APO

jeudi 25 juin 2026

Ébola : un médecin congolais diagnostiqué positif en France après une mission en Ituri

L'Ambassade de France en République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026, qu'un médecin humanitaire congolais ayant participé à la riposte contre l'épidémie d'Ébola en Ituri a été diagnostiqué positif à la maladie après son arrivée en France.

Le praticien, qui intervenait pour le compte de l'ONG ALIMA, constitue le premier cas confirmé d'Ébola enregistré sur le territoire français.

Une prise en charge immédiate et sécurisée 

Selon le communiqué, le patient a développé les premiers symptômes au cours de son vol de retour vers la France, où il réside habituellement. Dès son arrivée, il s'est présenté dans un service d'urgence et a été pris en charge dans des conditions de sécurité renforcées afin de prévenir tout risque de contamination.

Les autorités sanitaires françaises assurent actuellement son suivi médical conformément aux protocoles en vigueur.

Une coopération entre la France et la RDC 

Les autorités françaises et congolaises travaillent conjointement pour identifier et suivre les personnes susceptibles d'avoir été en contact avec le malade.

Cette collaboration s'inscrit dans le cadre des mécanismes de surveillance épidémiologique mis en place pour limiter tout risque de propagation du virus.

Appel à la vigilance et à la responsabilité 

L'Ambassade de France invite toute personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie ou estimant avoir été exposée à un risque potentiel à suivre scrupuleusement les recommandations des autorités sanitaires compétentes.

Elle appelle également la population à faire preuve de calme et de responsabilité, tout en privilégiant les informations issues de sources officielles afin d'éviter la circulation de rumeurs ou de fausses informations.

Est de la RDC : l’UNICEF et l’Union européenne mobilisent l’opinion à travers une exposition immersive à Kinshasa

L’UNICEF et l’Union européenne, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, ont inauguré mardi 24 juin 2026 à Kinshasa une exposition photo immersive consacrée à la crise humanitaire qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo.

Organisée à l’Espace Bilembo, cette initiative vise à sensibiliser le public à l’ampleur des souffrances vécues par les populations affectées par les conflits et les déplacements forcés, tout en mettant en lumière les réponses humanitaires déployées sur le terrain.

Le vernissage a réuni des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, du système des Nations unies ainsi que des jeunes ambassadeurs et des U-Reporters engagés dans la promotion des causes humanitaires.

Témoignages et images pour raconter la réalité du terrain

À travers des photographies, des contenus audiovisuels et des témoignages, l’exposition plonge les visiteurs au cœur des réalités vécues dans les provinces touchées par les violences.

L’accent est mis sur les résultats obtenus grâce aux mécanismes de réponse rapide de l’UNICEF, notamment UniRR et CATI, déployés dans les zones affectées par les déplacements massifs de populations et les épidémies.

Ces dispositifs permettent d’intervenir rapidement auprès des communautés en détresse afin de répondre à leurs besoins les plus urgents en matière d’eau potable, de santé et de protection de l’enfance.

Une crise humanitaire qui s’aggrave dans l’Est

Selon les organisateurs, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment autour de Goma, Minova et Kalehe.

L’intensification des violences a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, souvent contraintes de vivre dans des conditions précaires. 

Cette situation expose particulièrement les enfants à de multiples risques de protection.

Parallèlement, les mouvements de populations et la saturation des services sociaux favorisent la propagation de maladies telles que le choléra, la rougeole et le Mpox dans des zones où l’accès aux soins reste limité.

Des mécanismes de réponse rapide soutenus par l’Union européenne

Grâce au financement de l’Union européenne, l’UNICEF met en œuvre deux mécanismes d’intervention d’urgence.

Le programme UniRR permet d’apporter une assistance multisectorielle dans les sept jours suivant l’évaluation des besoins, ce qui en fait l’un des mécanismes humanitaires les plus rapides du pays.

De son côté, le dispositif CATI intervient dans les 48 heures après la détection de cas suspects de choléra afin de limiter la propagation de la maladie.

Ces actions ont déjà permis d’apporter une aide vitale à des milliers de personnes affectées par les crises dans l’est de la RDC.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Pour la ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Eve Bazaiba, cette exposition constitue également un appel à la mobilisation collective face à l’ampleur des besoins humanitaires.

