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mardi 23 juin 2026

RDC : la DYSEMIP-RDC soutient la réforme constitutionnelle et plaide pour la protection des enfants des militaires et policiers

La Dynamique des Structures des Enfants des Militaires et Policiers de la République démocratique du Congo (DYSEMIP-RDC) a exprimé son soutien total à l'initiative de réforme constitutionnelle en cours dans le pays.

Dans un communiqué de presse publié le 12 juin 2026 à Kinshasa, la coordination nationale de cette organisation affirme adhérer pleinement au projet de changement de la Constitution, qu'elle considère comme une opportunité de renforcer la protection des droits de certaines catégories sociales, notamment les enfants des militaires et des policiers.

Un plaidoyer pour un « bouclier juridique » en faveur des enfants des forces de sécurité

La DYSEMIP-RDC indique que sa principale préoccupation est l'intégration, dans le futur texte constitutionnel, de mécanismes juridiques solides garantissant les droits sociaux et l'avenir des enfants issus des familles militaires et policières.

L'organisation plaide pour l'instauration d'un « bouclier juridique inviolable » capable d'assurer une meilleure protection sociale à ces enfants, souvent confrontés aux conséquences des missions, des mutations ou des sacrifices consentis par leurs parents au service de la nation.

Des remerciements adressés au Chef de l'État

Dans son communiqué, la structure remercie le Président de la République pour l'attention accordée à ses préoccupations ainsi que pour l'avis favorable réservé à sa démarche.

La DYSEMIP-RDC estime que la réforme constitutionnelle constitue une occasion de consolider les acquis institutionnels tout en prenant davantage en compte les besoins spécifiques des familles des membres des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

Une contribution au débat national sur les réformes

Par cette prise de position, la DYSEMIP-RDC rejoint les nombreuses organisations de la société civile, plateformes citoyennes et mouvements associatifs qui participent actuellement au débat autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles envisagées en République Démocratique du Congo.

L'organisation affirme vouloir poursuivre son plaidoyer auprès des autorités afin que les préoccupations des enfants des militaires et policiers soient prises en compte dans les discussions relatives au futur texte fondamental.

Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution congolaise continue d'alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs organisations ont déjà exprimé leurs positions, certaines soutenant l'initiative au nom du renforcement des institutions, tandis que d'autres appellent à la prudence et à un large consensus national.

Dans ce contexte, la DYSEMIP-RDC fait entendre la voix des enfants des militaires et policiers en plaidant pour l'inscription de garanties constitutionnelles destinées à protéger leurs droits sociaux et leur avenir.


Un an après la béatification de Floribert Bwana Chui : un modèle d’intégrité toujours d’actualité

L’Église catholique élevait Floribert Bwana Chui Bin Kositi le 15 juin 2025 au rang de bienheureux, reconnaissant le sacrifice de cet agent de l’Office congolais de contrôle (OCC) qui avait refusé de céder à la corruption au prix de sa vie. Un an après cet événement historique pour la RDC, l’ancien député national Juvénal Munubo estime que son témoignage demeure une source d’inspiration pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Une grâce pour la RDC

Pour Juvénal Munubo, la béatification de Floribert Bwana Chui constitue avant tout une grâce pour la République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’après la béatification de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, celle de Floribert Bwana Chui est venue consacrer un homme qui a choisi l’intégrité plutôt que les avantages de la corruption.

« Floribert était un fonctionnaire de l’OCC qui a refusé de laisser entrer des produits avariés sur le territoire national. Il a dit non à la corruption et en a payé le prix. C’est une grâce pour notre pays de compter parmi ses fils de tels exemples », souligne-t-il.

Un héritage difficile à mesurer

Interrogé sur l’impact concret de cette béatification dans la société congolaise, Juvénal Munubo reconnaît qu’il est difficile d’en faire immédiatement l’évaluation. Il estime que c’est à travers les comportements des dirigeants, des élus, des fonctionnaires et des gestionnaires des entreprises publiques que l’on pourra apprécier si le message porté par Floribert Bwana Chui a réellement fait progresser la lutte contre la corruption.

Juvénal Munubo est d'avis également que les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer dans cette évaluation en observant l’évolution des pratiques de gouvernance et de gestion des ressources publiques.

Dire non à la corruption pour construire le pays

Pour l’ancien parlementaire, l’exemple de Floribert Bwana Chui rappelle qu’il est possible de servir l’État avec honnêteté et de vivre de son salaire sans céder à la corruption.

« Avec la corruption, ce sont souvent quelques individus qui s’enrichissent tandis que la population demeure pauvre. La RDC est un pays potentiellement riche, mais la corruption empêche cette richesse de profiter à tous », explique-t-il.

