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vendredi 23 octobre 2026

Air France et Air Côte d’Ivoire renforcent leur coopération sur la ligne Paris-Abidjan

Air France et Air Côte d’Ivoire ont annoncé la signature d’un accord réciproque de partage de codes sur la liaison aérienne entre Paris-Charles-de-Gaulle et l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Cette coopération, annoncée le 19 octobre 2026 à l’occasion de la réunion de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF), à Ajaccio, entrera en vigueur le 25 octobre 2926.

L’accord vise à élargir les possibilités de réservation pour les voyageurs entre la France et la Côte d’Ivoire, en combinant les offres commerciales et les fréquences des deux compagnies aériennes.

Une offre élargie entre Paris et Abidjan

À compter du 25 octobre 2026, Air France apposera son code commercial sur les vols opérés par Air Côte d’Ivoire entre Paris et Abidjan. De son côté, la compagnie ivoirienne commercialisera sous son propre code les vols assurés par Air France sur cette même liaison.

Ce mécanisme de partage de codes permettra aux clients des deux transporteurs d’accéder à un choix plus large d’horaires et de possibilités de voyage. Il doit également faciliter la commercialisation des billets auprès des clientèles françaises, ivoiriennes et internationales.

Pour les deux compagnies, cette coopération constitue un levier pour améliorer la connectivité aérienne entre les deux pays et soutenir les échanges économiques, touristiques et culturels.

Un partenariat appelé à s’étendre

Actionnaire et partenaire stratégique d’Air Côte d’Ivoire depuis la création de cette dernière en 2012, Air France franchit une nouvelle étape dans sa collaboration avec la compagnie nationale ivoirienne.

La direction générale d’Air France souligne que cet accord doit offrir davantage de flexibilité aux voyageurs tout en consolidant les liens entre la France et la Côte d’Ivoire.

« En associant nos offres sur la liaison Paris-Abidjan, nous proposons à nos clients français, ivoiriens et internationaux davantage de choix et de flexibilité », a déclaré Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

De son côté, Laurent Loukou, directeur général d’Air Côte d’Ivoire, présente cet accord comme le début d’une coopération plus large. La compagnie ivoirienne prévoit d’étendre progressivement ce dispositif à d’autres destinations du réseau Air France avant la fin du premier semestre 2027.

Cette extension devrait permettre à Air Côte d’Ivoire de bénéficier d’une commercialisation plus large de ses vols grâce au réseau international d’Air France, au départ et à destination de la Côte d’Ivoire.

Vers un rapprochement des programmes de fidélité

Les deux compagnies ont également annoncé le rapprochement de leurs programmes de fidélité respectifs, Flying Blue pour Air France et sMiles pour Air Côte d’Ivoire, dont le lancement est prévu à la fin de l’année 2026.

Grâce à ce dispositif, les membres de sMiles pourront cumuler des miles sur les vols entre Abidjan et Paris opérés par Air France et, à terme, les utiliser sur l’ensemble du réseau de la compagnie française.

Réciproquement, les adhérents de Flying Blue pourront cumuler et utiliser leurs miles sur les vols d’Air Côte d’Ivoire entre Paris et Abidjan.

Une meilleure connectivité pour les voyageurs

Avec cet accord commercial et le rapprochement de leurs programmes de fidélité, Air France et Air Côte d’Ivoire entendent proposer une expérience de voyage plus fluide sur l’un des principaux axes aériens reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe.

Au-delà de l’élargissement des possibilités de réservation, cette coopération doit favoriser une meilleure visibilité internationale d’Air Côte d’Ivoire et renforcer les relations aériennes entre Paris et Abidjan, avant une éventuelle extension à d’autres destinations.


Grand Inga : la RDC mise sur la formation des compétences locales pour concrétiser son ambition hydroélectrique

La République Démocratique du Congo entend renforcer les compétences nationales afin de mieux préparer la réalisation de ses ambitions hydroélectriques, notamment le développement du complexe d’Inga. Du 3 au 9 octobre 2026, une délégation congolaise de 11 représentants a participé au salon Business Hydro, organisé à Grenoble, en France.

Cette mission, menée dans le cadre du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), mis en œuvre par Expertise France et financé par l’Agence française de développement (AFD), visait à promouvoir le projet Grand Inga, à valoriser le PAES 2 Inga et à explorer de nouvelles possibilités de coopération avec les acteurs de la filière hydroélectrique.

