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mercredi 2 septembre 2026

Kikwit : l’armée démantèle plusieurs barrières et s’attaque aux tracasseries sur la RN1

Sur l’axe Kikwit-Batsongo, la 11e Région militaire passe à l’offensive contre les barrières et les tracasseries routières. Plusieurs points de contrôle ont été démantelés lors d’une opération menée sur la RN1, répondant ainsi au ras-le-bol exprimé depuis longtemps par les usagers.

Tolérance zéro sur la Nationale n°1

Tôt ce vendredi 21 août 2026, deux équipes de patrouilleurs de la 11e Région militaire ont investi l’axe Batsongo–pont Loange, sur instruction du Général-Major Shiko Tshitambwe, commandant de la 1re Zone de défense.

Objectif : faire tomber les barrières illégales et mettre fin aux tracasseries qui perturbent la circulation des personnes et des marchandises sur la RN1.

Sur le tronçon Kikwit-Batsongo, plusieurs barrières ont ainsi été démantelées, notamment à Camp Bikobo, Ndunga 2, Kwenge, Kasay, Masimanimba, Masamuna et Kenge.

Un soulagement pour les usagers

Conducteurs et passagers accueillent favorablement cette opération. Depuis plusieurs années, les plaintes se multiplient concernant les arrêts intempestifs, les perceptions répétées et les paiements exigés par différents services.

Sur le terrain, l’accueil réservé aux militaires traduit le profond ras-le-bol des usagers face à ces pratiques.

Masimanimba, le cas qui interpelle

À Masimanimba, la situation apparaît particulièrement préoccupante. Plus d’une dizaine de services seraient présents au même endroit, parmi lesquels le Tourisme, l’ANR, la DGM, le Transport, la Culture et les Arts ainsi que la PCR.

Une concentration de services qui soulève une interrogation : combien de fois un même véhicule doit-il s’arrêter et payer sur un même trajet ?

Des usagers dénoncent également des perceptions d’argent sans délivrance de documents justificatifs, une pratique qui appelle des explications de la part des services concernés.

L’armée veut libérer la RN1

Le Général de Brigade Moyo Rabbi Richard, commandant a.i. de la 11e Région militaire, suit personnellement l’opération.

L’objectif affiché est clair : faire respecter les instructions de la hiérarchie militaire et débarrasser l’axe des barrières qui entravent la libre circulation.

La RN1 étant une voie essentielle pour le transport des personnes et des marchandises, les usagers réclament davantage de discipline, de transparence et de respect de leurs droits.

À noter : cette opération concerne les barrières et les tracasseries qui leur sont associées. Elle ne vise pas les postes de péage légalement établis.


Ebola en RDC : l’épidémie de Bundibugyo peut encore être stoppée, alertent l’OMS et Africa CDC

Cent jours après la déclaration de l’épidémie, l’OMS et Africa CDC appellent à intensifier la riposte contre le virus Ebola en République démocratique du Congo. Les priorités : atteindre toutes les zones touchées, protéger les personnels de santé et renforcer l’implication des communautés.

Les communautés au cœur de la riposte

Cent jours après le début de la dix-septième épidémie d’Ebola en RDC, le constat est alarmant, mais l’espoir demeure. Dans une tribune publiée le 25 août 2026, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Mohamed Yakub Janabi, et le directeur général d’Africa CDC, Dr Jean Kaseya, estiment que l’épidémie peut encore être maîtrisée.

Lors d’une visite à Bunia, en Ituri, les responsables sanitaires ont échangé avec des survivants, des femmes, des jeunes, des organisations locales et des professionnels de santé. Leur message est sans ambiguïté : les communautés doivent être pleinement associées à la riposte.

Selon eux, les populations locales disposent d’une connaissance essentielle du terrain. Elles savent où les malades se rendent pour recevoir des soins, comment l’information circule et pourquoi la confiance peut se détériorer.

Plus de 5.000 cas et 2.500 décès

Déclarée après la confirmation de la circulation du virus Ebola de type Bundibugyo, cette épidémie est devenue l’une des plus importantes jamais enregistrées.

Au 21 août 2026, la RDC comptabilisait 5.290 cas confirmés et 2.516 décès dans 56 zones de santé. L’épidémie est désormais présentée comme la deuxième plus importante de l’histoire d’Ebola et comme l’une de celles ayant connu la propagation la plus rapide.