L'ancien député du Nord-Kivu considère que la lutte contre ce fléau est indispensable pour assurer une meilleure répartition des richesses, renforcer la classe moyenne, réduire la criminalité et offrir davantage de perspectives à la jeunesse.

Un message porté auprès des responsables publics

Juvénal Munubo affirme qu’il ne manque aucune occasion de rappeler l’exemple de Floribert Bwana Chui dans ses échanges avec les responsables publics. Tout en s’interrogeant sur son propre parcours lorsqu’il était député national, il insiste sur la responsabilité de chaque détenteur d’un mandat public ou d’une fonction de gestion de l’État.

« Les Congolais comptent sur ceux qui gèrent les affaires publiques. Chacun doit faire sa part pour combattre la corruption et contribuer au développement du pays », plaide-t-il.

Floribert n’est pas mort pour rien

Face aux nombreux scandales de détournement des deniers publics qui continuent de défrayer la chronique, certains s’interrogent sur l’utilité du sacrifice de Floribert Bwana Chui. Pour Juvénal Munubo, cette lecture est erronée. 

Munubo compare son témoignage à une semence appelée à produire ses fruits avec le temps.

« On ne peut pas dire qu’il est mort pour rien. Le témoignage d’un martyr est comme une graine semée. Certaines tombent sur un sol fertile et finissent par porter du fruit », affirme-t-il.

Il établit également un parallèle avec Patrice Lumumba, dont le combat pour l’unité et l’intégrité territoriale de du Congo continue d’inspirer plusieurs générations de Congolais.

Un appel permanent à la conscience collective

Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui demeure ainsi, selon Juvénal Munubo, un symbole vivant de l’intégrité morale et du refus de la corruption.

Si les résultats de son héritage ne sont pas toujours immédiatement visibles, son exemple continue d’interpeller les responsables publics, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens sur leur devoir de servir l’intérêt général avec probité et responsabilité.


Affaires étrangères : la RDC lance son Schéma directeur numérique 2026-2030 avec l'appui de l'Union européenne

Le ministère des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise a officiellement lancé, jeudi 18 juin 2026 à Kinshasa, son Schéma directeur numérique (SDN) 2026-2030, une feuille de route destinée à accélérer la transformation digitale de l'administration diplomatique congolaise.

Présidant la cérémonie au nom de la ministre d'État, la vice-ministre Noëlla Ayeganagato a souligné que cette initiative s'inscrit dans la dynamique de modernisation de l'administration publique portée par le Programme d'action du gouvernement 2024-2028. Elle vise à doter le ministère des outils, des compétences et des infrastructures nécessaires pour répondre aux exigences d'un environnement international de plus en plus numérisé.

Le SDN prévoit notamment la modernisation des méthodes de travail, l'amélioration de la gestion de l'information, le renforcement de l'interconnexion entre les services ainsi que le développement de services plus performants au bénéfice des citoyens, de la diaspora et des partenaires internationaux.

L'Union européenne accompagne la transformation numérique

Partenaire de cette réforme, la Délégation de l'Union européenne en République Démocratique du Congo soutient le projet à travers l'instrument NDICI-Global Gateway Europe et la mission d'assistance technique au partenariat entre l'Union européenne et la RDC.

Fabrice Basile, chargé d'affaires de la Délégation de l'Union européenne, a salué une étape importante dans la modernisation du ministère des Affaires étrangères.

Selon lui, l'appui européen dépasse le simple accompagnement technique et traduit un engagement à renforcer l'efficacité, la transparence, la sécurité et l'accessibilité des services publics.

« L'Union européenne est fière de soutenir la mise en place de ce Schéma directeur numérique qui contribuera directement à l'amélioration des capacités du ministère et lui permettra de mieux remplir ses missions au service des citoyens et des intérêts de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

Le système de gestion électronique du courrier comme premier chantier

L'appui européen vise notamment à accompagner les premières étapes de mise en œuvre du SDN, avec comme projet phare le déploiement d'un système de gestion électronique du courrier et d'archivage (GEC), considéré comme le premier marqueur concret de cette transformation.

Plusieurs sessions de formation ont déjà été organisées au profit d'une cinquantaine d'agents de l'administration centrale, tandis qu'une centaine d'autres agents, notamment au sein des missions diplomatiques à l'étranger, devraient être formés à distance.

La mission d'assistance, prévue de mars à novembre 2026, repose sur un plan d'action comprenant dix actions prioritaires et plus de quarante tâches destinées à fournir au ministère une feuille de route opérationnelle pour sa transition numérique.

