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samedi 22 août 2026

Sud-Kivu : La prolifération anarchique des stations-service fait craindre le pire

La Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) tire la sonnette d'alarme face à la multiplication sauvage des points de vente de carburant à Uvira dans la province du Sud-Kivu. Faute de régulation, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu s'expose à un drame humanitaire et environnemental majeur.

La ville d’Uvira est-elle en train de se transformer en une vaste poudrière ? C’est la vive inquiétude exprimée le vendredi 21 août 2026 par la coordination urbaine de la SOCICO-RDC.

Dans un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Yoshuwa Barika, l'organisation dénonce avec force l'implantation désordonnée et illégale d'infrastructures pétrolières à travers la ville, pointant un danger de sécurité publique devenu critique.

Le quartier Kasenga au cœur de l'anarchie urbaine

Le constat dressé sur le terrain par les militants de la société civile est sans appel. Les stations-service surgissent désormais à chaque intersection, au mépris le plus total des règles d'aménagement du territoire. La situation s’avère particulièrement intenable dans la commune de Mulongwe, plus précisément au sein du quartier Kasenga.

Dans cette zone à forte densité, des pompes à essence sont érigées à proximité immédiate des habitations privées, des établissements scolaires, des marchés populaires et des axes routiers majeurs. Cette cohabitation forcée viole de plein fouet les principes élémentaires de la sécurité urbaine, transformant ces espaces de vie en de véritables « bombes à retardement » pour la population locale.

Une violation flagrante du Code des Hydrocarbures de la RDC

Au-delà du péril sécuritaire, la SOCICO-RDC rappelle que cette prolifération se fait au mépris des lois de la République. Ce désordre contrevient directement à la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures en RDC.

Les articles 178 et 179 de ce texte stipulent clairement que tout exploitant est soumis au strict respect d'un règlement d'hydrocarbures fixant des consignes rigoureuses de sécurité, d'hygiène et de salubrité publique afin de prévenir tout sinistre.

De plus, l'absence de dispositifs de confinement expose les sols et les nappes phréatiques à des risques de pollution chimique irréversibles. En s'affranchissant des permis d'exploitation obligatoires délivrés par l'État, ces stations opèrent en toute illégalité aux dépens de la vie humaine.

L'appel pressant aux ministères de tutelle

Face à ce péril imminent, la coordination urbaine d’Uvira refuse d'attendre une catastrophe pour pleurer des victimes de trop. Elle interpelle directement le ministre National des Hydrocarbures, ainsi que son homologue provincial du Sud-Kivu, exigeant des mesures conservatoires d'urgence.

La société civile recommande la suspension immédiate de tous les chantiers de stations-service suspectés d'illégalité, le lancement d'un audit technique de conformité sur l'ensemble des infrastructures de distribution existantes dans la ville, l'application stricte des sanctions réglementaires, allant jusqu'à la fermeture des stations ne respectant pas les distances légales de sécurité vis-à-vis des tiers.

« La vie de la population d'Uvira vaut infiniment plus que les intérêts commerciaux de quelques opérateurs économiques », martèle Yoshuwa Barika. Pour la société civile, l'autorité de l'État doit urgemment restaurer l'ordre public avant qu'un incendie majeur ne vienne endeuiller la province.


Sud-Kivu : la rentrée scolaire menacée par le déplacement de centaines de ménages

À quelques jours de la rentrée scolaire prévue en septembre 2026, l’inquiétude grandit dans les groupements de Ziralo, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. La situation des familles déplacées fait craindre une importante perturbation de la scolarité des enfants.

Selon une évaluation réalisée vendredi 21 août 2026 par la Société civile MSCO Mubuku, 815 ménages ont été recensés parmi les populations affectées. La structure de la société civile indique qu’environ 55 % des personnes évaluées seraient des enfants en âge scolaire.

Cette situation intervient alors que les établissements scolaires du pays se préparent à accueillir les élèves pour la nouvelle année scolaire.