Même message du côté de l’Union européenne. Lucas Honauer, chef de mission d’ECHO en RDC, a souligné l’importance de maintenir un engagement international durable afin de soutenir les communautés les plus vulnérables.

Le représentant de l’UNICEF en RDC, John Agbor, a quant à lui rappelé que chaque image exposée raconte l’histoire d’enfants et de familles qui continuent d’avoir besoin d’une assistance urgente.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Ouverte gratuitement au public du 24 au 30 juin 2026 à Kinshasa, l’exposition se veut un espace d’information, de dialogue et de sensibilisation.

L’initiative se prolongera également à l’international à travers une exposition numérique et une campagne digitale destinées à renforcer la solidarité entre les publics congolais et européens.

Face à l’ampleur des défis humanitaires, l’UNICEF appelle les bailleurs de fonds et partenaires à accroître leur soutien afin de garantir une réponse rapide, coordonnée et durable en faveur des enfants et des communautés affectées par les crises dans l’est de la RDC.


RDC : la VSV appelle Félix Tshisekedi à désamorcer les tensions politiques pour éviter une crise des droits humains

Alors que le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution continue de polariser la classe politique congolaise, la Voix des Sans Voix (VSV) tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains craint une aggravation des tensions et appelle le président Félix-Antoine Tshisekedi à prendre des mesures d’apaisement pour préserver l’unité nationale et prévenir de nouvelles violations des droits humains.

Un climat politique explosif sur fond de guerre dans l’Est

La VSV se dit profondément préoccupée par la détérioration du climat politique depuis l’annonce par certains partis membres de l’Union sacrée de leur volonté de modifier ou de changer la Constitution de la République démocratique du Congo.

Selon l’organisation, cette controverse intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par l’occupation de Goma, Bukavu et de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des groupes soutenus par le Rwanda. Une situation qui fragilise davantage la cohésion nationale alors que le pays est confronté à une menace sécuritaire majeure.

Le spectre des crises de 2015 et 2016

Pour la VSV, les divisions actuelles rappellent les tensions qui avaient précédé la fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila. L’organisation évoque notamment les graves violations des droits humains enregistrées à cette période, notamment les assassinats d’activistes pro-démocratie, les atteintes aux libertés publiques ainsi que les violences commises contre des responsables religieux.

La VSV estime que le débat constitutionnel risque aujourd’hui de devenir un facteur de fracture supplémentaire dans un pays déjà fortement divisé.

Des acquis reconnus, mais des défis persistants

L’organisation reconnaît toutefois plusieurs réalisations enregistrées sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, notamment dans les domaines des infrastructures routières, aéroportuaires, sanitaires, universitaires et scolaires. Elle souligne également les efforts consentis pour l’amélioration des rémunérations des policiers et militaires. 

Cependant, la VSV rappelle que de nombreux défis demeurent, notamment l’accès à l’eau potable et l’amélioration des conditions de vie des populations dans plusieurs provinces du pays. 

L’intolérance politique et le rétrécissement de l’espace civique dénoncés

La VSV s’inquiète de la montée de l’intolérance politique qu’elle juge préoccupante. Selon elle, l’espace civique est de plus en plus menacé et plusieurs acteurs de la société civile préfèrent désormais s’autocensurer par crainte de représailles.

L’organisation dénonce également les agissements de personnes se réclamant de la Force du progrès, structure considérée comme proche de l’UDPS, accusées de commettre des actes portant atteinte aux droits humains sans être inquiétées par les services de sécurité.

La VSV affirme avoir reçu des informations faisant état de menaces visant des opposants politiques ainsi que des responsables religieux.

Un appel à l’apaisement adressé au chef de l’État

Face à cette situation, la VSV appelle les autorités à multiplier les messages de rassemblement et à décourager tout discours susceptible d’exacerber les divisions entre Congolais.

L’organisation invite également le pouvoir à se méfier des « flatteurs » qui, selon elle, encouragent les tensions dans l’espoir d’obtenir ou de conserver des avantages politiques et financiers.

L’unité nationale doit primer sur toutes les divergences

En conclusion, la VSV estime que le président Félix Tshisekedi demeure l’acteur le mieux placé pour décrisper le climat politique et favoriser un dialogue susceptible de préserver la stabilité du pays.