Des investissements déjà engagés

Le ministère a déjà entrepris plusieurs investissements structurants pour soutenir cette modernisation. Parmi les réalisations figurent le déploiement d'un réseau LAN et Wi-Fi au sein de l'administration centrale, l'acquisition d'un nouveau serveur informatique ainsi que l'aménagement en cours d'une salle dédiée à l'hébergement des infrastructures numériques.

La Banque mondiale a également annoncé la fourniture prochaine de 200 ordinateurs pour accompagner cet effort de modernisation.

Malgré certaines contraintes, notamment la faible intégration du service informatique dans le fonctionnement global du ministère, les partenaires saluent l'implication des autorités administratives et techniques dans la réussite du projet.

Un outil stratégique au service du mandat de la RDC à l'ONU

Cette réforme intervient dans un contexte particulier marqué par l'entrée en fonction de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027.

Pour les partenaires européens, la mise en place d'outils numériques sécurisés de gestion documentaire et de circulation de l'information constitue un atout important pour permettre au ministère de relever les défis liés à ce mandat international.

À travers ce Schéma directeur numérique, le ministère des Affaires étrangères entend renforcer sa souveraineté numérique, améliorer ses performances administratives et inscrire durablement le numérique au cœur de l'action diplomatique congolaise.


Mongala : la Prison militaire d’Angenga compte plus de 1.500 détenus, l’AJBS alerte sur le nombre élevé de condamnés à mort

La Prison militaire d'Angenga est historique et est confrontée à une forte population carcérale. L’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS), basée à Lisala, dans la province de la Mongala, a publié le 18 juin 2026 son rapport de monitoring sur la situation carcérale de la Prison militaire d’Angenga.

Située à environ 25 kilomètres de Lisala, au cœur de la forêt équatoriale, cette prison construite en 1959 dispose d’une capacité d’accueil de 1.500 détenus. Selon l’AJBS, elle héberge actuellement plus de 1.500 pensionnaires provenant de plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo ainsi que de pays étrangers.

Plus de 370 détenus en attente de jugement

Le rapport fait état de 74 inculpés, dont une majorité de civils détenus depuis plus de douze mois sans jugement définitif.

Par ailleurs, la prison compte 297 prévenus, répartis entre les juridictions de premier et de second degré. Parmi eux figurent plusieurs détenus, civils, militaires et étrangers, en détention préventive depuis plus d’une année, une situation qui soulève des préoccupations quant à la célérité du traitement des dossiers judiciaires.

Plus d’un millier de condamnés, dont 342 à la peine de mort

La catégorie des condamnés demeure la plus importante au sein de l’établissement pénitentiaire. Elle regroupe des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers purgeant des peines allant de quelques années de servitude pénale à la prison à perpétuité.

Selon les statistiques de l’AJBS, la prison d’Angenga compte 342 condamnés à mort, dont 134 militaires, 30 policiers, 167 civils et 11 étrangers. L’organisation affirme qu’il s’agit du nombre le plus élevé de condamnés à mort recensé dans une prison de la RDC.

Le rapport relève également la présence de 211 détenus condamnés à perpétuité, parmi lesquels des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers.

Des détenus étrangers également concernés

Parmi les condamnés à perpétuité figurent six étrangers, dont quatre Rwandais, un Ougandais et un Tanzanien. Onze autres étrangers sont condamnés à mort, notamment des ressortissants rwandais, ougandais et tanzaniens.

L’AJBS signale également la présence de femmes parmi certains détenus étrangers et civils condamnés à de longues peines.

L’AJBS plaide pour la commutation des peines de mort

Face à cette situation, l’Action des jeunes pour le bien-être social appelle les partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains à plaider auprès des autorités congolaises pour la commutation des peines de mort en peines de servitude pénale à perpétuité, voire en peines de vingt ans de prison.

L’organisation estime qu’une telle mesure contribuerait à améliorer les conditions de détention et à renforcer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté au sein de cette prison militaire considérée comme l’une des plus importantes du pays. 


DRC Mining Week 2026 : les Nations Unies plaident pour une exploitation minière durable et respectueuse des droits humains en RDC

Le Système des Nations Unies en République Démocratique du Congo a réaffirmé son engagement à accompagner le gouvernement congolais dans la transformation du secteur minier en un véritable moteur de développement durable. Cette position a été exprimée lors de la DRC Mining Week 2026, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

À travers sa participation à ce rendez-vous majeur de l’industrie extractive, l’ONU a réitéré sa volonté de soutenir les efforts visant à rendre le secteur minier plus transparent, inclusif et bénéfique pour les populations.