Cahiers, uniformes et écoles abandonnés

Déplacés de leurs milieux de vie, de nombreux enfants ont abandonné leurs cahiers, leurs uniformes et leurs écoles. La Société civile MSCO redoute ainsi une déscolarisation massive, voire une année blanche pour les enfants des groupements de Ziralo.

Au-delà de la perte de l’année scolaire, l’absence d’assistance expose ces mineurs à plusieurs risques, notamment le travail des enfants, l’exploitation et d’autres formes de vulnérabilité.

Pour la MSCO, l’urgence humanitaire ne doit donc pas faire oublier l’urgence éducative.

Appel aux humanitaires et au gouvernement

Face à cette situation, l’Inspection territoriale de la Société civile MSCO-Kalehe lance un appel aux partenaires humanitaires et éducatifs, notamment OCHA, l’UNICEF, le HCR, ainsi qu’aux autres organisations nationales et internationales, au gouvernement congolais et aux personnes de bonne volonté.

La MSCO plaide pour une assistance immédiate aux familles déplacées, comprenant notamment des vivres, des abris d’urgence, des bâches, de l’eau potable et des soins de santé primaires.

Sur le plan éducatif, elle demande également la mise à disposition de kits scolaires, cahiers, stylos et uniformes, ainsi que l’installation d’espaces temporaires d’apprentissage, notamment à Ramba.

Un accompagnement psychosocial et des cantines scolaires d’urgence sont également sollicités afin de permettre aux enfants de reprendre leur parcours scolaire malgré le déplacement.

Sauver des vies, c’est aussi sauver l’avenir

Pour Jean-Joseph Safari Enakashesha, Inspecteur territorial des Sociétés civiles MSCO-Kalehe, l’assistance aux enfants déplacés constitue un investissement dans l’avenir.

« Sans assistance immédiate, ces enfants risquent d’être exposés au travail et à l’exploitation des mineurs. Sauver des vies, c’est aussi sauver l’avenir de demain », insiste-t-il.

À Ziralo, l’appel de la société civile est donc lancé à quelques jours de la rentrée scolaire l’urgence humanitaire et l’urgence éducative doivent être prises en charge simultanément afin d’éviter que le déplacement des familles ne se transforme en catastrophe scolaire pour toute une génération d’enfants.


Processus de paix RDC-AFC/M23 : à Montreux, une diplomatie à la recherche d’un nouveau souffle

Une retraite diplomatique pour relancer un processus en panne et relancer une machine diplomatique grippée. Tel était l’objectif de la retraite diplomatique organisée du 17 au 21 août 2026 en Suisse autour du processus de paix entre la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23.

Pendant une semaine, des représentants de Kinshasa et du mouvement rebelle se sont retrouvés à Montreux, aux côtés de plusieurs acteurs impliqués dans la médiation et la facilitation, notamment le Qatar, les États-Unis, le Togo, l’Union africaine et la Suisse.

L’objectif était de mettre de l’ordre dans un processus jusque-là marqué par les divergences, en clarifiant notamment les responsabilités respectives des médiateurs, facilitateurs et observateurs.

Deux protocoles sur huit seulement traités

Cette rencontre intervient alors que le processus de Doha peine à produire des résultats concrets. L’accord-cadre conclu sous médiation qatarie prévoit huit protocoles destinés à encadrer progressivement les engagements des parties.

À ce jour, seuls deux de ces huit protocoles ont été traités. La retraite suisse n’a pas permis de négocier de nouveaux protocoles, confirmant la lenteur des discussions sur les dossiers de fond.

Le principal résultat obtenu à Montreux reste ainsi institutionnel. Les participants se sont accordés sur la mise en place d’un mécanisme destiné à suivre et à surveiller l’application des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.

Sanctions et prisonniers au cœur des tensions

Deux questions particulièrement sensibles ont dominé les échanges. Il s'agit des sanctions internationales et de la libération des prisonniers. L'AFC/M23 continue de contester certaines sanctions internationales qu’il considère comme déséquilibrées et visant essentiellement son camp. Cette question demeure l’un des points de friction dans les discussions diplomatiques.

