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lundi 30 mars 2026

RDC : l’UNICEF alerte sur une crise aiguë de la protection de l’enfance et la montée des menaces contre les humanitaires

Le Directeur régional de UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a bouclé une mission de cinq jours en République Démocratique du Congo, marquée par un constat préoccupant : la dégradation continue de la situation des enfants dans les zones de conflit, notamment dans l’Est du pays.

Au cours de son séjour, il a rencontré les autorités congolaises ainsi que des représentants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), afin d’évaluer les progrès réalisés et les défis persistants en matière de protection de l’enfance.

Les échanges ont porté sur des enjeux majeurs de prévention des violations graves des droits de l’enfant, de la protection des civils et du personnel humanitaire, la sécurisation des écoles et des structures sanitaires, ainsi que la lutte contre le recrutement d’enfants par les groupes armés.

La situation reste alarmante : plus de 7 millions de personnes sont déplacées dans l’Est de la RDC, dont 2,5 millions d’enfants. En 2024, près de 4.000 violations graves des droits de l’enfant ont été recensées, les mineurs représentant plus de 40 % des victimes de violences sexuelles.

Des infrastructures civiles de plus en plus ciblées

Les attaques répétées contre les écoles, les centres de santé et les infrastructures civiles aggravent la vulnérabilité des populations. Ces violences privent des milliers d’enfants d’accès à l’éducation, aux soins et à un environnement sécurisé.

La crise sécuritaire affecte fortement les opérations humanitaires. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de 626 incidents visant des acteurs humanitaires ont été enregistrés en 2025 à travers le pays.

« Les attaques contre les travailleurs humanitaires ne visent pas seulement le personnel d'aide, mais aussi les enfants et les familles dépendant de cette assistance vitale », a alerté Gilles Fagninou.

Un plaidoyer pour l’accès humanitaire et le respect du droit international

Face à cette situation, le responsable de l’UNICEF a insisté sur la nécessité de faire respecter le droit international humanitaire et de garantir un accès sûr, rapide et sans entrave aux zones affectées par les combats. Il a appelé l’ensemble des parties prenantes à faciliter les interventions humanitaires afin d’assurer la continuité de l’aide aux populations vulnérables.

Des ambitions renforcées pour 2026

Présent sur le terrain, l’UNICEF poursuit ses interventions multisectorielles dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’accès à l’eau potable, de l’assainissement, de l’éducation et de la protection de l’enfance.

Pour 2026, l’organisation prévoit d’assister 4,2 millions de personnes, dont 2,9 millions d’enfants, en collaboration avec les autorités congolaises. L’objectif est de répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en renforçant durablement la résilience des communautés et les systèmes sociaux.


Éducation en RDC : la société civile appelée à structurer une contribution décisive avant les grandes échéances

Dans le prolongement de la réunion de cadrage tenue le 25 mars 2026 avec les coordinations provinciales, le Coordonnateur national du Conseil national de l'éducation pour tous (CONEPT RDC), Jacques Tshimbalanga Kasanji, appelle les organisations de la société civile (OSC) et les coalitions provinciales à se mobiliser sans délai pour renseigner le canevas harmonisé des contributions.

 Un processus stratégique pour l’avenir du secteur éducatif

 Cette initiative vise à garantir une participation structurée, crédible et ancrée dans les réalités du terrain en vue de plusieurs échéances majeures : la pré-revue des OSC, la revue finale d’achèvement de la SSEF 2016-2026, l’élaboration de la stratégie intérimaire de l’éducation et de la formation 2026-2030, ainsi que la revue à mi-parcours du Pacte de partenariat.

Pour le CONEPT RDC, ces processus ne sauraient se dérouler sans les contributions des acteurs de terrain. Le canevas harmonisé est présenté comme un outil essentiel pour faire remonter de manière cohérente les analyses, préoccupations, expériences et recommandations issues des provinces et des organisations.

Les OSC sont invitées à renseigner soigneusement ce document en s’appuyant sur leurs observations, leurs actions et leurs échanges avec les communautés. Au-delà d’un simple exercice administratif, il s’agit de construire une parole collective forte, capable d’influencer les réformes éducatives en cours et futures.

