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dimanche 14 juin 2026

Human Rights Watch accuse le Rwanda et le M23 de recrutements forcés et de détentions abusives en RDC

L’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse les forces rwandaises et les rebelles du M23 d’avoir mené une vaste campagne de recrutement forcé et de détention arbitraire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Dans un rapport de 87 pages publié le 10 juin 2026, l’ONG documente de graves violations des droits humains commises entre mi-2024 et décembre 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon HRW, des milliers de civils, policiers, militaires congolais et combattants Wazalendo ont été arrêtés ou enrôlés de force, parfois avec la participation directe de militaires rwandais. Des enfants âgés d’à peine 12 ans figureraient également parmi les victimes.

Des camps de formation transformés en lieux de sévices

L’enquête met particulièrement en cause les camps militaires de Rumangabo et de Tshanzu, situés au Nord-Kivu. D’après les témoignages recueillis auprès de 102 anciens détenus, les recrues y ont subi des passages à tabac, des actes de torture, des privations de nourriture et de soins, ainsi que des travaux forcés.

Les personnes interrogées rapportent également des exécutions sommaires contre ceux qui tentaient de s’évader ou enfreignaient les règles imposées dans les camps. Plusieurs témoins évoquent des centaines de décès liés aux mauvais traitements, aux conditions de détention et aux exécutions. « La mort était partout », résume le titre du rapport de HRW.

Le rôle présumé des forces rwandaises

Selon l’organisation, de nombreux anciens détenus ont identifié des soldats rwandais lors des rafles et au sein de la chaîne de commandement des camps. Ces témoignages sont corroborés par des sources militaires, des services de renseignement et des responsables des Nations unies.

HRW estime que l’ampleur de la présence militaire rwandaise et son influence sur les opérations du M23 pourraient répondre aux critères d’une occupation belligérante au regard du droit international humanitaire, engageant ainsi la responsabilité des autorités rwandaises.

Des appels à des enquêtes et à des sanctions

L’organisation appelle les autorités congolaises à préserver les preuves des crimes présumés commis dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu et à engager des poursuites judiciaires. Elle exhorte également le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur ces faits en tant que possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Human Rights Watch demande par ailleurs aux Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et aux États-Unis de renforcer la pression sur Kigali et d’envisager de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables du M23 et des forces rwandaises impliqués dans ces abus.

La situation des ex-recrues détenues à Kinshasa

L’ONG s’inquiète également du sort de dizaines de personnes recrutées de force par le M23 puis arrêtées après leur reddition aux forces congolaises. Lors d’une mission menée en mai 2026 à la prison de Makala, à Kinshasa, HRW affirme avoir rencontré 34 détenus, dont 14 enfants, qui disent avoir été interrogés et détenus par les services de renseignement militaires avant leur transfert en prison.


Coupe du monde : la SNEL déploie un dispositif spécial pour garantir l’électricité à Kinshasa

Au lendemain de la signature de son contrat de performance, la Société nationale d’électricité (SNEL) a présenté le 10 juin 2026 à Kinshasa les moyens techniques qu’elle compte déployer pour améliorer la desserte en énergie électrique et garantir la stabilité du réseau durant la période de la Coupe du monde.

Lors d’une visite de ses ateliers, le directeur provincial de la SNEL Ville de Kinshasa, Zéphyrin Kazadi Kalonga, a détaillé les actions engagées pour réduire les perturbations et assurer une alimentation continue dans plusieurs quartiers de la capitale.bParmi les équipements présentés figure une cabine mobile entièrement équipée et tractable, conçue pour être déployée rapidement en cas de panne ou d’indisponibilité d’une cabine fixe.

La SNEL dispose également de groupes électrogènes mobiles pouvant être mobilisés à tout moment pour alimenter les zones affectées par une interruption du réseau.

Parallèlement, la SNEL a lancé un programme de remise en conformité de ses installations. Celui-ci prévoit notamment le remplacement progressif des transformateurs défectueux dans les cabines ayant connu des arrêts ou des dysfonctionnements. Les premières opérations ont déjà démarré et devraient permettre d’améliorer la qualité de la desserte dans plusieurs communes de Kinshasa.

Priorité aux quartiers sous-desservis

L’entreprise entend également accélérer l’électrification des quartiers encore privés de courant. C’est notamment le cas de la Cité de la Défense, située derrière la Base logistique de Bandalungwa et considérée comme l’une des principales « poches noires » de la capitale.

Selon Zéphyrin Kazadi Kalonga, une cabine destinée à alimenter ce quartier a déjà été construite dans les ateliers de la SNEL. Son installation a toutefois été retardée par l’absence d’un espace approprié.

« Nous avons déjà la cabine. Ce qui nous manquait, c’était un emplacement pour la placer », a-t-il expliqué, précisant qu’une solution a récemment été trouvée pour permettre l’avancement du projet. La visite a également permis de découvrir plusieurs modèles de cabines fabriquées localement dans les ateliers de la société, une démarche qui vise à réduire les délais d’intervention et à renforcer les capacités de déploiement du réseau.

Quartier Pigeon, un site stratégique sous haute surveillance

Au-delà de la desserte des ménages, la SNEL concentre une partie importante de ses efforts sur la sécurisation de l’alimentation électrique de Binza Pigeon dans la commune de Ngaliema, station technique où convergent les signaux audiovisuels destinés aux retransmissions télévisées.

Afin d’éviter toute interruption pendant les compétitions de la Coupe du monde, l’entreprise procède à l’installation d’une deuxième ligne moyenne tension reliant directement le site à la station UPN. Des équipes sont déjà à pied d’œuvre pour l’enfouissement des câbles et la mise en place des équipements nécessaires.

L’objectif est d’isoler Binza Pigeon du reste du réseau et de lui garantir plusieurs sources d’alimentation. En cas de défaillance de la ligne principale, le système pourra basculer automatiquement vers une autre source afin d’assurer la continuité de la diffusion des signaux.

Pour la SNEL, cette redondance est essentielle afin de prévenir toute interruption des retransmissions télévisées et radio liées à la Coupe du monde.

Une mobilisation générale pour fiabiliser le réseau

La société affirme être mobilisée sur tous les fronts, de la moyenne à la basse tension, en passant par la modernisation des cabines, le remplacement des transformateurs et le déploiement d’équipements de secours.

Les responsables de la SNEL assurent que ces investissements s’inscrivent dans une stratégie globale visant à offrir un service plus fiable aux abonnés de Kinshasa tout en garantissant la continuité de l’alimentation électrique durant l’un des plus grands événements sportifs mondiaux.


