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lundi 17 août 2026

CNDH-RDC : Paul Nsapu Mukulu alerte sur les contraintes budgétaires et dénonce des actes de torture à Buta

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) a ouvert, le lundi 17 août 2026 à Kinshasa, sa deuxième session ordinaire de l’Assemblée plénière pour l’exercice 2026. La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que de plusieurs personnalités, diplomates, représentants d’organisations internationales et acteurs de la société civile.

Le président de la CNDH-RDC, Paul Nsapu Mukulu, a présenté les principaux enjeux de cette session, tout en dressant un état des lieux de l’action de son institution. Il a notamment insisté sur les difficultés financières qui affectent la mise en œuvre du plan opérationnel de la Commission et limité ses capacités d’intervention sur le terrain.

Des moyens financiers jugés insuffisants

Paul Nsapu Mukulu a reconnu que l’exécution du plan opérationnel de la CNDH a été affectée par l’insuffisance des ressources budgétaires mises à la disposition de l’institution.

Selon lui, certaines activités programmées et considérées comme prioritaires n'ont pas pu être réalisées en raison de ces contraintes. Il a toutefois assuré que ces difficultés n'ont pas entamé la détermination de la Commission à remplir son mandat de protection et de promotion des droits humains.

Malgré des moyens limités, la CNDH dit avoir poursuivi la publication de déclarations et de communiqués, la formulation d’avis et de recommandations aux pouvoirs publics, les missions de monitoring, le traitement des plaintes relatives aux violations des droits humains, les visites des lieux de détention, les activités de sensibilisation ainsi que les interventions auprès des autorités compétentes.

Appel au Parlement et au gouvernement

Face à ces difficultés, le président de la CNDH a lancé un appel au Parlement et au gouvernement pour doter l’institution d’un budget adéquat et faciliter le décaissement, dans les délais, des fonds nécessaires à l’exécution de ses missions.

Paul Nsapu Mukulu estime que les contraintes budgétaires réduisent notamment la capacité de la Commission à intervenir efficacement sur le terrain et à renforcer sa collaboration avec les mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme.

Des actes de torture dénoncés à Buta

Le président de la CNDH-RDC a également dénoncé des actes de torture dont auraient été victimes le secrétaire administratif du bureau de représentation provinciale de la CNDH et un partenaire de la société civile à Buta, dans la province du Bas-Uélé.

Selon Paul Nsapu Mukulu, ces actes auraient été commis par des éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo. La CNDH demande aux autorités judiciaires compétentes d’engager sans délai des poursuites contre les auteurs présumés.

L’institution estime que cette situation souligne davantage la nécessité de renforcer la protection des défenseurs des droits de l’homme, conformément à la loi du 15 juin 2023 relative à leur protection et à leur responsabilité en République Démocratique du Congo.

Des rapports annoncés sur l’Est du pays

Au cours de cette session, l’Assemblée plénière doit notamment examiner le niveau d’exécution des résolutions adoptées lors de la précédente session, l’état de mise en œuvre du plan opérationnel ainsi que l’évolution de la situation des droits humains à travers le pays.

La CNDH entend également dégager des stratégies permettant d’accélérer l’exécution de ses activités prioritaires au cours du second semestre, de renforcer sa présence sur le terrain et d’améliorer sa capacité de réponse face aux violations des droits humains.

Paul Nsapu Mukulu a par ailleurs annoncé la publication prochaine de rapports consacrés à la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans certains territoires de l’Ituri. Il a appelé les partenaires du gouvernement et de la société civile à collaborer avec la Commission dans ce travail.

La CNDH condamne l’agression dans l’Est

Le président de la CNDH a également évoqué la situation des populations de l’Est de la RDC, particulièrement celles vivant dans les zones occupées par l’AFC/M23.

Il a condamné les exactions attribuées aux forces combattantes et dénoncé l’appui présumé du Rwanda au mouvement rebelle.

Paul Nsapu Mukulu a appelé la communauté internationale à prendre des mesures pour mettre fin aux violences et sanctionner les responsables des violations des droits humains.