Grand Inga : préparer les compétences nécessaires aux ambitions nationales

Le potentiel hydroélectrique de la République Démocratique du Congo constitue un levier stratégique pour son développement économique et énergétique. Toutefois, la concrétisation de cette ambition ne dépend pas uniquement de la construction des infrastructures. Elle nécessite également des ingénieurs, des techniciens et des professionnels qualifiés, capables d’intervenir dans la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance des installations.

C’est dans cette perspective qu’une délégation congolaise a pris part au salon Business Hydro 2026, organisé les 6 et 7 octobre 2026 à Grenoble, en France. Composée de représentants de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI), de la Société nationale d’électricité (SNEL), du ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MESURSI), ainsi que de plusieurs établissements d’enseignement supérieur, notamment l’Université de Lubumbashi (UNILU), l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) et l’Institut supérieur des techniques appliquées de Kinshasa (ISTA-KIN), cette délégation a échangé avec des acteurs français et internationaux du secteur.

L’objectif était de rapprocher les formations universitaires et techniques des besoins réels de l’industrie hydroélectrique, afin de mieux préparer les ressources humaines appelées à accompagner les futurs projets énergétiques du pays.

Le PAES 2 Inga au cœur du développement des compétences

La mission a mis en lumière le Projet d’appui à l’enseignement supérieur, dans sa composante PAES 2 Inga, qui vise à renforcer les formations dans les métiers de l’hydroélectricité. Cette initiative entend développer les synergies entre les universités congolaises, les entreprises, les industriels et les centres de recherche. Il s’agit de mieux anticiper les besoins en qualifications, de renforcer la dimension pratique des enseignements et de faciliter l’accès aux équipements pédagogiques, aux stages professionnels et à la recherche appliquée.

Cette démarche revêt une importance particulière au regard des perspectives de développement du complexe hydroélectrique d’Inga, du projet Inga 3. La disponibilité de compétences locales adaptées aux exigences techniques de ces infrastructures représente en effet un enjeu majeur pour permettre aux Congolais de participer pleinement à leur réalisation et à leur exploitation.

À travers le PAES 2 Inga, l’ambition est de faire évoluer l’enseignement supérieur en fonction des besoins du secteur énergétique et de favoriser une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les emplois de demain.

Business Hydro 2026 : une vitrine pour les ambitions congolaises

Avec 205 stands professionnels et plus de 2.500 visiteurs, le salon Business Hydro 2026 a constitué une occasion pour la RDC de présenter ses ambitions et de nouer des contacts avec les acteurs de la filière hydroélectrique.

La délégation congolaise disposait d’un espace consacré au projet Grand Inga et au PAES 2 Inga. Cette présence a permis de faire connaître les initiatives engagées par le pays et de susciter l’intérêt des professionnels pour les perspectives offertes par le développement du potentiel hydroélectrique congolais.

Les projets de la RDC ont également été présentés au cours d’une séquence destinée aux donneurs d’ordre, aux côtés d’entreprises et d’acteurs importants du secteur, dont EDF, Vinci Énergies, Artelia et Eiffage.

Au-delà de cette visibilité, la participation au salon a permis d’identifier des partenaires potentiels susceptibles de contribuer au développement des formations, au transfert de savoir-faire et au renforcement des relations entre les établissements d’enseignement supérieur congolais et les entreprises spécialisées.

Des échanges techniques pour ouvrir la voie à de nouveaux partenariats

La mission s’est poursuivie par des rencontres professionnelles et des visites de sites d’exploitation et de formation auprès d’EDF et de Vinci Énergies. Ces échanges ont permis aux membres de la délégation de découvrir différentes approches en matière de formation professionnelle, de maintenance des installations hydroélectriques et de transmission des compétences techniques.

Plusieurs pistes de coopération ont ainsi été explorées en ce qui concerne la mise à disposition d’équipements pédagogiques, le développement de plateaux techniques, la recherche appliquée, l’organisation de stages en entreprise et l’amélioration de l’insertion professionnelle des diplômés.

Pour les institutions congolaises participantes, le défi consiste désormais à transformer les contacts établis à Grenoble en partenariats concrets, adaptés aux réalités et aux priorités de la RDC.