 Un plaidoyer collectif à renforcer 

Le CONEPT insiste sur la nécessité de produire des contributions sincères, concrètes et pertinentes, reflétant fidèlement les attentes des communautés. Plus les apports seront riches et concertés, plus le plaidoyer de la société civile sera audible auprès des décideurs.

Les organisations sont appelées à transmettre leurs contributions dans les meilleurs délais aux coordinations provinciales, en vue d’une consolidation et d’une transmission finale du canevas complété au plus tard le 30 mars 2026.

Face aux défis éducatifs du pays, le CONEPT RDC appelle à la responsabilité et à la solidarité de tous les acteurs. L’objectif est clair : permettre à la société civile de jouer pleinement son rôle dans l’orientation des politiques éducatives et dans la défense d’une éducation inclusive, équitable et de qualité pour tous.


Centrale de Kakobola : entre polémique et réalités, les vérités d’un projet longtemps bloqué

La centrale hydroélectrique de Kakobola, située dans la province du Kwilu, s’impose depuis son inauguration le 23 mars 2026 par le ministre des Ressources Hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Sakombi Molendo, comme l’un des dossiers les plus débattus de l’actualité énergétique en RDC. Au cœur des controverses, plusieurs accusations de « scandale » ont émergé.

Pourtant, l’examen du dossier révèle une réalité bien différente, structurée autour d’un projet ancien, d’une procédure encadrée et d’un objectif clair qui est de rendre enfin opérationnelle une infrastructure restée inactive pendant près d’une décennie.

Un projet ancien remis sur les rails

Contrairement aux critiques évoquant une décision précipitée, le projet de Kakobola ne date pas d’aujourd’hui. Son montage remonte à la période 2018–2020, avec un contrat déjà validé sur le plan juridique. Il s’inscrit donc dans la continuité des politiques publiques, et non dans une initiative improvisée.

Le projet repose sur un modèle de délégation de service public, distinct d’un marché public classique. À ce titre, il a respecté les étapes requises, notamment l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) obtenu dès 2019, ainsi que son inscription au Plan de passation des marchés. Ces éléments attestent d’un processus encadré par la réglementation en vigueur, loin des allégations d’opacité.

Les 12 millions de dollars américains : un malentendu

Autre point de crispation : le montant de 12 millions de dollars américains. Contrairement à certaines affirmations, il ne s’agit pas d’un décaissement direct de l’État, mais du coût global contractuel du projet. Dans ce modèle, l’opérateur privé assure l’investissement et se rémunère à travers l’exploitation de la centrale. Il ne s’agit donc pas d’un « cadeau », mais d’un mécanisme classique visant à mobiliser des financements privés dans le secteur énergétique.

Achevée depuis 2016, la Centrale de Kakobola était restée inexploitable pendant près de dix ans en raison de blocages administratifs et opérationnels.

La relance actuelle, impulsée notamment par une instruction présidentielle en mars 2025, répond à l'urgence de valoriser une infrastructure publique longtemps inutilisée et répondre aux besoins énergétiques des populations.

Des retombées concrètes pour les populations

La remise en service de la centrale devrait bénéficier directement à plusieurs localités du Kwilu, notamment Kikwit, Idiofa et Gungu. Entre 9.000 et 15.000 ménages sont concernés, avec une fourniture d’électricité annoncée en continu. Au-delà de l’accès à l’énergie, le projet ouvre la voie à une relance économique locale, favorisant le développement des petites et moyennes entreprises et l’amélioration des services sociaux, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Le barrage demeure la propriété de l’État congolais. L’opérateur privé n’en est pas acquéreur, mais en assure l’exploitation, la maintenance et la distribution de l’électricité dans le cadre d’une concession. La durée de 30 ans évoquée correspond aux standards internationaux dans le secteur énergétique, permettant au concessionnaire de rentabiliser son investissement tout en garantissant un service durable.

Face aux accusations de « gré à gré injustifié » ou de « contrat opaque », les éléments disponibles indiquent plutôt une procédure validée et conforme aux règles en vigueur. En réalité, le véritable enjeu semble être ailleurs : transformer une infrastructure longtemps à l’abandon en un levier concret de développement.

