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lundi 2 février 2026

Kongo Central : Une honte pour la falsification identitaire

 Par Yannick Kingengo 

A Kongo Central, une tendance pernicieuse s’impose : l’altération de l’identité des acteurs politiques critiques et de certaines voix dissonantes. Devenue arme de diversion, elle détourne l’attention des scandales de gouvernance et fragilise ceux qui incarnent compétence et intégrité. Elle ne résout rien, mais masque l’incapacité et l’incompétence des dirigeants, érigeant la médiocratie en stratégie.

L’incapacité mise à nu

Bilolo, diplômé en droit économique, incarne une contradiction flagrante. Son mutisme politique et sa communication défaillante révèlent une gouvernance sans souffle. Même ses lectures préparées sont entachées de fautes, ternissant l’image d’une province jadis prestigieuse. La falsification identitaire n’est qu’un écran de fumée pour dissimuler cette incapacité persistante.

L’incompétence confirmée

La gestion du gouverneur se traduit par un chaos financier : détournement présumé de 13 millions de dollars, chantiers à l’arrêt, endettement lourd, retards de paiement. Le réquisitoire du procureur près la Cour de cassation rappelle que l’impunité ne peut fonder la gouvernance publique.

Détruire les meilleurs

Pour discréditer les dignes fils de la province, Bilolo orchestre la falsification des identités, accusant ses contradicteurs de nationalités étrangères ou de collusion avec les rebelles. Une stratégie qui détourne l’attention des vrais enjeux et transforme les meilleurs en boucs émissaires.

Les principaux boucs émissaires   

 

* André Wameso : technocrate au parcours élogieux, fierté du Kongo Central.

* Floribert Mbatshi : icône vivante, actif politique et gestionnaire incontestable.

* Guy Bandu : manager éprouvé, initiateur des recettes pétrolières aujourd’hui accaparées par le clan Bilolo.

Halte à la médiocratie

L’intelligentsia du Kongo Central ne se laisse pas intimider par cette stratégie ignoble. Une dynamique vertueuse s’installe pour que l’avenir ne soit plus confié à la pègre. Le changement s’opère dans le calme, porté par la force tranquille d’un peuple déterminé. C’est l’expression du soft power.

Conclusion

Au Kongo Central, la falsification identitaire incarne une dérive inquiétante : la gouvernance par le mensonge. Elle repose sur une stratégie de bouc émissaire, où les dirigeants actuels cherchent à attribuer la responsabilité de leur fiasco à ceux qui incarnent compétence et intégrité, en général, et plus particulièrement au gouvernement sortant. Guy Bandu continue de hanter leurs nuits. L’heure de la vérité politique et judiciaire a sonné, et déjà se profile la renaissance d’une communauté entière. 

Durcissement de la législation congolaise pour mettre fin à l’anarchie dans le domaine foncier

En République Démocratique du Congo, la plupart des affaires qui sont devant les cours et tribunaux sont du domaine foncier. Des réseaux de spoliation ciblent des immeubles de l’Etat et des privés tant à Kinshasa qu’en provinces. L’Etat congolais a perdu des immeubles au profit de certains Congolais. Ces immeubles sont souvent à vils prix si pas acquis dans des conditions obscures.

Pour mettre fin à cette entreprise criminelle, le Procureur général près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe, Jean Placide Lusamba M’Bombola, a annoncé le 29 janvier 2026 la mise en place d’un Détachement spécial (DS) chargé de la répression des infractions dans le domaine foncier, conformément à la Décision n°0024 du 12 mai 2025.

Cette structure spécialisée a pour mission d’assurer, de manière rigoureuse et efficace, la poursuite et la répression des infractions foncières dans le ressort du Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe. Sa création intervient dans un contexte marqué par l’urgence de lutter contre la recrudescence des cas de spoliation des biens immobiliers, tant publics que privés, particulièrement observée dans les districts de Lukunga et de Funa.