Ces collaborations pourraient contribuer à moderniser les dispositifs de formation, à renforcer les capacités des enseignants et des étudiants et à faciliter l’acquisition de compétences directement mobilisables dans les projets énergétiques nationaux.

Former les talents congolais pour soutenir la transition énergétique

À travers le PAES 2 Inga, l’Agence française de développement et Expertise France soutiennent une approche qui associe le développement des infrastructures énergétiques, la modernisation de l’enseignement supérieur et le renforcement des compétences locales.

La participation congolaise au salon Business Hydro 2026 constitue une étape dans cette dynamique. Le suivi des contacts établis et la poursuite des échanges devront permettre de préciser les partenariats envisageables et de concevoir des formations davantage adaptées aux besoins de l’industrie hydroélectrique.


Surpopulation à la Prison Centrale de Makala : la DCDHE réclame une réforme judiciaire

La Dynamique chrétienne pour la défense des droits humains et de l’environnement (DCDHE) salue la décision du ministre d’État, ministre de la Justice, portant suspension provisoire de l’admission de nouveaux détenus à la Prison centrale de Makala, à Kinshasa.

Dans un communiqué de presse publié le 22 octobre 2026, cette organisation estime toutefois que cette mesure d’urgence doit être accompagnée de réformes structurelles pour lutter durablement contre la surpopulation carcérale et les détentions arbitraires en République Démocratique du Congo.

Makala : un établissement conçu pour 1.500 personnes, mais qui en accueille plus de 16.000

Pour la DCDHE, la suspension des nouvelles admissions constitue une mesure conservatoire importante face à une situation carcérale alarmante. Selon les chiffres officiels cités par l’organisation, la Prison centrale de Makala, prévue pour accueillir 1.500 détenus, en compte actuellement 16.155.

Si la décision du ministère de la Justice est saluée par les défenseurs des droits humains, elle ne saurait, à elle seule, résoudre les problèmes structurels du système pénitentiaire congolais.

La DCDHE pointe notamment le non-respect des garanties constitutionnelles et procédurales par certains magistrats, ainsi que le recours excessif à la détention préventive. Ces pratiques contribuent, selon elle, à faire de la privation de liberté le principe et de la liberté l’exception.

Renforcer les mécanismes de contrôle contre les arrestations arbitraires

Pour répondre à cette crise, l’organisation, présidée par Me Carlos Mupili, préconise, à court terme, le renforcement des mécanismes d’inspection et de contrôle des lieux de détention.

L’objectif est de permettre aux avocats et aux défenseurs des droits humains de disposer de mécanismes efficaces pour signaler les arrestations arbitraires, les détentions irrégulières et les éventuelles violations des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Dans son intervention, Carlos Mupili compare la suspension des admissions à un traitement symptomatique qui, bien qu’utile dans l’urgence, ne s’attaque pas aux causes profondes de la crise.

« Cette mesure a la valeur de l’aspirine contre la fièvre et doit être accompagnée d’un traitement efficace », souligne-t-il, insistant sur la nécessité de mettre en place des solutions durables.

Introduire un juge d’instruction et un juge des libertés et de la détention

À plus long terme, la DCDHE plaide pour une réforme de l’organisation judiciaire et du Code de procédure pénale. Elle propose notamment l’introduction des fonctions de juge d’instruction et de juge des libertés et de la détention.

Cette réforme viserait à renforcer les garanties entourant les procédures judiciaires et à mieux encadrer le recours à la détention préventive, tout en préservant les missions légales du ministère public en matière d’enquête et de poursuite.

Pour l’organisation, une telle évolution contribuerait à mieux protéger les droits de la défense et à garantir que toute privation de liberté respecte les exigences constitutionnelles et procédurales.

Vers un cadre de concertation réunissant les institutions judiciaires et sécuritaires

Dans l’attente de réformes législatives, Carlos Mupili propose également que le ministre de la Justice coordonne la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les principales institutions concernées par la protection des droits humains.

Cette plateforme pourrait rassembler le président de la Cour constitutionnelle, le premier président de la Cour de cassation, le procureur général près la Cour de cassation, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), les organisations de défense des droits humains ainsi que les responsables des services de sécurité.

Parmi les structures évoquées figurent notamment l’Agence nationale de renseignements (ANR), les services de sécurité de la police, la DEMIAP et les structures compétentes en matière de cybersécurité.

Selon le président national de la DCDHE, cette concertation permettrait aux différents acteurs d’échanger sur les pratiques en vigueur, d’identifier les dysfonctionnements et de définir des mesures concrètes pour assurer un meilleur respect des droits humains en RDC.

La DCDHE appelle à des mesures qui s’attaquent aux causes profondes

Au-delà de la situation de Makala, la DCDHE invite le Gouvernement à dépasser les réponses ponctuelles et à engager une réforme approfondie du système judiciaire et pénitentiaire.

L’organisation estime que le désengorgement des prisons ne peut être durable sans une meilleure application de la Constitution, le respect des droits de la défense et la reconnaissance du caractère exceptionnel de la détention préventive.

Pour la DCDHE, lutter contre la surpopulation carcérale, c’est aussi prévenir les arrestations arbitraires, mettre fin aux détentions irrégulières et renforcer l’État de droit en République Démocratique du Congo.


Désenclavement du Kasaï : Judith Suminwa soutient le projet de construction de la route Ilebo–Kananga

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, jeudi 22 octobre 2026, à Kinshasa, une délégation de l’entreprise Arab Contractors Sub-Sahara, conduite par son directeur régional, Hassan Mohamed Hassoun. Au centre des échanges était le projet de construction et de modernisation de la route Ilebo–Kananga, un axe stratégique de 370 kilomètres comprenant également quatre ponts, destiné à améliorer la connectivité du Kasaï et à faciliter les échanges commerciaux avec Kinshasa.

Accompagnée de ses partenaires financiers, la délégation est venue présenter à la cheffe du Gouvernement l’évolution du dossier, notamment ses dimensions techniques et financières. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de renforcer les infrastructures de transport et de stimuler le développement économique des provinces du Kasaï.

Déjà engagée dans les travaux de construction de la route Kamwesha–Kananga, Arab Contractors entend étendre ses activités dans cette région à travers ce nouveau projet. Pour en assurer le financement et la couverture des risques, l’entreprise s’est associée à plusieurs partenaires, dont la Trade and Development Bank (TDB), United Bank for Africa (UBA) et la compagnie d’assurances Rawsur.

Ilebo–Kananga, un axe stratégique pour les échanges commerciaux

Reliant le port fluvial d’Ilebo à la ville de Kananga, cette route est appelée à jouer un rôle majeur dans l’amélioration de la circulation des personnes et des marchandises. Elle devrait notamment faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les centres de consommation et renforcer les échanges entre le Kasaï et Kinshasa.

Au sortir de l’audience, Hassan Mohamed Hassoun a souligné l’importance de cette infrastructure pour le développement régional.

« Nous avons eu l’occasion d’être reçus par Son Excellence Madame la Première Ministre pour lui présenter un projet majeur de développement de la région du Kasaï, portant sur la construction de l’axe routier Ilebo–Kananga. L’objectif était de lui présenter l’évolution du projet et son montage technique et financier ».

Au-delà de la construction de la route principale, le projet prévoit, dans une deuxième phase, l’aménagement de routes de desserte agricole. Ces voies secondaires devraient permettre aux producteurs locaux d’évacuer plus facilement leurs récoltes vers les marchés et de réduire les difficultés liées à l’enclavement des zones de production.

La production agricole et les coopératives féminines au cœur du projet

Pour Arab Contractors, la modernisation de cet axe routier ne constitue pas seulement un investissement dans les infrastructures. Elle représente également une opportunité de dynamiser l’économie locale, de soutenir les activités agricoles et de favoriser la création d’emplois.

L’entreprise entend notamment encourager le développement des coopératives agricoles, avec une attention particulière accordée aux initiatives portées par les femmes.

« Cette route va permettre de désenclaver la région et de développer les activités agricoles. Le projet ne s’arrête pas à la construction de la route principale. Dans une deuxième phase, nous prévoyons des routes de desserte agricole pour permettre aux producteurs d’acheminer leurs marchandises vers les marchés. Nous voulons également encourager les coopératives, notamment celles des femmes ».

La réalisation de ces aménagements pourrait contribuer à améliorer les conditions de commercialisation des produits agricoles, à élargir l’accès aux marchés et à renforcer les revenus des communautés rurales concernées.

Le Gouvernement promet un accompagnement dans le respect des procédures

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a manifesté son intérêt pour cette initiative et assuré ses interlocuteurs de l’accompagnement du Gouvernement dans le suivi du dossier. Elle a néanmoins insisté sur la nécessité de respecter les procédures administratives et réglementaires applicables avant toute concrétisation du projet.

Selon Hassan Mohamed Hassoun, la cheffe du Gouvernement entend suivre de près l’évolution de ce dossier, compte tenu de son importance pour le désenclavement et le développement économique du Kasaï.

« Madame la Première Ministre nous a rassurés de son accompagnement. Elle va suivre de près l’évolution du dossier parce qu’elle est consciente de l’importance de cet axe routier pour la région. Mais nous devons respecter toutes les procédures prévues par l’État ».

Arab Contractors et ses partenaires ont déjà soumis officiellement leur offre à l’autorité compétente. Les prochaines étapes dépendront donc de l’avancement des démarches administratives et de la finalisation des préparatifs techniques et financiers.

Une première pierre envisagée au début de 2027

Forte de sa présence actuelle dans la région, notamment à travers le chantier Kamwesha–Kananga, l’entreprise estime pouvoir mobiliser plus facilement les moyens techniques et logistiques nécessaires à la réalisation du nouvel axe.

Sous réserve de l’évolution favorable des procédures, Arab Contractors envisage de finaliser les préparatifs dans les deux à trois prochains mois et de procéder à la pose de la première pierre au début de l’année 2027.

« Si les procédures avancent normalement, nous pouvons finaliser les préparatifs dans les deux à trois prochains mois et envisager la pose de la première pierre dès le début de l’année prochaine », a annoncé Hassan Mohamed Hassoun.

La délégation reçue à la Primature comprenait également Mahmoud Nassef Baioumy, directeur général d’Arab Contractors RDC ; John Esther, directeur régional de TDB Bank ; Jerry Mushayuma, responsable de TDB Bank en RDC ; ainsi que Bobby Singa, directeur des Grandes Entreprises à UBA RDC.

Un projet inscrit dans les priorités gouvernementales

La construction de la route Ilebo–Kananga s’inscrit dans les priorités du Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka en matière de modernisation des infrastructures de transport, de désenclavement des territoires et de soutien à la production agricole.

Elle rejoint les objectifs du troisième pilier du Programme d’actions du Gouvernement pour la période 2024-2028, consacré notamment à l’amélioration des infrastructures et au développement économique.

Si le projet se concrétise conformément aux prévisions annoncées, cet axe de 370 kilomètres pourrait contribuer à mieux relier les centres de production agricole aux marchés, à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique du Kasaï avec le reste du pays. Sa mise en œuvre effective reste toutefois tributaire de la finalisation des procédures administratives et financières nécessaires.


RDC : le SYNAMED aux Cliniques universitaires de Kinshasa exige la localisation du Dr Lucien Bukasa

Après l’enlèvement présumé de leur collègue, des médecins réunis en assemblée générale extraordinaire dénoncent les circonstances de sa disparition et demandent aux autorités de garantir ses droits. Ils réclament que le médecin orthopédiste soit localisé et, si des faits lui sont reprochés, présenté devant les instances compétentes conformément à la procédure légale.

Le Syndicat national des médecins (SYNAMED), section des Cliniques universitaires de Kinshasa, hausse le ton après la disparition du docteur Lucien Bukasa, médecin spécialiste en orthopédie et chef de travaux à la faculté de médecine de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Réunis en assemblée générale extraordinaire le 23 octobre 2026, ses collègues ont exprimé leur inquiétude face aux circonstances de son enlèvement présumé et exigé des autorités des informations précises sur le lieu où il se trouve.

A l’issue de cette rencontre, le docteur Aldo Mavinga Nzita, secrétaire sectionnaire principal du SYNAMED aux Cliniques universitaires de Kinshasa, a indiqué que les informations disponibles demeuraient floues. Selon les témoignages et informations relayés par ses collègues, le médecin aurait été interpellé la veille, entre 17 heures et 18 heures, à la sortie d’une intervention chirurgicale dans une clinique orthopédique située dans la commune de Lemba.