La CNDH réaffirme ainsi son attachement au respect des instruments juridiques internationaux et régionaux, notamment la Charte des Nations unies et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Préoccupation face à l’épidémie d’Ebola

Autre sujet abordé : la situation sanitaire dans plusieurs provinces du pays, notamment face à l’épidémie à virus Ebola.

Paul Nsapu Mukulu a salué les efforts déployés par le gouvernement pour contenir l’épidémie ainsi que le travail des équipes de riposte engagées sur le terrain.

Pour le président de la CNDH, la protection des populations face aux crises sécuritaires, humanitaires, sociales et sanitaires doit demeurer au cœur des priorités nationales.

Une session placée sous le signe de la responsabilité

En conclusion, Paul Nsapu Mukulu a appelé les commissaires nationaux et l’ensemble du personnel de la CNDH à poursuivre leur mission avec intégrité, discipline, créativité et esprit d’équipe.

Il a assuré que les travaux de cette deuxième session ordinaire devront permettre à l’institution d’identifier des solutions appropriées, de renforcer son efficacité et de donner un nouvel élan à son action en faveur de la protection des droits humains.


Luozi : marche pacifique le mercredi 19 août 2026 pour exiger un nouveau bac

La population de Luozi dans la province du Kongo Central descendra dans la rue le mercredi 19 août 2026. À l’appel du Rassemblement des forces vives, cette marche populaire vise à réclamer un nouveau bac motorisé auprès du gouvernement central et du gouvernorat du Kongo Central. Cette mobilisation fait suite à la énième panne de l'appareil actuel, survenue le jeudi 13 août 2026.

Une colère face au surplace des autorités

Par cette action pacifique, les habitants dénoncent une injustice flagrante face à leurs besoins urgents. Le remplacement de ce bac vieillissant et usé est réclamé depuis de nombreuses années.

Fatiguée d'être ignorée par les autorités provinciales et nationales, la population espère que ce cri de détresse brisera enfin l'indifférence des décideurs.

Une succession de promesses non tenues

La situation est devenue intenable après une série d’engagements politiques sans lendemain. Au mois de septembre 2024, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka promet un nouveau bac sous quatre mois (pour décembre 2024). En avril 2025, c'est le tour du gouverneur Grâce Biloko qui annonce la commande de deux bacs de 35 tonnes au groupe Chanic, sans préciser de date de livraison. 

Au mois de juillet 2026, le coordonnateur de la Notabilité Kongo, Dieudonné Bifumanu Nsompi, renvoie l'échéance à 2027, évoquant des instructions du Chef de l'État.

Un sentiment d'abandon généralisé

Face à ce calendrier sans cesse repoussé, la confusion règne : s'agit-il du projet de la province ou de celui du gouvernement central ? Devant cette accumulation de promesses non réalisées, les habitants des 10 secteurs du territoire de Luozi se sentent purement et simplement oubliés, rejetés et négligés par leurs dirigeants.


Diplomatie francophone : Alfred Nzondomyo plaide pour une implication accrue des parlementaires

Prenant la parole lors de la rencontre consacrée au Réseau des diplomates francophones (RéDiF), le député Alfred Nzondomyo, vice-président du Réseau des jeunes parlementaires, a livré le 17 août 2026 à Kinshasa, une réflexion sur l’évolution de la diplomatie contemporaine.

S’exprimant en tant que scientifique plutôt qu’en tant que parlementaire, il a estimé que les codes de la diplomatie classique connaissent aujourd’hui de profondes mutations.

Pour lui, aux côtés de la diplomatie traditionnelle, d’autres formes d’action diplomatique prennent une importance croissante, notamment la diplomatie parlementaire.

D'après Alfred Nzondomyo, les parlementaires peuvent intervenir en complément de l’action des diplomates de carrière, particulièrement lorsqu’il s’agit de favoriser les échanges politiques, économiques et stratégiques entre les États.

Il n’existera pas d’immunité devant les tribunaux de l’histoire

Le député a appelé les Congolais à assumer avec responsabilité leur participation aux réseaux diplomatiques et internationaux. Il a rappelé que les acteurs engagés dans la vie publique devront, tôt ou tard, répondre de leurs actes devant l’histoire.