Selon le Procureur général, seule une action judiciaire vigoureuse est susceptible de neutraliser les réseaux organisés impliqués dans ces pratiques, souvent constitués en bandes criminelles.

Outre les infractions foncières, le Détachement spécial est également chargé de lutter contre les crimes organisés, la corruption, la concussion, le détournement des deniers publics, les rémunérations illicites, la traite des personnes, le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme, ainsi que le trafic illicite de drogues et de stupéfiants, et toutes autres infractions connexes ou assimilées.

Dans l’exercice de leurs missions, les magistrats affectés au sein du DS bénéficieront de l’appui des inspecteurs judiciaires ainsi que des officiers de police judiciaire compétents dans le ressort.

Le Parquet général rappelle que l’action de la justice vise notamment la répression des infractions à la loi pénale, le rétablissement des droits violés et la réparation des préjudices subis, la restauration de la paix sociale et de l’ordre public, ainsi que l’instauration et le renforcement de l’État de droit.

À cette occasion, le Procureur général Jean Placide Lusamba M’Bombola invite la population de son ressort à se rapprocher de son office afin d’y déposer toute plainte relative aux détournements, aux spoliations, à la corruption, au blanchiment des capitaux et à toute autre infraction relevant de la compétence du Détachement spécial.

Coordination de la police judiciaire : l’extrait du casier judiciaire vendu 5 fois plus cher que son prix officiel

L’extrait de casier judiciaire s’obtient entre 100 et 150 dollars américains. Son prix officiel est de 20 dollars à la Direction de l’Intérieur de la Coordination de la police judiciaire. C’est ce qu’a dit à Top Congo Fm, le commissaire général adjoint en charge de la police judiciaire, le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi. C’était le 2 février 2026 au cours d’une parade organisée à son quartier général dans la commune de la Gombe.

Le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi

« Nous voudrions sensibiliser nos éléments de l'Intérieur et sensibiliser aussi la population. L'extrait de casier judiciaire ne coûte pas au-delà de 20 dollars américains. Nous n'aimerions pas que la délivrance de ce document très important pour les commun de mortel soit marchandé par les agents que nous avons ici à des prix exagérés. Nous allons nous assurer que les requérants puissent obtenir l'extrait de casier judiciaire à un prix normal recommandé par l'État congolaise ».

Le commandant de la Coordination de la police judiciaire a déclaré que « tous les éléments qui se hasarderont à taxer plus cher ce document tomberont sous l’infraction commise par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions.  C’est une concussion. Ils seront poursuivis en tant que des policiers mais nous allons ajouter le non-respect de consigne pour les déférer devant l'auditorat militaire ».

Mise en garde de délivrance de l’extrait de casier judiciaire au-delà du prix normal

Le commissaire général adjoint de la Police nationale congolaise (PNC) en charge de la police judiciaire, le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi, a mis en garde les cadres et agents de la Coordination de la police judiciaire sur le monnayage de l’extrait de casier judiciaire à un prix exorbitant et aussi parlé des actes de procédures que doivent manipuler les officiers de police judiciaire (OPJ) et les agents de la police judiciaire (APJ). C’était le 2 février 2026 devant le siège de ce service à Kinshasa-Gombe.

La police judiciaire n’est pas un corps à part de la PNC. Elle est régie par la Constitution de la République qui lui donne pour mission de protéger les personnes et leurs biens. Ses missions sont essentiellement judiciaires et répressives. Dans ce service, on trouve des OPJ et de APJ qui ont comme texte légal l'ordonnance du 23 juillet 1978 portant sur les attributions des OPJ et des APJ près des juridictions de droit commun. C'est un catéchisme pour tout le monde qui prétend fonctionner à la coordination de la police judiciaire, a déclaré le commissaire divisionnaire Balekupayi

 

