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samedi 22 août 2026

Sud-Kivu : La prolifération anarchique des stations-service fait craindre le pire

La Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) tire la sonnette d'alarme face à la multiplication sauvage des points de vente de carburant à Uvira dans la province du Sud-Kivu. Faute de régulation, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu s'expose à un drame humanitaire et environnemental majeur.

La ville d’Uvira est-elle en train de se transformer en une vaste poudrière ? C’est la vive inquiétude exprimée le vendredi 21 août 2026 par la coordination urbaine de la SOCICO-RDC.

Dans un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Yoshuwa Barika, l'organisation dénonce avec force l'implantation désordonnée et illégale d'infrastructures pétrolières à travers la ville, pointant un danger de sécurité publique devenu critique.

Le quartier Kasenga au cœur de l'anarchie urbaine

Le constat dressé sur le terrain par les militants de la société civile est sans appel. Les stations-service surgissent désormais à chaque intersection, au mépris le plus total des règles d'aménagement du territoire. La situation s’avère particulièrement intenable dans la commune de Mulongwe, plus précisément au sein du quartier Kasenga.

Dans cette zone à forte densité, des pompes à essence sont érigées à proximité immédiate des habitations privées, des établissements scolaires, des marchés populaires et des axes routiers majeurs. Cette cohabitation forcée viole de plein fouet les principes élémentaires de la sécurité urbaine, transformant ces espaces de vie en de véritables « bombes à retardement » pour la population locale.

Une violation flagrante du Code des Hydrocarbures de la RDC

Au-delà du péril sécuritaire, la SOCICO-RDC rappelle que cette prolifération se fait au mépris des lois de la République. Ce désordre contrevient directement à la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures en RDC.

Les articles 178 et 179 de ce texte stipulent clairement que tout exploitant est soumis au strict respect d'un règlement d'hydrocarbures fixant des consignes rigoureuses de sécurité, d'hygiène et de salubrité publique afin de prévenir tout sinistre.

De plus, l'absence de dispositifs de confinement expose les sols et les nappes phréatiques à des risques de pollution chimique irréversibles. En s'affranchissant des permis d'exploitation obligatoires délivrés par l'État, ces stations opèrent en toute illégalité aux dépens de la vie humaine.

L'appel pressant aux ministères de tutelle

Face à ce péril imminent, la coordination urbaine d’Uvira refuse d'attendre une catastrophe pour pleurer des victimes de trop. Elle interpelle directement le ministre National des Hydrocarbures, ainsi que son homologue provincial du Sud-Kivu, exigeant des mesures conservatoires d'urgence.

La société civile recommande la suspension immédiate de tous les chantiers de stations-service suspectés d'illégalité, le lancement d'un audit technique de conformité sur l'ensemble des infrastructures de distribution existantes dans la ville, l'application stricte des sanctions réglementaires, allant jusqu'à la fermeture des stations ne respectant pas les distances légales de sécurité vis-à-vis des tiers.

« La vie de la population d'Uvira vaut infiniment plus que les intérêts commerciaux de quelques opérateurs économiques », martèle Yoshuwa Barika. Pour la société civile, l'autorité de l'État doit urgemment restaurer l'ordre public avant qu'un incendie majeur ne vienne endeuiller la province.


Sud-Kivu : la rentrée scolaire menacée par le déplacement de centaines de ménages

À quelques jours de la rentrée scolaire prévue en septembre 2026, l’inquiétude grandit dans les groupements de Ziralo, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. La situation des familles déplacées fait craindre une importante perturbation de la scolarité des enfants.

Selon une évaluation réalisée vendredi 21 août 2026 par la Société civile MSCO Mubuku, 815 ménages ont été recensés parmi les populations affectées. La structure de la société civile indique qu’environ 55 % des personnes évaluées seraient des enfants en âge scolaire.

Cette situation intervient alors que les établissements scolaires du pays se préparent à accueillir les élèves pour la nouvelle année scolaire.

Cahiers, uniformes et écoles abandonnés

Déplacés de leurs milieux de vie, de nombreux enfants ont abandonné leurs cahiers, leurs uniformes et leurs écoles. La Société civile MSCO redoute ainsi une déscolarisation massive, voire une année blanche pour les enfants des groupements de Ziralo.

Au-delà de la perte de l’année scolaire, l’absence d’assistance expose ces mineurs à plusieurs risques, notamment le travail des enfants, l’exploitation et d’autres formes de vulnérabilité.

Pour la MSCO, l’urgence humanitaire ne doit donc pas faire oublier l’urgence éducative.

Appel aux humanitaires et au gouvernement

Face à cette situation, l’Inspection territoriale de la Société civile MSCO-Kalehe lance un appel aux partenaires humanitaires et éducatifs, notamment OCHA, l’UNICEF, le HCR, ainsi qu’aux autres organisations nationales et internationales, au gouvernement congolais et aux personnes de bonne volonté.

La MSCO plaide pour une assistance immédiate aux familles déplacées, comprenant notamment des vivres, des abris d’urgence, des bâches, de l’eau potable et des soins de santé primaires.

Sur le plan éducatif, elle demande également la mise à disposition de kits scolaires, cahiers, stylos et uniformes, ainsi que l’installation d’espaces temporaires d’apprentissage, notamment à Ramba.

Un accompagnement psychosocial et des cantines scolaires d’urgence sont également sollicités afin de permettre aux enfants de reprendre leur parcours scolaire malgré le déplacement.

Sauver des vies, c’est aussi sauver l’avenir

Pour Jean-Joseph Safari Enakashesha, Inspecteur territorial des Sociétés civiles MSCO-Kalehe, l’assistance aux enfants déplacés constitue un investissement dans l’avenir.

« Sans assistance immédiate, ces enfants risquent d’être exposés au travail et à l’exploitation des mineurs. Sauver des vies, c’est aussi sauver l’avenir de demain », insiste-t-il.

À Ziralo, l’appel de la société civile est donc lancé à quelques jours de la rentrée scolaire l’urgence humanitaire et l’urgence éducative doivent être prises en charge simultanément afin d’éviter que le déplacement des familles ne se transforme en catastrophe scolaire pour toute une génération d’enfants.


Processus de paix RDC-AFC/M23 : à Montreux, une diplomatie à la recherche d’un nouveau souffle

Une retraite diplomatique pour relancer un processus en panne et relancer une machine diplomatique grippée. Tel était l’objectif de la retraite diplomatique organisée du 17 au 21 août 2026 en Suisse autour du processus de paix entre la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23.

Pendant une semaine, des représentants de Kinshasa et du mouvement rebelle se sont retrouvés à Montreux, aux côtés de plusieurs acteurs impliqués dans la médiation et la facilitation, notamment le Qatar, les États-Unis, le Togo, l’Union africaine et la Suisse.

L’objectif était de mettre de l’ordre dans un processus jusque-là marqué par les divergences, en clarifiant notamment les responsabilités respectives des médiateurs, facilitateurs et observateurs.

Deux protocoles sur huit seulement traités

Cette rencontre intervient alors que le processus de Doha peine à produire des résultats concrets. L’accord-cadre conclu sous médiation qatarie prévoit huit protocoles destinés à encadrer progressivement les engagements des parties.

À ce jour, seuls deux de ces huit protocoles ont été traités. La retraite suisse n’a pas permis de négocier de nouveaux protocoles, confirmant la lenteur des discussions sur les dossiers de fond.

Le principal résultat obtenu à Montreux reste ainsi institutionnel. Les participants se sont accordés sur la mise en place d’un mécanisme destiné à suivre et à surveiller l’application des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.

Sanctions et prisonniers au cœur des tensions

Deux questions particulièrement sensibles ont dominé les échanges. Il s'agit des sanctions internationales et de la libération des prisonniers. L'AFC/M23 continue de contester certaines sanctions internationales qu’il considère comme déséquilibrées et visant essentiellement son camp. Cette question demeure l’un des points de friction dans les discussions diplomatiques.

Le dossier des prisonniers constitue l’autre sujet de tension. Sur les quinze détenus récemment remis au mouvement rebelle, seuls neuf figuraient sur la liste de huit cents noms communiquée par le M23.

Cette différence entre les personnes effectivement libérées et celles réclamées par le mouvement rebelle illustre les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des engagements liés aux mesures de confiance.

Un processus de paix sous pression

La rencontre de Montreux s’inscrit dans un contexte de forte tension dans l’Est de la RDC, où le conflit impliquant l'AFC/M23 continue de peser lourdement sur la situation sécuritaire et humanitaire.

Le processus de Doha avait été engagé pour tenter de parvenir à une solution politique au conflit, avec l’implication du Qatar comme médiateur et le soutien de plusieurs partenaires internationaux et africains.

Malheureusement, les avancées restent lentes, tandis que les désaccords sur les responsabilités, les mesures de confiance, les sanctions et les conditions de mise en œuvre des engagements continuent de compliquer les négociations.

Pas de percée, mais une tentative de réorganiser la médiation

Au terme de cette retraite, aucun « miracle » diplomatique n’a donc été enregistré à Montreux. Aucun nouveau protocole n’a été conclu et les principaux dossiers de fond restent ouverts.

L’acquis principal réside plutôt dans la volonté affichée d’unifier la méthode de travail et de renforcer le suivi des engagements pris à Doha.

Il reste désormais à savoir si ce nouveau mécanisme de surveillance permettra de transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes.

Car pendant que les diplomates cherchent une nouvelle boussole au processus de paix, sur le terrain, dans l’Est de la RDC, la situation sécuritaire demeure préoccupante et les armes continuent de parler.


Kinshasa : le bouclage de la RFCK annoncé au 31 août 2026, la crainte d’une multiplication des tracasseries

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique de Kinshasa (RFCK) annonce le lancement officiel, à partir du 31 août 2026, d’une opération générale et systématique de contrôle des véhicules et motos sur l’ensemble de la capitale.

Les conducteurs disposent jusqu’au 30 août 2026 pour se mettre volontairement en conformité avec les exigences administratives et techniques.

À compter du 31 août 2026, les contrôles routiers seront renforcés et aucune nouvelle période de grâce ne devrait être accordée.

Amendes, immobilisation et mise en fourrière

Les conducteurs dont les véhicules ne seront pas en règle s’exposent à plusieurs sanctions, notamment des amendes, l’immobilisation du véhicule ou sa mise en fourrière.

Selon les autorités, cette campagne poursuit un double objectif. C'est de réduire les accidents de la circulation liés aux défaillances mécaniques et assainir le parc automobile de Kinshasa.

Une opération qui intervient alors que la capitale fait déjà face à de nombreuses plaintes liées aux contrôles routiers.

64 sites de tracasseries recensés par des usagers

Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, des usagers dénoncent la multiplication des points de contrôle attribués à la Police de circulation routière (PCR) et à d’autres services intervenant dans le secteur des transports.

Une liste de 64 sites présumés de tracasseries circule notamment parmi les conducteurs. Elle cite entre autres Matadi-Kibala, UPN, Delvaux, DGC, Magasin, Bandal-Moulaërt, Pont Cabu, Ma Campagne, Victoire, Ngaba, Wangata–30 Juin, Sonas-Sabena, Limete, Sendwe, Bokasa, Bongolo, By Pass, Pascal, Pompage, Cité Verte, Lemba, Baramoto, Kingasani, Kinkole, N’Sele, N’djili et Matete.

Cette liste, qui relève des signalements d’usagers, doit toutefois être considérée avec prudence : la présence d’un site sur cette liste ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une infraction ou d’une pratique illégale de la part des agents qui y sont affectés.

La crainte d’un effet multiplicateur

La principale inquiétude exprimée par certains conducteurs concerne le risque de voir le renforcement des contrôles techniques se transformer en une multiplication des points de contrôle routier et, par conséquent, des tracasseries.

Selon ces usagers, l’extension ou la réhabilitation de plusieurs grandes artères de Kinshasa pourrait, sans mécanisme efficace de supervision, favoriser l’apparition de nouveaux points de contrôle.

Ils redoutent ainsi que les dizaines de sites déjà signalés puissent doubler, voire tripler, si des mesures strictes de contrôle des agents ne sont pas prises.

