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mardi 10 mars 2026

Kinshasa : Daniel Bumba annonce de nouvelles mesures pour sécuriser les transports

Face à la recrudescence des enlèvements et à la montée de l’insécurité dans la capitale congolaise, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a annoncé dans un communiqué une série de mesures destinées à assainir le secteur des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) et à renforcer la sécurité des passagers.

Identification et traçabilité des véhicules

Parmi les principales décisions figure l’identification officielle de tous les véhicules VTC opérant dans la ville de Kinshasa. Les autorités provinciales prévoient également la mise en place d’un QR code sécurisé obligatoire pour chaque véhicule, afin de permettre une traçabilité immédiate.

Carte professionnelle et géolocalisation 

Dans le cadre de ces réformes, chaque chauffeur devra également disposer d’une carte professionnelle. Par ailleurs, les plateformes VTC seront interconnectées avec l’Agence provinciale du numérique, ce qui permettra la géolocalisation des véhicules en temps réel.      

Entrée en vigueur et sanctions

Selon les autorités provinciales, ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 23 mars 2026. Tout chauffeur opérant dans le secteur devra se conformer à ces exigences. Les contrevenants seront considérés comme suspects et pourraient faire face à des sanctions administratives et pénales. 

Restaurer l’ordre dans les transports

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouverneur Daniel Bumba visant à restaurer l’ordre dans le secteur des transports et à renforcer la sécurité des Kinois. Elle intervient après plusieurs opérations de contrôle routier déjà menées dans la capitale, mobilisant des milliers d’agents.

À travers ces mesures, les autorités provinciales entendent contribuer à l’instauration d’une capitale moderne, sécurisée et mieux organisée.

Le président de l'ACCO Kinshasa dénonce l’imposition de la carte professionnelle 

Des voix s’élèvent contre l’obligation faite aux chauffeurs de se procurer une carte professionnelle exigée par le ministère provincial des Transports. Pour le président provincial de l'association des chauffeurs du Congo (ACCO), Bienvenu Kimbula, cette mesure ne repose sur aucun fondement juridique solide.

À son avis, le permis de conduire délivré par l’État congolais constitue déjà l’acte officiel qui atteste de la capacité d’une personne à conduire. À ce titre, l’imposition d’une carte professionnelle supplémentaire par l’autorité provinciale serait injustifiée.

Un secteur largement informel

Bienvenu Kimbula rappelle également que la majorité des conducteurs évoluent dans le secteur informel. Il s’agit souvent d’une activité ponctuelle : un chauffeur peut travailler aujourd’hui dans le transport public et changer d’activité le lendemain.

Dans ce contexte, imposer une carte professionnelle obligatoire ne serait pas adapté à la réalité du terrain. Les chauffeurs informels, souvent engagés par des particuliers et sans contrat stable, peuvent perdre leur emploi à tout moment.

La crainte d’une pression fiscale supplémentaire

Les chauffeurs dénoncent surtout la multiplication des taxes et prélèvements qui pèsent déjà sur leur activité. Selon eux, plus de cinq taxes seraient déjà exigées dans leur secteur. L’introduction d’une nouvelle obligation payante serait perçue comme une tentative d’asphyxier davantage les conducteurs, déjà confrontés à des difficultés économiques.

Des avantages jugés inexistants

Autre inquiétude soulevée : l’absence d’avantages concrets liés à cette carte professionnelle. Les chauffeurs du secteur informel ne bénéficient pas des protections sociales accordées aux conducteurs travaillant dans des entreprises structurées ou dans l’administration publique, notamment en matière de sécurité sociale.

Ils estiment donc qu’il est injuste d’imposer cette mesure à des travailleurs qui n’ont pas accès aux avantages du secteur formel.

Un appel à la prudence des autorités 

Face à cette situation, les chauffeurs appellent le ministre provincial des Transports à faire preuve de prudence dans la mise en œuvre de ses réformes.

Selon eux, organiser le secteur des transports est une bonne initiative, mais cela ne devrait pas se traduire par de nouvelles charges financières pour les conducteurs.

Bienvenu Kimbula prévient que cette mesure risque de créer des tensions et de perturber la quiétude des chauffeurs dans leur travail quotidien si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.

Une Congolaise primée : Gosette Lubondo distinguée au Toyota Tsusho CFAO African Art Award

 

La photographe congolaise Gosette Lubondo figure parmi les cinq lauréats de la première édition du Toyota Tsusho CFAO African Art Award, une distinction consacrée aux artistes contemporains émergents du continent africain.

Sélectionnés par un jury international, les cinq artistes primés ont été choisis parmi une centaine de candidats. Le Grand Prix et les autres récompenses seront accompagnés d’expositions prévues au Togo, au Japon et en France.

Un prix pour soutenir la nouvelle génération d’artistes africains

Créé en août 2025 par les groupes Toyota Tsusho Corporation et CFAO, ce prix vise à offrir une plateforme durable aux artistes émergents du continent.

Pour cette première édition, 35 professionnels de l’art – curateurs, critiques et experts internationaux – ont proposé une centaine d’artistes reflétant la diversité des scènes artistiques africaines. Après une première sélection de douze finalistes, le jury international a retenu cinq lauréats répartis en plusieurs catégories : un Grand Prix, deux Prix d’excellence (ex æquo) et deux Prix des sponsors.

Selon Richard Bielle, l’objectif de cette initiative est de contribuer à faire rayonner la création africaine sur la scène internationale. « L’art n’est pas un simple accessoire de la société ; il permet aux sociétés de se refléter, de s’interroger et de se projeter dans l’avenir », a-t-il souligné.

Gosette Lubondo, une reconnaissance pour la photographie congolaise

Parmi les artistes distingués, la Congolaise Gosette Lubondo a remporté l’un des Prix d’excellence. Diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa en 2014, la photographe s’est imposée ces dernières années sur la scène artistique internationale.

Ses œuvres ont été présentées dans plusieurs biennales et institutions, notamment lors de la Biennale de Kampala, de la Biennale de Lubumbashi, ainsi qu’au musée Hirosaki au Japon en 2024. En 2021, elle avait déjà été récompensée par le Prix Maison Ruinart à Paris Photo.

Ses photographies figurent aujourd’hui dans d’importantes collections internationales, dont celles du musée du Quai Branly – Jacques Chirac, du Kanal Centre Pompidou et du Fowler Museum de l’UCLA.

Des artistes venus de plusieurs régions d’Afrique

Outre Gosette Lubondo, le jury a également récompensé quatre autres artistes issus de différentes régions du continent.

Le Grand Prix a été attribué à l’artiste zimbabwéen Moffat Takadiwa pour son travail en techniques mixtes. Deux prix spéciaux ont également été décernés à Katlego C.L. Twala et Tizta Berhanu, tandis que l’artiste sud-africain Unathi Mkonto partage le Prix d’excellence avec la Congolaise.

Au-delà de la reconnaissance artistique, les lauréats bénéficieront d’une dotation financière, d’opportunités d’exposition au Togo, au Japon et en France, ainsi que de la publication d’un catalogue accompagnant ces expositions.

Un prix pour renforcer l’écosystème artistique africain 

À travers cette initiative, CFAO et Toyota Tsusho entendent contribuer à structurer et soutenir les écosystèmes artistiques africains. Le prix vise notamment à offrir aux artistes émergents une visibilité internationale et des outils concrets pour développer leur carrière.

Cette première édition confirme également la place croissante de l’art contemporain africain sur la scène mondiale, portée par une nouvelle génération d’artistes dont fait désormais partie la Congolaise Gosette Lubondo.

Justice économique : le projet Transforme promeut les modes alternatifs de règlement des différends

Le projet Transforme organise du 9 au 10 mars 2026 à Kinshasa deux journées de sensibilisation consacrées aux modes alternatifs de règlement des différends (MARD), en partenariat avec la Commission nationale OHADA. L’initiative réunit des étudiants, des jeunes professionnels du droit ainsi que des acteurs économiques.

Selon Seketula Yende Kithima, responsable de la cellule de passation des marchés et représentant du coordonnateur du projet Transforme, ces activités s’inscrivent dans la continuité des formations organisées en juillet et août 2025 à Kinshasa et à Matadi, dans la province du Kongo Central.

Des activités mêlant théorie et pratique 

Le programme prévoit plusieurs activités réparties sur la semaine. Une formation pratique est notamment organisée à l’hôtel Pullman avec des simulations de tribunaux arbitraux destinées aux étudiants et aux jeunes professionnels.

Des ateliers de sensibilisation sont également organisés à la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à l’intention des opérateurs économiques de secteurs stratégiques tels que les mines, les banques, les assurances, les infrastructures ou encore la propriété intellectuelle.

Des conférences thématiques sont aussi prévues dans plusieurs universités, à commencer par l’Université Protestante du Congo.

Améliorer le climat des affaires

Pour les organisateurs, la promotion de l’arbitrage et de la médiation constitue un levier important pour améliorer l’environnement des affaires en République Démocratique du Congo.

Le projet Transforme, financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par le gouvernement congolais, vise notamment à renforcer la sécurité juridique et judiciaire des investisseurs.

Le programme soutient également plusieurs réformes structurantes, notamment la modernisation des guichets uniques de création d’entreprises, la mise en place du registre des sûretés mobilières et du registre des bénéficiaires effectifs, ainsi que l’amélioration du cadre juridique des zones économiques spéciales.

La justice alternative, un outil de développement

Pour le président de la Commission nationale OHADA, le professeur Roger Masamba, l’efficacité du système de règlement des différends constitue un pilier essentiel du développement économique.

« Les investisseurs recherchent avant tout un environnement juridique fiable dans lequel les contrats sont respectés et les litiges résolus rapidement », a-t-il expliqué, soulignant que l’arbitrage et la médiation représentent des instruments complémentaires à la justice étatique.

Ces mécanismes permettent notamment d’offrir des procédures plus rapides, flexibles et confidentielles dans le règlement des litiges commerciaux.

Former les acteurs de la justice économique

Le directeur général de l’École régionale supérieure de la magistrature de l’OHADA (ERSUMA), Karel Osirus Coffi Dogue, a pour sa part insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des professionnels du droit afin de positionner la RDC comme un futur pôle de l’arbitrage dans l’espace OHADA.

Il a notamment rappelé que l’ERSUMA propose des certifications internationales en arbitrage, médiation et gouvernance d’entreprise, accessibles en ligne pour les professionnels.

À travers ces initiatives, les partenaires du projet Transforme entendent encourager l’appropriation des mécanismes alternatifs de règlement des différends et contribuer à la construction d’un climat des affaires plus attractif en République démocratique du Congo.



   

 


RDC : le BCNUDH alerte sur l’horreur de l’esclavage sexuel et le sort tragique des enfants nés du viol

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des violences sexuelles liées aux conflits en République Démocratique du Congo. Au-delà des statistiques alarmantes enregistrées en 2025, l’organisme onusien dénonce dans un communiqué du 9 mars 2026 l’utilisation systématique du viol comme arme de guerre et met en garde contre l’émergence d’une génération d’enfants nés de ces violences et confrontés à une forte stigmatisation.

Un bilan humain alarmant

En 2025, le BCNUDH a documenté 887 cas de violences sexuelles, affectant 1.534 victimes, majoritairement des femmes (854) et des filles (672).

L’est du pays demeure l’épicentre de ces crimes, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui concentrent à eux seuls près de 80 % des victimes recensées.

Groupes armés et acteurs étatiques impliqués

Selon le rapport, 75 % des victimes sont imputées aux groupes armés. En tête figure le Mouvement du 23 mars (M23) avec 439 victimes, suivi des groupes Wazalendo, de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), de divers groupes Maï-Maï, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Forces démocratiques alliées (ADF).

Le BCNUDH relève également que 19 % des cas documentés impliquent des acteurs étatiques, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale de renseignements (ANR).

L’esclavage sexuel et les enfants nés du viol

Le rapport met en lumière des pratiques particulièrement atroces, dont l’esclavage sexuel. Des femmes et des filles sont maintenues en captivité pendant de longues périodes, subissant des viols répétés et des grossesses forcées.

Les enfants nés du viol sont également au cœur des préoccupations. Beaucoup sont rejetés par leurs familles, privés d’enregistrement à l’état civil et exposés à un risque accru de recrutement par des groupes armés.

Une prise en charge encore insuffisante

Si environ 70 % des victimes accèdent à des soins médicaux d’urgence, moins de 2 % bénéficient d’une prise en charge complète incluant un accompagnement psychologique, juridique et social. Cette situation laisse de nombreuses survivantes livrées à elles-mêmes face aux traumatismes.

Un appel urgent à l’action

Le BCNUDH appelle les autorités congolaises à renforcer la lutte contre l’impunité et à accélérer les poursuites contre les auteurs de crimes graves. L’organisation recommande également l’enregistrement systématique à l’état civil des enfants nés du viol afin de briser le cycle d’exclusion. Les groupes armés sont exhortés à cesser immédiatement les hostilités, à libérer toutes les femmes et filles détenues et à mettre fin à l’esclavage sexuel.

Enfin, la communauté internationale est invitée à renforcer son soutien financier pour garantir une prise en charge durable des survivantes, au-delà de la seule assistance médicale d’urgence.

lundi 2 mars 2026

Sanctions américaines contre l’armée rwandaise : Washington accuse Kigali de soutenir la rébellion du M23 en RDC

Le Trésor américain frappe la Rwanda Defence Force et quatre hauts responsables. Les États-Unis ont annoncé le 2 mars 2026 une série de sanctions visant les Rwanda Defence Force (RDF), accusées de soutenir activement l'AFC/M23 dans l’est de la République Démocratique du Congo. Quatre hauts gradés rwandais sont également ciblés par ces mesures.

Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain, « les offensives du M23 n’auraient pas été possibles sans le soutien actif et la complicité des RDF et de hauts responsables clés ».

Washington évoque des “violations flagrantes” des Accords de paix

Cette décision intervient quelques jours après la signature à Washington d’une déclaration conjointe pour la paix entre le président américain Donald J. Trump, son homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré que « le président Trump est le président de la paix, et le Trésor utilisera tous les outils à sa disposition pour s’assurer que les parties aux Accords de Washington respectent leurs obligations ».

Il a ajouté que « nous attendons le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements des Rwanda Defence Force ». 

Goma, Bukavu et Uvira au cœur des tensions

Washington reproche aux RDF d’avoir appuyé la prise de plusieurs localités stratégiques par le M23, notamment Goma, Bukavu et plus récemment Uvira, à la frontière avec le Burundi.

L’offensive sur Uvira « a entraîné la mort de civils et forcé des milliers de personnes à fuir leurs foyers », souligne le communiqué américain, qui met en garde contre « le risque d’une escalade vers une guerre régionale ».

Des accusations de violations graves des droits humains

Les autorités américaines accusent les RDF d’avoir fourni un appui opérationnel direct au M23, notamment par l’envoi de troupes, d’équipements militaires avancés et la formation de combattants.

Le texte mentionne des « exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et actes de torture » commis avec le soutien des forces rwandaises. En contrepartie, Kigali aurait obtenu un accès à des zones minières stratégiques de l’est congolais.

Gel des avoirs et interdictions de transactions

Les sanctions prévoient le gel de tous les avoirs des personnes désignées situés aux États-Unis ou sous contrôle américain. Toute transaction impliquant les entités visées est désormais interdite.

Le Trésor américain précise toutefois que « l’objectif ultime des sanctions n’est pas de punir, mais de susciter un changement de comportement positif ».

Cette nouvelle étape marque un durcissement significatif de la position américaine dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC, avec des implications diplomatiques majeures pour la région des Grands Lacs.

samedi 7 février 2026

RDC-USA : Le réveil d'un géant minier et le pari de la modernité

Par Daniel Massamba Meboya, expert, communication stratégique et chargé de l’Information honoraire – Agence américaine de l’Information

Le rapprochement entre le président Félix-Antoine Tshisekedi et l'administration américaine (marqué par les récents Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité de décembre 2025) représente un tournant historique. Pour la première fois, la RDC n'est plus seulement perçue comme un réservoir de matières premières, mais comme un partenaire stratégique indispensable à la sécurité technologique mondiale.

Les piliers de l'alliance et les accords récents

Sous l'impulsion du président Tshisekedi, plusieurs engagements majeurs ont été scellés. Il s’agit de la Réserve d'Actifs Stratégiques (SAR) qui est un mécanisme novateur qui répertorie les gisements de minerais critiques (cobalt, lithium, cuivre) non encore concédés, offrant aux investisseurs américains un droit de premier regard en échange de garanties de financement massif.

Le Corridor de Lobito

C’est un accord sur les infrastructures visant à relier les zones minières du Grand Katanga à l'Océan Atlantique via l'Angola, brisant ainsi l'enclavement et garantissant une route d'exportation sécurisée, loin des zones de conflit de l'Est.

Le Projet Vault

Lancé début 2026, ce projet facilite l'entrée en bourse aux États-Unis de sociétés minières opérant en RDC (comme Copper Intelligence pour le cuivre de Butembo), assurant une transparence financière totale.

Les avantages pour le peuple congolais

Ce partenariat n'est pas qu'une affaire de gros sous ; c'est un levier de souveraineté :

• Transformation locale : les accords insistent sur la création de valeur ajoutée sur le sol congolais (raffinage), générant des milliers d'emplois qualifiés.

• Stabilité fiscale : une garantie de 10 ans sur le cadre fiscal attire des investissements de long terme, contrairement aux contrats "opaques" du passé.

Sécurité et Paix

En impliquant directement les Etats-Unis dans la chaîne d'approvisionnement, la RDC sanctuarise ses ressources. Washington a désormais un intérêt direct à ce que l'Est du pays soit pacifié pour protéger ses intérêts industriels.

Le paradoxe de l'opposition armée

Critiqué à Kinshasa, complice à l'Est, il est fascinant — et tragique — d'observer la réaction des leaders de l'opposition armée (notamment ceux liés à l'AFC/M23). Alors que le gouvernement signe des contrats légaux, transparents et débattus, ces acteurs crient à la "vente du pays".

L'hypocrisie démasquée

Le contraste est flagrant :

• Légalité vs criminalité : le président Tshisekedi agit dans le cadre du droit international, devant les caméras du monde entier. À l'inverse, l'opposition armée soutient l'agression rwandaise qui, selon les rapports de l'ONU, organise le pillage systématique de l'or et du coltan congolais via des réseaux mafieux.

Souveraineté vs Prédation : Ces opposants dénoncent une "perte de souveraineté" face aux Etats-Unis, alors qu'ils facilitent l'occupation de territoires congolais par des forces étrangères et le transfert illégal de minerais vers Kigali.

• Développement vs Destruction : les accords avec les Etats-Unis prévoient des routes et des centrales électriques (comme pour le Grand Inga) ; l'action des rebelles ne laisse derrière elle que des déplacés internes et des carrières minières gérées par l'anarchie.

Le constat est amer : Ceux qui prétendent "libérer" le Congo sont précisément ceux qui s'assurent que ses richesses continuent de fuir par les frontières poreuses de l'Est, sans qu'un seul franc congolais ne rentre dans les caisses de l'État.

Une diplomatie de résultats

La stratégie de "rupture" du président Tshisekedi porte ses fruits. En diversifiant ses partenaires et en s'alliant à la première puissance mondiale, il replace la RDC sur la carte du monde "propre". Les critiques des leaders armés ne sont, au fond, que le reflet de leur perte d'influence sur une économie qu'ils ne peuvent plus piller impunément.

Gestion des fonds Frivao : les filles et fils de la Grande orientale exigent un audit de comité mis en place par Constant Mutamba

Les habitants de l'espace Grande orientale ont fait le 30 janvier 2026 dans la ville de Kisangani une déclaration sur la gestion des Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo (Frivao). Ils réaffirment solennellement leur attachement à la justice, à la vérité, à la mémoire des victimes, à la paix et au respect de l'État de droit.

A ce titre, ils dénoncent et condamnent avec la plus grande fermeté toute tentative de manipulations, de désinformations ou des manœuvres politiciennes visant à déstabiliser le processus d'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo, une institution créée pour répondre à une exigence historique de justice réparatrice. 

Il convient de rappeler que le Frivao a été institué avec une mission claire et noble, assurer l'indemnisation des victimes des activités illicites et des conflits armés et ayant endeuillé le nord-est de la République Démocratique du Congo. Pour ces habitants, il demeure un instrument essentiel de réparation de dignité et de reconnaissance des souffrances endurées par les victimes. Toutefois, la défense d'une l'institution ne saurait signifier la complaisance face aux dérives ni le silence devant les faits susceptibles d'en compromettre la crédibilité et la mission. 

Clarification sur les responsabilités 

Il est important de préciser que le comité de gestion actuellement en fonction, après avoir été suspendu puis rétabli à l'issue de quelques mois, ne saurait être tenu pour responsable des actes de mauvaise gestion dénoncés. Les faits faisant l'objet de vives préoccupations concernant essentiellement l'équipe de gestion intérimaire mise en place durant la période de suspension et à laquelle sont attribués des actes de mauvaise gestion, d'opacité et de prédation présumées dans la gestion des fonds destinés à la réparation des victimes.

"Notre préoccupation majeure sur les 325 millions de dollars américains versés par la République de l'Ouganda à la République Démocratique du Congo à titre de réparation. Il ne resterait aujourd'hui que 157 millions de dollars dans les caisses du Frivao, selon les déclarations du rapporteur de cette institution. Une part significative de ces fonds aurait été utilisée en violation de leur destination première, l'indemnisation des victimes. Ces fonds ne sont ni un butin politique à partager et à se partager ni un patrimoine privé. Il représente le sang, les larmes et la souffrance de milliers de Congolaises et Congolais victimes des guerres et des violences armées. Toute gestion abusive ou opaque de ces ressources constitue une faute morale grave et une atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation". 

Une position responsable et appelle à l'action 

Les filles et les fils de la Grande orientale condamnent avec la plus grande fermeté les actes de mauvaise gestion présumés imputés à l'équipe de gestion intérimaire de Frivao. Cette équipe aurait failli à sa mission fondamentale de protection et de gestion rigoureuses des fonds de réparation. Pour autant, ces dérives ne sauraient être instrumentalisées pour fragiliser l'institution Frivao ni pour jeter le discrédit sur l'actuel comité de gestion dont la mission demeure essentielle pour la poursuite du processus d'indemnisation des victimes.

"C'est pourquoi, nous appelons solennellement Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, chef de l'État et garant du bon fonctionnement des institutions à ordonner un audit indépendant, approfondi et public portant sur la gestion depuis l'avènement de Frivao, identifier, poursuivre et sanctionner avec rigueur tous les acteurs, co-auteurs et complices des actes de détournement et de mauvaise gouvernance, exiger la restitution des fonds détournés, garantir que les réparations parviennent effectivement aux véritables bénéficiaires, à savoir les victimes et leurs ayant".

Ils réaffirment leur engagement et vigilance à la lutte contre la corruption qui doit se traduire par des actes concrets, forts et exemplaires surtout lorsque sont en jeu des ressources destinées à réparer des crimes de guerre et de violations graves des droits humains. "Les filles et fils de l'espace Grande orientale resteront vigilants, mobilisés et attentifs aussi bien face à toute tentative de déstabilisation du Frivao que face à toute dérive dans la gestion de ses ressources". Aussi, ils réaffirment leur engagement à défendre l'intérêt général, la justice, la transparence et la paix.

Enfin, les filles et les filles de la Grande orientale n'accepteront jamais que la souffrance du peuple soit transformée en opportunité de velléité politique et d'enrichissement illicite pour quelques individus sans foi ni loi. Ils réclament la justice pour les victimes et la transparence dans la gestion des fonds publics. Un membre du comité intérimaire a été arrêté et détenu à Kinshasa. Il attend son procès.