Pour prétendre être OPJ, il faut d'abord connaître les documents de fonctionnement de ce service. Il s'agit de registre individuel d'OPJ. Chaque OPJ doit le détenir pour enregistrer tous les dossiers de son cabinet. Il y a le régime régional d'OPJ, un régime qui se trouve au secrétaire opérationnel et il remplace ce qu'on appelle au parquet RMP. Il y a un un registre de garde à vue qui est tenu à l'Amigo et enfin un registre d'objets saisis. Le registre général d'OPJ est un document où l'on met le numéro. C'est ce qui donne un caractère officiel à un dossier judiciaire. Quand un OPJ est saisi après avoir rédigé son procès-verbal d'information, son procès-verbal ou de dénonciation, il le transmet auprès de sa hiérarchie pour obtenir le visa nécessaire avant qu'un numéro soit attribué à ce dossier qui obtient un caractère officiel.

 

A l’arrivée du commissaire divisionnaire Balekupayi à la tête de la Coordination de la police judiciaire, il as constaté que les OPJ agissaient dans le domaine judiciaire comme des électrons libres.  Ils se permettaient de saisir des objets qu’ils gardaient dans dans leurs maisons ou dans les commissariats de la ville de Kinshasa et parfois des véhicules garés au sein de la Coordination de la police judiciaire dont les responsables n'avaient pas connaissance. Ce registre permet que tous les objets saisis soient connus de la Coordination. Les objets saisis sont orientés vers l'officier du ministère public.

Les documents à manipuler par les officiers de police judiciaire et les agents de police judiciaire 

Les documents que doivent manipuler les OPJ et les APJ sont entre autres le mandat de comparution  qui sert à interpeller une personne. Ce document est déposé à son domicile avec un accusé de réception. La copie est versée au dossier à l'instruction au Cabinet de l'OPJ puis il est envoyé au magistrat pour le classer dans son dossier.

Le mandat d'amener est manipulé et par les OPG par les APJ. Il consiste à prendre de force une personne qui n'a pas obéi au mandat de comparution. On l’amène devant l'officier de police judiciaire ou devant l'officier du ministère public. Quand un OPJ de compétence générale exécute un mandat d'amener et que la personne recherchée va se cacher dans une maison, cet OPJ n'a pas besoin d'un mandat de perquisition. Il pénètre de force dans cette maison pour chercher les indices de culpabilité et mettre la main sur le fugitif et l'amener devant l'officiel du ministère public ou par devant lui-même. Il y a le mandat de prise de corps qui est livré par l'officier du ministère public à l'issue d'une condamnation.  On prend l'individu et on le présente par devers l'officier du ministère public qui établit une réquisition après l'emprisonnement et on l'achemine en prison.

Le bulletin de service n’est pas un acte de procédure

Il n’est pas question pour un OPJ de donner un mandat de comparution au commun de mortel ou à un homme de la rue pour aller le notifier. Il n’est pas non plus question pour un OPJ de donner un mandat d'amener à un comparant d'aller arrêter un individu. Le commissaire général adjoint en charge de la Coordination de la police judiciaire a rappelé que le bulletin de service n'est pas un document de procédure pour les OPJ et les APJ. C'est un document administratif.

« Le bulletin de service n'est pas une pièce de procédure où les commandants des unités donnent des devoirs judiciaires. On trouve des éléments éparpillés à travers la ville de Kinshasa avec des bulletins de service qui leur donnent le droit d’entrer dans les dépôts pour contrôler les documents des sociétés, des entreprises et vérifier les cartes de travail et les cartes de séjour pour expatriés. Ce n'est pas notre mission. Les missions de la police judiciaire sont déterminées par une ordonnance ». 

 


Le parti politique de Moïse Katumbi exige la levée de toutes les condamnations à caractère politique avant le dialogue

Lors de son discours d’échange des voeux devant le corps constitué le 31 janvier 2026 à Kinshasa, le chef de l’Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé son intention d’organiser le dialogue national tant réclamé par les politiciens congolais surtout de l’opposition. Le Président de la République s’est montré favorable à l’organisation d’un « dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel ».