Le dossier des prisonniers constitue l’autre sujet de tension. Sur les quinze détenus récemment remis au mouvement rebelle, seuls neuf figuraient sur la liste de huit cents noms communiquée par le M23.

Cette différence entre les personnes effectivement libérées et celles réclamées par le mouvement rebelle illustre les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des engagements liés aux mesures de confiance.

Un processus de paix sous pression

La rencontre de Montreux s’inscrit dans un contexte de forte tension dans l’Est de la RDC, où le conflit impliquant l'AFC/M23 continue de peser lourdement sur la situation sécuritaire et humanitaire.

Le processus de Doha avait été engagé pour tenter de parvenir à une solution politique au conflit, avec l’implication du Qatar comme médiateur et le soutien de plusieurs partenaires internationaux et africains.

Malheureusement, les avancées restent lentes, tandis que les désaccords sur les responsabilités, les mesures de confiance, les sanctions et les conditions de mise en œuvre des engagements continuent de compliquer les négociations.

Pas de percée, mais une tentative de réorganiser la médiation

Au terme de cette retraite, aucun « miracle » diplomatique n’a donc été enregistré à Montreux. Aucun nouveau protocole n’a été conclu et les principaux dossiers de fond restent ouverts.

L’acquis principal réside plutôt dans la volonté affichée d’unifier la méthode de travail et de renforcer le suivi des engagements pris à Doha.

Il reste désormais à savoir si ce nouveau mécanisme de surveillance permettra de transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes.

Car pendant que les diplomates cherchent une nouvelle boussole au processus de paix, sur le terrain, dans l’Est de la RDC, la situation sécuritaire demeure préoccupante et les armes continuent de parler.


Kinshasa : le bouclage de la RFCK annoncé au 31 août 2026, la crainte d’une multiplication des tracasseries

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique de Kinshasa (RFCK) annonce le lancement officiel, à partir du 31 août 2026, d’une opération générale et systématique de contrôle des véhicules et motos sur l’ensemble de la capitale.

Les conducteurs disposent jusqu’au 30 août 2026 pour se mettre volontairement en conformité avec les exigences administratives et techniques.

À compter du 31 août 2026, les contrôles routiers seront renforcés et aucune nouvelle période de grâce ne devrait être accordée.

Amendes, immobilisation et mise en fourrière

Les conducteurs dont les véhicules ne seront pas en règle s’exposent à plusieurs sanctions, notamment des amendes, l’immobilisation du véhicule ou sa mise en fourrière.

Selon les autorités, cette campagne poursuit un double objectif. C'est de réduire les accidents de la circulation liés aux défaillances mécaniques et assainir le parc automobile de Kinshasa.

Une opération qui intervient alors que la capitale fait déjà face à de nombreuses plaintes liées aux contrôles routiers.

64 sites de tracasseries recensés par des usagers

Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, des usagers dénoncent la multiplication des points de contrôle attribués à la Police de circulation routière (PCR) et à d’autres services intervenant dans le secteur des transports.

Une liste de 64 sites présumés de tracasseries circule notamment parmi les conducteurs. Elle cite entre autres Matadi-Kibala, UPN, Delvaux, DGC, Magasin, Bandal-Moulaërt, Pont Cabu, Ma Campagne, Victoire, Ngaba, Wangata–30 Juin, Sonas-Sabena, Limete, Sendwe, Bokasa, Bongolo, By Pass, Pascal, Pompage, Cité Verte, Lemba, Baramoto, Kingasani, Kinkole, N’Sele, N’djili et Matete.

Cette liste, qui relève des signalements d’usagers, doit toutefois être considérée avec prudence : la présence d’un site sur cette liste ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une infraction ou d’une pratique illégale de la part des agents qui y sont affectés.

La crainte d’un effet multiplicateur

La principale inquiétude exprimée par certains conducteurs concerne le risque de voir le renforcement des contrôles techniques se transformer en une multiplication des points de contrôle routier et, par conséquent, des tracasseries.

Selon ces usagers, l’extension ou la réhabilitation de plusieurs grandes artères de Kinshasa pourrait, sans mécanisme efficace de supervision, favoriser l’apparition de nouveaux points de contrôle.

