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lundi 21 septembre 2026

Nord-Kivu : un défenseur des droits humains dénonce le blocage des salaires de plus de 100 infirmiers

Un défenseur des droits humains dénonce le blocage des salaires de 115 infirmiers affectés dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu, notamment Binza, Oicha, Mutwanga, Karisimbi et Beni-Ville.

Selon Aimé Mukanda Mbusa, notable et défenseur des droits humains, ces agents auraient été recrutés et régulièrement rémunérés par l'État pendant près de vingt ans, avant de voir leurs salaires bloqués à partir de 2025.

Le blocage serait lié, selon les explications rapportées aux intéressés, à des doutes sur l'authenticité d'un arrêté de 2005 attribué à l'ancien ministre de la Fonction publique, Athanase Matenda Kyelu.

Le défenseur des droits humains affirme toutefois qu'aucune décision judiciaire déclarant cet arrêté faux ne leur aurait été présentée.

Une contestation de la procédure administrative

Aimé Mukanda Mbusa estime qu'un simple doute administratif ne devrait pas, à lui seul, entraîner la suspension du paiement des salaires des agents concernés.

Il demande aux autorités compétentes de produire les éléments permettant d'établir l'authenticité ou non de l'arrêté incriminé et, en cas de contestation persistante, de recourir aux procédures administratives et judiciaires prévues par la loi.

« On ne bloque pas 20 ans de carrière d'un infirmier qui a risqué sa vie dans des zones affectées par les conflits et les épidémies avec de simples mots. On va devant le juge », soutient-il.

Les infirmiers concernés travaillent dans des zones du Nord-Kivu confrontées à des conditions sécuritaires difficiles.

Le dossier des numéros matricules en doublon

À cette situation s'ajoute, selon le même défenseur des droits humains, celle d'autres agents dont les salaires seraient bloqués en raison de numéros matricules considérés comme des doublons. Des cas seraient signalés à Rutshuru et dans d'autres territoires du Nord-Kivu.

Pour Aimé Mukanda Mbusa, les agents ne devraient pas être tenus responsables d'une éventuelle anomalie dans le fichier administratif de la Fonction publique, puisque les numéros matricules sont attribués par l'administration.

Il plaide ainsi pour une procédure de dédoublonnage, permettant de vérifier l'identité, l'ancienneté et les pièces administratives des agents concernés, plutôt que de maintenir leurs rémunérations bloquées.

Appel à une vérification administrative

Le défenseur des droits humains demande aux services compétents de procéder rapidement à l'examen des dossiers concernés, de corriger les éventuelles anomalies dans le fichier de la Fonction publique et de rétablir les salaires lorsque les droits des agents sont établis.

Il réclame également le paiement des arriérés correspondant, selon lui, aux mois durant lesquels les infirmiers auraient travaillé sans percevoir leur rémunération.

Trois demandes principales

Les revendications formulées portent sur le déblocage des salaires des infirmiers concernés lorsque leur situation administrative est régulière ; la vérification et le dédoublonnage des numéros matricules litigieux ; l'ouverture, si nécessaire, d'une procédure administrative ou judiciaire formelle pour établir l'authenticité de l'arrêté de 2005.

Aimé Mukanda Mbusa appelle enfin les autorités de la Fonction publique et les autres services concernés à traiter ces dossiers avec diligence, afin d'éviter que les agents affectés dans des zones à haut risque ne restent durablement privés de leur rémunération.


CNDH : Paul Nsapu appelle à renforcer le dialogue avec la société civile

Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), Paul Nsapu Mukulu, a ouvert, vendredi 18 septembre 2026 à Kinshasa, des consultations avec les organisations et les différentes composantes de la société civile congolaise.

Dans son discours d’ouverture, il a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre la CNDH et la société civile pour renforcer la promotion et la protection des droits humains en République Démocratique du Congo.

Pour Paul Nsapu, la société civile constitue un « partenaire incontournable » de l’action de la CNDH. Il a notamment salué son rôle dans la documentation des violations des droits humains, l’accompagnement des victimes, l’alerte des pouvoirs publics ainsi que les actions de sensibilisation et de plaidoyer.