La réaction du parti politique de Moïse Katumbi

Depuis le lancement, le 15 janvier 2025, de l’initiative conjointe de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC, le principe d’un dialogue national inclusif s’impose comme une nécessité vitale pour restaurer l’unité nationale, rétablir la paix et mettre fin aux crises profondes qui minent la République Démocratique du Congo.

Le parti politique Ensemble pour la République réaffirme son attachement à un dialogue national sincère, inclusif et apaisé, seul à même de sortir notre pays de la crise. Ce dialogue ne peut être crédible que sous l’égide d’une médiation morale et neutre telle que préconisée par la CENCO et l’ECC, conformément à leur initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble. Toute démarche qui exclurait des acteurs essentiels de la nation serait vouée à l’échec.

Ensemble pour la République tient à rappeler qu’un dialogue national inclusif ne saurait être une concession du pouvoir ni une rencontre de convenance entre alliés politiques. On ne dialogue pas pour se conforter entre convaincus, mais pour affronter avec lucidité et courage les causes profondes de la crise politique, sécuritaire, sociale et morale qui gangrène le pays, et y apporter des réponses durables, partagées et crédibles. En conséquence, Ensemble pour la République rejette le simulacre de dialogue proposé par le Président Tshisekedi.

Ensemble pour la République exige, comme préalables indispensables à l’ouverture d’un dialogue crédible : la levée de toutes les condamnations à caractère politique ; la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion ; la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques ; la levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants ; la cessation de toute répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes. Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses : elles sont le socle minimal de la confiance sans laquelle aucun dialogue ne peut être sincère.

Ensemble pour la République dénonce les contradictions flagrantes du Président Tshisekedi, qui fragilisent la parole de l'État et nourrissent la défiance des citoyens. D'une part, il refuse tout dialogue politique avec l'opposition congolaise en dehors de Kinshasa, tout en négociant avec l’AFC/M23 à Doha, hors du territoire national ; d'autre part, il se pose en gardien de la Constitution alors même que ses partisans n’arrêtent pas de clamer ouvertement leur obsession à en organiser la modification. Or la Constitution est sans équivoque : le Président Félix-Antoine Tshisekedi exerce présentement son second et dernier mandat, qui s'achève en 2028.

Le pays n'a besoin ni de glissement, ni de tripatouillage constitutionnel, ni d'ambiguïtés institutionnelles. Tout dialogue qui servirait de prétexte à la prorogation du mandat en cours ou à la préparation d'un troisième mandat est, par avance, voué à l’échec.

Ensemble pour la République renouvelle son soutien indéfectible aux efforts constants de João Lourenço, Président de la République d’Angola, ainsi qu’à l’engagement de l’Union africaine, sous la conduite de la médiation du Président Faure Gnassingbé, en faveur d’une paix durable et d’une solution politique africaine aux crises qui endeuillent la région des Grands Lacs. 

dimanche 25 janvier 2026

Les Congolais de la diaspora lance une caravane de la paix, stabilité et justice en RDC

À l’initiative de la société civile de la diaspora congolaise des États-Unis d’Amérique, les Congolais vivant en France, en Belgique, en Hollande et aux Etats-Unis ont pris part, le vendredi 23 janvier 2026 à Washington DC, au lancement officiel, pour une durée de six mois, de la « Caravane de paix, stabilité et justice en République Démocratique du Congo ».

Autour de la Maison Blanche, cette mobilisation d’envergure a rassemblé des centaines de membres de la diaspora congolaise, unis autour d’un même plaidoyer : le retour d’une paix réelle et durable en RDC, l’instauration d’une justice effective en faveur des victimes des viols et violences basées sur le genre, ainsi que le respect scrupuleux de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, dans ses frontières héritées de l’après-conférence de Berlin.