Les autorités urbaines interpellées

Au-delà de la mise en conformité des véhicules, la question de l’encadrement des agents chargés des contrôles reste donc centrale.

Les autorités urbaines sont appelées à mettre en place des mécanismes permettant de distinguer clairement les contrôles légaux des pratiques de tracasserie, avec des procédures transparentes, des reçus pour tout paiement effectué et des sanctions contre les agents qui se rendraient coupables d’abus.

À l’approche du 31 août 2026, l’enjeu est donc double : assainir le parc automobile sans transformer les routes de Kinshasa en une succession de barrières et de points de perception informels.


jeudi 20 août 2026

RDC : le député Claude Misare demande des comptes sur la gestion des fonds destinés aux Wazalendo

Le député national Claude Misare Mugomberwa interpelle le Vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, sur la gestion des fonds publics destinés à la prise en charge des résistants Wazalendo.

Dans une question écrite datée du 12 août 2026, l’élu sollicite des éclaircissements sur les montants décaissés, leur répartition et les bénéficiaires effectifs de ces financements.

4 millions de dollars par mois annoncés pour les Wazalendo

Dans sa correspondance, Claude Misare s’appuie notamment sur le rapport de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale du 22 avril 2026. Selon ce document, le ministre des Finances avait indiqué que la prise en charge des Wazalendo s’effectuait à travers deux mécanismes.

Le premier concerne un fonds créé au sein de la chaîne des dépenses de la Réserve armée de la Défense (RAD), doté de 4 millions de dollars américains par mois. Le second consiste en un fonds spécial d’intervention accordé par le ministère des Finances à certains leaders régionaux.

Le président du groupe parlementaire AA/UNC cite également les conclusions d’un atelier de réflexion communautaire organisé à Kinshasa du 22 au 24 juillet 2026 par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières.

Lors de cette rencontre consacrée à la restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, un expert du ministère de la Défense aurait confirmé que des fonds étaient régulièrement décaissés pour la prise en charge des Wazalendo.

Des disparités dans le paiement des primes

Le député affirme toutefois avoir constaté des écarts importants dans la distribution de ces ressources, particulièrement au Sud-Kivu. Selon les informations recueillies lors de sa mission à Uvira, effectuée du 27 juin au 17 juillet 2026, certains Wazalendo auraient reçu, au cours de l’année, des primes de combat comprises entre 50 et 325 dollars, tandis que d’autres n’auraient encore rien perçu.

Cette situation, estime Claude Misare, soulève des interrogations sur les mécanismes de distribution et le suivi des fonds alloués par l’État.

Des représentants des Wazalendo disent ne pas recevoir les financements annoncés

Au cours de ses séances de redevabilité parlementaire organisées à Uvira, le député indique avoir expliqué à la population les efforts du gouvernement central en faveur de la restauration de la paix dans l’Est du pays.

Il affirme également avoir informé ses interlocuteurs de l’existence d’une enveloppe mensuelle de 4 millions de dollars destinée à la prise en charge des Wazalendo.

Selon son récit, des représentants des Wazalendo présents à l’une de ces rencontres auraient cependant déclaré ne pas recevoir régulièrement d’appui financier du ministère de la Défense nationale et Anciens combattants.

Six questions adressées au ministre de la Défense

Face à ces divergences, Claude Misare demande au Vice-premier ministre de fournir des précisions sur plusieurs points. Il veut notamment connaître le montant total des fonds décaissés par le Trésor public en faveur des Wazalendo de janvier 2025 à août 2026, dans la rubrique de la Réserve armée de la Défense.

Le député demande également des informations sur les modalités de répartition de ces fonds entre les Wazalendo du Sud-Kivu, ainsi que les pièces justificatives attestant des sommes effectivement remises aux bénéficiaires.

Uvira et les bénéficiaires des fonds dans le viseur

L’élu souhaite par ailleurs connaître le montant total déjà remis aux représentants des Wazalendo de la ville et du territoire d’Uvira. Il demande aussi au ministre d’identifier les différents acteurs politiques et leaders communautaires qui recevraient mensuellement des fonds au nom des Wazalendo.

Enfin, Claude Misare évoque la question des barrières payantes maintenues par certains Wazalendo dans le sud du Sud-Kivu. Selon les témoignages qu’il rapporte, ces prélèvements seraient liés à l’insuffisance de la prise en charge gouvernementale.

Il demande ainsi au ministère de la Défense de préciser les mesures envisagées pour répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des Wazalendo.

À travers cette question écrite, le député national entend obtenir davantage de transparence sur la gestion des ressources publiques consacrées à la prise en charge des résistants Wazalendo, dans un contexte où leur rôle dans la défense des territoires de l’Est demeure au cœur des enjeux sécuritaires nationaux.


RDC : MapBiomas présente une cartographie de 25 ans pour éclairer la gestion du territoire

Le réseau MapBiomas-RDC a présenté, mardi 18 août 2026 à Kinshasa, les résultats de sa première collection consacrée à la cartographie de l’occupation du sol et de l’utilisation des terres en République Démocratique du Congo. Organisé dans la commune de la Gombe, l’atelier a réuni près de 80 participants issus des institutions publiques, des organisations internationales, du monde académique, des ONG et de la société civile environnementale.

Au cœur de cette présentation, c'est une cartographie couvrant 25 années, de 2000 à 2025, et permettant de suivre de manière régulière les transformations du territoire congolais.

Le directeur de l’Observatoire satellital des forêts d’Afrique centrale (OSFAC) et coordinateur principal de MapBiomas-RDC, Landing Mane, explique que le principal résultat de ce travail est précisément la constitution d’une série temporelle permettant de comparer l’évolution de l’occupation et de l’utilisation des terres année après année.

« Le résultat principal, c’est la cartographie de l’occupation et de l’utilisation des terres en RDC. Cette cartographie couvre une longue période, de 2000 à 2025 ».

Forêts, agriculture, pâturages et forêts plantées

La première collection de MapBiomas-RDC comprend plusieurs classes d’occupation du sol. Elle permet notamment de localiser et de suivre les espaces forestiers, les zones agricoles, les pâturages ainsi que les forêts plantées.