Loin d’un scandale, le dossier Kakobola apparaît comme une décision pragmatique visant à corriger un échec passé. En remettant en service une centrale restée inactive pendant près de dix ans, les autorités entendent répondre à une urgence énergétique tout en stimulant l’économie locale.


DGI : renforcer le leadership des cadres pour accompagner les réformes

Des agents et cadres de la Direction générale des impôts (DGI) ont terminé le 27 mars 2026 à Kinshasa leur formation en développement du coaching et du leadership. L'objectif est de moderniser l’administration fiscale et d'instaurer une véritable culture de résultats.

Engagée dans un vaste processus de modernisation, la Direction Générale des Impôts (DGI) mise sur la formation de ses cadres pour améliorer la performance interne et la qualité de gestion des équipes.

Selon Brigitte Kunda Montongo, directrice des ressources humaines, cette démarche s’inscrit dans une volonté claire d’accompagner les réformes en cours au sein de l’institution.

« Lorsque la DGI a reçu cette opportunité, elle n’a pas hésité à envoyer ses cadres suivre cette formation essentielle au développement des équipes et au coaching », explique-t-elle. 

La DGI estime que la réussite de ses réformes passe avant tout par la qualité du management interne. Pour cela, l’accent est mis sur le leadership, l’encadrement et l’accompagnement des agents.

« Il y a des compétences que l’on peut ignorer simplement parce que le responsable hiérarchique ne sait pas créer un climat de confiance ou valoriser ses collaborateurs », souligne la DRH.

Dans ce contexte, la formation vise à doter les chefs d’équipe de compétences clés pour mieux identifier et valoriser les talents

instaurer un climat de confiance améliorer la communication interne et renforcer la performance collective.

Pour la DGI, ces initiatives de renforcement des capacités ne sont pas accessoires. Elles constituent un levier stratégique pour réussir les transformations engagées.

« Pour que les agents soient bien encadrés, il faut que leurs responsables soient eux-mêmes bien formés, notamment en matière de leadership et de coaching », insiste Brigitte Kunda Montongo.

Le changement va s’opérer dès que possible, assure le formateur Jamal-Eddine Benlahmar

À l’issue de la formation en leadership et coaching organisée au profit des cadres de la Direction Générale des Impôts (DGI), le formateur Jamal-Eddine Benlahmar s’est dit pleinement satisfait du déroulement des sessions et de l’engagement des participants.

« Franchement, c’est une formation pour laquelle j’ai pris énormément de plaisir. Les participants ont été très actifs, avec une réelle volonté d’apprendre. Je crois que nous avons réussi le challenge », a-t-il déclaré.

Durant plusieurs jours, les cadres de la DGI ont été formés aux techniques modernes de management, avec un accent particulier sur le leadership, la communication et l’accompagnement des équipes.

Pour le formateur, les résultats ne devraient pas tarder à se faire sentir : « Je suis convaincu que le changement va commencer à s’opérer dès lundi. Les participants vont mettre en pratique ce que nous avons vu ensemble pendant toute la semaine ».

Il souligne également la qualité des échanges, marqués par des questions pertinentes et une forte implication des apprenants que « nous avons réussi à créer une véritable prise de conscience de l’importance de leur rôle managérial. J’ai une confiance totale en cette équipe ».

Selon lui, cette dynamique devrait rapidement produire des effets positifs sur le fonctionnement interne de l’institution que « les répercussions seront visibles sur les équipes qu’ils encadrent ».

Les récompenses visent à encourager la participation, pas à discriminer, explique la professeure Shamila Singh 

Interrogée sur la remise de cadeaux à certains participants lors de la formation organisée pour les cadres de la Direction Générale des Impôts, la professeure Shamila Singh a tenu à clarifier la démarche.

« Il ne s’agit pas d’une discrimination, mais d’une manière d’encourager la participation et de reconnaître les contributions des participants durant la formation », a-t-elle expliqué.

Selon elle, ces distinctions ont été attribuées sur la base de l’implication et de l’engagement observés tout au long des sessions.