Cette première activité a été sanctionnée par le dépôt officiel d’un mémorandum, fruit d’un large travail de mobilisation, ayant recueilli plus de 100.000 signatures de Congolais vivant à l’étranger. 

Se confiant à la presse, le Secrétaire général de la société civile de la diaspora congolaise des USA, Parfait Ngolo, a résumé la substance du document remis aux autorités américaines : « ce mémorandum exprime la voix collective des Congolais de la diaspora. Nous demandons à la communauté internationale, et particulièrement aux États-Unis, de s’impliquer davantage pour mettre fin à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, de soutenir les mécanismes de justice pour les victimes des violences sexuelles et de garantir le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de notre pays ».

Venu de la Belgique pour accompagner cette Caravane, Melissa Zalo, chargée des relations internationales du Collectif Diaspora Unie pour la Paix en RDC, a salué une initiative citoyenne forte et structurée : « Cette Caravane est un signal clair : la diaspora congolaise refuse l’indifférence. Pendant six mois, nous allons porter un message cohérent, constant et responsable auprès de l’opinion internationale, afin que la paix en RDC cesse d’être un slogan et devienne une réalité ».

Durant les six prochains mois, les initiateurs annoncent une campagne de communication soutenue sur le sol américain, visant à sensibiliser quotidiennement l’opinion publique, les décideurs politiques et les partenaires internationaux à la situation de la République Démocratique du Congo.

Cette démarche s’inscrit, selon les organisateurs, dans la continuité des efforts institutionnels impulsés depuis Kinshasa, siège des institutions de la République, sous l’autorité du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant du bon fonctionnement des institutions et de la défense des intérêts supérieurs de la Nation congolaise.

La Caravane de paix, stabilité et justice en RDC entend ainsi faire de la diaspora un acteur stratégique du plaidoyer international en faveur d’un Congo réconcilié, souverain et résolument tourné vers la paix.

 

Le Rwanda assume les actes terroristes commis par l'AFC/M23

L’Ambassadrice de la République du Rwanda aux États-Unis a déposé le 22 janvier 2026 devant la sous-commission pour l’Afrique du Congrès américain une déclaration écrite officielle. Dans ce document, elle reconnaît explicitement que le Rwanda entretient une relation sécuritaire avec l’AFC/M23, groupe armé non étatique opérant sur le territoire de la République Démocratique du Congo. Au-delà de sa portée politique immédiate, cette déclaration constitue un fait juridique majeur dont les implications relèvent pleinement du droit international public, analyse Me Prince Lukeka, Juriste Internationaliste.

Formulée par une autorité diplomatique habilitée dans l’exercice de ses fonctions, cette déclaration est juridiquement attribuable à l’État rwandais conformément aux articles 4 et 7 des articles de la Commission du droit international sur la responsabilité de l’État pour fait internationalement illicite de 2001. Elle engage l’État au regard du droit international et ne saurait être réduite à une opinion, à une posture politique ou à un exercice de communication circonstanciel.

La Cour internationale de Justice a reconnu de manière constante que des déclarations publiques, claires et précises, faites par des autorités compétentes, peuvent produire des effets juridiques internationaux indépendamment de leur forme. Dans les affaires des Essais nucléaires opposant l’Australie et la Nouvelle Zélande à la France en 1974, la Cour a établi qu’un engagement unilatéral exprimant une intention manifeste lie juridiquement l’État qui l’énonce. En affirmant expressément « state this clearly », la déclaration rwandaise satisfait à cette exigence de clarté et d’intention et revêt dès lors la qualification d’acte étatique juridiquement pertinent et opposable.

