La
ville de Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, est secouée par des
manifestations contre une opération de recouvrement forcé des taxes visant les
conducteurs de motos. Selon un bilan provisoire rapporté localement, quatre
personnes, dont deux policiers et deux civils, ont été tuées lors
d’affrontements survenus vendredi 23 octobre 2026. La population réclame le
départ du gouverneur Jean Collins Makaka Pap’Ekaka.
Une
taxe de 95.000 francs congolais au cœur de la contestation
La
tension est montée à Lisala à la suite d’une opération de recouvrement des
taxes provinciales auprès des conducteurs de motos, auxquels il est demandé de
débourser 95.000 francs congolais pour l’achat d’une plaque d’immatriculation.
Cette
mesure suscite le mécontentement d’une partie des conducteurs motos et des
habitants, qui contestent le montant exigé et s’interrogent sur l’utilisation
des recettes collectées. Pour ces derniers, les prélèvements fiscaux devraient
se traduire par une amélioration visible des conditions de vie et des services
publics.
Selon
les informations rapportées localement, le gouverneur Jean Collins Makaka
aurait averti les conducteurs qui refuseraient de se conformer à cette
obligation qu’ils s’exposeraient à des arrestations. Cette déclaration présumée
aurait contribué à exacerber les tensions entre les autorités provinciales et
les contestataires.
La
mobilisation a progressivement pris de l’ampleur, transformant le désaccord
autour de la fiscalité en une crise sociale et sécuritaire.
Mercredi
: blessés, dégâts matériels et arrestations
Les
premières manifestations, organisées mercredi 21 octobre 2026, ont été marquées
par des incidents violents. Plusieurs personnes auraient été blessées et des
dégâts matériels signalés.
Les
forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations parmi les conducteurs de
motos impliqués dans la contestation.
Ces
interpellations ont contribué à alimenter le mécontentement, alors que les
manifestants dénonçaient les modalités du recouvrement des taxes et réclamaient
des explications aux autorités provinciales.
Jeudi
: des conducteurs de motos interpellés présentés devant la justice
Le
lendemain, jeudi 22 octobre 2026, le Tribunal de paix de Lisala a organisé une
audience publique en chambre foraine devant la prison centrale de la ville.
Cette audience concernait les personnes arrêtées lors des manifestations, parmi
lesquelles figuraient plusieurs conducteurs de motos.
La
procédure judiciaire est intervenue dans un climat déjà tendu, marqué par les
revendications des conducteurs des motos et les appels d’une partie de la
population à un changement à la tête de la province.
Vendredi
23 octobre 2026 : des affrontements meurtriers lors d’une tentative de transfert
des détenus
La
situation s’est davantage détériorée vendredi 23 octobre 2026, lorsque des
conducteurs des motos auraient appris que leurs collègues détenus devaient être
transférés vers la prison militaire d’Angenga, sur instruction attribuée au
gouverneur.
Pour
empêcher ce transfert, certains manifestants auraient barricadé la route. La
police et les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sont
ensuite intervenues, provoquant de nouveaux affrontements.
Selon
un bilan provisoire communiqué dans les informations disponibles, ces violences
auraient fait quatre morts, dont deux policiers et deux civils.
Les
circonstances précises de ces décès, les responsabilités dans les affrontements
et le bilan définitif restent à établir de manière indépendante.
La
population réclame le départ du gouverneur
Malgré
la reprise de la circulation, le climat demeure tendu à Lisala. Une partie de
la population continue de réclamer le départ de Jean Collins Makaka Pap’Ekaka,
dont la gestion de l’opération de recouvrement des taxes est vivement
contestée.
La
crise met en évidence les tensions autour de la pression fiscale, de la
perception des recettes publiques et des méthodes employées pour faire
respecter les obligations administratives.
Dans
ce contexte, la clarification des modalités de paiement des taxes, la
transparence sur l’affectation des recettes et le respect des procédures
légales apparaissent comme des enjeux majeurs pour apaiser la situation.
Alors
que les violences ont fait des victimes, l’évolution de la situation à Lisala
reste préoccupante. Des informations officielles sur le bilan des
affrontements, les arrestations et les mesures envisagées par les autorités
provinciales permettraient de mieux cerner les suites de cette crise.
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