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mardi 21 juillet 2026

Kinshasa : un moratoire d'un mois aux propriétaires pour récupérer les véhicules consignés avant leur destruction

Le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) ville de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu, a lancé le 1er juillet 2026 l'opération « le poste de police n'est pas un garage », destinée à désengorger les postes de police de la capitale. 

À cette occasion, il a accordé un moratoire d'un mois aux propriétaires de véhicules et de motos consignés dans les différents commissariats afin qu'ils viennent les récupérer. À l'expiration de ce délai, tous les engins non réclamés seront transférés à la fourrière centrale avant d'être envoyés à la casse.

« Il est temps que quiconque a laissé son véhicule dans un poste de police vienne le récupérer. Un poste de police n'est ni un garage, ni un parking. Après un mois sans retrait, le véhicule sera envoyé à la casse », a prévenu le commandant de la police de Kinshasa.

Le commissaire provincial a également ciblé les mécaniciens qui laissent des véhicules en panne dans les postes de police, les invitant à les transférer vers des garages appropriés.

Désengorger les postes de police pour renforcer la sécurité 

L'opération a été lancée au sous-commissariat Wacenia, dans le quartier Yolo 2 dans la commune de Kalamu, où plusieurs véhicules et motos abandonnés occupaient les emprises du poste de police. Tous les engins ont été évacués vers la fourrière du camp Lufungula.

Selon la police, cette situation mobilisait inutilement les effectifs et limitait leur capacité d'intervention face à l'insécurité. « La population se plaint que lorsque les kuluna opèrent, les policiers ne peuvent pas intervenir parce qu'ils sont occupés à surveiller ces véhicules », a expliqué Israël Kantu.

Le commissaire provincial a averti les commandants de police qu'il s'agit de la dernière opération de ce genre. Désormais, aucun véhicule ne devra être gardé dans les états-majors ou les postes de police. Les responsables qui ne respecteront pas cette instruction s'exposeront à des sanctions disciplinaires.

Libérer les emprises publiques

Au-delà du dégagement des véhicules consignés, cette campagne s'inscrit dans l'opération de libération des emprises publiques engagée par la hiérarchie de la PNC.

Pour marquer le lancement de cette initiative, le commissaire divisionnaire Israël Kantu a ordonné la démolition d'un poste de police construit sur la chaussée de l'avenue Rwakadingi, un axe actuellement concerné par les travaux d'assainissement entrepris après le dernier passage du Président de la République. 

Le chef de la police ville de Kinshasa a appelé l'ensemble des unités de la police à appliquer strictement les instructions visant à restituer les espaces publics à leur vocation initiale.

Nutrition : le Pronanut, le ministère de la Santé et l'UNICEF célèbrent le rôle des médias dans la lutte contre la malnutrition

Neuf journalistes récompensés pour leurs productions sur la nutrition par le Programme national de nutrition (Pronanut), en collaboration avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le ministère de la Communication et Médias et l'UNICEF, qui a organisé, vendredi 3 juillet 2026 à Kinshasa, la première édition du concours du meilleur journaliste en nutrition. 

Cette initiative vise à promouvoir une information de qualité sur les questions nutritionnelles et à renforcer le rôle des médias dans la lutte contre la malnutrition en République démocratique du Congo.

Au total, 38 candidatures ont été reçues. Après évaluation par le jury, 33 productions ont été retenues et neuf journalistes ont été primés lors de la cérémonie, qui s'est déroulée en présence notamment du secrétaire général au ministère de la Communication et Médias, Cléophas If Malaba, et des représentants du ministère de la Santé et de l'UNICEF.

La nutrition, un investissement dans le capital humain 

Représentant le secrétaire général à la Santé, Josué Désiré Bapitami a rappelé que la nutrition constitue l'un des piliers du développement humain. Selon lui, un enfant bien nourri grandit en meilleure santé, réussit davantage son parcours scolaire et participe plus efficacement au développement de son pays.

S'appuyant sur les résultats de l'enquête nationale sur la nutrition de 2023, il a indiqué que près d'un enfant sur deux souffre encore d'un retard de croissance en RDC, tandis que des millions d'enfants ne bénéficient pas d'une alimentation suffisamment diversifiée durant leurs premières années de vie, une période pourtant décisive pour leur développement physique et cognitif.