Cette reconnaissance appelle une qualification au regard des principes fondamentaux du droit international, au premier rang desquels figurent la souveraineté des États, la non-intervention et le non-recours à la force consacrés par l’article 2, paragraphes 3 et 4, de la Charte des Nations Unies. Le droit international prohibe toute intervention directe ou indirecte d’un État dans les affaires relevant de la compétence d’un autre État, notamment lorsque cet État organise, dirige ou exerce un contrôle sur les agissements d’un groupe armé non étatique opérant sur le territoire de celui-ci au sens de l’article 8 des articles de la Commission du droit international sur la responsabilité de l’État pour fait internationalité illicite, ou lorsqu’il apporte une aide ou une assistance à de tels agissements en connaissance des circonstances au sens de l’article 16 desdits Articles.

La Cour internationale de Justice a précisé la portée de ces principes dans l’affaire des activités militaires et paramilitaires au Nicaragua opposant le Nicaragua aux États-Unis en 1986, en jugeant que l’organisation, l’assistance, l’entraînement, l’équipement ou l’appui logistique à des forces armées irrégulières opérant sur le territoire d’un autre État constituent des formes d’intervention engageant la responsabilité internationale de l’État concerné. Cette jurisprudence a été confirmée et approfondie dans l’affaire des activités armées sur le territoire du Congo opposant la République Démocratique du Congo à l’Ouganda en 2005, où la Cour a qualifié de violations du droit international le soutien militaire et opérationnel apporté à des groupes armés actifs sur le territoire congolais.

En reconnaissant l’existence d’une relation fonctionnelle avec l’AFC/M23, groupe armé engagé dans un conflit armé sur le territoire de la République Démocratique du Congo, la déclaration rwandaise décrit une situation qui, au regard de la jurisprudence constante de la Cour internationale de Justice, relève objectivement d’une forme d’intervention indirecte. Cette qualification découle des faits reconnus eux-mêmes indépendamment des justifications politiques ou sécuritaires invoquées.

Le Rwanda fonde cette posture sur des considérations liées à la menace des FDLR. Or, le droit international encadre strictement le recours à la légitime défense. Conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies tel qu’interprété par la Cour internationale de Justice dans les affaires Nicaragua de 1986 et Plateformes pétrolières opposant l’Iran aux États-Unis en 2003, la légitime défense suppose une attaque armée imputable à un État, une nécessité immédiate et une réponse strictement proportionnée. L’organisation, le contrôle ou l’assistance à des groupes armés non étatiques opérant sur le territoire d’un État tiers ne constituent pas un mode d’exercice reconnu de la légitime défense en droit international positif.

La déclaration rwandaise fait également état d’un mécanisme de « drawdown » progressif de cette relation. En droit international, l’engagement public d’un État à réduire, suspendre ou mettre fin à une pratique présuppose nécessairement l’existence actuelle ou passée de cette pratique. À défaut, un tel engagement serait juridiquement dépourvu d’objet. Cette analyse s’inscrit dans une jurisprudence constante fondée sur les principes de bonne foi, de cohérence des comportements étatiques et d’estoppel, tels que consacrés notamment dans les affaires des Essais nucléaires de 1974, du Statut juridique du Groenland oriental rendu par la Cour permanente de Justice internationale en 1933, et du Temple de Préah Vihéar en 1962.

Ces principes trouvent leur fondement normatif dans les articles de la Commission du droit international sur la responsabilité de l’État, notamment les articles 12, 30 et 31, dont il ressort que l’existence d’un fait internationalement illicite s’apprécie au moment où le comportement se produit et que la cessation ou la réduction ultérieure de ce comportement n’en efface ni l’existence ni les conséquences juridiques.

Pour la République Démocratique du Congo, cette déclaration modifie profondément le cadre du débat international. Il ne s’agit plus d’allégations unilatérales ou de récits concurrents, mais d’un fait reconnu par le Rwanda lui-même, consigné dans un document officiel et formulé devant une institution parlementaire étrangère. En droit international, le débat se situe désormais sur le terrain de la qualification juridique et des conséquences qui en découlent.

Ce basculement appelle une exploitation juridique, politique et stratégique pleinement assumée, intégrée dans une communication stratégique fondée sur le droit international. Il marque le dépassement du stade de la simple clarification des faits et situe désormais l’enjeu au niveau de l’effectivité de responsabilités établies, entendue comme la prise en compte et la mise en œuvre de leurs conséquences juridiques, politiques et diplomatiques, dans une logique de redevabilité, de prévention des violations futures et de stabilisation durable.

Cet enjeu s’inscrit, en premier lieu, dans un cadre constant et inchangé qui structure de manière continue la position de la République Démocratique du Congo. Il concerne la défense effective de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, ainsi que le règlement du conflit dans le strict respect des principes consacrés par la Charte des Nations Unies, qui demeurent le socle normatif et politique de toute démarche de paix durable.

Dans ce cadre, et sans en altérer la nature, la déclaration rwandaise introduit des éléments nouveaux susceptibles d’éclairer et de nourrir des perspectives plus spécifiques. Ces éléments peuvent être mobilisés, dans le respect des cadres juridictionnels et diplomatiques existants, afin de renforcer les exigences de redevabilité à l’égard des auteurs des crimes et des acteurs de l’instabilité, et d’orienter des réponses à la hauteur des souffrances du peuple congolais, fondées non seulement sur la reconnaissance des faits, mais sur le droit, la responsabilité et la prévention.

C’est à cette condition, celle d’une articulation claire et cohérente entre aveu étatique, qualification juridique, communication stratégique et action diplomatique, que l’approche fondée sur les narratifs peut progressivement céder la place à une dynamique de responsabilité, de stabilité régionale et de paix durable dans la région des Grands Lacs.

dimanche 21 décembre 2025

La flotte de la société Air Congo sera enrichie d’un aéronef dès le mois de mars 2026 et en janvier 2026 l'ouverture d'une ligne vers Johannesburg

Devant le Vice-premier ministre et ministre des Transports, de l’ambassadeur Éthiopie en Rdc, des membres du comité de gestion, la société aérienne Air Congo SA a célébré son premier anniversaire le 19 décembre 2025 à Kinshasa. Jean-Pierre Bemba Gombo a annoncé l’acquisition d’un avion au mois de mars 2026. Dès le mois de janvier 2026, Air Congo envisage l'ouverture de la voie régionale entre Kinshasa et Johannesburg.

Le Vice-premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo a déclaré que l'amélioration des infrastructures des transports demeure l'un des piliers essentiels de la politique nationale. Le développement des infrastructures représente non seulement des instruments de mobilité pour les Congolais et pour leurs biens mais également un levier de croissance économique, d'intégration et de cohésion nationale. C'est à travers des routes, des voies ferrées, des ports et des aéroports modernes que se construit l'unité d'un grand pays comme la RDC et que se matérialise l’ambition d'un Congo émergent, prospère et solidaire.

Dans cette vision, il a plu au chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, de ressusciter un projet cher à la République initié depuis 2022 et confié au ministère des Transports qu'il a porté jusqu'à sa matérialisation selon la volonté de la Haute Autorité du pays la naissance de la deuxième compagnie aérienne nationale dénommé Air Congo SA.

Cette compagnie est née grâce à un partenariat stratégique évident entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le groupe Ethiopian Airlines. « Les voici tous ici heureux et fiers de ce nouveau-né que nous célébrons gracieusement sa première année dans un environnement d'exploitation aérienne ou la concurrence est rude. Son premier vol a été lancé par le président de la République au début du mois décembre 2024.

