APO

mardi 21 avril 2026

RDC : les conseillers communaux dénoncent une “manipulation des chiffres” et manifestent devant le ministère des Finances

Une mobilisation nationale pour dénoncer des injustices a été constatée le 10 avril 2026 par les conseillers communaux de la République Démocratique du Congo qui se sont mobilisés devant le Ministère des Finances à Kinshasa pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de gestion opaque de leurs ressources.

Prenant la parole au nom de ses collègues, le coordonnateur du caucus, Willy Nzembela, a dénoncé une série d’irrégularités dans le traitement de leur enveloppe budgétaire, appelant le ministre des Finances à mettre fin à toute manipulation. 

Des accusations de réduction illégale de l’enveloppe

Au cœur des revendications, les conseillers communaux accusent le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, de réduire de manière injustifiée leur enveloppe globale de fonctionnement.

Selon eux, jusqu’à 50 % des fonds auraient été retranchés, alors que ces ressources couvrent : la location des sièges administratifs, la rémunération du personnel d’appoint, les charges de fonctionnement, ainsi que les indemnités des élus.

Ils dénoncent également la signature tardive des documents techniques, évoquant une incohérence majeure dans l’exécution budgétaire de l’exercice 2025.

Des institutions fragilisées dès leur mise en place

Les conseillers communaux rappellent qu’ils représentent de nouvelles institutions encore en phase de structuration, sans infrastructures propres. « Nous n’avons pas de sièges. Tout repose sur les frais de fonctionnement », ont-ils insisté, soulignant que ces coupes budgétaires compromettent directement leur capacité à travailler et à servir les populations locales.

Les manifestants affirment que les réductions auraient commencé dès 2025, avec une baisse d’environ 30 % de l’enveloppe initiale. Ils s’interrogent sur la destination des fonds retranchés, affirmant ne retrouver aucune trace de ces montants dans les documents officiels, notamment la loi de reddition des comptes.

Un appel à la Première ministre et au Parlement 

Face à cette situation, une correspondance officielle a été adressée à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de dénoncer ces pratiques remontant à 2024.

Les conseillers communaux appellent également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle pour établir les responsabilités, clarifier la gestion des fonds publics, et garantir un traitement équitable entre institutions.

Des paiements partiels et irréguliers

Les élus reconnaissent avoir commencé à percevoir des frais de fonctionnement en 2025, mais dénoncent des paiements incomplets et irréguliers. Sur 12 mois, seuls 8 mois auraient été payés, souvent après des pressions et des sit-in.

« Devons-nous manifester pour être payés ? », s’interrogent-ils

Se réclamant de l’Union sacrée, les conseillers communaux mettent en garde contre les conséquences politiques de cette situation dans un contexte jugé sensible. Ils appellent le ministre des Finances à « revoir ses calculs » afin d’éviter une escalade, estimant que ces pratiques sont discriminatoires par rapport à d’autres institutions publiques comme les assemblées provinciales ou les gouvernements provinciaux.

“Trop, c’est trop” 

Unis et venus de plusieurs provinces, les conseillers communaux affirment leur détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des réponses concrètes.

Pour eux, cette lutte dépasse la simple question salariale. Elle concerne la reconnaissance et le respect des élus locaux, considérés comme les plus proches de la population.


Prison de Makala : le calvaire des visiteurs dénoncé par Me Fiston Mukinayi

Aller rendre visite à un proche à la Prison centrale de Makala relève d’un véritable parcours du combattant, entre humiliations, tracasseries et paiements informels à répétition. C’est ce que dénonce Me Fiston Mukinayi dans un témoignage publié sur Facebook.

Dès l’entrée, le visiteur est confronté à une série d’exigences financières : jetons, accès aux différentes portes, dépôt de téléphone… À chaque étape, quelques francs sont exigés. Une accumulation de frais qui, selon ce récit, transforme la visite en une épreuve éprouvante, tant sur le plan moral que financier.

Une succession de paiements informels

Le témoignage décrit un système bien rodé où chaque passage donne lieu à un paiement. De l’enregistrement des visiteurs au contrôle des colis destinés aux détenus, tout semble conditionné à des frais supplémentaires.

Même les denrées alimentaires apportées aux prisonniers sont soumises à des restrictions, parfois arbitraires, poussant les visiteurs à payer davantage pour les faire accepter.