Eritedge RDC ambitionne d'accompagner la transformation et la formalisation de l'économie congolaise

Le réseau panafricain de conseil, d'audit et d'accompagnement des entreprises Eritedge a officiellement lancé le 9 juin 2026 à Kinshasa ses activités en République Démocratique du Congo. Cette implantation s'inscrit dans la dynamique de développement d'un groupe présent dans plusieurs pays d'Afrique francophone et animé par une ambition commune d'accompagner les acteurs économiques africains dans leur croissance et leur mise en conformité avec les standards internationaux.

Pour les responsables du réseau, Eritedge constitue aujourd'hui l'une des principales plateformes africaines de services professionnels. Présent dans neuf pays et couvrant dix-sept marchés africains, le groupe compte plus de 430 professionnels et une cinquantaine d'associés et managers, réalisant plus de 500 missions chaque année.

« Nous sommes un seul et même réseau, porté par la même vision et les mêmes ambitions, tout en restant attentifs aux spécificités de chaque marché », a expliqué la CEO d'Eritedge pour l'Afrique francophone, Arielle-Inès Séri Bamba.

Une continuité après la transformation d'EY en Afrique francophone

En RDC, Eritedge est issu de la transformation des activités d'EY en Afrique francophone. Selon Pierre-Alix Tchiongo, Managing Partner d'Eritedge RDC, le cabinet bénéficie d'une expérience solide sur le marché congolais.

« Nous étions présents en RDC depuis 2007 sous la bannière EY. Depuis le 1er mai 2026, nous opérons officiellement sous la marque Eritedge RDC en continuant à fournir l'ensemble de nos services à nos clients ».

Cette transition marque une nouvelle étape dans la volonté du réseau de renforcer son ancrage africain tout en conservant les standards internationaux qui ont fait sa réputation.

Accompagner les entreprises et sécuriser les investissements

Eritedge RDC entend se positionner comme un partenaire stratégique des entreprises, des investisseurs et des institutions opérant dans le pays.

Le cabinet intervient notamment dans les domaines de l'audit, de la fiscalité, de la conformité réglementaire, de la gestion des risques et du conseil aux entreprises.

« Notre ambition est d'être un partenaire de confiance qui accompagne les entreprises dans le respect de leurs obligations fiscales, réglementaires et sociales, tout en sécurisant leurs projets et leurs investissements », a souligné Pierre-Alix Tchiongo.

L'objectif est également d'aider les opérateurs économiques à créer davantage de valeur et à renforcer leur compétitivité dans un environnement économique en pleine mutation.

La formalisation de l'économie au cœur des priorités

Pour les dirigeants d'Eritedge, l'un des principaux défis du continent africain demeure l'importance du secteur informel. Ils estiment que cette situation résulte souvent d'un manque d'information, de formation et de compréhension des avantages liés à la structuration des activités économiques.

« Notre ambition est de contribuer à la structuration des marchés africains. Cela passe par la formation, le développement des compétences et l'accompagnement des entreprises vers davantage de formalisation ».

Dans cette perspective, Eritedge souhaite participer à l'émergence d'un tissu économique plus structuré, capable de générer davantage de richesses et d'élargir l'assiette fiscale des États.

Une présence nationale malgré les défis du contexte sécuritaire

Basé à Kinshasa avec un bureau également implanté à Lubumbashi, Eritedge RDC affirme disposer des capacités nécessaires pour intervenir sur l'ensemble du territoire national. Le cabinet accompagne déjà des entreprises opérant dans plusieurs provinces et adapte ses méthodes de travail aux réalités locales.

Concernant la situation sécuritaire dans l'Est du pays, Pierre-Alix Tchiongo reconnaît l'impact des conflits sur certaines activités économiques, tout en soulignant que les outils numériques permettent aujourd'hui de maintenir une partie des services à distance.

« Même lorsque les déplacements sont compliqués, nous continuons à accompagner nos clients grâce aux solutions digitales et aux nouvelles technologies ».

Un trait d'union entre le secteur privé et les pouvoirs publics

Au-delà de ses missions traditionnelles de conseil, Eritedge RDC souhaite jouer un rôle de facilitateur entre les entreprises et les institutions publiques.

Le cabinet ambitionne de contribuer à l'amélioration de la gouvernance économique, à la promotion des bonnes pratiques et à l'accompagnement des réformes nécessaires à la transformation de l'économie congolaise.

« Nous voulons être un trait d'union entre les autorités publiques et le monde économique afin de permettre à chacun de participer pleinement à la modernisation et au développement de l'économie congolaise », a conclu Pierre-Alix Tchiongo.


Conseil d’État : la requête de Déogratias Namegabe contre l’UNISIC rejetée

Le Conseil d’État a rejeté la requête en référé-liberté introduite par Déogratias Namegabe Mwegekwa contre la rectrice de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) ainsi que l’État congolais représenté par le ministre de la Justice.

Dans sa requête déposée le 15 avril 2026, le demandeur sollicitait la suspension de la décision n°018/2026 du 2 février 2026 portant retrait de sa charge horaire. Il réclamait également la régularisation de l’ensemble des primes et émoluments qui auraient été retenus durant cette période, sous peine d’une astreinte équivalente à 100 dollars américains par jour de retard.

L’affaire a été examinée lors de l’audience du 6 mai 2026 avant d’être prise en délibéré.

Le travail reconnu comme un droit, mais pas comme une liberté fondamentale

Dans son ordonnance rendue le 28 mai 2026, le juge des référés du Conseil d’État rappelle que l’article 36 de la Constitution congolaise reconnaît le travail comme un droit et un devoir sacré pour chaque Congolais.

Toutefois, la juridiction administrative souligne que si ce droit bénéficie d’une protection constitutionnelle, il relève de la catégorie des droits sociaux et non de celle des libertés fondamentales.

Le Conseil d’État estime dès lors que la condition essentielle permettant d’obtenir un référé-liberté n’est pas remplie. Selon la jurisprudence constante de la haute juridiction administrative, les conditions d’octroi d’un référé-liberté étant cumulatives, l’absence d’atteinte à une liberté fondamentale suffit à écarter la demande, sans qu’il soit nécessaire d’examiner les autres critères.

Une requête déclarée recevable mais non fondée

Après examen du dossier, le juge des référés a rejeté les moyens préalables soulevés par les défendeurs, les déclarant non fondés.

En revanche, la requête de Déogratias Namegabe Mwegekwa a été jugée recevable dans sa forme mais non fondée sur le fond. Le Conseil d’État a donc décidé de la rejeter.

L’ordonnance précise que cette décision prend effet à compter de sa notification aux parties et qu’elle sera publiée au Journal officiel de la République Démocratique du Congo ainsi que dans les bulletins des arrêts et avis du Conseil d’État.

Une décision rendue en chambre du conseil

L’ordonnance a été rendue en chambre du conseil le 28 mai 2026 par le magistrat Mongu Nkanga, juge des référés, assisté du greffier Mite Kabamba Franck. Cette décision réaffirme la distinction opérée par le droit congolais entre les droits sociaux et les libertés fondamentales, distinction déterminante dans l’appréciation des recours introduits en référé-liberté devant le Conseil d’État.


Kinshasa : la polémique des mises en fourrière refait surface après l’enlèvement d’un véhicule devant un domicile

Mme Jodelle Libya contrainte de payer 150 dollars pour récupérer sa voiture et la controverse autour des opérations de mise en fourrière menées à Kinshasa refait surface après l'enlèvement d'un véhicule devant une résidence privée sur l'avenue l'avenue Kasa-Vubu, direction Shaba-Gambela) dans la commune de Kasa-Vubu.

Selon le témoignage de la propriétaire, les faits se sont produits le 10 juin 2026 entre 13 et 14 heures. Son chauffeur venait de ramener les enfants de l'école et avait stationné le véhicule devant le portail de l'immeuble le temps de les accompagner à l'intérieur.

À son retour, il découvre que les agents de la fourrière, à bord du camion communément appelé « Kikalungu », étaient déjà en train d'embarquer la voiture.

« Il leur a expliqué que nous habitons ici et qu'il venait simplement de déposer les enfants. Ils n'ont rien voulu entendre », affirme Jodelle Libya.

Alertée quelques instants plus tard, la propriétaire n'a pas eu le temps d'intervenir. Le véhicule avait déjà quitté les lieux.

Une facture jugée injustifiée

Après avoir retrouvé le lieu où la voiture avait été conduite, la famille s'est vu réclamer 150 dollars américains pour sa restitution. Une somme que la propriétaire conteste vigoureusement.

« Sur quelle base devons-nous payer 150 dollars ? Le véhicule était devant notre propre portail. Nous n'avons commis aucune contravention et nous ne gênions pas la circulation », dénonce-t-elle.

Elle estime d'autant plus incompréhensible cette mesure que de nombreux véhicules restent stationnés pendant des jours, voire des semaines, sur certaines avenues de la capitale sans être inquiétés.

Une série de plaintes récurrentes à Kinshasa

Ce n'est pas la première fois que les services de fourrière font l'objet de critiques à Kinshasa. Au cours des dernières années, plusieurs automobilistes ont dénoncé des enlèvements jugés abusifs de véhicules stationnés devant des habitations, des commerces ou des bureaux.

Dans certains cas, les propriétaires avaient affirmé ne pas avoir bénéficié d'explications claires sur l'infraction reprochée ni sur la grille tarifaire appliquée pour récupérer leurs véhicules.

Des organisations de défense des droits des usagers de la route et des mouvements citoyens ont également, à plusieurs reprises, appelé les autorités à mieux encadrer les opérations de remorquage afin de prévenir les abus et de garantir le respect des procédures.

Les critiques portent notamment sur l'absence de sensibilisation préalable, le manque de transparence concernant les amendes réclamées ainsi que le caractère parfois sélectif des opérations de contrôle.

Des questions sur la légalité et la transparence des opérations

Cette nouvelle affaire relance le débat sur les conditions dans lesquelles les véhicules sont mis en fourrière dans la capitale.

Pour de nombreux automobilistes, la lutte contre le stationnement anarchique ne devrait pas se traduire par des mesures perçues comme arbitraires ou disproportionnées.

Face à la multiplication des plaintes, plusieurs observateurs estiment qu'une clarification des règles de mise en fourrière, des montants exigés et des voies de recours s'impose afin d'éviter que ces opérations ne continuent d'alimenter les tensions entre les usagers et les services chargés de la circulation routière.


RDC : du coltan lié au conflit du M23 retrouvé dans les chaînes d’approvisionnement de géants de la technologie

Une enquête de Global Witness met en cause des exportateurs rwandais et elle révèle que du coltan extrait dans des zones de conflit de l’est de la RDC pourrait se retrouver dans les chaînes d’approvisionnement de grandes entreprises technologiques et industrielles, notamment Sony Group Corporation, Microsoft, Amazon, LG Display, Ericsson, Toyota, Nvidia et Vodafone.

Selon l’organisation, cinq des sept principaux exportateurs rwandais de coltan auraient acheté du minerai introduit clandestinement depuis les mines de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, sous le contrôle du groupe armé M23.

Rubaya, une mine stratégique au cœur du conflit

Située dans l’est de la RDC, la zone minière de Rubaya représente environ 15 % de la production mondiale de coltan, un minerai indispensable à la fabrication des smartphones, ordinateurs et autres équipements électroniques.

D’après Global Witness, ces mines sont occupées depuis près de deux ans par le M23, groupe armé soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux.

Le mouvement rebelle tirerait d’importants revenus de l’exploitation minière pour financer ses opérations militaires.

L’ONG souligne également que le M23 est accusé de graves violations des droits humains, notamment des violences sexuelles, des homicides et le recrutement forcé d’enfants.

Des circuits de contrebande vers l’Asie

À l’issue d’une enquête menée pendant un an, Global Witness affirme avoir identifié des réseaux de contrebande acheminant le coltan extrait à Rubaya vers le Rwanda avant sa revente à des fonderies situées principalement en Chine et au Kazakhstan, souvent par l’intermédiaire de négociants.

L’organisation évoque une implication de responsables rwandais dans ce commerce et estime que les volumes de minerai introduits illicitement atteignent des niveaux sans précédent.

Cette enquête prolonge des révélations publiées en 2025 selon lesquelles le négociant européen Traxys aurait acquis du coltan provenant de zones contrôlées par le M23.

L’échec des mécanismes de traçabilité

Le rapport met en cause les systèmes internationaux censés garantir un approvisionnement responsable en minerais.

Selon Global Witness, le programme de traçabilité ITSCI, utilisé par de nombreuses entreprises pour éviter l’intégration de minerais de conflit dans leurs chaînes d’approvisionnement, n’aurait pas permis de détecter une partie importante du coltan de contrebande.

L’ONG estime également que du minerai issu des zones sous contrôle du M23 aurait pu être intégré dans le système alternatif Better Mining.

Les audits réalisés dans le cadre de la Responsible Minerals Initiative (RMI) sont également critiqués pour leur incapacité à identifier d’importants volumes de coltan liés au conflit.

