparation des ouvrages.

Vers un service public de l’eau plus durable

À travers cette initiative, le ministère provincial des Ressources hydrauliques et de l’Électricité réaffirme sa volonté de contribuer à un service public de l’eau plus efficace, durable et accessible aux populations du Sud-Ubangi.

La gestion des ouvrages d’eau reste ainsi une responsabilité partagée entre les autorités, les opérateurs, les partenaires techniques et financiers et les communautés bénéficiaires.

Construire un ouvrage est une étape. Le gérer, l’entretenir et le pérenniser est une responsabilité collective.


Sud-Kivu : la SOCICO-RDC plaide pour des prêts sans intérêt en faveur des étudiants affectés par la coupure des réseaux

Des étudiants sont en difficulté financière avec la coupure prolongée des réseaux de télécommunication dans les territoires de Fizi et Baraka. Cette situation perturbe la vie de nombreux étudiants ressortissants de cette partie du Sud-Kivu.

La situation affecte notamment ceux qui poursuivent leurs études à Uvira, Bukavu, Goma ainsi qu’au Burundi. Selon la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC), ces étudiants éprouvent de sérieuses difficultés à recevoir l’aide financière de leurs familles.

Les transferts destinés au paiement des loyers, des frais académiques, de l’alimentation et d’autres dépenses courantes passent habituellement par des services de monnaie électronique tels que M-Pesa, Airtel Money ou Orange Money.

La coupure des réseaux bloque les transferts

L’interruption des réseaux prive ainsi les étudiants d’un moyen essentiel de communication et de transfert d’argent avec leurs proches. Pour certains, cette situation compromet directement leurs conditions de logement, leur alimentation et la poursuite de leurs études.

Face à ces difficultés, la SOCICO-RDC, Coordination urbaine d’Uvira, appelle le gouvernement provincial du Sud-Kivu à mettre temporairement à la disposition des étudiants concernés des prêts sans intérêt.

Un remboursement après le rétablissement des réseaux

L’organisation propose que ces crédits servent à couvrir les besoins urgents des étudiants, notamment les frais académiques, le logement et l’alimentation.

La SOCICO-RDC estime que les montants avancés pourraient être remboursés par les familles dès le rétablissement des réseaux téléphoniques et la reprise normale des transferts financiers.

La SOCICO-RDC appelle à une réponse rapide

La structure de la société civile demande ainsi aux autorités provinciales de prendre en compte la situation particulière de ces étudiants et de mettre en place une réponse temporaire afin d’éviter que la coupure des réseaux ne compromette davantage leur parcours académique.


Sud-Kivu : la Société civile de Baraka dénonce le bouclage fiscal et exige la libération de six de ses membres

Des opérateurs économiques dénoncent une opération de recouvrement forcé. Les composantes de la Société civile de la ville de Baraka, dans la province du Sud-Kivu, expriment leur vive indignation face à la reprise contestée de l’opération de bouclage menée par le gouvernement provincial à travers la Direction provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER-Baraka/Fizi).

Dans un communiqué daté du 24 août 2026, cette structure dénonce notamment la coupure des réseaux de télécommunication et de la connexion Internet, la non-réalisation de certaines promesses liées aux projets de développement, ainsi que le non-respect, selon elle, des procédures de recouvrement forcé des documents de bord.

Une mesure jugée préjudiciable à la population

Pour la Société civile de Baraka, cette opération intervient dans un contexte déjà marqué par la crise, les tensions sociales et les difficultés économiques.

Elle estime que le recouvrement forcé des taxes porte atteinte aux droits des opérateurs économiques et à la dignité des citoyens.

La structure considère également cette démarche comme une pression supplémentaire sur une population confrontée à l’injustice et à la pauvreté.

Six acteurs de la société civile détenus à Uvira

La Société civile affirme que six de ses acteurs sont détenus à la prison centrale d’Uvira depuis le 14 août 2026.

Selon le communiqué, ces personnes auraient été arrêtées après avoir dénoncé et refusé cette pratique de recouvrement forcé, qu’elles estiment dépourvue de contreparties.

La société civile de Baraka dénonce ces arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires ainsi que le transfert de ses membres, qu’elle considère comme une violation des droits fondamentaux et des procédures judiciaires.

La Société civile rejette toute implication dans l’opération

Les composantes de la Société civile de Baraka affirment par ailleurs ne pas être associées à cette opération de bouclage. Elles réaffirment leur indépendance et refusent de cautionner, selon elles, une mesure susceptible d’étouffer les opérateurs économiques et de restreindre les libertés citoyennes.

