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jeudi 20 août 2026

RDC : le député Claude Misare demande des comptes sur la gestion des fonds destinés aux Wazalendo

Le député national Claude Misare Mugomberwa interpelle le Vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, sur la gestion des fonds publics destinés à la prise en charge des résistants Wazalendo.

Dans une question écrite datée du 12 août 2026, l’élu sollicite des éclaircissements sur les montants décaissés, leur répartition et les bénéficiaires effectifs de ces financements.

4 millions de dollars par mois annoncés pour les Wazalendo

Dans sa correspondance, Claude Misare s’appuie notamment sur le rapport de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale du 22 avril 2026. Selon ce document, le ministre des Finances avait indiqué que la prise en charge des Wazalendo s’effectuait à travers deux mécanismes.

Le premier concerne un fonds créé au sein de la chaîne des dépenses de la Réserve armée de la Défense (RAD), doté de 4 millions de dollars américains par mois. Le second consiste en un fonds spécial d’intervention accordé par le ministère des Finances à certains leaders régionaux.

Le président du groupe parlementaire AA/UNC cite également les conclusions d’un atelier de réflexion communautaire organisé à Kinshasa du 22 au 24 juillet 2026 par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières.

Lors de cette rencontre consacrée à la restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, un expert du ministère de la Défense aurait confirmé que des fonds étaient régulièrement décaissés pour la prise en charge des Wazalendo.

Des disparités dans le paiement des primes

Le député affirme toutefois avoir constaté des écarts importants dans la distribution de ces ressources, particulièrement au Sud-Kivu. Selon les informations recueillies lors de sa mission à Uvira, effectuée du 27 juin au 17 juillet 2026, certains Wazalendo auraient reçu, au cours de l’année, des primes de combat comprises entre 50 et 325 dollars, tandis que d’autres n’auraient encore rien perçu.

Cette situation, estime Claude Misare, soulève des interrogations sur les mécanismes de distribution et le suivi des fonds alloués par l’État.

Des représentants des Wazalendo disent ne pas recevoir les financements annoncés

Au cours de ses séances de redevabilité parlementaire organisées à Uvira, le député indique avoir expliqué à la population les efforts du gouvernement central en faveur de la restauration de la paix dans l’Est du pays.

Il affirme également avoir informé ses interlocuteurs de l’existence d’une enveloppe mensuelle de 4 millions de dollars destinée à la prise en charge des Wazalendo.

Selon son récit, des représentants des Wazalendo présents à l’une de ces rencontres auraient cependant déclaré ne pas recevoir régulièrement d’appui financier du ministère de la Défense nationale et Anciens combattants.

Six questions adressées au ministre de la Défense

Face à ces divergences, Claude Misare demande au Vice-premier ministre de fournir des précisions sur plusieurs points. Il veut notamment connaître le montant total des fonds décaissés par le Trésor public en faveur des Wazalendo de janvier 2025 à août 2026, dans la rubrique de la Réserve armée de la Défense.

Le député demande également des informations sur les modalités de répartition de ces fonds entre les Wazalendo du Sud-Kivu, ainsi que les pièces justificatives attestant des sommes effectivement remises aux bénéficiaires.

Uvira et les bénéficiaires des fonds dans le viseur

L’élu souhaite par ailleurs connaître le montant total déjà remis aux représentants des Wazalendo de la ville et du territoire d’Uvira. Il demande aussi au ministre d’identifier les différents acteurs politiques et leaders communautaires qui recevraient mensuellement des fonds au nom des Wazalendo.

Enfin, Claude Misare évoque la question des barrières payantes maintenues par certains Wazalendo dans le sud du Sud-Kivu. Selon les témoignages qu’il rapporte, ces prélèvements seraient liés à l’insuffisance de la prise en charge gouvernementale.

Il demande ainsi au ministère de la Défense de préciser les mesures envisagées pour répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des Wazalendo.

À travers cette question écrite, le député national entend obtenir davantage de transparence sur la gestion des ressources publiques consacrées à la prise en charge des résistants Wazalendo, dans un contexte où leur rôle dans la défense des territoires de l’Est demeure au cœur des enjeux sécuritaires nationaux.


RDC : MapBiomas présente une cartographie de 25 ans pour éclairer la gestion du territoire

Le réseau MapBiomas-RDC a présenté, mardi 18 août 2026 à Kinshasa, les résultats de sa première collection consacrée à la cartographie de l’occupation du sol et de l’utilisation des terres en République Démocratique du Congo. Organisé dans la commune de la Gombe, l’atelier a réuni près de 80 participants issus des institutions publiques, des organisations internationales, du monde académique, des ONG et de la société civile environnementale.

Au cœur de cette présentation, c'est une cartographie couvrant 25 années, de 2000 à 2025, et permettant de suivre de manière régulière les transformations du territoire congolais.

Le directeur de l’Observatoire satellital des forêts d’Afrique centrale (OSFAC) et coordinateur principal de MapBiomas-RDC, Landing Mane, explique que le principal résultat de ce travail est précisément la constitution d’une série temporelle permettant de comparer l’évolution de l’occupation et de l’utilisation des terres année après année.

« Le résultat principal, c’est la cartographie de l’occupation et de l’utilisation des terres en RDC. Cette cartographie couvre une longue période, de 2000 à 2025 ».

Forêts, agriculture, pâturages et forêts plantées

La première collection de MapBiomas-RDC comprend plusieurs classes d’occupation du sol. Elle permet notamment de localiser et de suivre les espaces forestiers, les zones agricoles, les pâturages ainsi que les forêts plantées.

« On voit les zones qui sont occupées par les forêts. On voit aussi les zones qui sont occupées par les pâturages, l’agriculture, mais aussi les forêts plantées. Toutes les classes d’occupation du sol sont là », a précisé Landing Mane. Les zones minières ne figurent toutefois pas dans cette première collection.

Ces différentes catégories offrent une lecture globale de la manière dont le territoire national est occupé et permettent d’observer les transformations intervenues au cours des 25 dernières années.

Une cartographie au service de la décision publique

Pour Landing Mane, l’intérêt de cette cartographie dépasse largement le cadre scientifique. Elle doit surtout fournir aux décideurs des informations fiables avant toute intervention sur le territoire.

« Avant de faire quelque chose, il faut savoir ce qu’il y a sur place. Il faut donc faire un état des lieux ». Les données peuvent ainsi être utilisées dans l’aménagement du territoire, la gestion des ressources naturelles, la protection des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique.

Elles peuvent également servir aux institutions chargées de l’attribution des concessions, de la planification des infrastructures ou encore de l’implantation des industries.

« Pour mieux gérer et avoir des décisions pertinentes, il faut avoir les bonnes informations. Cette carte d’occupation du sol permet de donner ces bonnes informations », insiste le coordinateur de MapBiomas-RDC.

Une nouveauté : suivre le territoire année après année

La RDC n’en est pas à sa première expérience en matière de cartographie. Plusieurs institutions publiques et spécialisées ont déjà produit des données sur le territoire national, notamment l’Institut géographique du Congo (IGC), le Centre national de télédétection et d’autres structures intervenant dans les domaines géographique, environnemental et géologique.

La particularité de MapBiomas-RDC réside donc moins dans le fait de cartographier le pays que dans la manière de le faire et dans la continuité des données produites.

Landing Mane souligne qu’auparavant, les cartes disponibles pouvaient correspondre à des années précises, laissant parfois des intervalles entre deux périodes de référence.

« Avant, on pouvait avoir une carte de 2010, une autre de 2015, et il y avait des gaps. Mais ici, on a un suivi régulier ».

Cette série temporelle permet ainsi de suivre l’évolution de l’occupation du sol sur une période de 25 ans et de mieux comprendre les dynamiques territoriales.

Ce qui est nouveau, c’est l’open access

Pour le conseiller scientifique de la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, de la recherche scientifique et de l'innovation, le professeur Aimé Lay-Ekuakile, l’autre grande innovation de MapBiomas réside dans l’accès libre aux données.

« Ce n’est pas la première fois que la RDC, ou une organisation, présente un tel travail aux scientifiques. Au niveau public, nous avons des institutions qui ont déjà cartographié la RDC ».

Selon lui, l’originalité réside dans le principe d’open access, qui permet aux chercheurs, institutions, étudiants, organisations de la société civile et autres utilisateurs d’accéder directement aux données produites.

« Ce qui est nouveau ici, c’est le fait que c’est quelque chose qui est ouvert, dans ce qu’on appelle open access. On peut télécharger le matériel à partir du site, moyennant le fait de pouvoir citer la source de ce matériel cartographique ».

Les données sont accessibles gratuitement à travers la plateforme MapBiomas et peuvent être réutilisées pour différents besoins, sous réserve de citer leur source.