Le Dr Lucien Bukasa aurait été emmené par des personnes non identifiées circulant à bord d’un véhicule de couleur noire, dépourvue de plaques d’immatriculation, vers une destination qui restait inconnue au moment de l’assemblée.

Le responsable syndical a précisé que plusieurs informations circulaient sur les réseaux sociaux au sujet du lieu de détention présumé du médecin, voire de sa prétendue libération. Toutefois, aucune de ces informations n’avait pu être confirmée de manière fiable.

Une priorité : savoir où se trouve le médecin

Pour le docteur Aldo Mavinga Nzita, la préoccupation immédiate des médecins n’est pas de déterminer les raisons de cette interpellation présumée, mais de connaître le lieu où se trouve leur collègue et de s’assurer de sa sécurité.

« Nous ne voulons pas connaître d’abord la cause, nous voulons savoir où il est », a-t-il insisté en résumant les principales préoccupations exprimées au cours de l’assemblée.

Le SYNAMED estime que, quels que soient les faits éventuellement reprochés au médecin, ceux-ci doivent être examinés dans le respect des lois et des procédures en vigueur en République Démocratique du Congo.

Le docteur Mavinga Nzita a rappelé le parcours professionnel de son collègue, présenté comme un spécialiste chevronné en orthopédie et un enseignant ayant contribué à la formation de plusieurs générations de médecins à l’UNIKIN. À ses yeux, cette responsabilité professionnelle justifie également que ses droits et sa dignité soient préservés.

Des informations contradictoires sur une éventuelle libération

Au cours des échanges, plusieurs participants ont fait état de messages diffusés sur les réseaux sociaux annonçant que le médecin aurait été retrouvé ou libéré. Ces informations ont toutefois suscité la prudence des membres de l'assemblée.

Un participant a affirmé avoir pris contact avec un médecin, présenté durant la réunion comme le frère du médecin recherché et lui-même gynécologue aux Cliniques universitaires de Kinshasa. Selon son compte rendu, ce dernier avait démenti l'information faisant état d'une libération.

À l'issue de cette vérification, les participants ne disposaient d'aucune confirmation officielle permettant d'établir où se trouvait leur collègue.

Certains intervenants ont également souligné la nécessité de distinguer les rumeurs des informations vérifiées et d'éviter la propagation de nouvelles susceptibles d'entretenir la confusion autour de cette affaire.

Le recours aux autorités et aux instances médicales envisagé

Au cours de l'assemblée générale extraordinaire, plusieurs médecins ont proposé différentes démarches pour obtenir des éclaircissements. Ils ont recommandé de mobiliser les structures syndicales et ordinales de la profession médicale afin d'approcher les autorités compétentes.

Parmi les pistes évoquées figurent des démarches auprès des ministères de la Santé et de l'Intérieur, ainsi qu'auprès des services chargés de la sécurité, dans le but de vérifier si le médecin est effectivement détenu par un service officiel et, le cas échéant, de connaître le fondement de cette détention.

Les participants ont estimé que les organisations représentatives des médecins disposent de relais institutionnels susceptibles de faciliter ces démarches. Ils ont appelé à privilégier les voies appropriées pour obtenir des réponses rapides, sans exclure une mobilisation plus large si la situation persistait.

Une éventuelle grève évoquée en cas d'absence de réponse

Au cours des discussions, un participant a proposé de lancer une campagne médiatique pendant 48 heures pour sensibiliser l'opinion publique et exercer une pression sur les autorités. En l'absence de résultats, il a également évoqué la possibilité d'un mouvement de grève.

Cette proposition a été formulée comme une piste d'action au cours des échanges. Aucun déclenchement effectif d'une grève n'a été annoncé dans les éléments rapportés de cette assemblée.

Pour les médecins présents, l'objectif demeure d'obtenir la localisation de leur collègue et de garantir le respect de ses droits, tout en privilégiant les démarches susceptibles de conduire à une issue rapide.

Le respect de la procédure judiciaire exigé

Les participants ont rappelé qu'une personne soupçonnée d'avoir commis une infraction doit être prise en charge dans le respect des procédures légales. Ils ont insisté sur l'importance d'informer la famille et de permettre, le cas échéant, la présentation de l'intéressé devant les autorités judiciaires compétentes.

