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samedi 27 juin 2026

Un an après l'Accord de paix de Washington, seuls 35 % des engagements ont été mis en œuvre, selon un rapport indépendant

Une année après la signature de l'Accord de paix de Washington entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, le Baromètre des Accords de Paix en Afrique dresse un bilan mitigé. Dans son rapport annuel couvrant la période du 27 juin 2025 au 27 juin 2026, l'initiative indépendante estime que des progrès ont été accomplis, mais qu'ils restent insuffisants pour garantir une paix durable entre les deux pays.

Selon le rapport, 22 des 30 tâches prévues par l'accord ont connu un début d'exécution, à des niveaux variables. Cela représente un taux global de mise en œuvre de 35 %, soit 105 points sur 300.

22 tâches engagées sur 30, mais des avancées encore limitées

L'évaluation montre que la RDC a amorcé l'exécution de 18 des 26 tâches qui lui incombent, pour un taux de mise en œuvre de 31,7 % (82,5 points sur 260). De son côté, le Rwanda a enregistré des avancées sur 15 des 22 tâches qui lui sont attribuées, atteignant 30,6 % (67,5 points sur 220).

La communauté internationale, notamment les États-Unis, le Qatar, l'Union africaine et d'autres partenaires, affiche les résultats les plus élevés. Les sept engagements qui lui sont confiés ont tous connu un début d'exécution, pour un taux de mise en œuvre de 53,5 % (37,5 points sur 70).

Une première année marquée par des rythmes contrastés

Le rapport distingue plusieurs phases dans l'application de l'accord. Après un démarrage rapide entre juillet et août 2025, le taux global est passé de 9 % à 19 %. La progression s'est ensuite ralentie entre septembre et novembre avant une longue période de stagnation de décembre 2025 à février 2026, où le taux est resté figé à 23,3 %.

Une reprise modérée est intervenue entre mars et avril 2026, suivie d'une consolidation progressive en mai et juin 2026, permettant d'atteindre le niveau actuel de 35 %.

Les volets sécuritaire et humanitaire restent à la traîne

Le Baromètre relève que les engagements institutionnels et normatifs, notamment la mise en place des mécanismes conjoints de coordination, sont les seuls à avoir été pleinement exécutés.

En revanche, les engagements sécuritaires, tels que le démantèlement des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises, accusent un retard important, leur niveau d'exécution restant inférieur ou égal à 5 points sur 10.

Le constat est encore plus préoccupant sur le plan humanitaire. La protection des civils, l'assistance aux populations vulnérables ainsi que le retour des déplacés internes et des réfugiés demeurent les engagements les moins avancés, chacun n'obtenant qu'un score de 2,5 points sur 10.

Le manque de confiance et les combats freinent le processus

Le rapport attribue ces résultats à plusieurs facteurs. Il évoque notamment un déséquilibre dans les priorités des parties, davantage tournées vers les aspects institutionnels, diplomatiques et économiques que vers les engagements sécuritaires.

Le déficit de confiance entre Kinshasa et Kigali continue également de ralentir l'application des obligations les plus sensibles, notamment les opérations de neutralisation des FDLR, dont l'exécution n'a véritablement débuté qu'à la fin du mois de mars 2026.

Le maintien des affrontements entre les FARDC et l'AFC/M23, que le rapport présente comme soutenu par le Rwanda, ainsi que les difficultés d'opérationnalisation de l'EJVM+, ont également freiné la mise en œuvre de plusieurs dispositions. À cela s'ajoute une situation humanitaire toujours préoccupante dans l'est de la RDC.

Des recommandations pour la deuxième année

Le Baromètre des Accords de Paix en Afrique formule plusieurs recommandations destinées à la RDC, au Rwanda et aux partenaires internationaux afin d'accélérer l'application de l'accord au cours de sa deuxième année. 

L'initiative rappelle que sa mission est d'assurer un suivi indépendant, transparent et factuel des accords de paix en Afrique grâce à son Outil de Mesure de la Mise en Œuvre de l'Accord de Paix (OMMAP). Son objectif est de renforcer la redevabilité des parties et de fournir aux décideurs, à la société civile et aux partenaires internationaux des informations fiables sur l'évolution du processus de paix.


Passeport en Égypte : Honoré Bolinde conteste la version de l'ambassade de la RDC et maintient ses accusations

Honoré Bolinde Bolinde, doctorant à l'Université Senghor, rejette les affirmations contenues dans le communiqué publié le 26 juin 2026 par l'ambassade de la République Démocratique du Congo en Égypte. Dans un droit de réponse, il affirme que la représentation diplomatique a présenté une version "inexacte" des faits survenus lors de la demande de renouvellement du passeport de son épouse.

L'intéressé assure que sa publication sur les réseaux sociaux ne visait pas à ternir l'image de l'ambassade, mais à dénoncer ce qu'il considère comme un dysfonctionnement du service public consulaire.

Une procédure entamée plusieurs semaines auparavant

Selon Honoré Bolinde, les démarches de renouvellement du passeport avaient débuté le 10 mai 2026 avec le dépôt du dossier complet. Il explique qu'un problème lié au Numéro d'identification fiscale (NIF) avait été rapidement régularisé après transmission du document via WhatsApp à un agent de l'ambassade.

Il affirme également avoir sollicité, début juin, une note verbale pour l'enregistrement de la naissance de son fils en Égypte. D'après lui, cette demande n'a jamais reçu de réponse, même si les autorités égyptiennes ont finalement procédé à l'enregistrement sans exiger ce document.

Six heures d'attente sans capture biométrique

Le requérant indique qu'après confirmation d'un rendez-vous fixé au 25 juin 2026, son épouse, accompagnée de leur nourrisson âgé de 23 jours, s'est présentée à l'ambassade à 11 heures pour la capture biométrique.

Selon son récit, un agent a découvert que le NIF ne figurait pas dans le dossier. Après avoir reconnu un oubli administratif, le personnel aurait demandé une nouvelle copie du document avant de promettre une prise en charge rapide.