Dans cette perspective, il considère que la participation de la RDC aux réseaux de diplomates francophones ne doit pas être symbolique, mais s’inscrire dans une démarche de responsabilité, d’engagement et de défense des intérêts du pays.

Diplomates et parlementaires : des rôles complémentaires

Alfred Nzondomyo a développé une image pour illustrer la complémentarité des différents acteurs de la politique étrangère.

Selon lui, le président de la République, en tant que premier diplomate du pays, fixe les grandes orientations de la politique étrangère. Le ministère des Affaires étrangères assure leur mise en œuvre diplomatique, tandis que les parlementaires peuvent jouer un rôle complémentaire dans le renforcement des relations entre États.

Le député Nzondomyo a notamment évoqué l’importance des accords bilatéraux et du rôle des parlements dans leur processus d’approbation et de consolidation.

Pour lui, la diplomatie contemporaine nécessite ainsi l’intervention de plusieurs catégories d’acteurs, à l’image d’un chantier où chacun apporte son expertise à la construction d’une même œuvre.

La RDC, un acteur majeur de la Francophonie

Le député a également insisté sur le poids démographique, culturel et linguistique de la RDC au sein de l’espace francophone.

Il estime que le pays doit davantage assumer son poids et son influence dans la Francophonie, en raison notamment de l’importance de sa population francophone et de son patrimoine culturel.

Alfred Nzondomyo a ainsi appelé les Congolais à utiliser pleinement les réseaux diplomatiques francophones comme des instruments de diplomatie d’influence, tout en recherchant des complémentarités avec d’autres espaces de coopération internationale.

Le RéDiF appelé à jouer un rôle stratégique

Pour le vice-président du Réseau des jeunes parlementaires, le RéDiF peut constituer un important outil de rapprochement entre diplomates, parlementaires et autres acteurs de la coopération francophone.

Il souhaite que ce réseau contribue à accroître la visibilité de la RDC dans les espaces diplomatiques francophones et permette aux Congolais d’assumer pleinement leur rôle dans la construction d’une diplomatie d’influence.

Alfred Nzondomyo a enfin appelé à une mobilisation collective afin que la diplomatie francophone puisse mieux répondre aux défis contemporains, notamment ceux auxquels fait face le continent africain.


RDC : le MSCO dénonce une « surfacturation » des services télécoms et interpelle les opérateurs

Le Mouvement des Sociétés civiles du Congo (MSCO) exprime son indignation face à ce qu’il qualifie de « rançon » imposée aux consommateurs congolais par plusieurs opérateurs de télécommunications présents en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration référencée N°74/MSCO/CAB-PR.NAT/2026, le bureau de la Coordination nationale du MSCO, représenté par son président national ad intérim, Dr Joseph Baraka Musombwa, dénonce une augmentation présumée des coûts des services téléphoniques et la réduction des avantages accordés aux abonnés.

Des abonnés confrontés à la hausse des coûts

Le MSCO indique que les utilisateurs des réseaux Airtel, Vodacom, Orange et Africell seraient confrontés à une réduction de certains avantages liés aux forfaits, notamment concernant la durée de validité des mégas et des unités.

L’organisation de la société civile estime que cette situation alimente un sentiment de frustration parmi les consommateurs et dénonce ce qu’elle considère comme une « surfacturation ».

Le MSCO affirme que cette situation serait particulièrement préoccupante dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les populations sont confrontées à des difficultés sécuritaires et sanitaires.

Le MSCO interpelle les autorités

Face à cette situation, le mouvement appelle les autorités compétentes à convoquer les responsables des entreprises de télécommunications afin d’examiner les pratiques tarifaires dénoncées et d’obtenir une réduction des coûts des services.

Le MSCO demande également une révision des conditions de consommation des forfaits, notamment la durée de validité des mégas et des unités, ainsi qu’une baisse des prix.

L’organisation invite par ailleurs les opérateurs à tenir compte de la situation économique et sociale des populations, particulièrement celles vivant dans les zones affectées par les conflits et les crises sanitaires.

