APO

lundi 27 avril 2026

Contentieux électoral au Sankuru : la défense de Jules Lodi plaide pour la confirmation du scrutin en l’absence de la partie adverse

Une audience marquée par le retrait de la partie requérante le 27 avril 2026 devant la Cour d’Appel du Sankuru qui a examiné le contentieux relatif à l’élection du gouverneur. La défense de Jules Lodi a plaidé pour la confirmation des résultats, tandis que la partie requérante, qui sollicitait l’annulation du scrutin, s’est retirée de la barre.

Selon Me Dieudonné Ewanga, avocat du gouverneur élu, ce retrait traduit un défaut manifeste d’intérêt à poursuivre la procédure. « La partie requérante s’est désistée de fait. Nous avons, pour notre part, suivi la procédure normale et l’affaire a été prise en délibéré », a-t-il déclaré.

La défense affirme ne pas avoir été surprise par la récusation de deux juges, une information déjà relayée sur les réseaux sociaux avant l’audience. Toutefois, elle estime cette démarche juridiquement infondée. Au Sankuru, la Cour d’Appel ne compte que quatre juges. Selon Me Ewanga, récuser deux magistrats revient à paralyser le fonctionnement de la juridiction. De plus, la procédure de récusation n’aurait pas été régulièrement signifiée aux juges concernés, rendant la requête irrecevable.

La Cour a ainsi décidé de poursuivre l’examen du dossier, invitant les parties à présenter leurs moyens.

La question de la qualité pour agir de Justin Omokala

Un autre point central du débat concerne la qualité de Justin Omokala à contester les résultats. La défense soutient qu’il ne pouvait introduire ce recours, n’ayant pas été régulièrement candidat. Elle s’appuie sur une décision antérieure de la Cour d’Appel, confirmée en appel, qui avait déclaré Omokala non éligible faute de dépôt des documents requis par la loi électorale. Cette décision étant devenue irrévocable, il ne pouvait, selon la défense, contester une élection à laquelle il n’avait pas valablement pris part.

La régularité des députés provinciaux mis en cause 

La requête évoquait également l’irrégularité de trois députés ayant participé au vote. La défense a rejeté ces arguments. Concernant Jean-Pierre Djongandeke, bien que nommé magistrat, il n’a jamais exercé ses fonctions et a été mis en disponibilité, lui permettant de conserver son mandat de député.

S’agissant de Richard Loleha, ancien ministre provincial, sa démission et sa réintégration à l’Assemblée provinciale sont jugées conformes aux textes en vigueur, notamment au règlement intérieur de l’organe délibérant.

La défense a également démontré que même en retirant les voix des trois députés contestés, l’issue du scrutin resterait inchangée. Sur 25 députés, 24 ont pris part au vote. Jules Lodi a obtenu 15 voix contre 10 pour son principal adversaire. En retranchant trois voix litigieuses, il conserverait 12 voix sur 22 votants, soit toujours la majorité absolue requise.

Selon les avocats, d’éventuelles irrégularités individuelles ne peuvent entraîner l’annulation totale du scrutin, mais seulement l’invalidation des votes concernés. 

Des manœuvres dilatoires dénoncées

Pour la défense, les démarches entreprises par la partie Omokala relèvent de manœuvres dilatoires visant à retarder l’investiture du gouverneur et de son vice-gouverneur. Elle souligne que la procédure électorale exige célérité, notamment en raison des délais fixés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour la proclamation définitive des résultats.

Estimant avoir apporté toutes les clarifications nécessaires, les avocats de Jules Lodi attendent désormais la décision de la Cour d’Appel du Sankuru, qui devra se prononcer dans les délais légaux. L’enjeu reste la confirmation ou non de l’élection du gouverneur et de son vice-gouverneur, dans un dossier où la question de la qualité pour agir du requérant demeure centrale.