« On voit les zones qui sont occupées par les forêts. On voit aussi les zones qui sont occupées par les pâturages, l’agriculture, mais aussi les forêts plantées. Toutes les classes d’occupation du sol sont là », a précisé Landing Mane. Les zones minières ne figurent toutefois pas dans cette première collection.

Ces différentes catégories offrent une lecture globale de la manière dont le territoire national est occupé et permettent d’observer les transformations intervenues au cours des 25 dernières années.

Une cartographie au service de la décision publique

Pour Landing Mane, l’intérêt de cette cartographie dépasse largement le cadre scientifique. Elle doit surtout fournir aux décideurs des informations fiables avant toute intervention sur le territoire.

« Avant de faire quelque chose, il faut savoir ce qu’il y a sur place. Il faut donc faire un état des lieux ». Les données peuvent ainsi être utilisées dans l’aménagement du territoire, la gestion des ressources naturelles, la protection des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique.

Elles peuvent également servir aux institutions chargées de l’attribution des concessions, de la planification des infrastructures ou encore de l’implantation des industries.

« Pour mieux gérer et avoir des décisions pertinentes, il faut avoir les bonnes informations. Cette carte d’occupation du sol permet de donner ces bonnes informations », insiste le coordinateur de MapBiomas-RDC.

Une nouveauté : suivre le territoire année après année

La RDC n’en est pas à sa première expérience en matière de cartographie. Plusieurs institutions publiques et spécialisées ont déjà produit des données sur le territoire national, notamment l’Institut géographique du Congo (IGC), le Centre national de télédétection et d’autres structures intervenant dans les domaines géographique, environnemental et géologique.

La particularité de MapBiomas-RDC réside donc moins dans le fait de cartographier le pays que dans la manière de le faire et dans la continuité des données produites.

Landing Mane souligne qu’auparavant, les cartes disponibles pouvaient correspondre à des années précises, laissant parfois des intervalles entre deux périodes de référence.

« Avant, on pouvait avoir une carte de 2010, une autre de 2015, et il y avait des gaps. Mais ici, on a un suivi régulier ».

Cette série temporelle permet ainsi de suivre l’évolution de l’occupation du sol sur une période de 25 ans et de mieux comprendre les dynamiques territoriales.

Ce qui est nouveau, c’est l’open access

Pour le conseiller scientifique de la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, de la recherche scientifique et de l'innovation, le professeur Aimé Lay-Ekuakile, l’autre grande innovation de MapBiomas réside dans l’accès libre aux données.

« Ce n’est pas la première fois que la RDC, ou une organisation, présente un tel travail aux scientifiques. Au niveau public, nous avons des institutions qui ont déjà cartographié la RDC ».

Selon lui, l’originalité réside dans le principe d’open access, qui permet aux chercheurs, institutions, étudiants, organisations de la société civile et autres utilisateurs d’accéder directement aux données produites.

« Ce qui est nouveau ici, c’est le fait que c’est quelque chose qui est ouvert, dans ce qu’on appelle open access. On peut télécharger le matériel à partir du site, moyennant le fait de pouvoir citer la source de ce matériel cartographique ».

Les données sont accessibles gratuitement à travers la plateforme MapBiomas et peuvent être réutilisées pour différents besoins, sous réserve de citer leur source.

Une initiative internationale déployée en RDC

Lancée en 2015 au Brésil, MapBiomas est une initiative collaborative réunissant des organisations non gouvernementales, des institutions de recherche et des entreprises technologiques.

Son objectif est de produire des séries temporelles cohérentes et scientifiquement rigoureuses sur l’occupation et l’utilisation des terres.

En 2025, la RDC a été identifiée comme pays prioritaire pour le déploiement de MapBiomas en Afrique. Plusieurs réunions en ligne et en présentiel ont ensuite permis de constituer le réseau MapBiomas-RDC et de former les différents acteurs à l’utilisation de sa méthodologie et de ses outils.

Des résultats jugés « extraordinaires et encourageants »

Au terme de cette première étape, les résultats présentés ont été jugés positivement par les experts. « Comme première année, avec seulement quelques mois de travail, nous considérons ces résultats comme extraordinaires et encourageants », a déclaré le professeur Aimé Lay-Ekuakile, précisant s’exprimer au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Pour les initiateurs, cette première collection constitue une base appelée à être améliorée et enrichie au fil des prochaines éditions.

Un outil pour anticiper l’avenir environnemental

La cartographie doit également contribuer à une meilleure compréhension de l’évolution du biome congolais et des espaces présentant des caractéristiques particulières pour la protection de l’environnement.

« Nous avons vu, de 2000 à 2025, l’évolution de la situation du biome congolais. Mais c’est aussi une manière de pouvoir décider pour le futur de notre pays ».

Pour les institutions publiques, disposer d’une telle série historique permet notamment de mieux apprécier les changements intervenus sur le territoire avant de définir de nouvelles orientations en matière d’aménagement, de développement ou de conservation.

Des données ouvertes pour la recherche et le développement

Pour MapBiomas-RDC, cette première collection constitue ainsi bien plus qu’un simple exercice de cartographie. Elle met à la disposition du pays une base de données susceptible d’être exploitée par les chercheurs, les universités, les institutions publiques, les ONG et les organisations de la société civile.

L’accès gratuit aux données vise également à faciliter leur appropriation par les acteurs congolais et à encourager de nouvelles recherches sur les transformations du territoire.

À travers cette cartographie couvrant la période 2000-2025, MapBiomas-RDC entend ainsi contribuer à une meilleure connaissance du territoire national et fournir aux décideurs des informations scientifiques nécessaires pour orienter les politiques d’aménagement, de développement, de protection de l’environnement et de gestion durable des ressources naturelles.


Kinshasa : un décès après 48 heures de diarrhée et vomissements signalé dans la zone de santé de Lemba

Un décès survenu après un épisode de diarrhée et de vomissements a été signalé dans la zone de santé de Lemba, à Kinshasa. Selon un rapport d’investigation de la Division provinciale de la santé, l’alerte a été enregistrée le 16 août 2026 dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

La victime, identifiée dans le rapport comme Lilango Eale Abbe, âgée de 35 ans, est décédée le 16 août 2026 après environ 48 heures de diarrhée et de vomissements. Son corps a été transféré à la morgue de l’Hôpital général de référence de Mont-Amba.