Vers des actions citoyennes annoncées

Le MSCO appelle également la population congolaise à rester mobilisée et annonce la préparation d’un calendrier d’actions citoyennes destinées à faire pression sur les opérateurs afin qu’ils prennent davantage en compte les intérêts des consommateurs.

L’organisation précise que ces éventuelles actions devront s’inscrire dans un cadre citoyen et viser à obtenir une amélioration des services et des conditions tarifaires.

Un appel au dialogue avec les opérateurs

À travers cette déclaration, le MSCO demande aux autorités et aux entreprises de télécommunications d’engager un dialogue autour des préoccupations soulevées par les consommateurs.

Le mouvement, dirigé par Dr Joseph Baraka Musombwa, réaffirme ainsi sa volonté de défendre les intérêts des populations et de porter leurs revendications auprès des institutions et des opérateurs concernés.


RDC : face à la crise, unir la Nation et refonder le pacte national

(Tribune de Jean-Jacques Lumumba et Carbone Beni)

La République Démocratique du Congo doit regarder sa réalité en face. Malgré ses immenses ressources et une croissance économique soutenue, une grande partie de la population reste confrontée à la pauvreté et aux difficultés d’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins et aux services essentiels.

À cette fragilité sociale s’ajoute une crise sécuritaire majeure. L’Est du pays reste confronté aux violences de l'AFC/M23, aux attaques des ADF, aux déplacements de populations et à l’implication de forces étrangères. Mais la crise est aussi intérieure : des acteurs congolais ont choisi la voie des armes, tandis que le tribalisme, la désinformation, le clientélisme et la mauvaise gouvernance fragilisent davantage la cohésion nationale.

Défendre la République sans renoncer à la critique

Un désaccord politique ne peut justifier la prise des armes contre son propre pays. L’opposition démocratique est légitime et indispensable, mais elle doit clairement se distinguer de la violence armée, de la manipulation et des agendas extérieurs.

Cette exigence vaut également pour le pouvoir. Défendre les institutions ne signifie pas approuver toutes leurs actions. Le gouvernement doit garantir la sécurité, la justice, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et l’efficacité des services publics.

Notre position est simple : soutenir le pouvoir lorsqu’il défend la souveraineté et l’intérêt national, mais continuer à lui demander des comptes lorsqu’il s’éloigne des principes de justice, de compétence et de redevabilité.

Ni complaisance, ni acharnement : la République d’abord.

La guerre freine aussi le développement

La guerre ne détruit pas uniquement des vies et des infrastructures. Elle réduit les investissements, fragilise la confiance, détourne des ressources publiques et retarde le développement.

Dans ce contexte, les Accords de Washington constituent une opportunité qu’il faut exploiter avec prudence et responsabilité.

Les perspectives d’investissements dans les infrastructures, les minerais stratégiques et l’intégration économique peuvent contribuer à transformer les ressources du pays en emplois et en croissance réelle.

Mais les annonces ne suffisent pas. La RDC doit offrir davantage de stabilité juridique, de sécurité, de prévisibilité institutionnelle et de compétence pour transformer les opportunités en investissements concrets.

La souveraineté économique passe également par la récupération, la sécurisation et la valorisation des actifs de l’État. Les actifs miniers et pétroliers récupérés doivent produire des bénéfices visibles pour la population : écoles, routes, hôpitaux, énergie, emplois et infrastructures.

Le danger des fractures internes

La RDC est également menacée par le tribalisme, le régionalisme, la haine politique et la méfiance entre communautés. Notre diversité ne constitue pas une faiblesse ; c’est notre incapacité à en faire une véritable force nationale qui nous fragilise.

La mauvaise gouvernance, l’impunité, le clientélisme et l’incompétence constituent aussi des menaces pour la République.

Les citoyens ont, eux aussi, une responsabilité.

La démocratie ne se limite pas au vote. Elle implique de contrôler, questionner, proposer, dénoncer, s’organiser et demander des comptes. La nouvelle génération doit passer de l’indignation individuelle à l’action citoyenne organisée, sans être instrumentalisée par le pouvoir ou l’opposition.