La situation des droits humains dans l’Est au cœur des préoccupations

Le président de la CNDH a relevé les difficultés auxquelles sont confrontées les populations civiles dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans l’Est de la RDC, où la situation affecte l’exercice de leurs droits fondamentaux.

Il a également évoqué les difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de l’homme. Certains, a-t-il indiqué, ont été contraints de quitter temporairement leurs zones d’intervention pour rejoindre Kinshasa en raison de la situation de guerre.

Paul Nsapu estime que l’empêchement d’un défenseur des droits humains d’exercer sa mission affecte également la capacité de la société à documenter les violations, à alerter les autorités et à accompagner les victimes. Il a ainsi salué leur engagement dans des contextes qu’il a qualifiés d’extrêmement difficiles.

Une collaboration appelée à devenir permanente

Le président de la CNDH a plaidé pour une collaboration avec la société civile qui ne soit plus limitée à des rencontres occasionnelles. Il souhaite qu’elle soit permanente, structurée et fondée sur la confiance mutuelle.

Il a également appelé à maintenir le dialogue même en cas de divergences d’approches. Selon lui, les organisations de la société civile doivent pouvoir formuler leurs observations et critiques sur l’action, les méthodes de travail et les mécanismes d’intervention de la CNDH.

L’objectif est, a-t-il expliqué, d’identifier ensemble les mécanismes qui fonctionnent, ceux qui doivent être améliorés et ceux qui nécessitent d’être renforcés.

Des consultations devant déboucher sur des propositions concrètes

Les consultations organisées vendredi et samedi 19 septembre 2026 doivent permettre aux différentes composantes de la société civile de s’exprimer librement et de faire part de leurs expériences, préoccupations, attentes et propositions.

Paul Nsapu a précisé que la CNDH ne souhaite pas que ces rencontres constituent une simple formalité. Il veut qu’elles servent de point de départ à une relation plus étroite, régulière et efficace avec la société civile congolaise.

Une conférence plus large est également prévue le jeudi 24 septembre 2026 au Golden Tulip Hôtel, dans la cité Kin-Oasis, à Bandal. Elle doit permettre de poursuivre les échanges autour des enjeux de promotion et de protection des droits de l’homme en RDC.

La dignité humaine comme principe commun

Dans son appel à la responsabilité collective, le président de la CNDH a reconnu que les acteurs peuvent avoir des méthodes, des priorités et des appréciations différentes d’une même situation.

Il a toutefois souligné que la dignité et les droits de la personne humaine doivent rester au centre de l’action de tous les acteurs.

La CNDH entend notamment renforcer les mécanismes d’échange d’informations, améliorer la coordination des interventions, mieux exploiter les données et rapports disponibles, renforcer le plaidoyer et assurer un meilleur accompagnement des victimes et des personnes dont les droits sont menacés ou violés.

« Une étape » dans la construction d’un partenariat durable

Paul Nsapu Mukulu a enfin remercié les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme ayant répondu à l’invitation de la CNDH, malgré l’envoi tardif des invitations.

Il a assuré que la Commission prendra en considération les contributions formulées au cours des consultations, avec l’objectif d’améliorer durablement ses relations avec la société civile congolaise.

Les consultations ont ainsi été officiellement ouvertes le 18 septembre 2026, sous le signe de l’écoute, du dialogue et du partenariat.


Tshopo : Mateus Kanga répond aux propos de Martin Fayulu et appelle à un débat politique respectueux

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, a publié, le 18 septembre 2026, une mise au point à la suite des propos tenus par Martin Fayulu, président de l’ECiDé, lors d’un Space X consacré à la marche de l’opposition du 15 septembre 2026.

Deux préoccupations au cœur de son intervention

Selon Mateus Kanga, son intervention lors de cet échange visait à obtenir de Martin Fayulu des éclaircissements sur deux questions : la portée de son appel à « recourir à tous les moyens » pour s’opposer à un éventuel changement de la Constitution, ainsi que les raisons de la faible mobilisation observée lors de la manifestation de l’opposition du 15 septembre 2026.

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo affirme que ces interrogations avaient pour objectif de contribuer à un débat démocratique fondé sur les idées, les arguments et la confrontation constructive des points de vue.