Une initiative internationale déployée en RDC

Lancée en 2015 au Brésil, MapBiomas est une initiative collaborative réunissant des organisations non gouvernementales, des institutions de recherche et des entreprises technologiques.

Son objectif est de produire des séries temporelles cohérentes et scientifiquement rigoureuses sur l’occupation et l’utilisation des terres.

En 2025, la RDC a été identifiée comme pays prioritaire pour le déploiement de MapBiomas en Afrique. Plusieurs réunions en ligne et en présentiel ont ensuite permis de constituer le réseau MapBiomas-RDC et de former les différents acteurs à l’utilisation de sa méthodologie et de ses outils.

Des résultats jugés « extraordinaires et encourageants »

Au terme de cette première étape, les résultats présentés ont été jugés positivement par les experts. « Comme première année, avec seulement quelques mois de travail, nous considérons ces résultats comme extraordinaires et encourageants », a déclaré le professeur Aimé Lay-Ekuakile, précisant s’exprimer au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Pour les initiateurs, cette première collection constitue une base appelée à être améliorée et enrichie au fil des prochaines éditions.

Un outil pour anticiper l’avenir environnemental

La cartographie doit également contribuer à une meilleure compréhension de l’évolution du biome congolais et des espaces présentant des caractéristiques particulières pour la protection de l’environnement.

« Nous avons vu, de 2000 à 2025, l’évolution de la situation du biome congolais. Mais c’est aussi une manière de pouvoir décider pour le futur de notre pays ».

Pour les institutions publiques, disposer d’une telle série historique permet notamment de mieux apprécier les changements intervenus sur le territoire avant de définir de nouvelles orientations en matière d’aménagement, de développement ou de conservation.

Des données ouvertes pour la recherche et le développement

Pour MapBiomas-RDC, cette première collection constitue ainsi bien plus qu’un simple exercice de cartographie. Elle met à la disposition du pays une base de données susceptible d’être exploitée par les chercheurs, les universités, les institutions publiques, les ONG et les organisations de la société civile.

L’accès gratuit aux données vise également à faciliter leur appropriation par les acteurs congolais et à encourager de nouvelles recherches sur les transformations du territoire.

À travers cette cartographie couvrant la période 2000-2025, MapBiomas-RDC entend ainsi contribuer à une meilleure connaissance du territoire national et fournir aux décideurs des informations scientifiques nécessaires pour orienter les politiques d’aménagement, de développement, de protection de l’environnement et de gestion durable des ressources naturelles.


Kinshasa : un décès après 48 heures de diarrhée et vomissements signalé dans la zone de santé de Lemba

Un décès survenu après un épisode de diarrhée et de vomissements a été signalé dans la zone de santé de Lemba, à Kinshasa. Selon un rapport d’investigation de la Division provinciale de la santé, l’alerte a été enregistrée le 16 août 2026 dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

La victime, identifiée dans le rapport comme Lilango Eale Abbe, âgée de 35 ans, est décédée le 16 août 2026 après environ 48 heures de diarrhée et de vomissements. Son corps a été transféré à la morgue de l’Hôpital général de référence de Mont-Amba.

Les autorités sanitaires précisent toutefois qu’à ce stade, aucun diagnostic de choléra n’est confirmé. Un prélèvement post-mortem devait être réalisé afin de permettre les analyses biologiques nécessaires.

Un cas présentant un contexte particulier

D’après l’enquête sanitaire, la victime était arrivée à Kinshasa en provenance de la province de l’Équateur, à bord d’une embarcation fluviale. L’intéressée aurait accosté en dehors du port de Bende Bende, le 12 août 2026, avant de rejoindre sa famille vivant dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

Les premiers symptômes seraient apparus le 13 août 2026. La patiente avait alors été conduit au centre de santé Elikya-Croix-Rouge, où il avait reçu une prise en charge. Le rapport indique également qu’un traitement au métronidazole lui avait été administré à domicile avant son admission dans cette structure sanitaire.

L’enquête relève par ailleurs que les conditions d’approvisionnement en eau pendant le voyage fluvial n’ont pas pu être clairement établies. La famille d’accueil, pour sa part, s’approvisionnerait en eau auprès d’une pompe.

Douze contacts identifiés et surveillés

Dans le cadre de l’investigation, les équipes de la zone de santé ont identifié et listé 12 contacts autour du cas. Selon le rapport, aucun d’entre eux ne présentait, au moment de l’enquête, de symptômes de diarrhée ou de vomissements.

Les équipes sanitaires ont également recherché d’éventuels cas supplémentaires dans la communauté et consulté les registres des formations sanitaires susceptibles d’avoir accueilli des patients présentant des symptômes similaires. Les autres structures sanitaires de la zone ont été alertées afin de renforcer la surveillance.

Une suspicion de choléra à confirmer

La zone de santé de Lemba a déjà connu plusieurs épisodes de choléra par le passé, et l’aire de santé de Mbanza Lemba figure parmi les secteurs précédemment touchés.

Compte tenu des symptômes observés, de l’évolution rapide de la maladie et du contexte épidémiologique de la zone, les enquêteurs estiment qu’un tableau de choléra est possible. Toutefois, cette hypothèse reste à confirmer par les analyses de laboratoire. Le rapport fait donc état d’un cas suspect, et non d’un cas confirmé.

Renforcement des mesures d’hygiène et de surveillance

Face à cette alerte, l’équipe cadre de la zone de santé a activé plusieurs mesures de prévention et de contrôle des infections, notamment les dispositifs liés à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH).

Des actions de décontamination du ménage concerné, de surveillance active dans les établissements et dans la communauté, ainsi que de sensibilisation de la population sur les facteurs favorisant la transmission des maladies ont été engagées.

La protection du corps dans un sac mortuaire a également été mise en œuvre afin de limiter les risques de contamination.

Au niveau communautaire, les autorités sanitaires prévoient de renforcer la sensibilisation et la recherche active d’éventuels cas suspects.

Les résultats du laboratoire attendus

Dans les 24 heures suivant l’investigation, l’équipe cadre de la zone de santé prévoyait de procéder au prélèvement post-mortem et à l’analyse biologique de l’échantillon.

En attendant les résultats, le rapport recommande de ne pas toucher au corps et de maintenir les mesures de protection mises en place.

Cette alerte intervient dans un contexte national marqué par la résurgence de plusieurs maladies épidémiques, poussant les autorités sanitaires à renforcer la surveillance afin d’identifier rapidement les cas répondant aux définitions standard et d’intervenir sans délai.


Kongo Central : une nouvelle panne du bac de secours ravive l’urgence d’une solution durable

La crise de la traversée du fleuve Congo dans les territoires de Songololo et de Luozi prend une nouvelle tournure inquiétante. Alors que le bac principal est à l’arrêt depuis plusieurs jours, le bac de secours, baptisé « Bac kia Honorable Papy Mantezolo », aurait à son tour connu un incident en pleine navigation le mardi 18 août 2026.

Le bac de secours perd sa puissance en pleine traversée

Selon les informations recueillies, l’engin aurait perdu sa puissance alors qu’il se trouvait sur le fleuve Congo. Il aurait ensuite dérivé avant de parvenir à s’arrêter du côté de Mbanza-Nsanda. Cet incident aurait exposé les passagers à un sérieux risque. L’intervention des techniciens et du chauffeur aurait toutefois permis d’éviter une issue plus grave.

Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte déjà marqué par les difficultés de mobilité entre les territoires de Luozi et Songololo, où l’arrêt du bac principal complique fortement les déplacements des personnes et le transport des marchandises.

Une crise qui affecte toute l’économie locale

La panne répétée des moyens de traversée ne constitue pas seulement un problème de transport. Elle touche directement l’économie locale, l’approvisionnement des marchés et l’accès aux services essentiels.

La situation est également préoccupante pour les évacuations sanitaires et l’acheminement des médicaments, alors que certains habitants sont contraints de recourir aux pirogues pour traverser le fleuve, avec les risques que cela comporte.

Une marche pacifique annoncée ce mercredi 19 août 2026

Face à cette situation devenue récurrente, le Rassemblement des forces vives de Luozi annonce une marche pacifique le mercredi 19 août 2026 afin d’exiger des autorités une réponse durable à la crise du bac.

Pour les initiateurs de cette mobilisation, l’enjeu dépasse désormais les seules pannes mécaniques : il s’agit de garantir la sécurité des voyageurs, la libre circulation des marchandises et le désenclavement du territoire de Luozi.

Le projet du Bac Kieto relancé

Dans ce contexte, l’ASBL Luozi Lueto rappelle son projet de construction d’un bac de 200 tonnes, lancé le 11 août 2024 pour répondre durablement aux difficultés de traversée. Selon la synthèse publiée par l’association, le coût prévisionnel du projet est estimé à 1 million de dollars américains, avec un financement envisagé à travers une contribution citoyenne de 1 dollar par mois et par personne pendant un an.

L’association affirme que la mobilisation des habitants de Luozi et de la diaspora pourrait permettre de concrétiser cet ouvrage, présenté comme une infrastructure essentielle au désenclavement du territoire.

Luozi ne mourra pas sur une pirogue

Dans son appel à la mobilisation, Luozi Lueto invite les filles et fils de Luozi à unir leurs efforts pour faire aboutir le projet du Bac Kieto 200 tonnes. L’association estime que la multiplication des pannes et les difficultés actuelles démontrent l’urgence de disposer d’une infrastructure fiable et adaptée aux besoins de la population.

Entre les pannes répétées des bacs existants et les risques liés aux traversées en pirogue, la question reste entière : combien de temps faudra-t-il encore attendre pour une solution définitive au problème de la traversée du fleuve Congo à Luozi ?


Nord-Kivu : la Société civile alerte sur les conditions de détention à la prison centrale de Walikale

Après une visite le 18 août 2026 à la Prison centrale de Walikale, Faustin Ombeni Sura, président territorial de la Société civile, coordination de Walikale, se dit préoccupé par les conditions de détention observées dans cette maison carcérale.

Il dénonce notamment la surpopulation carcérale, le manque de nourriture et l’absence quasi totale de médicaments.

Selon Faustin Ombeni, les détenus seraient contraints de recourir à des contributions pour subvenir à certains de leurs besoins.

Des détenus en attente de jugement

Faustin Ombeni Sura s’inquiète également du sort des personnes détenues pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans être condamnées.

« Le fait de rester deux, trois mois, quatre mois, une année, deux ans, sans pouvoir être condamné, il fallait que la justice fasse bien son travail », déplore-t-il.

Pour lui, même lorsqu'une personne est soupçonnée d'avoir commis une infraction, son dossier doit être traité dans un délai raisonnable afin que sa culpabilité soit établie ou qu'elle soit libérée conformément à la loi.

Il y a un manque total de médicaments

Le responsable territorial de la Société civile appelle par ailleurs les personnes de bonne volonté à venir en aide aux détenus, particulièrement en matière d’alimentation et de soins médicaux. Il affirme que l'accès à la prison serait également soumis à certaines contributions financières, évoquant des montants allant de 1.000 à 4.000 francs congolais, selon les circonstances.

Des contributions jusque pour les funérailles

Faustin Ombeni Sura affirme enfin que les détenus seraient régulièrement sollicités pour contribuer financièrement, y compris lorsqu’un codétenu décède. « Imaginez-vous le prisonnier qui contribue au moins par semaine, 2.500, 3.000, 2.000 francs congolais. S’il y a quelqu’un qui meurt, il fallait qu’il contribue encore pour l’enterrer. Et ça fait mal », témoigne-t-il.

Face à cette situation, il appelle les autorités compétentes et les personnes de bonne foi à prendre leurs responsabilités afin d'améliorer les conditions de vie des détenus et de garantir le bon fonctionnement de la justice à Walikale.

La Prison centrale de Walikale a été construite à l'époque coloniale pour une capacité de 150 détenus. A ce jour, on y loge plus de 350 détenus.


Administration publique : José Mpanda veut redynamiser les DANTIC-AP

Viabiliser les Directions des Archives et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’Administration publique (DANTIC-AP), c’est l’ambition affichée par le ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu.

Pour concrétiser cette volonté, le ministre a réuni, lundi 17 août 2926 à son cabinet de travail, les 59 directeurs des DANTIC-AP issus des différents ministères.

En sa qualité de coordonnateur des Directions des Archives et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’ensemble de l’administration publique, Me José Mpanda Kabangu a échangé avec les 59 responsables des DANTIC-AP.

Au cours de cette rencontre, les directeurs ont exposé les difficultés auxquelles leurs services sont confrontés au quotidien. Ils ont notamment plaidé pour une évaluation approfondie de la réforme intervenue en 2015, qui avait institué les DANTIC-AP comme structures standards au sein des différents ministères.

Des difficultés qui freinent le fonctionnement des DANTIC-AP

Parmi les problèmes soulevés figurent notamment le chevauchement des attributions avec d’autres structures créées dans certains ministères, mais aussi le déficit en moyens logistiques.

Les responsables évoquent également le manque de bureaux, l’insuffisance d’équipements numériques, les difficultés d’accès à Internet ainsi que le manque d’agents subalternes.

Face à ces contraintes, les directeurs des DANTIC-AP souhaitent désormais passer du constat des difficultés à la recherche de solutions concrètes.

Une feuille de route attendue

Attentif aux préoccupations exprimées, le ministre José Mpanda Kabangu a réaffirmé sa détermination à viabiliser les DANTIC-AP, dont la mission est notamment de conserver, gérer et contribuer à la numérisation des archives de l’administration publique.

Le ministre José Mpanda a demandé aux directeurs de lui soumettre rapidement une feuille de route destinée à orienter les actions prioritaires et à permettre la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation de la gestion des archives et des NTIC au sein de l’administration publique.

Un nouveau rendez-vous fixé au 17 septembre 2026

Les différentes parties ont convenu de se retrouver le 17 septembre 2026 pour examiner la faisabilité et l’applicabilité de cette feuille de route.

Cette démarche devrait permettre de clarifier les missions des DANTIC-AP, de renforcer leurs moyens de fonctionnement et d’accélérer la modernisation de la gestion documentaire et numérique de l’administration publique.


Procès FRIVAO : le ministère public requiert 15 ans de travaux forcés contre Constant Mutamba et la restitution des fonds

À l’audience de la Cour de cassation le 19 août 2026 consacrée au procès FRIVAO, le ministère public, le premier avocat général Jacques Melimeli, a détaillé les différentes sommes qu’il considère comme ayant fait l’objet de détournements de deniers publics impliquant les prévenus Constant Mutamba et Chançard Bolukola.

Dans son réquisitoire, l’organe de la loi a notamment évoqué une somme de 14 millions de dollars américains remise à Congo Énergie, ainsi que 4 millions de dollars américains remis à l'Institut Congolais de Conservation de la Nature (ICCN).

Le parquet a également cité 200.000 dollars américains remis à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, 1.024.000 dollars américains remis à l'agence Divo, ainsi que 2 millions de dollars américains remis à Global Assurance pour le compte de l’hôtel Wakena.

D’autres montants ont également été mentionnés, dont 1,5 million de dollars américains remis à un hôtel, ainsi que 75.875 dollars payés à l’entreprise Tropique Architecture et 284.238 dollars américains destinés à la réalisation de travaux de construction d'un mémorial.

Plus de 269.920 mille de dollars américains évoqués pour des besoins personnels

Le ministère public a par ailleurs évoqué une somme de 269.920.000 dollars américains qui aurait, selon le réquisitoire, été utilisée par le prévenu pour des besoins personnels.

L'ensemble de ces montants a été présenté par l'accusation comme faisant partie des sommes concernées par les infractions poursuivies dans ce dossier.

15 ans de travaux forcés requis

Au terme de son réquisitoire, le ministère public a requis que chacun des deux prévenus soit condamné à 15 ans de travaux forcés, en plus de plusieurs peines complémentaires.

Il a notamment demandé leur interdiction d'exercer le droit de vote et d'éligibilité pendant la période prévue par la loi, ainsi que l'interdiction d'accéder aux fonctions publiques et parapubliques, quelles que soient les charges concernées.

L'organe poursuivant a également requis l'exclusion du bénéfice de la condamnation conditionnelle, de la libération conditionnelle et de la réhabilitation.

Restitution des sommes réclamée

Le ministère public a demandé que les deux prévenus soient condamnés solidairement à restituer l'ensemble des sommes d'argent considérées comme détournées, sous peine des conséquences prévues par la loi.

L'accusation retient également le blanchiment des capitaux

Concernant Chançard Bolukola, le ministère public a également retenu les faits de blanchiment des capitaux qui lui sont imputés. L'organe de la loi a demandé qu'il soit condamné pour ces faits aux peines principales et aux amendes prévues par la loi.

Toutefois, le ministère public a relevé que Chançard Bolukola avait déjà été condamné à 15 ans de travaux forcés dans le cadre des détournements et que les faits de blanchiment auraient été commis dans le même contexte.

Pour cette raison, l'organe de la loi a demandé que, le concernant, la peine de 15 ans de servitude pénale principale soit retenue.

La décision appartient désormais à la Cour

Ces réquisitions constituent les demandes du ministère public et ne constituent pas encore une condamnation définitive. Il appartient à la Cour de cassation d'examiner les arguments de l'accusation et de la défense avant de rendre sa décision dans cette affaire.

Le procès FRIVAO porte sur la gestion de fonds destinés à la réparation et à l'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo. L'affaire met notamment en cause la gestion et l'utilisation de plusieurs millions de dollars américains, dont la destination fait l'objet de débats devant la justice congolaise.