Honoré Bolinde affirme toutefois que son épouse et leur bébé sont restés sur place jusqu'à 17 heures sans que la capture biométrique ne soit réalisée, avant d'être invités à rentrer sans nouveau rendez-vous.

Des accusations de dysfonctionnement du service public

L'auteur du droit de réponse estime que les difficultés rencontrées relèvent d'un problème plus profond de fonctionnement des services consulaires.

Il soutient que sa dénonciation repose sur des faits qu'il dit pouvoir démontrer grâce à des échanges écrits conservés avec les agents concernés. Il se dit prêt à présenter ces éléments si les autorités compétentes décident d'établir les responsabilités.

Honoré Bolinde affirme enfin que son épouse n'a toujours pas effectué sa capture biométrique et réitère sa demande d'un service public "humain, accessible et efficace" pour tous les ressortissants congolais vivant en Égypte.

La genèse des faits d'énoncés 

La controverse est née après la publication, le 25 juin, d'un message sur les réseaux sociaux dénonçant les conditions de prise en charge d'une ressortissante congolaise venue renouveler son passeport à l'ambassade de la RDC au Caire. 

En réaction, l'ambassade a publié un communiqué affirmant que la requérante avait été correctement assistée et attribuant le retard à une intervention urgente de son personnel auprès de la police égyptienne. 


Égypte : l'ambassade de la RDC dément les accusations de négligence dans le traitement d'une demande de passeport

L'ambassade de la République Démocratique du Congo en République arabe d'Égypte évoque des informations "exagérées et mensongères". La représentation diplomatique est sortie de son silence pour répondre aux accusations relayées sur les réseaux sociaux concernant la prise en charge d'une ressortissante congolaise venue renouveler son passeport.

Dans un message de clarification publié le 26 juin 2026, la mission diplomatique affirme que la requérante, dont le passeport expire le 23 décembre 2026, s'est présentée à l'ambassade le 25 juin 2026, conformément aux échanges préalables avec un membre du personnel, afin d'entamer la procédure de renouvellement de son document de voyage.

Selon l'ambassade, deux agents ont effectivement assisté la ressortissante, en présence de plusieurs témoins, afin d'accélérer son dossier, notamment en raison de la présence d'un nourrisson qui l'accompagnait.

Une intervention auprès de la police égyptienne à l'origine du retard

La représentation diplomatique explique que le préposé chargé de l'encaissement du formulaire de demande de passeport n'a pas pu assurer immédiatement cette étape. Celui-ci était mobilisé dans une mission urgente auprès de la police égyptienne pour intervenir en faveur de plusieurs Congolais impliqués dans une rixe survenue dans le complexe résidentiel de Sakan Masr.

L'ambassade précise qu'il avait été demandé aux accompagnateurs de rester en contact avec l'agent chargé de la capture des données et d'attendre son appel avant tout déplacement.

L'ambassade condamne les publications sur les réseaux sociaux

Déplorant les critiques formulées en ligne, l'ambassade estime que certains compatriotes vivant en Égypte tiennent des propos "exagérés et mensongers" qui portent atteinte à l'image et au travail de son personnel.

Elle condamne ce qu'elle qualifie de comportement "méprisable et irresponsable" et invite les Congolais établis en Égypte à privilégier les canaux officiels pour toute préoccupation liée aux services consulaires ou à la diaspora, notamment à travers les adresses électroniques dédiées.

Cette mise au point intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo dans laquelle un compatriote dénonçait le traitement réservé à une ressortissante congolaise venue renouveler son passeport à l'ambassade de la RDC au Caire.  

Il accusait la représentation diplomatique de manque d'assistance et de négligence, des allégations que l'ambassade rejette catégoriquement en apportant sa version des faits.


Conseil de sécurité de l'ONU : la RDC exige l'application des résolutions et annonce une plainte contre le Rwanda devant la CIJ

La République Démocratique du Congo a renouvelé ses accusations contre le Rwanda devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni le 26 juin 2026 pour examiner la situation dans l'est du pays.

Intervenant au nom de Kinshasa, l'ambassadeur Zénon Mukongo Ngoy a appelé à une mise en œuvre « intégrale et sans condition » des décisions du Conseil, tout en annonçant le dépôt d'une requête contre Kigali devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

S'exprimant lors de la 10185ème séance du Conseil de sécurité, le diplomate congolais a rappelé que le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies confirme que les offensives de l'AFC/M23 se poursuivent avec le soutien des Forces de défense rwandaises (RDF). 

Selon Zénon Mukongo, cette situation constitue une violation grave de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC.

Kinshasa réclame le retrait des troupes rwandaises

Le représentant congolais a dénoncé la poursuite de l'occupation de plusieurs localités par la coalition AFC/M23-RDF, l'installation d'administrations parallèles et les nombreuses exactions commises contre les populations civiles.

Face à cette situation, la RDC demande l'application de la résolution 2763 (2025), notamment le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense rwandaises du territoire congolais ainsi que la cessation des hostilités par le M23.

Kinshasa a également insisté sur le rôle essentiel de la MONUSCO, appelant à la levée de toutes les restrictions entravant sa liberté de mouvement dans les zones contrôlées par le M23 et à un renforcement des moyens mis à sa disposition. 

Pour la RDC, la transition de la mission onusienne doit rester conditionnée à l'évolution de la situation sécuritaire.

Respect des processus de Washington et de Doha

La délégation congolaise a réaffirmé son engagement dans les processus de paix de Washington et de Doha, ainsi que dans les initiatives conduites par l'Union africaine. Elle a salué les efforts du médiateur togolais et de l'ensemble des partenaires internationaux impliqués dans la recherche d'une solution durable.

Toutefois, Kinshasa estime que les engagements pris dans ces différents processus doivent être respectés par toutes les parties et appelle la communauté internationale à maintenir la pression sur les acteurs qui continuent de les violer.

Les sanctions américaines saluées

L'ambassadeur congolais a également salué les récentes sanctions imposées par les États-Unis contre une raffinerie d'or rwandaise et plusieurs entités accusées de participer au commerce illicite des minerais provenant de l'est de la RDC.

