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samedi 23 mai 2026

Mondial 2026 : malgré Ebola, les Léopards refusent toute idée d’isolement

Dodo Landu, rassure sur la situation de la sélection congolaise pour le Mondial 2026. Il était l'invité de la Radio Top Congo Fm le 23 mai 2026. Alors que des rumeurs circulent sur un supposé isolement de la sélection congolaise en raison de l’épidémie d’Ebola déclarée en RDC, le manager général des Léopards, Dodo Landu, a tenu à rassurer l’opinion publique depuis Paris, à plus de 24 heures du début du Mondial 2026.

Il a affirmé que les joueurs affichent un moral élevé et restent concentrés sur leurs objectifs.

« L’état d’esprit de l’équipe est très bon. Les joueurs sont motivés. Ils savent ce qu’ils ont à faire pour rendre la fierté au pays », a-t-il déclaré.

Une équipe ambitieuse avant le Mondial

Pour le dirigeant congolais, les Léopards ne se rendent pas à la Coupe du monde uniquement pour participer. « Ils partent pour participer et gagner », a insisté Dodo Landu. La RDC entend ainsi tourner la page du souvenir douloureux du Mondial 1974, marqué par une campagne difficile des Léopards en Allemagne. « Pour effacer l’humiliation de 1974, il faut gagner », a-t-il affirmé.

Pas d’isolement, mais une organisation sanitaire stricte

Face aux inquiétudes liées à Ebola, Dodo Landu a précisé que la sélection congolaise n’est pas placée en isolement, contrairement à certaines informations relayées sur les réseaux sociaux. Selon lui, l’équipe mettra plutôt en place une « bulle sanitaire » en Belgique avant son départ pour les États-Unis.

Deux groupes distincts seront organisés, une première bulle pour les joueurs évoluant en Europe et n’ayant pas séjourné récemment à Kinshasa ; une seconde pour les joueurs et membres du staff arrivant de la capitale congolaise.

« Il n’y a pas d’isolement ou de quarantaine, mais nous allons respecter les dispositions sanitaires pour éviter tout problème avant d’arriver à Houston », a-t-il expliqué.

Le manager général a également indiqué que tout le staff local a déjà quitté Kinshasa et que des dispositions spécifiques seront prises pour les déplacements vers les États-Unis.

Aaron Tshibola prêt à remplacer Bushiri

Interrogé sur le forfait de Bushiri, Dodo Landu a confirmé l’intégration d’Aaron Tshibola dans le groupe. Le joueur faisait partie des 36 présélectionnés ainsi que de la liste des réservistes mobilisables jusqu’au 31 mai 2026. « Ils sont déjà prévenus et prêts à intervenir en cas de besoin », a-t-il assuré. La liste définitive des 28 joueurs retenus pour le Mondial sera transmise au plus tard le 1er juin 2026.

Nous avons les moyens de passer le premier tour

Malgré un groupe relevé avec le Portugal et la Colombie, Dodo Landu estime que les Léopards ont les capacités de franchir le premier tour. La RDC affrontera le Portugal le 17 juin 2026 ; la Colombie le 24 juin 2026 au Mexique ; puis son troisième match à Atlanta le 27 ou 28 juin 2026. Le dirigeant congolais estime que les internationaux congolais évoluant dans les grands championnats européens abordent cette compétition sans complexe.

« Ce sera du 50-50. Nous avons notre chance et nous allons la jouer à fond pour nous qualifier », a-t-il conclu.


Fuite présumée de données médicales : Constant Mutamba porte plainte contre des inconnus

L’avocat de Constant Mutamba Tungunga, Me Emiphe Munganga Cishugi, a saisi le Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe d’une plainte contre inconnu pour atteinte à la vie privée, diffusion de données médicales confidentielles et publication illégale d’informations à caractère personnel.

Dans une correspondance datée du 20 mai 2026, l’avocat affirme que des personnes non identifiées auraient clandestinement photographié et diffusé sur les réseaux sociaux des documents médicaux concernant son client.

Des documents médicaux transmis dans un cadre judiciaire

Selon la plainte, Constant Mutamba, hospitalisé depuis plusieurs mois dans un état de santé jugé préoccupant, avait été appelé à comparaître comme renseignant dans une affaire judiciaire liée au FRIVAO.

Ses médecins traitants auraient alors transmis des attestations et rapports médicaux au Premier président de la Cour afin de justifier son incapacité à se présenter devant la justice, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

L’avocat précise que ces documents étaient destinés exclusivement aux autorités judiciaires et ne devaient en aucun cas être rendus publics.

Des informations sensibles diffusées sur les réseaux sociaux

La défense de Constant Mutamba dénonce la publication sur les réseaux sociaux de données médicales détaillées, comprenant notamment des informations sur son état de santé, sa localisation ainsi que l’identité de ses médecins. Pour Me Emiphe Munganga Cishugi, cette divulgation constitue une violation grave de la vie privée et des lois congolaises relatives au numérique et à la liberté de la presse.

L’avocat estime également que cette fuite pourrait exposer son client à des risques sécuritaires et faciliter d’éventuelles menaces contre son intégrité physique.

La défense réclame une enquête et des poursuites 

Dans sa plainte, la défense demande au Parquet d’identifier les auteurs de la publication, de faire retirer immédiatement les contenus diffusés sur les réseaux sociaux et d’obtenir auprès des plateformes concernées les éléments permettant d’identifier les responsables.

L’avocat sollicite également des poursuites pénales contre les auteurs présumés, sur base des dispositions du Code du numérique et de la loi sur l’exercice de la liberté de la presse en RDC.


IG PNC/Kinshasa : l'installation d'un nouveau responsable

Le Commissaire divisionnaire principal Philémon Patience Mushid Yav, Inspecteur général de la Police nationale congolaise (PNC), a réuni le 21 mai 2026 à Kinshasa les directeurs des différentes directions de l’Inspection générale de la PNC.

Au cours de cette rencontre, le patron de l’IG PNC a rappelé à ses collaborateurs les missions assignées à l’Inspection générale, tout en insistant sur la rigueur et la discipline dans l’exercice de leurs fonctions.

« Nous devons être productifs pour atteindre nos objectifs, car le gouvernement attend beaucoup de nous », a déclaré l'inspecteur général Patience Mushid Yav, avant d’appeler ses hommes au respect du temps de travail et des règles qui caractérisent les services de sécurité et d’ordre.

Réajustement à la tête de l’antenne provinciale de Kinshasa

Dans le cadre de la redynamisation des activités de l’Inspection générale de la PNC dans la ville de Kinshasa, Philémon Patience Mushid Yav a procédé au réajustement de l’équipe dirigeante de l’antenne provinciale de Kinshasa. Le Commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Numbi a ainsi été désigné nouveau chef d’antenne de l’IG PNC/Kinshasa. 

Il a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions par le Commissaire divisionnaire Élias Tshibangu, Inspecteur général adjoint chargé de l’appui et gestion, juste après la réunion.

Élias Tshibangu appelle à des résultats concrets

Lors de la cérémonie de remise et reprise, le Commissaire divisionnaire Élias Tshibangu a exhorté le nouveau responsable à travailler avec détermination afin de renforcer la visibilité et l’efficacité de l’Inspection générale dans la capitale. Il l’a également invité à collaborer étroitement avec le Commissaire provincial de la police ville de Kinshasa afin de veiller au respect des lois et règlements de la République au sein de la police.

Jean-Baptiste Numbi place son mandat sous le signe de l’humilité et de l’efficacité

Le Commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Numbi a exprimé sa gratitude envers la hiérarchie policière pour la confiance placée en lui. « Permettez-moi d’exprimer ma gratitude à l’endroit de Monsieur l’Inspecteur général de la Police nationale congolaise, qui a bien voulu faire de moi l’un de ses plus proches collaborateurs et son représentant dans la ville-province de Kinshasa », a-t-il déclaré.

Le nouveau chef d’antenne a également salué l’accompagnement du Commissaire divisionnaire Élias Tshibangu ainsi que le travail accompli par sa prédécesseure, à qui il a rendu hommage.

Reconnaissant l’ampleur de la mission qui lui est confiée, Jean-Baptiste Numbi a affirmé vouloir exercer ses fonctions avec « humilité, enthousiasme et détermination ».

Son ambition, a-t-il expliqué, est de contribuer efficacement au respect des lois et règlements de la République par les policiers relevant du commissariat provincial de Kinshasa.

« Ensemble, nous allons nous concentrer sur l’essentiel, car la réussite repose avant tout sur l’engagement et la détermination de chacun d’entre nous », a-t-il conclu.

Élias Tshibangu met en garde contre les défis sécuritaires de Kinshasa 

Le Commissaire divisionnaire Élias Tshibangu, Inspecteur général adjoint chargé de l’appui et gestion, a tenu à sensibiliser le nouveau chef d’antenne sur l’ampleur de la mission qui l’attend à Kinshasa. Selon lui, la capitale congolaise représente un véritable défi sécuritaire en raison de sa forte démographie et de la complexité de sa gestion.

« La ville-province de Kinshasa, c’est un monstre », a déclaré Élias Tshibangu, soulignant que la capitale compte aujourd’hui plus de 15 millions d’habitants.

L’Inspecteur général adjoint a expliqué qu’une telle ville exige énormément d’énergie, de discipline et de disponibilité de la part des responsables chargés de maintenir l’ordre et la quiétude des citoyens.

S’appuyant sur sa propre expérience acquise à Kinshasa depuis les années 2000, il a rappelé que même à une époque où la population était moins importante, la gestion sécuritaire de la capitale demeurait déjà particulièrement difficile.

Kinshasa, une ville sans repos 

Pour Élias Tshibangu, Kinshasa est une « ville sans repos » qui nécessite un engagement permanent des services de police et de contrôle. Il a insisté sur le rôle essentiel de l’Inspection générale de la Police dans le suivi de l’application stricte des lois, règlements et directives régissant la Police nationale congolaise.

« Nous sommes appelés à suivre scrupuleusement l’application stricte des règlements et lois de la République par le personnel de la Police nationale congolaise », a-t-il rappelé.

Le haut responsable policier a également mis l’accent sur la collaboration indispensable entre le chef d’antenne, ses collaborateurs, les agents de police ainsi que la population. A son avis, les informations provenant des citoyens constituent des éléments essentiels pour le travail de contrôle, d’enquête et de transmission des rapports à l’Inspecteur général de la Police nationale congolaise.

Un appel au courage et à la responsabilité 

En conclusion, Élias Tshibangu a exhorté le Commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Numbi à faire preuve de courage et de détermination afin de réussir la mission lui confiée par la hiérarchie policière.

« C’est avec beaucoup de courage que vous devez réussir à surmonter cette lourde tâche que la hiérarchie a confiée à votre modeste personne », a-t-il déclaré, avant de lui souhaiter plein succès dans ses nouvelles fonctions.


Football congolais : après l’exploit mondial, l’initiative « Équipe Elenda » veut relancer les clubs locaux

La qualification héroïque de la RDC à la Coupe du monde, 52 ans après la participation historique de 1974, plonge actuellement le pays dans une grande effervescence. Mais au-delà de cette performance saluée par toute la nation, plusieurs acteurs du sport congolais estiment qu’il est urgent de s’attaquer aux problèmes structurels qui freinent l’essor du football local.

Pour les initiateurs du projet « Équipe Elenda », cette qualification ne constitue qu’une étape. La priorité reste désormais le renouveau du football national, particulièrement au niveau des clubs et des infrastructures sportives.

La Dynamique Tumba et ses partenaires lancent le projet « Équipe Elenda »

Dans cette optique, la Dynamique Tumba ASBL, association des anciens élèves de l’Institut Tumba du Kongo Central, en partenariat avec la Dynamique des Émules de Fatshi (DEF) ainsi que l’ASM, l’Association des amis de Socrates Mubengai, a mis en place l’initiative sportive « Équipe Elenda ».

Ce projet ambitionne d’apporter des solutions concrètes aux nombreuses difficultés qui minent le football congolais, notamment le manque d’infrastructures, de moyens logistiques et de financements pour les clubs évoluant en Ligue 1 et Ligue 2.

Selon les promoteurs de cette initiative, « Équipe Elenda » permettra notamment aux clubs de se doter de sièges modernes, de complexes sportifs, de bus répondant aux standards internationaux pour le transport des joueurs, ainsi que de ressources financières destinées à améliorer les conditions de travail des athlètes et des staffs techniques.

Kinshasa choisie comme site pilote

Pour sa première édition, Kinshasa a été retenue comme ville pilote du projet. Une délégation des organisateurs a ainsi été reçue par le ministre provincial ayant les Sports dans ses attributions, en présence du questeur de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, du député Socrates Mubengai.

Au terme de cette rencontre jugée fructueuse, le président de la Dynamique Tumba et de la DEF, Homère Kubu, a expliqué la démarche des initiateurs.

Homère Kubu : « Il faut relancer le football national »

« Nous sommes une délégation de la Dynamique Tumba, l’association des anciens élèves de l’Institut Tumba Kunda Dia Zayi au Kongo Central. Nous sommes venus voir le ministre pour lui présenter une initiative que nous avons prise dans le cadre du soutien à la vision du président de la République en matière de sport », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre que « nous avons constaté que la qualification à la Coupe du monde constitue une étape importante, mais qu’il reste plusieurs problèmes à résoudre au niveau national. Il faut relancer le football national. C’est dans cette logique que nous avons proposé une initiative intéressante. Le ministre a été très édifié et satisfait de cette proposition. Il a promis de s’y pencher ».


Kinshasa à la croisée des Chemins : entre le spectre d'Haïti et le souvenir du Colonel Bangala

La rencontre entre la Ndona Première ministre Judith Suminwa Tuluka et le caucus des députés nationaux ressortissants de Kinshasa intervient à un moment critique de notre histoire urbaine. Braquages, kidnappings, agressions à main armée, violences des Kuluna, criminalité organisée : la capitale congolaise donne désormais des signes inquiétants d’effondrement sécuritaire.

Et il faut avoir le courage de le dire sans détour : si nous ne faisons pas très attention, Kinshasa peut devenir le Haïti au centre de notre continent noir.

Une mégapole incontrôlée, rongée par les gangs, la peur et l’effondrement progressif de l’autorité de l’État.

Cette comparaison avec Haïti n’est malheureusement pas anodine. En Haïti, les criminels armés qui terrorisent aujourd’hui la population sont désignés sous le terme général de gangs ou gangs armés. Face à l’effondrement progressif de l’autorité de l’État, ces groupes ont fini par contrôler des quartiers entiers, imposant leur propre loi par la terreur, les enlèvements et les extorsions.

Le gouvernement haïtien, plusieurs pays voisins comme la République dominicaine ainsi que les États-Unis ont officiellement classé plusieurs de ces groupes comme des organisations terroristes. Cette évolution montre à quel point une criminalité urbaine mal maîtrisée peut progressivement muter en véritable menace nationale.

En Haïti, une expression populaire est même née pour dénoncer cette dangereuse collusion entre criminalité et pouvoir : les « bandits légaux ». Une formule devenue célèbre pour critiquer l’impunité de certains criminels ainsi que leurs connexions historiques avec certains secteurs politiques et économiques.

La RDC doit méditer sérieusement cette tragédie haïtienne. Car lorsqu’un État laisse prospérer trop longtemps des bandes violentes, celles-ci finissent toujours par défier directement l’autorité républicaine.

Cette alerte n’est pas une exagération. Elle est un devoir patriotique.

Face à cette montée du « terrorisme urbain », les députés de Kinshasa ont eu raison de rencontrer la Première ministre afin de lui remettre un cahier des charges clair et sans complaisance. Car le peuple kinois étouffe. Les familles vivent dans l’angoisse permanente. Les commerçants ferment plus tôt. Les quartiers deviennent des zones de non-droit.

Mais cette rencontre doit aller au-delà des simples diagnostics administratifs.

L’heure est venue de restaurer l’autorité de l’État.

En suivant cette actualité, je me suis immédiatement rappelé du Colonel Alphonse-Devos Bangala, cet homme qui, dans les années 1960, avait réussi l’exploit de mater la délinquance juvénile qui terrorisait alors Léopoldville. Les fameux « Bills » et « Yankees » imposaient déjà leur loi dans les rues de la capitale naissante. Mais Bangala avait compris une chose essentielle : une ville ne survit pas longtemps lorsque l’État recule devant les bandes.

Son administration fut dure, rigoureuse et redoutée. À tel point que le grand Franco Luambo Makiadi et le T.P. OK Jazz immortalisèrent cette époque dans la célèbre chanson : Colonel Bangala : « Mobongisi monene ya ville ya Kinshasa, Colonel Bangala… 

Mobundi monene ya délinquance juvénile… 

Mopekisi monene ya mobulu na Kinshasa… »

Ces paroles traduisent une réalité historique : Kinshasa fut sauvée du chaos grâce à une autorité forte et assumée.

Bien entendu, l’histoire du Colonel Bangala reste aussi marquée par les zones sombres du pouvoir de l’époque, notamment le drame des Martyrs de la Pentecôte de 1966. L’histoire retiendra les contradictions des hommes et des régimes. Mais il serait intellectuellement malhonnête de nier son efficacité dans la restauration de l’ordre public.

Aujourd’hui, la RDC doit avoir le courage de réfléchir sérieusement à la création ou au renforcement d’unités spéciales capables de faire face à cette criminalité devenue quasi-paramilitaire.

C’est dans cette logique que j’évoque le modèle Bope brésilien.

Qu’on me comprenne bien : le Bope ( signifie Batalhão de Operações Policiais Especiais, ce qui se traduit en français par Bataillon des opérations spéciales de police) n’est pas la seule unité d’élite au monde spécialisée dans la lutte contre les gangs lourdement armés et la guerre urbaine. Plusieurs pays ont développé des forces comparables afin de répondre à des formes modernes de criminalité devenues quasi-militaires.

Au Mexique, par exemple, le GOPE (Grupo de Operaciones Especiales) fut conçu pour affronter les cartels de la drogue hyper-militarisés comme ceux de Sinaloa ou du CJNG. Ces unités interviennent avec des blindés, des armes de guerre et parfois même des hélicoptères d’attaque dans des zones totalement contrôlées par les narcotrafiquants.

En France, le RAID et le GIGN représentent également des références mondiales en matière de contre-terrorisme, de libération d’otages et de neutralisation de criminels extrêmement dangereux. Leur niveau d’entraînement est parmi les plus sévères au monde.

Aux États-Unis, les unités SWAT des grandes métropoles ainsi que le FBI HRT (Hostage Rescue Team) interviennent contre les gangs lourdement armés, les prises d’otages et les situations de crise à haut risque.

Même au Brésil, le BOPE n’est pas seul. Il existe également le CORE, unité d’élite de la Police civile de Rio de Janeiro, qui mène des opérations similaires contre les narcotrafiquants dans les favelas.

Alors pourquoi avoir particulièrement évoqué le BOPE ?

Parce que parmi toutes ces unités, le BOPE représente probablement l’exemple le plus proche des réalités du continent noir  et particulièrement kinoises.

Rio de Janeiro et Kinshasa présentent certaines ressemblances inquiétantes : croissance urbaine incontrôlée, quartiers populaires extrêmement denses, pauvreté massive, chômage des jeunes, économie informelle tentaculaire, criminalité territorialisée et faiblesse progressive de l’autorité publique dans certaines zones.

Le BOPE a justement été pensé pour intervenir dans ce type d’environnement urbain chaotique où la police classique devient insuffisante.

Je ne glorifie ni la violence ni les excès parfois reprochés à cette unité. Je rappelle simplement qu’à un certain niveau de criminalité, l’État doit retrouver sa capacité de dissuasion et sa présence dans les quartiers abandonnés à la loi des gangs.

C’est pourquoi je formule ici une recommandation spéciale à l’endroit de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka : la RDC devrait envisager sérieusement la création d’une unité spéciale urbaine d’intervention rapide, hautement entraînée, disciplinée et équipée pour reprendre le contrôle des zones les plus dangereuses de Kinshasa.

Cette unité ne devrait pas être conçue comme un instrument de terreur contre la population, mais comme une force républicaine spécialisée dans la lutte contre les gangs armés, les kidnappings, les braquages organisés et le terrorisme urbain.

Kinshasa est une mégapole de plus de quinze millions d’habitants. Une telle ville ne peut plus être sécurisée uniquement avec des méthodes classiques de maintien de l’ordre héritées d’une autre époque.

La RDC doit désormais adapter son architecture sécuritaire aux nouvelles formes de criminalité urbaine.

Cependant, j’ose croire que les députés nationaux ont également sensibilisé les acteurs des droits humains et des droits de l’homme avant que le gouvernement ne prenne des dispositions appropriées. Car l’expérience dans notre continent nous montre souvent un paradoxe dangereux : lorsque l’État ne protège plus la population, on lui reproche son absence ; mais lorsqu’il agit avec fermeté, certains dénoncent immédiatement des violations des droits de l’homme.

La vraie question doit être posée avec honnêteté :

les droits de l’homme protègent-ils aussi les paisibles citoyens terrorisés chaque jour dans les communes populaires de Kinshasa ?

Les mamans agressées ?

Les étudiants dépouillés ?

Les taximen assassinés ?

Les familles kidnappées ?

L’État doit évidemment respecter la loi, éviter les abus et sanctionner les dérives. Mais il ne doit jamais tomber dans la paralysie sécuritaire par peur des critiques internationales.

La sécurité du peuple est le premier des droits humains.

Kinshasa est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Soit nous restaurons rapidement l’autorité républicaine, soit nous laisserons progressivement la capitale tomber sous le contrôle des gangs, des réseaux criminels et de l’économie de la peur.

Le temps des demi-mesures est terminé.

L’histoire nous observe.

Et les générations futures jugeront sévèrement ceux qui auront regardé Kinshasa sombrer sans agir.

Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé

Activiste, Penseur et Notable de Madimba


Haut-Katanga : Jacques Kyabula démissionne de ses fonctions de gouverneur

Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement présenté sa démission au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, dans une correspondance datée du 21 mai 2026 à Kinshasa. Dans cette lettre adressée au Chef de l’État, il affirme quitter ses fonctions « avec loyauté, engagement et un profond sens du devoir envers la République », tout en réaffirmant son attachement à la vision de stabilité et de développement portée par le président de la République.

Une absence prolongée au cœur des critiques

Dans sa lettre de démission, Jacques Kyabula reconnaît que sa présence prolongée à Kinshasa pour des raisons professionnelles et institutionnelles l’a éloigné de la province du Haut-Katanga durant une période jugée particulièrement sensible sur le plan sécuritaire.

Cette situation avait suscité de nombreuses interrogations ainsi que des critiques au sein de l’opinion publique et de la classe politique provinciale, plusieurs voix dénonçant l’absence du gouverneur alors que la province traversait une phase de fragilité sécuritaire et administrative.

Face à ces critiques, l’ancien gouverneur explique avoir choisi d’assumer ses responsabilités politiques et administratives afin de préserver « la sérénité des institutions » et le bon fonctionnement de l’administration provinciale.

Un départ présenté comme un acte de responsabilité

Jacques Kyabula indique avoir pris cette décision « dans un esprit de responsabilité républicaine » et « dans l’intérêt supérieur de la province ainsi que de la Nation ».

Il précise que sa démission prend effet immédiatement, tout en se disant disposé à continuer à servir la République sous une autre forme si le président de la République le juge utile.

Depuis plusieurs mois, l’absence répétée du gouverneur du Haut-Katanga à Lubumbashi alimentait les débats dans la province. Des acteurs politiques et des organisations locales dénonçaient un pilotage à distance de la province alors que plusieurs défis sécuritaires et sociaux exigeaient une présence accrue des autorités provinciales sur le terrain.

La publication de cette lettre de démission intervient dans un contexte politique marqué par des tensions autour de la gouvernance provinciale et des attentes croissantes de la population concernant la gestion des questions sécuritaires et administratives dans le Haut-Katanga.


Kalemie : le maire exige des habitants qu’ils repeignent leurs maisons avant l’arrivée du chef de l'État

Le maire de la ville de Kalemie, David Mukeba Mbombo, a publié un communiqué officiel demandant aux propriétaires des maisons situées sur plusieurs grandes artères de la ville de repeindre leurs habitations en bleu et blanc, ou aux couleurs du drapeau national, avant l’arrivée du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

Cette mesure concerne notamment le boulevard Lumumba, la route menant à l’aéroport Kahinda, la place Kisebwe, le boulevard JKK, ainsi que plusieurs autres axes stratégiques de la ville de Kalemie.

Dans ce communiqué daté du 19 mai 2026, l’autorité urbaine prévient que tout contrevenant s’expose à de sévères sanctions.

Une décision qui suscite des réactions partagées 

L’annonce du maire a rapidement provoqué de nombreuses réactions au sein de la population locale. Certains habitants estiment que cette initiative vise à améliorer l’image de la ville avant la visite présidentielle. « Si cela peut contribuer à rendre la ville plus propre et plus belle, pourquoi pas. Mais il faudrait aussi penser aux routes et à l’électricité », a réagi un habitant du quartier Kataki au micro de plusieurs médias locaux.

D’autres citoyens dénoncent cependant une mesure jugée contraignante dans un contexte économique difficile. « Beaucoup de familles peinent déjà à joindre les deux bouts. Imposer des travaux de peinture avec menace de sanctions, c’est excessif », a déclaré une commerçante rencontrée au marché de la place.

Des interrogations sur les sanctions annoncées

Le passage du communiqué évoquant de « sévères sanctions » contre les récalcitrants alimente également les débats dans la ville. Plusieurs observateurs s’interrogent sur la base légale d’une telle décision et sur les modalités d’application des sanctions annoncées par la mairie.

Des acteurs de la société civile appellent les autorités locales à privilégier la sensibilisation plutôt que la contrainte afin d’éviter des tensions avec la population.

À l’approche des déplacements du président de la République dans certaines provinces, il est fréquent que des opérations d’assainissement et d’embellissement soient lancées par les autorités locales. À Kalemie, cette nouvelle mesure intervient dans le cadre des préparatifs liés à l’arrivée annoncée du Chef de l’État dans la province du Tanganyika.

Le communiqué signé par le maire David Mukeba Mbombo demande explicitement aux propriétaires des maisons bordant les grandes avenues ciblées de repeindre leurs façades en bleu et blanc ou aux couleurs nationales, sous peine de sanctions.