Global Witness appelle à des sanctions

Pour Alex Kopp, conseiller politique et plaidoyer chez Global Witness, les résultats de l’enquête démontrent que « la plupart des grands exportateurs de coltan du Rwanda achètent du coltan de conflit provenant des zones de guerre en RDC ».

Il estime que les entreprises internationales n’ont pas suffisamment assaini leurs chaînes d’approvisionnement et appelle les États à prendre des mesures contraignantes afin de sanctionner les acteurs qui financent indirectement les activités du M23 et son occupation de territoires congolais.

Les entreprises contestent ou défendent leurs pratiques

Plusieurs sociétés citées dans le rapport ont réagi aux accusations. Toyota affirme poursuivre une politique d’approvisionnement excluant les minerais contribuant aux conflits. Sony indique exiger de ses fournisseurs le respect de son code de conduite et de ses règles de diligence raisonnable. Ericsson souligne que les fonderies mentionnées étaient conformes aux exigences de la RMI tout en promettant d’examiner les cas signalés.

De leur côté, Traxys, ITSCI, Better Mining et la RMI contestent les conclusions de l’ONG. Nvidia, Amazon, Microsoft, Vodafone et LG Display n’ont pas répondu aux sollicitations de Global Witness.

Une enquête fondée sur des données commerciales et des témoignages

L’enquête couvre la période allant de 2023 à septembre 2025. Global Witness indique avoir analysé des données douanières et commerciales, mené plus de 70 entretiens avec des représentants des communautés locales, du secteur privé, de la société civile et du monde universitaire, puis recoupé ces informations avec des rapports des Nations unies et d’autres organisations spécialisées.

Selon l’ONG, ces travaux ont permis de retracer les principaux flux commerciaux de coltan entre la RDC, le Rwanda et les marchés internationaux.


RDC : Plainte contre plusieurs opposants politiques pour “violation de la Constitution et tentative de renversement du régime”

Un citoyen congolais répondant au nom de Clément Tshietshiam Muntu’abu a déposé une plainte le 10 juin 2026 visant plusieurs personnalités politiques, notamment Martin Fayulu Madidi, Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Moïse Katumbi Chapwe et Matata Ponyo Mapon, ainsi que d’autres membres présumés de la coalition dite “C-64”.

Des accusations de violation de la Constitution et de rébellion

La plainte repose sur les articles 63 et 64 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, ainsi que sur plusieurs dispositions du Code pénal congolais, notamment celles relatives à la rébellion et à l’association de malfaiteurs.

Selon le conseil du plaignant, les personnes visées auraient constitué un groupe politique, présenté comme la “coalition C-64”, qui appellerait à des actions considérées comme contraires à l’ordre constitutionnel.

La plainte estime que ces initiatives constitueraient une tentative de remise en cause des institutions établies et du régime constitutionnel en vigueur. Elle soutient par ailleurs que l’article 64 de la Constitution, qui encadre la défense de l’ordre constitutionnel contre toute prise de pouvoir par la force, serait invoqué de manière erronée par les mis en cause.

Argumentaire de la défense du plaignant

Pour la partie plaignante, le président de la République en fonction aurait été régulièrement élu et exercerait ses fonctions dans le cadre légal, excluant ainsi toute justification d’une opposition fondée sur une prétendue illégalité du pouvoir.

La plainte affirme également que les actes reprochés à la coalition C-64 traduiraient une volonté de désobéissance civile et de déstabilisation institutionnelle, et que les personnes concernées devraient répondre de leurs actes devant la justice.

Défendre l’État et la Constitution

Après le dépôt de la plainte, Clément Tshietshiam a confirmé sa démarche, estimant agir en tant que citoyen congolais dans le cadre du devoir de protection de l’État prévu à l’article 63 de la Constitution.

Selon lui, le groupe C-64 ferait une lecture erronée de la Constitution en revendiquant l’article 64 pour justifier ses positions politiques. Il affirme que les institutions de l’État sont légitimement établies et qu’aucune action ne peut être entreprise en dehors du cadre légal.

Il soutient que la démarche vise à amener les personnes concernées à répondre de leurs actes devant la justice et à démontrer le bien-fondé de leurs revendications.

Le plaignant insiste également sur la nécessité, selon lui, de protéger la stabilité du pays et de prévenir toute tentative de déstabilisation institutionnelle.

Position de Me Brigitte Mayombo

Me Brigitte Mayombo, avocate de Clément Tshietshiam, a justifié le dépôt de la plainte en soulignant son fondement constitutionnel et la gravité des faits dénoncés. Elle explique que son client agit dans l’esprit de l’article 63 de la Constitution, qui consacre le droit et le devoir de tout Congolais de défendre la Nation et son intégrité territoriale. Selon elle, les faits reprochés pourraient relever d’une violation de l’article 64 de la Constitution ainsi que d’infractions pénales liées à la rébellion et à l’atteinte à l’ordre institutionnel.

L’avocate précise que la démarche est strictement juridique et non politique, et qu’il appartient au ministère public d’apprécier les faits, de les qualifier juridiquement et de décider de l’opportunité des poursuites.

Une procédure encore au stade initial

À ce stade, aucune décision judiciaire n’a encore été rendue. Le dossier est désormais entre les mains du parquet, qui devra examiner la recevabilité et la suite éventuelle à donner à la plainte.


Beni : le CIDHC dénonce une nouvelle attaque des ADF et réclame des enquêtes indépendantes

Le Consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC) a condamné avec fermeté l’attaque attribuée aux rebelles des ADF survenue dans la nuit du 10 au 11 juin 2026 dans la cellule Munzambaye, commune de Ruwenzori, à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu.

Selon les informations relayées par des acteurs de la société civile locale, l’incursion a fait au moins trois morts parmi les civils. Plusieurs personnes auraient également été enlevées et six habitations incendiées. L’attaque a provoqué un mouvement de déplacement de la population vers des zones considérées comme plus sûres, accentuant le climat de peur qui règne dans la ville.

Des questions sur l’efficacité du dispositif sécuritaire

Dans sa déclaration, le CIDHC s’interroge sur l’efficacité des dispositifs de sécurité déployés dans la région. L’organisation souligne que l’attaque s’est produite au sein même de la ville de Beni, où sont installés les principaux centres de commandement des opérations militaires, notamment Sokola I, les forces conjointes FARDC-UPDF engagées dans l’opération Shujaa, ainsi que les contingents de la MONUSCO.

Pour le consortium, cette nouvelle tragédie soulève de sérieuses préoccupations quant à la capacité des forces présentes à assurer la protection des populations civiles dans une zone fortement militarisée.