L’insécurité complique fortement la riposte. Les décennies de conflits armés ont fragilisé les services sociaux et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, rendant certaines populations particulièrement difficiles à atteindre.

Les personnels de santé paient un lourd tribut

Au premier rang de la lutte figurent les médecins, infirmiers, agents communautaires, laborantins, équipes de surveillance et équipes chargées des enterrements sécurisés.

Ces professionnels interviennent souvent dans des zones difficiles d’accès et exposées à l’insécurité. Certains ont eux-mêmes contracté le virus dans l’exercice de leurs fonctions.

Au 20 août 2026, 158 professionnels de santé avaient été infectés et 45 étaient décédés, selon les données citées par l’OMS et Africa CDC.

Les deux organisations appellent donc à renforcer leur protection : équipements adaptés, formation, accès à l’eau potable et à l’assainissement, prévention et contrôle des infections, rémunération régulière et prise en charge rapide en cas de maladie.

Des signes encourageants malgré la gravité de la situation

Malgré l’ampleur de l’épidémie, certains résultats montrent qu’il est possible d’inverser la tendance. L’Ouganda a réussi à interrompre la transmission locale du virus. En RDC, plusieurs zones de santé du nord de l’Ituri et du Sud-Kivu ont également obtenu des résultats encourageants.

Pour l’OMS et Africa CDC, ces avancées démontrent l’efficacité d’une combinaison fondée sur la détection précoce, une direction nationale forte et une collaboration étroite avec les communautés. Mais l’urgence reste entière en Ituri et dans cinq autres provinces touchées.

Multiplier les capacités de la riposte

Pour inverser durablement la courbe épidémique, les capacités de surveillance doivent être renforcées afin d’identifier rapidement les cas et leurs contacts.

Les centres de soins doivent également améliorer la prise en charge clinique et les mesures de prévention des infections. Parallèlement, les équipes chargées de la communication sur les risques doivent être davantage présentes auprès des populations pour combattre les rumeurs et favoriser le recours aux soins.

L’OMS et Africa CDC estiment qu’il faut désormais multiplier par deux ou trois les capacités actuelles de la riposte.

Une attention particulière doit être accordée aux populations vulnérables et aux communautés vivant dans les zones isolées ou affectées par l’insécurité.

Le financement, autre bataille décisive

La disponibilité de financements prévisibles constitue également une priorité. Les équipes engagées dans la surveillance, les analyses de laboratoire, les soins, la logistique, la prévention des infections et la mobilisation communautaire doivent disposer de ressources suffisantes et disponibles à temps.

Pour les responsables sanitaires, les retards de financement peuvent directement coûter des vies. Ils appellent les bailleurs à privilégier une approche coordonnée plutôt que des interventions dispersées.

Le soutien aux organisations locales est également jugé essentiel pour maintenir un dialogue durable avec les communautés.

Maintenir la coopération au-delà des frontières

La circulation des populations entre les pays voisins constitue un autre enjeu majeur. Les frontières sont traversées quotidiennement pour le commerce, le travail, les études ou l’accès aux soins.

L’OMS et Africa CDC ne recommandent pas la fermeture des frontières ni des restrictions générales sur les voyages et le commerce. Ils préconisent plutôt une surveillance coordonnée, un partage rapide des informations et la mise en place de services de santé suffisamment préparés le long des principaux axes de circulation.

Ne laisser aucune communauté de côté

Après cent jours d’épidémie, les priorités sont désormais clairement établies : identifier chaque cas, suivre les contacts, interrompre les chaînes de transmission, protéger les personnels de santé, rapprocher le dépistage et les traitements des populations et renforcer la coopération transfrontalière.

L’OMS et Africa CDC réaffirment leur engagement à travailler aux côtés de la RDC, des pays voisins, des communautés et des partenaires internationaux.

Pour les deux organisations, les résultats obtenus en Ouganda et dans certaines zones de la RDC prouvent qu’une inversion de la trajectoire reste possible.

Mais pour y parvenir, il faudra un leadership national constant, une solidarité africaine renforcée et un soutien international à la hauteur de l’urgence.


RDC : Judith Suminwa engage une stratégie nationale de lutte contre les érosions sur dix ans

À l’approche de la saison des pluies, le Gouvernement congolais renforce son dispositif de prévention contre les érosions et les inondations qui menacent plusieurs villes et provinces de la République Démocratique du Congo.

