Neuf
journalistes récompensés pour leurs productions sur la nutrition par le
Programme national de nutrition (Pronanut), en collaboration avec le ministère
de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le ministère de la
Communication et Médias et l'UNICEF, qui a organisé, vendredi 3 juillet 2026 à
Kinshasa, la première édition du concours du meilleur journaliste en
nutrition.
Cette
initiative vise à promouvoir une information de qualité sur les questions
nutritionnelles et à renforcer le rôle des médias dans la lutte contre la
malnutrition en République démocratique du Congo.
Au
total, 38 candidatures ont été reçues. Après évaluation par le jury, 33
productions ont été retenues et neuf journalistes ont été primés lors de la
cérémonie, qui s'est déroulée en présence notamment du secrétaire général au
ministère de la Communication et Médias, Cléophas If Malaba, et des
représentants du ministère de la Santé et de l'UNICEF.
La
nutrition, un investissement dans le capital humain
Représentant
le secrétaire général à la Santé, Josué Désiré Bapitami a rappelé que la
nutrition constitue l'un des piliers du développement humain. Selon lui, un
enfant bien nourri grandit en meilleure santé, réussit davantage son parcours
scolaire et participe plus efficacement au développement de son pays.
S'appuyant
sur les résultats de l'enquête nationale sur la nutrition de 2023, il a indiqué
que près d'un enfant sur deux souffre encore d'un retard de croissance en RDC,
tandis que des millions d'enfants ne bénéficient pas d'une alimentation
suffisamment diversifiée durant leurs premières années de vie, une période
pourtant décisive pour leur développement physique et cognitif.
Il a
rappelé que le gouvernement, à travers le Pronanut, poursuit plusieurs actions
visant à promouvoir l'allaitement maternel, améliorer l'alimentation
complémentaire, prévenir les carences nutritionnelles et renforcer les services
de nutrition au niveau communautaire.
Pour
lui, ces efforts ne peuvent produire des résultats sans l'adhésion des
populations, laquelle passe par une communication efficace. Il a ainsi qualifié
les journalistes de véritables acteurs de santé publique, capables de
sensibiliser les familles, de combattre les fausses informations et de
promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles.
L'UNICEF
: « Les médias sont des acteurs du changement »
Prenant
la parole, la représentante adjointe de l'UNICEF en RDC, Maryam Silla, a
souligné que cette cérémonie célébrait « le pouvoir de l'information
lorsqu'elle est mise au service de la vie, du développement et de l'avenir des
enfants ».
Elle
a estimé que les journalistes ne sont pas de simples observateurs, mais des
acteurs du changement. À travers leurs enquêtes, reportages, émissions et
articles, ils donnent un visage aux statistiques, portent la voix des
communautés et rapprochent les préoccupations des familles des centres de
décision.
Maryam
Silla a rappelé que près de 47,9 % des enfants de moins de cinq ans souffrent
d'un retard de croissance en RDC. Plus alarmant encore, près de 90 % des
enfants âgés de 6 à 23 mois ne bénéficient pas d'un régime alimentaire minimum
acceptable. Selon elle, ces chiffres concernent près de 11 millions d'enfants
dont le développement physique et cognitif est compromis.
Pour
la responsable de l'UNICEF, la nutrition dépasse largement la seule question
alimentaire. Elle est étroitement liée à la santé, à l'éducation, à la
protection de l'enfant, à la résilience des communautés et au développement
économique.
Elle
a insisté sur le fait qu'une information de qualité, même si elle ne nourrit
pas directement un enfant, peut aider les parents à adopter de meilleures
pratiques alimentaires, encourager les décideurs à investir davantage dans la
nutrition et favoriser des changements durables au sein des communautés.
Tout
en félicitant les lauréats, elle a regretté la faible représentation de
plusieurs provinces au concours et a appelé les journalistes, les radios
communautaires, les télévisions locales et les médias numériques de tout le
pays à s'investir davantage dans le traitement des questions liées à la
nutrition.
Le
ministère de la Communication veut une presse engagée pour le développement
Le
secrétaire général au ministère de la Communication et Médias, Cléophas If
Malaba, a affirmé que cette cérémonie allait au-delà d'une simple remise de
prix. Selon lui, elle traduit la reconnaissance du rôle fondamental des médias
dans le développement du pays et l'amélioration du bien-être des populations.
Il a
inscrit cette initiative dans la vision du président de la République,
Félix-Antoine Tshisekedi, qui fait du capital humain une priorité nationale.
Pour lui, la lutte contre la malnutrition constitue un enjeu majeur de santé
publique, mais aussi de développement économique et social.
Cléophas
If Malaba a soutenu que les médias disposent du pouvoir de transformer les
connaissances en actions concrètes, en rapprochant les politiques publiques des
citoyens, en valorisant les bonnes pratiques et en favorisant les changements
de comportement.
Il a
rappelé que le ministère de la Communication et Médias œuvre pour une presse
professionnelle, responsable et engagée dans l'accompagnement des politiques
publiques. Les productions présentées dans les catégories télévision, radio,
presse écrite et médias en ligne démontrent, selon lui, le professionnalisme et
la créativité des journalistes congolais.
En
encourageant les professionnels des médias à poursuivre leurs efforts, il a
estimé que les questions de nutrition, de santé, d'éducation, de protection de
l'enfant, d'autonomisation de la femme et de développement communautaire
doivent continuer à occuper une place importante dans les contenus médiatiques.
À
travers cette première édition du concours du meilleur journaliste en
nutrition, le Pronanut, le gouvernement congolais et l'UNICEF affichent leur
volonté de faire des médias des partenaires à part entière dans la lutte contre
la malnutrition, convaincus qu'une information de qualité peut contribuer à
améliorer durablement la santé et l'avenir des enfants congolais.