Pour Zénon Mukongo, ces mesures confirment les dénonciations répétées de Kinshasa concernant le financement du conflit par le pillage des ressources minières. 

Il a notamment cité les chiffres faisant état de plus de 120 tonnes de coltan transférées chaque mois vers le Rwanda entre mai et octobre 2024, générant environ 800.000 dollars américains mensuels au profit du M23.

Pour la RDC, cette économie de guerre nécessite une réponse internationale plus ferme, avec des mécanismes renforcés de traçabilité, de sanctions et de responsabilité.

Une plainte déposée devant la Cour internationale de Justice

L'ambassadeur a annoncé que la République Démocratique du Congo a officiellement saisi la Cour internationale de Justice contre le Rwanda.

Par cette procédure, Kinshasa demande à la Cour de reconnaître la responsabilité internationale du Rwanda pour plusieurs violations du droit international, notamment de la Convention sur le génocide, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ainsi que de la Convention contre la torture.

La RDC sollicite également la cessation des actes qu'elle juge illicites, des garanties de non-répétition ainsi qu'une réparation intégrale au profit de l'État congolais et des victimes.

En conclusion, la délégation congolaise a réaffirmé que seule une restauration complète de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national permettra d'instaurer une paix durable.  

« Le moment n'est plus aux déclarations d'intention. Il est à l'action », a conclu l'ambassadeur, appelant le Conseil de sécurité à faire appliquer ses propres décisions.


Cour constitutionnelle : Dieudonné Kamuleta réceptionne les nouveaux ouvrages de sécurité réalisés par le génie militaire

Des infrastructures ont été renforcées pour sécuriser la haute juridiction et le président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a officiellement réceptionné, vendredi 26 juin 2026, les nouveaux ouvrages de clôture et les portails sécurisés du siège de la haute juridiction. Les clés lui ont été remises par le Général-Major Danga, commandant du corps du génie militaire de la République Démocratique du Congo, au terme de soixante jours de travaux exécutés dans les délais convenus.

La cérémonie a débuté par une visite d'inspection des nouvelles infrastructures. Accompagné des responsables du génie militaire, Dieudonné Kamuleta a parcouru les différents accès sécurisés ainsi que les ouvrages de clôture destinés à renforcer la protection de cette institution stratégique.

La remise symbolique des clés est venue consacrer l'achèvement de ce chantier, qui vise à améliorer durablement la sécurité des installations tout en offrant un cadre de travail modernisé à la Cour constitutionnelle.

Le génie militaire met en avant son savoir-faire

Prenant la parole, le Général-Major Danga s'est réjoui d'avoir respecté les engagements pris par son service.

« Nous avons réhabilité ce site hautement stratégique en 60 jours, en mobilisant toute notre force et notre intelligence », a-t-il déclaré.

Il a salué la confiance accordée au génie militaire et assuré que son corps reste disposé à accompagner la Cour constitutionnelle dans la réalisation d'autres projets d'infrastructures.

Dieudonné Kamuleta salue l'expertise congolaise

Recevant les clés des nouveaux ouvrages, le président de la Cour constitutionnelle a expliqué que le recours au génie militaire relevait d'un choix délibéré visant à valoriser les compétences nationales.

« Avoir fait appel au génie militaire a été notre premier choix, parce que nous sommes Congolais. Dans la politique de rehaussement de l'image nationale prônée par le Chef de l'État, nous avons voulu démontrer que notre armée ne se résume pas aux hommes en uniforme. Elle regorge de nombreuses compétences et spécialités, notamment un génie militaire dont j'avais déjà pu apprécier le savoir-faire lors de la réhabilitation de la justice militaire. Je savais que le travail serait bien fait. Aujourd'hui, le délai de 60 jours a été respecté et la qualité des ouvrages est au rendez-vous. Je ne peux que féliciter les équipes pour ce sens du travail bien accompli ».

Le président de la haute juridiction a également insisté sur la nécessité d'assurer un entretien régulier des nouvelles infrastructures afin d'en garantir la pérennité.

Une collaboration appelée à se poursuivre

Dieudonné Kamuleta a indiqué que la Cour constitutionnelle et le Conseil supérieur de la magistrature entendent poursuivre leur collaboration avec le génie militaire pour d'autres projets d'infrastructures relevant du pouvoir judiciaire. 

Cette réalisation s'inscrit dans la dynamique de modernisation des juridictions engagée par la Cour constitutionnelle. Au-delà de l'amélioration des infrastructures, elle vise à renforcer la sécurité des institutions judiciaires et à contribuer au rayonnement d'une justice congolaise plus moderne, plus crédible et mieux adaptée aux exigences de l'État de droit.


jeudi 25 juin 2026

Les États-Unis sanctionnent une raffinerie d’or rwandaise accusée de soutenir le trafic de minerais congolais

Le département du Trésor américain a annoncé, jeudi 25 juin2026, de nouvelles sanctions contre un réseau accusé de faciliter le trafic illégal de minerais provenant de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Parmi les entités visées figure la raffinerie rwandaise Gasabo Gold Ltd, soupçonnée d’avoir participé à l’exportation et au blanchiment d’or extrait dans des zones contrôlées par les rebelles du M23.

Selon l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), ces mesures s’inscrivent dans le cadre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, conclus entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Washington affirme vouloir renforcer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques et lutter contre le financement des groupes armés.

« Les États-Unis ne permettront pas à des groupes armés de tirer profit du commerce illicite des minerais et de déstabiliser la région », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.

Le trafic de minerais au cœur du conflit dans l’Est de la RDC

Pour Washington, le commerce illégal des minerais constitue l’une des principales sources de financement du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda selon les autorités américaines et plusieurs rapports internationaux.

Les États-Unis rappellent que le mouvement rebelle contrôle une partie importante des territoires miniers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment autour des sites riches en coltan, cassitérite et or.

