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mercredi 5 août 2026

Après sa démission d'Ensemble pour la République, Sona Kamitatu consulte José Endundo avant un nouveau combat politique

Quelques jours après avoir annoncé sa démission d'Ensemble pour la République, Sona Kamitatu prend la parole pour expliquer le sens de son choix et esquisser la suite de son parcours politique.

Dans une lettre adressée au président du parti, Moïse Katumbi, elle affirme avoir pris cette décision après « une longue réflexion », estimant que le cadre actuel du parti ne lui permet plus de défendre les valeurs qui ont motivé son engagement politique.

« Je préfère me retirer sans amertume plutôt que de demeurer sans conviction », écrit-elle, tout en exprimant sa gratitude envers le parti et son président pour la confiance qui lui a été accordée au fil des années.

Un engagement politique qu'elle dit inchangé

Sona Kamitatu rappelle avoir commencé son parcours politique très jeune au sein de l'Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC), avant de rejoindre Ensemble pour la République.

Selon elle, son départ ne signifie pas un renoncement à ses convictions.

Elle affirme vouloir poursuivre son combat pour les libertés publiques, la démocratie ainsi que pour une plus grande participation des jeunes et des femmes à la gestion des affaires publiques.

Elle insiste sur le fait que cette décision ne constitue ni un désaveu personnel ni une rupture avec les responsables du parti, mais résulte d'une évolution de son appréciation du contexte politique.

José Endundo, première étape de son nouveau parcours

Dans un message publié sur X après sa démission, Sona Kamitatu révèle avoir choisi de rencontrer José Endundo Bononge avant d'entamer une nouvelle étape de son engagement.

Elle présente l'ancien ministre et président du Comité des sages d'Ensemble pour la République comme une figure majeure de la vie politique congolaise et un patriarche influent de l'espace Grand Équateur.

Sona Kamitatu retrace son parcours, rappelant ses responsabilités à la tête d'entreprises publiques sous le régime Mobutu, son passage dans les mouvements politico-militaires, notamment le RCD et le MLC, son implication dans les négociations politiques ayant conduit aux accords de paix, ainsi que la création du Parti démocrate chrétien.

Quatre leçons pour une nouvelle génération

Sona Kamitatu affirme avoir retenu quatre enseignements de José Endundo durant leur collaboration au Sénat, peser dans le jeu politique sans fermer les portes au dialogue ; assumer son identité sans tomber dans le communautarisme ; privilégier la force des arguments plutôt que le rapport de force ; construire des institutions durables plutôt que rechercher des avantages immédiats.

Elle indique vouloir faire de ces principes le socle de son action politique.

Le pari d'une nouvelle génération politique

Sona Kamitatu annonce désormais vouloir mener son combat avec les femmes et les hommes de sa génération, qu'elle décrit comme celle ayant grandi dans « le Congo des occasions manquées ».

Elle dit aspirer à un pays où la Constitution est respectée, où les élections déterminent véritablement l'alternance politique et où les jeunes ainsi que les femmes occupent une place réelle dans les instances de décision.

Sans dévoiler sa prochaine destination politique, l'ancienne sénatrice laisse entendre qu'elle entend poursuivre son engagement dans un nouveau cadre, tout en revendiquant l'héritage des alliances et des valeurs qui ont marqué son parcours.


RN2 au Sud-Kivu : SKD SAS rejette les accusations d'un député et défend la légalité de ses travaux

La société Kivu Développement SAS (SKD SAS) a publié un démenti officiel en réaction à la note de dénonciation et d'alerte à la vigilance adressée le 4 août 2026 au vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur par le député national Trésor Lutala Mutiki.

Dans ce document, l'entreprise affirme maintenir intégralement la position exprimée dans ses communiqués des 29 et 31 juillet 2026. Elle rejette notamment les accusations selon lesquelles ses représentants auraient appelé la population à se retourner contre les élus ou accusé les autorités de Kinshasa de détruire le pays.

Selon SKD SAS, les propos tenus visaient uniquement certains membres des Wazalendo que l'entreprise estime manipulés, et non l'ensemble de la population.

La société défend la légalité du partenariat avec le Sud-Kivu

Sur le plan administratif, SKD SAS soutient que le protocole de partenariat public-privé (PPP) conclu avec la province du Sud-Kivu pour la réhabilitation de la Route nationale n°2 (RN2), sur le tronçon Bukavu-Lwino, est conforme à la Constitution.

L'entreprise rappelle que l'article 203 de la Constitution confère à la fois au pouvoir central et aux provinces des compétences en matière de construction et d'entretien des routes d'intérêt national.