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé le 31 août 2026 une réunion stratégique consacrée aux mesures urgentes à prendre à Kinshasa et dans d’autres régions du pays. Autour de la cheffe du Gouvernement étaient notamment présents les vice-Premiers ministres en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que les ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba.

Cette réunion fait suite aux orientations données par Judith Suminwa lors du Conseil des ministres du 28 août 2026. La Première ministre avait alors insisté sur la nécessité d’anticiper les effets de la saison des pluies, notamment à l’approche de la rentrée scolaire.

Une réponse gouvernementale structurée sur trois horizons

Les travaux ont notamment porté sur les mesures à mettre en œuvre pour protéger les populations, sécuriser les infrastructures et préserver la mobilité urbaine.

À l’issue de la réunion, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a annoncé une stratégie nationale organisée autour de trois échéances : l’urgence, le moyen terme et le long terme.

« Nous avons passé en revue les différents aspects de la question, comment nous allons procéder en termes très clairs sur le plan technique, comment nous allons nous préparer à l’arrivée de la saison des pluies ».

La première phase, prévue sur une période allant de zéro à un an, concernera les interventions d’extrême urgence. Les sites déjà identifiés comme présentant les risques les plus importants pour les populations et les infrastructures seront traités en priorité.

La deuxième phase, comprise entre un et cinq ans, sera consacrée notamment aux études techniques ainsi qu’à l’élaboration ou à la mise à jour des plans directeurs de plusieurs grandes villes du pays.

La troisième phase, qui s’étendra jusqu’à dix ans, vise à apporter une réponse structurelle et durable au phénomène des érosions. Elle devrait notamment reposer sur une meilleure planification urbaine et une occupation plus rationnelle de l’espace.

« Nous avons un schéma très clair maintenant et nous allons le mettre en œuvre », a assuré John Banza.

La Première ministre veut coordonner les interventions

Le Gouvernement entend adapter ses interventions aux ressources disponibles et aux caractéristiques techniques de chaque site menacé.

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a souligné la complexité des travaux anti-érosifs. Selon lui, une intervention engagée sur un site doit être menée jusqu’à son achèvement afin d’éviter que les ouvrages réalisés ne soient fragilisés ou détruits par les eaux.

« La question de la lutte anti-érosive est complexe. Effectivement, le Gouvernement a mobilisé des montants, des moyens importants ».

Malgré l’ampleur des besoins, le Gouvernement entend renforcer la coordination des actions sous le pilotage direct de la Première ministre.

« Comme Madame la Première ministre pilote en personne ces travaux, je crois que nous allons arriver à trouver la meilleure approche possible pour protéger notre population ».

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des orientations arrêtées au Conseil des ministres sous la conduite du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Plusieurs villes confrontées au phénomène

La problématique des érosions dépasse largement le cadre de Kinshasa. Plusieurs villes et cités du pays sont confrontées à la multiplication des têtes d’érosion, avec des conséquences parfois importantes sur les habitations, les routes et les infrastructures publiques.

Le ministre John Banza a notamment cité la ville de Kikwit parmi les zones nécessitant une attention particulière. D’autres agglomérations sont également concernées, selon leurs réalités géographiques et climatiques.

Pour l’exécutif, la réponse ne devra donc plus se limiter au traitement ponctuel des têtes d’érosion. Le Gouvernement veut également s’attaquer aux causes structurelles du phénomène, notamment à travers une meilleure organisation de l’urbanisation et une occupation plus rationnelle des espaces.

À Kinshasa, un collecteur de six kilomètres contre l’érosion Bolikango

Dans la capitale, plusieurs ouvrages destinés à lutter contre les érosions et les inondations sont déjà en cours. Sur instruction de Judith Suminwa Tuluka, une délégation de la Primature conduite par Gérard Ntumba, directeur de cabinet adjoint, a récemment inspecté les travaux de construction d’un important collecteur dans la commune de Ngaliema.

L’ouvrage doit permettre de canaliser les eaux provenant de la zone de l’érosion Bolikango sur un parcours d’environ six kilomètres, jusqu’à la baie de Ngaliema, avant leur déversement dans le fleuve Congo.

Entièrement financé par le Gouvernement central, le projet est exécuté par l’Entreprise Aaron Sefu (EAS), pour une durée contractuelle de quatre ans.

Protéger les populations et préserver l’économie

Au-delà des travaux d’infrastructures, l’enjeu de cette stratégie est avant tout humain, social et économique. Il s’agit de protéger les populations et les habitations exposées, de préserver les routes et les équipements publics, mais aussi de maintenir la mobilité des personnes et des biens.