Les revenus générés par l’exploitation et la commercialisation clandestine de ces ressources permettraient au groupe d’acquérir des armes, de rémunérer ses combattants et de poursuivre ses opérations militaires.

Le Trésor américain souligne également que l’exploitation des minerais dans les zones sous contrôle rebelle est régulièrement associée à des violations graves des droits humains, notamment le travail forcé, le travail des enfants, les violences sexuelles et des conditions de travail dangereuses.

Gasabo Gold accusée de blanchir l’or extrait dans les zones contrôlées par le M23

Selon l’OFAC, la raffinerie Gasabo Gold est devenue un maillon central du circuit de commercialisation de l’or extrait dans les zones occupées par le M23 et les Forces de défense rwandaises (FDR).

Les autorités américaines affirment que l’or provenant de plusieurs sites miniers du Sud-Kivu était transporté sous protection militaire jusqu’au Rwanda avant d’être raffiné à Kigali. 

Au moins 60 kilogrammes d’or auraient ainsi été transférés au début de l’année 2026, pour une valeur estimée à plusieurs millions de dollars américains.

L’Union européenne avait déjà pris des sanctions contre cette société pour son implication présumée dans le commerce d’or extrait illégalement en RDC.

Les dirigeants et entreprises affiliées également visés

Les sanctions américaines concernent également Jean Malic Kalima, président de Gasabo Gold, ainsi que Bosco Kayobotsi, directeur général de l’entreprise.

Trois sociétés minières rwandaises contrôlées par Kalima figurent également sur la liste des entités sanctionnées : Bugambira Mines LTD ; Wolfram Mining and Processing LTD ; Rwinkwavu Mining Corporation LTD.

Washington estime que ces entreprises ont contribué, directement ou indirectement, au soutien logistique et financier des activités du M23.

Gel des avoirs et restrictions financières

Les sanctions imposées par les États-Unis entraînent le gel de tous les biens et intérêts financiers des personnes et entités concernées se trouvant sur le territoire américain ou sous contrôle de ressortissants américains.

L’OFAC interdit également toute transaction impliquant ces personnes ou sociétés, sauf autorisation spécifique. 

Les institutions financières et les entreprises étrangères qui continueraient à traiter avec les entités sanctionnées pourraient elles aussi s’exposer à des mesures de rétorsion.

Le Trésor américain précise toutefois que l’objectif des sanctions reste d’obtenir un changement de comportement plutôt que de punir définitivement les personnes ou organisations concernées. 

Selon Washington, ces mesures visent avant tout à assécher les sources de financement du conflit dans l’est de la RDC et à favoriser l’émergence d’un commerce minier transparent et légal dans la région.


Ébola : un médecin congolais diagnostiqué positif en France après une mission en Ituri

L'Ambassade de France en République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026, qu'un médecin humanitaire congolais ayant participé à la riposte contre l'épidémie d'Ébola en Ituri a été diagnostiqué positif à la maladie après son arrivée en France.

Le praticien, qui intervenait pour le compte de l'ONG ALIMA, constitue le premier cas confirmé d'Ébola enregistré sur le territoire français.

Une prise en charge immédiate et sécurisée 

Selon le communiqué, le patient a développé les premiers symptômes au cours de son vol de retour vers la France, où il réside habituellement. Dès son arrivée, il s'est présenté dans un service d'urgence et a été pris en charge dans des conditions de sécurité renforcées afin de prévenir tout risque de contamination.

Les autorités sanitaires françaises assurent actuellement son suivi médical conformément aux protocoles en vigueur.

Une coopération entre la France et la RDC 

Les autorités françaises et congolaises travaillent conjointement pour identifier et suivre les personnes susceptibles d'avoir été en contact avec le malade.

Cette collaboration s'inscrit dans le cadre des mécanismes de surveillance épidémiologique mis en place pour limiter tout risque de propagation du virus.

Appel à la vigilance et à la responsabilité 

L'Ambassade de France invite toute personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie ou estimant avoir été exposée à un risque potentiel à suivre scrupuleusement les recommandations des autorités sanitaires compétentes.

Elle appelle également la population à faire preuve de calme et de responsabilité, tout en privilégiant les informations issues de sources officielles afin d'éviter la circulation de rumeurs ou de fausses informations.

Est de la RDC : l’UNICEF et l’Union européenne mobilisent l’opinion à travers une exposition immersive à Kinshasa

L’UNICEF et l’Union européenne, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, ont inauguré mardi 24 juin 2026 à Kinshasa une exposition photo immersive consacrée à la crise humanitaire qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo.

Organisée à l’Espace Bilembo, cette initiative vise à sensibiliser le public à l’ampleur des souffrances vécues par les populations affectées par les conflits et les déplacements forcés, tout en mettant en lumière les réponses humanitaires déployées sur le terrain.

Le vernissage a réuni des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, du système des Nations unies ainsi que des jeunes ambassadeurs et des U-Reporters engagés dans la promotion des causes humanitaires.

Témoignages et images pour raconter la réalité du terrain

À travers des photographies, des contenus audiovisuels et des témoignages, l’exposition plonge les visiteurs au cœur des réalités vécues dans les provinces touchées par les violences.

L’accent est mis sur les résultats obtenus grâce aux mécanismes de réponse rapide de l’UNICEF, notamment UniRR et CATI, déployés dans les zones affectées par les déplacements massifs de populations et les épidémies.

Ces dispositifs permettent d’intervenir rapidement auprès des communautés en détresse afin de répondre à leurs besoins les plus urgents en matière d’eau potable, de santé et de protection de l’enfance.

Une crise humanitaire qui s’aggrave dans l’Est

Selon les organisateurs, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment autour de Goma, Minova et Kalehe.

L’intensification des violences a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, souvent contraintes de vivre dans des conditions précaires. 

Cette situation expose particulièrement les enfants à de multiples risques de protection.

Parallèlement, les mouvements de populations et la saturation des services sociaux favorisent la propagation de maladies telles que le choléra, la rougeole et le Mpox dans des zones où l’accès aux soins reste limité.