Les autorités sanitaires précisent toutefois qu’à ce stade, aucun diagnostic de choléra n’est confirmé. Un prélèvement post-mortem devait être réalisé afin de permettre les analyses biologiques nécessaires.

Un cas présentant un contexte particulier

D’après l’enquête sanitaire, la victime était arrivée à Kinshasa en provenance de la province de l’Équateur, à bord d’une embarcation fluviale. L’intéressée aurait accosté en dehors du port de Bende Bende, le 12 août 2026, avant de rejoindre sa famille vivant dans l’aire de santé de Mbanza Lemba.

Les premiers symptômes seraient apparus le 13 août 2026. La patiente avait alors été conduit au centre de santé Elikya-Croix-Rouge, où il avait reçu une prise en charge. Le rapport indique également qu’un traitement au métronidazole lui avait été administré à domicile avant son admission dans cette structure sanitaire.

L’enquête relève par ailleurs que les conditions d’approvisionnement en eau pendant le voyage fluvial n’ont pas pu être clairement établies. La famille d’accueil, pour sa part, s’approvisionnerait en eau auprès d’une pompe.

Douze contacts identifiés et surveillés

Dans le cadre de l’investigation, les équipes de la zone de santé ont identifié et listé 12 contacts autour du cas. Selon le rapport, aucun d’entre eux ne présentait, au moment de l’enquête, de symptômes de diarrhée ou de vomissements.

Les équipes sanitaires ont également recherché d’éventuels cas supplémentaires dans la communauté et consulté les registres des formations sanitaires susceptibles d’avoir accueilli des patients présentant des symptômes similaires. Les autres structures sanitaires de la zone ont été alertées afin de renforcer la surveillance.

Une suspicion de choléra à confirmer

La zone de santé de Lemba a déjà connu plusieurs épisodes de choléra par le passé, et l’aire de santé de Mbanza Lemba figure parmi les secteurs précédemment touchés.

Compte tenu des symptômes observés, de l’évolution rapide de la maladie et du contexte épidémiologique de la zone, les enquêteurs estiment qu’un tableau de choléra est possible. Toutefois, cette hypothèse reste à confirmer par les analyses de laboratoire. Le rapport fait donc état d’un cas suspect, et non d’un cas confirmé.

Renforcement des mesures d’hygiène et de surveillance

Face à cette alerte, l’équipe cadre de la zone de santé a activé plusieurs mesures de prévention et de contrôle des infections, notamment les dispositifs liés à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH).

Des actions de décontamination du ménage concerné, de surveillance active dans les établissements et dans la communauté, ainsi que de sensibilisation de la population sur les facteurs favorisant la transmission des maladies ont été engagées.

La protection du corps dans un sac mortuaire a également été mise en œuvre afin de limiter les risques de contamination.

Au niveau communautaire, les autorités sanitaires prévoient de renforcer la sensibilisation et la recherche active d’éventuels cas suspects.

Les résultats du laboratoire attendus

Dans les 24 heures suivant l’investigation, l’équipe cadre de la zone de santé prévoyait de procéder au prélèvement post-mortem et à l’analyse biologique de l’échantillon.

En attendant les résultats, le rapport recommande de ne pas toucher au corps et de maintenir les mesures de protection mises en place.

Cette alerte intervient dans un contexte national marqué par la résurgence de plusieurs maladies épidémiques, poussant les autorités sanitaires à renforcer la surveillance afin d’identifier rapidement les cas répondant aux définitions standard et d’intervenir sans délai.


Kongo Central : une nouvelle panne du bac de secours ravive l’urgence d’une solution durable

La crise de la traversée du fleuve Congo dans les territoires de Songololo et de Luozi prend une nouvelle tournure inquiétante. Alors que le bac principal est à l’arrêt depuis plusieurs jours, le bac de secours, baptisé « Bac kia Honorable Papy Mantezolo », aurait à son tour connu un incident en pleine navigation le mardi 18 août 2026.

Le bac de secours perd sa puissance en pleine traversée

Selon les informations recueillies, l’engin aurait perdu sa puissance alors qu’il se trouvait sur le fleuve Congo. Il aurait ensuite dérivé avant de parvenir à s’arrêter du côté de Mbanza-Nsanda. Cet incident aurait exposé les passagers à un sérieux risque. L’intervention des techniciens et du chauffeur aurait toutefois permis d’éviter une issue plus grave.

Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte déjà marqué par les difficultés de mobilité entre les territoires de Luozi et Songololo, où l’arrêt du bac principal complique fortement les déplacements des personnes et le transport des marchandises.

Une crise qui affecte toute l’économie locale

La panne répétée des moyens de traversée ne constitue pas seulement un problème de transport. Elle touche directement l’économie locale, l’approvisionnement des marchés et l’accès aux services essentiels.

La situation est également préoccupante pour les évacuations sanitaires et l’acheminement des médicaments, alors que certains habitants sont contraints de recourir aux pirogues pour traverser le fleuve, avec les risques que cela comporte.

Une marche pacifique annoncée ce mercredi 19 août 2026

Face à cette situation devenue récurrente, le Rassemblement des forces vives de Luozi annonce une marche pacifique le mercredi 19 août 2026 afin d’exiger des autorités une réponse durable à la crise du bac.

Pour les initiateurs de cette mobilisation, l’enjeu dépasse désormais les seules pannes mécaniques : il s’agit de garantir la sécurité des voyageurs, la libre circulation des marchandises et le désenclavement du territoire de Luozi.

Le projet du Bac Kieto relancé

Dans ce contexte, l’ASBL Luozi Lueto rappelle son projet de construction d’un bac de 200 tonnes, lancé le 11 août 2024 pour répondre durablement aux difficultés de traversée. Selon la synthèse publiée par l’association, le coût prévisionnel du projet est estimé à 1 million de dollars américains, avec un financement envisagé à travers une contribution citoyenne de 1 dollar par mois et par personne pendant un an.

L’association affirme que la mobilisation des habitants de Luozi et de la diaspora pourrait permettre de concrétiser cet ouvrage, présenté comme une infrastructure essentielle au désenclavement du territoire.