Une gouvernance transparente au cœur des recommandations

Au cours des discussions, les Nations Unies ont préconisé une approche intégrée reposant sur plusieurs piliers essentiels. Il s’agit notamment du renforcement de la gouvernance du secteur, de l’amélioration des conditions de travail, de la formalisation de l’exploitation minière artisanale et de la lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles.

L’ONU a également insisté sur la nécessité de promouvoir l’inclusion économique des femmes et des jeunes, tout en veillant à la protection de l’environnement, de la santé publique et de la cohésion sociale dans les communautés minières.

L’intégration des droits humains dans les politiques minières

Les Nations Unies ont recommandé l’intégration systématique des évaluations d’impact sur les droits humains dans les politiques publiques et les investissements miniers. Cette démarche vise à prévenir les risques, améliorer la prise de décision et renforcer la redevabilité des différents acteurs du secteur.

Selon le Système des Nations Unies, ces orientations s’inscrivent dans le respect des standards internationaux, notamment les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains.

Le recensement général, un outil stratégique pour le développement

Par ailleurs, l’ONU s’est félicitée des progrès enregistrés dans le processus du recensement général de la population et de l’habitat en RDC. Cette opération est considérée comme essentielle pour disposer de données démographiques fiables et désagrégées.

Ces informations permettront d’améliorer la planification territoriale, de mieux orienter les politiques publiques et de renforcer la gestion du secteur minier. Elles contribueront également à la mise en œuvre d’interventions plus équitables et adaptées aux réalités locales, conformément au principe de ne laisser personne de côté.

Un partenariat renforcé pour un développement durable

Grâce à son expertise multisectorielle, le Système des Nations Unies continue d’appuyer la RDC dans le renforcement des cadres normatifs et institutionnels, la promotion des normes environnementales et sociales ainsi que l’intégration du genre et des droits humains dans les politiques publiques.

Les Nations Unies ont enfin réaffirmé leur volonté de travailler étroitement avec le gouvernement, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers afin de promouvoir un secteur minier créateur d’emplois décents, respectueux des droits humains et contribuant pleinement à la stabilité ainsi qu’au développement durable de la République Démocratique du Congo.


Kinshasa : les tracasseries policières continuent de gangrener la circulation routière

Les tracasseries policières sur la voirie urbaine de Kinshasa demeurent une préoccupation majeure pour les conducteurs et les usagers. Malgré les multiples dénonciations, les arrestations, les procès et même les révocations de certains agents de la Police nationale congolaise (PNC), cette pratique est loin d’être éradiquée.

Depuis plusieurs années, les automobilistes dénoncent des contrôles abusifs, des amendes arbitraires et des extorsions devenues monnaie courante sur plusieurs artères de la capitale. Pour de nombreux usagers, ces comportements ont fini par s’installer comme une norme plutôt qu’une exception.

Des amendes souvent supérieures aux montants légaux

Afin de lutter contre les abus et d’informer la population, l’Inspection générale de la Police nationale congolaise a publié en 2025 un fascicule intitulé « Tout ce que vous devez savoir sur les montants à payer en cas d’infraction ou contravention routière », accompagné du message : « Bâtissons notre pays en payant correctement nos amendes transactionnelles ».

Cependant, faute d’une large diffusion de ces informations, certains policiers continuent d’imposer aux usagers des montants largement supérieurs à ceux prévus par l’arrêté interministériel du 22 août 2012 fixant les taux des droits et taxes à percevoir à l’initiative de la PNC.

Selon plusieurs témoignages, des conducteurs sont contraints de verser entre 200 et 500 dollars américains pour des infractions dont les amendes officielles sont souvent inférieures à 40 dollars américains. 

Seules quelques infractions graves, notamment la conduite en état d’ivresse, l’excès de vitesse ou les dommages causés à la voie publique, peuvent légalement entraîner des amendes comprises entre 50 et 100 dollars.

La circulation routière transformée en source de revenus

Pour de nombreux observateurs, certains agents affectés à la circulation routière considèrent désormais la route comme une source de revenus personnels.

Un ancien responsable de la police avait déjà reconnu que certains policiers cherchaient à intégrer les unités de circulation routière en raison des gains financiers qu’elles procurent. 

Cette situation favorise la multiplication des contraventions contestées ou parfois créées de toutes pièces dans le but de soutirer de l’argent aux conducteurs.

Paradoxalement, alors que les embouteillages s’aggravent dans plusieurs carrefours stratégiques de Kinshasa, certains agents peinent à assurer efficacement la régulation du trafic. 