Martin Fayulu réaffirme son opposition à la rébellion armée

Sur la question relative au recours à « tous les moyens », Mateus Kanga relève que Martin Fayulu a réaffirmé son opposition à toute forme de rébellion armée contre la République.

Il estime que cette position s’inscrit dans l’attachement aux principes républicains et à la préservation des valeurs démocratiques.

En revanche, il considère qu’une partie de l’intervention de Martin Fayulu est restée centrée sur son interprétation des résultats de l’élection présidentielle de 2018. Mateus Kanga l’invite ainsi à davantage se projeter vers l’avenir plutôt qu’à rester focalisé sur les événements politiques de cette période.

La mobilisation de l’opposition également évoquée

Concernant la faible participation à la manifestation du 15 septembre 2026, Mateus Kanga regrette que les échanges n’aient pas permis d’approfondir les facteurs susceptibles d’expliquer le niveau de mobilisation.

Il estime que, dans une démocratie, l’analyse des forces et des faiblesses d’une action politique constitue un exercice normal et nécessaire.

Une critique du ton employé durant le débat

Dans sa mise au point, Mateus Kanga revient également sur certaines remarques qu’il affirme avoir perçues comme personnelles et éloignées du sujet initial.

Il évoque notamment le qualificatif de « saoul » qui lui aurait été attribué, alors qu’il affirme ne consommer aucune boisson alcoolisée.

Pour le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, ce type de propos peut être perçu comme une manifestation d’intolérance politique.

Il rappelle par ailleurs que le prénom « Mateus » signifie « Don de Dieu » ou « Don de Yahvé ».

Appel au respect du pluralisme politique

Mateus Kanga réaffirme son attachement au pluralisme politique et à la liberté d’expression. Il estime que les divergences de vues doivent pouvoir s’exprimer dans le respect mutuel, la courtoisie républicaine et la recherche de l’intérêt supérieur de la Nation.

Tout en exprimant sa solidarité envers les victimes des incidents survenus en marge de la manifestation de l’opposition, il appelle Martin Fayulu à éviter, selon lui, le sensationnalisme dans l’espace public et à privilégier une posture conforme à la fonction politique à laquelle il aspire.

Le débat d’idées doit prévaloir

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo invite également les acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition à ne pas s’en prendre à ceux qui défendent des opinions différentes.

Pour lui, le débat d’idées doit primer sur les ressentiments personnels. Il appelle ainsi l’ensemble de la classe politique à privilégier, en toutes circonstances, le dialogue, l’argumentation et le respect réciproque.

Mateus Kanga conclut que la RDC a besoin d’un débat politique « élevé, responsable » et orienté vers la recherche de solutions aux préoccupations des citoyens.


RDC : MSF alerte sur une épidémie d’Ebola qui se déplace vers de nouvelles zones

La riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo est loin d’être terminée, alerte Médecins Sans Frontières (MSF). L’organisation estime qu’une baisse des admissions dans certains Centres de traitement Ebola (CTE) et un ralentissement local de la transmission ne suffisent pas à conclure à une maîtrise de l’épidémie.

Selon MSF, la situation demeure préoccupante, notamment en raison de l’apparition de nouveaux cas dans des zones où les capacités de préparation et de réponse restent limitées.

Une épidémie qui se déplace

« Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola (CTE) reçoivent moins de patients serait une erreur », affirme Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, dans la province de l’Ituri.

D’après lui, la situation semble actuellement ralentir en Ituri, considérée comme l’un des principaux foyers initiaux de l’épidémie. Toutefois, cette évolution locale ne refléterait pas la tendance observée à l’échelle nationale.

MSF souligne l’apparition de nouveaux cas dans le Sud-Ubangi, devenue la septième province touchée, ainsi que la progression de la maladie au Nord-Kivu. Cette dernière province représente désormais, selon l’organisation, près de la moitié des nouveaux cas confirmés, avec une hausse importante du taux de positivité ces derniers jours.

Pour MSF, le risque est d’autant plus important que des chaînes de transmission non détectées pourraient déjà être présentes dans certains foyers.