Une série de massacres qui se poursuit

Le CIDHC rappelle que cette attaque s’ajoute à une longue liste de violences ayant frappé le territoire de Beni ces dernières années. L’organisation cite notamment les massacres de Ngadi, Vemba et Mbau, qui ont coûté la vie à des centaines de civils.

Selon elle, la répétition de ces attaques malgré une importante présence militaire traduit les limites des mécanismes actuels de protection des populations.

Cinq exigences adressées aux autorités

Face à cette nouvelle attaque, le CIDHC demande l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes afin d’établir les circonstances exactes des faits et d’identifier les éventuelles défaillances sécuritaires.

L’organisation réclame également la poursuite et le jugement des auteurs de ces crimes, le renforcement urgent de la protection des civils à Beni et dans les zones environnantes, ainsi qu’une évaluation transparente de l’efficacité des opérations Sokola I et Shujaa et de leur coordination avec la MONUSCO.

Enfin, elle plaide pour une assistance humanitaire et psychosociale en faveur des familles des victimes, des blessés et des personnes déplacées.

Solidarité avec les populations de Beni

Le CIDHC a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et réaffirmé sa solidarité avec les habitants de Beni, qui continuent de subir les conséquences de l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.

La déclaration est signée à Goma par les co-présidents du consortium, Me Jean-Paul Paluku Ngahangondi et Pitchou Shomongo Mbey Roland.


Beni : la VSV condamne une nouvelle attaque meurtrière et appelle à une réaction urgente de l’État

La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV) a condamné avec fermeté l’attaque attribuée aux rebelles ADF/NALU survenue le jeudi 11 juin 2026 à l’aube dans le quartier Boikene, commune de Ruwenzori, à Beni, au Nord-Kivu.

Selon l’organisation, cette incursion a fait au moins trois morts, dont un jeune homme brûlé vif alors qu’il se trouvait avec d’autres personnes autour d’un feu.

Des coups de feu ont également été entendus et plusieurs habitations incendiées, causant d’importants dégâts matériels et semant la panique au sein de la population.

Une insécurité persistante malgré le dispositif militaire

Pour la VSV, cette nouvelle tragédie s’inscrit dans une série d’attaques visant les populations civiles de Beni. L’organisation estime que la répétition de ces violences, malgré le renforcement de la présence militaire dans la région, soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité des mesures de sécurité mises en place.

La VSV rappelle que Beni abrite désormais provisoirement les institutions provinciales du Nord-Kivu et devrait, à ce titre, bénéficier d’une protection renforcée. Pourtant, déplore-t-elle, de nombreux habitants ont le sentiment d’être abandonnés face à l’insécurité grandissante.

Le souvenir des récents massacres

La VSV souligne que cette attaque intervient quelques jours seulement après les massacres enregistrés dans la nuit du 30 mai 2026 dans le quartier Ngadi et sur l’axe Vemba-Katota, où une vingtaine de personnes, dont des membres de la communauté pygmée, avaient été tuées.

Selon l’organisation, la multiplication de ces attaques nourrit la colère et l’incompréhension des populations locales qui réclament des réponses concrètes des autorités.

Des mesures urgentes réclamées

La VSV rappelle que la protection des civils constitue une obligation fondamentale de l’État congolais et considère que toute défaillance dans ce domaine porte atteinte aux droits humains.

L’organisation appelle les autorités compétentes à ouvrir une enquête approfondie afin d’identifier et de poursuivre les auteurs de cette attaque, en collaboration avec les mécanismes de lutte contre l’impunité.

La VSV demande également le renforcement immédiat des dispositifs sécuritaires à Beni et dans ses environs, l’amélioration des capacités opérationnelles des forces de sécurité ainsi qu’une assistance matérielle et humanitaire aux familles des victimes et aux populations affectées.

Prioriser la sécurité des populations

La VSV exhorte enfin les autorités nationales à faire de la sécurité des populations de Beni et de l’Est du pays une priorité absolue, estimant que les enjeux politiques en cours ne doivent pas reléguer au second plan l’urgence de protéger les civils contre les violences armées.


RDC : le BCNUDH alerte sur une hausse des violations des droits humains en mars 2026

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a enregistré 524 violations et atteintes aux droits humains en République Démocratique du Congo au cours du mois de mars 2026, soit une hausse de 13 % par rapport aux 478 cas documentés en février 2026.

Selon le BCNUDH, cette augmentation reflète une détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, alimentée par l’intensification des affrontements armés dans l’est du pays et la persistance d’abus dans d’autres zones sous contrôle de l’État.

Les provinces touchées par les conflits concentrent l’essentiel des cas recensés, avec 451 violations, soit 83 % du total. Le Nord-Kivu arrive en tête avec 287 cas, suivi du Sud-Kivu (98), de l’Ituri (60) et du Maniema (6).

Les violences sexuelles restent préoccupantes

Le BCNUDH a documenté 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits ayant affecté 70 victimes, dont 53 femmes et 17 filles. Bien que ce chiffre soit inférieur aux 101 victimes recensées en février 2026, le Bureau met en garde contre toute interprétation hâtive. Les restrictions d’accès humanitaire et la dégradation de la sécurité limitent considérablement la capacité à identifier et documenter les survivantes.

Le Nord-Kivu concentre 43 % des victimes enregistrées, devant l’Ituri (24 %), le Sud-Kivu (23 %) et le Maniema (10 %). Les groupes armés demeurent les principaux responsables de ces violences avec 63 % des victimes documentées. Les acteurs étatiques sont quant à eux impliqués dans 37 % des cas, soit 26 victimes, dont 19 femmes et 7 filles.

Une pression croissante sur l’espace civique

Le rapport fait également état d’une dégradation de l’espace civique. Vingt-et-une violations des droits humains liées aux libertés publiques ont été recensées en mars 2026, contre 13 le mois précédent.

Ces atteintes ont concerné 19 victimes, toutes de sexe masculin, dans un contexte marqué par la montée des tensions sécuritaires et politiques, le renforcement du contrôle de l’information et une sensibilité accrue des autorités et des groupes armés aux voix critiques.

Défenseurs des droits humains et journalistes accompagnés

Dans le cadre de ses activités de protection, le BCNUDH a documenté huit cas individuels de menaces ou d’atteintes impliquant l’AFC/M23, des agents de la Police nationale congolaise (PNC), des militaires des FARDC ainsi que des services de renseignement.

À la suite de ces interventions, 19 personnes, dont deux femmes, ont bénéficié d’un accompagnement comprenant des conseils en autoprotection, un appui en plaidoyer et un suivi individualisé. Parmi elles figurent 17 défenseurs des droits humains et deux journalistes.

