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samedi 10 octobre 2026

RDC : « Rumba Royale » reçoit le premier Léopard du 7ème Art

Le cinéma congolais franchit une nouvelle étape avec l’instauration du Léopard du 7ème Art, une distinction nationale destinée à mettre en valeur les œuvres cinématographiques congolaises et à accompagner leur rayonnement au-delà des frontières.

À l’issue d’un processus national de sélection, la RDC Film Commission a décerné le tout premier Léopard du 7ème Art au film « Rumba Royale », réalisé par Yohane Dean Lengol et Hamed Mobasser.

Cette distinction intervient après la mise en place d’une Commission chargée d’examiner les candidatures et de sélectionner l’œuvre appelée à représenter la République Démocratique du Congo dans la catégorie du Meilleur Film International aux 99èmes Oscars.

Une commission composée de professionnels du secteur

La composition de la Commission de sélection, tenue confidentielle durant ses travaux, a été officiellement dévoilée le 8 octobre 2026 lors de la cérémonie à Kinshasa. Elle réunit plusieurs professionnels issus du cinéma, de la production audiovisuelle, du droit d’auteur et des industries culturelles.

Parmi eux figure Michel Kabeya Kalala, professionnel du cinéma et spécialiste du son. Collaborateur de plusieurs productions congolaises, dont Viva Riva !, Congo en 4 et L’Arbre à palabres, il a également été secrétaire général de l'Apro7. Il préside actuellement le Groupement des Entreprises Cinématographiques du Congo.

La Commission compte également Alain Yav Ndua, entrepreneur et producteur à la tête de Pygma Communication. Depuis plus de deux décennies, il développe des projets dans les domaines de la création, de la production audiovisuelle et de la diffusion en RDC.

Autre membre : Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto, réalisateur, producteur, professeur et pionnier du cinéma d’animation en Afrique centrale. Docteur en arts et sciences de l’art de l’Université libre de Bruxelles, il est également professeur associé à l’Institut National des Arts de Kinshasa.

Clarisse Muvuba, réalisatrice, productrice et opératrice culturelle, complète cette équipe. Elle dirige depuis 2014 le festival Cinéma au Féminin, consacré à la visibilité des femmes dans le secteur cinématographique.

La Commission comprend aussi Me Théodore Nsansi Ndoni, professeur et spécialiste du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. Ses travaux portent sur les droits d’auteur et les patrimoines culturels.

S’y ajoutent Diane Bakajika, productrice et scénariste, secrétaire générale de l'Apro7 et fondatrice de Dimonaprods, ainsi que Yann Matanda Nda Mupulu, producteur, réalisateur, scénariste et acteur, formé en Tunisie et en France.

Un travail de sélection basé sur plusieurs critères

La RDC Film Commission souligne que les membres de la Commission ont travaillé dans la confidentialité afin de préserver l’indépendance et la sérénité du processus de sélection. Leur travail a porté sur le visionnage des œuvres, la vérification des critères d’éligibilité, les échanges et les délibérations.

Pour être retenu, le film devait répondre à plusieurs conditions : avoir une durée supérieure à 40 minutes, comporter majoritairement des dialogues dans une langue autre que l’anglais, avoir fait l’objet d’une sortie commerciale payante pendant la période requise, ne pas avoir bénéficié d’une diffusion publique préalable, disposer de sous-titres anglais et présenter un contrôle créatif principal assuré par des citoyens ou résidents de la RDC.

« Rumba Royale », premier lauréat

Au terme de ce processus, la Commission a porté son choix sur « Rumba Royale », réalisé par Yohane Dean Lengol et Hamed Mobasser. Le film est également présenté comme la sélection officielle de la République Démocratique du Congo pour le prix du Meilleur Film International aux 99èmes Oscars.

La Commission a mis en avant la qualité de sa photographie, le travail sur la lumière, le cadrage et la composition des images. Elle a également souligné l’intérêt de son récit, qui replonge le spectateur dans le Léopoldville de la fin des années 1950, une période marquée par d'importants bouleversements sociaux et historiques.

À travers une histoire d’amour, le film explore un univers où se croisent musique, rencontres et tensions sociales, tout en ouvrant une fenêtre sur une partie de la mémoire collective congolaise.

Un trophée inspiré du léopard

Le premier Léopard du 7ème Art bénéficie également d’une identité artistique particulière. Le trophée a été conçu et réalisé par Sona Kappela Badibanga, sculptrice, architecte d’intérieur et designer.

Pour cette création, l’artiste a choisi de mettre en avant la tête et le regard du léopard, symbole de force, de détermination, de vigilance et de caractère.

Selon sa conceptrice, cette représentation traduit l’ambition de voir le cinéma congolais acquérir davantage de puissance, s’affirmer et rayonner sur la scène internationale.

Le trophée se veut ainsi plus qu'une récompense : il symbolise l'ambition de construire une véritable identité pour le cinéma congolais et de célébrer durablement ses talents.

Yohane Dean Lengol : le Congo a quelque chose à dire au monde

Recevant la distinction au nom de l’équipe de Rumba Royale, le réalisateur Yohane Dean Lengol a salué une reconnaissance qui, selon lui, dépasse le seul cadre du film. Il a dédié le prix à toutes les personnes ayant participé à l’aventure et remercié la RDC Film Commission pour avoir retenu leur œuvre au terme du processus national.

Pour le réalisateur, le cinéma congolais peut contribuer au développement du pays en créant des emplois, en offrant des perspectives à la jeunesse, en valorisant la culture et en présentant une nouvelle image de la RDC à l’international. Il a également appelé les jeunes Congolais intéressés par le cinéma, l’art, la culture et l’entrepreneuriat à faire preuve d’ambition et à croire dans le potentiel du pays.