À travers cette stratégie nationale, le Gouvernement Suminwa entend ainsi passer d’interventions ponctuelles à une approche davantage structurée et durable. L’objectif affiché est de réduire progressivement l’impact des érosions et des inondations qui, chaque année, fragilisent des quartiers entiers et perturbent les activités économiques dans plusieurs régions de la RDC.


Nord-Kivu : la société civile dénonce la destruction massive des bananiers et des arbres

La Coordination territoriale de la Société civile Forces vives de Masisi par la voix de Télesphore Mithondeke, rapporteur général de la Société civile de Masisi, à Pinga/Bushimoo, a alerté sur la destruction massive des champs de bananiers et l’abattage généralisé d’arbres de différentes espèces dans plusieurs zones du territoire de Masisi.

Dans une déclaration datée du 1er septembre 2026, cette structure dénonce une décision attribuée aux « tenanciers de la gouvernance de facto » dans plusieurs entités du territoire. Les opérations concerneraient notamment les axes Loashi-Bukombo-Nyabiondo, Loashi-Ngesha-Burora-Kaandja ainsi que Loashi-Lushebere-Hembe-Kahanga.

Selon la Société civile, cette situation menace directement les moyens de subsistance de milliers de familles qui dépendent essentiellement de l’agriculture.

Miandja, Hembe et Kahanga déjà touchés

La société civile affirme que la mise en œuvre de cette décision aurait déjà commencé dans certaines entités, notamment à Miandja, Hembe et Kahanga.

Elle fait état de graves conséquences pour les populations locales, qui disposent de peu d’alternatives économiques.

Plus préoccupant encore, les habitants seraient contraints de participer eux-mêmes à la destruction de leurs plantations et à l’abattage des arbres pendant les journées de travaux communautaires communément appelées « salongo ».

Des répercussions redoutées jusqu’à Goma

La destruction des bananeraies pourrait également avoir des conséquences au-delà du territoire de Masisi. La Société civile souligne que la ville de Goma dépend notamment des importantes quantités de bananes plantains et de bois provenant de Masisi.

La société civile évoque des risques humanitaires et environnementaux

Dans sa déclaration, la Coordination territoriale estime que ces actes pourraient constituer, au regard du droit international humanitaire, une destruction de biens indispensables à la survie des populations civiles.

Elle évoque également des conséquences environnementales majeures, qualifiant ces destructions massives d’« écocide de guerre » et d’« agrocide », en raison de leur impact sur l’écosystème et sur le secteur agricole.

La structure redoute notamment une aggravation de l’insécurité alimentaire, des risques de famine, des glissements de terrain et des conséquences sur le changement climatique. Elle estime aussi que la perte des moyens de subsistance pourrait empêcher certaines familles de répondre aux besoins essentiels, notamment la scolarisation des enfants.

Appel à l’arrêt immédiat des destructions

Face à cette situation, la Société civile Forces vives de Masisi demande l’arrêt immédiat de cette pratique et appelle les instances compétentes à accorder une attention particulière à la situation des populations concernées.

Elle présente cette question comme un enjeu à la fois de droits humains, socio-économiques et environnementaux.


Rentrée scolaire à Kalehe : plusieurs écoles restent fermées sur fond de déplacements liés aux conflits

La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce difficile dans plusieurs zones du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. D’après l’Inspection territoriale du Mouvement de la Société civile du Congo (MSCO-Kalehe), Joseph Baraka, plusieurs établissements scolaires n’ont pas pu rouvrir leurs portes ce mardi 1er septembre 2026, en raison des déplacements massifs de populations provoqués par les conflits armés.

Dans une communication adressée à la population, aux autorités et aux partenaires humanitaires, la MSCO-Kalehe alerte sur les conséquences de cette situation sur la scolarité des enfants.

Plusieurs écoles affectées dans les groupements de Ziralo et Mubuku

Selon les informations recueillies par la Société civile auprès de ses structures locales, trois établissements du groupement de Ziralo sont concernés : l’Institut Tchanda, l’Institut Chigera et l’École primaire Have.

Dans le groupement de Mubuku, l’Institut Kinyungi et l’École primaire Tushunguti figurent également parmi les établissements affectés.