Des condamnations et des actions de sensibilisation

Au cours de la même période, quatre procédures judiciaires visant trois militaires des FARDC et un policier ont abouti à trois condamnations, tandis qu’un militaire a été acquitté.

Par ailleurs, le BCNUDH a organisé neuf sessions de formation et de sensibilisation à travers le pays au profit de 778 participants, dont 221 femmes.

Ces activités ont réuni des membres de la société civile, des magistrats, des défenseurs des droits humains, des agents de l’État, des étudiants ainsi que des membres des forces de défense et de sécurité.

Selon le Bureau, ces actions visent à renforcer la prévention des violations des droits humains en améliorant la connaissance des normes et des mécanismes de protection par les différents acteurs concernés.


Partenariat RDC–États-Unis : Judith Suminwa lance la Task force de suivi des accords économiques

Une coordination gouvernementale est mise en place pour accélérer la mise en œuvre des engagements. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, le 11 juin 2026 à la Primature, la première réunion de la Task force chargée du suivi de la mise en œuvre des accords économiques conclus entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis.

Cette structure, placée sous l’autorité de la Cheffe du Gouvernement, a examiné l’état d’avancement des engagements pris par les deux parties ainsi que le calendrier des différentes échéances prévues dans le cadre de ce partenariat stratégique. Les travaux ont été présentés par le Vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, qui représente la RDC au sein du comité de pilotage conjoint.

Une cinquantaine de projets déjà soumis

Selon Daniel Mukoko Samba, cette première réunion marque le démarrage effectif du dispositif de coordination destiné à permettre à la RDC de respecter ses engagements et de maximiser les retombées de l’accord. Il a indiqué que plusieurs mécanismes prévus par le partenariat sont déjà opérationnels. Le comité de pilotage conjoint a notamment été installé, tandis que la première liste des réserves d’actifs stratégiques a été transmise à la RDC.

Le gouvernement congolais a par ailleurs soumis à la partie américaine une cinquantaine de projets stratégiques destinés à soutenir le développement du pays. Kinshasa attend désormais les observations et la réponse de Washington sur ces propositions.

Un appui américain pour renforcer les recettes publiques

La réunion a également abordé la question de l’assistance technique proposée par le Bureau du Trésor américain. D’après le ministre de l’Économie nationale, cet accompagnement vise à améliorer les capacités de la RDC en matière de mobilisation des recettes publiques. Les autorités américaines estiment que certains potentiels fiscaux et économiques restent insuffisamment exploités et souhaitent mettre à disposition leur expertise pour renforcer les mécanismes de collecte et de gestion des ressources.

Des financements au-delà des États-Unis

Daniel Mukoko Samba a tenu à préciser que les financements liés à ce partenariat ne proviendront pas exclusivement des États-Unis. Selon lui, les accords prévoient la mise en place de mécanismes capables de mobiliser des ressources auprès de plusieurs partenaires financiers et investisseurs internationaux. Cette approche concerne notamment les grands projets d’infrastructures, à l’image du projet Inga, ainsi que les initiatives de développement économique et les projets miniers retenus dans le cadre de la coopération bilatérale.

Plusieurs ministères mobilisés

La rencontre a réuni plusieurs membres du Gouvernement ainsi que les représentants des ministères directement impliqués dans l’exécution des accords. Étaient notamment représentés les ministères du Budget, des Finances, de l’Économie nationale, des Mines, du Portefeuille, des Affaires étrangères, du Plan, des Ressources hydrauliques et Électricité, ainsi que de la Communication et Médias.

À travers cette Task force, le Gouvernement entend assurer un suivi régulier des engagements pris dans le cadre du partenariat stratégique RDC–États-Unis et accélérer la concrétisation des projets prioritaires identifiés.


Affaire Sharp-Catalán : une ONG réclame la poursuite des enquêtes malgré l’arrêt de la Haute Cour militaire

Une décision judiciaire saluée, mais jugée incomplète par la Dynamique Justice État de Droit (DYJED) qui estime que l’arrêt rendu le 5 juin 2026 par la Haute Cour Militaire dans l’affaire de l’assassinat des experts des Nations unies Michael Sharp et Zaida Catalán ne doit pas marquer la fin des investigations.

Dans un communiqué publié le 11 juin 2026, l’organisation prend acte de la décision qui a confirmé partiellement les condamnations de 49 personnes, dont 27 prévenus détenus et 22 autres jugés par défaut. Tous ont été condamnés à la peine de mort pour leur implication dans ce dossier.

La Haute Cour Militaire a également requalifié certaines charges, entraînant un alourdissement de plusieurs peines. C’est notamment le cas du colonel Jean Mambweni, dont la condamnation est passée de dix ans de prison à la peine capitale.

La DYJED félicite néanmoins la juridiction militaire pour le travail accompli dans des conditions qu’elle qualifie de particulièrement difficiles.

Des fugitifs et des témoins toujours introuvables

L’organisation regrette toutefois que, depuis l’ouverture du procès en appel en octobre 2022, les autorités congolaises n’aient pas fourni un soutien suffisant aux parquets militaires pour retrouver les personnes toujours en fuite ainsi que les accompagnateurs des deux experts disparus depuis les faits.

Selon la DYJED, l’identification et l’audition de ces personnes auraient pu permettre d’éclairer davantage les circonstances du double assassinat et d’établir d’éventuelles responsabilités supplémentaires.

Un dossier qui continue de soulever des questions

Michael Sharp et Zaida Catalán avaient été tués le 12 mars 2017 près du village de Moyo Musuila, dans la province du Kasaï Central, alors qu’ils enquêtaient sur les violences liées au mouvement Kamwina Nsapu.

Les deux experts étaient accompagnés de leur interprète congolais, Betu Tshintela, ainsi que de trois conducteurs de motos-taxis : Isaac Kabuayi, Pascal Nzala et un dénommé Moïse, dont le nom complet reste inconnu. Aucun d’entre eux n’a été retrouvé à ce jour.

Par ailleurs, l’ambassade des États-Unis en RDC avait annoncé en décembre 2024 une récompense de cinq millions de dollars américains pour toute information permettant l’arrestation de quatre suspects toujours recherchés : Evariste Ilunga Lumu, alias « Beau-Gars », Mérovée Mutombo, Gérard Kabongo et Jean Kutenelu Badibanga.

La DYJED appelle à une mobilisation des autorités

Pour l’organisation, les enquêtes doivent se poursuivre afin de retrouver les fugitifs et de localiser les personnes toujours portées disparues, qu’elles soient vivantes ou décédées.