Plus de 7.200 cas confirmés et 3.500 décès

La RDC fait actuellement face, selon MSF, à sa plus importante épidémie de maladie à virus Ebola jamais enregistrée.

Depuis le mois de mai, plus de 7.200 cas confirmés et 3.500 décès ont été rapportés. L’organisation estime toutefois que le bilan réel pourrait être supérieur, en raison notamment des insuffisances dans la surveillance et la détection des cas.

Face à l’évolution de la situation, MSF indique avoir renforcé le déploiement de personnel et de ressources à travers des équipes de réponse rapide.

Ces équipes interviennent notamment dans la détection précoce des cas, la prise en charge des patients, la prévention et le contrôle des infections, le suivi des contacts, la surveillance épidémiologique ainsi que la sensibilisation et l’implication des communautés.

Des systèmes de santé déjà fragiles

MSF cite notamment la zone de santé de Bambu, où une équipe de réponse rapide est actuellement déployée.

Dans cette région, explique l’organisation, le système de santé est déjà confronté à un sous-financement chronique, à un déficit de personnel et à des capacités limitées pour orienter les patients vers des structures adaptées.

« L’épidémie pousse ces structures fragiles au-delà de leurs limites », souligne Anthony Kergosien.

Selon lui, les équipes de MSF assurent ainsi une réponse de première ligne afin de couvrir les besoins les plus urgents, dans l’attente d’un renforcement plus large du dispositif de riposte.

MSF appelle à renforcer la mobilisation internationale

L’organisation humanitaire estime toutefois qu’elle ne peut pas, à elle seule, faire face à l’expansion de l’épidémie.

MSF appelle ainsi à un renforcement significatif du soutien opérationnel des agences des Nations unies, en particulier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’objectif est de renforcer l’ensemble des piliers de la riposte, notamment dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels, où les capacités de réponse demeurent limitées.

Pour MSF, une mobilisation plus rapide et plus globale permettrait de déployer efficacement les équipes dans les nouvelles zones affectées, tout en garantissant aux communautés touchées l’accès aux services nécessaires pour interrompre les chaînes de transmission et contenir l’épidémie.


Fondation Chantal Massembo : une approche de proximité fondée sur l’écoute et l’accompagnement des communautés

La Fondation Chantal Massembo met en avant une approche de proximité destinée à mieux répondre aux besoins des populations africaines. Selon les informations communiquées par la Fondation, son réseau aurait déjà touché 98 millions de personnes à travers l’Afrique et disposerait d’une représentation dans plus de 28 pays africains.

Chantal Massembo est une militante écologiste, entrepreneure sociale et figure de l'engagement citoyen originaire de Brazzaville, en République du Congo. Elle est principalement reconnue pour son action en faveur du développement durable, des droits des femmes et de la lutte contre la pauvreté en Afrique.

À travers ce réseau, la Fondation affirme maintenir des contacts avec des représentants issus de différentes villes, villages et provinces. Ces relais locaux permettent aux communautés de faire remonter directement leurs préoccupations, leurs difficultés ainsi que les besoins auxquels elles sont confrontées au quotidien.

Placer l’écoute des communautés au cœur de l’action

Pour la Fondation Chantal Massembo, l’identification des besoins constitue une étape préalable à toute intervention. Son approche repose d’abord sur l’écoute des populations et le dialogue avec les acteurs locaux.

L’objectif est de comprendre précisément les problèmes rencontrés sur le terrain, d’identifier les besoins prioritaires et d’échanger avec les personnes directement concernées avant d’envisager l’accompagnement d’un projet.

Cette démarche vise notamment à éviter que les initiatives sociales soient conçues sans tenir suffisamment compte des réalités locales et des attentes des bénéficiaires.

Trois domaines d’intervention prioritaires

La Fondation indique concentrer notamment son action autour de trois secteurs prioritaires : l’éducation et la formation, la santé ainsi que la protection de l’environnement.

Dans le domaine de l’éducation et de la formation, l’accent est mis sur le développement des capacités et l’acquisition des compétences. La santé constitue également un axe majeur, compte tenu de son impact direct sur les conditions de vie des populations.

La protection de l’environnement complète ces priorités, avec une attention portée aux enjeux environnementaux auxquels les communautés africaines sont confrontées.