L’organisation appelle l’ensemble des acteurs politiques, toutes tendances confondues, à faire preuve de retenue afin d’éviter que la RDC ne bascule dans une nouvelle crise. 

Elle rappelle que l’unité et la cohésion nationales doivent prévaloir sur les considérations partisanes, tribales ou ethniques, particulièrement dans le contexte actuel d’agression et d’occupation de certaines parties du territoire national.

La VSV met enfin en garde contre les conséquences que pourraient entraîner des atteintes aux libertés fondamentales et au processus démocratique, rappelant que de telles dérives peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions nationales ou internationales.


Cinéma : la RDC officiellement admise à concourir aux Oscars 2027

La République Démocratique du Congo franchit une étape majeure dans l'histoire de son cinéma. L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), organisatrice des Oscars, a officiellement autorisé la RDC à soumettre un film dans la catégorie du Meilleur Film International lors de la 99ème cérémonie des Oscars prévue le 15 mars 2027 à Los Angeles.

L'annonce a été faite par la professeure Cecilia Zoppelletto Mpinga, responsable des Relations publiques et internationales de l'Association des Professionnels du 7ème Art (APRO7). Selon elle, cette reconnaissance est le fruit de plusieurs mois d'échanges avec l'Académie américaine et constitue une avancée décisive pour l'industrie cinématographique congolaise.

Création de la DRC Film Commission

Pour permettre cette participation, l'AMPAS a validé la création de la première commission nationale chargée de sélectionner le film qui représentera officiellement la RDC aux Oscars : la DRC Film Commission.

Cette structure aura pour mission d'examiner les candidatures, de vérifier leur conformité aux règles de l'Académie et de désigner l'œuvre qui portera les couleurs du pays. 

Afin de garantir l'indépendance du processus, l'identité des membres de la commission restera confidentielle jusqu'à l'annonce du film retenu.

La commission instituera également le « Léopard du 7ème Art », une distinction honorifique attribuée chaque année au film sélectionné pour représenter la RDC aux Oscars.

Un seul processus officiel de sélection

La DRC Film Commission rappelle qu'elle est l'unique structure reconnue pour conduire la sélection nationale. Aucun individu, organisation ou intermédiaire ne peut garantir ou négocier la sélection d'un film.

Les responsables appellent les professionnels du secteur à la vigilance face à toute tentative d'influence ou de fraude, soulignant que le choix final reposera exclusivement sur l'évaluation des œuvres par la commission officielle.

Les conditions pour candidater

Pour être éligible, un film devra notamment être un long métrage de plus de 40 minutes, produit principalement hors des États-Unis, comporter plus de 50 % de dialogues dans une langue autre que l'anglais et avoir bénéficié d'une exploitation commerciale en salle durant au moins sept jours consécutifs.

Les films devront également avoir connu leur première sortie entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026, être accompagnés de sous-titres en anglais et respecter l'ensemble des critères fixés par l'Académie. Les documentaires et films d'animation sont également admissibles.

Ouverture des inscriptions

Les inscriptions sont désormais ouvertes. Les producteurs et réalisateurs sont invités à soumettre leurs œuvres exclusivement auprès de la DRC Film Commission via l'adresse électronique officielle : drcfilmcommission@gmail.com.

Les frais de soumission sont fixés à 70.000 francs congolais par film. Le film retenu devra être transmis à l'Académie au plus tard le 30 septembre 2026. Pour Cecilia Zoppelletto Mpinga, cette reconnaissance dépasse la simple participation aux Oscars. Elle constitue avant tout une validation du potentiel du cinéma congolais et une opportunité de promouvoir la créativité nationale sur la scène internationale.


Révision de la Constitution : les conseillers communaux annoncent une conférence nationale à Kinshasa

Le Collectif des conseillers communaux de la République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026 à Kinshasa, la tenue de la deuxième édition de la Conférence des présidents des conseils communaux. Prévue dans la salle Virunga du ministère de l’Intérieur, cette rencontre réunira les présidents des conseils communaux, les membres des bureaux ainsi que les représentants des coordinations provinciales venus des différentes provinces du pays.

Selon le coordonnateur national du collectif, Willy Nzembela, ces assises serviront de cadre d’échanges sur les questions d’intérêt national, avec un accent particulier sur le projet de révision ou de changement de la Constitution.

Un soutien affiché au processus de réforme

Les conseillers communaux estiment que les élus de proximité doivent prendre position sur le débat constitutionnel en cours. À l’issue de la conférence, une déclaration officielle sera rendue publique afin de faire connaître la position des élus locaux à l’opinion nationale et internationale.

Le collectif a également réaffirmé sa volonté de participer à toutes les étapes du processus constitutionnel jusqu’à l’adoption éventuelle d’une nouvelle loi fondamentale. À cet effet, il sollicite du président de la République l’intégration des conseillers communaux au sein d’une future Assemblée constituante, au nom de leur rôle de représentants de la population à la base.

Plaidoyer pour la consultation populaire

Les conseillers communaux soutiennent l’organisation d’un référendum et considèrent que seul le peuple congolais est habilité à se prononcer sur l’avenir de la Constitution.

Ils saluent le vote de la loi référendaire par les deux chambres du Parlement, estimant que ce texte ouvre la voie à une consultation directe de la population. Selon eux, de nombreux citoyens jugent la Constitution actuelle inadaptée aux réalités et aux aspirations du pays.

Évaluation de la gouvernance locale et de l’assainissement

Outre les questions constitutionnelles, la conférence permettra d’évaluer la mise en œuvre de la circulaire du Vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, relative à la collaboration entre les bourgmestres et les conseils communaux.

Les participants aborderont également les défis liés à l’assainissement des villes. Le collectif a réaffirmé son engagement dans les actions de salubrité publique et salué la nomination du général Jean=Pierre Kasongo Kabwit à la tête de l’opération d’assainissement de Kinshasa, tout en plaidant pour l’extension de cette initiative à d’autres villes et provinces du pays.


mardi 23 juin 2026

RDC : la DYSEMIP-RDC soutient la réforme constitutionnelle et plaide pour la protection des enfants des militaires et policiers

La Dynamique des Structures des Enfants des Militaires et Policiers de la République démocratique du Congo (DYSEMIP-RDC) a exprimé son soutien total à l'initiative de réforme constitutionnelle en cours dans le pays.

Dans un communiqué de presse publié le 12 juin 2026 à Kinshasa, la coordination nationale de cette organisation affirme adhérer pleinement au projet de changement de la Constitution, qu'elle considère comme une opportunité de renforcer la protection des droits de certaines catégories sociales, notamment les enfants des militaires et des policiers.

Un plaidoyer pour un « bouclier juridique » en faveur des enfants des forces de sécurité

La DYSEMIP-RDC indique que sa principale préoccupation est l'intégration, dans le futur texte constitutionnel, de mécanismes juridiques solides garantissant les droits sociaux et l'avenir des enfants issus des familles militaires et policières.

L'organisation plaide pour l'instauration d'un « bouclier juridique inviolable » capable d'assurer une meilleure protection sociale à ces enfants, souvent confrontés aux conséquences des missions, des mutations ou des sacrifices consentis par leurs parents au service de la nation.

Des remerciements adressés au Chef de l'État

Dans son communiqué, la structure remercie le Président de la République pour l'attention accordée à ses préoccupations ainsi que pour l'avis favorable réservé à sa démarche.

La DYSEMIP-RDC estime que la réforme constitutionnelle constitue une occasion de consolider les acquis institutionnels tout en prenant davantage en compte les besoins spécifiques des familles des membres des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

Une contribution au débat national sur les réformes

Par cette prise de position, la DYSEMIP-RDC rejoint les nombreuses organisations de la société civile, plateformes citoyennes et mouvements associatifs qui participent actuellement au débat autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles envisagées en République Démocratique du Congo.

L'organisation affirme vouloir poursuivre son plaidoyer auprès des autorités afin que les préoccupations des enfants des militaires et policiers soient prises en compte dans les discussions relatives au futur texte fondamental.

Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution congolaise continue d'alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs organisations ont déjà exprimé leurs positions, certaines soutenant l'initiative au nom du renforcement des institutions, tandis que d'autres appellent à la prudence et à un large consensus national.

Dans ce contexte, la DYSEMIP-RDC fait entendre la voix des enfants des militaires et policiers en plaidant pour l'inscription de garanties constitutionnelles destinées à protéger leurs droits sociaux et leur avenir.


Un an après la béatification de Floribert Bwana Chui : un modèle d’intégrité toujours d’actualité

L’Église catholique élevait Floribert Bwana Chui Bin Kositi le 15 juin 2025 au rang de bienheureux, reconnaissant le sacrifice de cet agent de l’Office congolais de contrôle (OCC) qui avait refusé de céder à la corruption au prix de sa vie. Un an après cet événement historique pour la RDC, l’ancien député national Juvénal Munubo estime que son témoignage demeure une source d’inspiration pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Une grâce pour la RDC

Pour Juvénal Munubo, la béatification de Floribert Bwana Chui constitue avant tout une grâce pour la République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’après la béatification de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, celle de Floribert Bwana Chui est venue consacrer un homme qui a choisi l’intégrité plutôt que les avantages de la corruption.

« Floribert était un fonctionnaire de l’OCC qui a refusé de laisser entrer des produits avariés sur le territoire national. Il a dit non à la corruption et en a payé le prix. C’est une grâce pour notre pays de compter parmi ses fils de tels exemples », souligne-t-il.

Un héritage difficile à mesurer

Interrogé sur l’impact concret de cette béatification dans la société congolaise, Juvénal Munubo reconnaît qu’il est difficile d’en faire immédiatement l’évaluation. Il estime que c’est à travers les comportements des dirigeants, des élus, des fonctionnaires et des gestionnaires des entreprises publiques que l’on pourra apprécier si le message porté par Floribert Bwana Chui a réellement fait progresser la lutte contre la corruption.

Juvénal Munubo est d'avis également que les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer dans cette évaluation en observant l’évolution des pratiques de gouvernance et de gestion des ressources publiques.

Dire non à la corruption pour construire le pays

Pour l’ancien parlementaire, l’exemple de Floribert Bwana Chui rappelle qu’il est possible de servir l’État avec honnêteté et de vivre de son salaire sans céder à la corruption.

« Avec la corruption, ce sont souvent quelques individus qui s’enrichissent tandis que la population demeure pauvre. La RDC est un pays potentiellement riche, mais la corruption empêche cette richesse de profiter à tous », explique-t-il.

L'ancien député du Nord-Kivu considère que la lutte contre ce fléau est indispensable pour assurer une meilleure répartition des richesses, renforcer la classe moyenne, réduire la criminalité et offrir davantage de perspectives à la jeunesse.

Un message porté auprès des responsables publics

Juvénal Munubo affirme qu’il ne manque aucune occasion de rappeler l’exemple de Floribert Bwana Chui dans ses échanges avec les responsables publics. Tout en s’interrogeant sur son propre parcours lorsqu’il était député national, il insiste sur la responsabilité de chaque détenteur d’un mandat public ou d’une fonction de gestion de l’État.

« Les Congolais comptent sur ceux qui gèrent les affaires publiques. Chacun doit faire sa part pour combattre la corruption et contribuer au développement du pays », plaide-t-il.

Floribert n’est pas mort pour rien

Face aux nombreux scandales de détournement des deniers publics qui continuent de défrayer la chronique, certains s’interrogent sur l’utilité du sacrifice de Floribert Bwana Chui. Pour Juvénal Munubo, cette lecture est erronée. 

Munubo compare son témoignage à une semence appelée à produire ses fruits avec le temps.

« On ne peut pas dire qu’il est mort pour rien. Le témoignage d’un martyr est comme une graine semée. Certaines tombent sur un sol fertile et finissent par porter du fruit », affirme-t-il.

Il établit également un parallèle avec Patrice Lumumba, dont le combat pour l’unité et l’intégrité territoriale de du Congo continue d’inspirer plusieurs générations de Congolais.

Un appel permanent à la conscience collective

Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui demeure ainsi, selon Juvénal Munubo, un symbole vivant de l’intégrité morale et du refus de la corruption.

Si les résultats de son héritage ne sont pas toujours immédiatement visibles, son exemple continue d’interpeller les responsables publics, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens sur leur devoir de servir l’intérêt général avec probité et responsabilité.