Elles accusent également le gouvernement provincial de mener une démarche contradictoire, après des appels à l’apaisement qui auraient précédé la reprise de l’opération.

Exigence de libération et suspension du bouclage

Face à cette situation, la Société civile de Baraka exige la libération immédiate et sans condition des six acteurs détenus. Elle demande également la suspension définitive de l’opération de bouclage et appelle les autorités à privilégier le dialogue ainsi qu’une gouvernance transparente.

Appel à la vigilance de la population

La Société civile invite enfin la population de Baraka à rester vigilante et mobilisée, tout en privilégiant des actions pacifiques pour défendre ses droits.

Elle appelle également l’opinion nationale et internationale à suivre cette situation, qu’elle présente comme une menace pour la cohésion sociale et la démocratie locale.


Sud-Kivu : formation des jeunes au leadership responsable et à l’entrepreneuriat

À l’occasion du Mois de la Jeunesse, le Conseil Urbain de la Jeunesse d’Uvira (CUJ-Uvira) a accompagné l’Union des Jeunes Utiles pour le Développement (UJUD ASBL) dans l’organisation d’une grande conférence des jeunes, vendredi 21 août 2026.

Cette rencontre a été consacrée à la formation, au renforcement des capacités et à la promotion d’une jeunesse responsable, engagée et capable de contribuer au développement de sa communauté.

Le CUJ-Uvira réaffirme son soutien aux initiatives de jeunesse

Le président urbain du CUJ-Uvira, Mustapha Amissi Issa Lequartial, a pris part à cette activité pour témoigner du soutien de l’organisation faîtière de la jeunesse d’Uvira aux initiatives en faveur de l’épanouissement et du développement des jeunes.

Sa présence a également traduit la volonté du CUJ-Uvira de renforcer les collaborations entre les différentes organisations de jeunesse de la ville.

Leadership et entrepreneuriat au cœur des échanges

La conférence s’est articulée autour du thème : « Comment un jeune peut devenir un leader responsable au sein de sa famille et de sa communauté, et comment un jeune peut devenir entrepreneur ? »

Les échanges ont permis aux participants de réfléchir aux valeurs du leadership responsable, à la citoyenneté, à l’engagement communautaire et aux possibilités offertes par l’entrepreneuriat.

Les jeunes ont été encouragés à développer une vision positive de leur avenir, à devenir des acteurs du changement au sein de leurs communautés et à rechercher les opportunités susceptibles de favoriser leur autonomie économique.

Le CUJ-Uvira salue l’engagement de l’UJUD ASBL

Le Conseil Urbain de la Jeunesse d’Uvira a salué l’engagement de l’UJUD ASBL et de son président, Enoch Mushenguzi, ainsi que la contribution des différents partenaires, intervenants et responsables de jeunesse ayant participé à la réussite de cette conférence.

Pour le CUJ-Uvira, cette initiative illustre la nécessité d’une collaboration accrue entre les organisations de jeunesse afin de promouvoir une jeunesse mieux formée, responsable et engagée dans la transformation sociale.

Un engagement pour la paix et le développement

Le CUJ-Uvira réaffirme son engagement à accompagner les initiatives consacrées à la formation des jeunes, à la paix, à la cohésion sociale, à l’entrepreneuriat et à l’émergence d’une jeunesse porteuse d’espoir.

À travers ce type d’activités, les organisations de jeunesse entendent contribuer à l’émergence d’une génération capable de prendre des responsabilités et de participer activement au développement de la ville d’Uvira.


Sud-Kivu : le PAPCO alerte sur la situation sécuritaire et affirme avoir repoussé des attaques à Nakitundu

Le Parti des Artisans de la Paix au Congo (PAPCO), mouvement dirigé par le général Daniel autoproclamé Nyikiriba Matebura Nahlungwe, affirme avoir été confronté à plusieurs attaques dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.

Dans une série de déclarations attribuées à son porte-parole, Daniel Kabage Müller, le mouvement rapporte notamment de violents affrontements autour de la colline Nakitundu, présentée comme une position stratégique surplombant Kasika, chef-lieu de la chefferie de Luindi.

Selon le PAPCO, une première attaque aurait eu lieu le 18 juin 2026. Le mouvement affirme que des combattants présentés comme des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs alliés du M23 auraient tenté de déloger ses positions.