Ils redoutent ainsi que les dizaines de sites déjà signalés puissent doubler, voire tripler, si des mesures strictes de contrôle des agents ne sont pas prises.

Les autorités urbaines interpellées

Au-delà de la mise en conformité des véhicules, la question de l’encadrement des agents chargés des contrôles reste donc centrale.

Les autorités urbaines sont appelées à mettre en place des mécanismes permettant de distinguer clairement les contrôles légaux des pratiques de tracasserie, avec des procédures transparentes, des reçus pour tout paiement effectué et des sanctions contre les agents qui se rendraient coupables d’abus.

À l’approche du 31 août 2026, l’enjeu est donc double : assainir le parc automobile sans transformer les routes de Kinshasa en une succession de barrières et de points de perception informels.


jeudi 20 août 2026

RDC : le député Claude Misare demande des comptes sur la gestion des fonds destinés aux Wazalendo

Le député national Claude Misare Mugomberwa interpelle le Vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, sur la gestion des fonds publics destinés à la prise en charge des résistants Wazalendo.

Dans une question écrite datée du 12 août 2026, l’élu sollicite des éclaircissements sur les montants décaissés, leur répartition et les bénéficiaires effectifs de ces financements.

4 millions de dollars par mois annoncés pour les Wazalendo

Dans sa correspondance, Claude Misare s’appuie notamment sur le rapport de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale du 22 avril 2026. Selon ce document, le ministre des Finances avait indiqué que la prise en charge des Wazalendo s’effectuait à travers deux mécanismes.

Le premier concerne un fonds créé au sein de la chaîne des dépenses de la Réserve armée de la Défense (RAD), doté de 4 millions de dollars américains par mois. Le second consiste en un fonds spécial d’intervention accordé par le ministère des Finances à certains leaders régionaux.

Le président du groupe parlementaire AA/UNC cite également les conclusions d’un atelier de réflexion communautaire organisé à Kinshasa du 22 au 24 juillet 2026 par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières.

Lors de cette rencontre consacrée à la restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, un expert du ministère de la Défense aurait confirmé que des fonds étaient régulièrement décaissés pour la prise en charge des Wazalendo.

Des disparités dans le paiement des primes

Le député affirme toutefois avoir constaté des écarts importants dans la distribution de ces ressources, particulièrement au Sud-Kivu. Selon les informations recueillies lors de sa mission à Uvira, effectuée du 27 juin au 17 juillet 2026, certains Wazalendo auraient reçu, au cours de l’année, des primes de combat comprises entre 50 et 325 dollars, tandis que d’autres n’auraient encore rien perçu.

Cette situation, estime Claude Misare, soulève des interrogations sur les mécanismes de distribution et le suivi des fonds alloués par l’État.

Des représentants des Wazalendo disent ne pas recevoir les financements annoncés

Au cours de ses séances de redevabilité parlementaire organisées à Uvira, le député indique avoir expliqué à la population les efforts du gouvernement central en faveur de la restauration de la paix dans l’Est du pays.

Il affirme également avoir informé ses interlocuteurs de l’existence d’une enveloppe mensuelle de 4 millions de dollars destinée à la prise en charge des Wazalendo.

Selon son récit, des représentants des Wazalendo présents à l’une de ces rencontres auraient cependant déclaré ne pas recevoir régulièrement d’appui financier du ministère de la Défense nationale et Anciens combattants.

Six questions adressées au ministre de la Défense

Face à ces divergences, Claude Misare demande au Vice-premier ministre de fournir des précisions sur plusieurs points. Il veut notamment connaître le montant total des fonds décaissés par le Trésor public en faveur des Wazalendo de janvier 2025 à août 2026, dans la rubrique de la Réserve armée de la Défense.

Le député demande également des informations sur les modalités de répartition de ces fonds entre les Wazalendo du Sud-Kivu, ainsi que les pièces justificatives attestant des sommes effectivement remises aux bénéficiaires.

Uvira et les bénéficiaires des fonds dans le viseur

L’élu souhaite par ailleurs connaître le montant total déjà remis aux représentants des Wazalendo de la ville et du territoire d’Uvira. Il demande aussi au ministre d’identifier les différents acteurs politiques et leaders communautaires qui recevraient mensuellement des fonds au nom des Wazalendo.

Enfin, Claude Misare évoque la question des barrières payantes maintenues par certains Wazalendo dans le sud du Sud-Kivu. Selon les témoignages qu’il rapporte, ces prélèvements seraient liés à l’insuffisance de la prise en charge gouvernementale.

Il demande ainsi au ministère de la Défense de préciser les mesures envisagées pour répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des Wazalendo.

À travers cette question écrite, le député national entend obtenir davantage de transparence sur la gestion des ressources publiques consacrées à la prise en charge des résistants Wazalendo, dans un contexte où leur rôle dans la défense des territoires de l’Est demeure au cœur des enjeux sécuritaires nationaux.


RDC : MapBiomas présente une cartographie de 25 ans pour éclairer la gestion du territoire

Le réseau MapBiomas-RDC a présenté, mardi 18 août 2026 à Kinshasa, les résultats de sa première collection consacrée à la cartographie de l’occupation du sol et de l’utilisation des terres en République Démocratique du Congo. Organisé dans la commune de la Gombe, l’atelier a réuni près de 80 participants issus des institutions publiques, des organisations internationales, du monde académique, des ONG et de la société civile environnementale.

Au cœur de cette présentation, c'est une cartographie couvrant 25 années, de 2000 à 2025, et permettant de suivre de manière régulière les transformations du territoire congolais.

Le directeur de l’Observatoire satellital des forêts d’Afrique centrale (OSFAC) et coordinateur principal de MapBiomas-RDC, Landing Mane, explique que le principal résultat de ce travail est précisément la constitution d’une série temporelle permettant de comparer l’évolution de l’occupation et de l’utilisation des terres année après année.

« Le résultat principal, c’est la cartographie de l’occupation et de l’utilisation des terres en RDC. Cette cartographie couvre une longue période, de 2000 à 2025 ».

Forêts, agriculture, pâturages et forêts plantées

La première collection de MapBiomas-RDC comprend plusieurs classes d’occupation du sol. Elle permet notamment de localiser et de suivre les espaces forestiers, les zones agricoles, les pâturages ainsi que les forêts plantées.

« On voit les zones qui sont occupées par les forêts. On voit aussi les zones qui sont occupées par les pâturages, l’agriculture, mais aussi les forêts plantées. Toutes les classes d’occupation du sol sont là », a précisé Landing Mane. Les zones minières ne figurent toutefois pas dans cette première collection.

Ces différentes catégories offrent une lecture globale de la manière dont le territoire national est occupé et permettent d’observer les transformations intervenues au cours des 25 dernières années.

Une cartographie au service de la décision publique

Pour Landing Mane, l’intérêt de cette cartographie dépasse largement le cadre scientifique. Elle doit surtout fournir aux décideurs des informations fiables avant toute intervention sur le territoire.

« Avant de faire quelque chose, il faut savoir ce qu’il y a sur place. Il faut donc faire un état des lieux ». Les données peuvent ainsi être utilisées dans l’aménagement du territoire, la gestion des ressources naturelles, la protection des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique.

Elles peuvent également servir aux institutions chargées de l’attribution des concessions, de la planification des infrastructures ou encore de l’implantation des industries.

« Pour mieux gérer et avoir des décisions pertinentes, il faut avoir les bonnes informations. Cette carte d’occupation du sol permet de donner ces bonnes informations », insiste le coordinateur de MapBiomas-RDC.

Une nouveauté : suivre le territoire année après année

La RDC n’en est pas à sa première expérience en matière de cartographie. Plusieurs institutions publiques et spécialisées ont déjà produit des données sur le territoire national, notamment l’Institut géographique du Congo (IGC), le Centre national de télédétection et d’autres structures intervenant dans les domaines géographique, environnemental et géologique.

La particularité de MapBiomas-RDC réside donc moins dans le fait de cartographier le pays que dans la manière de le faire et dans la continuité des données produites.