La DYJED estime que les informations susceptibles d’être recueillies pourraient conduire à une meilleure compréhension des faits et, éventuellement, à une réévaluation des responsabilités déjà établies par la justice.

Elle appelle ainsi le gouvernement congolais à mobiliser l’ensemble des services compétents de sécurité et de justice afin d’appuyer les autorités judiciaires dans la recherche des personnes recherchées et dans la poursuite des investigations.

Selon l’organisation, seule une telle démarche permettra de garantir une justice complète dans l’une des affaires les plus emblématiques de l’histoire récente de la RDC.


Beni : l’ACOFEPE dénonce l’agression d’une journaliste et appelle à des poursuites

Une reporter a été attaquée à proximité de son domicile et l’Association congolaise des femmes de presse écrite (ACOFEPE) a condamné avec fermeté l’agression dont a été victime la journaliste indépendante Guilaine Kahumula dans la ville de Beni, au Nord-Kivu.

Dans un communiqué publié le 12 juin 2026, l’organisation indique que la journaliste a été attaquée dans la nuit de dimanche 7 à lundi 8 juin 2026 au quartier Matonge par des hommes armés non identifiés circulant à moto.

Selon les informations recueillies, les assaillants l’ont interceptée à quelques mètres de son domicile, avant de la plaquer contre un mur et de lui arracher son sac à main.

D’après le témoignage de la victime, le sac contenait notamment ses cartes de service, sa carte d’électeur, 150.000 francs congolais ainsi que 80 dollars américains.

Un contexte sécuritaire préoccupant pour les journalistes

Pour l’ACOFEPE, cette agression constitue une atteinte grave à la sécurité des professionnels des médias, particulièrement des femmes journalistes qui exercent leur métier dans un environnement déjà marqué par de nombreux défis sécuritaires.

L’association estime que de tels actes contribuent à instaurer un climat de peur susceptible d’entraver le libre exercice du journalisme et de porter atteinte à la liberté de la presse.

La ville de Beni, longtemps confrontée à l’insécurité liée aux groupes armés dans la région du Nord-Kivu, demeure un environnement difficile pour les journalistes appelés à couvrir les questions sécuritaires et sociales.

L’ACOFEPE réclame une enquête

Face à cette situation, l’ACOFEPE appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes afin d’identifier, retrouver et traduire les auteurs de cette agression devant les juridictions compétentes.

L’organisation exhorte également les services de sécurité à renforcer les mesures de protection des journalistes ainsi que de l’ensemble de la population de Beni.

Solidarité avec la victime

L’Association congolaise des femmes de presse écrite exprime enfin sa solidarité à l’endroit de Guilaine Kahumula et lui souhaite un prompt rétablissement après cette épreuve.

Dans plusieurs provinces de l’est de la RDC, les organisations de défense de la liberté de la presse continuent de signaler des cas de menaces, d’agressions et d’atteintes à la sécurité des journalistes, dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile.


Réformes constitutionnelles : le MSCO plaide pour le dialogue et une approche consensuelle

Le Mouvement des sociétés civiles du Congo (MSCO) affirme suivre avec attention le colloque national des scientifiques consacré aux réformes constitutionnelles en République Démocratique du Congo. Organisées à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi dans une première phase, ces assises réunissent notamment plusieurs membres de l'organisation qui y prennent une part active.

La société civile appelée à jouer son rôle de force de proposition

Dans une déclaration signée par son président national ad intérim, le Dr Joseph Baraka Musombwa, le MSCO rappelle que la société civile constitue l'une des principales forces vives du pays. À ce titre, elle estime être en mesure d'apporter, en toute neutralité, des propositions susceptibles de contribuer à la résolution des crises sociopolitiques qui secouent le pays.

L'organisation cite notamment les conflits armés qui continuent d'affecter les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, causant de lourdes pertes humaines et de nombreux déplacements de populations.

Une option centriste pour préserver l'unité nationale

Face aux défis actuels, le cabinet du président national du MSCO et la première conseillère du Cadre de concertation de la société civile invitent les acteurs de la société civile à privilégier une approche centriste. Selon eux, cette démarche doit permettre d'encourager les responsables politiques à s'attaquer aux causes profondes des conflits armés.

L'objectif, souligne le mouvement, est de préserver l'unité de la République Démocratique du Congo, de renforcer sa sécurité et de favoriser son développement sur les plans politique, économique et social.

Le dialogue inclusif comme voie vers une paix durable

Le MSCO exhorte également les participants au colloque national à promouvoir un dialogue national inclusif. L'organisation estime qu'un consensus apaisé entre les acteurs politiques demeure indispensable pour régler pacifiquement les différends et consolider une paix durable.

Pour le mouvement, la stabilité du pays constitue le socle du développement intégral de la RDC, aussi bien pour les générations actuelles que futures.

« On n'impose pas ses intentions à la société civile. C'est plutôt à la société civile de les orienter dans l'intérêt général et pour le bien-être de tous », a déclaré le Dr Joseph Baraka Musombwa, président national ad intérim du MSCO et premier conseiller du Cadre de concertation de la société civile.


RDC : le nouveau comité de gestion de l’ONIP prend officiellement ses fonctions

L’Office National d’Identification de la Population (ONIP) a officiellement installé son nouveau comité de gestion le 11 juin 2026 à Kinshasa, lors d’une cérémonie de remise et reprise présidée par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières.

La nouvelle équipe est composée d’Aristide Bulakali, président du Conseil d’administration, de Marcellin Basengezi Mukolo, directeur général, de Sumanza Koy, directeur général adjoint, et d’Eugénie Kibaliamuni, directrice générale adjointe chargée de l’Administration et des Finances.

Accélérer les réformes de l’identification nationale

Le directeur général Marcellin Basengezi Mukolo a remercié le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, la Première ministre Judith Suminwa ainsi que le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, pour la confiance placée en la nouvelle équipe dirigeante.

Il a également rendu hommage au comité sortant dirigé par Richard Ilunga, saluant les avancées enregistrées dans la mise en place du système national d’identification de la population.

Le nouveau comité entend poursuivre et accélérer les réformes déjà engagées, notamment autour du Fichier général de la population, de la Carte nationale d’identité et du déploiement du Système national d’identification de la population.

La carte d’identité parmi les priorités

Pour la nouvelle direction, l’identification des citoyens constitue un outil essentiel de gouvernance, de sécurité et d’accès aux services publics.