Une évaluation préalable avant tout financement

La Fondation précise que l’accompagnement financier d’un projet ne constitue pas le point de départ de son intervention. Avant toute décision, plusieurs éléments doivent être examinés.

Il s’agit notamment de déterminer le problème auquel le projet entend répondre, les bénéficiaires concernés, les objectifs poursuivis, les capacités de l’équipe chargée de sa mise en œuvre ainsi que les résultats attendus.

Cette phase d’analyse doit permettre de mieux apprécier la pertinence du projet et sa capacité à produire des résultats correspondant aux besoins identifiés sur le terrain.

Renforcer les capacités des porteurs de projets

Au-delà du financement, la Fondation Chantal Massembo met également en avant le renforcement des capacités des équipes et des porteurs de projets.

Elle défend l’idée qu’un investissement social efficace ne repose pas uniquement sur la disponibilité des ressources financières. La compréhension du problème, la connaissance des bénéficiaires et la capacité des acteurs locaux à mettre en œuvre et à suivre les projets sont également considérées comme des éléments essentiels.

La Fondation entend ainsi contribuer à rapprocher les communautés, les porteurs de projets et les partenaires financiers autour d’initiatives répondant aux réalités exprimées localement.

Rapprocher les communautés et les partenaires

À travers son réseau de proximité, la Fondation ambitionne de créer un lien entre les besoins exprimés par les populations et les ressources susceptibles de soutenir les initiatives locales.

Cette approche entend favoriser une meilleure adéquation entre les investissements sociaux et les priorités des communautés, en privilégiant une démarche fondée sur l’écoute, l’identification des besoins et l’accompagnement.

Pour la Fondation Chantal Massembo, cette philosophie se résume en quatre mots : « Écouter. Former. Accompagner. Agir ».


ADCN : Justin Dédé Kodoro célèbre les trois ans du parti à Gbadolite et appelle au dialogue national

L’Agir pour le Développement du Congo Nouveau (ADCN) a célébré, le samedi 19 septembre 2026 à Gbadolite, dans le Nord-Ubangi, le troisième anniversaire de sa création. La cérémonie s’est déroulée à la mythique Place de l’Unité, en présence d’une importante mobilisation populaire. Le président national et initiateur de l’ADCN, le député Justin Dédé Kodoro, a saisi cette occasion pour revenir sur le parcours de sa formation politique, mais aussi pour aborder plusieurs questions d’actualité nationale.

Après avoir salué les habitants de Gbadolite, Justin Dédé Kodoro a appelé les participants à un moment de recueillement en mémoire des personnalités disparues, notamment le Maréchal Mobutu Sese Seko.

Une minute de silence en mémoire de Mobutu

Évoquant le mois de septembre, marqué par le souvenir de la disparition de l’ancien président zaïrois, originaire de la région, le président de l’ADCN a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence.

Ce moment de recueillement a été présenté comme un hommage à la mémoire de Mobutu Sese Seko et à la place qu’il occupe dans l’histoire du Nord-Ubangi et de la République démocratique du Congo.

Justin Dédé Kodoro soutient l’initiative de dialogue national

Sur le plan politique, le président de l’ADCN s’est également exprimé sur l’initiative de dialogue entre les Congolais portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Justin Dédé Kodoro a apporté son soutien à cette démarche, dans un contexte marqué notamment par la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Pour le leader de l’ADCN, les consultations entre les filles et fils du pays doivent contribuer à rechercher des solutions aux crises qui affectent la RDC et à renforcer l’unité nationale ainsi que l’intégrité territoriale.

Le Nord-Ubangi veut faire entendre ses préoccupations

Justin Dédé Kodoro a toutefois insisté sur la nécessité de prendre en compte les réalités spécifiques de chaque province dans le cadre de ce dialogue.

Pour le Nord-Ubangi, plusieurs préoccupations devraient notamment être mises sur la table : l’état des infrastructures routières, le déficit d’opportunités économiques, le chômage des jeunes diplômés et, plus largement, les besoins de développement socio-économique de la province.

Le président de l’ADCN a annoncé la préparation d’un cahier des charges destiné à rassembler les principales revendications et attentes de la population du Nord-Ubangi.