Contentieux électoral au Sankuru : le camp Omokala justifie son retrait et maintient sa demande d’annulation du scrutin

Devant la Cour d’appel du Sankuru, le 27 avril 2026, Me Émile Vital Okoko, conseil des requérants Justin Omokala et Mambolo, a défendu les raisons de leur recours contre l’élection du gouverneur Jules Lodi. Selon lui, même lorsqu’un scrutin semble s’être déroulé dans des conditions régulières, la loi autorise tout candidat à le contester en cas de doute sérieux.

« En matière électorale, la fraude corrompt tout. Lorsqu’il existe des indices, notamment des votes irréguliers, la justice doit être saisie », a-t-il expliqué.

La requête s’appuie principalement sur la participation jugée irrégulière de trois électeurs. Parmi eux figure Richard Loleha, ancien ministre provincial des Mines et Hydrocarbures. Bien qu’il ait présenté sa démission avant le scrutin, celle-ci n’aurait pas été entérinée par l’autorité compétente, ce qui remettrait en cause sa qualité d’électeur.

Autre cas soulevé est celui de Jean-Pierre Djungandeke, magistrat de son état, accusé de cumul de fonctions incompatibles avec le mandat de député provincial et la participation à un vote électoral. Pour la défense des requérants, ces irrégularités suffisent à entacher la crédibilité du scrutin.

Une récusation motivée par un doute sur l’impartialité

Le camp Omokala affirme également avoir introduit une requête en récusation visant un juge de la Cour d’appel. Me Okoko évoque une « crise de confiance » liée à des relations supposées entre un membre du camp adverse et un magistrat. « La loi permet la récusation lorsqu’il existe un doute légitime sur l’impartialité d’un juge », a-t-il rappelé, en référence aux dispositions légales en vigueur.

C’est la gestion de cette récusation qui a conduit les requérants à se retirer de l’audience. Selon leur avocat, le juge concerné aurait participé à l’examen de sa propre récusation, une situation jugée contraire aux principes fondamentaux du droit. « Les conditions d’un procès équitable n’étaient plus réunies », a-t-il affirmé.

Le retrait de la partie requérante se veut donc un acte de protestation, tout en laissant la porte ouverte à d’autres recours.

Aucune implication dans les perturbations de l’audience

Interrogé sur les incidents signalés lors de l’audience, Me Okoko a rejeté toute responsabilité de son camp. Il explique la forte affluence par l’intérêt suscité par cette affaire auprès de la population du Sankuru, soulignant le caractère public des audiences judiciaires.

Menace de nouvelles poursuites contre les magistrats 

Face à l’évolution du dossier, les requérants n’excluent pas d’autres actions judiciaires.

Si la Cour validait l’élection du gouverneur, leur avocat évoque la possibilité d’une procédure de « prise à partie » contre le magistrat contesté. Cette démarche viserait à engager sa responsabilité pour avoir statué dans une affaire où son impartialité était mise en cause.

« Nous avons le sentiment que l’issue était déjà orientée, mais nous utiliserons toutes les voies de droit possibles », a-t-il averti.

Pour l’heure, le camp Omokala dit attendre que la justice se prononce dans le respect des règles. Il espère encore un revirement, notamment lors du délibéré, avec un éventuel retrait des juges contestés.

Dans ce dossier sensible, la décision de la Cour d’Appel du Sankuru sera déterminante pour la suite du processus électoral et l’investiture du gouverneur élu.


samedi 25 avril 2026

Kinshasa encadre les “Wewa” : nouvelles règles face aux dérives du transport à moto

Le secteur de transport en moto est en plein essor dans la ville de Kinshasa mais également à risque. Un député provincial propose un Edit portant des restrictions strictes pour les conducteurs et passagers. Il propose la sécurité routière et au renforcement des sanctions pour que cette catégorie des transporteurs respecte le Code de la route.

Les autorités provinciales devraient durcir le ton face aux dérives observées dans le transport à moto, communément appelé “Wewa”. Un nouvel édit, porté par le député provincial Nicolas Wemakoy, fixe désormais des règles strictes pour encadrer cette activité devenue incontournable dans la capitale congolaise.