Luozi ne mourra pas sur une pirogue

Dans son appel à la mobilisation, Luozi Lueto invite les filles et fils de Luozi à unir leurs efforts pour faire aboutir le projet du Bac Kieto 200 tonnes. L’association estime que la multiplication des pannes et les difficultés actuelles démontrent l’urgence de disposer d’une infrastructure fiable et adaptée aux besoins de la population.

Entre les pannes répétées des bacs existants et les risques liés aux traversées en pirogue, la question reste entière : combien de temps faudra-t-il encore attendre pour une solution définitive au problème de la traversée du fleuve Congo à Luozi ?


Nord-Kivu : la Société civile alerte sur les conditions de détention à la prison centrale de Walikale

Après une visite le 18 août 2026 à la Prison centrale de Walikale, Faustin Ombeni Sura, président territorial de la Société civile, coordination de Walikale, se dit préoccupé par les conditions de détention observées dans cette maison carcérale.

Il dénonce notamment la surpopulation carcérale, le manque de nourriture et l’absence quasi totale de médicaments.

Selon Faustin Ombeni, les détenus seraient contraints de recourir à des contributions pour subvenir à certains de leurs besoins.

Des détenus en attente de jugement

Faustin Ombeni Sura s’inquiète également du sort des personnes détenues pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans être condamnées.

« Le fait de rester deux, trois mois, quatre mois, une année, deux ans, sans pouvoir être condamné, il fallait que la justice fasse bien son travail », déplore-t-il.

Pour lui, même lorsqu'une personne est soupçonnée d'avoir commis une infraction, son dossier doit être traité dans un délai raisonnable afin que sa culpabilité soit établie ou qu'elle soit libérée conformément à la loi.

Il y a un manque total de médicaments

Le responsable territorial de la Société civile appelle par ailleurs les personnes de bonne volonté à venir en aide aux détenus, particulièrement en matière d’alimentation et de soins médicaux. Il affirme que l'accès à la prison serait également soumis à certaines contributions financières, évoquant des montants allant de 1.000 à 4.000 francs congolais, selon les circonstances.

Des contributions jusque pour les funérailles

Faustin Ombeni Sura affirme enfin que les détenus seraient régulièrement sollicités pour contribuer financièrement, y compris lorsqu’un codétenu décède. « Imaginez-vous le prisonnier qui contribue au moins par semaine, 2.500, 3.000, 2.000 francs congolais. S’il y a quelqu’un qui meurt, il fallait qu’il contribue encore pour l’enterrer. Et ça fait mal », témoigne-t-il.

Face à cette situation, il appelle les autorités compétentes et les personnes de bonne foi à prendre leurs responsabilités afin d'améliorer les conditions de vie des détenus et de garantir le bon fonctionnement de la justice à Walikale.

La Prison centrale de Walikale a été construite à l'époque coloniale pour une capacité de 150 détenus. A ce jour, on y loge plus de 350 détenus.


Administration publique : José Mpanda veut redynamiser les DANTIC-AP

Viabiliser les Directions des Archives et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’Administration publique (DANTIC-AP), c’est l’ambition affichée par le ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu.

Pour concrétiser cette volonté, le ministre a réuni, lundi 17 août 2926 à son cabinet de travail, les 59 directeurs des DANTIC-AP issus des différents ministères.

En sa qualité de coordonnateur des Directions des Archives et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’ensemble de l’administration publique, Me José Mpanda Kabangu a échangé avec les 59 responsables des DANTIC-AP.

Au cours de cette rencontre, les directeurs ont exposé les difficultés auxquelles leurs services sont confrontés au quotidien. Ils ont notamment plaidé pour une évaluation approfondie de la réforme intervenue en 2015, qui avait institué les DANTIC-AP comme structures standards au sein des différents ministères.

Des difficultés qui freinent le fonctionnement des DANTIC-AP

Parmi les problèmes soulevés figurent notamment le chevauchement des attributions avec d’autres structures créées dans certains ministères, mais aussi le déficit en moyens logistiques.

Les responsables évoquent également le manque de bureaux, l’insuffisance d’équipements numériques, les difficultés d’accès à Internet ainsi que le manque d’agents subalternes.

Face à ces contraintes, les directeurs des DANTIC-AP souhaitent désormais passer du constat des difficultés à la recherche de solutions concrètes.

Une feuille de route attendue

Attentif aux préoccupations exprimées, le ministre José Mpanda Kabangu a réaffirmé sa détermination à viabiliser les DANTIC-AP, dont la mission est notamment de conserver, gérer et contribuer à la numérisation des archives de l’administration publique.

Le ministre José Mpanda a demandé aux directeurs de lui soumettre rapidement une feuille de route destinée à orienter les actions prioritaires et à permettre la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation de la gestion des archives et des NTIC au sein de l’administration publique.

Un nouveau rendez-vous fixé au 17 septembre 2026

Les différentes parties ont convenu de se retrouver le 17 septembre 2026 pour examiner la faisabilité et l’applicabilité de cette feuille de route.

Cette démarche devrait permettre de clarifier les missions des DANTIC-AP, de renforcer leurs moyens de fonctionnement et d’accélérer la modernisation de la gestion documentaire et numérique de l’administration publique.


Procès FRIVAO : le ministère public requiert 15 ans de travaux forcés contre Constant Mutamba et la restitution des fonds

À l’audience de la Cour de cassation le 19 août 2026 consacrée au procès FRIVAO, le ministère public, le premier avocat général Jacques Melimeli, a détaillé les différentes sommes qu’il considère comme ayant fait l’objet de détournements de deniers publics impliquant les prévenus Constant Mutamba et Chançard Bolukola.

Dans son réquisitoire, l’organe de la loi a notamment évoqué une somme de 14 millions de dollars américains remise à Congo Énergie, ainsi que 4 millions de dollars américains remis à l'Institut Congolais de Conservation de la Nature (ICCN).

Le parquet a également cité 200.000 dollars américains remis à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, 1.024.000 dollars américains remis à l'agence Divo, ainsi que 2 millions de dollars américains remis à Global Assurance pour le compte de l’hôtel Wakena.