Un dialogue national pour refonder le pacte républicain

Nous saluons l’ouverture en faveur d’un dialogue national inclusif ainsi que les démarches de la CENCO et de l’ECC visant à rapprocher les positions. Mais ce dialogue ne doit pas devenir un simple partage de postes ou une négociation entre états-majors politiques. Il doit permettre de refonder le pacte national autour de principes essentiels : intégrité territoriale, démocratie, cohésion nationale, justice, bonne gouvernance, souveraineté économique et respect des échéances électorales.

La parole des Congolais doit précéder les arrangements politiques. Les consultations doivent partir des territoires et des provinces afin que les populations expriment leurs priorités avant toute synthèse nationale.

Le dialogue doit surtout déboucher sur des engagements précis, un calendrier, des responsabilités identifiées et un mécanisme de suivi.

Doha et le dialogue national : deux processus à distinguer

Le processus de Doha et le dialogue national doivent être poursuivis, mais sans être confondus. Doha doit principalement contribuer à mettre fin aux hostilités, protéger les populations, obtenir le désarmement et restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées par la guerre. Le dialogue national doit, quant à lui, s’attaquer aux fractures politiques, institutionnelles, sociales et économiques internes.

Le dialogue ne doit pas banaliser la rébellion armée ni faire de la prise des armes un raccourci vers le pouvoir. De son côté, le processus de paix ne doit pas servir à éviter les réformes nécessaires au sein de la République.

Cinq engagements pour un nouveau pacte national

Premier engagement : protéger la République et son territoire. L’intégrité territoriale, la protection des populations, le désarmement des groupes armés, le retrait des forces étrangères et l’autorité de l’État doivent constituer une ligne rouge commune.

Deuxième engagement : préparer des élections apaisées. Les prochaines échéances doivent être un rendez-vous démocratique et non une nouvelle source de crise. Toute réforme institutionnelle ou constitutionnelle doit répondre à l’intérêt général, respecter la légalité et faire l’objet d’un débat national suffisamment large.

Troisième engagement : reconstruire la cohésion nationale. L’État, l’école, les médias, les Églises, les familles, les artistes et les organisations citoyennes doivent combattre le tribalisme, les discours de haine et la manipulation identitaire.

Quatrième engagement : refonder la gouvernance et la souveraineté économique. La RDC doit mieux protéger ses ressources, valoriser ses actifs, sécuriser les investissements, renforcer la transparence des contrats, développer la transformation locale et créer davantage d’emplois.

Cinquième engagement : garantir justice, mémoire et réparation. Les victimes doivent être reconnues, les crimes documentés et les responsabilités établies. La recherche de la paix ne peut se construire sur l’effacement des souffrances des victimes.

Vers une Alliance citoyenne pour la Patrie

La société civile congolaise dispose de nombreuses organisations et compétences, mais elle reste trop souvent dispersée.

Nous proposons donc la création d’une Alliance Citoyenne pour la Patrie, réunissant mouvements citoyens, organisations de la société civile, lanceurs d’alerte, chercheurs, universitaires, femmes, jeunes, associations de victimes, organisations professionnelles, acteurs culturels, Églises, diaspora et personnalités indépendantes.

Cette alliance ne devrait être ni une structure supplémentaire de partage de postes, ni une opposition déguisée, ni un relais du pouvoir. Elle aurait vocation à documenter, proposer, contrôler, interpeller et défendre l’intérêt national.

Elle devrait notamment suivre les grands accords engageant l’avenir du pays, défendre la souveraineté économique, combattre le tribalisme et la désinformation, porter la mémoire des victimes et contribuer à l’éveil citoyen de la jeunesse.

Faire de la crise une occasion de reconstruire

Le Congo n’a besoin ni d’une société civile soumise au pouvoir, ni d’une opposition soutenant les armes, ni de partenaires étrangers considérés comme des tuteurs.

Il a besoin de citoyens capables de soutenir ce qui sert la République, de critiquer ce qui l’affaiblit et de demander des comptes à tous les responsables publics.

