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samedi 11 avril 2026

“Niama ya munene” : plongée dans une affaire de tracasseries policières qui a viré au scandale à Kinshasa

Tout commence lorsqu’un couple se forme à distance via les réseaux sociaux. Lui vit en Europe, elle à Lubumbashi. Après plusieurs mois d’échanges, les deux décident de franchir le cap : le mariage sera célébré à Kinshasa, en une seule journée, combinant cérémonie coutumière, civile et religieuse.

Le programme est millimétré. Le futur époux prévoit même de repartir en Europe deux jours plus tard avec son épouse. Pour la jeune femme, ce voyage constitue une première découverte de Kinshasa.

Le jour J, deux membres de sa famille prennent la route vers l’aéroport international de N’djili pour l’accueillir. Le timing est serré : à peine descendue de l’avion, la mariée doit être conduite directement à l’état civil.

Mais sur le trajet, à hauteur du pont Matete, un motard de la police se lance à la poursuite du véhicule familial. Il finit par le rattraper sur le boulevard Lumumba et leur barre la route, évoquant un excès de vitesse.

La situation est délicate : il ne reste qu’une quinzaine de minutes avant l’atterrissage de l’avion, et la mariée, qui ne connaît pas la ville, attend seule à l’aéroport.

Pressé par le temps, le conducteur propose au policier de monter à bord pour régler la situation en chemin. Contre toute attente, l’agent accepte. Il charge lui-même sa moto dans le coffre du véhicule et s’installe avec les passagers.

 De la complicité apparente au piège bien orchestré

L’atmosphère devient étonnamment détendue durant le trajet. Mieux encore, la présence du policier facilite l’accès du véhicule à l’aéroport. Il accompagne même un membre de la famille jusqu’au tarmac pour récupérer la mariée.

Pendant ce temps, une passagère restée dans le véhicule prend discrètement des photos de la moto logée dans le coffre — un détail qui s’avérera crucial.

La mariée récupérée, le groupe reprend la route, cette fois en direction de la commune de Maluku pour chercher un oncle paternel. À sa vue, ce dernier est pris de panique en apercevant le policier, avant d’être rassuré par les explications des proches.

Mais au retour, l’ambiance change. La même passagère commence à enregistrer les conversations à bord, comme si elle pressentait un basculement.

“Commandant, namemeli yo niama ya munene” : le piège se referme

Arrivés à hauteur d’un bureau de police à Masina, sur le boulevard Lumumba, le ton change brutalement. Le policier ordonne au conducteur de s’y arrêter.

À peine descendus, l’agent lance à son supérieur une phrase révélatrice : “Commandant, namemeli yo niama ya munene” (Commandant, je vous ai amené une grosse prise). Face au commandant, les passagers se voient reprocher plusieurs contraventions supposées. Mais cette fois, la situation ne tourne pas à l’avantage des policiers.

Un retournement spectaculaire

Les occupants du véhicule sortent alors leurs preuves : vidéos, enregistrements audio et photos prises tout au long du trajet.

Le choc est total lorsque l’homme présente sa carte d’avocat et que la passagère dévoile la sienne de journaliste. Pris au piège, le commandant perd totalement contenance. Selon les témoins, il est submergé par la panique et l’humiliation. L’avocat annonce son intention de porter plainte dès le lundi suivant devant l’auditorat militaire.

Dans un retournement inattendu, le commandant tente d’éteindre l’affaire en négociant un arrangement à l’amiable. Il finit par proposer une compensation financière de 450 dollars américains.

Un système bien ancré malgré les sanctions

Au-delà de cet épisode spectaculaire, l’affaire met en lumière une réalité persistante à Kinshasa : les tracasseries policières ou routières.

Malgré les interpellations, arrestations et procès, ces pratiques continuent de prospérer. La capitale compterait plus d’une soixantaine de points fixes de contrôle abusif, sans compter les dispositifs mobiles improvisés.

Fait troublant : après cet incident, le véhicule impliqué serait devenu “intouchable”. Certains policiers évitaient désormais de l’arrêter, et il aurait même été utilisé par des proches de forces de l’ordre pour circuler sans être inquiétés sur le boulevard Lumumba.

Entre abus d’autorité et culture d’impunité

Cette affaire illustre un mécanisme bien rodé : interception arbitraire, intimidation, tentative d’extorsion, puis négociation informelle.

Elle révèle aussi les limites des mesures disciplinaires face à un phénomène profondément enraciné.

Si, ce jour-là, la situation a tourné en faveur des victimes grâce à leur statut et aux preuves réunies, la majorité des citoyens, eux, ne disposent ni de ces moyens, ni de cette protection.

Et pendant que certains policiers continuent de “ramener de la viande”, la question demeure : jusqu’à quand ces pratiques survivront-elles au cœur de la capitale congolaise ?


Réforme constitutionnelle en RDC : Philomène Omatuku plaide pour des changements profonds

“Aucune génération ne peut bloquer les suivantes”. Favorable à une réforme de la Constitution, Philomène Omatuku estime qu’il est inacceptable qu’une génération impose ses choix aux générations futures.

Pour elle, considérer la Constitution comme un texte figé est « sans sens », rappelant qu’elle a elle-même participé à son élaboration en 2006 et que celle-ci n’était pas parfaite dès l’origine. « On ne peut pas dire : nous avons fait la Constitution, elle ne changera jamais », insiste-t-elle.

Contre la limitation des mandats présidentiels

L’ancienne présidente de l’Assemblée Constituante Législative/Parlement de Transition (ACL/PT) se prononce clairement contre la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Selon elle, le véritable arbitre doit rester le peuple. « Après chaque mandat de cinq ans, le dirigeant doit revenir devant le peuple pour présenter son bilan et ses projets ».

Philomène Omatuku estime que la limitation actuelle peut freiner l’action publique, les dirigeants étant constamment confrontés à des oppositions qui misent sur leur départ programmé.

L’éducation gratuite au cœur des priorités

Parmi les réformes qu’elle juge essentielles, Philomène Omatuku propose l’élargissement de la gratuité de l’enseignement. Elle plaide pour la gratuité de l’éducation de la maternelle à l’université, la généralisation des bourses d’études et un meilleur accès à l’enseignement pour tous les enfants congolais.

Elle salue les avancées déjà réalisées, notamment la gratuité de l’enseignement primaire, qu’elle considère comme une réforme majeure.

Clarifier les responsabilités institutionnelles

L’ancienne responsable politique dénonce également certaines incohérences dans l’organisation des institutions. Elle critique notamment l’obligation faite à certains dirigeants d’entreprises publiques de se présenter devant le Parlement, estimant qu’il n’y a pas de « parallélisme des formes ».

L'ex-présidente de l''ACL/PT fait remarquer que les directeurs généraux doivent répondre à leurs ministres de tutelle, seuls les ministres, investis par le Parlement, doivent rendre compte devant celui-ci.

Renforcer la séparation des pouvoirs

Philomène Omatuku appelle aussi à une clarification du rôle des magistrats. Elle insiste sur la nécessité de garantir une véritable séparation des pouvoirs, estimant que les magistrats doivent relever du pouvoir judiciaire, et non dépendre de l’exécutif à travers le ministère de la Justice.

Beaucoup de toilettage reste à faire

Pour Philomène Omatuku, la Constitution actuelle comporte encore de nombreuses zones à corriger. Elle plaide ainsi pour un débat ouvert et sans tabou, soutenant l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi d’engager une réflexion sur une éventuelle révision constitutionnelle.

En définitive, Philomène Omatuku appelle à une réforme ambitieuse, estimant que la Constitution doit évoluer avec la société et répondre aux réalités du moment, sans être enfermée dans des limites rigides.

Équateur : Oxfam lance un vaste projet pour renforcer le système de santé face aux épidémie

Confrontée à des épidémies récurrentes telles qu’Ebola, le choléra ou encore le Mpox, la province de l’Équateur fait face à de lourds défis sanitaires. À ces menaces s’ajoutent les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les mouvements de population, qui fragilisent davantage l’accès aux soins.

Pour répondre à cette situation, Oxfam et ses partenaires ont lancé, le 10 avril 2026 à Kinshasa, le Projet de Renforcement de la Résilience du Système de Santé dans les zones fragiles de la RDC (PRESYS), avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada.

Des interventions ciblées dans quatre zones de santé

Le projet sera déployé dans les zones de santé de Bolomba, Iboko, Ingende et Lolanga, où l’accès aux services sanitaires reste limité. Il vise principalement à améliorer la qualité des soins, notamment pour les femmes, les adolescentes et les populations vulnérables.

Parmi les actions prévues figurent la réhabilitation et l’équipement de 16 structures de santé, avec un accent sur l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’énergie durable. Le projet prévoit également la formation de 324 prestataires de santé, incluant médecins, infirmiers et sages-femmes.

Renforcer la prévention et l’accès aux soins

PRESYS entend aussi améliorer la surveillance sanitaire pour une détection rapide des épidémies et des cas de malnutrition. Le renforcement des chaînes d’approvisionnement en médicaments est également au cœur du programme afin de limiter les ruptures de stock.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation seront menées auprès des communautés sur la santé, la nutrition et les droits sanitaires, tandis que la gouvernance locale sera appuyée à travers les comités de santé et les organisations de la société civile.

Plus de 160.000 bénéficiaires directs

Au total, 165.768 personnes bénéficieront directement du projet en RDC, dont une majorité de femmes et d’adolescentes, tandis que près de 790.000 autres en profiteront indirectement grâce à l’amélioration des services.

Une attention particulière sera accordée aux groupes marginalisés, notamment les personnes vivant avec un handicap, les déplacés et les communautés autochtones.

Un partenariat pour un impact durable

Mis en œuvre par un consortium réunissant Oxfam, Santé Monde, APEE, AMEF, AHD et VillageReach, le projet s’inscrit en appui aux efforts du gouvernement congolais.

« Le projet PRESYS est bien plus qu’une intervention sanitaire. Il contribue à renforcer durablement le système de santé et à garantir un accès équitable aux soins », a déclaré le Dr Manenji Mangundu, Directeur pays d’Oxfam en RDC.

Présente en RDC depuis 1961, Oxfam mène des actions humanitaires et de développement dans plusieurs provinces, notamment dans les domaines de l’eau, de l’hygiène, de la sécurité alimentaire et de la protection des communautés vulnérables.  

 


RDC : les conseillers communaux dénoncent une “manipulation des chiffres” et manifestent devant le ministère des Finances

Une mobilisation nationale pour dénoncer des injustices a été constatée le 10 avril 2026 par les conseillers communaux de la République Démocratique du Congo qui se sont mobilisés devant le Ministère des Finances à Kinshasa pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de gestion opaque de leurs ressources.

Prenant la parole au nom de ses collègues, le coordonnateur du caucus, Willy Nzembela, a dénoncé une série d’irrégularités dans le traitement de leur enveloppe budgétaire, appelant le ministre des Finances à mettre fin à toute manipulation.

Des accusations de réduction illégale de l’enveloppe

Au cœur des revendications, les conseillers communaux accusent le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, de réduire de manière injustifiée leur enveloppe globale de fonctionnement.

Selon eux, jusqu’à 50 % des fonds auraient été retranchés, alors que ces ressources couvrent : la location des sièges administratifs, la rémunération du personnel d’appoint, les charges de fonctionnement, ainsi que les indemnités des élus.

Ils dénoncent également la signature tardive des documents techniques, évoquant une incohérence majeure dans l’exécution budgétaire de l’exercice 2025.

Des institutions fragilisées dès leur mise en place

Les conseillers communaux rappellent qu’ils représentent de nouvelles institutions encore en phase de structuration, sans infrastructures propres. « Nous n’avons pas de sièges. Tout repose sur les frais de fonctionnement », ont-ils insisté, soulignant que ces coupes budgétaires compromettent directement leur capacité à travailler et à servir les populations locales. 

Les manifestants affirment que les réductions auraient commencé dès 2025, avec une baisse d’environ 30 % de l’enveloppe initiale. Ils s’interrogent sur la destination des fonds retranchés, affirmant ne retrouver aucune trace de ces montants dans les documents officiels, notamment la loi de reddition des comptes.

Un appel à la Première ministre et au Parlement

Face à cette situation, une correspondance officielle a été adressée à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de dénoncer ces pratiques remontant à 2024.

Les conseillers communaux appellent également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle pour établir les responsabilités, clarifier la gestion des fonds publics, et garantir un traitement équitable entre institutions. 

Des paiements partiels et irréguliers

Les élus reconnaissent avoir commencé à percevoir des frais de fonctionnement en 2025, mais dénoncent des paiements incomplets et irréguliers. Sur 12 mois, seuls 8 mois auraient été payés, souvent après des pressions et des sit-in.

« Devons-nous manifester pour être payés ? », s’interrogent-ils. 

Se réclamant de l’Union sacrée, les conseillers communaux mettent en garde contre les conséquences politiques de cette situation dans un contexte jugé sensible. Ils appellent le ministre des Finances à « revoir ses calculs » afin d’éviter une escalade, estimant que ces pratiques sont discriminatoires par rapport à d’autres institutions publiques comme les assemblées provinciales ou les gouvernements provinciaux.

“Trop, c’est trop” 

Unis et venus de plusieurs provinces, les conseillers communaux affirment leur détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des réponses concrètes.

Pour eux, cette lutte dépasse la simple question salariale. Elle concerne la reconnaissance et le respect des élus locaux, considérés comme les plus proches de la population.

Une journaliste décroche une avancée historique : les anciennes Léopards dames enfin reconnues et prises en charge

Une offensive politique au cœur du ministère des Sports à Kinshasa, la candidate à la présidence de la Ligue nationale de football féminin (Linaff), la journaliste Arlette Butela, a marqué un tournant décisif dans la défense des droits des anciennes internationales congolaises.

Jeudi 9 avril 2026, celle que les milieux sportifs surnomment déjà « Maman Linaff » s’est rendue au cabinet du ministre des Sports, Didier Budimbu, avec un plaidoyer d'obtenir justice et reconnaissance pour ces joueuses qui ont représenté la RDC sur la scène mondiale.

Objectif atteint. Son initiative a débouché sur une décision aux implications majeures, à la fois politiques et sociales.

Une reconnaissance officielle enfin actée

Au centre des discussions : les anciennes Léopards dames ayant participé aux compétitions internationales, notamment aux éditions mondiales de 2006 en Russie et 2008 au Chili. Longtemps restées dans l’ombre, ces athlètes devraient désormais bénéficier d’un statut officiel.

Le ministre Didier Budimbu a annoncé leur reconnaissance « au même titre » que les Léopards masculins, notamment ceux sacrés champions d’Afrique en 1968 et 1974 et ayant marqué l’histoire du football congolais.

Une décision qui corrige une inégalité mémorielle persistante et réhabilite la contribution des femmes dans l’histoire sportive nationale.

De la symbolique à l’action : vers des emplois stables

Au-delà de la reconnaissance, une mesure concrète a été annoncée : la « mécanisation » de ces anciennes joueuses.

Dans le contexte administratif congolais, cette intégration signifie l’accès à un emploi stable au sein des structures publiques, accompagné d’une rémunération régulière.

Cette avancée marque une rupture avec des décennies de précarité pour ces sportives, souvent oubliées après leur carrière, malgré leur engagement au service du pays.

Un signal fort pour le sport féminin congolais

Cette décision envoie un message clair : le temps de l’invisibilisation des femmes dans le sport congolais doit appartenir au passé.

Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage des politiques sportives, en valorisant les parcours féminins et en leur offrant des perspectives concrètes.

Arlette Butela, d’outsider à actrice influente

Par cette initiative, Arlette Butela s’impose comme une figure montante du leadership sportif en RDC. Plus qu’une candidate à la tête de la Linaff, elle apparaît désormais comme une interlocutrice crédible capable de mobiliser les autorités autour de causes longtemps négligées.

Son action pourrait bien redéfinir les priorités du football féminin congolais et peser dans la course à la présidence de la Ligue.

Vers une nouvelle ère pour les anciennes Léopards dames ?

Si la mise en œuvre effective des engagements reste attendue, cette annonce constitue déjà une victoire symbolique majeure.

Pour ces anciennes internationales, c’est la promesse d’une reconnaissance tardive, mais essentielle. Pour le sport congolais, c’est peut-être le début d’une réforme plus profonde, où mérite et équité ne seront plus dissociés.


vendredi 10 avril 2026

Mongala : un défenseur des droits humains dénonce des menaces de mort à Lisala

Dans une correspondance adressée le 7 avril 2026 à ses partenaires et aux organisations de défense des droits humains, Roger Nzumbu Mosenge, président national de l’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS) et coordonnateur provincial du Réseau de protection des défenseurs des droits de l’homme dans la province de la Mongala, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de sa situation sécuritaire.

Il affirme vivre sous menace permanente dans la ville de Lisala.  « Par ce message, nous voulons une fois de plus alerter sur notre situation sécuritaire qui devient très dangereuse ».

Selon son témoignage, les faits les plus récents remontent à la nuit du dimanche 5 avril 2026, aux environs de minuit. Des individus non identifiés auraient tenté de forcer l’entrée de sa résidence. Alertée, la sentinelle en poste aurait tenté de s’y opposer, avant d’entendre des menaces explicites visant directement Roger Nzumbu Mosenge.

Les assaillants auraient déclaré être venus spécifiquement pour lui, l’accusant de « parler librement » et affirmant leur intention « d'en finir » avec lui.

Malgré la résistance de la sentinelle, les individus auraient promis de revenir, menaçant également de s’en prendre à toute personne tentant de le protéger.

Des menaces de mort répétées par téléphone

Au lendemain de cet incident, le lundi 6 avril 2026, Roger Nzumbu Mosenge indique avoir reçu deux messages anonymes particulièrement violents. Les expéditeurs, utilisant des numéros inconnus, affirment suivre ses mouvements et le menacent explicitement de mort.

Dans ces messages, ils évoquent même l’intention d’exposer son corps sans vie en public, tout en lui reprochant ses prises de position à Lisala, qu’ils estiment illégitimes au regard de ses origines.

Suite à ces événements, la sentinelle chargée de sa sécurité a quitté son poste, par crainte pour sa vie. Depuis, l’activiste affirme vivre sans protection, dans un climat de peur permanent. Il déplore également l’attitude des autorités locales, qu’il accuse de ne pas assurer sa sécurité, voire de devenir hostiles à son égard.

Selon lui, ces menaces seraient directement liées à ses récentes actions de plaidoyer.

Il évoque notamment une correspondance adressée au ministre de la Justice concernant un conflit intercommunautaire entre les villages de Bokutu et Ngonzi Balele, ayant causé plusieurs morts ; ainsi qu’une autre dénonçant un présumé détournement de biens attribués à Enabel par l’exécutif provincial.

Un appel à la protection des défenseurs des droits humains

Face à cette situation, Roger Nzumbu Mosenge lance un appel pressant à la communauté nationale et internationale.

Il s’interroge que « nous vivons en danger… maintenant que nous sommes en insécurité, qui viendra à notre secours ? »

Ce nouveau cas relance la question de la protection des défenseurs des droits humains en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les provinces où les tensions politiques et communautaires restent vives.


RDC : James Swan à la tête de la MONUSCO, la société civile exige des résultats concrets

À l’Est de la République Démocratique du Congo, la nomination de James Swan comme nouveau chef de la MONUSCO suscite à la fois espoir et fortes attentes.

Désigné le 5 mars 2026 par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, en remplacement de Bintou Keita, ce diplomate chevronné, fort de plus de 30 ans d’expérience et ancien ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, arrive dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.

Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, les populations continuent de faire face à des violences persistantes. Pour Christian Kalamo, acteur de la société civile à Karisimbi, cette nouvelle étape doit marquer un tournant que « nous saluons cette arrivée, mais nous attendons un changement réel sur le terrain ».

La société civile appelle ainsi à une protection effective des civils, une présence accrue dans les zones à haut risque, et des interventions rapides face aux menaces.

Elle insiste également sur la nécessité d’une collaboration sincère avec les Forces armées de la République Démocratique du Congo et d’un dialogue permanent avec les acteurs locaux.

Après des années de présence onusienne, de la MONUC à la MONUSCO, le constat reste préoccupant : les groupes armés se sont multipliés et les résultats peinent à convaincre.

D’où une exigence qui est de passer des promesses aux actions visibles.

Pour la société civile, la mission dirigée par James Swan apparaît comme une opportunité, mais aussi une ultime chance de restaurer la confiance, avec une priorité absolue, celle d'assurer la sécurité des populations et amorcer un retour durable à la paix.