Leur démarche, ont-ils expliqué, ne vise pas à faire obstacle à une éventuelle enquête, mais à obtenir des garanties sur la situation du médecin et à prévenir toute atteinte à ses droits fondamentaux. « S'il y a un problème, qu'il soit présenté devant le tribunal qui va statuer sur ce problème », a résumé l'un des intervenants au cours des discussions.

Un communiqué annoncé pour formaliser les revendications

À la clôture de la réunion, le docteur Aldo Mavinga Nzita a annoncé la préparation d'un communiqué destiné à formaliser la position des participants et à porter leurs préoccupations à la connaissance des autorités et de l'opinion publique.

Le SYNAMED et les médecins des Cliniques universitaires de Kinshasa entendent ainsi réclamer des éclaircissements sur les circonstances de la disparition du docteur Lucien Bukasa, sa localisation et la garantie de ses droits.

En attendant des informations officielles, l'assemblée a réaffirmé sa volonté de poursuivre les démarches nécessaires pour retrouver la trace de leur collègue.

À ce stade, les circonstances exactes de la disparition présumée du médecin, le service qui pourrait le détenir et les éventuels motifs de son interpellation restent à établir officiellement.


mercredi 21 octobre 2026

RDC : la Protection civile renforce la préparation face aux risques de la saison des pluies 2026-2027

À l’approche de la saison des pluies 2026-2027, les autorités congolaises et leurs partenaires renforcent les mécanismes de prévention et d’alerte précoce face aux risques d’inondations, de crues, d’érosions et de glissements de terrain. Réunis à Kinshasa le 21 octobre 2026, dans le cadre d’un briefing saisonnier et d’un forum médias, ils ont appelé à anticiper les impacts potentiels du phénomène El Niño et à mieux informer les populations exposées.

Des précipitations supérieures à la normale attendues dans plusieurs régions

Selon les prévisions saisonnières de l’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (METTELSAT), la période d’octobre à décembre 2026 pourrait connaître des précipitations supérieures à la normale sur une grande partie du pays. Certaines zones de l’Ouest et du centre pourraient toutefois enregistrer des conditions proches de la normale.

Face à ces perspectives, la secrétaire permanente de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes, Huguette Kahindo Mulihirwa, a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance météorologique et hydrologique, d’actualiser les plans de contingence et de mobiliser les ressources avant la survenue d’éventuelles catastrophes.

Elle a également appelé les ministères sectoriels, les autorités provinciales et locales, les partenaires humanitaires et la société civile à coordonner leurs interventions afin de protéger les communautés les plus vulnérables.

Transformer les prévisions en actions concrètes

Pour la Direction générale de la Protection civile (DGPC), l’enjeu consiste à traduire les informations scientifiques en mesures opérationnelles. Son directeur général intérimaire a notamment plaidé pour le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’amélioration des capacités de secours, la protection des infrastructures essentielles et la préparation des populations exposées.

Il a également insisté sur l’importance de l’action anticipatoire, qui consiste à prendre des mesures préventives sur la base de prévisions et de seuils définis à l’avance, avant que les conséquences les plus graves d’un événement ne se produisent.

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), par la voix de sa représentante en RDC, Eyrap Marye, a réaffirmé son engagement à accompagner les autorités dans le renforcement des mécanismes d’alerte, de la préparation communautaire et de la coordination des interventions.

Les médias appelés à relayer les alertes officielles

Le briefing a également mis l’accent sur le rôle des professionnels des médias dans la prévention des catastrophes. Les journalistes sont invités à privilégier les sources officielles, à vérifier les informations et à diffuser des messages de prévention clairs, accessibles et adaptés aux communautés concernées.

Les organisateurs rappellent qu’une prévision météorologique ne constitue pas automatiquement une alerte officielle. L’évaluation des risques, la décision des autorités compétentes et la diffusion des consignes doivent suivre les procédures établies afin d’éviter toute confusion.

La DGPC, la METTELSAT, la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes et leurs partenaires entendent ainsi poursuivre la veille tout au long de la saison des pluies, avec pour objectif de réduire les pertes en vies humaines, de limiter les dégâts matériels et de préserver les moyens de subsistance des populations.