Jour pour jour aujourd'hui, la flotte de départ est constituée de deux aéronefs de type 737-800 Boeing immatriculés congolais. Le nouveau-né performe son exploitation domestique passant de 7 à 11 escales. Dès janvier 2026, il envisage l'ouverture de la voie régionale Kinshasa et Johannesburg. Le nouveau-né assure un transport aérien sûr, efficace, sécurisé dans les conditions de confort acceptable qui le hisse en une année au rang de la compagnie aérienne la plus ponctuelle. Son plan d'expansion est ambitieux et déjà en janvier 2026 l'ouverture de la ligne précitée mais aussi la croissance de sa flotte avec l'acquisition de deux nouvelles unités d'aéronefs turbos propulseurs, cour courrier de type ATR 72-600, pour soutenir le programme de désenclavement par voie aérienne à l'arrière-pays. Le taux de remplissage actuel de ses vols avoisine 70 ℅. Au chapitre international et régional, trois destinations dont la Belgique, la France et Dubaï aux Émirats Arabes Unis s'ajoutent à 14 lignes africaines majeures, Johannesburg y compris.

Cette croissance traduit concrètement l’engagement de la RDC à moderniser le pays, à désenclaver ses provinces et à rapprocher les Congolais des uns des autres par la voie aérienne, moyen le plus rapide dans un contexte d'infrastructures et de communications de surface encore inadapté aux dimensions sous-continentales de la RDC. « Nous attendons d'ici le mois de mars 2026, un nouveau 737 Boeing également pour renforcer les lignes ».

Renforcement de la connectivité aérienne au-delà de la RDC

Le directeur général d’Air Congo, Mesfin Biru, a indiqué qu’il est fier de contribuer à la vision nationale en offrant des services aériens sûrs, fiables et compétitifs qui permettent aux citoyens congolais de prospérer et favoriser le développement à travers le continent africain. Le parcours jusqu'ici a été à la fois exigeant et gratifiant en seulement un an, Air Congo a pénétré les marchés avec confiance et a démontré la force de la synergie entre les deux partenaires.

« Nos plans d'expansion sont ambitieux et passionnants. Dès 2026, nous visons à connecter la RDC à plusieurs destinations nationales et à étendre notre réseau vers l'Afrique du Sud, le Cameroun et le Bénin suivi par l'Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Gabon, la Zambie, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Sénégal et bien plus encore, étape par étape saison par saison. Ce n'est que le début d'un long et prometteur voyage, de transfert des connaissances, des professionnels expérimentés vers la jeunesse qui reste vitale à notre stratégie de congolisation et qui vise à autonomiser les nationaux congolais pour qu'ils dirigent et prospèrent dans l'aviation et au-delà encore ». 

 En un an, Air Congo est devenu un symbole fort et une promesse tenue

Pour la présidente du conseil d’administration, Marie-Madeleine Tujibikile, c’est un signal clair envoyé à la Nation congolaise et au monde. La République Démocratique du Congo est capable de rebâtir avec méthode et ambition, une aviation civile moderne crédible et tournée vers l'excellence. En une année, Air Congo SA a posé des bases solides, des opérations structurées, une gouvernance responsable, une vision claire de croissance progressive et maîtrisée. Ces avancées n'auraient cependant pas été possibles sans les partenaires solides, sincères et stratégiques.

Ethiopian Airlines Group a contribué de manière décisive au démarrage opérationnel d'Air Congo Sa en partageant son savoir-faire, sa culture de la sécurité et sa vision panafricaine de l'aviation. Elle a salué un partenariat gagnant-gagnant fondé sur le respect mutuel de transfert des compétences et la conviction profonde que l'Afrique peut et doit compter sur des champions africains. Le conseil d'administration reste pleinement engagé pour garantir une gouvernance exemplaire, préserver les intérêts des actionnaires, renforcer la crédibilité de la compagnie et inscrire Air Congo dans la durée.

« En ce jour symbolique, je tiens à remercier l'ensemble des équipes, la direction générale, les partenaires ainsi que toutes celles et ceux qui dans l'ombre comme dans la lumière travaillent chaque jour pour faire voler haut le drapeau de la République Démocratique du Congo. Que ce premier anniversaire soit le point de départ d'une longue histoire de succès, d'excellence et de rayonnement régional et continental ».