Des mécanismes de réponse rapide soutenus par l’Union européenne

Grâce au financement de l’Union européenne, l’UNICEF met en œuvre deux mécanismes d’intervention d’urgence.

Le programme UniRR permet d’apporter une assistance multisectorielle dans les sept jours suivant l’évaluation des besoins, ce qui en fait l’un des mécanismes humanitaires les plus rapides du pays.

De son côté, le dispositif CATI intervient dans les 48 heures après la détection de cas suspects de choléra afin de limiter la propagation de la maladie.

Ces actions ont déjà permis d’apporter une aide vitale à des milliers de personnes affectées par les crises dans l’est de la RDC.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Pour la ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Eve Bazaiba, cette exposition constitue également un appel à la mobilisation collective face à l’ampleur des besoins humanitaires.

Même message du côté de l’Union européenne. Lucas Honauer, chef de mission d’ECHO en RDC, a souligné l’importance de maintenir un engagement international durable afin de soutenir les communautés les plus vulnérables.

Le représentant de l’UNICEF en RDC, John Agbor, a quant à lui rappelé que chaque image exposée raconte l’histoire d’enfants et de familles qui continuent d’avoir besoin d’une assistance urgente.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Ouverte gratuitement au public du 24 au 30 juin 2026 à Kinshasa, l’exposition se veut un espace d’information, de dialogue et de sensibilisation.

L’initiative se prolongera également à l’international à travers une exposition numérique et une campagne digitale destinées à renforcer la solidarité entre les publics congolais et européens.

Face à l’ampleur des défis humanitaires, l’UNICEF appelle les bailleurs de fonds et partenaires à accroître leur soutien afin de garantir une réponse rapide, coordonnée et durable en faveur des enfants et des communautés affectées par les crises dans l’est de la RDC.


RDC : la VSV appelle Félix Tshisekedi à désamorcer les tensions politiques pour éviter une crise des droits humains

Alors que le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution continue de polariser la classe politique congolaise, la Voix des Sans Voix (VSV) tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains craint une aggravation des tensions et appelle le président Félix-Antoine Tshisekedi à prendre des mesures d’apaisement pour préserver l’unité nationale et prévenir de nouvelles violations des droits humains.

Un climat politique explosif sur fond de guerre dans l’Est

La VSV se dit profondément préoccupée par la détérioration du climat politique depuis l’annonce par certains partis membres de l’Union sacrée de leur volonté de modifier ou de changer la Constitution de la République démocratique du Congo.

Selon l’organisation, cette controverse intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par l’occupation de Goma, Bukavu et de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des groupes soutenus par le Rwanda. Une situation qui fragilise davantage la cohésion nationale alors que le pays est confronté à une menace sécuritaire majeure.

Le spectre des crises de 2015 et 2016

Pour la VSV, les divisions actuelles rappellent les tensions qui avaient précédé la fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila. L’organisation évoque notamment les graves violations des droits humains enregistrées à cette période, notamment les assassinats d’activistes pro-démocratie, les atteintes aux libertés publiques ainsi que les violences commises contre des responsables religieux.

La VSV estime que le débat constitutionnel risque aujourd’hui de devenir un facteur de fracture supplémentaire dans un pays déjà fortement divisé.

Des acquis reconnus, mais des défis persistants

L’organisation reconnaît toutefois plusieurs réalisations enregistrées sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, notamment dans les domaines des infrastructures routières, aéroportuaires, sanitaires, universitaires et scolaires. Elle souligne également les efforts consentis pour l’amélioration des rémunérations des policiers et militaires. 

Cependant, la VSV rappelle que de nombreux défis demeurent, notamment l’accès à l’eau potable et l’amélioration des conditions de vie des populations dans plusieurs provinces du pays. 

L’intolérance politique et le rétrécissement de l’espace civique dénoncés

La VSV s’inquiète de la montée de l’intolérance politique qu’elle juge préoccupante. Selon elle, l’espace civique est de plus en plus menacé et plusieurs acteurs de la société civile préfèrent désormais s’autocensurer par crainte de représailles.

L’organisation dénonce également les agissements de personnes se réclamant de la Force du progrès, structure considérée comme proche de l’UDPS, accusées de commettre des actes portant atteinte aux droits humains sans être inquiétées par les services de sécurité.

La VSV affirme avoir reçu des informations faisant état de menaces visant des opposants politiques ainsi que des responsables religieux.

Un appel à l’apaisement adressé au chef de l’État

Face à cette situation, la VSV appelle les autorités à multiplier les messages de rassemblement et à décourager tout discours susceptible d’exacerber les divisions entre Congolais.

L’organisation invite également le pouvoir à se méfier des « flatteurs » qui, selon elle, encouragent les tensions dans l’espoir d’obtenir ou de conserver des avantages politiques et financiers.

L’unité nationale doit primer sur toutes les divergences

En conclusion, la VSV estime que le président Félix Tshisekedi demeure l’acteur le mieux placé pour décrisper le climat politique et favoriser un dialogue susceptible de préserver la stabilité du pays.

L’organisation appelle l’ensemble des acteurs politiques, toutes tendances confondues, à faire preuve de retenue afin d’éviter que la RDC ne bascule dans une nouvelle crise. 

Elle rappelle que l’unité et la cohésion nationales doivent prévaloir sur les considérations partisanes, tribales ou ethniques, particulièrement dans le contexte actuel d’agression et d’occupation de certaines parties du territoire national.

La VSV met enfin en garde contre les conséquences que pourraient entraîner des atteintes aux libertés fondamentales et au processus démocratique, rappelant que de telles dérives peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions nationales ou internationales.


Cinéma : la RDC officiellement admise à concourir aux Oscars 2027

La République Démocratique du Congo franchit une étape majeure dans l'histoire de son cinéma. L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), organisatrice des Oscars, a officiellement autorisé la RDC à soumettre un film dans la catégorie du Meilleur Film International lors de la 99ème cérémonie des Oscars prévue le 15 mars 2027 à Los Angeles.