« Le Congo a quelque chose à dire au monde », a-t-il notamment souligné, en appelant à construire une véritable industrie autour des talents et des histoires congolaises.

Une nouvelle étape pour l’industrie cinématographique congolaise

Avec l’instauration du Léopard du 7ème Art et la mise en place d’un processus national de sélection, la RDC Film Commission entend renforcer la structuration du secteur cinématographique. Cette initiative vise notamment à offrir une reconnaissance nationale aux œuvres congolaises susceptibles de rayonner sur la scène internationale.

Le premier Léopard du 7ème Art attribué à « Rumba Royale » marque ainsi le début d’une nouvelle tradition de reconnaissance des professionnels du septième art en République Démocratique du Congo.

La distinction constitue également un signal en faveur d’une meilleure organisation de l’industrie cinématographique, de la valorisation des talents locaux et de la diffusion des récits congolais auprès des publics internationaux.

Avec « Rumba Royale », le cinéma congolais entend désormais porter ses histoires plus loin, tout en renforçant leur reconnaissance sur le plan national.


Kongo Central : les Wazalendo se disent menacés après l'arrestation présumée des policiers dans une affaire de braquage

La cité de Lukala, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, au Kongo Central, fait face depuis quelque temps à des épisodes récurrents d’insécurité, notamment des braquages nocturnes, des vols à main armée et des actes d’extorsion.

Face à cette situation, des habitants ont constitué des groupes d’autodéfense et de vigilance communément appelés « Wazalendo », organisés dans plusieurs quartiers de la cité. Leur objectif affiché est de contribuer à la surveillance des quartiers et de prévenir les actes criminels, particulièrement durant la nuit.

Selon les membres de ces groupes, leur action aurait initialement contribué à améliorer la sécurité locale. Mais ils affirment aujourd’hui être eux-mêmes devenus la cible de menaces, après une intervention dans une affaire de braquage impliquant, selon eux, des policiers.

Un braquage nocturne qui déclenche une enquête citoyenne

Les faits remontent au 6 octobre 2026 lorsqu’un habitant de Lukala aurait été victime d’un braquage devant la porte de sa parcelle. Selon le récit livré par un membre des Wazalendo, les faits se seraient produits aux alentours de 21h30. Les suspects étaient, d’après le témoignage, vêtus d’uniformes de la police.

Alertés, les membres du groupe d’autodéfense décident alors de mener leurs propres recherches afin de tenter d’identifier les auteurs présumés. « Nous sommes entrés sur le terrain pour mener l’enquête », explique le témoin, qui affirme que les recherches se sont poursuivies pendant plusieurs heures.

Les Wazalendo disent avoir suivi différentes pistes jusqu’à environ 1h30 du matin, avant d’aboutir à un établissement hôtelier où ils auraient retrouvé plusieurs personnes qu’ils soupçonnaient d’être liées au braquage.

Des policiers parmi les personnes retrouvées, selon les Wazalendo

D’après ce témoignage, trois policiers, un conducteur de moto ainsi qu'une femme présentée comme leur compagne se trouvaient dans l’hôtel.

Le conducteur de la moto aurait été retrouvé à l’extérieur de l’établissement. Le témoin affirme que lorsque les membres des Wazalendo ont commencé à exercer une pression sur lui, deux des policiers présents dans l’hôtel auraient pris la fuite. Un troisième policier serait toutefois resté sur place et aurait été interpellé.

Le suspect a ensuite été remis aux autorités judiciaires compétentes. Selon les informations communiquées par les Wazalendo, le dossier se trouve désormais entre les mains de l’Auditorat militaire, en raison de la qualité de policier du suspect.

Les circonstances exactes du braquage, l'identité des personnes interpellées ainsi que leur éventuelle implication devront être établies par l'enquête judiciaire.

Le dossier transféré à l’Auditorat militaire

La saisine de la justice militaire s'explique par le fait que les personnes mises en cause sont présentées comme des agents de la Police nationale congolaise (PNC).

En RDC, lorsqu’un militaire ou un policier est poursuivi pour une infraction commise dans l’exercice de ses fonctions ou dans des circonstances relevant de la compétence de la justice militaire, le dossier peut être pris en charge par les juridictions militaires.

Dans le cas présent, les faits évoqués concernent un présumé braquage à main armée, mais la qualification juridique définitive des infractions et la responsabilité individuelle des personnes mises en cause relèvent de l'enquête et, le cas échéant, du tribunal compétent. Selon les Wazalendo, le policier interpellé devait être conduit à Mbanza-Ngungu dans le cadre de la procédure judiciaire.

Les Wazalendo dénoncent des menaces

C’est précisément cette intervention qui aurait provoqué, selon les membres du groupe d’autodéfense, une dégradation de leurs relations avec certains éléments de la police locale. « Nous sommes devenus les ennemis de tous les policiers locaux », affirme le témoin.

Les membres des Wazalendo disent désormais craindre pour leur sécurité. Ils rapportent avoir reçu des menaces de mort et affirment que certains policiers auraient promis de les éliminer « un par un ». Ces accusations sont graves et nécessitent, à ce stade, d’être établies ou infirmées par une enquête indépendante. Aucun élément présenté dans le témoignage ne permet, à lui seul, d’étendre ces accusations à l’ensemble des policiers de Lukala.

Une situation qui pose la question de l’encadrement des groupes d’autodéfense

Cette affaire relance également le débat sur la présence de groupes de vigilance citoyenne dans les zones confrontées à l’insécurité. Le terme « Wazalendo », qui signifie « patriotes » en swahili, désigne historiquement des groupes de volontaires d’autodéfense particulièrement présents dans l’est de la RDC. Il est toutefois utilisé dans d’autres régions du pays par certains comités locaux de vigilance pour désigner des jeunes participant à des patrouilles communautaires.

À Lukala, ces groupes affirment agir pour répondre à l’insécurité ressentie par la population. Mais leur intervention dans des enquêtes criminelles et dans l’interpellation de suspects soulève également la question de leur cadre légal, de leur encadrement par les autorités et de la préservation des prérogatives des services de sécurité et de la justice.

Entre lutte contre l’insécurité et risque de confrontation

Pour les habitants, l’objectif demeure la sécurisation de leurs quartiers. Mais l'affaire actuelle illustre les risques auxquels peuvent être confrontés des groupes de vigilance lorsqu'ils se retrouvent impliqués directement dans des opérations d’interpellation et d’enquête.

À Lukala, les Wazalendo disent désormais craindre des représailles après l’arrestation présumée d’un policier. Ils demandent implicitement que leur sécurité soit garantie, tandis que la justice militaire est appelée à établir les responsabilités dans le dossier du braquage.

L’enjeu est désormais de faire toute la lumière sur le braquage dénoncé et prévenir une éventuelle escalade entre les groupes d’autodéfense et les forces de l’ordre dans cette cité du territoire de Mbanza-Ngungu.


RDC : la deuxième édition du Baromètre national du climat des affaires lancée pour évaluer les réformes engagées

La Présidence de la République a lancé, vendredi 9 octobre 2026, la deuxième édition du Baromètre national du climat des affaires (BNCA). Cette nouvelle enquête doit actualiser le diagnostic établi en 2023, mesurer l’évolution de la perception des entreprises et contribuer à l’élaboration d’un plan stratégique destiné à renforcer l’attractivité de l’économie congolaise. Les organisations patronales sont appelées à mobiliser leurs membres pour garantir une participation large et représentative du secteur privé.

Anthony Nkinzo Kamole préside la réunion de lancement

Le Directeur de Cabinet du Président de la République, Anthony Nkinzo Kamole, a présidé, le 8 octobre 2026, au Palais de la Nation, à Kinshasa, la réunion de lancement de la deuxième édition du Baromètre national du climat des affaires. La rencontre s’est tenue en présence de plusieurs organisations représentatives du secteur privé, notamment la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Confédération des petites et moyennes entreprises congolaises (COPEMECO), l’Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP) et le réseau d’affaires Makutano.

Cette initiative fait suite aux orientations formulées par le Chef de l’État lors de la 99ème réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 25 septembre 2026. À cette occasion, Félix-Antoine Tshisekedi avait instruit son Cabinet, à travers la Cellule Climat des Affaires, de lancer cette deuxième édition en veillant à assurer une participation suffisamment représentative des opérateurs économiques.

L’objectif est de disposer de données actualisées sur les réalités auxquelles sont confrontées les entreprises en République Démocratique du Congo, mais également d’identifier les obstacles qui continuent de freiner l’investissement privé.

Un diagnostic actualisé après trois ans

Dans son intervention, Anthony Nkinzo Kamole a rappelé l’importance du BNCA dans le processus de transformation structurelle de l’économie congolaise. Cet outil doit contribuer à l’élaboration du Plan stratégique climat des affaires pour la transformation structurelle de l’économie, dont les travaux ont été lancés par le Président de la République lors d’une réunion de haut niveau, le 20 mars 2025.

Interrogé sur les raisons de ce lancement trois ans après la première édition, le Coordonnateur de la Cellule Climat des Affaires, Rock Bashala Kubindia, a expliqué que le contexte électoral, postélectoral et sécuritaire n’avait pas permis de poursuivre rapidement le processus.

Il a toutefois souligné que les orientations du Chef de l’État avaient été réaffirmées, notamment lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, permettant désormais d’engager cette nouvelle phase.

La deuxième édition poursuit ainsi un double objectif : actualiser le diagnostic du climat des affaires en RDC et fournir des données essentielles à la préparation des réformes destinées à améliorer l’environnement économique.

À la suite de l’arrêt du rapport Doing Business de la Banque mondiale, la RDC s’est dotée de son propre instrument d’évaluation du climat des affaires, fondé sur la perception des opérateurs économiques et adapté aux réalités nationales.

La première édition, réalisée en 2023 auprès de 403 entreprises, avait enregistré un score global de 37 sur 100. Dans le détail, le score relatif à l’environnement des affaires s’élevait à 35 sur 100, celui de la conjoncture économique à 53 sur 100 et celui des sujets d’actualité à 37 sur 100.

La nouvelle enquête devra permettre de mesurer l’évolution de ces perceptions, d’évaluer les effets des réformes entreprises et de relever les contraintes qui demeurent.

Le secteur privé appelé à participer massivement

Pour garantir la fiabilité des résultats, le Directeur de Cabinet du Président de la République a insisté sur la nécessité d’une participation large des entreprises, tant sur le plan sectoriel que territorial.

Les organisations professionnelles présentes sont ainsi appelées à relayer le questionnaire auprès de leurs membres, en s’appuyant notamment sur leurs représentations provinciales et sectorielles. Cette mobilisation doit permettre de recueillir les préoccupations d’entreprises de différentes tailles et issues de secteurs d’activité variés.

Le président national de la Fédération des entreprises du Congo, Robert Malumba, a salué le lancement de cette deuxième édition, estimant qu’elle était attendue par le secteur privé.

« La première édition était en 2023. Aujourd’hui, presque trois ans passés, nous devons nous rencontrer pour évaluer tout ce qui s’était décidé dans la première édition, si les choses ont évolué ou n’ont pas évolué », a-t-il déclaré, qualifiant cette nouvelle édition d’« évaluation ».