« Prévoir aujourd’hui, c’est sauver des vies demain », a rappelé le directeur général intérimaire de la Protection civile, appelant à une mobilisation collective pour une RDC mieux préparée face aux risques climatiques.


Cameroun : la BAD accorde 40 millions d’euros à AFG Bank pour financer les entreprises

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 21 octobre 2026, une facilité de financement de 40 millions d’euros en faveur d’AFG Bank Cameroun. Ce mécanisme vise à améliorer l’accès des entreprises camerounaises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), au financement du commerce, à soutenir la production locale et à favoriser la création d’emplois.

Deux instruments pour faciliter le financement du commerce

La facilité approuvée par le conseil d’administration du Groupe de la BAD comprend deux volets complémentaires. Le premier est une ligne de crédit destinée au financement du commerce, d’un montant maximal de 30 millions d’euros sur une durée de trois ans et demi, assortie d’une période de différé de trois ans.

Le second volet consiste en une garantie de transaction de 10 millions d’euros, valable cinq ans. Cet instrument doit permettre de faciliter les opérations de financement du commerce réalisées par AFG Bank Cameroun, en réduisant les risques supportés par les banques partenaires qui interviennent dans ces transactions.

Grâce à ce dispositif, la BAD pourra garantir jusqu’à 100 % des engagements concernés auprès des banques confirmatrices, notamment pour la confirmation des lettres de crédit et d’autres instruments similaires émis par AFG Bank Cameroun au bénéfice des entreprises locales.

Les PME, les femmes et les jeunes au cœur du dispositif

Cette facilité vise particulièrement les petites et moyennes entreprises, dont l’accès au financement des opérations internationales demeure un enjeu majeur. Une attention spécifique sera accordée aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes et des jeunes.

« La moitié de la ligne de crédit destinée au financement du commerce sera allouée aux PME, dont 30 % pour soutenir l’entrepreneuriat féminin et/ou jeune », a précisé Eric Valery Zoa, directeur général d’AFG Bank Cameroun.

Pour la banque, ce partenariat doit renforcer sa capacité à répondre aux besoins des entreprises en matière de commerce extérieur et à les accompagner dans le développement de leurs activités.

Agro-industrie, manufactures et import-export concernés

Les financements pourront notamment soutenir les entreprises actives dans l’agro-business, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et l’import-export.

Les bénéficiaires pourront ainsi financer plus facilement l’importation de machines, d’équipements et d’intrants indispensables à leurs activités. L’accès à ces ressources doit contribuer à améliorer les capacités de production, à renforcer la compétitivité des entreprises et à développer leur potentiel d’exportation.

À terme, l’initiative ambitionne également de stimuler les échanges commerciaux, de consolider les chaînes de valeur locales et de réduire la dépendance à certains produits finis importés, en favorisant une production nationale plus importante.

La BAD réaffirme son soutien au secteur privé camerounais

Pour Leandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale et responsable pays pour le Cameroun, ce financement doit contribuer à renforcer le rôle du secteur privé dans le développement économique.

Il souligne que l’amélioration de l’accès au financement du commerce peut stimuler la production locale, ouvrir de nouvelles perspectives de croissance et soutenir la création d’emplois. Le partenariat avec AFG Bank Cameroun traduit également la volonté de l’institution panafricaine d’accompagner les PME, en particulier celles portées par des femmes et des jeunes, afin qu’elles puissent mieux tirer parti des opportunités commerciales.

Une garantie pour sécuriser les opérations commerciales

Lancée en 2021, la garantie de transaction de la Banque africaine de développement fait partie des instruments mis en place pour soutenir le financement du commerce sur le continent. Elle couvre différents mécanismes, notamment les lettres de crédit confirmées, les prêts commerciaux, les engagements de remboursement irrévocables, les traites avalisées et les billets à ordre.

Ce dispositif est accessible aux banques enregistrées et opérant en Afrique, sous réserve qu’elles satisfassent aux procédures de vérification préalable de la BAD.

Avec cette facilité de 40 millions d’euros, l’institution entend ainsi renforcer les capacités de financement d’AFG Bank Cameroun et faciliter les échanges commerciaux des entreprises, tout en contribuant au développement de la production locale et à la création d’opportunités économiques au Cameroun.