Un coût élevé pour quelques minutes de visite

Au final, le coût total pour accéder à un détenu peut atteindre 40.000 francs congolais, une somme considérable pour de nombreuses familles.

Et pour ce montant, le visiteur n’obtient que quelques minutes d’échange : parfois même, il faut encore payer pour une chaise afin de s’asseoir face à son proche.

Au-delà des montants, c’est la dimension humaine qui choque. Les visiteurs, souvent déjà fragilisés par la situation de leurs proches incarcérés, se retrouvent confrontés à un système qui exploite leur vulnérabilité.

« On ne vient pas ici par plaisir », souligne Me Fiston Mukinayi, évoquant une expérience marquée par les larmes et l’indignation.

Un appel implicite à la responsabilité de l’État

Ce témoignage met en lumière des pratiques qui se déroulent sous le regard des autorités, dans un lieu censé incarner l’autorité de l’État.

Pour l’auteur, cette réalité quotidienne à Makala soulève une question fondamentale : comment des citoyens, déjà éprouvés, peuvent-ils être ainsi soumis à un tel traitement ?

Une situation qui, selon lui, ne devrait pas exister, mais qui semble s’être installée comme une routine.


Kinshasa : projection du documentaire “Femmes en RDC”, Patrick Muyaya Katembwe salue un récit inspirant

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part le 8 avril 2026 à Kinshasa à la projection critique du documentaire « Femmes en RDC – Forces en mouvement », organisée au siège de la représentation de l’Union européenne.

Ce film, fruit d’un partenariat entre plusieurs acteurs internationaux – dont la GIZ, ENABEL, la coopération suisse, néerlandaise, l’AFD et Expertise France – met en lumière les avancées en matière d’autonomisation des femmes en République Démocratique du Congo.

Des parcours de femmes au centre du récit

Issu d’une dynamique lancée fin 2025, le documentaire plonge au cœur des réalités féminines en RDC à travers plusieurs secteurs entre autres entrepreneuriat, agriculture, gouvernance, sport et lutte contre les violences basées sur le genre.

Le film donne la parole aux femmes elles-mêmes, mettant en avant leurs parcours, leur résilience et leur capacité à transformer leur environnement.

À l’issue de la projection, Patrick Muyaya Katembwe a salué la qualité du travail réalisé. « Le récit est bien construit et les femmes sont effectivement en mouvement », a-t-il déclaré, tout en soulignant que le film, bien que court, reste accessible et dynamique.

Le porte-parole du gouvernement a également insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation, notamment dans les milieux traditionnels où persistent encore des obstacles à l’épanouissement des femmes.

Un partenariat international mis en avant

Le chargé de mission intérimaire de l’Union européenne, Fabrice Basile, a salué l’approche collaborative du projet, illustrant l’esprit “Team Europe”.

De son côté, l’ambassadrice d’Espagne en RDC, Maria Del Carmen Diez Orejas, a mis en avant un film « inspirant », qui rompt avec l’image de la femme uniquement perçue comme victime.

Un projet porteur de transformation sociale 

La représentante de la GIZ, Catherine Van Even, a expliqué que ce documentaire vise à montrer l’intégration de la dimension genre dans l’ensemble des projets de développement, tout en garantissant une approche éthique respectueuse des participantes.

Réalisé avec la journaliste Yolande Nymi et les cinéastes Simone Hardenne et Aubin Mukoni, le film a été tourné dans plusieurs provinces du pays.

Au-delà de sa portée artistique, « Femmes en RDC – Forces en mouvement » se veut un outil de plaidoyer en faveur des droits des femmes.

Plusieurs projections sont prévues dans les prochaines semaines, notamment lors du Festival du film européen. Le ministre Patrick Muyaya Katembwe a, pour sa part, exprimé sa volonté de soutenir sa large diffusion, notamment via la Radio-Télévision Nationale Congolaise.


Une journaliste décroche une avancée historique : les anciennes Léopards dames enfin reconnues et prises en charge

Une offensive politique au cœur du ministère des Sports à Kinshasa, la candidate à la présidence de la Ligue nationale de football féminin (Linaff), la journaliste Arlette Butela, a marqué un tournant décisif dans la défense des droits des anciennes internationales congolaises.