Elle souligne également que cette reconnaissance s’est faite de manière inclusive : « Comme vous avez pu le constater, les récompenses ont été attribuées aussi bien aux hommes qu’aux femmes ».

Pour la formatrice, cette initiative vise avant tout à promouvoir une culture du mérite et de l’engagement au sein des organisations.

« Les hommes comme les femmes peuvent contribuer de manière significative au sein d’une organisation. Ils peuvent être des leaders et apporter une valeur réelle ».

Un partenariat renforcé pour accompagner la formation des cadres

Intervenant à l’issue de la formation organisée au profit des cadres de la Direction Générale des Impôts, Me Liliane Ilingio Liande, du cabinet Desnil, a salué l’engagement de l’institution en faveur du renforcement des capacités. « Avec le leadership de la Direction générale des impôts, la formation est désormais inscrite dans ses objectifs stratégiques », a-t-elle affirmé.

Elle a indiqué que la poursuite de ce type d’initiatives dépendra de la volonté de la direction générale, tout en réaffirmant la disponibilité de son organisation à accompagner la DGI. « Si la direction générale décide de reconduire cette formation, nous serons prêts, en tant que partenaire, à l’accompagner dans cette mission ». Selon elle, ce partenariat est appelé à se renforcer, dans un contexte où la DGI joue un rôle central dans le fonctionnement de l’État.

« La DGI a une mission prépondérante, celle de doter le gouvernement des moyens d’action. Elle doit donc se dépasser et améliorer continuellement ses performances ». Me Ilingio insiste sur l’importance de disposer d’équipes bien formées, engagées et alignées sur une vision commune. « Il est essentiel de construire des équipes solides, partageant les mêmes objectifs et capables de porter les réformes ».

Une formation globalement réussie

 Concernant le déroulement des sessions, elle dresse un bilan positif. « La participation a été active, les échanges interactifs et le niveau des participants très élevé. Globalement, la formation s’est très bien passée ». Elle souligne toutefois que des améliorations pourront être envisagées.

« Nous allons analyser les fiches d’évaluation afin d’identifier d’éventuelles pistes d’amélioration pour les prochaines sessions ».


À travers un livre attendu, Me Pierre Okendembo Mulamba s’attaque à une controverse persistante : les limites du pouvoir du juge après cassation

Le doyen de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, le professeur Vincent Kangulumba Mbambi, a procédé le 27 mars 2026 au baptême de l’ouvrage intitulé « L’étendue des pouvoirs et obligations du juge de renvoi après cassation », saluant un travail scientifique rigoureux et une contribution majeure à la doctrine juridique congolaise.

Beaucoup de témoignages élogieux à l’endroit de Me Pierre Okitandembo ont été entendus au cours de la présentation de son ouvrage, et tous ont souligné son courage. Car il faut du courage pour s’engager dans un travail scientifique aussi exigeant, au détriment parfois du temps consacré à la famille et aux proches.

Au-delà du savoir, cet ouvrage traduit aussi des valeurs humaines telles que le dévouement, la rigueur et la volonté d’apporter une contribution utile à la communauté juridique.

Comme cela a été dit dans plusieurs interventions, c’est dans cet esprit de partage du savoir que les scientifiques devraient continuer à travailler ensemble.

"Je me réjouis donc de voir ce projet aboutir. Mon souhait est que ce type d’initiatives soit encouragé et protégé, notamment contre les pratiques qui dénaturent les œuvres scientifiques, comme les reproductions illégales. Il est important de préserver la valeur du travail intellectuel. J’espère enfin que cet ouvrage produira les effets attendus, qu’il suscitera un véritable élan dans la réflexion juridique et qu’il inspirera d’autres contributions dans notre milieu".

Me Pierre Okendembo Mulamba a livré les motivations profondes qui ont guidé la rédaction de ce travail de longue haleine, entamé il y a plus de quatorze ans.

Prenant la parole devant un public composé de juristes et de praticiens du droit, l’avocat a expliqué que son ouvrage est né d’un constat récurrent fait au fil de sa carrière : l’existence de divergences notables dans l’application des décisions rendues après cassation.

