APO

dimanche 25 octobre 2026

Mongala : tensions meurtrières à Lisala après le recouvrement forcé des taxes

La ville de Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, est secouée par des manifestations contre une opération de recouvrement forcé des taxes visant les conducteurs de motos. Selon un bilan provisoire rapporté localement, quatre personnes, dont deux policiers et deux civils, ont été tuées lors d’affrontements survenus vendredi 23 octobre 2026. La population réclame le départ du gouverneur Jean Collins Makaka Pap’Ekaka.

Une taxe de 95.000 francs congolais au cœur de la contestation

La tension est montée à Lisala à la suite d’une opération de recouvrement des taxes provinciales auprès des conducteurs de motos, auxquels il est demandé de débourser 95.000 francs congolais pour l’achat d’une plaque d’immatriculation.

Cette mesure suscite le mécontentement d’une partie des conducteurs motos et des habitants, qui contestent le montant exigé et s’interrogent sur l’utilisation des recettes collectées. Pour ces derniers, les prélèvements fiscaux devraient se traduire par une amélioration visible des conditions de vie et des services publics.

Selon les informations rapportées localement, le gouverneur Jean Collins Makaka aurait averti les conducteurs qui refuseraient de se conformer à cette obligation qu’ils s’exposeraient à des arrestations. Cette déclaration présumée aurait contribué à exacerber les tensions entre les autorités provinciales et les contestataires.

La mobilisation a progressivement pris de l’ampleur, transformant le désaccord autour de la fiscalité en une crise sociale et sécuritaire.

Mercredi : blessés, dégâts matériels et arrestations

Les premières manifestations, organisées mercredi 21 octobre 2026, ont été marquées par des incidents violents. Plusieurs personnes auraient été blessées et des dégâts matériels signalés.

Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations parmi les conducteurs de motos impliqués dans la contestation.

Ces interpellations ont contribué à alimenter le mécontentement, alors que les manifestants dénonçaient les modalités du recouvrement des taxes et réclamaient des explications aux autorités provinciales.

Jeudi : des conducteurs de motos interpellés présentés devant la justice

Le lendemain, jeudi 22 octobre 2026, le Tribunal de paix de Lisala a organisé une audience publique en chambre foraine devant la prison centrale de la ville. Cette audience concernait les personnes arrêtées lors des manifestations, parmi lesquelles figuraient plusieurs conducteurs de motos.

La procédure judiciaire est intervenue dans un climat déjà tendu, marqué par les revendications des conducteurs des motos et les appels d’une partie de la population à un changement à la tête de la province.

Vendredi 23 octobre 2026 : des affrontements meurtriers lors d’une tentative de transfert des détenus

La situation s’est davantage détériorée vendredi 23 octobre 2026, lorsque des conducteurs des motos auraient appris que leurs collègues détenus devaient être transférés vers la prison militaire d’Angenga, sur instruction attribuée au gouverneur.

Pour empêcher ce transfert, certains manifestants auraient barricadé la route. La police et les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sont ensuite intervenues, provoquant de nouveaux affrontements.

Selon un bilan provisoire communiqué dans les informations disponibles, ces violences auraient fait quatre morts, dont deux policiers et deux civils.

Les circonstances précises de ces décès, les responsabilités dans les affrontements et le bilan définitif restent à établir de manière indépendante.

La population réclame le départ du gouverneur

Malgré la reprise de la circulation, le climat demeure tendu à Lisala. Une partie de la population continue de réclamer le départ de Jean Collins Makaka Pap’Ekaka, dont la gestion de l’opération de recouvrement des taxes est vivement contestée.

La crise met en évidence les tensions autour de la pression fiscale, de la perception des recettes publiques et des méthodes employées pour faire respecter les obligations administratives.

Dans ce contexte, la clarification des modalités de paiement des taxes, la transparence sur l’affectation des recettes et le respect des procédures légales apparaissent comme des enjeux majeurs pour apaiser la situation.

Alors que les violences ont fait des victimes, l’évolution de la situation à Lisala reste préoccupante. Des informations officielles sur le bilan des affrontements, les arrestations et les mesures envisagées par les autorités provinciales permettraient de mieux cerner les suites de cette crise.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire