APO

vendredi 24 avril 2026

De Bukavu à Kinshasa : le long périple d’un voyageur congolais

Depuis l’occupation de plusieurs villes de l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment Bukavu et Goma, se déplacer vers d’autres régions du pays relève désormais du parcours du combattant.

Pour rejoindre Bujumbura, depuis Bukavu, les voyageurs sont contraints de passer par Kigali, puis par la Tanzanie, avant de redescendre vers Uvira. Un itinéraire long, coûteux et éprouvant.

Même constat pour ceux qui veulent atteindre Bunia : ils doivent transiter par Kigali, l’Ouganda et le lac Albert. Des détours imposés qui rallongent considérablement les délais de voyage.

Des obstacles administratifs supplémentaires

Au-delà de la distance, les difficultés administratives compliquent davantage les déplacements. Les documents délivrés dans les zones sous contrôle du M23 ne sont pas reconnus ailleurs. Résultat, les voyageurs doivent souvent se procurer de nouveaux documents à chaque étape. Une situation qui fait des Congolais vivant dans ces zones des victimes à plusieurs niveaux.

Un voyage éprouvant vers Kinshasa

C’est dans ce contexte que Justin Murhula, habitant de Bukavu, raconte son expérience personnelle. En novembre 2025, il entreprend de rejoindre Kinshasa pour une affaire privée. Son itinéraire le conduit de Kigali à Kinshasa, avec escale à Addis-Abeba. Après six heures de route entre Kamembe et Kigali, puis un trajet en moto jusqu’à l’aéroport, il embarque pour son vol. Mais à Addis-Abeba, un retard de dix minutes lui fait manquer sa correspondance. Il passera la nuit sur place, prise en charge par la compagnie aérienne, avant de reprendre l’avion le lendemain. Il atterrit finalement à Kinshasa, épuisé par ce voyage à rallonge.

Entre formalités et soulagement

À son arrivée à l’aéroport de N'djili, Justin passe par la Direction générale de migration. Avec d’autres compatriotes venus de Bukavu et Goma, il répond aux questions d’usage avant de récupérer ses documents. Une phrase prononcée par un agent le marque profondément : « Bon séjour chez vous à Kinshasa ». Un moment chargé d’émotion, symbole d’appartenance à un même pays malgré les divisions.

Dans la zone de récupération des bagages, Justin découvre une ambiance bruyante et animée. Entre les porteurs qui sollicitent les passagers et le vacarme des installations, il décrit une véritable effervescence.

Un ami lui lance alors : « C’est ça Kinshasa ! » Une immersion immédiate dans l’intensité de la capitale congolaise.

Durant son séjour de 23 jours, Justin affirme n’avoir subi aucune stigmatisation liée à sa langue. Avec ses amis, il s’exprime librement en Swahili, sans crainte. Mieux encore, une habitante de Kinshasa lui demande de lui apprendre cette langue, témoignant de son intérêt pour l’Est du pays et ses richesses. Pour lui, Kinshasa reste une ville d’accueil : « Kinshasa, c’est chez nous ».

Justin met en garde contre les généralisations et les discours de division. Selon lui, les tensions ne doivent pas faire oublier l’essentiel : l’unité nationale.

Il rappelle que le conflit à l’Est reste une tragédie pour les populations locales, bouleversant profondément leur quotidien.

Un trajet qui prenait autrefois deux heures entre Goma et Kinshasa peut désormais dépasser quatre jours.

Une réalité marquée par la guerre

Ce témoignage illustre les conséquences concrètes du conflit dans l’Est de la RDC : mobilité entravée, coûts élevés et souffrances humaines. Un rappel poignant que, derrière les chiffres et les analyses, il y a des vies bouleversées.


Affaire Steeve Mbuyi : entre dénonciation d’irrégularités judiciaires, litige locatif et climat d’intimidation

Le journaliste Steeve Mbuyi de la chaîne de radio et télévision B-One a été entendu, mercredi 22 avril 2026, à l’auditorat général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), où il s’est présenté sur invitation des autorités judiciaires militaires. Cette audition visait à confirmer sa dénonciation contre certains magistrats militaires, dans une procédure qu’il juge entachée de nombreuses irrégularités.

À l’origine de cette affaire, son arrestation et sa détention durant 48 heures à l’auditorat militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, alors même qu’il affirme ne pas être militaire. Selon lui, cette procédure a été initiée à la suite d’une plainte déposée par sa bailleresse.

Des accusations d’irrégularités et de traitements inhumains

Devant l’auditorat général, Steeve Mbuyi a dénoncé un traitement qu’il qualifie d’illégal, inapproprié et inhumain. Il évoque de multiples violations des procédures judiciaires, tant dans son arrestation que dans la gestion de son dossier.

Le journaliste affirme vouloir, au-delà de son cas personnel, attirer l’attention sur les dysfonctionnements du système judiciaire congolais. Il rappelle que si certains acteurs judiciaires respectent les normes, d’autres, selon lui, s’en écartent, au détriment des justiciables ordinaires.

Un litige locatif à l’origine du conflit

Parallèlement, une procédure est en cours au Parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, où Steeve Mbuyi a porté plainte contre sa bailleresse et ses enfants pour coups et blessures.

Le différend serait né d’un désaccord autour d’une facture d’eau jugée anormalement élevée. La parcelle concernée n’étant pas enregistrée auprès de la REGIDESO, le journaliste affirme que sa facture aurait doublé en l’espace de trois mois. Après avoir exigé des explications et une facture formelle, il dit avoir été agressé par les fils de la propriétaire, avec la complicité de cette dernière.

Interpellés par la police, les présumés agresseurs ont été relâchés peu après. De son côté, la REGIDESO a ouvert une enquête et effectué une descente sur le site pour vérifier la situation.

Accusations croisées et intervention de la justice militaire

En réaction, la bailleresse et ses enfants ont saisi l’auditorat militaire de Kinshasa-Ngaliema, accusant le journaliste d’avoir sollicité des « kuluna » pour les attaquer. Une accusation que Steeve Mbuyi rejette catégoriquement, affirmant n’avoir fait appel à aucun groupe de bandits.

Cette démarche a conduit à son interpellation et à sa détention temporaire, épisode qu’il conteste aujourd’hui devant les instances compétentes. 

Menaces et inquiétudes pour sa sécurité 

Depuis qu’il a engagé des poursuites contre les magistrats militaires et sa bailleresse, le journaliste affirme être la cible d’intimidations et de menaces téléphoniques provenant d’inconnus.

Craignant pour sa sécurité, Steeve Mbuyi indique avoir quitté son domicile, bien que son contrat de bail soit toujours en cours de validité.

Une affaire révélatrice de tensions autour de la justice

Alors que les différentes procédures suivent leur cours, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour du fonctionnement de la justice en République démocratique du Congo. Entre accusations d’abus, conflits privés et insécurité personnelle, le dossier Steeve Mbuyi soulève des questions plus larges sur la protection des citoyens et le respect des procédures judiciaires.


Tribu Tetela : entre identité culturelle et symbolique des noms commençant par “O”, selon Bonheur Onema

Au cœur de la République Démocratique du Congo, la tribu Tetela, originaire notamment de la région du Sankuru, se distingue par une richesse culturelle et linguistique particulière. Parmi les traits identitaires les plus marquants figure la structure des noms propres, qui, selon certaines interprétations, portent un sens profond lié à l’histoire et à la mission du peuple Tetela.

Bonheur Onema et la signification des noms en “O”

Dans une explication détaillée, Bonheur Onema Emavonga, de communicologue de formation de l'Université de Lodja, met en lumière une spécificité souvent observée chez les Tetela : la majorité de leurs noms commencent par la lettre “O”. Selon lui, cette caractéristique n’est pas anodine, mais renvoie à une identité originelle qu’il désigne comme “O-Tetela”.

D’après son interprétation, le préfixe “O” est une abréviation porteuse de sens. Il évoque “O-tcho”, signifiant “aller” ou “va”, tandis que la lettre “T” renvoie à “T-Totshungole”, traduit par “libérer”. L’ensemble formerait une expression symbolique : “aller libérer les souffrants”, notamment dans des contextes de guerre ou de souffrance. Ainsi, pour Bonheur Onema, le peuple Tetela serait historiquement et spirituellement perçu comme un peuple libérateur.

Une lecture historique liée à Patrice Lumumba

Pour illustrer cette idée, Bonheur Onema fait référence à Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise et lui-même originaire du peuple Tetela. Selon cette lecture, Lumumba incarne cette mission de libération, ayant joué un rôle clé dans l’accession de la RDC à l’indépendance en 1960.

Il souligne également que, même lorsque les noms ne commencent pas explicitement par “O”, cette lettre serait parfois présente à l’intérieur du nom, comme une marque identitaire persistante.

Entre tradition orale et réalités administratives

Bonheur Onema évoque aussi les transformations des noms au fil du temps, notamment sous des systèmes administratifs ou de l’évolution linguistique. Certains noms auraient été modifiés dans leur écriture ou leur prononciation, notamment par l’usage du “U” en français Lutundula Pena Apala Pene, qui correspondrait phonétiquement au “O” dans la langue Tetela.

Malgré ces adaptations, il insiste sur l’importance de préserver l’authenticité des noms traditionnels, considérés comme un héritage culturel essentiel. Pour lui, ces noms ne sont pas de simples identifiants, mais des porteurs d’histoire, de mission et d’identité collective.

Une interprétation à nuancer

Il convient toutefois de préciser que ces explications relèvent d’une interprétation personnelle et culturelle, ancrée dans la tradition orale. Les linguistes et historiens peuvent proposer d’autres analyses sur l’origine des noms Tetela. Néanmoins, ce type de discours contribue à valoriser une identité culturelle forte et à susciter un intérêt pour les racines et les significations profondes des noms africains.

À travers les propos de Bonheur Onema, les noms Tetela apparaissent comme bien plus que de simples appellations. Ils incarnent une mémoire, une mission et une vision du monde. Qu’elle soit symbolique ou historique, cette lecture renforce le sentiment d’appartenance et met en lumière la richesse des traditions congolaises.


Menuiserie : un champion africain dénonce le non-respect de ses droits

Sacré meilleur menuisier d’Afrique en 2022, le Congolais Daniel Tshimanga Mpoyi accuse les organisateurs nationaux de l’avoir écarté des compétitions mondiales, malgré son parcours exemplaire et sa qualification obtenue sur le terrain.

Originaire de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, Daniel Tshimanga Mpoyi s’est imposé en 2022 comme le meilleur menuisier du continent lors de la compétition WorldSkills Africa organisée à Swakopmund, en Namibie.

Son œuvre, une porte en bois décorée réalisée sans clous, sans vis ni colle, a impressionné le jury par son ingéniosité et sa précision technique, confirmant son savoir-faire exceptionnel.

Un parcours sans faute jusqu’au sommet

Avant ce sacre continental, le menuisier congolais avait franchi toutes les étapes, notamment compétition provinciale, puis nationale, où il a également remporté la médaille d’or, avant de représenter la République Démocratique du Congo à l’échelle africaine.

Cette victoire lui a ouvert automatiquement les portes de la compétition mondiale, ultime étape du circuit des métiers.

Des compétitions mondiales manquées

Malgré cette qualification, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme n’avoir jamais été aligné pour les compétitions mondiales de 2022 et 2024. Pour l’édition 2022, il indique que des raisons liées à un contexte de guerre auraient été avancées pour justifier son absence. En 2024, il déplore n’avoir reçu aucune information officielle. « Si je n’avais pas fait des recherches moi-même, je ne saurais même pas que la compétition est prévue », regrette-t-il.

Le champion pointe du doigt les organisateurs nationaux, notamment Enabel, qu’il accuse de mauvaise gestion et d’irrégularités dans le processus de sélection. Selon lui, cette structure, impliquée dans l’organisation des compétitions en RDC, serait également responsable de la sélection des représentants aux compétitions internationales.

Des droits non respectés

Daniel Tshimanga Mpoyi évoque plusieurs droits dont il n’a pas bénéficié depuis son sacre, par exemple le financement de sa préparation, un encadrement technique adéquat, un appui matériel, ainsi que sa participation aux compétitions mondiales.

Il rappelle que la compétition panafricaine constitue une passerelle directe vers la scène mondiale, rendant son exclusion difficile à comprendre.

À quelques mois de la prochaine compétition mondiale prévue en septembre 2026 à Shanghai en Chine, le menuisier lance un appel aux autorités congolaises.

Il demande au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et au gouvernement d’intervenir pour garantir sa participation et faire respecter ses droits, tout en exigeant des explications de la part de Enabel.

Une détermination intacte et hors paire

Malgré les obstacles, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme être prêt à représenter dignement la RDC. « J’ai encore la capacité de remporter la compétition », assure-t-il, tout en insistant sur l’urgence d’un encadrement à quelques mois de l’échéance.

Le cas de ce champion africain met en lumière les défis liés à la valorisation des talents en République Démocratique du Congo. Entre succès internationaux et manque d’accompagnement, la question de la gestion des compétences locales reste posée.


RDC : une note circulaire pour clarifier les rapports entre Conseils et Exécutifs communaux

Le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a publié le 22 avril 2026 à Kinshasa une note circulaire visant à encadrer les relations entre les Conseils communaux et les Exécutifs communaux, dans un contexte marqué par la coexistence de deux régimes administratifs au niveau local.

Une dualité administrative source de tensions

Selon le document signé à Kinshasa par Jacquemain Shabani, cette situation découle du non-achèvement du processus électoral local. D’un côté, les Conseils communaux, issus des élections, fonctionnent conformément à la loi organique sur les entités territoriales décentralisées. De l’autre, les Exécutifs communaux, notamment les bourgmestres et leurs adjoints, demeurent nommés et relèvent encore du régime administratif fixé par le décret-loi de 1998.

Cette dualité juridique, souligne la note, risque de paralyser le fonctionnement des communes si elle n’est pas encadrée de manière stricte.

Pour éviter toute confusion ou conflit de compétences, le ministère rappelle que les Conseils communaux doivent se limiter à leurs prérogatives légales, notamment en formulant des recommandations, sans toutefois prendre de décisions concernant les membres des exécutifs.

En cas de faute grave reprochée à un bourgmestre ou à son adjoint, les Conseils communaux sont appelés à saisir directement l’autorité de tutelle, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur, seul habilité à engager des mesures disciplinaires.

Les bourgmestres, quant à eux, sont tenus d’assurer la gestion administrative de leurs entités en conformité avec les lois et règlements en vigueur. Ils doivent également prendre en compte les recommandations des Conseils communaux. Tout manquement à ces obligations pourrait entraîner des sanctions hiérarchiques.

Transmission obligatoire des rapports

La note insiste par ailleurs sur l’obligation pour les Conseils communaux de transmettre régulièrement leurs rapports et recommandations à l’autorité de tutelle. Cette démarche vise à permettre une prise de décision rapide et appropriée en cas de dysfonctionnement au sein des exécutifs.

Dans cette optique, un comité ad hoc sera prochainement institué au sein du cabinet du ministre pour analyser et assurer le suivi des résolutions prises par les Conseils communaux.

Enfin, les gouverneurs de province sont appelés à veiller à l’application stricte de cette note circulaire. Ils devront également promouvoir un climat de collaboration entre les organes délibérants et exécutifs des communes, notamment à travers des cadres permanents de concertation.

Cette initiative vise à garantir la continuité et l’efficacité de l’administration locale, en attendant l’organisation complète des élections des bourgmestres et des conseillers urbains.


RDC : les conseillers communaux saluent la circulaire du VPM de l’Intérieur

Les conseillers communaux élus de la République Démocratique du Congo ont exprimé leur satisfaction à la suite des mesures prises par le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Ils estiment que cette note circulaire vient consolider la démocratie à la base et clarifier les relations entre les exécutifs communaux et les organes délibérants.

Une clarification attendue après deux ans de flottement

Dans une déclaration, le président des conseillers communaux de la RDC, Willy Nzembela, évoque près de deux années marquées par une incompréhension persistante entre les bourgmestres, nommés et régis par le décret-loi de 1998, et les conseils communaux, encadrés par la loi organique de 2008 sur les entités territoriales décentralisées. Une cohabitation juridique jugée confuse, voire contradictoire, qui a freiné le bon fonctionnement des communes.

Pour Willy Nzembela, les mesures prises par l’autorité de tutelle permettent désormais de « mettre de la lumière » dans la gestion locale, en définissant clairement les rôles et responsabilités de chaque organe.