Il a rappelé que le gouvernement, à travers le Pronanut, poursuit plusieurs actions visant à promouvoir l'allaitement maternel, améliorer l'alimentation complémentaire, prévenir les carences nutritionnelles et renforcer les services de nutrition au niveau communautaire.

Pour lui, ces efforts ne peuvent produire des résultats sans l'adhésion des populations, laquelle passe par une communication efficace. Il a ainsi qualifié les journalistes de véritables acteurs de santé publique, capables de sensibiliser les familles, de combattre les fausses informations et de promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles.

L'UNICEF : « Les médias sont des acteurs du changement »

Prenant la parole, la représentante adjointe de l'UNICEF en RDC, Maryam Silla, a souligné que cette cérémonie célébrait « le pouvoir de l'information lorsqu'elle est mise au service de la vie, du développement et de l'avenir des enfants ».

Elle a estimé que les journalistes ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs du changement. À travers leurs enquêtes, reportages, émissions et articles, ils donnent un visage aux statistiques, portent la voix des communautés et rapprochent les préoccupations des familles des centres de décision.

Maryam Silla a rappelé que près de 47,9 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance en RDC. Plus alarmant encore, près de 90 % des enfants âgés de 6 à 23 mois ne bénéficient pas d'un régime alimentaire minimum acceptable. Selon elle, ces chiffres concernent près de 11 millions d'enfants dont le développement physique et cognitif est compromis.

Pour la responsable de l'UNICEF, la nutrition dépasse largement la seule question alimentaire. Elle est étroitement liée à la santé, à l'éducation, à la protection de l'enfant, à la résilience des communautés et au développement économique.

Elle a insisté sur le fait qu'une information de qualité, même si elle ne nourrit pas directement un enfant, peut aider les parents à adopter de meilleures pratiques alimentaires, encourager les décideurs à investir davantage dans la nutrition et favoriser des changements durables au sein des communautés.

Tout en félicitant les lauréats, elle a regretté la faible représentation de plusieurs provinces au concours et a appelé les journalistes, les radios communautaires, les télévisions locales et les médias numériques de tout le pays à s'investir davantage dans le traitement des questions liées à la nutrition.

Le ministère de la Communication veut une presse engagée pour le développement

Le secrétaire général au ministère de la Communication et Médias, Cléophas If Malaba, a affirmé que cette cérémonie allait au-delà d'une simple remise de prix. Selon lui, elle traduit la reconnaissance du rôle fondamental des médias dans le développement du pays et l'amélioration du bien-être des populations.

Il a inscrit cette initiative dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, qui fait du capital humain une priorité nationale. Pour lui, la lutte contre la malnutrition constitue un enjeu majeur de santé publique, mais aussi de développement économique et social.

Cléophas If Malaba a soutenu que les médias disposent du pouvoir de transformer les connaissances en actions concrètes, en rapprochant les politiques publiques des citoyens, en valorisant les bonnes pratiques et en favorisant les changements de comportement.

Il a rappelé que le ministère de la Communication et Médias œuvre pour une presse professionnelle, responsable et engagée dans l'accompagnement des politiques publiques. Les productions présentées dans les catégories télévision, radio, presse écrite et médias en ligne démontrent, selon lui, le professionnalisme et la créativité des journalistes congolais.

En encourageant les professionnels des médias à poursuivre leurs efforts, il a estimé que les questions de nutrition, de santé, d'éducation, de protection de l'enfant, d'autonomisation de la femme et de développement communautaire doivent continuer à occuper une place importante dans les contenus médiatiques.

À travers cette première édition du concours du meilleur journaliste en nutrition, le Pronanut, le gouvernement congolais et l'UNICEF affichent leur volonté de faire des médias des partenaires à part entière dans la lutte contre la malnutrition, convaincus qu'une information de qualité peut contribuer à améliorer durablement la santé et l'avenir des enfants congolais.


Kinshasa : l'avenue Gambela rouverte, mais les riverains dénoncent un chantier inachevé

Des dallettes abandonnées qui bloquent les accès aux habitations et commerces

Après plusieurs mois de réhabilitation, l'avenue Gambela, dans la commune de Ngiri-Ngiri, est de nouveau ouverte à la circulation. Les automobilistes et les motocyclistes peuvent désormais emprunter cette importante artère, ce qui contribue à fluidifier le trafic dans cette partie de Kinshasa.