Un secteur en plein essor mais à risque

Très prisé pour sa rapidité et son accessibilité, le transport à moto s’est imposé comme une solution face aux embouteillages chroniques dans la ville de Kinshasa. Cependant, il est aussi pointé du doigt pour ses nombreux abus, notamment le non-respect du Code de la route, la surcharge de passagers, la conduite dangereuse, voire l’implication dans des actes criminels tels que vols à l’arraché ou facilitation de fuite après des braquages.

Les accidents impliquant des motos-taxis sont également fréquents, souvent liés à l’excès de vitesse, à l’absence d’équipements de protection ou à la conduite sous l’influence de l’alcool.

Le nouvel encadrement interdit désormais le transport de certaines catégories de personnes, notamment les femmes enceintes à terme, les enfants de moins de 12 ans non accompagnés et les personnes en état d’ivresse sans assistance.

Par ailleurs, l’activité de conducteur de “Wewa” est interdite aux militaires, policiers, fonctionnaires, mineurs et étrangers, dans le but de mieux réguler le secteur et d’identifier clairement les opérateurs autorisés. 

Sécurité routière et sanctions renforcées

Les conducteurs devront se conformer strictement aux règles de circulation entre autres au respect du Code de la route, à la limitation de vitesse, à l’interdiction de conduire sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, et au respect du nombre de passagers autorisé.

Parmi les obligations figurent également la détention de documents en règle (permis de conduire, assurance, contrôle technique, autorisation de transport) ainsi que le port obligatoire du casque et d’un gilet d’identification. Chaque moto devra disposer de deux casques, un pour le conducteur et un pour le passager.

En cas d’infraction, les sanctions prévues vont de 20.000 à 1.000.000 de francs congolais, avec des peines de prison pouvant aller jusqu’à 30 jours. Des sanctions plus lourdes sont prévues en cas de récidive.

Ce nouvel édit entrera en vigueur 90 jours après sa promulgation par le gouverneur de la ville de Kinshasa, laissant ainsi un délai d’adaptation aux conducteurs. Les autorités espèrent pouvoir, à travers ces mesures, réduire l’insécurité routière et assainir un secteur vital mais longtemps resté peu réglementé.

 


vendredi 24 avril 2026

De Bukavu à Kinshasa : le long périple d’un voyageur congolais

Depuis l’occupation de plusieurs villes de l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment Bukavu et Goma, se déplacer vers d’autres régions du pays relève désormais du parcours du combattant.

Pour rejoindre Bujumbura, depuis Bukavu, les voyageurs sont contraints de passer par Kigali, puis par la Tanzanie, avant de redescendre vers Uvira. Un itinéraire long, coûteux et éprouvant.

Même constat pour ceux qui veulent atteindre Bunia : ils doivent transiter par Kigali, l’Ouganda et le lac Albert. Des détours imposés qui rallongent considérablement les délais de voyage.

Des obstacles administratifs supplémentaires

Au-delà de la distance, les difficultés administratives compliquent davantage les déplacements. Les documents délivrés dans les zones sous contrôle du M23 ne sont pas reconnus ailleurs. Résultat, les voyageurs doivent souvent se procurer de nouveaux documents à chaque étape. Une situation qui fait des Congolais vivant dans ces zones des victimes à plusieurs niveaux.

Un voyage éprouvant vers Kinshasa

C’est dans ce contexte que Justin Murhula, habitant de Bukavu, raconte son expérience personnelle. En novembre 2025, il entreprend de rejoindre Kinshasa pour une affaire privée. Son itinéraire le conduit de Kigali à Kinshasa, avec escale à Addis-Abeba. Après six heures de route entre Kamembe et Kigali, puis un trajet en moto jusqu’à l’aéroport, il embarque pour son vol. Mais à Addis-Abeba, un retard de dix minutes lui fait manquer sa correspondance. Il passera la nuit sur place, prise en charge par la compagnie aérienne, avant de reprendre l’avion le lendemain. Il atterrit finalement à Kinshasa, épuisé par ce voyage à rallonge.

Entre formalités et soulagement

À son arrivée à l’aéroport de N'djili, Justin passe par la Direction générale de migration. Avec d’autres compatriotes venus de Bukavu et Goma, il répond aux questions d’usage avant de récupérer ses documents. Une phrase prononcée par un agent le marque profondément : « Bon séjour chez vous à Kinshasa ». Un moment chargé d’émotion, symbole d’appartenance à un même pays malgré les divisions.

Dans la zone de récupération des bagages, Justin découvre une ambiance bruyante et animée. Entre les porteurs qui sollicitent les passagers et le vacarme des installations, il décrit une véritable effervescence.

Un ami lui lance alors : « C’est ça Kinshasa ! » Une immersion immédiate dans l’intensité de la capitale congolaise.

Durant son séjour de 23 jours, Justin affirme n’avoir subi aucune stigmatisation liée à sa langue. Avec ses amis, il s’exprime librement en Swahili, sans crainte. Mieux encore, une habitante de Kinshasa lui demande de lui apprendre cette langue, témoignant de son intérêt pour l’Est du pays et ses richesses. Pour lui, Kinshasa reste une ville d’accueil : « Kinshasa, c’est chez nous ».

Justin met en garde contre les généralisations et les discours de division. Selon lui, les tensions ne doivent pas faire oublier l’essentiel : l’unité nationale.

Il rappelle que le conflit à l’Est reste une tragédie pour les populations locales, bouleversant profondément leur quotidien.

Un trajet qui prenait autrefois deux heures entre Goma et Kinshasa peut désormais dépasser quatre jours.

Une réalité marquée par la guerre

Ce témoignage illustre les conséquences concrètes du conflit dans l’Est de la RDC : mobilité entravée, coûts élevés et souffrances humaines. Un rappel poignant que, derrière les chiffres et les analyses, il y a des vies bouleversées.


Affaire Steeve Mbuyi : entre dénonciation d’irrégularités judiciaires, litige locatif et climat d’intimidation

Le journaliste Steeve Mbuyi de la chaîne de radio et télévision B-One a été entendu, mercredi 22 avril 2026, à l’auditorat général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), où il s’est présenté sur invitation des autorités judiciaires militaires. Cette audition visait à confirmer sa dénonciation contre certains magistrats militaires, dans une procédure qu’il juge entachée de nombreuses irrégularités.

À l’origine de cette affaire, son arrestation et sa détention durant 48 heures à l’auditorat militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, alors même qu’il affirme ne pas être militaire. Selon lui, cette procédure a été initiée à la suite d’une plainte déposée par sa bailleresse.

Des accusations d’irrégularités et de traitements inhumains

Devant l’auditorat général, Steeve Mbuyi a dénoncé un traitement qu’il qualifie d’illégal, inapproprié et inhumain. Il évoque de multiples violations des procédures judiciaires, tant dans son arrestation que dans la gestion de son dossier.

Le journaliste affirme vouloir, au-delà de son cas personnel, attirer l’attention sur les dysfonctionnements du système judiciaire congolais. Il rappelle que si certains acteurs judiciaires respectent les normes, d’autres, selon lui, s’en écartent, au détriment des justiciables ordinaires.

Un litige locatif à l’origine du conflit

Parallèlement, une procédure est en cours au Parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, où Steeve Mbuyi a porté plainte contre sa bailleresse et ses enfants pour coups et blessures.

Le différend serait né d’un désaccord autour d’une facture d’eau jugée anormalement élevée. La parcelle concernée n’étant pas enregistrée auprès de la REGIDESO, le journaliste affirme que sa facture aurait doublé en l’espace de trois mois. Après avoir exigé des explications et une facture formelle, il dit avoir été agressé par les fils de la propriétaire, avec la complicité de cette dernière.