Cette situation prive de nombreux enfants de leur droit à l’éducation. La MSCO souligne que certains élèves restent à la maison non pas par manque de volonté, mais parce qu’ils ont perdu leurs fournitures scolaires, leurs uniformes et leurs cahiers lors de leur fuite face aux violences.

La Société civile appelle à une intervention humanitaire urgente

Face à cette situation, l’Inspection territoriale de la MSCO-Kalehe intensifie son plaidoyer auprès des partenaires humanitaires intervenant dans le secteur de l’éducation, notamment le Cluster Éducation et l’UNICEF.

Elle sollicite notamment une assistance urgente en kits scolaires en faveur des enfants déplacés et retournés, un appui aux établissements affectés afin de permettre leur réouverture, ainsi qu’un renforcement de la protection des écoles et des élèves.

Un appel aux enseignants

La MSCO-Kalehe adresse également un message aux enseignants, les encourageant à poursuivre leur mission malgré les conditions de travail difficiles.

Pour l’organisation, le respect, l’écoute et la protection des enfants constituent des éléments essentiels dans la défense de leurs droits.

« L’éducation d’un enfant est un avenir meilleur », rappelle la Société civile, qui souhaite une bonne rentrée scolaire 2026-2027 à l’ensemble des enseignants et des élèves de Kalehe.


Kongo Central : à Mbanza-Ngungu, Guillaume Ngefa confronté à l’urgence carcérale et judiciaire

La situation de la prison centrale et l’état des infrastructures judiciaires de Mbanza-Ngungu illustrent les défis persistants du système judiciaire et pénitentiaire dans le Kongo Central. En visite dans cette ville, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a découvert le 2 septembre 2026 une prison surpeuplée, des conditions de détention précaires et un parquet installé dans un bâtiment en bois datant de 1956.

427 détenus pour 150 places

Deuxième étape de sa mission officielle dans le Kongo Central, Mbanza-Ngungu a permis au ministre d’État de se rendre directement dans les services judiciaires et pénitentiaires, d’échanger avec leurs responsables et de rencontrer des détenus.

À la prison centrale, le directeur de l’établissement, Trésor Malonda Nsanga, a présenté la situation carcérale. La prison compte actuellement 427 détenus pour une capacité théorique de 150 places. Parmi eux figurent 191 prévenus et 236 condamnés, dont sept femmes et deux mineurs.

Installé dans une ancienne maternité, l’établissement souffre d’un manque criant d’espace et d’infrastructures. La séparation entre les différentes catégories de détenus demeure difficile. Si les femmes disposent d’un espace distinct, prévenus et condamnés cohabitent. Les mineurs, quant à eux, ne bénéficient pas d’un quartier spécifiquement adapté.

Des conditions de détention préoccupantes

La surpopulation carcérale s’accompagne de conditions matérielles particulièrement difficiles. Faute de couchettes suffisantes, plusieurs détenus dorment à même le sol. Les installations sanitaires sont également insuffisantes.

Selon la direction de la prison, les détenus ne reçoivent actuellement qu’un repas par jour.

La situation sanitaire constitue une autre source d’inquiétude. Des cas de tuberculose et de choléra ont notamment été signalés. Le poste de santé de la prison, limité dans ses moyens, assure principalement les premiers soins. Les patients nécessitant une prise en charge plus importante sont transférés à l’Hôpital général de référence de Mbanza-Ngungu.

À ces difficultés s’ajoute l’absence de financement régulier. La direction affirme que la prison n’a plus reçu de subventions depuis cinq mois.

Le ministre échange avec les détenus

Guillaume Ngefa a également choisi de donner la parole aux personnes privées de liberté. Plusieurs détenus lui ont directement fait part de leurs préoccupations, notamment sur leurs conditions de détention, l’alimentation, l’accès aux soins et le suivi de leurs dossiers judiciaires.

Cette démarche permet au ministère de confronter les données administratives aux réalités vécues à l’intérieur de l’établissement et d’identifier les réponses à apporter.

Un parquet dans un bâtiment vieux de 70 ans

La situation des infrastructures judiciaires n’est guère plus reluisante.

Au Parquet de Grande Instance de Mbanza-Ngungu, le ministre d’État a constaté que les services fonctionnent toujours dans une structure en bois construite en 1956, aujourd’hui fortement dégradée.

Cette vétusté affecte les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire, tout en posant la question de l’accueil et de l’accès à la justice pour les justiciables.

Pour le ministère, la modernisation de la Justice ne peut donc pas se limiter aux réformes administratives et judiciaires. Elle passe également par la construction et la réhabilitation d’infrastructures adaptées.

