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samedi 17 octobre 2026

Sud-Kivu : le décès du patriarche N’Niganda ravive les enjeux de succession au sein du clan Bashinjahavu

Le décès de N’Niganda Bagula Cirimwami II, présenté comme le 18ème chef du clan Bashinjahavu, relance les discussions autour de la préservation des traditions du Bushi et de la succession à la tête de ce clan coutumier du Sud-Kivu. Décédé le 8 octobre 2026 à Kabare, le patriarche était reconnu par le Mwami Alexandre Kabare Rugemaninzi III N’Nabushi XXX comme un gardien important de la coutume Shi, investi de la fonction de Mujinji.

À Kinshasa, des membres de la communauté Bashinjahavu se sont réunis autour de Papa Dodo Kashangabuye pour préparer les obsèques du défunt et relayer les instructions du Mwami de Kabare. Les échanges ont également mis en lumière des divergences sur la représentation du clan et les modalités de désignation de son prochain responsable.

Un gardien de la coutume Shi disparaît

Dans son communiqué de condoléances publié le 8 octobre 2026 à Kinshasa, le Mwami Alexandre Kabare Rugemaninzi III N’Nabushi XXX a salué la mémoire de N’Niganda Bagula Cirimwami II, dont la disparition constitue, selon lui, une perte importante pour le Bushi.

Le chef de la chefferie de Kabare a souligné le rôle joué par le patriarche dans la préservation et la transmission de la coutume Shi, ainsi que sa loyauté et son attachement aux valeurs ancestrales.

Le Mwami a présenté ses condoléances à la famille biologique du défunt, au clan Bashinjahavu et à l’ensemble du peuple Bashi. Il a également appelé les gardiens de la coutume (Mujinji) et les forces vives du Bushi à contribuer à l’organisation d’obsèques dignes et harmonieuses.

John Cebweru rappelle l’histoire du clan et son rôle dans l’intronisation des Bami

Lors d’une réunion des Bashinjahavu résidant à Kinshasa, John Cebweru, modérateur et rapporteur de la rencontre, a présenté un rappel historique consacré aux origines du clan et à son rôle dans la tradition monarchique du Bushi.

Selon le récit coutumier qu’il a exposé, N’Niganda, considéré comme l’ancêtre commun du clan Bashinjahavu, aurait joué un rôle déterminant dans la survie du premier Mwami N’Nabushi de Kabare.

John Cebweru raconte que, lors d'une guerre ayant coûté la vie à la mère du futur souverain Mwami des Bahaya, N’Niganda aurait retrouvé cette dernière alors qu’elle se trouvait cachée dans la forêt de Karhembo, dans les environs de Bushira. Il l’aurait assistée pendant son accouchement et aurait recueilli l’enfant après le décès de sa mère.

Il aurait ensuite pris soin du nouveau-né, avant de contribuer à son accession au pouvoir à l’âge de sept ans. Dans cette tradition orale, le nom N’Nabushi renverrait aux circonstances particulièrement éprouvantes de sa naissance.

« Un Bashinjahavu ne peut pas être un traître », insiste John Cebweru

Au cours de son intervention, John Cebweru a insisté sur les valeurs que le clan entend défendre : la loyauté, la sagesse, la protection du souverain et le respect de la population.

Il a expliqué que, selon la tradition présentée aux participants, les Bashinjahavu sont investis d’une responsabilité particulière dans la conservation des secrets royaux et des pratiques coutumières.

Le clan est également associé, dans ce récit, à la connaissance des plantes médicinales et à des pratiques traditionnelles liées à l’intronisation du Mwami. John Cebweru a évoqué notamment le rôle symbolique de la pluie, dont la survenue est interprétée dans cette tradition comme un signe de l’authenticité du souverain appelé à être intronisé.

Pour le rapporteur, ces valeurs doivent guider les membres de la communauté, particulièrement en cette période de deuil, afin d’éviter les divisions et les contestations susceptibles de perturber les obsèques.

Le Mwami demande des obsèques dignes et appelle au calme

Au terme de la réunion organisée à Kinshasa, John Cebweru a transmis quatre orientations attribuées au Mwami Alexandre Kabare Rugemaninzi III N’Nabushi XXX.

La première concerne l’organisation des obsèques de N’Niganda Bagula Cirimwami II, qui doivent se dérouler dans la dignité et avec les honneurs dus à son rang coutumier.

La deuxième prévoit la suspension des dossiers en cours au sein de la famille et du clan pendant la période de deuil, jusqu’à la désignation et à l’intronisation du prochain responsable.