Landing Mane souligne qu’auparavant, les cartes disponibles pouvaient correspondre à des années précises, laissant parfois des intervalles entre deux périodes de référence.

« Avant, on pouvait avoir une carte de 2010, une autre de 2015, et il y avait des gaps. Mais ici, on a un suivi régulier ».

Cette série temporelle permet ainsi de suivre l’évolution de l’occupation du sol sur une période de 25 ans et de mieux comprendre les dynamiques territoriales.

Ce qui est nouveau, c’est l’open access

Pour le conseiller scientifique de la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, de la recherche scientifique et de l'innovation, le professeur Aimé Lay-Ekuakile, l’autre grande innovation de MapBiomas réside dans l’accès libre aux données.

« Ce n’est pas la première fois que la RDC, ou une organisation, présente un tel travail aux scientifiques. Au niveau public, nous avons des institutions qui ont déjà cartographié la RDC ».

Selon lui, l’originalité réside dans le principe d’open access, qui permet aux chercheurs, institutions, étudiants, organisations de la société civile et autres utilisateurs d’accéder directement aux données produites.

« Ce qui est nouveau ici, c’est le fait que c’est quelque chose qui est ouvert, dans ce qu’on appelle open access. On peut télécharger le matériel à partir du site, moyennant le fait de pouvoir citer la source de ce matériel cartographique ».

Les données sont accessibles gratuitement à travers la plateforme MapBiomas et peuvent être réutilisées pour différents besoins, sous réserve de citer leur source.

Une initiative internationale déployée en RDC

Lancée en 2015 au Brésil, MapBiomas est une initiative collaborative réunissant des organisations non gouvernementales, des institutions de recherche et des entreprises technologiques.

Son objectif est de produire des séries temporelles cohérentes et scientifiquement rigoureuses sur l’occupation et l’utilisation des terres.

En 2025, la RDC a été identifiée comme pays prioritaire pour le déploiement de MapBiomas en Afrique. Plusieurs réunions en ligne et en présentiel ont ensuite permis de constituer le réseau MapBiomas-RDC et de former les différents acteurs à l’utilisation de sa méthodologie et de ses outils.

Des résultats jugés « extraordinaires et encourageants »

Au terme de cette première étape, les résultats présentés ont été jugés positivement par les experts. « Comme première année, avec seulement quelques mois de travail, nous considérons ces résultats comme extraordinaires et encourageants », a déclaré le professeur Aimé Lay-Ekuakile, précisant s’exprimer au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Pour les initiateurs, cette première collection constitue une base appelée à être améliorée et enrichie au fil des prochaines éditions.

Un outil pour anticiper l’avenir environnemental

La cartographie doit également contribuer à une meilleure compréhension de l’évolution du biome congolais et des espaces présentant des caractéristiques particulières pour la protection de l’environnement.

« Nous avons vu, de 2000 à 2025, l’évolution de la situation du biome congolais. Mais c’est aussi une manière de pouvoir décider pour le futur de notre pays ».

Pour les institutions publiques, disposer d’une telle série historique permet notamment de mieux apprécier les changements intervenus sur le territoire avant de définir de nouvelles orientations en matière d’aménagement, de développement ou de conservation.

Des données ouvertes pour la recherche et le développement

Pour MapBiomas-RDC, cette première collection constitue ainsi bien plus qu’un simple exercice de cartographie. Elle met à la disposition du pays une base de données susceptible d’être exploitée par les chercheurs, les universités, les institutions publiques, les ONG et les organisations de la société civile.

L’accès gratuit aux données vise également à faciliter leur appropriation par les acteurs congolais et à encourager de nouvelles recherches sur les transformations du territoire.

À travers cette cartographie couvrant la période 2000-2025, MapBiomas-RDC entend ainsi contribuer à une meilleure connaissance du territoire national et fournir aux décideurs des informations scientifiques nécessaires pour orienter les politiques d’aménagement, de développement, de protection de l’environnement et de gestion durable des ressources naturelles.