Interpellés par la police, les présumés agresseurs ont été relâchés peu après. De son côté, la REGIDESO a ouvert une enquête et effectué une descente sur le site pour vérifier la situation.

Accusations croisées et intervention de la justice militaire

En réaction, la bailleresse et ses enfants ont saisi l’auditorat militaire de Kinshasa-Ngaliema, accusant le journaliste d’avoir sollicité des « kuluna » pour les attaquer. Une accusation que Steeve Mbuyi rejette catégoriquement, affirmant n’avoir fait appel à aucun groupe de bandits.

Cette démarche a conduit à son interpellation et à sa détention temporaire, épisode qu’il conteste aujourd’hui devant les instances compétentes. 

Menaces et inquiétudes pour sa sécurité 

Depuis qu’il a engagé des poursuites contre les magistrats militaires et sa bailleresse, le journaliste affirme être la cible d’intimidations et de menaces téléphoniques provenant d’inconnus.

Craignant pour sa sécurité, Steeve Mbuyi indique avoir quitté son domicile, bien que son contrat de bail soit toujours en cours de validité.

Une affaire révélatrice de tensions autour de la justice

Alors que les différentes procédures suivent leur cours, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour du fonctionnement de la justice en République démocratique du Congo. Entre accusations d’abus, conflits privés et insécurité personnelle, le dossier Steeve Mbuyi soulève des questions plus larges sur la protection des citoyens et le respect des procédures judiciaires.


Tribu Tetela : entre identité culturelle et symbolique des noms commençant par “O”, selon Bonheur Onema

Au cœur de la République Démocratique du Congo, la tribu Tetela, originaire notamment de la région du Sankuru, se distingue par une richesse culturelle et linguistique particulière. Parmi les traits identitaires les plus marquants figure la structure des noms propres, qui, selon certaines interprétations, portent un sens profond lié à l’histoire et à la mission du peuple Tetela.

Bonheur Onema et la signification des noms en “O”

Dans une explication détaillée, Bonheur Onema Emavonga, de communicologue de formation de l'Université de Lodja, met en lumière une spécificité souvent observée chez les Tetela : la majorité de leurs noms commencent par la lettre “O”. Selon lui, cette caractéristique n’est pas anodine, mais renvoie à une identité originelle qu’il désigne comme “O-Tetela”.

D’après son interprétation, le préfixe “O” est une abréviation porteuse de sens. Il évoque “O-tcho”, signifiant “aller” ou “va”, tandis que la lettre “T” renvoie à “T-Totshungole”, traduit par “libérer”. L’ensemble formerait une expression symbolique : “aller libérer les souffrants”, notamment dans des contextes de guerre ou de souffrance. Ainsi, pour Bonheur Onema, le peuple Tetela serait historiquement et spirituellement perçu comme un peuple libérateur.

Une lecture historique liée à Patrice Lumumba

Pour illustrer cette idée, Bonheur Onema fait référence à Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise et lui-même originaire du peuple Tetela. Selon cette lecture, Lumumba incarne cette mission de libération, ayant joué un rôle clé dans l’accession de la RDC à l’indépendance en 1960.

Il souligne également que, même lorsque les noms ne commencent pas explicitement par “O”, cette lettre serait parfois présente à l’intérieur du nom, comme une marque identitaire persistante.

Entre tradition orale et réalités administratives

Bonheur Onema évoque aussi les transformations des noms au fil du temps, notamment sous des systèmes administratifs ou de l’évolution linguistique. Certains noms auraient été modifiés dans leur écriture ou leur prononciation, notamment par l’usage du “U” en français Lutundula Pena Apala Pene, qui correspondrait phonétiquement au “O” dans la langue Tetela.