La troisième précise que l’intronisation du nouveau chef de clan devra attendre le retour du Mwami à Cirunga, dans le territoire de Kabare, après la fin de la guerre en cours.

Enfin, une délégation royale représentée par Fabien Bucopi doit participer aux préparatifs familiaux afin de contribuer au bon déroulement des funérailles.

Selon le compte rendu de la réunion, ces orientations visent à préserver la cohésion du clan et à éviter toute initiative susceptible de provoquer des tensions pendant cette période sensible.

Des divergences sur la représentation et la succession

La succession de N’Niganda Bagula Cirimwami II fait toutefois apparaître des positions divergentes au sein de la famille élargie et de la communauté Bashinjahavu.

Dans son intervention, John Cebweru a contesté les prétentions de certains membres de la famille qui se présenteraient comme représentants du clan ou comme successeurs du défunt.

Il a soutenu que la désignation du prochain chef doit respecter les règles de filiation et les critères coutumiers, et qu’elle ne peut résulter d’une simple déclaration individuelle.

Selon lui, le Mwami de Kabare détient des documents relatifs à la succession et doit en révéler le contenu lorsque les conditions sécuritaires permettront son retour à Cirunga.

John Cebweru affirme également que le chef coutumier a demandé que l’intronisation ne soit organisée qu’en sa présence.

Ces déclarations reflètent la position défendue par les responsables présents à la réunion de Kinshasa.

Elles doivent être distinguées de celle exprimée par la cellule de communication du prince N’Iganda Kamole K’Iganda, qui a publié un communiqué présentant une répartition des responsabilités coutumières au sein de la communauté.

Le prince N’Iganda Kamole K’Iganda revendique une responsabilité communautaire avant enterrement de son arrière Grand Père du Clan en violation des normes et règles de la coutume des Bashi.

Par ailleurs le communiqué signé par un arrière grand fils lointain de la lignée, Lucien Kamole K’Iganda vivant et résidant à Bruxelles et propager dans les réseaux sociaux violent sciemment la consigne ferme de sa Majesté Mwami Alexandre Kabare Rugemaninzi III N’Nabushi XXX qui a instruit formellement d’enterrer dignement le grand gardien des coutumes du Bushi et ne rien parler de l’héritage jusqu’au jour de l’intronisation du prochain chef du Clan Bashinjahavu.

Ce communiqué n’a pas non plus la bénédiction des sages du Clan et de l’ensemble des Bashinjahavu, « on ne se proclamme pas N’Niganda et le devenir » c’est une incitation au désordre et à une division au sein du clan même avant d’enterrer le Chef du Clan dont les prétentieux veulent hériter son nom par force.

Cette communication de Lucien Kamole n’engage donc en rien le Clan Bashinjahavu et diffère de celle défendue par John Cebweru concernant la succession à la tête du clan. Les deux communications mettent ainsi en évidence la nécessité de clarifier les fonctions respectives de chef de famille, de gardien de la coutume.

Les obsèques annoncées à Nyabangere, dans un climat de recueillement digne et de paix, reste l’attente de tout le Clan et ne peut souffrir d’aucun désordre acceptable par le clan.

Le compte rendu signé par Papa Dodo Kashangabuye, coordinateur de la réunion familiale, et John Cebweru, rapporteur et modérateur, indique que les préparatifs des funérailles étaient engagés à Nyabangere, présenté comme le lieu prévu pour l’inhumation du patriarche.

Le document mentionne l’implication financière de deux fils et Grands fils du Clan Bashinjahavu qui ont respectivement subvenu aux charges réelles d’organiser les obsèques dignes au Chef du Clan, à savoir : Papa Dodo Kashangabuye, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo.

La réunion du clan à Kinshasa a reconnu la bravoure du digne fils Papa Dodo Kashangabuye qui pendant le moment de maladie subvenait aussi aux soins médicaux du patriarche du clan et s’occuper de la veuve actuelle bien sûr avec d’autres membres de la communauté.

Plusieurs personnalités et membres de la communauté Bashinjahavu, notamment originaires de Kabare, de Walungu et de Kasha, ont pris part à la réunion et bon nombre ont manifesté leur soutien à distance.

Les participants à la réunion du Clan Bashinjahavu vivant à Kinshasa ont également exprimé le souhait de voir l’histoire du clan mieux documentée et archivée, depuis son premier ancêtre commun jusqu’à la période actuelle. L’objectif annoncé est de transmettre fidèlement les traditions aux générations futures et de limiter les contestations liées à une connaissance insuffisante des règles coutumières.


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