D’autres montants ont également été mentionnés, dont 1,5 million de dollars américains remis à un hôtel, ainsi que 75.875 dollars payés à l’entreprise Tropique Architecture et 284.238 dollars américains destinés à la réalisation de travaux de construction d'un mémorial.

Plus de 269.920 mille de dollars américains évoqués pour des besoins personnels

Le ministère public a par ailleurs évoqué une somme de 269.920.000 dollars américains qui aurait, selon le réquisitoire, été utilisée par le prévenu pour des besoins personnels.

L'ensemble de ces montants a été présenté par l'accusation comme faisant partie des sommes concernées par les infractions poursuivies dans ce dossier.

15 ans de travaux forcés requis

Au terme de son réquisitoire, le ministère public a requis que chacun des deux prévenus soit condamné à 15 ans de travaux forcés, en plus de plusieurs peines complémentaires.

Il a notamment demandé leur interdiction d'exercer le droit de vote et d'éligibilité pendant la période prévue par la loi, ainsi que l'interdiction d'accéder aux fonctions publiques et parapubliques, quelles que soient les charges concernées.

L'organe poursuivant a également requis l'exclusion du bénéfice de la condamnation conditionnelle, de la libération conditionnelle et de la réhabilitation.

Restitution des sommes réclamée

Le ministère public a demandé que les deux prévenus soient condamnés solidairement à restituer l'ensemble des sommes d'argent considérées comme détournées, sous peine des conséquences prévues par la loi.

L'accusation retient également le blanchiment des capitaux

Concernant Chançard Bolukola, le ministère public a également retenu les faits de blanchiment des capitaux qui lui sont imputés. L'organe de la loi a demandé qu'il soit condamné pour ces faits aux peines principales et aux amendes prévues par la loi.

Toutefois, le ministère public a relevé que Chançard Bolukola avait déjà été condamné à 15 ans de travaux forcés dans le cadre des détournements et que les faits de blanchiment auraient été commis dans le même contexte.

Pour cette raison, l'organe de la loi a demandé que, le concernant, la peine de 15 ans de servitude pénale principale soit retenue.

La décision appartient désormais à la Cour

Ces réquisitions constituent les demandes du ministère public et ne constituent pas encore une condamnation définitive. Il appartient à la Cour de cassation d'examiner les arguments de l'accusation et de la défense avant de rendre sa décision dans cette affaire.

Le procès FRIVAO porte sur la gestion de fonds destinés à la réparation et à l'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo. L'affaire met notamment en cause la gestion et l'utilisation de plusieurs millions de dollars américains, dont la destination fait l'objet de débats devant la justice congolaise.


Procès des forages : François Rubota acquitté par la Cour de cassation

La Cour de cassation a acquitté, mercredi 19 août 2026, François Rubota des faits qui lui étaient reprochés dans le dossier des forages et stations de traitement d’eau. Son avocat, Me Charles Cubaka, salue une décision qu’il considère comme conforme au droit.

Selon la défense, François Rubota était notamment poursuivi pour complicité de détournement, mais avait finalement été condamné pour conflit d’intérêts et tentative de détournement.

Un marché conclu avant son entrée au gouvernement

Pour Me Charles Cubaka, l’un des principaux arguments ayant conduit à la révision de la décision concerne la date d’attribution du marché de forage. L’avocat affirme que François Rubota n’était pas encore ministre au moment de la conclusion du marché.

Me Charles Cubaka estime dès lors que son client ne pouvait pas être poursuivi pour une infraction liée à l’exercice de ses fonctions ministérielles à cette période.

La défense a également soutenu que François Rubota n’avait pas été entendu au cours de la procédure initiale pour les faits de tentative de détournement finalement retenus contre lui.

Des pièces nouvelles produites devant la Cour

C’est dans le cadre d’une procédure en révision que les avocats de François Rubota ont saisi la Cour de cassation. Selon Me Charles Cubaka, la défense a présenté des pièces nouvelles qui n’avaient pas été soumises au débat lors de la procédure précédente.

Ces éléments, soutient-il, ont permis de démontrer que les infractions de conflit d’intérêts et de tentative de détournement ne pouvaient être retenues contre son client. La Cour de cassation a ainsi examiné ces nouveaux éléments avant de rendre sa décision.

La défense se dit satisfaite du verdict

Après l’acquittement, Me Charles Cubaka affirme que la défense ne peut que se réjouir de l'issue de la procédure. L’avocat estime que la Cour a tenu compte des nouvelles pièces versées au dossier et a tiré les conséquences juridiques qui s’imposaient, notamment concernant la période à laquelle le marché avait été attribué.

Rappel des faits mis à charge de Rubota

L’affaire dite des forages porte sur un projet de construction de forages et de stations de traitement d’eau en République Démocratique du Congo. Le dossier judiciaire avait donné lieu à des poursuites contre plusieurs personnes, dans le cadre des soupçons entourant la passation et l’exécution de ce marché public.

François Rubota avait été condamné dans cette affaire avant de contester cette décision. Sa défense a finalement engagé une procédure en révision devant la Cour de cassation, en s’appuyant notamment sur des éléments nouveaux.

Le dossier des forages s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le détournement des deniers publics et de contrôle de la gestion des marchés publics en RDC.

La décision rendue en faveur de François Rubota intervient ainsi comme une nouvelle étape judiciaire dans cette affaire. L’acquittement concerne les faits mis à sa charge et ne préjuge pas de la situation judiciaire des autres personnes éventuellement poursuivies dans le même dossier.


Sud-Kivu : plus de 815 ménages déplacés à la suite des violences à Ziralo lancent un cri d’alarme

Plus de 815 ménages ont fui les violences enregistrées ces derniers jours dans le groupement de Ziralo, dans la chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.

Selon l’Inspection territoriale du Mouvement des Sociétés civiles du Congo (MSCO), ces familles ont quitté leurs villages pour trouver refuge à Ramba, dans le groupement de Mubuku, une zone considérée comme relativement plus sécurisée.

Des familles sans abri ni moyens de subsistance

Arrivés à Ramba, les déplacés vivent dans des conditions extrêmement précaires. Plusieurs familles passent leurs nuits à la belle étoile, après avoir abandonné leurs maisons, leurs champs et leurs biens.