Elle estime également que l'autorisation accordée en mai 2026 par le vice-gouverneur du Sud-Kivu, agissant comme gouverneur intérimaire, respecte le principe de continuité de l'administration publique.

Concernant les critiques sur son statut, SKD SAS affirme que ses statuts lui permettent d'exécuter des travaux de génie civil et de construction d'infrastructures routières. Elle réfute également les accusations d'exploitation minière illégale à Tubimbi.

Financement et perception de carburant : SKD apporte ses précisions

La société indique que les travaux sont financés par son représentant, Me Asaph Wenda Lukangyela, dans le cadre d'un contrat PPP signé en janvier 2025 avec la province du Sud-Kivu.

À propos des contributions en carburant réclamées aux transporteurs, SKD SAS affirme qu'il ne s'agit pas d'une taxe obligatoire. Selon elle, cette initiative est née d'un partenariat avec l'Association des transporteurs pour le développement au Congo (ATDCO), dont les membres auraient accepté volontairement de fournir deux bidons de carburant par voyage pendant trois jours afin de soutenir les travaux.

L'entreprise assure par ailleurs qu'aucune taxe n'est perçue par SKD SAS et que l'évolution du chantier est régulièrement communiquée aux autorités compétentes.

Des accusations sécuritaires qualifiées de "contre-vérités"

Face aux soupçons de liens avec la rébellion du M23 et d'éventuels intérêts miniers dans les zones sous tension, SKD SAS dément catégoriquement toute collaboration avec des groupes armés.

L'entreprise affirme qu'aucune preuve n'étaye les accusations formulées par le député Mutiki et soutient que les travaux de réhabilitation ont débuté en janvier 2025 dans des zones alors sous contrôle gouvernemental.

Elle précise que ses engins sont stationnés depuis cette période à la paroisse catholique de Mukasa, à Kasika, et rejette également les allégations concernant une prétendue installation irrégulière de ressortissants étrangers ou un financement du terrorisme.

Une polémique aux relents politiques

Dans son démenti, SKD SAS estime que les accusations portées contre elle relèvent davantage d'un différend politique que d'éléments factuels.

La société accuse le député Trésor Mutiki de chercher à bloquer un projet de désenclavement du territoire de Mwenga pour des considérations politiques et électorales.

Elle soutient que les attaques viseraient également son représentant, Me Asaph Wenda Lukangyela, présenté comme un acteur engagé dans le développement de la région.

Enfin, SKD SAS rappelle que le député Mutiki avait lui-même, par le passé, entrepris des travaux de réhabilitation de ponts sur la RN2 ainsi que des travaux d'entretien de l'aérodrome de Manungu, s'interrogeant sur les autorisations administratives dont il disposait alors.

L'entreprise conclut en réaffirmant sa disponibilité à fournir aux autorités tous les documents relatifs à son existence légale, à son immatriculation et au partenariat conclu avec la province du Sud-Kivu.


dimanche 2 août 2026

VAR4 : plus de 10.000 jeunes attendus à Kinshasa pour promouvoir une « Jeunesse ya BONNE QUALITÉ »

L'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa accueillera, le 9 août 2026, la quatrième édition de Du Virtuel au Réel (VAR4), un événement organisé par Team Booster Digital et Miteka Advertising.

Placée sous le thème « Jeunesse ya BONNE QUALITÉ », cette rencontre ambitionne de promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux, la citoyenneté numérique et l'entrepreneuriat chez les jeunes.

Au fil des éditions, VAR4 s'est imposé comme l'un des plus importants rassemblements de la jeunesse numérique en République Démocratique du Congo.

La communauté compte aujourd'hui 10.732 membres, parmi lesquels des créateurs de contenus, entrepreneurs, étudiants et professionnels, représentant une audience cumulée de plus de 32 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. Plus de 10.000 participants sont déjà inscrits pour cette nouvelle édition.

Une édition axée sur la sensibilisation et les bonnes pratiques du numérique

Lors d'une conférence de presse organisée le 1er août 2026 à Kinshasa, les organisateurs ont dévoilé les principales innovations de cette édition.

Jonathan Botolikissi, membre du comité d'organisation, a expliqué que l'événement renforcera son volet de sensibilisation en abordant plusieurs enjeux d'actualité.

Outre les échanges sur la réputation numérique, la citoyenneté digitale, les droits et devoirs des internautes ou encore l'entrepreneuriat, des sessions seront consacrées à la sensibilisation sur l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en RDC, à l'hygiène, ainsi qu'au projet Genocost porté par le FONAREV.

L'objectif est également de montrer aux jeunes que les réseaux sociaux peuvent devenir un véritable outil de création d'opportunités, de développement personnel et de réussite professionnelle, au-delà de leur simple utilisation quotidienne.

Des personnalités et partenaires mobilisés

La journée réunira plusieurs personnalités issues des institutions publiques, du secteur privé et des organisations internationales.

Parmi les intervenants figurent Jean Goubald Kalala, Benji4, Christian Bosembe, des représentants des ministères de la Justice et de l'Économie numérique, du FONAREV, du PNUD, de l'UNICEF, de l'Office national du tourisme ainsi que de l'ambassade des États-Unis en RDC.

L'entrepreneur Ernest Kaninda assurera le parrainage de cette quatrième édition, qui bénéficie également du soutien d'Airtel RDC, de Novotel Kinshasa et d'autres partenaires.

Une rencontre gratuite pour bâtir une communauté engagée

Au-delà des conférences et ateliers, VAR4 se veut également un espace de rencontre entre des milliers de jeunes qui échangent habituellement sur les plateformes numériques. Des prestations artistiques et des activités de réseautage ponctueront la journée, qui se déroulera de midi jusqu'en soirée. L'accès à l'événement sera entièrement gratuit, seules les consommations sur place étant payantes.

Selon les organisateurs, les trois premières éditions ont permis de créer une véritable communauté d'internautes engagés.

Cette année, plus de 10.000 jeunes ont déjà généré leur badge d'adhésion via le portail officiel de l'événement, un indicateur qui, selon eux, témoigne de l'adhésion croissante au message de promotion d'une utilisation responsable du numérique et d'une jeunesse porteuse de valeurs positives.


Route Kisangani–Ubundu : la NSCC Tshopo conteste les déclarations du Maniema sur le financement des travaux

La polémique enfle autour de la réhabilitation de l'axe stratégique, quelques jours après l'annonce de l'arrivée à Kindu du premier lot de marchandises ayant emprunté la route Kisangani–Ubundu. Les déclarations dgouverneur de province du Maniema sur le financement des travaux suscitent une vive réaction.

La Coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de la Tshopo affirme que la réhabilitation de cet axe stratégique n'a pas été financée exclusivement par le Gouvernement provincial du Maniema, contrairement aux affirmations relayées dans les médias.

Dans une déclaration signée le 2 août 2026, son coordonnateur provincial, Ir Djey Amisi Yatonga, dénonce ce qu'il qualifie de communication contraire à la réalité des faits.

La NSCC évoque un projet lancé par le Gouvernement central

Selon la NSCC Tshopo, les travaux de réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu ont été officiellement lancés par le Gouvernement central de la République Démocratique du Congo. L'organisation estime donc que l’autorité provinciale du Maniema ne peut revendiquer un financement exclusif de ce chantier.

Elle reconnaît néanmoins que le Gouvernement provincial du Maniema a apporté un appui à l'entreprise chargée des travaux afin de renforcer les moyens d'exécution et d'accélérer la réhabilitation de cette infrastructure, essentielle pour les échanges entre les provinces de la Tshopo et du Maniema.

Une route à fort impact économique

La réouverture progressive de la route Kisangani–Ubundu est considérée comme un tournant économique majeur pour le Maniema. Le premier bateau ayant acheminé des marchandises à Kindu via cet axe a ravivé l'espoir d'une baisse des coûts de transport et, par conséquent, des prix des produits de première nécessité.

Les opérateurs économiques anticipent notamment une diminution du prix du ciment, actuellement vendu autour de 40 dollars américains le sac à Kindu, ainsi que des baisses sur le carburant, le sel, les barres de fer et d'autres marchandises. Cette route devrait également faciliter l'évacuation des produits agricoles et renforcer les échanges commerciaux entre les deux provinces.

Des recommandations pour préserver les travaux

Face à la polémique, la NSCC Tshopo appelle les autorités du Maniema à recadrer leur communication afin qu'elle reflète fidèlement la réalité du financement du projet, dans un esprit de transparence et de collaboration institutionnelle.

Cette organisation de la société civile invite également les populations et les transporteurs à patienter jusqu'à l'achèvement complet des travaux avant une reprise normale du trafic, estimant que la circulation sur des portions encore non compactées pourrait accélérer leur dégradation.

Elle recommande par ailleurs à l'entreprise chargée des travaux d'accélérer le chantier afin de soulager les populations, tout en demandant aux autorités de la Tshopo et du territoire d'Ubundu d'assurer un suivi rigoureux de l'exécution des travaux et du respect des normes techniques.

La NSCC réaffirme son engagement pour la transparence

En conclusion, la Coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) Tshopo réaffirme son engagement à défendre la vérité, à promouvoir la transparence dans la gestion des projets publics et à veiller à la préservation des intérêts des populations, tout en reconnaissant l'importance stratégique de la réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu pour le développement économique de la Tshopo et du Maniema.


Genocost 2026 : Le Sud-Kivu exige la fin de « l'économie du sang »

En ce 2 août 2026, journée commémorative du Genocost, la République Démocratique du Congo s'incline devant la mémoire de millions de compatriotes fauchés par plus de trois décennies de conflits.

Cette année, la société civile du Sud-Kivu par la voix de Me Néné Bintu Iragi, présidente du Bureau de Coordination provinciale de la Société Civile du Sud-Kivu, porte un message central : les massacres perpétrés à l'Est du pays sont indissociables du pillage des ressources naturelles.

Les minerais du sang : le vrai moteur des massacres

Les tueries en RDC ne sont pas des actes aveugles. Elles répondent à une logique de prédation. On tue pour s'accaparer les terres du Kivu, voler le coltan, l'or, le cuivre ou le cobalt, et contrôler les routes commerciales.

Derrière chaque vie humaine fauchée se cache l'exploitation illégale d'une mine, d'une forêt ou d'un champ. Face à cette tragédie, la société civile rappelle une vérité absolue en disant que la vie des Congolais a plus de valeur que toutes les richesses du sous-sol. Le développement du pays ne pourra jamais se bâtir sur des fosses communes.

Justice et réparations : les immenses défis du FONAREV

Reconnaître le Genocost exige des actions concrètes pour les survivants. Il est urgent d'indemniser les familles, de reconstruire les villages détruits, de scolariser les orphelins et de soigner les traumatisés.

Face à l'ampleur systémique de ces crimes, le Fonds National des Réparations des Victimes (FONAREV) fait face à des défis colossaux et doit intensifier ses efforts pour répondre aux attentes légitimes des communautés meurtries.

Souveraineté économique : Industrialiser pour briser le cycle 

La fin des violences passe par une rupture économique radicale. La société civile appelle l'État congolais et la communauté internationale — particulièrement les États-Unis et la Chine — à appliquer une traçabilité stricte des minerais et à sanctionner sévèrement les réseaux mafieux.

La solution durable réside dans l'industrialisation locale : transformer les ressources sur place pour créer des emplois dignes, tout en sécurisant les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pillages.

Un appel à la jeunesse pour un Congo souverain

Le Bureau de Coordination de la société civile du Sud-Kivu réaffirme son engagement à perpétuer le devoir de mémoire, à dénoncer la prédation et à accompagner les victimes.

Le message adressé à la jeunesse est un appel à la résistance constructive : bâtir une RDC nouvelle où la richesse ne coûtera plus jamais de vies humaines. Le Congo appartient aux Congolais, et le peuple refuse désormais la paix des cimetières.


GENOCOST 2026 : une tribune retrace trente ans de conflits dans l'est de la RDC et appelle au devoir de mémoire

À l'occasion de la Journée nationale de commémoration du GENOCOST, célébrée le 2 août 2026, le politologue congolais Julien Paluku Kahongya publie une tribune consacrée à l'évolution des conflits armés dans l'est de la République Démocratique du Congo depuis le milieu des années 1990.

Intitulé « Guerre à l'Est de la RDC : 30 ans de tragédie, la chronologie pour comprendre le GENOCOST », le texte entend offrir des repères historiques, particulièrement à la jeunesse congolaise, afin de mieux comprendre les origines et les conséquences des violences qui ont marqué le pays depuis près de trois décennies.

Une chronologie des principales étapes du conflit

L'auteur revient d'abord sur les événements ayant précédé les guerres du Congo, notamment l'ouverture politique au Zaïre au début des années 1990, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, l'arrivée massive de réfugiés rwandais dans l'est de la RDC et les bouleversements sécuritaires qui s'en sont suivis.

La tribune retrace ensuite la première guerre du Congo, l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en 1997, puis le déclenchement de la deuxième guerre du Congo le 2 août 1998. Elle évoque également les massacres commis dans plusieurs localités de l'est du pays, notamment à Kasika et Makobola, ainsi que les différentes rébellions qui se sont succédé, du RCD au CNDP, puis au M23.

Julien Paluku revient également sur les accords de paix, les périodes de transition politique et les développements intervenus sous les présidences de Joseph Kabila et de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Une analyse axée sur les enjeux sécuritaires et économiques

Selon Julien Paluku Kahongya, les différents mouvements armés apparus dans l'est de la RDC s'inscrivent dans une continuité historique qu'il associe à des stratégies d'occupation, de déstabilisation et d'exploitation des ressources naturelles du pays.

La tribune soutient que le concept de « GENOCOST » renvoie au coût humain des conflits liés aux enjeux économiques et géopolitiques, marqués par des massacres, des déplacements forcés de populations, des violences sexuelles et des destructions d'infrastructures.

L'ex-gouverneur du Nord-Kivu estime que ces événements doivent conduire les Congolais à renforcer leur vigilance, à préserver la mémoire collective et à tirer les leçons de l'histoire.

Un plaidoyer pour la mémoire et la justice

Dans son texte, Julien Paluku Kahongya salue l'institution de la Journée nationale du GENOCOST par le Président Félix-Antoine Tshisekedi, qu'il présente comme une étape importante dans la reconnaissance des souffrances endurées par les populations congolaises.

Il affirme que cette commémoration doit contribuer à transmettre l'histoire aux jeunes générations, à lutter contre l'oubli et à renforcer les réflexions sur la gouvernance, la sécurité nationale et la défense de l'intégrité territoriale.

La tribune se conclut par un appel au devoir de mémoire, à la vigilance citoyenne et à une meilleure compréhension des causes profondes des conflits qui continuent d'affecter l'est de la République Démocratique du Congo.


Mongala : une ONG dénonce de graves violations des droits des Pygmées et porte plainte contre des militaires, des policiers et une société forestière

L'Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a saisi les autorités judiciaires et militaires d'une plainte visant des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que la société d'exploitation forestière Booming Green. L'ONG les accuse d'avoir commis de graves violations des droits des peuples autochtones Pygmées dans le territoire de Bongandanga, en province de la Mongala.

Une intervention armée après un conflit autour des droits communautaires

Dans sa dénonciation, l'AJBS affirme que les tensions trouvent leur origine dans l'absence de cahier des charges social entre la société Booming Green et les communautés locales de Mongo-Yakata, dans le secteur de Boso-Simba. Selon l'organisation, cette situation prive les populations des retombées de l'exploitation forestière de leurs terres ancestrales et alimente depuis plusieurs années un climat de contestation.

L'ONG explique que les communautés avaient entrepris des actions pacifiques pour réclamer l'ouverture d'un dialogue, notamment en bloquant temporairement la circulation des véhicules de l'entreprise.

Elle soutient toutefois que, le 22 juillet 2026, la société aurait fait appel aux forces de sécurité plutôt que de privilégier une solution concertée.

Des accusations de torture, de pillages et de détentions arbitraires

Selon l'AJBS, l'intervention des éléments des FARDC et de la PNC aurait été marquée par un usage excessif de la force. L'organisation affirme que plus de seize coups de feu auraient été tirés pour disperser les habitants, provoquant la panique au sein des communautés, notamment parmi les femmes, les enfants et les personnes âgées.

La plainte fait également état d'actes de torture, de traitements cruels, de pillages d'habitations et de destructions de biens. L'ONG cite notamment le cas de Boengela Kombe, qui aurait subi de graves violences ayant entraîné la perte de deux dents.

Deux membres de la communauté, Boengela Kombe et Ifefo Monganga, auraient par ailleurs été arrêtés sans procédure régulière. Selon l'AJBS, ils auraient d'abord été retenus par une autorité locale avant d'être détenus plusieurs jours dans les installations de Booming Green, puis transférés au sous-commissariat de Yakata, où ils seraient toujours détenus.

L'AJBS réclame des poursuites et la fermeture d'un cachot présumé

L'organisation se dit particulièrement préoccupée par l'existence présumée d'un lieu de détention au sein des installations de l'entreprise forestière, qu'elle considère comme une violation grave de l'État de droit et de la loi sur la protection des peuples autochtones Pygmées.

Dans sa plainte, l'AJBS demande notamment la libération immédiate des deux personnes détenues, l'ouverture d'une enquête judiciaire et militaire indépendante, l'identification et la poursuite des auteurs présumés, la protection des victimes et des témoins, ainsi que la fermeture de tout lieu de détention illégal qui existerait dans les installations de Booming Green.

L'ONG sollicite également une réparation intégrale des préjudices subis par les victimes et affirme rester disponible pour collaborer avec les autorités afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

À ce stade, les personnes et entités mises en cause n'ont pas publiquement réagi à ces accusations.