Le véritable enjeu dépasse le prochain dialogue, les prochaines élections ou même la fin de la guerre. Il concerne le Congo que nous voulons reconstruire et celui que nous laisserons aux générations futures.

Le moment est venu d’unir la Nation, de restaurer la confiance et de refonder le pacte national autour d’une exigence commune : la République d’abord.


Diplomatie : le RéDiF appelle à renforcer le rayonnement de la RDC et les liens entre diplomates

Les Alumni de la Classe diplomatique de la République Démocratique du Congo ont été conviés à une rencontre organisée le 17 août 2026 à Kinshasa et aussi en ligne dans le cadre du Réseau des diplomates francophones (RéDiF). L’initiative vise notamment à mieux faire connaître ce réseau, à lancer une campagne d’adhésion et à favoriser les échanges entre ses membres.

À travers cette rencontre, les organisateurs souhaitent créer un espace de dialogue, recueillir les conseils des anciens participants à la Classe diplomatique et réfléchir aux moyens de renforcer l’accompagnement des autorités en faveur des différentes initiatives portées par les membres du réseau, a déclaré le vice-président Dieumerci Shimuna.

Quelle place pour la diplomatie congolaise ?

Les échanges ont également porté sur la place que doit occuper la diplomatie dans le renforcement des relations de la RDC avec ses partenaires. L’objectif est de promouvoir une diplomatie fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération, tout en évitant les fractures susceptibles d’affaiblir les relations entre la RDC et ses partenaires.

Les participants ont été invités à réfléchir à de nouvelles approches permettant à la diplomatie congolaise de mieux défendre les intérêts du pays et de renforcer son influence sur la scène internationale.

La culture comme outil de rayonnement

Le volet culturel a également occupé une place importante dans les réflexions. La RDC, riche de son patrimoine culturel, a rappelé le vice-président, entend notamment s’appuyer sur sa musique, son cinéma et ses différentes expressions artistiques pour renforcer son rayonnement international.

La rumba congolaise a été citée comme un exemple majeur de cet outil d’influence culturelle. Son rayonnement au-delà des frontières constitue, selon les intervenants, un atout que la diplomatie congolaise peut davantage valoriser.

Une francophonie au service du dialogue et de la paix

La rencontre a également ouvert la réflexion sur le rôle de la Francophonie comme espace de partage, de diversité et de rapprochement entre les peuples.

Les participants ont appelé à faire de cet espace commun un véritable levier de dialogue, de paix et de solidarité, en valorisant les différences et les richesses culturelles de ses membres.

Un réseau fondé sur l'engagement de chacun

Au-delà des échanges, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une implication active de chaque membre du RéDiF. Le dynamisme d’un réseau ne dépend pas uniquement de ses structures, mais aussi de l’engagement individuel et collectif de ses membres. La rencontre se veut ainsi un cadre convivial, ouvert et constructif, destiné à faire émerger des idées, des initiatives et de nouvelles formes de collaboration.

L’ambition affichée est de donner un nouvel élan au RéDiF afin qu’il devienne un espace de réflexion, de partage d’expériences et de mobilisation au service du rayonnement de la diplomatie congolaise.

Présentation du réseau aux Alumni de la Classe diplomatique

Gladys Karenzi a présenté le RéDiF aux Alumni de la Classe diplomatique de la République Démocratique du Congo. Dans sa présentation, elle a expliqué les objectifs du RéDiF, qui entend offrir un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de développement d’initiatives entre les anciens de la Classe diplomatique.

Encourager l’adhésion et la participation

Cette rencontre s’inscrit également dans le cadre du lancement d’une campagne d’adhésion au RéDiF. L’objectif est d’élargir le réseau et de favoriser une participation active de ses membres aux différentes initiatives. Gladys Karenzi a notamment mis l’accent sur l’importance de l’engagement individuel et collectif pour assurer le dynamisme et la pérennité du réseau.

Un espace pour réfléchir au rayonnement de la RDC

Le RéDiF ambitionne également de constituer un espace de réflexion autour des enjeux diplomatiques, du rayonnement international de la RDC et de la valorisation de ses atouts culturels.