Pour le responsable de la FEC, l’enjeu est également de dépasser les engagements théoriques afin de s’assurer que les décisions prises se traduisent effectivement par des changements sur le terrain.

« Nous allons évaluer tout ce qui était décidé dans la première édition pour qu’on ne reste pas seulement dans la théorie, de façon que ce que nous décidons, ça doit être mis en pratique », a-t-il insisté.

Robert Malumba a, par ailleurs, lancé un appel à l’ensemble des opérateurs économiques établis en RDC, les invitant à prendre part à l’enquête et à exprimer leurs difficultés ainsi que leurs préoccupations.

Selon lui, cette participation est indispensable pour permettre une évaluation concrète de l’environnement des affaires et orienter les prochaines décisions.

Une enquête en ligne prévue sur trois à quatre semaines

La collecte des données démarre le 8 octobre 2026 à travers un questionnaire en ligne, dont le lien doit être mis à la disposition des entreprises par le cabinet consultant retenu pour accompagner la Cellule Climat des Affaires.

D’après Rock Bashala Kubindia, la durée envisagée pour cette phase est de trois à quatre semaines, en fonction notamment de la rapidité et du niveau de participation des entreprises.

À l’issue de la collecte, les contributions seront analysées afin de produire un rapport permettant de dresser un état actualisé du climat des affaires en RDC. Les conclusions de cette enquête devront ensuite alimenter les travaux d’élaboration du Plan stratégique climat des affaires.

Une campagne d’information est également prévue du 8 octobre au 6 novembre 2026, à travers les réseaux sociaux de la Cellule Climat des Affaires, ainsi que les médias audiovisuels et la presse écrite.

La Cellule invite toutes les entreprises formelles, indépendamment de leur taille, de leur secteur d’activité ou de leur province d’implantation, à répondre au questionnaire.

Vers des réformes prioritaires et un dialogue public-privé

Au-delà de la collecte des perceptions, le BNCA doit contribuer à la définition d’un cadre cohérent de réformes visant à lever les obstacles persistants à l’investissement privé et à renforcer l’attractivité de l’économie congolaise.

Le Plan stratégique climat des affaires ambitionne notamment d’accompagner le passage d’une économie de rente à une économie diversifiée, capable de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Les contraintes identifiées à travers l’enquête devront servir à déterminer les réformes prioritaires, en cohérence avec le Programme d’action du Gouvernement 2024-2028.

Les conclusions du baromètre doivent également nourrir un dialogue public-privé que le Président de la République entend présider personnellement. Ce cadre d’échanges devra permettre de confronter les préoccupations des entreprises aux engagements des pouvoirs publics et de favoriser la mise en œuvre effective des réformes.

Pour les autorités comme pour les organisations patronales, la réussite de cette deuxième édition dépendra donc de la capacité des opérateurs économiques à participer activement à l’enquête et à faire remonter leurs difficultés réelles. L’enjeu est de transformer les résultats du baromètre en mesures concrètes, susceptibles d’améliorer durablement les conditions d’exercice des activités économiques en République Démocratique du Congo.


RDC : la Coalition des Patriotes pour le Changement annonce une marche nationale le 14 novembre 2026

La Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), regroupant des acteurs de l’opposition politique congolaise, annonce l’organisation d’une grande marche pacifique sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, le samedi 14 novembre 2026. À travers cette mobilisation, elle entend défendre la souveraineté nationale, soutenir un dialogue constructif pour la paix et la cohésion nationale, et réclamer la création d’un tribunal pénal international pour la RDC chargé de poursuivre les crimes commis dans le pays depuis plus de trente ans.

Dans une déclaration adressée à l’opinion publique nationale et internationale, la coalition a également réagi aux propos tenus le 3 octobre 2026 à Indianapolis, aux États-Unis, par l’ancien vice-président de la République, Azarias Ruberwa Manyiwa. La CPC conteste son discours sur la situation des populations swahiliphones et l’accuse de reprendre des arguments qu’elle estime favorables aux intérêts du Rwanda.

Une marche pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale

La CPC présente cette mobilisation du 14 novembre 2026 comme une occasion de réaffirmer son attachement à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC. Pour cette coalition, ces principes ne peuvent faire l’objet d’aucune négociation, quelles que soient les circonstances politiques et sécuritaires que traverse le pays.

À travers cette manifestation annoncée sur l’ensemble du territoire national, les organisateurs souhaitent également exprimer leur soutien à un dialogue constructif susceptible de favoriser le retour de la paix, le renforcement de la cohésion nationale et la refondation de l’État congolais.

La coalition entend ainsi placer la question de l’unité nationale et de la défense des intérêts de la RDC au centre de sa mobilisation. Elle appelle, dans ce cadre, à une prise de conscience collective face aux défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté, particulièrement dans sa partie orientale.

La création d’un tribunal pénal international pour la RDC au cœur des revendications

L’un des principaux objectifs de cette marche est d’exiger la création d’un tribunal pénal international pour la RDC. Selon la CPC, cette juridiction devrait permettre de poursuivre les auteurs des crimes commis sur le territoire congolais depuis plus de trente ans, notamment ceux qu’elle attribue à des troupes étrangères, en particulier rwandaises.

Par cette revendication, la coalition entend remettre au centre du débat la question de la justice pour les victimes des violences armées, des massacres de civils et des autres crimes présumés commis au cours des différents conflits qui ont affecté le pays.

La CPC estime que la recherche de la paix doit aller de pair avec la lutte contre l’impunité. Elle défend ainsi l’idée qu’un mécanisme judiciaire international spécifiquement consacré aux crimes commis en RDC pourrait contribuer à établir les responsabilités et à répondre aux attentes des victimes.