Ce document devrait, selon lui, être porté auprès des autorités et des instances nationales afin que les préoccupations de cette partie du pays soient prises en compte dans les discussions nationales.

Trois ans après sa création

Trois ans après son lancement officiel, l’ADCN entend ainsi poursuivre son implantation à travers le pays, tout en mettant en avant les préoccupations locales dans le débat national. La célébration organisée à Gbadolite aura donc été à la fois un anniversaire politique, un moment de rassemblement populaire et une occasion pour Justin Dédé Kodoro de réaffirmer son positionnement en faveur d’une concertation nationale.


Biens mal acquis : Ali Bongo défend la mémoire de son père et conteste les termes employés par l’État gabonais

L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence, samedi 19 septembre 2026, pour réagir au dossier judiciaire français dit des « biens mal acquis ».

Dans une déclaration adressée aux Gabonais, il conteste principalement les observations formulées par la République gabonaise dans cette procédure, estimant qu’elles portent atteinte à la mémoire de son père, Omar Bongo Ondimba.

Une réaction centrée sur la mémoire d’Omar Bongo

Ali Bongo précise que sa prise de parole ne vise pas à remettre en cause le principe même de la procédure judiciaire. Il affirme que la justice doit poursuivre son travail devant les juridictions compétentes.

Son intervention porte plutôt sur les termes employés par l’État gabonais à l’égard de son père, ancien président de la République décédé en 2009.

L’ancien chef de l’État rappelle son lien filial avec Omar Bongo et affirme qu’il peut accepter que l’action politique de son père soit examinée et critiquée, sans accepter, selon lui, que sa mémoire soit bafouée.

Le Gabon partie civile dans la procédure

Cette sortie intervient dans un contexte de polémique sur la position actuelle de l’État gabonais dans cette affaire. La chronologie rappelle toutefois que la République gabonaise avait engagé sa démarche judiciaire avant le changement de pouvoir de 2023.

Selon des éléments rapportés par la presse gabonaise, l’État avait cherché à obtenir le statut de partie civile sous la présidence d’Ali Bongo. Après un premier refus en 2022, la Cour d’appel de Paris lui a reconnu cette qualité le 14 mars 2023, soit plusieurs mois avant la chute du régime d’Ali Bongo.

Juger l’action politique sans bafouer la mémoire

Dans sa déclaration, Ali Bongo établit donc une distinction entre l'examen de l'action politique d'Omar Bongo et ce qu'il considère comme une remise en cause de son honneur et de sa mémoire.

Il présente cette démarche comme celle d'un ancien président, mais aussi comme celle d'un fils souhaitant défendre la mémoire de son père. Il souligne par ailleurs qu’Omar Bongo appartient désormais à l’histoire du Gabon.

Ali Bongo ne s’est pas limité au dossier des biens mal acquis. Il a également annoncé une prochaine prise de parole destinée aux militants du Parti démocratique gabonais (PDG).

Cette intervention devrait porter sur l’organisation du parti, son unité et son avenir dans le nouveau contexte politique gabonais.

Sa déclaration du 19 septembre 2026 apparaît ainsi comme une première prise de position publique après plusieurs mois de silence, avant un développement annoncé sur l’avenir de sa formation politique.

Une controverse qui relance le débat sur l’héritage des Bongo

La réaction d’Ali Bongo intervient alors que le dossier des « biens mal acquis » ravive au Gabon les débats sur l’héritage politique, familial et patrimonial de l’ancien président Omar Bongo.

Elle a déjà suscité des réactions publiques, notamment celle de Serge Abessolo, qui a répondu à Ali Bongo en mettant l’accent sur la manière dont l’ancien président aurait préservé l’héritage de son père durant ses quatorze années au pouvoir.

Ces appréciations relèvent du débat politique et doivent être distinguées des éléments judiciaires établis dans la procédure.

Au cœur de cette controverse demeure donc une question distincte : d’un côté, la procédure judiciaire française et la défense des intérêts patrimoniaux de l’État gabonais ; de l’autre, la volonté d’Ali Bongo de préserver la mémoire de son père et de contester la formulation retenue par les autorités actuelles.