La culture, la musique, le cinéma et les différentes expressions artistiques congolaises peuvent notamment contribuer à renforcer l’influence et l’image du pays à l’étranger. La présentation de Gladys Karenzi a ainsi permis de rappeler que le RéDiF se veut un cadre ouvert aux échanges, aux idées et aux collaborations, au service d’une diplomatie congolaise davantage connectée à ses talents et à ses réseaux.


dimanche 16 août 2026

Coopération Belgique-RDC : Danny Denolf nommé nouveau Directeur Pays d’Enabel

L’Agence belge de coopération internationale (Enabel) a officiellement annoncé la nomination de Danny Denolf au poste de Directeur Pays en République Démocratique du Congo. Il succède à Krista Verstraelen, qui a fait valoir ses droits à la retraite.

Fort de plus de 25 ans d’expérience dans le domaine de la coopération internationale, le nouveau responsable d’Enabel en RDC dispose d’un parcours marqué par des fonctions au sein de plusieurs organisations internationales, dont la Croix-Rouge de Belgique, la GIZ, la Banque mondiale, l’Union européenne et l’Institut de médecine tropicale d’Anvers.

Titulaire d’un master en développement international et en santé publique, Danny Denolf a également acquis une expérience de terrain dans plusieurs pays, notamment à Madagascar, au Pérou, au Burundi, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Maroc, au Kirghizistan et en Géorgie.

Un profil axé sur les partenariats et les secteurs stratégiques

Avant son arrivée à Kinshasa, Danny Denolf dirigeait les activités d’Enabel au Burkina Faso et au Mali. À ce poste, il a notamment travaillé au renforcement des partenariats avec le secteur privé et accompagné des initiatives dans l’entrepreneuriat, la santé et le tourisme.

Son expérience comprend également cinq années passées à Istanbul au sein de la GIZ, où il a dirigé un portefeuille régional couvrant l’Afrique du Nord, les Balkans et l’Asie centrale.

En RDC, il aura pour principale mission de superviser la mise en œuvre du programme de coopération entre la Belgique et la République Démocratique du Congo. Son expertise dans les chaînes de valeur, l’agrobusiness, la santé et la gestion de secteurs complexes, notamment le secteur minier, devrait contribuer à la réalisation des objectifs de cette coopération.

Collaboration avec les autorités congolaises

Danny Denolf entend privilégier une approche fondée sur la collaboration, l’écoute et la durabilité des résultats. « C’est un honneur pour moi de rejoindre Enabel en RDC. Mon objectif est de continuer le travail exceptionnel réalisé jusqu’à présent tout en plaçant la collaboration, l’écoute active et la durabilité des résultats au cœur de notre approche », a-t-il déclaré lors de sa première rencontre avec les équipes d’Enabel à Kinshasa.

Le nouveau Directeur Pays est également présenté comme un dirigeant au style participatif. Il entend promouvoir une culture professionnelle reposant sur la confiance mutuelle, la responsabilité collective et une présence accrue sur le terrain.

Il devra, dans cette perspective, travailler en étroite collaboration avec les autorités congolaises, les partenaires techniques et financiers ainsi qu’avec l’Ambassade de Belgique en RDC.

Un programme de coopération de 260 millions d’euros

Présente en République Démocratique du Congo depuis 2001, Enabel intervient actuellement dans dix provinces du pays. L’agence compte un peu plus de 400 collaborateurs en RDC et met en œuvre une vingtaine de projets.

Pour la période 2023-2029, son programme bilatéral avec la RDC représente une enveloppe globale de 260 millions d’euros, à laquelle s’ajoutent plus de 130 millions d’euros de financements multibailleurs, notamment de l’Union européenne.

À l’échelle internationale, Enabel compte plus de 2.000 collaborateurs et gère environ 170 projets dans une vingtaine de pays, en Belgique, en Afrique et au Moyen-Orient.

Hommage à Krista Verstraelen

Danny Denolf succède à Krista Verstraelen, qui quitte ses fonctions après plusieurs années à la tête de la coopération belge en RDC.

Enabel a salué son engagement et son dévouement au service du développement, tout en souhaitant plein succès à son successeur dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités.