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mercredi 4 novembre 2026

Mongala : une marche pour réclamer 11 trimestres d'allocations familiales impayées

Les entreprises affiliées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), regroupées au sein de leur association à Bumba, dans la province de la Mongala, annoncent l’organisation d’une marche pacifique le jeudi 5 novembre 2026. À travers cette mobilisation, les organisateurs entendent dénoncer les retards accumulés dans le paiement des allocations familiales, qui porteraient sur onze trimestres.

L’annonce a été faite dans une correspondance datée du 2 novembre 2026 et adressée à l’administrateur du territoire de Bumba. Dans cette lettre, l’Association des entreprises affiliées à la CNSS informe officiellement l’autorité territoriale de son intention d’organiser cette manifestation, conformément aux dispositions de l’article 27 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui garantit la liberté de manifestation.

Onze trimestres d’allocations familiales au cœur de la contestation

Selon les organisateurs, cette marche vise principalement à obtenir le règlement des arriérés d’allocations familiales accumulés sur onze trimestres. Cette situation suscite des préoccupations au sein des entreprises affiliées à la CNSS, qui souhaitent attirer l’attention des responsables de cette institution de sécurité sociale sur la nécessité de trouver une solution à cette question.

À travers cette action publique, les manifestants entendent faire entendre leurs revendications et obtenir des réponses concrètes concernant le paiement des sommes réclamées.

Les organisateurs n'ont toutefois pas précisé, dans leur correspondance, le montant global des arriérés concernés ni les raisons avancées par la CNSS pour justifier ces retards.

Un itinéraire allant du rond-point Mobutu au bureau du territoire

D’après le programme communiqué aux autorités, la marche débutera à 7 heures au rond-point Mobutu. Les participants emprunteront la direction de la route Manga, avant de passer par l’avenue du Fleuve pour rejoindre le bureau de l’administration territoriale de Bumba, qui constituera le point de chute de la manifestation.

Sur place, un mémorandum sera lu publiquement avant d’être remis à l’administrateur du territoire. Ce document devra ensuite être transmis au directeur général de la CNSS, dont le siège se trouve à Kinshasa, afin de porter officiellement les revendications des manifestants à la connaissance de la direction générale de cette institution.

Les autorités locales informées de la mobilisation

Outre l’administrateur du territoire, des copies de la correspondance ont été transmises, pour information, au président du bureau d’âge de l’Assemblée provinciale de la Mongala, au commandant de la Police nationale congolaise de la ville de Bumba ainsi qu’au chef de poste de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Cette démarche vise à informer les différentes autorités concernées de la tenue de cette manifestation.

Signée par Augustin Mbinzo, représentant des organisateurs, cette initiative se veut une mobilisation pacifique destinée à obtenir le dénouement d’un dossier qui concerne le paiement des allocations familiales.

Reste à savoir quelle sera la réaction de la direction générale de la CNSS face à cette revendication et quelles dispositions seront envisagées pour répondre aux préoccupations soulevées par les entreprises affiliées de Bumba.


Grands Lacs : Judith Suminwa plaide pour une participation effective des femmes aux processus de paix

À Dar es-Salaam, en Tanzanie, la Première ministre congolaise a appelé les États de la région à dépasser la simple représentation féminine pour accorder aux femmes une véritable influence dans les décisions politiques, sécuritaires et économiques. Elle a également dénoncé les violences subies par les femmes dans l’Est de la RDC et plaidé pour une paix fondée sur le respect de la souveraineté des États.

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a appelé, lundi 2 novembre 2026, à une implication réelle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la médiation ainsi que la reconstruction dans la région des Grands Lacs.

S'exprimant à l'ouverture de la Conférence parlementaire des femmes pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs, organisée à Dar es-Salaam, en Tanzanie, la cheffe du gouvernement congolais a invité les États et les institutions parlementaires à aller au-delà des engagements de principe pour garantir aux femmes une participation effective aux processus de décision.

« Notre ambition doit donc être claire : passer de la représentation à l'influence. Et passer de l'influence aux résultats », a-t-elle déclaré devant les délégations parlementaires et les représentants des États de la région.

Cette rencontre intervient vingt ans après la signature du Pacte de Nairobi sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. Elle constitue, selon Judith Suminwa, une occasion d'évaluer les progrès réalisés en matière de participation politique des femmes et de traduire les engagements régionaux et internationaux en actions concrètes.

Est de la RDC : Judith Suminwa dénonce les violences contre les femmes

Évoquant la situation sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo, la Première ministre a dénoncé les violences attribuées à l'armée rwandaise et à ses supplétifs. Elle a particulièrement insisté sur les conséquences de cette situation sur les femmes et les jeunes filles, confrontées aux violences, aux déplacements forcés, à l'insécurité et à la perte de leurs proches.

« Depuis trop longtemps, elles subissent les violences, les déplacements forcés, la peur et la perte de leurs proches. Notre pays continue de dénoncer l'agression barbare de l'Armée Patriotique Rwandaise et de ses supplétifs dont il est victime, ainsi que les violences qui frappent ses populations dans l'Est ».

La cheffe du gouvernement a Elle a insisté sur la nécessité de ne pas les considérer uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices essentielles dans la recherche de solutions durables. Leur participation doit notamment être garantie dans les mécanismes de prévention des conflits, de médiation et de reconstruction.

Pour Judith Suminwa, la paix dans la région des Grands Lacs doit reposer sur des principes fondamentaux : le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, la protection des populations civiles et l'implication effective des femmes dans les processus de décision au sein de leurs communautés.

Elle a insisté sur la nécessité de ne pas les considérer uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices essentielles dans la recherche de solutions durables. Leur participation doit être garantie dans les mécanismes de prévention des conflits, de médiation et de reconstruction.

Pour Judith Suminwa, la paix dans la région des Grands Lacs doit reposer sur des principes fondamentaux comme le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, la protection des populations civiles et l'implication effective des femmes dans les processus de décision.

Article 14 de la Constitution : la RDC réaffirme son engagement en faveur des femmes

Sur le plan national, la Première ministre a réaffirmé l'engagement de la République Démocratique du Congo en faveur de la promotion des droits des femmes, conformément à l'article 14 de la Constitution, qui garantit leur participation équitable à la vie nationale et aux institutions publiques.

Elle a également inscrit cette démarche dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu'elle a présenté comme un défenseur de la masculinité positive.

Toutefois, Judith Suminwa a souligné que les dispositions légales ne suffisent pas à améliorer durablement les conditions de vie des femmes. Leur mise en œuvre nécessite des moyens financiers, des politiques publiques concrètes et des résultats mesurables.

S'adressant particulièrement aux parlementaires, elle les a invités à mobiliser leurs prérogatives législatives, budgétaires et de contrôle de l'action gouvernementale pour lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre.

Elle a notamment plaidé pour le renforcement de l'éducation des filles, l'autonomisation économique des femmes, l'amélioration de leur accès aux soins de santé ainsi que l'accompagnement des populations déplacées.

« Par la loi, vous pouvez combattre les discriminations et les violences. Par le budget, vous pouvez soutenir l'éducation des filles, la santé, l'autonomie économique des femmes et l'aide aux personnes déplacées ».

Les parlementaires appelés à transformer les engagements en actions

La Première ministre a souhaité que les travaux de Dar es-Salaam débouchent sur des priorités clairement définies, un mécanisme de suivi parlementaire des engagements et une meilleure prise en compte des témoignages et des propositions des femmes directement affectées par les conflits.

Elle a ainsi lancé un appel à une mobilisation collective pour faire de la paix un résultat concret au bénéfice des populations de la région. « Ensemble, faisons de la paix une réalité vécue, et non une promesse répétée ».

Le président en exercice du Forum parlementaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (FP-CIRGL), l'Angolais Adão Francisco Correia de Almeida, a insisté sur l'importance du dialogue, de la diplomatie et des solutions politiques durables pour mettre fin aux conflits qui continuent de fragiliser la région.

Il a salué la participation de Judith Suminwa, estimant que sa présence, aux côtés des autres délégations, conférait une dimension politique particulière à cette rencontre.

La Tanzanie mise sur le leadership féminin et la coopération régionale

Ouvrant officiellement les assises au nom de la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, le vice-président de la République unie de Tanzanie, Deogratius John Ndejembi, a également mis en avant le rôle des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix et le développement durable.

Il a plaidé pour une meilleure représentation féminine dans les instances dirigeantes et les mécanismes de prise de décision, tout en appelant au renforcement de la coopération entre les États de la région face aux défis sécuritaires.

Son intervention a particulièrement souligné la nécessité de privilégier la solidarité régionale et les réponses concertées aux conflits qui affectent les populations des Grands Lacs.


RDC : la société civile et les parlementaires pour la lutte contre la corruption

La Dignité humaine ASBL et le Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC-RDC) ont officialisé le 3 novembre 2926 à Kinshasa leur partenariat à travers la signature d'un protocole de collaboration destiné à renforcer la transparence dans la gestion publique, la redevabilité et le contrôle citoyen en République Démocratique du Congo. Au cœur de cette initiative figure le programme quinquennal « Tofongola Miso » (Ouvrons les yeux), porté par la Dignité humaine ASBL, avec l'accompagnement de la coopération allemande à travers le projet Lutte Contre les Flux Financiers Illicites en RDC (LuCoFFI).

Cette collaboration vise à rapprocher les citoyens des institutions publiques, à encourager les dénonciations responsables des actes de corruption et à promouvoir une gouvernance plus transparente et inclusive.

« Tofongola Miso », un outil citoyen au service de la redevabilité

Élodie Ntamuzinda, présidente du conseil d'administration de la Dignité humaine ASBL, a présenté cet engagement comme une avancée importante dans la lutte contre la corruption et les pratiques qui fragilisent la gouvernance publique.

Selon elle, la corruption ne constitue pas seulement une question de contrôle administratif ou de répression. Elle représente également une atteinte directe à la dignité humaine, dans la mesure où elle prive les citoyens de leurs droits, détourne les ressources destinées au développement et compromet l'accès aux services sociaux de base.

C'est dans cette perspective que son organisation a initié le programme « Tofongola Miso », prévu pour la période 2026-2031. À travers sa plateforme numérique, ce dispositif ambitionne de faciliter la remontée des informations et des dénonciations citoyennes, tout en rapprochant les populations des institutions compétentes.

Pour Élodie Ntamuzinda, l'objectif n'est pas simplement de disposer d'un outil numérique de collecte des dénonciations, mais de mettre en place un mécanisme crédible, sécurisé et reconnu par les institutions, capable de produire des changements concrets dans la gestion des affaires publiques.

Elle insiste également sur le fait que cette initiative ne doit pas être perçue comme un instrument de règlement de comptes ou de chasse aux individus. Elle doit plutôt contribuer à consolider la stabilité, la transparence et la confiance entre les citoyens et les institutions.

APNAC-RDC s'engage à mobiliser les députés

La signature du protocole avec l'APNAC-RDC vient formaliser une collaboration déjà amorcée par un acte d'engagement. Pour la responsable de la Dignité humaine ASBL, cette étape traduit une volonté institutionnelle plus ferme d'accompagner la promotion de « Tofongola Miso » auprès des élus nationaux.

Concrètement, des rencontres en présentiel et des échanges virtuels seront organisés avec les députés avant chaque période de vacances parlementaires ainsi qu'à l'occasion de la rentrée parlementaire.

L'objectif est de permettre aux élus de mieux maîtriser cet outil, de le promouvoir auprès de leurs électeurs et de recueillir les préoccupations exprimées à la base. La démarche prévoit également un mécanisme de retour d'informations afin que les préoccupations des populations puissent alimenter le dialogue avec les institutions. Élodie Ntamuzinda considère que les parlementaires occupent une position stratégique dans ce dispositif, en raison de leur proximité avec les citoyens et de leur rôle dans le contrôle de l'action publique et la promotion des réformes législatives.

APNAC-RDC promet des actions concrètes et une sensibilisation accrue

De son côté, Jean-Pierre Mpasi za Pamba, président de l'APNAC-RDC, a insisté sur la nécessité de dépasser les discours pour obtenir des résultats tangibles dans la lutte contre la corruption.

Il a annoncé l'engagement des parlementaires à renforcer les actions de plaidoyer et à sensibiliser davantage la population, notamment à travers les élus qui entretiennent des contacts réguliers avec leurs bases électorales.

Le responsable de l'APNAC-RDC a également évoqué la proposition de loi relative à la protection des lanceurs d'alerte, déjà déposée au Parlement.

À ses yeux, le programme « Tofongola Miso » s'inscrit dans cette dynamique, en encourageant les citoyens à signaler les pratiques répréhensibles, tout en les sensibilisant aux mécanismes de protection et à leurs responsabilités. Il a par ailleurs établi un lien entre la corruption, les flux financiers illicites, l'insécurité et les difficultés de développement du pays. Selon lui, les ressources publiques détournées constituent autant de moyens qui échappent au financement des besoins essentiels de la population.

« Moi, j'ai besoin d'actes concrets. Moi, j'attends les résultats », a-t-il déclaré, appelant les différentes parties à traduire leurs engagements en actions mesurables.

Dans cette perspective, il a souhaité qu'une première activité réunissant les parlementaires et la Dignité humaine ASBL soit organisée avant la clôture de la session parlementaire, afin de permettre aux élus de s'approprier davantage le programme et de relayer ses objectifs auprès des citoyens.

Vers un partenariat tripartite avec l'APLC

Au-delà de l'accord conclu avec l'APNAC-RDC, la Dignité humaine ASBL envisage d'élargir cette collaboration à l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), avec laquelle elle dispose déjà d'un protocole de collaboration.

Élodie Ntamuzinda propose ainsi la mise en place progressive d'un cadre tripartite réunissant la Dignité humaine ASBL, l'APNAC-RDC et l'APLC. Cette architecture permettrait d'harmoniser les interventions et de préciser les responsabilités de chaque institution.

Dans ce dispositif, l'APLC serait chargée de la réception, de l'analyse et du traitement des dénonciations, ainsi que de la sécurisation et de la confidentialité des informations transmises.

L'APNAC-RDC assurerait, pour sa part, le plaidoyer parlementaire, la promotion des réformes législatives et la sensibilisation des élus et des populations.

La Dignité humaine ASBL conserverait la responsabilité de la mobilisation citoyenne, de la gestion et de l'appropriation de la plateforme « Tofongola Miso », ainsi que de la coordination des activités de sensibilisation avec les réseaux de la société civile, du niveau national jusqu'aux territoires.

Cette approche vise à éviter les chevauchements de compétences et à garantir une complémentarité entre les institutions publiques et les organisations citoyennes.

La coopération allemande appelée à poursuivre son accompagnement

La présidente du conseil d'administration de la Dignité humaine ASBL a salué l'accompagnement de la coopération allemande, particulièrement à travers le projet LoCoFFI de la GIZ, dans le renforcement des mécanismes de contrôle citoyen.

Elle a également lancé un appel aux autres partenaires engagés dans la lutte contre la corruption afin qu'ils rejoignent cette dynamique et contribuent à fédérer les initiatives existantes.

Pour les initiateurs du programme, l'enjeu dépasse largement l'horizon des cinq années prévues. Il s'agit de construire des mécanismes durables susceptibles de bénéficier aux générations futures, en favorisant une meilleure gestion des ressources publiques, la participation citoyenne et une gouvernance responsable.

La réussite de « Tofongola Miso » sera donc évaluée à l'aune de ses résultats : une population mieux informée, des dénonciations responsables, une transparence accrue dans la gestion publique et un contrôle parlementaire et citoyen plus efficace.

À travers ce partenariat, la Dignité humaine ASBL et l'APNAC-RDC entendent ainsi faire de la lutte contre la corruption une responsabilité partagée, convaincues que la redevabilité et la bonne gouvernance constituent des conditions essentielles à une paix durable et au développement de la République Démocratique du Congo.


LCOY RDC 2026 : la jeunesse congolaise appelée à prendre une place active dans la lutte contre le changement climatique

Kinshasa accueille du 3 au 4 novembre 2026 la Local Conference of Youth (LCOY RDC 2026), une conférence nationale hybride consacrée à la participation des jeunes à l'action et à la gouvernance climatiques. Organisée par le Corps des Jeunes contre le Paludisme (CJP-RDC) et FANYA Association, avec l'appui de partenaires techniques et financiers, notamment l'UNICEF, cette rencontre réunit des jeunes de 14 à 35 ans autour des défis environnementaux et des solutions durables.

La jeunesse congolaise entend désormais faire entendre sa voix dans les décisions relatives au changement climatique. C'est l'ambition de la LCOY RDC 2026, qui combine des rencontres physiques à Kinshasa et une participation virtuelle des jeunes issus des différentes provinces du pays et de l'étranger.

L'initiative vise à dépasser le cadre d'une simple conférence de sensibilisation pour mettre en place un véritable espace national de consultation, de dialogue et de formulation de recommandations portées par les jeunes.

Faire des jeunes des acteurs de la gouvernance climatique

Pour les organisateurs, la République Démocratique du Congo, riche de ses forêts, de ses ressources en eau et de sa biodiversité, est particulièrement concernée par les conséquences du changement climatique. Inondations, érosions, perturbation des saisons agricoles, dégradation des écosystèmes et risques sanitaires affectent directement les communautés.

Dans ce contexte, les jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques environnementales, mais comme des acteurs capables de proposer des solutions, d'influencer les décisions et de participer à leur mise en œuvre.

Coordonnateur pays du Corps des Jeunes contre le Paludisme, Alexis Alison Kabambi a insisté sur la nécessité de passer d'une jeunesse sensibilisée à une jeunesse responsabilisée et véritablement impliquée dans l'action climatique. Il a rappelé que les questions environnementales sont également liées à la santé publique, à la sécurité alimentaire, au développement économique et à la justice sociale. Fort de son expérience dans la mobilisation communautaire et la lutte contre le paludisme, le CJP-RDC considère la protection de l'environnement comme un enjeu essentiel de préservation de la santé et de la vie humaine.

Trois axes prioritaires au cœur des travaux

Les échanges de la LCOY RDC 2026 s'articulent autour de trois principaux axes : la gouvernance climatique, le leadership et la participation des jeunes ; l'adaptation au changement climatique, la résilience territoriale et la justice climatique ; enfin, la protection de l'environnement, la biodiversité et l'inclusion.

Les participants sont appelés à réfléchir aux politiques climatiques, aux mécanismes de participation citoyenne, à la gestion durable des ressources naturelles, à la restauration des écosystèmes et aux solutions locales face aux inondations, aux vagues de chaleur et aux autres risques environnementaux.

La conférence prévoit également des sessions de renforcement des capacités, des consultations nationales, des ateliers thématiques et des échanges avec les décideurs, les experts et les partenaires au développement.

Une attention particulière est accordée à la représentativité des jeunes des provinces, des jeunes femmes et des jeunes vivant avec handicap, afin que les recommandations reflètent la diversité des réalités du pays.

Le Conseil national de la jeunesse plaide pour des engagements concrets

Le président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi, a salué cette initiative, tout en appelant à une participation effective des jeunes à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des politiques climatiques. Il a formulé trois exigences majeures : garantir une participation inclusive, investir dans les solutions proposées par les jeunes et assurer le suivi des engagements issus de la conférence.

Il a cité l'agriculture durable, la restauration des écosystèmes, la gestion des déchets, les énergies propres et l'entrepreneuriat vert parmi les secteurs dans lesquels les initiatives des jeunes méritent un accompagnement technique et financier.

Pour le Conseil national de la jeunesse, les recommandations ne doivent pas rester des déclarations d'intention. Elles doivent être traduites en priorités précises, assorties de responsabilités et d'échéances, avec un mécanisme de suivi auprès des institutions et des partenaires.

Vers une déclaration nationale de la jeunesse

L'un des principaux résultats attendus de ces assises est l'élaboration participative de la Déclaration de la jeunesse de la LCOY RDC 2026. Ce document devra consolider les préoccupations et propositions recueillies à Kinshasa et dans les provinces, afin de porter la voix des jeunes congolais auprès des instances nationales, africaines et internationales.

Les travaux pourront notamment s'appuyer sur les données du Climate Landscape Analysis for Children (CLAC), publié en juillet 2026 par le ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, avec l'appui de l'UNICEF, ainsi que sur les résultats des consultations et sondages U-Report.

À travers cette démarche, les organisateurs ambitionnent de renforcer durablement le dialogue entre la jeunesse, les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers.

Pour Alexis Alison Kabambi comme pour Claude Mbuyi, l'enjeu est désormais de transformer les échanges en propositions applicables et en actions concrètes dans les communautés.

La jeunesse congolaise ne veut donc plus être seulement l'héritière des conséquences du changement climatique. Elle entend participer pleinement aux décisions et aux solutions qui façonneront son avenir.

LCOY RDC 2026 : l’UNICEF et le gouvernement appellent à une participation active des jeunes à l’action climatique

Le représentant de l’UNICEF en République Démocratique du Congo, John Agbor, a appelé les jeunes Congolais à s’impliquer davantage dans la lutte contre le changement climatique. À l’ouverture de la Conférence locale des jeunes sur le climat (LCOY RDC 2026), à Kinshasa, il a insisté sur la nécessité de transformer leurs propositions en décisions et en actions concrètes.

Il a rappelé que les conséquences du changement climatique sont déjà visibles dans le quotidien des populations : inondations, érosion, contamination des sources d’eau et pertes agricoles. Des phénomènes qui affectent particulièrement les enfants et les jeunes.

Pour John Agbor, ces derniers ne doivent pas être considérés uniquement comme des victimes, mais comme des acteurs capables d'imaginer et de porter des solutions adaptées aux réalités de leurs communautés.

Il a ainsi invité les participants à réfléchir à trois priorités : protéger les communautés face aux risques climatiques, garantir une véritable prise en compte de la voix des jeunes dans les décisions et accompagner leurs initiatives par la formation, les opportunités et les financements.

L’UNICEF plaide pour une jeunesse écoutée et représentée

Le représentant de l’UNICEF a également insisté sur la portée de la déclaration nationale qui sera issue de cette conférence. Celle-ci devra refléter les préoccupations des jeunes de Kinshasa comme celles des autres provinces et servir d’outil de plaidoyer auprès des décideurs.

Évoquant la participation des jeunes aux négociations internationales, il les a encouragés à porter leurs préoccupations et leurs propositions dans les espaces de décision, notamment à la COP21, référence mentionnée dans son intervention, tout en rappelant l'expérience d'Emmanuel, jeune ambassadeur de l'UNICEF, qui avait porté la voix de sa génération à la COP28 de Dubaï.

John Agbor a réaffirmé le soutien de l'UNICEF à l'engagement climatique des jeunes congolais.

Le ministère de l’Environnement mise sur l’innovation de la jeunesse

Représentant la secrétaire générale du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Fabien Falizi, chef de division chargé du Développement durable et assurant l’intérim du directeur de cette direction, a salué la mobilisation des jeunes.

Il a rappelé que la RDC dispose d'importants atouts naturels, ses forêts, ses ressources en eau, sa biodiversité et son potentiel en énergies renouvelables. Toutefois, le pays reste exposé aux inondations, aux sécheresses, aux érosions et à la dégradation des écosystèmes.

Face à ces défis, il a souligné les efforts du gouvernement en matière de gouvernance climatique, notamment à travers la CDN 3.0, le processus REDD+, le Plan national d’adaptation, la restauration des écosystèmes et la mobilisation des financements climatiques.

Vers des recommandations adaptées aux réalités provinciales

Pour le représentant du ministère, la réussite de ces engagements nécessite une mobilisation collective, avec une implication effective de la jeunesse.

Il a encouragé les participants à confronter les analyses nationales aux réalités vécues dans leurs communautés afin de formuler des recommandations pertinentes et adaptées aux différents contextes provinciaux.

La conférence devra notamment déboucher sur une Déclaration nationale de la jeunesse de la LCOY RDC 2026, destinée à renforcer le dialogue avec les institutions et les partenaires techniques et financiers.

Fabien Falizi a officiellement déclaré ouverts les travaux, en appelant les jeunes à devenir une force de proposition, d’innovation et d’action pour la protection du patrimoine naturel congolais.


Kinshasa : des coupures d’électricité persistantes sur le feeder 271

Depuis plusieurs jours, plusieurs quartiers des communes de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu, à Kinshasa, sont confrontés à une interruption prolongée de la fourniture d’électricité. Alimentés par le feeder 271 de la sous-station Sendwe, ces quartiers subissent des coupures répétitives qui suscitent l'incompréhension et le mécontentement des abonnés.

En cause, selon les explications fournies par des techniciens de la Société nationale d’électricité (SNEL), une panne sur des câbles moyenne tension.

Au-delà de cette panne technique, les consommateurs dénoncent surtout le manque de communication de la part de la société publique. Privés de courant pendant plusieurs jours, ils disent ne recevoir aucune information précise sur l'origine des perturbations ni sur le délai nécessaire au rétablissement de l'électricité.

Le feeder 271 affecté par une panne de câbles moyenne tension

Contacté au sujet de cette situation, un technicien de la SNEL a confirmé une panne sur le feeder 271 de la sous-station C2. Selon ses explications, le défaut a été localisé après deux jours d'interruption de la fourniture électrique.

Les équipes techniques ont notamment constaté un problème d'humidité au niveau des câbles moyenne tension. Cette humidité provoquerait le déclenchement des disjoncteurs, empêchant ainsi la remise en service normale du feeder.

Une première intervention a consisté à éliminer cette humidité. Toutefois, les tentatives de réalimentation du réseau n'ont pas abouti. Les techniciens devaient donc poursuivre les travaux afin d'identifier et de supprimer définitivement le défaut.

Le technicien a indiqué espérer une résolution du problème dans la journée suivante, tout en reconnaissant que les premières interventions n'avaient pas permis de rétablir le courant.

Les abonnés dénoncent le manque de communication

Pour les habitants concernés, l'absence d'informations officielles complique davantage une situation déjà difficile. Faute de communication de la SNEL, certains abonnés pensent avoir affaire à une nouvelle opération de délestage, alors qu'il s'agit, selon les explications techniques recueillies, d'une panne sur le réseau.

Cette situation affecte aussi bien les activités domestiques que professionnelles. Certains habitants éprouvent des difficultés à recharger leurs téléphones et leurs batteries externes, au point de devoir se déplacer vers des établissements disposant de groupes électrogènes.

Un abonné interrogé déplore l'absence de communiqués permettant aux consommateurs de prendre leurs dispositions.

« Si vous nous informez, nous prenons des dispositions », fait-il remarquer, évoquant les difficultés rencontrées pour maintenir son téléphone chargé. Il estime que la direction de la SNEL devrait régulièrement communiquer sur les incidents techniques et les délais prévisionnels de rétablissement.

Des câbles endommagés dans le secteur de Ngiri-Ngiri et Kasa-Vubu

Dans un autre échange avec un technicien, des perturbations ont également été signalées dans des quartiers de Ngiri-Ngiri.

Le technicien contacté a évoqué un câble qui aurait brûlé, entraînant des perturbations sur d'autres départs du réseau. Des câbles de remplacement auraient été recherchés auprès d'un dépôt, avec une installation annoncée pour permettre le rétablissement de la desserte.

La cabine Lokolenge, située sur l'avenue Kasa-Vubu dans la commune de Ngiri, a également été mentionnée parmi les installations concernées. Le service technique a assuré qu'il allait prendre contact avec les agents de cette cabine pour s'informer de la situation et faciliter le suivi de la panne.

Ces explications illustrent la multiplication des incidents techniques qui affectent la distribution électrique dans cette partie de la capitale.

L'étiage ne peut plus être la seule explication aux coupures

Ces nouvelles perturbations relancent le débat sur les difficultés structurelles de la SNEL à assurer une desserte régulière de Kinshasa. Depuis plus de deux décennies, la capitale congolaise connaît des problèmes récurrents d'approvisionnement en électricité, entre délestages, pannes de câbles et interruptions imprévisibles.

Pendant la période d'étiage du fleuve Congo, la baisse du niveau des eaux a régulièrement été avancée pour expliquer les difficultés de production électrique. Mais cette justification ne saurait, à elle seule, expliquer toutes les interruptions enregistrées sur le réseau de distribution.

La question de la deuxième prise d'eau, construite avec l'appui des partenaires chinois durant le mandat du comité de gestion dirigé par Jean-Bosco Kayombo, mérite également d'être éclaircie. Cet ouvrage avait pour objectif de réduire la vulnérabilité des installations aux conséquences de l'étiage.

Alors que le niveau des eaux du fleuve Congo est désormais en remontée, les problèmes de desserte persistent dans plusieurs quartiers. Une situation qui remet au premier plan les questions de maintenance des infrastructures, de renouvellement des équipements et de gestion du réseau de distribution.

Le droit à l'électricité et les nuisances des groupes électrogènes

Au-delà des désagréments quotidiens, les coupures répétitives ont des conséquences sur les conditions de vie des Kinois. Pour pallier les défaillances du réseau public, de nombreux ménages et établissements recourent aux groupes électrogènes.

Cette solution de substitution entraîne cependant des nuisances sonores et des émissions polluantes dans plusieurs quartiers de la capitale, avec des conséquences sur le cadre de vie des populations.

L'article 48 de la Constitution de la République Démocratique du Congo consacre le droit à un logement décent, le droit d'accès à l'eau potable et à l'énergie électrique. Un principe constitutionnel dont la concrétisation reste un défi pour les pouvoirs publics et particulièrement pour la SNEL, chargée de la fourniture de l'électricité.

En attendant des solutions durables, les abonnés de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu restent confrontés à une même préoccupation : retrouver une alimentation électrique régulière et, surtout, être informés chaque fois qu'une panne survient.

La question n'est donc plus seulement celle du rétablissement du courant sur le feeder 271, mais aussi celle de la capacité de la SNEL à prévenir les pannes, à entretenir ses installations et à communiquer efficacement avec ses abonnés.


CIRGL : Judith Suminwa détaille les mesures de la RDC pour protéger les femmes et les enfants victimes des conflits armés

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a plaidé, le 3 novembre 2026, pour une réponse cohérente et concertée face aux conséquences des conflits armés sur les femmes et les jeunes filles dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans l’Est de la RDC.

Intervenant au panel consacré au « Leadership parlementaire des femmes au service de la paix, de la sécurité et du développement dans la région des Grands Lacs », la cheffe du Gouvernement congolais a présenté les différentes initiatives engagées par son pays pour protéger les populations affectées par les conflits, renforcer la résilience des femmes et préserver l’avenir des enfants.

Invitée spéciale à la première Conférence des femmes parlementaires de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), organisée à Dar es-Salaam, en Tanzanie, Judith Suminwa a rappelé que l’Est de la RDC subit les conséquences de près de trois décennies de violences armées.

« Vous avez parlé d’instabilité politique à l’Est, moi je vais vous parler d’une guerre à l’Est de la République démocratique du Congo. Ça fait 30 ans, nous avons particulièrement des femmes, des jeunes filles qui subissent les conséquences de cette guerre », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité pour les pouvoirs publics de mettre en place des réponses adaptées à cette situation.

Maintenir l'accès à l'éducation dans les zones affectées par la guerre

Évoquant la situation dans les territoires touchés par les violences à Goma et à Bukavu, la Première ministre a insisté sur l'obligation de préserver les services essentiels, en particulier l'accès à l'éducation pour les enfants vivant dans les zones affectées par le conflit, y compris celles sous occupation.

À ce sujet, elle a mis en avant la prise en charge par le Gouvernement des frais liés à l'organisation des épreuves de l'examen d'État pour les élèves des établissements publics. Cette mesure vise à alléger les charges financières des familles et à permettre aux jeunes, filles et garçons, de poursuivre leur parcours scolaire malgré les difficultés sécuritaires et économiques.

Pour Judith Suminwa, la protection des enfants et la continuité de leur formation constituent des enjeux majeurs dans la réponse aux crises qui frappent l'Est du pays.

L'autonomisation économique des femmes comme priorité

La cheffe du Gouvernement a également présenté les initiatives destinées à renforcer l'indépendance économique des femmes et des jeunes filles. Ces actions reposent notamment sur le soutien à l'entrepreneuriat féminin et la mise en place de programmes d'accompagnement des jeunes.

L'objectif est de donner aux femmes affectées par les conflits des possibilités concrètes de développer des activités économiques, de subvenir à leurs besoins et de renforcer leur autonomie.

« Il est important aujourd'hui d'assurer que nous puissions avoir une réponse cohérente et délibérée par rapport à la problématique des femmes. Pour ça, non seulement dans le cadre de notre programme d'action, nous travaillons sur l'autonomisation de la femme, sur la prise en charge économique de la femme », a expliqué Judith Suminwa.

Elle a insisté sur la nécessité de multiplier les initiatives en faveur de l'entrepreneuriat féminin afin de permettre aux bénéficiaires de disposer de moyens économiques pour faire face aux conséquences de la guerre.

Le Fonds national au secours des survivantes des violences

Abordant la prise en charge des femmes victimes de violences liées aux conflits armés, la Première ministre a évoqué les interventions du Fonds national mis en place à cet effet.

Les mécanismes d'accompagnement concernent notamment les dimensions psychologique, sociale et économique, avec pour ambition de favoriser la reconstruction personnelle et la réinsertion des survivantes.

Judith Suminwa a également fait état de programmes bénéficiant de l'appui des Nations unies. Ceux-ci visent notamment à atteindre les femmes vivant dans les zones difficiles d'accès, grâce à la mobilisation des ressources du budget de l'État et des partenaires.

Cette approche entend ainsi renforcer la prise en charge des victimes, y compris dans les communautés les plus isolées.

Le PDL-145 pour renforcer la présence de l'État dans les territoires

La Première ministre a, par ailleurs, rappelé l'importance du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145) dans l'amélioration des conditions de vie des populations.

À travers la construction d'écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs, ce programme vise à rapprocher les services publics des communautés et à renforcer progressivement la présence de l'État sur l'ensemble du territoire national.

Tout en reconnaissant que sa mise en œuvre n'est pas encore achevée, Judith Suminwa a souligné sa complémentarité avec d'autres initiatives sociales, notamment la gratuité de la maternité.

Cette politique contribue, selon elle, à alléger les dépenses des ménages, à améliorer l'accès aux soins de santé maternelle et à réduire la mortalité des femmes pendant l'accouchement.

Les femmes au cœur des réponses aux crises dans les Grands Lacs

À travers son intervention à Dar es-Salaam, Judith Suminwa a défendu une approche globale de la protection des femmes et des enfants confrontés aux conséquences des conflits armés.

Cette démarche associe la prise en charge des survivantes des violences, l'autonomisation économique des femmes, la continuité de l'éducation, l'accès aux soins de santé et le développement des infrastructures de proximité.

