Le
Centre de recherche forestière internationale et le Groupe de travail climat
REDD rénové (GTCR-R) ont organisé, vendredi 16 octobre 2026 à Kinshasa, un
atelier national de restitution et de validation des résultats de l’analyse
Genre, Équité et Inclusion sociale (GEIS), réalisée dans le cadre du projet
d’appui de la société civile pour le suivi décentralisé des projets et
programmes REDD+ en République Démocratique du Congo. Cette initiative,
financée par le Fonds national REDD+ (FONAREDD) et l’Initiative pour la forêt
de l’Afrique centrale (CAFI), vise à renforcer la participation de toutes les
catégories sociales aux initiatives de lutte contre la déforestation et la
dégradation des forêts.
L’atelier
a réuni des représentants des institutions publiques, des organisations de la
société civile, des communautés locales, des peuples autochtones pygmées, des
partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions de recherche.
L’objectif était d’examiner les résultats de l’étude, de valider ses
conclusions et recommandations et de recueillir de nouvelles contributions pour
améliorer la prise en compte du genre et de l’inclusion sociale dans les
activités du projet.
Une
analyse pour identifier les inégalités et améliorer les pratiques
Fondée
sur une collecte de données à l’échelle nationale auprès du réseau et des
organisations membres du GTCR-R, l’analyse GEIS vise à évaluer les actions
menées en faveur d’un processus REDD+ plus équitable, les pratiques inclusives
au sein du réseau et l’intégration du genre dans la mise en œuvre du projet.
Cette
démarche entend identifier les obstacles qui limitent la participation des
femmes, des hommes, des jeunes et des groupes socialement vulnérables,
notamment les peuples autochtones pygmées.
Les
résultats doivent permettre d’adapter les stratégies d’intervention aux
réalités du terrain, sans aggraver les disparités liées au genre, à l’âge ou à
l’origine ethnique. Ils constituent également un outil d’aide à la décision
pour promouvoir une participation plus équilibrée à la gestion des ressources
naturelles et aux programmes de développement.
Martine
Kankolongo appelle au renforcement des capacités
La
représentante du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de
la Nouvelle Économie du Climat, Martine Kankolongo, directrice cheffe de
service à la Direction de la gestion forestière, a salué cette initiative
réunissant les communautés locales, les peuples autochtones pygmées et les
représentants de l’administration publique.
Elle
a estimé que les faiblesses mises en évidence par l’étude peuvent devenir des
leviers d’amélioration, à condition que les recommandations formulées soient
traduites en actions concrètes.
La
responsable a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les
capacités des hommes et des femmes en matière d’équité de genre. Selon elle,
certaines incompréhensions persistent au sein des communautés concernant la
participation des femmes aux regroupements et aux initiatives visant à défendre
leurs droits et à renforcer leur contribution au développement.
Elle
a ainsi plaidé pour des formations permettant aux différentes catégories de la
population de mieux comprendre l’approche genre et de travailler dans une
dynamique commune.
L’entrepreneuriat
féminin comme levier d’autonomisation
Au-delà
de la sensibilisation, Martine Kankolongo a souligné l’importance de promouvoir
l’entrepreneuriat féminin afin de renforcer l’autonomie économique des femmes.
Le
développement d’activités génératrices de revenus pourrait leur permettre
d’améliorer leurs conditions de vie, de réduire leur dépendance économique et
de participer davantage aux décisions concernant leurs communautés et les
ressources naturelles.
Cette
approche repose sur une double exigence : sensibiliser les hommes à l’équité de
genre et donner aux femmes les moyens économiques et sociaux nécessaires pour
prendre pleinement part aux initiatives de développement.
Des
recommandations pour un processus REDD+ plus inclusif
Les
échanges ont également porté sur les moyens de renforcer l’appropriation de la
stratégie Genre, Équité et Inclusion sociale par les organisations de la
société civile et les communautés concernées.
Les
participants ont été invités à relever les forces, les faiblesses et les
opportunités identifiées par l’étude, puis à formuler des propositions
susceptibles d’améliorer les interventions futures du projet.
La
validation des résultats doit ainsi contribuer à consolider les recommandations
et à favoriser leur mise en œuvre par les acteurs concernés.
À
travers cette démarche, le GTCR-R et CIFOR-ICRAF entendent promouvoir un
processus REDD+ plus participatif, équitable et adapté aux besoins des
communautés. Le principal défi reste désormais de traduire les conclusions de
l’étude en mesures concrètes, notamment par la formation, la sensibilisation,
l’autonomisation économique des femmes et une meilleure représentation des
communautés locales et des peuples autochtones pygmées.
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