Le PAPCO revendique avoir repoussé l’attaque

D’après le mouvement, les combats auraient été particulièrement intenses autour de Nakitundu. Le PAPCO affirme avoir repoussé les assaillants et leur avoir infligé des pertes.

Dans une autre communication, le mouvement évoque des affrontements qui se seraient poursuivis entre le 20 et le 22 juin 2026 sur cette même colline, avec des mouvements ennemis signalés notamment sur la RN2, la route secondaire de Kigogo et l’axe menant vers Irangi.

Le PAPCO avance un bilan de douze morts et plusieurs blessés dans les rangs adverses. Il affirme, de son côté, n’avoir enregistré aucune perte parmi ses combattants.

Ces bilans sont des affirmations du PAPCO et n’ont pas été corroborés de manière indépendante dans les éléments fournis.

Les inquiétudes autour des Moyens et Hauts Plateaux

Dans une déclaration datée du 7 août 2026, le mouvement alerte également sur la situation sécuritaire dans les Moyens Plateaux de Mwenga et d’Uvira.

Le PAPCO affirme que plusieurs groupes armés seraient actifs dans cette zone et cite notamment Red-Tabara, le M23 et le groupe Twigwaneho. Il évoque particulièrement Kashongo, dans le secteur d’Itombwe, ainsi que plusieurs villages situés sur un axe reliant cette zone à Kaziba, dans le territoire de Walungu.

Le mouvement affirme que ses combattants se sont mobilisés pour tenter de bloquer ce qu’il présente comme des mouvements ennemis.

Appel au soutien des autorités

Face à cette situation, le PAPCO appelle les autorités nationales et provinciales à renforcer leur soutien aux groupes dits Wazalendo engagés sur les lignes de front.

Le mouvement déplore ce qu’il considère comme une insuffisance d’appui de la part des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et réclame davantage de moyens pour faire face aux menaces sécuritaires dans la région.

Il demande également au gouvernement de prendre ses responsabilités pour restaurer la sécurité et l’autorité de l’État dans les zones affectées par les affrontements.

Le PAPCO invoque l’article 64 de la Constitution

Dans ses différentes prises de position, le mouvement se réfère à l’article 64 de la Constitution congolaise, qu’il présente comme le fondement de sa détermination à s’opposer à toute atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC.

Le PAPCO affirme ainsi vouloir défendre le territoire national et appelle à une mobilisation contre ce qu’il qualifie d’agression et de tentative d’expansion territoriale.

Cette interprétation de l’article 64 relève toutefois du positionnement du mouvement et ne constitue pas, à elle seule, une qualification juridique de ses actions.

Kasika : le PAPCO réclame justice pour les victimes du 24 août 1998

À l’approche de la commémoration du massacre de Kasika, le mouvement revient également sur les événements du 24 août 1998 dans la chefferie de Luindi, à Mwenga.

Le PAPCO affirme que le massacre avait fait environ 800 victimes, parmi lesquelles le Mwami Mubeza, son épouse, l’abbé Stanislas Wabulakombe et de nombreux habitants.

Le mouvement demande à l’État congolais de poursuivre les démarches visant à établir les responsabilités dans les crimes commis durant les différentes guerres ayant affecté l’Est de la RDC.

Il se réfère notamment au Rapport Mapping des Nations unies et soutient l’idée d’une justice spécialisée pour les crimes graves commis sur le territoire congolais.

Un discours centré sur la défense du territoire

Dans l’ensemble de ses communications, le PAPCO présente l’engagement des Wazalendo comme une démarche de défense de la patrie, de l’unité nationale et de la souveraineté de la RDC.

Le mouvement affirme être déterminé à poursuivre son combat contre les groupes qu’il considère comme des ennemis de la paix et appelle parallèlement le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.

Les différentes déclarations du PAPCO comportent toutefois plusieurs accusations et bilans militaires qui, en l’absence de sources indépendantes citées, doivent être considérés comme des allégations du mouvement.


Afrique du Sud : l’UNCC exige une intervention urgente après l’arrestation de deux cameramen congolais à Durban

L’Union Nationale des Cameramen du Congo (UNCC) monte au créneau après l’arrestation de deux de ses membres en Afrique du Sud. Dans une déclaration faite mardi 25 août 2026 à Kinshasa, l’organisation appelle les autorités congolaises à intervenir rapidement en faveur de Talik Tombisa et Daniel Mukendi, détenus à Durban dans le cadre d’une affaire liée au 46ème sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Selon l’UNCC, les deux professionnels de l’image se trouvaient en Afrique du Sud dans le cadre d’une mission officielle de la République Démocratique du Congo, au sein de la délégation du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants.