L'annonce a été faite par la professeure Cecilia Zoppelletto Mpinga, responsable des Relations publiques et internationales de l'Association des Professionnels du 7ème Art (APRO7). Selon elle, cette reconnaissance est le fruit de plusieurs mois d'échanges avec l'Académie américaine et constitue une avancée décisive pour l'industrie cinématographique congolaise.

Création de la DRC Film Commission

Pour permettre cette participation, l'AMPAS a validé la création de la première commission nationale chargée de sélectionner le film qui représentera officiellement la RDC aux Oscars : la DRC Film Commission.

Cette structure aura pour mission d'examiner les candidatures, de vérifier leur conformité aux règles de l'Académie et de désigner l'œuvre qui portera les couleurs du pays. 

Afin de garantir l'indépendance du processus, l'identité des membres de la commission restera confidentielle jusqu'à l'annonce du film retenu.

La commission instituera également le « Léopard du 7ème Art », une distinction honorifique attribuée chaque année au film sélectionné pour représenter la RDC aux Oscars.

Un seul processus officiel de sélection

La DRC Film Commission rappelle qu'elle est l'unique structure reconnue pour conduire la sélection nationale. Aucun individu, organisation ou intermédiaire ne peut garantir ou négocier la sélection d'un film.

Les responsables appellent les professionnels du secteur à la vigilance face à toute tentative d'influence ou de fraude, soulignant que le choix final reposera exclusivement sur l'évaluation des œuvres par la commission officielle.

Les conditions pour candidater

Pour être éligible, un film devra notamment être un long métrage de plus de 40 minutes, produit principalement hors des États-Unis, comporter plus de 50 % de dialogues dans une langue autre que l'anglais et avoir bénéficié d'une exploitation commerciale en salle durant au moins sept jours consécutifs.

Les films devront également avoir connu leur première sortie entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026, être accompagnés de sous-titres en anglais et respecter l'ensemble des critères fixés par l'Académie. Les documentaires et films d'animation sont également admissibles.

Ouverture des inscriptions

Les inscriptions sont désormais ouvertes. Les producteurs et réalisateurs sont invités à soumettre leurs œuvres exclusivement auprès de la DRC Film Commission via l'adresse électronique officielle : drcfilmcommission@gmail.com.

Les frais de soumission sont fixés à 70.000 francs congolais par film. Le film retenu devra être transmis à l'Académie au plus tard le 30 septembre 2026. Pour Cecilia Zoppelletto Mpinga, cette reconnaissance dépasse la simple participation aux Oscars. Elle constitue avant tout une validation du potentiel du cinéma congolais et une opportunité de promouvoir la créativité nationale sur la scène internationale.


Révision de la Constitution : les conseillers communaux annoncent une conférence nationale à Kinshasa

Le Collectif des conseillers communaux de la République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026 à Kinshasa, la tenue de la deuxième édition de la Conférence des présidents des conseils communaux. Prévue dans la salle Virunga du ministère de l’Intérieur, cette rencontre réunira les présidents des conseils communaux, les membres des bureaux ainsi que les représentants des coordinations provinciales venus des différentes provinces du pays.

Selon le coordonnateur national du collectif, Willy Nzembela, ces assises serviront de cadre d’échanges sur les questions d’intérêt national, avec un accent particulier sur le projet de révision ou de changement de la Constitution.

Un soutien affiché au processus de réforme

Les conseillers communaux estiment que les élus de proximité doivent prendre position sur le débat constitutionnel en cours. À l’issue de la conférence, une déclaration officielle sera rendue publique afin de faire connaître la position des élus locaux à l’opinion nationale et internationale.

Le collectif a également réaffirmé sa volonté de participer à toutes les étapes du processus constitutionnel jusqu’à l’adoption éventuelle d’une nouvelle loi fondamentale. À cet effet, il sollicite du président de la République l’intégration des conseillers communaux au sein d’une future Assemblée constituante, au nom de leur rôle de représentants de la population à la base.

Plaidoyer pour la consultation populaire

Les conseillers communaux soutiennent l’organisation d’un référendum et considèrent que seul le peuple congolais est habilité à se prononcer sur l’avenir de la Constitution.

Ils saluent le vote de la loi référendaire par les deux chambres du Parlement, estimant que ce texte ouvre la voie à une consultation directe de la population. Selon eux, de nombreux citoyens jugent la Constitution actuelle inadaptée aux réalités et aux aspirations du pays.

Évaluation de la gouvernance locale et de l’assainissement

Outre les questions constitutionnelles, la conférence permettra d’évaluer la mise en œuvre de la circulaire du Vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, relative à la collaboration entre les bourgmestres et les conseils communaux.

Les participants aborderont également les défis liés à l’assainissement des villes. Le collectif a réaffirmé son engagement dans les actions de salubrité publique et salué la nomination du général Jean=Pierre Kasongo Kabwit à la tête de l’opération d’assainissement de Kinshasa, tout en plaidant pour l’extension de cette initiative à d’autres villes et provinces du pays.


mardi 23 juin 2026

RDC : la DYSEMIP-RDC soutient la réforme constitutionnelle et plaide pour la protection des enfants des militaires et policiers

La Dynamique des Structures des Enfants des Militaires et Policiers de la République démocratique du Congo (DYSEMIP-RDC) a exprimé son soutien total à l'initiative de réforme constitutionnelle en cours dans le pays.

Dans un communiqué de presse publié le 12 juin 2026 à Kinshasa, la coordination nationale de cette organisation affirme adhérer pleinement au projet de changement de la Constitution, qu'elle considère comme une opportunité de renforcer la protection des droits de certaines catégories sociales, notamment les enfants des militaires et des policiers.

Un plaidoyer pour un « bouclier juridique » en faveur des enfants des forces de sécurité

La DYSEMIP-RDC indique que sa principale préoccupation est l'intégration, dans le futur texte constitutionnel, de mécanismes juridiques solides garantissant les droits sociaux et l'avenir des enfants issus des familles militaires et policières.

L'organisation plaide pour l'instauration d'un « bouclier juridique inviolable » capable d'assurer une meilleure protection sociale à ces enfants, souvent confrontés aux conséquences des missions, des mutations ou des sacrifices consentis par leurs parents au service de la nation.

Des remerciements adressés au Chef de l'État

Dans son communiqué, la structure remercie le Président de la République pour l'attention accordée à ses préoccupations ainsi que pour l'avis favorable réservé à sa démarche.

La DYSEMIP-RDC estime que la réforme constitutionnelle constitue une occasion de consolider les acquis institutionnels tout en prenant davantage en compte les besoins spécifiques des familles des membres des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

Une contribution au débat national sur les réformes

Par cette prise de position, la DYSEMIP-RDC rejoint les nombreuses organisations de la société civile, plateformes citoyennes et mouvements associatifs qui participent actuellement au débat autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles envisagées en République Démocratique du Congo.

L'organisation affirme vouloir poursuivre son plaidoyer auprès des autorités afin que les préoccupations des enfants des militaires et policiers soient prises en compte dans les discussions relatives au futur texte fondamental.

Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution congolaise continue d'alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs organisations ont déjà exprimé leurs positions, certaines soutenant l'initiative au nom du renforcement des institutions, tandis que d'autres appellent à la prudence et à un large consensus national.

Dans ce contexte, la DYSEMIP-RDC fait entendre la voix des enfants des militaires et policiers en plaidant pour l'inscription de garanties constitutionnelles destinées à protéger leurs droits sociaux et leur avenir.


Un an après la béatification de Floribert Bwana Chui : un modèle d’intégrité toujours d’actualité

L’Église catholique élevait Floribert Bwana Chui Bin Kositi le 15 juin 2025 au rang de bienheureux, reconnaissant le sacrifice de cet agent de l’Office congolais de contrôle (OCC) qui avait refusé de céder à la corruption au prix de sa vie. Un an après cet événement historique pour la RDC, l’ancien député national Juvénal Munubo estime que son témoignage demeure une source d’inspiration pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Une grâce pour la RDC

Pour Juvénal Munubo, la béatification de Floribert Bwana Chui constitue avant tout une grâce pour la République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’après la béatification de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, celle de Floribert Bwana Chui est venue consacrer un homme qui a choisi l’intégrité plutôt que les avantages de la corruption.

« Floribert était un fonctionnaire de l’OCC qui a refusé de laisser entrer des produits avariés sur le territoire national. Il a dit non à la corruption et en a payé le prix. C’est une grâce pour notre pays de compter parmi ses fils de tels exemples », souligne-t-il.

Un héritage difficile à mesurer

Interrogé sur l’impact concret de cette béatification dans la société congolaise, Juvénal Munubo reconnaît qu’il est difficile d’en faire immédiatement l’évaluation. Il estime que c’est à travers les comportements des dirigeants, des élus, des fonctionnaires et des gestionnaires des entreprises publiques que l’on pourra apprécier si le message porté par Floribert Bwana Chui a réellement fait progresser la lutte contre la corruption.

Juvénal Munubo est d'avis également que les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer dans cette évaluation en observant l’évolution des pratiques de gouvernance et de gestion des ressources publiques.

Dire non à la corruption pour construire le pays

Pour l’ancien parlementaire, l’exemple de Floribert Bwana Chui rappelle qu’il est possible de servir l’État avec honnêteté et de vivre de son salaire sans céder à la corruption.

« Avec la corruption, ce sont souvent quelques individus qui s’enrichissent tandis que la population demeure pauvre. La RDC est un pays potentiellement riche, mais la corruption empêche cette richesse de profiter à tous », explique-t-il.

L'ancien député du Nord-Kivu considère que la lutte contre ce fléau est indispensable pour assurer une meilleure répartition des richesses, renforcer la classe moyenne, réduire la criminalité et offrir davantage de perspectives à la jeunesse.

Un message porté auprès des responsables publics

Juvénal Munubo affirme qu’il ne manque aucune occasion de rappeler l’exemple de Floribert Bwana Chui dans ses échanges avec les responsables publics. Tout en s’interrogeant sur son propre parcours lorsqu’il était député national, il insiste sur la responsabilité de chaque détenteur d’un mandat public ou d’une fonction de gestion de l’État.

« Les Congolais comptent sur ceux qui gèrent les affaires publiques. Chacun doit faire sa part pour combattre la corruption et contribuer au développement du pays », plaide-t-il.

Floribert n’est pas mort pour rien

Face aux nombreux scandales de détournement des deniers publics qui continuent de défrayer la chronique, certains s’interrogent sur l’utilité du sacrifice de Floribert Bwana Chui. Pour Juvénal Munubo, cette lecture est erronée. 

Munubo compare son témoignage à une semence appelée à produire ses fruits avec le temps.

« On ne peut pas dire qu’il est mort pour rien. Le témoignage d’un martyr est comme une graine semée. Certaines tombent sur un sol fertile et finissent par porter du fruit », affirme-t-il.

Il établit également un parallèle avec Patrice Lumumba, dont le combat pour l’unité et l’intégrité territoriale de du Congo continue d’inspirer plusieurs générations de Congolais.

Un appel permanent à la conscience collective

Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui demeure ainsi, selon Juvénal Munubo, un symbole vivant de l’intégrité morale et du refus de la corruption.

Si les résultats de son héritage ne sont pas toujours immédiatement visibles, son exemple continue d’interpeller les responsables publics, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens sur leur devoir de servir l’intérêt général avec probité et responsabilité.


Affaires étrangères : la RDC lance son Schéma directeur numérique 2026-2030 avec l'appui de l'Union européenne

Le ministère des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise a officiellement lancé, jeudi 18 juin 2026 à Kinshasa, son Schéma directeur numérique (SDN) 2026-2030, une feuille de route destinée à accélérer la transformation digitale de l'administration diplomatique congolaise.

Présidant la cérémonie au nom de la ministre d'État, la vice-ministre Noëlla Ayeganagato a souligné que cette initiative s'inscrit dans la dynamique de modernisation de l'administration publique portée par le Programme d'action du gouvernement 2024-2028. Elle vise à doter le ministère des outils, des compétences et des infrastructures nécessaires pour répondre aux exigences d'un environnement international de plus en plus numérisé.

Le SDN prévoit notamment la modernisation des méthodes de travail, l'amélioration de la gestion de l'information, le renforcement de l'interconnexion entre les services ainsi que le développement de services plus performants au bénéfice des citoyens, de la diaspora et des partenaires internationaux.

L'Union européenne accompagne la transformation numérique

Partenaire de cette réforme, la Délégation de l'Union européenne en République Démocratique du Congo soutient le projet à travers l'instrument NDICI-Global Gateway Europe et la mission d'assistance technique au partenariat entre l'Union européenne et la RDC.

Fabrice Basile, chargé d'affaires de la Délégation de l'Union européenne, a salué une étape importante dans la modernisation du ministère des Affaires étrangères.

Selon lui, l'appui européen dépasse le simple accompagnement technique et traduit un engagement à renforcer l'efficacité, la transparence, la sécurité et l'accessibilité des services publics.

« L'Union européenne est fière de soutenir la mise en place de ce Schéma directeur numérique qui contribuera directement à l'amélioration des capacités du ministère et lui permettra de mieux remplir ses missions au service des citoyens et des intérêts de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

Le système de gestion électronique du courrier comme premier chantier

L'appui européen vise notamment à accompagner les premières étapes de mise en œuvre du SDN, avec comme projet phare le déploiement d'un système de gestion électronique du courrier et d'archivage (GEC), considéré comme le premier marqueur concret de cette transformation.

Plusieurs sessions de formation ont déjà été organisées au profit d'une cinquantaine d'agents de l'administration centrale, tandis qu'une centaine d'autres agents, notamment au sein des missions diplomatiques à l'étranger, devraient être formés à distance.

La mission d'assistance, prévue de mars à novembre 2026, repose sur un plan d'action comprenant dix actions prioritaires et plus de quarante tâches destinées à fournir au ministère une feuille de route opérationnelle pour sa transition numérique.

Des investissements déjà engagés

Le ministère a déjà entrepris plusieurs investissements structurants pour soutenir cette modernisation. Parmi les réalisations figurent le déploiement d'un réseau LAN et Wi-Fi au sein de l'administration centrale, l'acquisition d'un nouveau serveur informatique ainsi que l'aménagement en cours d'une salle dédiée à l'hébergement des infrastructures numériques.

La Banque mondiale a également annoncé la fourniture prochaine de 200 ordinateurs pour accompagner cet effort de modernisation.

Malgré certaines contraintes, notamment la faible intégration du service informatique dans le fonctionnement global du ministère, les partenaires saluent l'implication des autorités administratives et techniques dans la réussite du projet.

Un outil stratégique au service du mandat de la RDC à l'ONU

Cette réforme intervient dans un contexte particulier marqué par l'entrée en fonction de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027.

Pour les partenaires européens, la mise en place d'outils numériques sécurisés de gestion documentaire et de circulation de l'information constitue un atout important pour permettre au ministère de relever les défis liés à ce mandat international.

À travers ce Schéma directeur numérique, le ministère des Affaires étrangères entend renforcer sa souveraineté numérique, améliorer ses performances administratives et inscrire durablement le numérique au cœur de l'action diplomatique congolaise.


Mongala : la Prison militaire d’Angenga compte plus de 1.500 détenus, l’AJBS alerte sur le nombre élevé de condamnés à mort

La Prison militaire d'Angenga est historique et est confrontée à une forte population carcérale. L’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS), basée à Lisala, dans la province de la Mongala, a publié le 18 juin 2026 son rapport de monitoring sur la situation carcérale de la Prison militaire d’Angenga.

Située à environ 25 kilomètres de Lisala, au cœur de la forêt équatoriale, cette prison construite en 1959 dispose d’une capacité d’accueil de 1.500 détenus. Selon l’AJBS, elle héberge actuellement plus de 1.500 pensionnaires provenant de plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo ainsi que de pays étrangers.

Plus de 370 détenus en attente de jugement

Le rapport fait état de 74 inculpés, dont une majorité de civils détenus depuis plus de douze mois sans jugement définitif.

Par ailleurs, la prison compte 297 prévenus, répartis entre les juridictions de premier et de second degré. Parmi eux figurent plusieurs détenus, civils, militaires et étrangers, en détention préventive depuis plus d’une année, une situation qui soulève des préoccupations quant à la célérité du traitement des dossiers judiciaires.

Plus d’un millier de condamnés, dont 342 à la peine de mort

La catégorie des condamnés demeure la plus importante au sein de l’établissement pénitentiaire. Elle regroupe des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers purgeant des peines allant de quelques années de servitude pénale à la prison à perpétuité.

Selon les statistiques de l’AJBS, la prison d’Angenga compte 342 condamnés à mort, dont 134 militaires, 30 policiers, 167 civils et 11 étrangers. L’organisation affirme qu’il s’agit du nombre le plus élevé de condamnés à mort recensé dans une prison de la RDC.

Le rapport relève également la présence de 211 détenus condamnés à perpétuité, parmi lesquels des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers.

Des détenus étrangers également concernés

Parmi les condamnés à perpétuité figurent six étrangers, dont quatre Rwandais, un Ougandais et un Tanzanien. Onze autres étrangers sont condamnés à mort, notamment des ressortissants rwandais, ougandais et tanzaniens.

L’AJBS signale également la présence de femmes parmi certains détenus étrangers et civils condamnés à de longues peines.

L’AJBS plaide pour la commutation des peines de mort

Face à cette situation, l’Action des jeunes pour le bien-être social appelle les partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains à plaider auprès des autorités congolaises pour la commutation des peines de mort en peines de servitude pénale à perpétuité, voire en peines de vingt ans de prison.

L’organisation estime qu’une telle mesure contribuerait à améliorer les conditions de détention et à renforcer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté au sein de cette prison militaire considérée comme l’une des plus importantes du pays.