La création d’une telle juridiction constitue toutefois une revendication politique de la coalition, et non l’annonce de la mise en place effective d’un tribunal.

Hommage aux FARDC et aux combattants Wazalendo

Dans sa déclaration, la CPC rend hommage aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’aux combattants patriotes Wazalendo, engagés dans les opérations contre les groupes armés dans l’est du pays.

La coalition salue ce qu’elle qualifie de prouesses héroïques des forces nationales et souligne leur détermination face à l’insécurité. Elle affirme que plusieurs territoires, localités et positions stratégiques précédemment occupés par l’ennemi seraient progressivement reconquis.

Pour la CPC, les sacrifices consentis par les militaires congolais et les autres combattants mobilisés pour la défense du territoire ne doivent pas être oubliés. Elle considère que leur engagement constitue un élément central de la résistance nationale face aux menaces pesant sur l’intégrité territoriale du pays.

Cet hommage s’inscrit dans le message général que la coalition entend porter lors de la marche du 14 novembre 2026 : la défense du territoire national, la solidarité avec les populations affectées par les conflits et la recherche d’une paix durable.

La CPC critique les déclarations d’Azarias Ruberwa à Indianapolis

La seconde partie de la déclaration est consacrée aux propos qu’Azarias Ruberwa Maniwa aurait tenus le 3 octobre 2026 à Indianapolis, aux États-Unis. La CPC affirme avoir suivi ces interventions avec « une profonde amertume et une indignation légitime ».

L’ancien vice-président de la République est critiqué pour son discours relatif aux populations swahiliphones de la RDC. Selon la coalition, cette approche constituerait une nouvelle manière de présenter la question communautaire, après les arguments liés à la discrimination des Banyamulenge qui ont marqué une partie du débat politique et sécuritaire dans l’est du pays.

La CPC estime que l’invocation de la langue swahilie dans ce contexte risque d’opposer différentes composantes de la population congolaise. Elle considère que la défense des droits des communautés ne doit pas servir, selon ses termes, à justifier une remise en cause de l’unité nationale ou à soutenir des intérêts étrangers.

Ces accusations relèvent de la position exprimée par la coalition dans sa déclaration. Elles ne constituent pas, à elles seules, une démonstration des intentions attribuées à Azarias Ruberwa.

Le passé politique de l’ancien vice-président remis en question

La CPC revient également sur le parcours politique d’Azarias Ruberwa Manyiwa, ancien vice-président de la République et ancien dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), mouvement politico-militaire qui a joué un rôle majeur dans les conflits armés en RDC.

La coalition rappelle que l’ancien responsable a bénéficié de plusieurs fonctions publiques au sein du gouvernement et de l’institution présidentielle. Elle évoque également sa formation universitaire à l’Université de Lubumbashi, qu’elle présente comme ayant été financée grâce à une bourse de l’État congolais.

À partir de ces éléments, la CPC l’interpelle sur ce qu’elle considère comme un manque de condamnation claire et constante des actes imputés au Rwanda en RDC. Elle cite particulièrement les accusations de pillage des ressources naturelles, d’exploitation illicite des richesses du sol et du sous-sol, de massacres de populations civiles et de violences visant certaines communautés.

La coalition met ainsi en cause la cohérence de l’engagement politique de l’ancien vice-président et s’interroge sur les intérêts qu’il entend défendre à travers ses récentes prises de position.

L’AFC/M23 et le Rwanda au centre des accusations de la coalition

Dans sa déclaration, la CPC établit un lien direct entre les propos qu’elle attribue à Azarias Ruberwa et la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Elle affirme que les populations swahiliphones de plusieurs villes et localités, Goma, Bukavu, Masisi, Sake et Rutshuru, sont elles-mêmes victimes des violences qu’elle impute à l’armée rwandaise et aux combattants de l’AFC/M23.

La coalition interpelle ainsi publiquement l’ancien vice-président sur les responsabilités qu’elle attribue à ces acteurs dans les massacres et les violences commis dans cette partie du pays.

Ces accusations s’inscrivent dans la ligne politique défendue par la CPC, qui considère que la crise dans l’est de la RDC doit être abordée sous l’angle de la souveraineté nationale, de la protection des populations civiles et de la responsabilité des auteurs de crimes.

Un appel à la mobilisation nationale

En annonçant une marche pacifique dans toutes les provinces du pays, la Coalition des Patriotes pour le Changement entend donner une portée nationale à ses revendications. La mobilisation prévue le 14 novembre 2026 doit, selon ses initiateurs, permettre de réunir les Congolais autour de la défense de l’intégrité territoriale, du soutien aux forces de défense et de la lutte contre l’impunité.

La CPC place également cette manifestation dans le prolongement de son plaidoyer pour un dialogue constructif, la cohésion nationale et la refondation de l’État.

Reste à voir quelle sera l’ampleur de la participation à cette marche annoncée et quelles suites les autorités réserveront aux revendications formulées par la coalition, notamment sur la création d’un tribunal pénal international pour la RDC.

La déclaration se termine par un appel patriotique en faveur de la République démocratique du Congo, de la Coalition des Patriotes pour le Changement et du peuple congolais.


RDC : la Cour constitutionnelle instaure une couverture médicale pour ses juges, ses agents et leurs familles

La Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo franchit une étape importante dans le renforcement de la protection sociale de son personnel. Une convention d’abonnement médical conclue avec l’Hôpital Biamba Marie Mutombo prévoit la prise en charge des juges, des agents de la haute juridiction ainsi que de leurs dépendants. Cette initiative, soutenue par le gouvernement congolais à travers les ministères du Budget et de la Santé, constitue une première dans l’histoire de cette institution.

Une avancée inédite sous Dieudonné Kamuleta

La Cour constitutionnelle entend renforcer le bien-être social de ses membres et de son personnel. Cette volonté se concrétise par la mise en place d’une convention d’abonnement médical destinée à faciliter l’accès aux soins de santé des juges, des agents et des membres de leurs familles.

La cérémonie de présentation de cet accord s’est déroulée le vendredi 9 octobre 2026 au siège de la haute juridiction, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Elle s’est tenue en présence du président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta Badibanga, également président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Plusieurs personnalités judiciaires et administratives ont pris part à cette rencontre, notamment les juges Christian Jalar Yuma, Aristide Kahindo et Marthe Odio, ainsi que des membres du cabinet du président de la Cour constitutionnelle.

L’Hôpital Biamba Marie Mutombo était représenté par son administrateur délégué, Me Mpoy Louman. Des représentants du vice-premier ministre chargé du Budget et du ministre de la Santé ont également assisté à la cérémonie, témoignant de l’accompagnement des pouvoirs publics dans cette démarche.

Une convention pour protéger les juges, les agents et leurs dépendants

Le moment central de la cérémonie a été l’échange solennel des exemplaires de la convention signée entre Dieudonné Kamuleta Badibanga et Me Mpoy Louman, au nom de l’établissement hospitalier.

Cet accord vise à élargir la prise en charge médicale aux membres et au personnel de la Cour constitutionnelle, en incluant leurs dépendants. Il s’inscrit dans une démarche de renforcement de la protection sociale au sein de cette institution chargée de veiller au respect de la Constitution.

Au-delà de son caractère inédit, cette initiative entend apporter une réponse aux besoins sanitaires des bénéficiaires et contribuer à leur offrir de meilleures conditions de vie et de travail.

Les modalités pratiques de prise en charge, notamment les prestations couvertes et les conditions d’accès aux soins, relèvent des dispositions prévues par la convention.

La couverture santé universelle en toile de fond

Selon l’exposé des motifs, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre progressive de la politique nationale de santé et dans l’engagement de la République Démocratique du Congo en faveur de la couverture santé universelle.

Les pouvoirs publics affichent leur volonté d’améliorer l’accès équitable à des soins de santé de qualité. Cette orientation concerne notamment les agents des institutions publiques et les personnes assimilées, qui doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge médicale adéquate et continue.

La convention conclue entre la Cour constitutionnelle et l’Hôpital Biamba Marie Mutombo s’inscrit ainsi dans cette dynamique, avec l’ambition de renforcer la protection sanitaire des bénéficiaires et de leurs familles.

L’implication des ministères du Budget et de la Santé souligne, par ailleurs, l’importance de la collaboration entre les institutions publiques et les structures sanitaires dans la concrétisation de cette initiative.

Pour une meilleure efficacité au travail

Dans son mot de circonstance, Dieudonné Kamuleta Badibanga a mis l’accent sur le lien entre le bien-être social des collaborateurs et leur rendement professionnel.

Le président de la Cour constitutionnelle a souligné que les agents donnent le meilleur d’eux-mêmes lorsqu’ils évoluent dans un environnement leur garantissant des conditions de travail et de vie adéquates. Il a, dans cette perspective, appelé les différentes parties prenantes à assumer pleinement leurs responsabilités afin d’assurer l’application effective de la convention.

Cette démarche traduit une approche qui considère la protection sociale comme un levier de motivation, de stabilité et d’efficacité au sein des institutions publiques.

Avec cette convention médicale, la Cour constitutionnelle franchit ainsi une nouvelle étape dans l’amélioration des conditions sociales de ses juges et de ses agents. Le défi sera désormais d’assurer une mise en œuvre effective du dispositif, afin que les bénéficiaires et leurs dépendants puissent accéder aux prestations prévues dans le cadre de cet accord.


RDC : les conseillers communaux de 24 provinces en sit-in au Centre financier pour dénoncer une réduction de 50 % de leurs frais de fonctionnement

Réunis devant le Centre financier de Kinshasa pour leur deuxième journée de sit-in, les conseillers communaux de 24 provinces de la République Démocratique du Congo dénoncent une réduction de près de 50 % de leurs frais de fonctionnement au stade du paiement par le ministère des Finances. Ils réclament le respect des engagements budgétaires et menacent de poursuivre leur mobilisation pendant 26 jours et 26 nuits si aucune solution n’est trouvée.

Deux jours de mobilisation malgré les intempéries

Les conseillers communaux issus de 24 provinces de la RDC poursuivent leur sit-in devant le Centre financier de Kinshasa. Malgré les fortes pluies et les conditions difficiles, ces élus locaux maintiennent leur mobilisation pour obtenir le paiement intégral des frais de fonctionnement prévus pour leurs institutions.

Ils dénoncent un traitement qu’ils estiment discriminatoire dans l’exécution des engagements budgétaires. Selon leurs représentants, les conseils communaux de Kinshasa et de l’Ituri seraient épargnés par la réduction contestée, contrairement à ceux des 24 autres provinces.

Benoît Belengenyi Tshitenge, coordonnateur du collectif des conseillers communaux du Kasaï Central, ville de Kananga, explique que cette mobilisation vise à dénoncer la situation et à obtenir des réponses des autorités compétentes.

« Aujourd’hui, c’est la deuxième journée que nous venons de passer ici au Centre financier, dans des conditions très difficiles. Une journée très pluvieuse, et nous avons supporté toutes ces intempéries ».

Pour ces élus, cette situation aggrave les difficultés auxquelles les conseils communaux sont confrontés depuis leur installation, notamment le manque de locaux appropriés et de moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions.

Une réduction de près de 50 % dénoncée au ministère des Finances

Au cœur de la contestation figure la réduction alléguée d’environ 50 % des montants prévus pour le fonctionnement des conseils communaux concernés.

Willy Nzembela, coordinateur national des conseillers communaux mobilisés, affirme que les bons d’engagement suivent normalement les différentes étapes de la chaîne de la dépense publique, depuis leur signature par le vice-premier ministre, ministre du Budget jusqu’à la Direction du Trésor.

Selon lui, c’est au stade final du paiement, au ministère des Finances, que des annotations seraient apportées, entraînant une diminution des montants destinés aux conseils communaux des 24 provinces.

Les manifestants disent ne pas comprendre pourquoi les engagements budgétaires seraient exécutés différemment selon les provinces, alors que les bons d’engagement concernent, selon eux, l’ensemble des 26 provinces du pays.

« On ne comprend pas, sur une même enveloppe globale de paiement, les engagements sont respectés pour deux provinces, Kinshasa et Ituri, et les autres provinces ne voient pas leur engagement budgétaire être respecté », déplore Willy Nzembela.

Les conseillers communaux affirment détenir des éléments à l’appui de leurs accusations et demandent que les autorités compétentes examinent cette situation. Les raisons de la réduction dénoncée n’ont toutefois pas été établies dans les éléments disponibles.

Des frais destinés au fonctionnement des institutions locales

Les représentants des manifestants tiennent à préciser que les montants concernés ne constituent pas les salaires des conseillers communaux. Il s’agit, expliquent-ils, de frais destinés au fonctionnement des organes délibérants des communes.

Ces ressources servent notamment à payer les locaux loués pour abriter les sièges des conseils et les séances plénières, à prendre en charge le personnel politique et d’appoint, ainsi qu’à assurer le fonctionnement de l’administration rattachée aux assemblées communales.

Elles permettent également l’acquisition de fournitures, de matériels et d’outils de bureau indispensables au travail quotidien des institutions locales. Une partie du montant restant serait affectée aux indemnités des élus.

Pour les conseillers communaux, une diminution de près de la moitié de ces ressources compromettrait davantage le fonctionnement de structures qu’ils considèrent encore fragiles et confrontées à d’importants besoins matériels et administratifs.

Ils estiment que les moyens prévus doivent permettre aux conseils communaux d’exercer leurs missions de délibération et de contribuer au développement à la base, conformément à l’orientation défendue par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Un recours lancé au président de la République

Face à cette situation, les conseillers communaux disent avoir multiplié les démarches auprès des autorités. Ils rappellent que le chef de l’État avait donné des instructions en faveur de la prise en charge de leurs frais de fonctionnement et que le ministère du Budget avait, selon eux, engagé des démarches pour leur alignement budgétaire. Benoît Belengenyi Tshitenge affirme que les difficultés persistent malgré ces démarches.

« Nous ne savons pas les motivations, parce que les bons d’engagement, c’est pour les 26 provinces. Et nous nous demandons pourquoi marginaliser les 24 provinces au détriment de deux seulement ? », s’interroge-t-il.

Les manifestants en appellent ainsi à l’intervention du président de la République afin que la situation soit examinée et qu’une solution soit trouvée. Ils demandent le respect des engagements budgétaires et la garantie d’un traitement équitable des conseils communaux à travers le pays.

Willy Nzembela dénonce, pour sa part, une situation qui durerait depuis environ un an et demi. Il affirme que les élus concernés ne peuvent plus accepter ce qu’ils considèrent comme une marginalisation de leurs institutions.

Un sit-in annoncé pour 26 jours et 26 nuits

Déterminés à maintenir la pression, les conseillers communaux annoncent leur intention de poursuivre le sit-in pendant 26 jours et 26 nuits si aucune solution satisfaisante n’est apportée à leurs revendications.

Au deuxième jour de leur mobilisation, ils disent attendre des réponses concrètes des autorités, en particulier sur les motifs de la réduction contestée et sur les mesures susceptibles de rétablir les montants initialement prévus.

« C’est ainsi que nous sommes venus, premièrement pour dénoncer, et deuxièmement, faire le sit-in de 26 jours, 26 nuits. Aujourd’hui, nous sommes à la deuxième journée. Si peut-être il n’y a pas eu une solution idoine, nous allons continuer jusqu’à ce qu’on réponde à nos désidératas », prévient Benoît Belengenyi Tshitenge.

Cette mobilisation remet au centre du débat la question des moyens financiers nécessaires au fonctionnement des institutions communales, créées pour rapprocher la gestion publique des populations. Les conseillers communaux attendent désormais une réponse des autorités compétentes afin de sortir de cette impasse et de garantir la continuité des activités de leurs organes délibérants.


Kinshasa : Israël Kantu réorganise la PCR et menace de sanctions les policiers indisciplinés

Le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) à Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu, annonce un réaménagement de la Police de circulation routière (PCR) afin de renforcer la discipline des agents et d’améliorer la fluidité du trafic dans la capitale, particulièrement à l’approche des festivités de fin d’année.

Lors d’une parade spéciale organisée dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre 2026 au stade des Martyrs, le responsable de la police kinoise a annoncé plusieurs mesures disciplinaires et opérationnelles. Parmi celles-ci figure le retrait de 70 éléments de la PCR, accusés de diverses dérives, et leur affectation à d’autres services.

Fermement opposé aux tracasseries routières, aux injures et aux pratiques d’extorsion présumées, Israël Kantu a averti que tout policier pris en flagrant délit de tels comportements s’exposerait à des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à la traduction devant l’auditorat militaire.

Soixante-dix policiers retirés de la PCR

La réorganisation annoncée par le commissaire provincial intervient après plusieurs rappels à l’ordre adressés aux éléments de la Police de circulation routière.