La Première ministre a ainsi placé la participation et l'autonomie des femmes au centre des stratégies de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs, où les conflits continuent de fragiliser les communautés et de compromettre les perspectives d'avenir de nombreuses familles.

 


Kinshasa : Daniel Bumba pour une collaboration renforcée avec la Task Force présidentielle

Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, réaffirme la disponibilité de son gouvernement à travailler avec le Service national dans le cadre de la Task Force présidentielle chargée de la salubrité et de l’assainissement de la capitale. Dans une correspondance datée du 2 novembre 2026, il écarte toute idée de compétition entre les deux structures et propose une rencontre avec le coordonnateur de cette équipe afin d’aplanir les éventuelles incompréhensions et de renforcer leur synergie d’action.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, privilégie la voie du dialogue pour dissiper les tensions apparues autour de l’implication du Service national dans les opérations d’assainissement de la capitale. Dans une lettre adressée au coordonnateur de la Task Force présidentielle de salubrité et d’assainissement de la ville de Kinshasa, il accuse réception de la correspondance de ce dernier, référencée VL n° 115/PR/TFP/COORDON/2026 du 28 octobre 2026.

Cette démarche fait suite à une correspondance dans laquelle le coordonnateur de la Task Force exprimait son indignation à propos de certaines déclarations attribuées au gouvernement provincial de Kinshasa.

En réponse, Daniel Bumba réaffirme l’adhésion de l’exécutif provincial à l'initiative du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à associer le Service national aux efforts d’assainissement et de salubrité de la capitale.

Une initiative présidentielle saluée par le gouvernement provincial

Pour le gouverneur de Kinshasa, la mise en place de cette Task Force présidentielle traduit la volonté du chef de l’État de donner une nouvelle impulsion aux actions destinées à améliorer durablement le cadre de vie des habitants de la capitale.

Il considère cette initiative comme un engagement patriotique auquel toutes les institutions concernées doivent contribuer, chacune dans le respect de ses compétences et de ses attributions.

Daniel Bumba rappelle également que la collaboration entre le gouvernement provincial et le Service national n'est pas une expérience nouvelle. Les deux structures ont déjà mené, par le passé, des initiatives et des actions communes dans l'intérêt de Kinshasa.

Il estime ainsi que cette coopération doit se poursuivre et se renforcer pour apporter des réponses concrètes aux problèmes persistants d'insalubrité auxquels la capitale est confrontée.

Des déclarations à replacer dans leur contexte

Abordant les déclarations à l'origine de la controverse, le gouverneur invite son interlocuteur à privilégier une lecture dépassionnée de leur portée et de leur contexte.

Il insiste particulièrement sur la nécessité de distinguer les prises de position relatives aux questions de financement de toute interprétation faisant état d'une incitation à l'indiscipline militaire ou à la commission d'actes répréhensibles.

Selon Daniel Bumba, de telles accusations nécessitent une appréciation rigoureuse des faits, de leur contexte et des éléments constitutifs des éventuelles infractions évoquées.

Le chef de l'exécutif provincial réaffirme, dans ce contexte, son attachement au respect des institutions de la République, à la discipline et à l'autorité de l'État.

Il soutient que les éventuelles divergences d'appréciation ou de communication ne doivent pas être interprétées comme une remise en cause de la mission confiée à la Task Force présidentielle, encore moins comme une volonté de faire obstacle à ses activités.

Pas de compétition avec le Service national

Dans sa correspondance, Daniel Bumba se montre particulièrement clair sur les relations que son gouvernement entend entretenir avec le Service national.

« La Ville de Kinshasa n'entend nullement se placer en situation de compétition avec le Service National dont elle salue l'accompagnement ».

Le gouverneur assure que son administration reste entièrement disponible pour une collaboration franche, constructive et efficace avec cette structure.

Il rappelle que l'assainissement de Kinshasa constitue un défi collectif qui nécessite la mobilisation de toutes les compétences, des ressources disponibles et des institutions concernées.

Cette position vise à éviter que les divergences de communication ou les préoccupations liées aux modalités de financement ne compromettent les efforts engagés pour améliorer la salubrité de la capitale.

Une rencontre proposée pour aplanir les incompréhensions

Dans la perspective de consolider cette collaboration, Daniel Bumba propose de recevoir le coordonnateur de la Task Force présidentielle à son cabinet, à une date et à une heure qui conviendraient à ce dernier.

Cette rencontre devrait permettre aux deux parties d'échanger dans un climat apaisé et constructif, de clarifier les préoccupations éventuelles et de définir les modalités pratiques d'une meilleure coordination de leurs interventions.

Le gouverneur dit compter sur le sens des responsabilités des différentes parties et sur leur attachement à l'intérêt supérieur de la Nation pour dépasser les incompréhensions.

À travers cette correspondance, l'autorité provinciale entend ainsi privilégier la concertation institutionnelle et la complémentarité des actions plutôt qu'une confrontation entre les structures engagées dans l'assainissement de Kinshasa.

L'enjeu reste de taille est de faire de la salubrité publique une priorité partagée et transformer l'initiative présidentielle en résultats visibles et durables pour les habitants de la capitale congolaise.