Jeudi 9 avril 2026, celle que les milieux sportifs surnomment déjà « Maman Linaff » s’est rendue au cabinet du ministre des Sports, Didier Budimbu, avec un plaidoyer d'obtenir justice et reconnaissance pour ces joueuses qui ont représenté la RDC sur la scène mondiale.

Objectif atteint. Son initiative a débouché sur une décision aux implications majeures, à la fois politiques et sociales.

Une reconnaissance officielle enfin actée

Au centre des discussions : les anciennes Léopards dames ayant participé aux compétitions internationales, notamment aux éditions mondiales de 2006 en Russie et 2008 au Chili. Longtemps restées dans l’ombre, ces athlètes devraient désormais bénéficier d’un statut officiel.

Le ministre Didier Budimbu a annoncé leur reconnaissance « au même titre » que les Léopards masculins, notamment ceux sacrés champions d’Afrique en 1968 et 1974 et ayant marqué l’histoire du football congolais.

Une décision qui corrige une inégalité mémorielle persistante et réhabilite la contribution des femmes dans l’histoire sportive nationale.

De la symbolique à l’action : vers des emplois stables 

Au-delà de la reconnaissance, une mesure concrète a été annoncée : la « mécanisation » de ces anciennes joueuses.

Dans le contexte administratif congolais, cette intégration signifie l’accès à un emploi stable au sein des structures publiques, accompagné d’une rémunération régulière.

Cette avancée marque une rupture avec des décennies de précarité pour ces sportives, souvent oubliées après leur carrière, malgré leur engagement au service du pays.

Un signal fort pour le sport féminin congolais

Cette décision envoie un message clair : le temps de l’invisibilisation des femmes dans le sport congolais doit appartenir au passé.

Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage des politiques sportives, en valorisant les parcours féminins et en leur offrant des perspectives concrètes.

Arlette Butela, d’outsider à actrice influente

Par cette initiative, Arlette Butela s’impose comme une figure montante du leadership sportif en RDC. Plus qu’une candidate à la tête de la Linaff, elle apparaît désormais comme une interlocutrice crédible capable de mobiliser les autorités autour de causes longtemps négligées.

Son action pourrait bien redéfinir les priorités du football féminin congolais et peser dans la course à la présidence de la Ligue.

Vers une nouvelle ère pour les anciennes Léopards dames ? 

Si la mise en œuvre effective des engagements reste attendue, cette annonce constitue déjà une victoire symbolique majeure.

Pour ces anciennes internationales, c’est la promesse d’une reconnaissance tardive, mais essentielle. Pour le sport congolais, c’est peut-être le début d’une réforme plus profonde, où mérite et équité ne seront plus dissociés.


“Niama ya munene” : plongée dans une affaire de tracasseries policières qui a viré au scandale à Kinshasa

Tout commence lorsqu’un couple se forme à distance via les réseaux sociaux. Lui vit en Europe, elle à Lubumbashi. Après plusieurs mois d’échanges, les deux décident de franchir le cap : le mariage sera célébré à Kinshasa, en une seule journée, combinant cérémonie coutumière, civile et religieuse.

Le programme est millimétré. Le futur époux prévoit même de repartir en Europe deux jours plus tard avec son épouse. Pour la jeune femme, ce voyage constitue une première découverte de Kinshasa.

Le jour J, deux membres de sa famille prennent la route vers l’aéroport international de N’djili pour l’accueillir. Le timing est serré : à peine descendue de l’avion, la mariée doit être conduite directement à l’état civil.

Mais sur le trajet, à hauteur du pont Matete, un motard de la police se lance à la poursuite du véhicule familial. Il finit par le rattraper sur le boulevard Lumumba et leur barre la route, évoquant un excès de vitesse.

La situation est délicate : il ne reste qu’une quinzaine de minutes avant l’atterrissage de l’avion, et la mariée, qui ne connaît pas la ville, attend seule à l’aéroport.

Pressé par le temps, le conducteur propose au policier de monter à bord pour régler la situation en chemin. Contre toute attente, l’agent accepte. Il charge lui-même sa moto dans le coffre du véhicule et s’installe avec les passagers.