Le MSCO alerte notamment sur le manque de vivres, d’eau potable, d’abris et de soins de santé. Les enfants dorment à même le sol, tandis que les femmes et les personnes âgées sont exposées au froid, à la pluie et à la faim.

Cette situation accentue la vulnérabilité d’une population qui, selon l’organisation de la société civile, ne dispose plus de moyens suffisants pour assurer sa survie.

Le MSCO appelle à une intervention urgente

Face à cette situation humanitaire, l’Inspection territoriale du MSCO-Kalehe lance un appel aux organisations humanitaires, partenaires et personnes de bonne volonté afin qu’une assistance soit rapidement apportée aux familles déplacées.

Les besoins prioritaires concernent notamment les vivres, les abris, les articles ménagers essentiels (NFI) ainsi que les soins de santé.

« Il y a urgence. Chaque heure compte pour sauver des vies », insiste l’Inspection territoriale du MSCO-Kalehe. L’alerte a été lancée le 20 août 2026 par Safari Enakashesha Joseph, inspecteur territorial du MSCO-Kalehe.


Journée mondiale de l’aide humanitaire : à l’UNIKIN, l’ONU appelle à protéger les humanitaires et à lutter contre la désinformation

Les agences du système des Nations unies, en partenariat avec le Club des droits de l’homme de l’Université de Kinshasa, ont organisé, le 19 août 2026 à l’UNIKIN, une conférence-débat à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Placée sous le thème « Agir pour l’humanité », cette activité a réuni des étudiants autour de plusieurs enjeux liés à l’action humanitaire en République Démocratique du Congo, notamment la protection des travailleurs humanitaires, la lutte contre la désinformation, le rôle des femmes et l’engagement des jeunes dans la sensibilisation.

Pour Ignace Panu, président du Club des droits de l’homme de l’Université de Kinshasa, cette initiative visait avant tout à vulgariser le droit à la dignité de la personne humaine. Derrière chaque crise, chaque conflit ou déplacement de population, se trouve une vie humaine dont la dignité doit être préservée. Ce partenariat avec les agences des Nations unies constitue, à ses yeux, une réponse à plusieurs demandes et une opportunité pour l’Université de Kinshasa de renforcer les échanges autour des droits humains.

Les jeunes mobilisés contre les fake news

La conférence-débat a également mis l’accent sur la lutte contre les fausses informations et les violences en ligne. Mélanie Kabungulu a présenté le programme « Veilleurs du Web » de l’UNICEF, destiné aux jeunes âgés de 14 à 24 ans. Ces jeunes sont formés pour détecter les rumeurs et les fausses informations, assurer une veille sur Internet, faire remonter les préoccupations exprimées en ligne et sensibiliser leurs pairs à un usage responsable du numérique.

L’UNICEF s’appuie également sur le programme U-Report, qui permet aux jeunes de contribuer à la sensibilisation des parents et des communautés sur des messages essentiels liés notamment à la protection et au bien-être des enfants.

Le choix de la tranche d’âge des Veilleurs du Web répond, selon l’UNICEF, au fait que de nombreux jeunes de cette génération sont très présents sur Internet, mais n’ont pas toujours bénéficié d’une éducation numérique suffisante.

Ebola : ONU Femmes mise sur le leadership des femmes

La place des femmes dans la réponse aux crises sanitaires a également été abordée. Jules Mulimbi, officier de programme à ONU Femmes, a souligné que les femmes sont particulièrement exposées lors des épidémies, notamment à Ebola, en raison de leur rôle au sein des familles.

Elles sont souvent celles qui prennent soin des malades, accompagnent les proches dans les structures de santé, préparent les repas et jouent un rôle central dans la vie communautaire. Elles sont donc également des éducatrices et des sensibilisatrices de premier plan.

ONU Femmes travaille ainsi au renforcement des capacités des femmes leaders et des responsables d’organisations de la société civile afin qu’elles disposent d’informations fiables sur Ebola, ses modes de prévention et les comportements à adopter.

Ces femmes sont notamment appelées à lutter contre les rumeurs, orienter les personnes malades vers les structures de santé et sensibiliser les communautés sur les mesures de prévention.

Sensibiliser sur les funérailles sécurisées

Jules Mulimbi a également insisté sur la nécessité de sensibiliser les communautés aux funérailles sécurisées en période d’épidémie d’Ebola. Certaines pratiques traditionnelles, comme la manipulation ou la toilette des corps, peuvent favoriser la transmission de la maladie. Les familles sont donc encouragées à faire appel aux équipes habilitées pour organiser des obsèques dans des conditions sécurisées, tout en tenant compte du respect dû aux traditions et à la dignité des personnes. Pour ONU Femmes, le leadership féminin constitue ainsi un élément essentiel de la riposte.

Pas de riposte efficace sans l’implication des femmes

Plusieurs centaines de femmes ont déjà bénéficié d’activités de renforcement des capacités, mais les efforts doivent se poursuivre tant que l’épidémie reste une menace. Selon Jules Mulimbi, les interventions sanitaires doivent être accompagnées d’un important travail au niveau communautaire. L’adhésion des populations, la diffusion d’informations fiables et l’orientation rapide des malades vers les structures appropriées sont indispensables pour renforcer l’efficacité de la riposte.

La conférence de l’UNIKIN aura ainsi permis de mettre en évidence un même impératif : agir pour l’humanité, c’est protéger la dignité des personnes vulnérables, ceux qui leur portent assistance et mobiliser l’ensemble de la communauté pour faire face aux crises.

Mettre fin aux attaques contre les humanitaires

Wasi Kambale, chargé de l’information publique à l’OCHA, a insisté sur la nécessité de mettre fin aux attaques visant les travailleurs humanitaires, particulièrement dans l’est de la RDC. Selon lui, plusieurs humanitaires ont perdu la vie alors qu’ils accomplissaient leur mission auprès des populations vulnérables.

Wasi Kambale rappelle que les acteurs humanitaires interviennent notamment dans les zones touchées par les conflits armés, les déplacements de populations et les épidémies. « Quand un humanitaire est attaqué, ce sont les populations qui devraient bénéficier de cette assistance qui sont privées d’une aide vitale ».