Transformer les constats en actions

La visite de Mbanza-Ngungu s’inscrit dans une mission plus large destinée à établir un état des lieux des besoins des services judiciaires et pénitentiaires du Kongo Central.

Les conditions de détention, le fonctionnement des juridictions, les infrastructures et équipements ainsi que le patrimoine foncier et immobilier du ministère figurent parmi les principaux points examinés.

L’enjeu est désormais de traduire ces constats en actions concrètes : désengorger les prisons, améliorer les conditions de détention, renforcer la prise en charge des personnes vulnérables et réhabiliter les infrastructures judiciaires et pénitentiaires.

Après Mbanza-Ngungu, Guillaume Ngefa poursuivra sa mission dans le Kongo Central, avec des étapes annoncées à Matadi, Boma et Muanda.


Épidémie d’Ebola en RDC : le Royaume-Uni débloque plus de 68 millions de dollars pour renforcer la riposte

Le Royaume-Uni renforce son appui à la lutte contre l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo. La ministre britannique chargée de l’Afrique, Kirsty McNeill, a annoncé, dans un communiqué du 2 septembre 2026, un nouveau financement de plus de 68 millions de dollars américains destiné à soutenir les efforts régionaux visant à contenir la propagation du virus.

Une contribution britannique portée à 105 millions de dollars

Cette nouvelle enveloppe doit permettre d’apporter une assistance à des milliers de personnes vulnérables et de renforcer les actions destinées à freiner la progression de la maladie.

Avec ce financement, la contribution régionale totale du Royaume-Uni à la réponse contre Ebola atteint désormais 105 millions de dollars américains.

L’objectif affiché par Londres est de sauver des vies, limiter la transmission du virus et réduire le risque d’une propagation internationale de l’épidémie.

Renforcer la réponse directement sur le terrain

Le nouveau programme britannique prévoit notamment de renforcer la surveillance épidémiologique et de soutenir les agents de santé engagés en première ligne.

Il doit également contribuer à améliorer la prévention et le contrôle des infections, élargir l’accès aux traitements et renforcer l’implication des communautés dans la riposte.

Le dispositif prévoit en outre un appui à l’organisation d’inhumations sûres et dignes, un volet jugé essentiel pour limiter les risques de transmission tout en respectant les familles touchées par l’épidémie.

Kirsty McNeill : la rapidité sauve des vies

La ministre britannique chargée de l’Afrique a justifié cette nouvelle mobilisation par l’aggravation de la situation dans plusieurs communautés congolaises.

« Des familles à travers la RDC vivent des pertes inimaginables alors que l’épidémie d’Ebola frappe les communautés, coûte des vies et laisse des milliers d’autres personnes lutter pour leur survie », a déclaré Kirsty McNeill.

Elle souligne également l’importance d’une intervention rapide face à la progression de l’épidémie.

« Nous savons que la rapidité sauve des vies », a-t-elle insisté, rappelant que le Royaume-Uni figurait parmi les premiers partenaires à apporter son soutien et à déployer des experts dans la région.

Face à l’intensification de l’épidémie, Londres entend désormais accélérer son dispositif afin de l’adapter à l’ampleur de la crise.

28 millions de dollars américains déjà consacrés à la RDC

Cette nouvelle annonce vient s’ajouter à un financement britannique de 28 millions de dollars directement destiné à la réponse en RDC.

Le Royaume-Uni a également renforcé son expertise scientifique.

Le conseiller scientifique en chef du Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO), le professeur Sir John Edmunds, s’est rendu à deux reprises dans la région en l’espace de deux mois afin d’évaluer les modalités d’une collaboration accrue avec les autorités congolaises face à cette urgence sanitaire.

Un soutien coordonné avec les partenaires africains et internationaux

Londres inscrit son intervention dans une réponse régionale menée avec plusieurs partenaires. Le Royaume-Uni travaille notamment avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Nations unies ainsi que des organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Des experts britanniques en santé publique ont par ailleurs été déployés dans la région. Leur mission porte notamment sur la surveillance épidémiologique, la prévention et le contrôle des infections, l’engagement communautaire et la préparation à la gestion des épidémies.

À travers ce nouveau financement, le Royaume-Uni entend ainsi renforcer la réponse à Ebola au plus près des communautés touchées et contribuer à contenir l’épidémie avant qu’elle ne puisse davantage s’étendre.