Un appel à une collaboration harmonieuse

Les conseillers communaux appellent les bourgmestres et les membres des conseils à saisir cette opportunité pour instaurer une collaboration constructive, au service des populations. Ils insistent sur la nécessité de répondre aux attentes des citoyens, notamment en matière de sécurité et de développement local.

« La sécurité doit être une priorité au niveau local, tout comme le développement à la base, qui repose sur une coopération efficace entre les institutions communales », ont-ils souligné.

Tout en saluant les avancées, les conseillers communaux rappellent l’importance d’organiser les élections des bourgmestres et des conseillers urbains afin de parachever le processus de décentralisation. Ils appellent la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à revoir à la baisse le coût global de ces scrutins pour en faciliter la tenue dans les meilleurs délais.

À titre illustratif, ils affirment avoir déjà organisé, sans appui financier de l’État, les élections des bureaux dans 114 conseils communaux, sans contestation majeure et à moindre coût.

Les élus locaux exhortent également le gouvernement à doter les entités territoriales des moyens nécessaires pour leur fonctionnement. Selon eux, une meilleure allocation des ressources, combinée à l’organisation effective des élections locales, permettra de renforcer la gouvernance de proximité et de répondre efficacement aux besoins des populations.

En attendant, les conseillers communaux se disent déterminés à accompagner les efforts des autorités nationales pour faire avancer la décentralisation, un chantier prioritaire porté par le Président de la République.


Lodja : bilan globalement positif de la campagne de vaccination contre la poliomyélite

La campagne de vaccination contre la Poliomyélite organisée dans la zone de santé de Lodja s’est déroulée du 16 au 18 avril 2026, avant d’être légèrement réaménagée sur le plan logistique du 19 au 21 avril 2026. Malgré quelques défis, les responsables sanitaires dressent un bilan globalement satisfaisant. Le superviseur provincial, Jean Omokoko a fait la restitution de la réunion d’évaluation le 24 avril 2026 présidée par le médecin chef de zone de la santé de Lodja.

Des écarts relevés dans les données

À l’issue de la campagne, une évaluation a été menée pour comparer les données collectées sur le terrain par les équipes de vaccination et celles encodées par les gestionnaires de données. Cette analyse a révélé des écarts, à la fois positifs et négatifs, dans plusieurs aires de santé.

Ces différences s’expliquent notamment par des difficultés de dénombrement des enfants, liées à des contraintes logistiques remontant à novembre 2025.

Malgré ces écarts, les autorités sanitaires estiment que l’objectif principal a été atteint. Grâce à la stratégie de vaccination porte-à-porte, un grand nombre d’enfants, y compris ceux non initialement recensés, ont été vaccinés.

Certaines aires de santé ont même enregistré des taux de couverture supérieurs à 100 %, traduisant une prise en charge élargie. Au total, environ 98 % des enfants identifiés ont été vaccinés, renforçant ainsi l’immunité collective dans la zone.

Des cas de résistance maîtrisés

La campagne n’a pas été exempte de résistances, signalées dans au moins six aires de santé. Toutefois, ces cas ont été rapidement résolus grâce à l’implication des équipes locales et des autorités.

Parmi les causes identifiées figurent notamment des incompréhensions dans certaines écoles, où les responsables hésitaient à autoriser la vaccination sans l’accord préalable des parents. Après sensibilisation, plus de 100 enfants ont finalement pu être vaccinés dans ces établissements.

Dans d’autres cas, des actions d’accompagnement social, comme la distribution de moustiquaires, ont permis de rassurer les communautés et de lever les réticences.

Les responsables insistent désormais sur la nécessité d’améliorer la qualité du rapportage. Ils appellent à une meilleure transmission des informations, notamment en ce qui concerne les cas de résistance et leur résolution, afin de refléter fidèlement les efforts fournis sur le terrain.

Pour les prochaines campagnes, les équipes sanitaires envisagent de renforcer la sensibilisation communautaire en amont, d’impliquer davantage les autorités locales et les responsables d’écoles, et d’améliorer la planification logistique.

L’objectif est de garantir une couverture vaccinale optimale et protéger durablement les enfants contre la poliomyélite.