Parmi les priorités annoncées figurent le déploiement progressif des infrastructures d’identification à travers le pays, la production et la délivrance de la Carte nationale d’identité, le renforcement des capacités institutionnelles de l’ONIP ainsi que l’amélioration des conditions de travail du personnel.

Face aux cadres et agents de l’établissement, Marcellin Basengezi Mukolo a appelé à la mobilisation autour des valeurs de professionnalisme, de discipline, de loyauté et d’excellence.

Un enjeu stratégique pour l’État

Créé pour doter chaque Congolais d’une identité unique, fiable et sécurisée, l’ONIP joue un rôle central dans la modernisation de l’administration publique. Son action s’inscrit dans la vision des autorités visant à renforcer la gouvernance, la planification des politiques publiques et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. 

Avec l’installation de sa nouvelle équipe dirigeante, l’établissement entame une nouvelle étape de son développement, marquée par l’ambition d’accélérer la mise en œuvre du système national d’identification.


Kasaï Oriental : le Centre Carter renforce la gouvernance des organisations de défense des droits des femmes

Le Centre Carter, à travers son projet Voix et Leadership des Femmes Renouvelé (VLFR), a organisé du 1er au 5 juin 2026 à Mbuji-Mayi une formation sur la gouvernance interne au profit des organisations de la société civile (OSC) du Kasaï Oriental.

Cette initiative vise à renforcer les capacités des organisations de défense des droits des femmes (ODDF) afin d'améliorer leur fonctionnement institutionnel et leur conformité aux exigences légales en vigueur en République Démocratique du Congo.

Selon Marie-Joséphine Ntshaykolo, chargée des programmes du Centre Carter pour le projet VLFR, la formation avait pour objectif d'aider les organisations bénéficiaires à consolider leur gouvernance interne, à mieux maîtriser la législation relative aux associations sans but lucratif (ASBL) et à corriger les dysfonctionnements observés dans leurs organes statutaires.

« Nous accompagnons les OSC pour qu'elles répondent aux obligations légales et contractuelles applicables aux ASBL tout en renforçant leur recevabilité ».

Des outils pratiques pour une meilleure gouvernance

Pendant cinq jours, les participantes et participants ont été formés sur plusieurs thématiques liées à la gestion des organisations, notamment le cadre juridique des ASBL en RDC, le statut des ONG, la fiscalité, les audits et contrôles, le rapportage ainsi que la gestion des stocks et des immobilisations. La formation a également porté sur l'élaboration et l'application des principaux instruments de gouvernance interne, notamment les statuts, le règlement intérieur, le manuel de procédures et le code de bonne conduite.

Des exercices pratiques ont permis aux bénéficiaires d'évaluer le fonctionnement de leurs organes statutaires, de l'Assemblée générale au Comité exécutif.

À l'issue des travaux, les participants ont renforcé leurs compétences en matière de gestion administrative, financière et juridique, avec pour objectif d'améliorer la transparence et l'efficacité de leurs organisations.

La continuité du programme VLFR

Cette activité s'inscrit dans la continuité du projet Voix et Leadership des Femmes (VLF), mis en œuvre entre 2019 et 2024 par le Centre Carter avec l'appui d'Affaires mondiales Canada pour promouvoir les droits fondamentaux des femmes et l'égalité des sexes en RDC.

Depuis 2025, ce partenariat se poursuit à travers le projet Voix et Leadership des Femmes Renouvelé (VLFR), financé pour une période de sept ans, jusqu'en 2032.

Déployé dans neuf provinces du pays, dont le Kasaï Oriental, ce programme entend poursuivre son appui aux organisations engagées dans la promotion des droits des femmes et de l'égalité de genre.


RDC : Carbone Beni condamne la répression de la marche de l’opposition et réclame une enquête indépendante

Le président du Mouvement PACTE et acteur de la société civile, Carbone Beni, a vivement condamné la répression de la manifestation organisée par l’opposition le vendredi 12 juin 2026 aux abords du Palais du Peuple à Kinshasa.

Dans une déclaration rendue publique le même jour, il dénonce ce qu’il qualifie de « répression brutale » contre les leaders de l’opposition, les militants et les citoyens venus exercer leur droit de manifester.

Selon lui, les images diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias montrent des éléments de la police s’en prenant à plusieurs responsables politiques, dont Martin Fayulu. Il évoque également des blessés, des arrestations arbitraires ainsi que des morts signalés lors de cette journée de mobilisation.

Le droit de manifester doit être garanti à tous, selon Carbone Beni

Pour l’acteur de la société civile, le droit de manifester ne peut être appliqué de manière sélective. Il estime que les autorités ont l’obligation d’assurer la sécurité de toutes les manifestations pacifiques, quelle que soit leur orientation politique.

Carbone Beni rappelle que plusieurs organisations et mouvements favorables au projet de révision constitutionnelle ont pu organiser des marches sans entraves. À ses yeux, les opposants à ce projet doivent bénéficier des mêmes garanties lorsqu’ils expriment pacifiquement leurs opinions.

Il souligne que la démocratie repose autant sur la liberté de soutenir l’action du pouvoir que sur celle de la contester dans le respect de la loi.

Des inquiétudes pour l’état de la démocratie

Le président du Mouvement PACTE s’inquiète des violences rapportées au cours de la manifestation, notamment les coups portés contre des responsables politiques, les arrestations, les blessés et les décès signalés. Il cite également des interventions menées dans ou autour de certains sièges de partis politiques.

Selon lui, de tels actes risquent d’affaiblir les acquis démocratiques et de ternir l’image d’un régime qui s’était engagé à rompre avec les violations des droits humains dénoncées sous l’ancien président Joseph Kabila.

Un appel à la retenue et à l’ouverture d’une enquête

Carbone Beni appelle les autorités nationales, le gouvernement et la hiérarchie de la police à faire preuve de responsabilité et de retenue. Il demande que les personnes blessées ou arrêtées soient identifiées, que leur intégrité physique soit garantie et que celles qui ne sont poursuivies pour aucune infraction soient libérées.

Il plaide également pour l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les violences signalées, les décès, les arrestations arbitraires et les traitements infligés aux manifestants.

L’opposition est une composante essentielle de la démocratie

Dans son message, Carbone Beni rappelle que la République Démocratique du Congo est un État de droit et qu’à ce titre, elle doit garantir les libertés publiques, notamment le droit de manifester.

« L’opposition n’est pas l’ennemie de la République ; elle est une composante essentielle de la démocratie », affirme-t-il, estimant que la contradiction politique ne doit jamais être assimilée à une infraction.

Il conclut en appelant la police à privilégier sa mission de protection des citoyens et à veiller au respect des droits constitutionnels de tous les Congolais.