Le contexte de l’arrestation

L’affaire remonte au 15 août 2026, à Durban, quelques jours avant le 46ème sommet de la SADC, organisé le 17 août 2026. Les informations rapportées par plusieurs médias sud-africains indiquent que deux membres de la délégation congolaise ont été interpellés alors qu’ils tentaient d’accéder au site du sommet. Les autorités sud-africaines leur reprochent notamment d’avoir présenté une accréditation qui ne leur aurait pas été délivrée, ou qui aurait appartenu à une autre personne.

La justice sud-africaine les poursuit notamment pour fraude, usurpation d’identité et intrusion dans une zone sécurisée. Le dossier a été placé sous le contrôle des juridictions sud-africaines.

Il convient toutefois de préciser que ces accusations demeurent, à ce stade, des accusations faisant l’objet d’une procédure judiciaire et ne constituent pas une condamnation.

Kinshasa évoque une confusion autour des badges

La version congolaise diffère de celle présentée par les autorités judiciaires sud-africaines. Des sources proches du cabinet du vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Mwadiamvita, affirment que les deux personnes étaient bien en mission officielle pour accompagner le ministre au sommet de la SADC.

Selon ces sources, elles disposaient notamment d’ordres de mission, de cartes de service et de passeports de service. L’incident serait donc lié à une confusion concernant les badges donnant accès aux espaces sécurisés du sommet.

L’ambassade de la RDC à Pretoria a, de son côté, confirmé l’interpellation et indiqué avoir engagé des démarches auprès du ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, ainsi qu’auprès des autorités compétentes, afin de clarifier le statut des deux ressortissants et d’assurer leur suivi diplomatique et consulaire.

L’UNCC réclame une assistance juridique et consulaire immédiate

Face à cette situation, l’Union Nationale des Cameramen du Congo demande aux autorités congolaises de garantir à ses deux membres une assistance consulaire et juridique appropriée. L’organisation exige également que leurs droits fondamentaux soient pleinement respectés conformément à la législation sud-africaine et aux instruments internationaux applicables.

Pour l’UNCC, l’urgence est d’autant plus grande que le dossier a déjà été porté devant la justice sud-africaine.

Une procédure judiciaire toujours en cours

Une audience qui devait notamment examiner la demande de mise en liberté sous caution était prévue le 24 août 2026. Mais, selon la chaîne sud-africaine Channel Africa, l’affaire a été reportée au 27 août 2026 pour une audience procédurale préalable, avant l’examen de la demande de caution. Les deux prévenus restent en détention dans l’attente de cette nouvelle étape judiciaire.

Cette évolution renforce la nécessité, selon l’UNCC, d’un accompagnement juridique rapproché des deux professionnels congolais.

L’UNCC demande des explications sur la préparation de la mission

Au-delà de la libération de ses membres, l’Union Nationale des Cameramen du Congo souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant entouré la préparation de cette mission officielle. Elle demande notamment que soient examinées les questions liées aux accréditations, aux autorisations d’accès, aux formalités administratives et à la coordination de la délégation congolaise.

Pour l’organisation, cette clarification est indispensable afin d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise lors de prochaines missions officielles à l’étranger.

Vers un mécanisme de protection des professionnels des médias

L’UNCC plaide également pour la mise en place d’un mécanisme permanent de protection, d’accompagnement et de suivi des professionnels congolais de l’image et des médias appelés à travailler dans le cadre de missions officielles hors du pays.

L’organisation estime que les cameramen et autres professionnels de l’image doivent bénéficier d’un encadrement approprié concernant les accréditations et les règles de sécurité applicables dans les pays où ils sont déployés.

Une affaire à la fois judiciaire et diplomatique

Cette affaire dépasse désormais le seul cadre professionnel. Elle met en jeu à la fois la procédure judiciaire sud-africaine, les démarches diplomatiques de Kinshasa et la responsabilité de l’encadrement des délégations officielles.

L’UNCC appelle ainsi à une mobilisation diplomatique urgente, tout en demandant le respect de la procédure judiciaire et des droits des deux Congolais.

L’organisation réaffirme enfin sa détermination à défendre ses membres et à préserver la dignité du métier de cameraman en République Démocratique du Congo.