Kinshasa : un décès après 48 heures de diarrhée et vomissements signalé dans la zone de santé de Lemba

Un décès survenu après un épisode de diarrhée et de vomissements a été signalé dans la zone de santé de Lemba, à Kinshasa. Selon un rapport d’investigation de la Division provinciale de la santé, l’alerte a été enregistrée le 16 août 2026 dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

La victime, identifiée dans le rapport comme Lilango Eale Abbe, âgée de 35 ans, est décédée le 16 août 2026 après environ 48 heures de diarrhée et de vomissements. Son corps a été transféré à la morgue de l’Hôpital général de référence de Mont-Amba.

Les autorités sanitaires précisent toutefois qu’à ce stade, aucun diagnostic de choléra n’est confirmé. Un prélèvement post-mortem devait être réalisé afin de permettre les analyses biologiques nécessaires.

Un cas présentant un contexte particulier

D’après l’enquête sanitaire, la victime était arrivée à Kinshasa en provenance de la province de l’Équateur, à bord d’une embarcation fluviale. L’intéressée aurait accosté en dehors du port de Bende Bende, le 12 août 2026, avant de rejoindre sa famille vivant dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

Les premiers symptômes seraient apparus le 13 août 2026. La patiente avait alors été conduit au centre de santé Elikya-Croix-Rouge, où il avait reçu une prise en charge. Le rapport indique également qu’un traitement au métronidazole lui avait été administré à domicile avant son admission dans cette structure sanitaire.

L’enquête relève par ailleurs que les conditions d’approvisionnement en eau pendant le voyage fluvial n’ont pas pu être clairement établies. La famille d’accueil, pour sa part, s’approvisionnerait en eau auprès d’une pompe.

Douze contacts identifiés et surveillés

Dans le cadre de l’investigation, les équipes de la zone de santé ont identifié et listé 12 contacts autour du cas. Selon le rapport, aucun d’entre eux ne présentait, au moment de l’enquête, de symptômes de diarrhée ou de vomissements.

Les équipes sanitaires ont également recherché d’éventuels cas supplémentaires dans la communauté et consulté les registres des formations sanitaires susceptibles d’avoir accueilli des patients présentant des symptômes similaires. Les autres structures sanitaires de la zone ont été alertées afin de renforcer la surveillance.

Une suspicion de choléra à confirmer

La zone de santé de Lemba a déjà connu plusieurs épisodes de choléra par le passé, et l’aire de santé de Mbanza Lemba figure parmi les secteurs précédemment touchés.

Compte tenu des symptômes observés, de l’évolution rapide de la maladie et du contexte épidémiologique de la zone, les enquêteurs estiment qu’un tableau de choléra est possible. Toutefois, cette hypothèse reste à confirmer par les analyses de laboratoire. Le rapport fait donc état d’un cas suspect, et non d’un cas confirmé.

Renforcement des mesures d’hygiène et de surveillance

Face à cette alerte, l’équipe cadre de la zone de santé a activé plusieurs mesures de prévention et de contrôle des infections, notamment les dispositifs liés à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH).

Des actions de décontamination du ménage concerné, de surveillance active dans les établissements et dans la communauté, ainsi que de sensibilisation de la population sur les facteurs favorisant la transmission des maladies ont été engagées.

La protection du corps dans un sac mortuaire a également été mise en œuvre afin de limiter les risques de contamination.

Au niveau communautaire, les autorités sanitaires prévoient de renforcer la sensibilisation et la recherche active d’éventuels cas suspects.

Les résultats du laboratoire attendus

Dans les 24 heures suivant l’investigation, l’équipe cadre de la zone de santé prévoyait de procéder au prélèvement post-mortem et à l’analyse biologique de l’échantillon.

En attendant les résultats, le rapport recommande de ne pas toucher au corps et de maintenir les mesures de protection mises en place.

Cette alerte intervient dans un contexte national marqué par la résurgence de plusieurs maladies épidémiques, poussant les autorités sanitaires à renforcer la surveillance afin d’identifier rapidement les cas répondant aux définitions standard et d’intervenir sans délai.