Dans plusieurs cas, ils sont même assistés par des receveurs de taxis-bus ou des gardes du corps improvisés pour fluidifier la circulation.

Une présence policière jugée excessive à certains endroits

Dans plusieurs points de conflit routier, les usagers dénoncent une concentration importante de policiers dont l’utilité opérationnelle reste contestée.

Certains axes secondaires, notamment dans la commune de Limete, à hauteur des 1ère, 14ème et 15ème rues, comptent régulièrement plusieurs agents alors que la circulation y demeure relativement fluide. 

Des conducteurs estiment que cette présence vise davantage les contrôles financiers que la gestion du trafic.

Les amendes officielles fixées par l’État

L’arrêté interministériel du 22 août 2012 fixe pourtant clairement les montants applicables aux principales infractions routières.

À titre d’exemple : défaut de casque pour motocycliste : 20 à 25 dollars ; défaut de ceinture de sécurité : 20 à 35 dollars ; non-respect des feux de signalisation : 20 à 35 dollars ; conduite sans permis : 30 à 60 dollars ; circulation sans plaque d’immatriculation : 45 à 90 dollars ; excès de vitesse : 50 à 100 dollars ; conduite en état d’ivresse : 50 à 100 dollars.

Ces montants constituent les plafonds légaux que les agents sont tenus de respecter lors de la perception des amendes transactionnelles.

Des recettes qui échappent au Trésor public

La question de la destination des recettes issues des amendes routières demeure également préoccupante.

Selon des observations relayées par la Cour des comptes, des milliers d’usagers sont verbalisés chaque année à Kinshasa et dans d’autres villes du pays. Pourtant, une part importante des sommes perçues n’apparaîtrait pas dans les comptes officiels de l’État.

Cette situation alimente les soupçons de détournement et renforce les appels à une réforme profonde du système de contrôle routier, à une meilleure traçabilité des paiements et à un renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption au sein des services chargés de la circulation.


L'intersyndicale accuse la direction de violer le protocole d'accord

Dans son préavis de grève adressé à la direction générale le 10 juin 2026, l'intersyndicale reproche à la direction générale le non-respect du protocole d'accord signé le 13 février 2026 sous l'égide du ministère des Postes, Télécommunications et du Travail.

Parmi les griefs figurent notamment l'irrégularité du paiement des salaires malgré l'engagement d'un versement dans un délai de 45 jours ; la prise en charge jugée insuffisante des soins de santé des travailleurs ; les retenues contestées sur les indemnités de logement ; les prélèvements effectués sur certains arriérés de salaires ; l'absence de réajustement des frais de transport conformément aux dispositions provinciales en vigueur.

Le personnel exige le départ du comité de gestion

Au-delà des revendications salariales, les agents réclament désormais le départ du comité de gestion qu'ils tiennent pour responsable de la dégradation de la situation de l'entreprise. Les syndicats dénoncent également ce qu'ils qualifient de bradage du patrimoine de la société, notamment un site situé en diagonale de l'ancien IFASIC, dans la commune de la Gombe.

Ils mettent aussi en cause le partenariat conclu avec la société Yozma dans le cadre du projet de poste mobile. Selon eux, cette société utiliserait les infrastructures et le personnel de la SCPT sans qu'un contrat formel n'ait été présenté aux travailleurs.

La direction rejette les accusations et saisit l'Inspection du travail

Face à la menace de grève, la directrice générale de la SCPT, Sandra Tshibonge Mbiye, a saisi l'Inspection générale du travail pour demander un arbitrage. Dans une correspondance datée du 19 juin 2026, elle qualifie la grève annoncée de « prématurée » et d'« irrégulière », estimant que les mécanismes de règlement prévus dans le protocole d'accord n'ont pas été épuisés.

La direction affirme avoir déjà procédé au paiement de trois mois de salaires en faveur des travailleurs actifs et des retraités malgré les difficultés financières auxquelles fait face l'entreprise. Elle invoque notamment la vétusté des infrastructures, la baisse des revenus postaux internationaux et les contraintes de trésorerie pour justifier les retards observés.

La direction menace de sanctions disciplinaires

Dans une note de service publiée le 19 juin 2026, la direction générale indique qu'aucune activité syndicale n'est autorisée le 22 juin 2026 et prévient que tout agent participant à un mouvement non autorisé s'exposera à des mesures disciplinaires.

Malgré cette mise en garde, l'intersyndicale maintient son mot d'ordre de grève et affirme attendre des réponses concrètes à l'ensemble de ses revendications. La crise sociale à la SCPT pourrait ainsi connaître un nouveau tournant dans les prochains jours.