De la complicité apparente au piège bien orchestré

L’atmosphère devient étonnamment détendue durant le trajet. Mieux encore, la présence du policier facilite l’accès du véhicule à l’aéroport. Il accompagne même un membre de la famille jusqu’au tarmac pour récupérer la mariée.

Pendant ce temps, une passagère restée dans le véhicule prend discrètement des photos de la moto logée dans le coffre — un détail qui s’avérera crucial.

La mariée récupérée, le groupe reprend la route, cette fois en direction de la commune de Maluku pour chercher un oncle paternel. À sa vue, ce dernier est pris de panique en apercevant le policier, avant d’être rassuré par les explications des proches.

Mais au retour, l’ambiance change. La même passagère commence à enregistrer les conversations à bord, comme si elle pressentait un basculement.

“Commandant, namemeli yo niama ya munene” : le piège se referme

Arrivés à hauteur d’un bureau de police à Masina, sur le boulevard Lumumba, le ton change brutalement. Le policier ordonne au conducteur de s’y arrêter.

À peine descendus, l’agent lance à son supérieur une phrase révélatrice : “Commandant, namemeli yo niama ya munene” (Commandant, je vous ai amené une grosse prise).

Face au commandant, les passagers se voient reprocher plusieurs contraventions supposées. Mais cette fois, la situation ne tourne pas à l’avantage des policiers.

Un retournement spectaculaire

 Les occupants du véhicule sortent alors leurs preuves : vidéos, enregistrements audio et photos prises tout au long du trajet.

Le choc est total lorsque l’homme présente sa carte d’avocat et que la passagère dévoile la sienne de journaliste. Pris au piège, le commandant perd totalement contenance. Selon les témoins, il est submergé par la panique et l’humiliation. L’avocat annonce son intention de porter plainte dès le lundi suivant devant l’auditorat militaire.

Dans un retournement inattendu, le commandant tente d’éteindre l’affaire en négociant un arrangement à l’amiable. Il finit par proposer une compensation financière de 450 dollars américains.

Un système bien ancré malgré les sanctions

Au-delà de cet épisode spectaculaire, l’affaire met en lumière une réalité persistante à Kinshasa : les tracasseries policières ou routières.

Malgré les interpellations, arrestations et procès, ces pratiques continuent de prospérer. La capitale compterait plus d’une soixantaine de points fixes de contrôle abusif, sans compter les dispositifs mobiles improvisés.

Fait troublant : après cet incident, le véhicule impliqué serait devenu “intouchable”. Certains policiers évitaient désormais de l’arrêter, et il aurait même été utilisé par des proches de forces de l’ordre pour circuler sans être inquiétés sur le boulevard Lumumba. 

Entre abus d’autorité et culture d’impunité

Cette affaire illustre un mécanisme bien rodé : interception arbitraire, intimidation, tentative d’extorsion, puis négociation informelle.

Elle révèle aussi les limites des mesures disciplinaires face à un phénomène profondément enraciné.

Si, ce jour-là, la situation a tourné en faveur des victimes grâce à leur statut et aux preuves réunies, la majorité des citoyens, eux, ne disposent ni de ces moyens, ni de cette protection.

Et pendant que certains policiers continuent de “ramener de la viande”, la question demeure : jusqu’à quand ces pratiques survivront-elles au cœur de la capitale congolaise ?


Kinshasa : le député Israël Kabenda interpelle la DGRK sur une gestion jugée opaque

Le député provincial Israël Kabenda Kayuwa a déposé, le 7 avril 2026, une question orale avec débat auprès du Bureau du Président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Adressée au Chargé de Missions de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa, cette démarche s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire prévu par la Constitution.

Des recettes en baisse malgré la modernisation 

Au cœur de cette interpellation, la mobilisation des recettes de la ville, jugée préoccupante. Le député souligne un paradoxe : malgré l’introduction de réformes numériques, notamment la plateforme IRMS, certaines recettes, comme celles liées aux vignettes, affichent une stagnation, voire une baisse, par rapport aux exercices précédents.

Il s’interroge ainsi sur la pertinence technique des dispositifs mis en place et sur la coexistence de plusieurs systèmes de perception.

Une architecture financière controversée

Israël Kabenda dénonce également la prolifération de comptes dits « dédiés » ainsi que la multiplication de commissions d’encadrement opérant, selon lui, en marge des textes réglementaires en vigueur.