« J’ai assisté, en tant qu’avocat, à plusieurs débats et querelles doctrinales, mais aussi à des décisions contradictoires de nos cours et tribunaux sur une même question », a-t-il déclaré. Selon lui, lorsque la Cour de cassation — autrefois la Cour suprême de justice — casse une décision, certains juges se conforment à ses orientations, tandis que d’autres s’en écartent, alimentant ainsi une insécurité juridique.

Face à cette situation, Me Okendembo Mulamba dit avoir voulu « apporter quelques mises au point » et contribuer à un débat qu’il qualifie de « débat du palais », c’est-à-dire interne à la communauté judiciaire.

Un vide doctrinal de plusieurs décennies

L’auteur souligne également la rareté des écrits sur la question en République Démocratique du Congo. Le seul travail de référence remonte à 1971, signé par Victor Maravant, ancien conseiller belge à la Cour suprême de justice, et ne couvre que onze pages. Depuis lors, malgré quelques évocations succinctes, notamment par Kengo wa Dondo dans une mercuriale, aucun ouvrage approfondi n’avait été consacré à cette matière.

« Entre 1971 et aujourd’hui, plus de cinquante ans se sont écoulés, alors même que plusieurs réformes législatives sont intervenues », a-t-il relevé, justifiant ainsi la nécessité d’une analyse actualisée et approfondie.

 Pouvoirs et obligations du juge : un équilibre nécessaire

Dans son ouvrage, Me Okendembo Mulamba met en lumière un principe fondamental : le pouvoir du juge est indissociable de ses obligations. Il s’appuie notamment sur un souvenir académique datant de 1986. « Un professeur disait qu'un ‘citoyen, mes droits en appellent au devoir’. Il en va de même pour le juge ».

Ainsi, s’il reconnaît au juge de renvoi le pouvoir de rejuger une affaire après cassation, il insiste sur les limites qui encadrent ce pouvoir. Parmi les obligations essentielles figure celle de se conformer à l’interprétation du droit donnée par la juridiction de cassation.

« L’une des premières obligations du juge de renvoi est de se conformer au point de vue de droit jugé par la Cour de cassation ou le Conseil d’État », a-t-il martelé. 

Un ouvrage appelé à susciter le débat

Conscient du caractère technique et sensible du sujet, l’auteur assume pleinement la portée polémique de son travail. Il espère que son ouvrage contribuera à clarifier la pratique judiciaire et à enrichir la doctrine congolaise.

« C’est du choc des idées que jaillit la lumière », a-t-il conclu, se disant prêt à alimenter le débat juridique autour de cette question cruciale.


Controverse au sein de l’Union sacrée : Bahati et ses alliés dénoncent l’ingérence d’élus “électrons libres”

Les regroupements proches du professeur Modeste Bahati Lukwebo se disent surpris par la présence de certains élus « électrons libres » reçus par le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, André Mbata.

Le communicateur de l'AFDC-A, Yvon Yanga, rappelle que ce dernier n’a ni qualité pour violer les règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat, ni compétence pour désigner les représentants du regroupement AFDC-A au sein de l’Union sacrée. De même, il ne lui revient pas de nommer les présidents des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ou des groupes politiques au Sénat.

Selon ce regroupement, la désignation et la reconnaissance des responsables des groupes AFDC-A sont strictement encadrées par les textes en vigueur dans les deux Chambres du Parlement. Toute représentation doit donc se faire dans le respect des règles établies.

Yvon Yanga insiste par ailleurs sur le fait que les personnes récemment reçues à l’Union sacrée ne disposent d’aucune légitimité pour engager ni les regroupements politiques, ni les groupes parlementaires, ni les groupes politiques concernés.

À ce jour, seuls les députés Vital Banywesize, président du groupe parlementaire AFDC-A à l’Assemblée nationale, et la sénatrice Vicky Katumwa, présidente du groupe politique AFDC-A au Sénat, sont habilités à recevoir des orientations et à engager officiellement ces structures. Enfin, le communicateur de ce regroupement politique appelle au respect strict de l’État de droit, tel que prôné par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, soulignant que toute démarche politique doit s’inscrire dans le cadre des lois et règlements de la République.