Cependant, pour les habitants et les commerçants installés le long de l'avenue, le chantier est loin d'être totalement achevé. Des dizaines de dallettes retirées pendant les travaux sont toujours abandonnées sur les bas-côtés de la chaussée ou devant les parcelles. Elles obstruent les entrées et les sorties des habitations, compliquent l'accès aux commerces et rendent difficile l'entretien des lieux.

Le constat est particulièrement visible sur le tronçon compris entre les avenues Kasa-Vubu et Ingende. Plusieurs riverains affirment que certaines dallettes sont restées sur place depuis des mois, voire des années, sans avoir été remises en place ni évacuées.

Les commerçants réclament l'évacuation des dallettes 

Vendeur sur l'avenue Gambela, Masi Basingeli s'interroge sur le sort réservé à ces dallettes qui encombrent toujours les abords de la route. Selon lui, les agents chargés du chantier promettent régulièrement de revenir les enlever, sans que cela ne se concrétise.

Les commerçants expliquent que cette situation favorise l'insalubrité. Les mauvaises herbes poussent autour des blocs de béton et il devient difficile de nettoyer correctement les espaces où ils exercent leurs activités.

Une vendeuse installée sur cette avenue indique que certaines dallettes ont bien été replacées, mais que d'autres, dont l'origine reste inconnue, ont simplement été déposées sur les bas-côtés. Elle estime que leur présence nuit à la propreté du site et complique le travail quotidien des commerçants.

Des avenues secondaires devenues difficilement accessibles 

Au-delà des dallettes abandonnées, les habitants dénoncent les difficultés d'accès aux avenues parallèles à Gambela.

Dans le secteur situé entre Gambela et Khartoum, les véhicules ne peuvent pratiquement plus emprunter certaines voies. Les riverains sont contraints de passer par l'avenue Khartoum, elle-même en mauvais état et encombrée par des véhicules en panne ou abandonnés.

Du côté de Gambela et Shaba, l'avenue Shaba constitue désormais la seule voie d'accès. Les habitants estiment qu'une telle situation représente un risque important, notamment en cas d'urgence, puisqu'elle ne laisse aucune issue alternative pour les services de secours.

Les piétons également pénalisés 

Les difficultés concernent aussi les piétons. À plusieurs intersections, les dallettes abandonnées obligent les passants à les enjamber pour traverser la chaussée, augmentant les risques de chute, notamment pour les personnes âgées, les enfants et les personnes à mobilité réduite.

Les riverains regrettent que les bénéficiaires des ouvrages ne soient pas associés au suivi des travaux. Selon eux, les infrastructures sont souvent réceptionnées alors que les finitions ne sont pas complètement réalisées.

Des déchets de chantier toujours visibles 

À plusieurs carrefours, les traces des travaux restent visibles. Au croisement des avenues Kasa-Vubu et Birmanie, des résidus de bitume occupent encore une partie de la chaussée après de petits travaux. Le même constat est fait au carrefour Gambela-Kasa-Vubu, où les déchets de chantier n'ont toujours pas été évacués.

D'autres chantiers qui tardent à s'achever 

Les habitants citent également d'autres projets dont l'exécution se prolonge.

La bretelle de l'avenue Assossa, entre Kasa-Vubu et Monkoto, peine à être achevée. Le chantier semble à l'arrêt et la chaussée déjà réhabilitée est désormais occupée par un marché.

Même constat sur l'avenue Saïo, où les travaux se poursuivent sans calendrier clair de livraison. Si la date de lancement des chantiers est connue, leur achèvement continue de se faire attendre.

Les riverains appellent ainsi les autorités et les entreprises en charge des travaux à finaliser les ouvrages, évacuer les matériaux abandonnés et rétablir les accès aux habitations et aux commerces afin que la réhabilitation de ces voiries profite pleinement à la population.


RDC : un journaliste dénonce une arrestation arbitraire, des violences et une détention « injustifiée » au Parquet de N'djili

Martinez Ngyaluka affirme avoir été victime d'une arrestation arbitraire menée par des agents du parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-N'diili. Il dénonce des violences, une extorsion présumée de fonds, des accusations qu'il juge infondées et des conditions de détention qu'il qualifie d'inhumaines. Cette affaire trouve son origine dans un conflit conjugal autour d'une transaction immobilière.

Une arrestation musclée et une présumée extorsion de 150 dollars américains  

Le plaignant affirme avoir été interpellé par six personnes qui se sont ensuite présentées comme des agents du Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-N'diili. Selon lui, ces derniers ont fait irruption dans une parcelle où il se trouvait, l'ont brutalisé, lui ont arraché ses effets personnels avant de le menotter et de le conduire de force jusqu'au boulevard Lumumba, où des motos ont été réquisitionnées pour son transfert au parquet. 

Martinez Ngyaluka soutient qu'avant même son entrée au parquet, les agents lui auraient réclamé 200 dollars américains pour retirer les menottes. Après avoir sollicité l'aide de son épouse, il affirme avoir remis 150 dollars américains afin de pouvoir accéder au bureau du magistrat sans être menotté.

Une mission liée à la reconstitution d'un acte de vente perdu 

L'intéressé explique qu'il agissait pour le compte d'une partenaire d'affaires ayant acquis une parcelle hypothéquée auprès d'une banque. Cette dernière aurait égaré l'acte de vente original, indispensable pour récupérer le certificat d'enregistrement retenu par l'établissement bancaire après le remboursement du crédit contracté par l'ancien propriétaire. 

Après deux semaines de recherches infructueuses, l'acquéreuse avait obtenu l'accord du vendeur pour établir un nouvel acte de vente. Chargé de préparer le document, le journaliste s'était rendu au rendez-vous fixé par l'ancien propriétaire afin de recueillir sa signature lorsqu'il a été arrêté.

Des accusations qui évoluent au fil de la procédure

Martinez Ngyaluka indique que le magistrat s'est limité, lors du premier interrogatoire, à lui poser quelques questions sur sa présence dans la parcelle et sur les documents qu'il détenait, sans lui notifier immédiatement l'infraction retenue contre lui.

Ce n'est qu'au cachot, affirme-t-il, qu'il découvre être poursuivi pour stellionat, une infraction consistant notamment à vendre frauduleusement un bien appartenant à autrui.

Il conteste fermement cette qualification, rappelant qu'il n'était ni vendeur ni acquéreur de la parcelle, mais simplement mandataire de l'acheteuse et témoin de la transaction.

Lors de la confrontation organisée le lundi 6 juillet 2026, il affirme que l'accusation de stellionat a laissé place à celle d'usage de faux. Ce changement serait intervenu après que le mari de l'acquéreuse a présenté l'ancien acte de vente, retrouvé entre-temps, dont la rédaction différait de celle du document préparé pour être signé.

Le mis en cause explique que ces différences étaient normales, le nouvel acte ayant été rédigé sans disposer de la copie du document perdu. Selon lui, les deux actes concernaient néanmoins les mêmes parties et la même parcelle.

Un conflit conjugal à l'origine de la plainte ?

Selon son témoignage, l'acquéreuse est venue confirmer devant le magistrat qu'elle l'avait effectivement mandaté pour cette démarche et qu'elle lui avait dicté le contenu du nouvel acte de vente.

Il estime que la procédure trouve son origine dans un conflit opposant cette dernière à son mari. Celui-ci aurait volontairement dissimulé l'ancien acte de vente avant de déposer plainte contre lui après avoir retrouvé le document.

Une remise en liberté après paiement d'amendes transactionnelles 

À l'issue de l'instruction, le magistrat aurait fixé des amendes transactionnelles dont le paiement a conduit à sa remise en liberté.

Le plaignant dit toutefois ne pas comprendre les raisons de son arrestation, estimant que rien ne justifiait l'exécution, un vendredi 3 juillet 2026 après-midi, d'un mandat d'amener à son encontre alors qu'il disposait d'un domicile fixe et exerçait des activités connues.

Des conditions de détention dénoncées

Enfin, il décrit trois jours de détention dans des conditions qu'il qualifie de particulièrement difficiles. De nombreux détenus vivent sans assistance familiale et dépendent uniquement de la solidarité des codétenus recevant des visites ou des vivres de leurs proches. Il affirme avoir été profondément marqué par la précarité observée au sein du lieu de détention et appelle à une amélioration des conditions de prise en charge des personnes privées de liberté.

Procès Constant Mutamba : la défense dénonce plusieurs irrégularités procédurales dès l'audience d'introduction

À l'issue de l'audience d'introduction du procès de l'ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, tenue le 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation, la défense a dénoncé plusieurs irrégularités de procédure.

Me Emiphe Munganga Cishugi, l'un des avocats de Constant Mutamba, a affirmé que plusieurs membres de l'équipe de défense n'ont pas été autorisés à accéder à la salle d'audience avant son ouverture.

Selon lui, cette situation constitue une atteinte aux droits de la défense, plusieurs avocats étant restés à l'extérieur alors que l'audience avait déjà commencé.

Contestation de la saisine de la Cour

La défense soutient également que son client n'a jamais reçu la notification officielle de l'exploit de saisine, c'est-à-dire les actes de procédure l'invitant à comparaître devant la Cour de cassation.

D'après Me Munganga Cishugi, Constant Mutamba s'est présenté à l'audience uniquement après avoir appris, par les réseaux sociaux, l'existence d'une procédure engagée contre lui. Cette exception de procédure a été soulevée devant la Cour, mais n'a pas été retenue, selon la défense.

Une instruction judiciaire jugée irrégulière 

Les avocats estiment également que les règles de l'instruction judiciaire n'ont pas été respectées. Ils affirment que Constant Mutamba n'a jamais été entendu par le parquet avant la transmission de son dossier à la Cour de cassation, alors que la loi impose, selon eux, l'audition préalable de la personne poursuivie. Cette irrégularité aurait également été écartée par la juridiction. 

La présence d'une partie civile contestée 

Autre grief soulevé par la défense, c'est la constitution d'une partie civile dans cette procédure. Me Emiphe Munganga Cishugi soutient que l'article 78 de la loi portant organisation et fonctionnement de la Cour de cassation ne permet pas la constitution de partie civile devant cette juridiction. Malgré cette argumentation, la Cour n'a pas fait droit à cette exception, selon les avocats.

Un délai jugé insuffisant pour préparer la défense 

La défense a également demandé le renvoi de l'affaire à un mois afin d'examiner un dossier qu'elle qualifie de particulièrement volumineux.

Selon Me Munganga Cishugi, deux procédures distinctes sont désormais réunies, représentant plus de 5.000 pièces. Les avocats estiment que le délai de deux semaines accordé par la Cour est insuffisant pour analyser l'ensemble des documents et préparer efficacement la défense.

La demande de report d'un mois a toutefois été rejetée, l'affaire étant renvoyée à deux semaines.

Un sentiment de déception, mais l'espoir d'un procès plus équilibré 

À l'issue de l'audience, Me Emiphe Munganga Cishugi a fait part d'un sentiment de déception quant au déroulement des débats. Il a néanmoins indiqué que la défense accordait encore à la Cour « le bénéfice de la bonne foi », espérant que les prochaines audiences permettront un examen plus approfondi des exceptions soulevées et garantiront pleinement les droits de la défense.

Mutamba a découvert son dossier à l'audience

Selon Me Manix Iyenda, son client n'a pris connaissance de son dossier qu'au moment de l'audience. « Il n'a jamais vu le dossier et n'a jamais été entendu par les magistrats du parquet », a-t-il affirmé, estimant que cette situation porte atteinte aux droits de la défense et aux garanties d'un procès équitable.

Des conditions d'accès contestées 

L'avocat a également regretté les conditions dans lesquelles s'est déroulée l'audience. Alors que le président de la Cour avait annoncé un procès ordinaire, Me Manix Iyenda affirme que plusieurs avocats de la défense ont été fouillés à leur arrivée au Palais de justice et que certains n'ont pas été autorisés à accéder à la salle d'audience.

Pour la défense, ces mesures ne correspondent pas au caractère « ordinaire » annoncé par la juridiction.

Il faut éviter que la politique prenne le dessus sur le droit 

Me Manix Iyenda a appelé la justice à préserver son indépendance. « Il faut éviter à tout prix de donner l'impression que la politique tienne le droit en état », a-t-il déclaré, s'interrogeant sur les véritables enjeux de cette procédure judiciaire. La prochaine audience aura lieu le 27 juillet 2026. 

Le prévenu Constant Mutamba est arrivé, apparemment en bonne santé, dans une ambulance. Selon lui, la défense a appris au cours de l'audience que six chefs de prévention sont retenus contre Constant Mutamba, sans avoir eu auparavant accès au dossier de l'accusation.

RDC : le CAFCO évalue la mise en œuvre de la résolution 1325 et appelle à renforcer le rôle des femmes dans les processus de paix

Le Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a organisé, lundi 14 juillet 2026 à Kinshasa, une revue de l'état de mise en œuvre du Plan d'action national et des Plans d'action locaux de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo.

Cette rencontre a réuni des représentants des ministères, des autorités administratives, des partis politiques, des organisations de la société civile, du secteur privé, des médias, ainsi que des femmes et des jeunes. Les travaux se sont déroulés en présentiel et par visioconférence avec les provinces du Kwilu, de l'Équateur, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et du Kongo Central.

Le CAFCO met en avant une année d'actions 

À l'ouverture des travaux, la directrice exécutive du CAFCO, Grâce Lula Hamba, a rappelé que la RDC reste confrontée à des conflits armés récurrents, ce qui fait de l'agenda « Femmes, paix et sécurité » une priorité nationale.

Elle a expliqué que le CAFCO met en œuvre depuis près d'une année le projet « Renforcer le leadership local en matière de Femmes, paix et sécurité, et Jeunesse, paix et sécurité dans les situations de conflit et post-conflit », avec l'appui du Global Network of Women Peacebuilders (GNWP).

Selon elle, plusieurs activités ont été réalisées, notamment des ateliers sur la budgétisation sensible au genre, la restitution des acquis dans les provinces, la mise en place progressive des comités locaux de coordination, des échanges entre acteurs politiques et des rencontres entre femmes parlementaires et femmes leaders afin de promouvoir l'agenda « Femmes, paix et sécurité ».

Une résolution encore insuffisamment connue et financée 

Consultante en genre et développement et experte de l'agenda « Femmes, paix et sécurité », Annie Matundu Mbambi a rappelé que la résolution 1325 a été adoptée le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies. La RDC l'a lancée en 2007 avant d'adopter son premier Plan d'action national en 2010. 

Le pays est aujourd'hui à la troisième génération de ce plan, une avancée qui le place parmi les cinq premiers pays africains ayant atteint ce niveau.

Elle a toutefois regretté que la résolution demeure peu connue du grand public. Pour elle, l'une des principales difficultés réside dans la faible appropriation de ce texte, alors que sa mise en œuvre repose largement sur les organisations de la société civile, en particulier les organisations féminines.

L'experte a également insisté sur le manque de financement. Elle a rappelé qu'un plaidoyer avait été mené en 2021 auprès du gouvernement pour que les activités liées à la résolution 1325 soient inscrites au budget de l'État, estimant que la RDC doit disposer de ressources nationales pour honorer ses engagements internationaux.

Le plaidoyer pour une plus grande représentation des femmes

De son côté, Mathy Musau Dinyika, conseillère chargée de la réconciliation, de la tolérance, de la démocratie et des droits de l'homme au Mécanisme national de suivi de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba, a souligné que les femmes doivent être pleinement associées aux processus de prévention et de résolution des conflits.

Elle a indiqué que le comité exécutif du Mécanisme veille à intégrer systématiquement des femmes dans les délégations participant aux réunions sur la paix et la sécurité, aussi bien en RDC qu'à l'étranger.

Pour elle, le véritable défi n'est pas le manque de compétences, mais plutôt l'absence de volonté politique.

« Des femmes compétentes existent dans tous les secteurs, notamment dans le domaine de la paix et de la sécurité. Il faut simplement que les décideurs leur accordent la place qui leur revient », a-t-elle déclaré. 

Le Mécanisme national de suivi poursuit ainsi son plaidoyer afin que toutes les délégations engagées dans les discussions sur la paix comprennent une représentation féminine effective, conformément aux principes de la résolution 1325.