Malgré ces adaptations, il insiste sur l’importance de préserver l’authenticité des noms traditionnels, considérés comme un héritage culturel essentiel. Pour lui, ces noms ne sont pas de simples identifiants, mais des porteurs d’histoire, de mission et d’identité collective.

Une interprétation à nuancer

Il convient toutefois de préciser que ces explications relèvent d’une interprétation personnelle et culturelle, ancrée dans la tradition orale. Les linguistes et historiens peuvent proposer d’autres analyses sur l’origine des noms Tetela. Néanmoins, ce type de discours contribue à valoriser une identité culturelle forte et à susciter un intérêt pour les racines et les significations profondes des noms africains.

À travers les propos de Bonheur Onema, les noms Tetela apparaissent comme bien plus que de simples appellations. Ils incarnent une mémoire, une mission et une vision du monde. Qu’elle soit symbolique ou historique, cette lecture renforce le sentiment d’appartenance et met en lumière la richesse des traditions congolaises.


Menuiserie : un champion africain dénonce le non-respect de ses droits

Sacré meilleur menuisier d’Afrique en 2022, le Congolais Daniel Tshimanga Mpoyi accuse les organisateurs nationaux de l’avoir écarté des compétitions mondiales, malgré son parcours exemplaire et sa qualification obtenue sur le terrain.

Originaire de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, Daniel Tshimanga Mpoyi s’est imposé en 2022 comme le meilleur menuisier du continent lors de la compétition WorldSkills Africa organisée à Swakopmund, en Namibie.

Son œuvre, une porte en bois décorée réalisée sans clous, sans vis ni colle, a impressionné le jury par son ingéniosité et sa précision technique, confirmant son savoir-faire exceptionnel.

Un parcours sans faute jusqu’au sommet

Avant ce sacre continental, le menuisier congolais avait franchi toutes les étapes, notamment compétition provinciale, puis nationale, où il a également remporté la médaille d’or, avant de représenter la République Démocratique du Congo à l’échelle africaine.

Cette victoire lui a ouvert automatiquement les portes de la compétition mondiale, ultime étape du circuit des métiers.

Des compétitions mondiales manquées

Malgré cette qualification, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme n’avoir jamais été aligné pour les compétitions mondiales de 2022 et 2024. Pour l’édition 2022, il indique que des raisons liées à un contexte de guerre auraient été avancées pour justifier son absence. En 2024, il déplore n’avoir reçu aucune information officielle. « Si je n’avais pas fait des recherches moi-même, je ne saurais même pas que la compétition est prévue », regrette-t-il.

Le champion pointe du doigt les organisateurs nationaux, notamment Enabel, qu’il accuse de mauvaise gestion et d’irrégularités dans le processus de sélection. Selon lui, cette structure, impliquée dans l’organisation des compétitions en RDC, serait également responsable de la sélection des représentants aux compétitions internationales.

Des droits non respectés

Daniel Tshimanga Mpoyi évoque plusieurs droits dont il n’a pas bénéficié depuis son sacre, par exemple le financement de sa préparation, un encadrement technique adéquat, un appui matériel, ainsi que sa participation aux compétitions mondiales.

Il rappelle que la compétition panafricaine constitue une passerelle directe vers la scène mondiale, rendant son exclusion difficile à comprendre.

À quelques mois de la prochaine compétition mondiale prévue en septembre 2026 à Shanghai en Chine, le menuisier lance un appel aux autorités congolaises.

Il demande au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et au gouvernement d’intervenir pour garantir sa participation et faire respecter ses droits, tout en exigeant des explications de la part de Enabel.

Une détermination intacte et hors paire

Malgré les obstacles, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme être prêt à représenter dignement la RDC. « J’ai encore la capacité de remporter la compétition », assure-t-il, tout en insistant sur l’urgence d’un encadrement à quelques mois de l’échéance.

Le cas de ce champion africain met en lumière les défis liés à la valorisation des talents en République Démocratique du Congo. Entre succès internationaux et manque d’accompagnement, la question de la gestion des compétences locales reste posée.