Selon les mesures présentées lors de la parade, 70 policiers indexés pour diverses dérives ont été retirés de cette unité et affectés à d’autres services. Des permutations entre certaines unités sont également prévues pour rompre avec les habitudes installées dans plusieurs carrefours et artères de Kinshasa.

Israël Kantu entend ainsi insuffler une nouvelle dynamique au sein de la PCR, une unité particulièrement exposée au regard de la population en raison de son contact quotidien avec les automobilistes, les conducteurs de motos, les transporteurs et les autres usagers de la route.

« La récréation est terminée », a martelé le commissaire provincial, avertissant ses hommes que les comportements contraires aux règles de discipline ne seraient plus tolérés.

Fin des tracasseries et des tenues non réglementaires

Le chef de la police kinoise a particulièrement insisté sur le comportement des agents déployés sur la voie publique. Il leur a ordonné de mettre fin aux tracasseries, aux injures faciles, aux menaces et aux intimidations à l’égard des usagers de la route.

Il a également dénoncé le port de tenues dépareillées ou non conformes aux prescriptions réglementaires, ainsi que les pratiques de « main tendue », une expression faisant référence aux sollicitations abusives d’argent auprès des conducteurs.

Pour Israël Kantu, la PCR représente le visage de la police auprès de la population. Les agents affectés à cette unité sont donc appelés à faire preuve d’exemplarité, de professionnalisme et de respect envers les usagers.

Le commissaire provincial a prévenu que les policiers surpris en train de se livrer à des pratiques répréhensibles seraient sanctionnés. Il a évoqué leur éventuelle poursuite devant l’auditorat militaire, précisant que les contrevenants ne bénéficieraient d'aucune protection de sa part.

Des permutations pour mieux gérer les carrefours

Dans le cadre de cette réorganisation, certaines unités seront permutées afin de modifier le dispositif de déploiement des policiers dans la capitale.

Le commissaire divisionnaire Israël Kantu a instruit les responsables concernés de repositionner les effectifs en fonction des carrefours, des ronds-points et des axes routiers placés sous leur responsabilité.

Le commissaire provincial de la police ville de Kinshasa a également demandé aux chefs d’unités de réintégrer leurs positions respectives et de veiller à une gestion rigoureuse des sous-détachements et des détachements.

Le commissaire provincial a par ailleurs mis en garde contre l’installation irrégulière de motos et de tricycles dans certains postes de police ou lieux de déploiement. Il a annoncé son intention d’effectuer des contrôles inopinés, y compris pendant la nuit, afin de vérifier le respect des consignes.

Cette surveillance doit permettre, selon ses instructions, de rétablir l’ordre dans les unités et d’empêcher que des pratiques non autorisées ne deviennent habituelles.

La décongestion du trafic comme priorité

Au-delà de la discipline, la réorganisation de la PCR vise également à améliorer la circulation routière à Kinshasa, où les embouteillages perturbent régulièrement les déplacements des habitants.

Le commissaire provincial estime qu’une présence effective des policiers aux carrefours et aux points stratégiques devrait contribuer à réduire les encombrements.

Il a ainsi demandé aux responsables de déployer les effectifs disponibles en fonction des besoins du terrain, plutôt que de maintenir inutilement des agents dans des positions où leur présence ne contribue pas directement à la fluidité du trafic.

À l’approche des mois de novembre et de décembre 2026, marqués par une intensification des déplacements et des activités commerciales, Israël Kantu entend renforcer la mobilisation des policiers pour faciliter les déplacements sur les principales artères de la capitale.

Il a attiré l’attention de ses hommes sur les difficultés liées aux taxis clandestins, aux conducteurs non autorisés et aux personnes qui s’improvisent chauffeurs, des phénomènes qu’il considère comme des facteurs de désordre sur la route.

Pas de verbalisation pendant certaines heures de pointe

Parmi les consignes annoncées figure une mesure particulière concernant les heures de pointe. Israël Kantu a demandé aux policiers de ne pas verbaliser les infractions routières pendant trois plages horaires précises.

Il s’agit de la période comprise entre 5h30 et 8h00, de 11h30 à 13h30, ainsi que de 17h00 à 18h30.

Le commissaire provincial justifie cette instruction par la nécessité de faciliter les déplacements des élèves vers leurs établissements scolaires, des travailleurs vers leurs lieux de service et des commerçants vers les marchés. Cette mesure vise à éviter que les opérations de contrôle routier ne contribuent davantage aux embouteillages pendant ces périodes de forte mobilité.

Il ne dispense toutefois pas les usagers du respect du Code de la route. L’objectif affiché est plutôt d’adapter les interventions des policiers aux réalités de la circulation, en privilégiant la fluidité du trafic durant les heures concernées.

Israël Kantu promet des contrôles inopinés

Pour garantir l’application de ces nouvelles instructions, le commissaire provincial a annoncé qu’il effectuerait lui-même des patrouilles et des contrôles à différents moments, sans prévenir les unités concernées.

Il a invité les responsables de la PCR à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le respect des consignes et veiller à ce que les agents soient effectivement présents aux endroits qui leur sont assignés.

Le message adressé aux policiers est sans équivoque. La discipline, le respect des usagers et l’efficacité dans la régulation du trafic constituent désormais des exigences prioritaires.

À travers ces mesures, le patron de la police de Kinshasa entend restaurer la confiance entre la PCR et la population, tout en préparant les services de circulation à faire face à l'augmentation attendue des déplacements pendant les festivités de fin d’année.

L’efficacité de cette réorganisation sera appréciée à travers la réduction des tracasseries dénoncées par les usagers, le respect des consignes par les agents et l’amélioration de la fluidité sur les principaux axes routiers de la capitale.