La polémique remonte à la récente déclaration du professeur Modeste Bahati Lukwebo sur la Constitution, jugée controversée dans l’opinion politique. Ses propos ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique, certains y voyant une prise de position sensible sur l’ordre institutionnel. Dans la foulée, la tension est montée au sein de l’Union sacrée de la nation (USN), avec l’apparition d’initiatives parallèles menées par certains élus qualifiés « d’électrons libres ». 

Ces derniers ont été reçus par le secrétaire permanent de l’USN, André Mbata, déclenchant une nouvelle vague de contestations. Le regroupement politique du professeur Modeste Bahati dénonce une démarche irrégulière, estimant que ces élus ne disposent d’aucune légitimité pour engager leurs structures respectives. Yvon Yanga accuse également André Mbata d’outrepasser ses prérogatives en intervenant dans des matières régies par les règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Depuis, le débat s’est intensifié autour du respect des textes, de la représentativité au sein de l’USN et de la gestion des groupes parlementaires. Cette affaire met en lumière des divergences internes persistantes au sein de la majorité, sur fond d’appel au respect de l’État de droit prôné par le président Félix-Antoine Tshisekedi.

Kinshasa : la SGA SARL porte plainte contre le Conseil national de cyberdéfense pour occupation illégale de l’immeuble GLM

L’avocat de la Société Générale d’Alimentation (SGA SARL), Me Roger Issobato Ebembi, a saisi le Procureur général près la Cour de cassation d’une plainte visant le Conseil national de cyberdéfense. Au cœur du litige : l’occupation jugée illégale de l’immeuble « GLM », anciennement connu sous le nom de « La Raquette », propriété de la société.

Dans sa correspondance, la SGA SARL, régulièrement immatriculée au RCCM et basée sur l’avenue Djolu dans la commune de Kasa-Vubu, affirme être la concessionnaire légitime de cet immeuble en vertu d’un certificat d’enregistrement datant du 18 février 1965. L’entreprise, représentée par son administrateur gérant statutaire, Dieudonné Gbua Te Litho, dénonce une occupation persistante des lieux par un service de l’État en violation de l’article 34 de la Constitution garantissant le droit de propriété.

Une propriété acquise légalement depuis 1965

Selon les éléments versés au dossier, l’immeuble « GLM » a été acquis en 1965 auprès de Cléophas Kamitatu par la Société congolaise des entrepôts frigorifiques réunis, devenue par la suite SGA SARL en 1971. À ce jour, la société affirme être l’unique détentrice des droits sur ce bien immobilier, enregistré au cadastre de la Gombe.

Malgré plusieurs correspondances adressées aux responsables du Conseil national de cyberdéfense entre 2023 et 2026, ainsi que des échanges directs avec certains de ses dirigeants, la SGA SARL indique n’avoir obtenu aucune suite favorable. Elle affirme que le service continue d’occuper les lieux en dépit des documents de propriété transmis.

Une bataille judiciaire déjà tranchée 

La société rappelle avoir obtenu gain de cause devant les juridictions compétentes. Un jugement du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Gombe rendu le 25 juillet 2020, confirmé en appel le 11 juillet 2022, a ordonné le déguerpissement des occupants de l’immeuble. En exécution de ces décisions, une sommation de libérer les lieux avait été délivrée en septembre 2023. Toutefois, cette tentative s’était heurtée à une résistance appuyée par des éléments militaires, donnant lieu à un procès-verbal de constat.

Une occupation persistante malgré la libération officielle

Après le départ des précédents occupants, constaté par huissier le 30 août 2025, la SGA SARL affirme avoir été réinstallée dans ses droits. Mais, selon la plainte, des agents du Conseil national de cyberdéfense auraient ensuite investi les lieux sans titre ni autorisation, empêchant même le propriétaire d’y accéder.

Face à cette situation, la SGA SARL sollicite l’intervention du Procureur général afin de faire appliquer la loi et de mettre fin à ce qu’elle qualifie d’atteinte flagrante au droit de propriété. Elle réclame la restitution pleine et entière de son immeuble.