Cette organisation fragmentée, combinée à une externalisation croissante vers des prestataires privés, soulève des inquiétudes quant à la transparence des flux financiers et à la souveraineté fiscale de la ville.

Des inquiétudes sur la légalité de certaines pratiques

L’élu provincial questionne la conformité de certaines mesures, notamment la retenue de 5 % au profit d’une commission d’encadrement, dont la base légale reste, selon lui, floue. Il pointe également une possible contradiction entre des instructions administratives créant des comptes dédiés et les dispositions imposant l’unicité du compte public, soulevant ainsi un problème de respect de la hiérarchie des normes.

Un malaise social profond au sein de la régie

Au-delà des aspects financiers, le député met en lumière une crise sociale au sein de la DGRK. Parmi les griefs évoqués : disparités dans le paiement des primes, absence de couverture santé et conditions de travail précaires.

Ce climat, estime-t-il, favorise le phénomène dit « Mamé-Mamé », assimilé à des pratiques de détournement ou de coulage des recettes.

Exigence de transparence et de résultats

À travers une série de 18 questions, le député exige des éclaircissements sur plusieurs points clés notamment la part des prestataires privés dans la collecte des recettes ; la gestion des comptes et la traçabilité des fonds ; le bilan chiffré des opérations fiscales, notamment la « Grande Échéance » ; les conditions de vie et de travail des agents ; ainsi que la politique de recrutement et de gestion des carrières.

Un appel à des réformes profondes

En initiant cette question orale avec débat, Israël Kabenda Kayuwa entend obtenir des réponses claires sur la gestion de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa. Cette démarche pourrait ouvrir la voie à des réformes visant à renforcer la transparence, améliorer les performances de la régie financière et restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des finances publiques de la capitale congolaise.


RN1 : un axe vital en dégradation entre Mbanza-Ngungu et Lukala

La route nationale numéro un (RN1), principal corridor reliant Kinshasa au Kongo Central, se détériore progressivement sur le tronçon compris entre Mbanza-Ngungu et Lukala. Malgré le paiement systématique du péage par les usagers, l’état de la chaussée suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Des nids de poule persistants malgré les travaux

Sur plusieurs sections, les nids de poule se multiplient, rendant la circulation difficile et risquée. Pourtant, des travaux sont en cours depuis quelque temps. Entre Lukala et Kwilu-Ngongo, des buses ont notamment été installées pour améliorer l’évacuation des eaux de pluie. Des efforts visibles, mais jugés insuffisants face à la dégradation globale de la route.

Des épaves abandonnées, un danger permanent 

Autre source de préoccupation : la présence d’épaves de véhicules accidentés abandonnées sur la chaussée ou à ses abords. Ces carcasses constituent un véritable piège pour les automobilistes, surtout en l’absence d’un service chargé de leur évacuation rapide. Plusieurs usagers dénoncent un laisser-aller qui met en danger la vie des conducteurs et des passagers.

Embouteillages et absence d’assistance routière 

La RN1, limitée à deux voies (aller-retour), est régulièrement sujette à des embouteillages. Ceux-ci sont souvent causés par des pannes ou des accidents, aggravés par l’absence d’un dispositif d’intervention efficace pour fluidifier le trafic. Dans certains cas, les automobilistes passent des heures à attendre le dégagement de la voie.

Kasangulu : des travaux sans déviation

À Kasangulu, où des travaux de réhabilitation sont en cours, la situation est encore plus compliquée. Aucune voie de déviation n’a été aménagée, obligeant les véhicules à circuler alternativement sur une seule bande. Une organisation qui ralentit fortement le trafic et accentue les désagréments pour les usagers.

Un contraste décrié avec Kinshasa

Pendant ce temps, à Kinshasa, des opérations de remorquage ciblent régulièrement des véhicules en bon état pour des cas de stationnement jugé irrégulier. Une pratique que certains conducteurs estiment plus lucrative qu’efficace, surtout lorsqu’on la compare à l’absence d’intervention sur les épaves abandonnées le long de la RN1.

Face à cette situation, de nombreux usagers appellent les autorités à renforcer l’entretien de cet axe stratégique, à améliorer la gestion des incidents routiers et à garantir un meilleur usage des recettes issues du péage.