Transformer le bilan en feuille de route 

Au terme de cette revue, les participants ont été invités à identifier les acquis, les défis et les perspectives afin de renforcer la mise en œuvre de la résolution 1325 en RDC. CAFCO souhaite que les recommandations formulées permettent d'améliorer la participation des femmes et des jeunes aux initiatives de paix, tout en consolidant les mécanismes de prévention des conflits et de protection des droits des femmes.

Kinshasa : cinq laboratoires modernes inaugurés pour renforcer la lutte contre les épidémies

La République Démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son système de santé avec l'inauguration de cinq laboratoires d'analyses médicales modernes construits et équipés dans le cadre du projet Labokin. La cérémonie officielle s'est déroulée à l'Hôpital général de référence de Kinkole, choisi comme site représentatif des infrastructures réalisées dans les hôpitaux des zones de santé de N'Sele, Selembao, Mont-Ngafula II, Maluku I et Maluku II.

Représentant le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, le secrétaire général à la Santé, Dr Body Ilonga Bompoko, a indiqué que ces infrastructures s'inscrivent dans la politique nationale de renforcement du système de santé impulsée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« Ces laboratoires constituent un investissement stratégique. Ils permettront d'améliorer la qualité des diagnostics biologiques, de renforcer la surveillance épidémiologique, d'accroître les capacités de détection et de réponse aux épidémies et d'améliorer la prise en charge des patients dans le cadre de la Couverture santé universelle ».

Une réponse aux défis posés par les épidémies 

Intervenant alors que la RDC fait face à sa 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola, le secrétaire général a rappelé que Kinshasa figure parmi les provinces exposées au risque de propagation en raison des mouvements de population. Selon lui, ces nouveaux laboratoires arrivent à un moment crucial pour renforcer la capacité de surveillance et de riposte du pays.

Le directeur général de l'Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a souligné que ces infrastructures dépassent le simple cadre d'un projet de santé.

« Ce que nous inaugurons aujourd'hui n'est pas simplement un équipement médical, mais un maillon de la sécurité sanitaire de votre pays, de la région et du monde ».

Depuis 2019, a-t-il rappelé, la France et le groupe AFD ont engagé plus de 80 millions d'euros pour accompagner la feuille de route franco-congolaise de lutte contre les épidémies. 

Le projet Labokin, financé à hauteur de 12 millions d'euros et mis en œuvre par Expertise France, permettra à près de deux millions d'habitants de bénéficier d'un meilleur accès aux examens biologiques et prévoit la formation de près de 300 professionnels de santé et 50 techniciens biomédicaux.

Des équipements modernes et un savoir-faire congolais

La directrice pays d'Expertise France, Aude Delecluse, a expliqué que les cinq laboratoires disposent de bâtiments modernes de plus de 460 m², répondant aux normes internationales de sécurité et équipés d'appareils automatisés en parasitologie, hématologie, microbiologie et biochimie.

Elle a également mis en avant le choix de faire appel aux entreprises et aux artisans congolais pour la construction de ces infrastructures.

« Ces laboratoires ont été conçus et bâtis par des mains congolaises. Cette réussite démontre la qualité de l'ingénierie congolaise et constitue la meilleure garantie de la maintenance et de la pérennité des installations ».

Des laboratoires intégrés au réseau national 

Le médecin chef de zone de la N'sele, Dr Alexis Mutapila, a salué une infrastructure qui permettra d'améliorer le diagnostic des patients et de renforcer les capacités nationales de surveillance des épidémies. 

Il a toutefois plaidé pour un accompagnement continu à travers la formation du personnel, la maintenance des équipements et l'apport d'équipements complémentaires afin de garantir le fonctionnement durable des laboratoires. 

De son côté, l'ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a rappelé que la coopération sanitaire entre les deux pays remonte à 1984, notamment avec l'Institut national de recherche biomédicale (INRB). Il a assuré que la France poursuivra son accompagnement afin que la RDC dispose durablement des capacités techniques et humaines nécessaires pour faire face aux futures épidémies.

À l'issue de la cérémonie, le secrétaire général à la Santé a officiellement inauguré les cinq laboratoires du projet Labokin, appelant les responsables des structures bénéficiaires à assurer une gestion rigoureuse, une maintenance régulière et le respect des normes de qualité afin d'en faire de véritables centres d'excellence au service des populations et de la sécurité sanitaire de la République Démocratique du Congo.