Cinq
personnes ont été tuées lundi 5 octobre 2026 à Kingwangala, dans le territoire
de Kasongo-Lunda, province du Kwango, à la suite d'une altercation entre des
éléments de la Police nationale congolaise et des militaires des FARDC. Le
bilan est confirmé par le bourgmestre de cette commune rurale, Martin Kasemene
Kamizele, qui fait état de quatre civils tués ainsi que d'un militaire.
Un
différend autour de 200.000 francs congolais
Selon
le bourgmestre, les faits remontent à une enquête menée par les services de
sécurité après la mort d'un homme dans un village situé à une quinzaine de
kilomètres de Kingwangala.
Au
retour de cette mission, policiers et militaires auraient eu une altercation
autour de la gestion d'une somme de 200.000 francs congolais liée à cette
enquête.
La
dispute aurait ensuite dégénéré autour de l'arme d'un militaire. Selon le
bourgmestre, une balle se trouvait déjà dans la chambre du fusil lorsque les
policiers tentaient de maîtriser le militaire. Le coup de feu qui est parti a
mortellement atteint une femme qui se trouvait à proximité du bureau de la
police.
Quatre
autres personnes tuées dans les tirs
Après
ce premier décès, l'élément des FARDC présenté comme étant à l'origine du tir
aurait été interpellé et placé au cachot de la police.
Le
bourgmestre affirme que la situation s'est ensuite aggravée lorsqu'un capitaine
des FARDC aurait tenté d'obtenir la libération de son élément. Des tirs ont
alors éclaté, faisant quatre autres victimes civiles.
Le
bilan communiqué par l'autorité locale s'établit ainsi à cinq morts : une femme
et quatre jeunes hommes, dont, selon le bourgmestre, trois élèves. Un militaire
a également été tué au cours des événements.
Deux
militaires interpellés
Au
moment de l'interview, le colonel des FARDC basé à Kahemba était présent à
Kingwangala pour superviser les premières procédures. Le bourgmestre affirme
que deux militaires, dont le capitaine et son élément impliqué dans les faits,
étaient entendus par les autorités militaires.
Une
enquête doit permettre d'établir les circonstances exactes de cette succession
d'événements et les responsabilités dans les différents décès.
La
société civile alerte sur la tension
Dans
un rapport attribué au Mouvement de la Société civile du Congo, interprovincial
du Grand Bandundu, son responsable Lay Muemba Tsangala dénonce également les
violences survenues à Kingwangala et appelle les autorités administratives à
intervenir rapidement pour prévenir une nouvelle escalade.
La
structure de la société civile affirme par ailleurs avoir reçu plusieurs
signalements mettant en cause des militaires dans des faits graves à
Kasongo-Lunda. Ces accusations, qui portent sur des violences sexuelles
présumées, sont avancées par cette organisation et nécessitent d'être établies
par des enquêtes et les autorités judiciaires compétentes.
Retour
au calme à Kingwangala
Malgré
la gravité des événements, le bourgmestre Martin Kasemene Kamizele assure que
la situation était redevenue calme au moment de son intervention.
Selon
lui, la population avait repris ses activités, les travaux champêtres. Les
autorités locales et sécuritaires restent toutefois appelées à maintenir le
calme et à faire toute la lumière sur les circonstances de ces violences qui
ont coûté la vie à cinq personnes.
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