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vendredi 2 octobre 2026

RDC : devant le Conseil des droits de l’homme, l’ONU appelle à renforcer la protection des civils et la lutte contre l’impunité

La situation des droits humains demeure « profondément préoccupante » en République Démocratique du Congo, particulièrement dans l’est du pays. C’est le constat dressé par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies devant le Conseil des droits de l’homme.

Dans son intervention, James Swan a alerté sur la persistance des violences contre les populations civiles, tout en saluant les avancées enregistrées dans les efforts de paix et dans la lutte contre l’impunité.

Des populations civiles toujours durement affectées

Dans l’est de la RDC, les populations continuent de subir les conséquences d’un conflit prolongé. Les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, les violences sexuelles liées aux conflits, les enlèvements, le recrutement d’enfants et les déplacements forcés continuent d’affecter de nombreuses communautés.

Le responsable onusien a appelé à ne pas considérer cette situation comme une réalité « normale ou inévitable ».

Il a toutefois salué les avancées enregistrées dans les efforts de paix, notamment le déploiement des premières missions de vérification du cessez-le-feu. Selon lui, ces progrès restent fragiles, mais démontrent que le dialogue demeure possible et doit être soutenu.

L’appel à un dialogue intercongolais inclusif

Les Nations Unies encouragent également les initiatives en faveur d’un dialogue intercongolais inclusif. Pour le Représentant spécial, la construction de la paix passe par l’écoute, la participation et la confiance. Elle nécessite également un espace civique ouvert, dans lequel les libertés fondamentales sont respectées.

James Swan estime ainsi que les efforts de paix doivent être accompagnés d’une meilleure protection des droits humains et des acteurs engagés dans la défense de ces droits.

Des avancées dans la lutte contre l’impunité

Le Représentant spécial a par ailleurs relevé des progrès dans la lutte contre l’impunité. Avec l’appui des Nations Unies et de partenaires techniques et financiers, les autorités congolaises poursuivent leurs efforts pour renforcer la justice et accompagner les victimes. Des survivantes de violences sexuelles ont bénéficié d’une assistance juridique et psychosociale.

Des victimes ont également été accompagnées dans leur quête de vérité, de justice et de réparation. Des mesures de protection ont, en outre, bénéficié à des magistrats, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Mais ces avancées doivent encore être consolidées, a-t-il souligné. L’impunité demeure, selon lui, un facteur favorisant la répétition des cycles de violence.

Violences sexuelles : poursuivre les efforts

La mise en œuvre du Communiqué conjoint entre le Gouvernement congolais et les Nations Unies consacré à la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits a notamment conduit à l’adoption, par la Police nationale congolaise, d’un plan d’action quinquennal 2025-2029. Ce plan vise à renforcer la prévention et la redevabilité.

Le Représentant spécial appelle à poursuivre cette dynamique à travers des enquêtes crédibles, des poursuites impartiales ainsi que le renforcement des institutions nationales chargées de protéger les droits humains et de rendre justice.

La justice transitionnelle au cœur des consultations

Les initiatives de justice transitionnelle progressent également dans plusieurs provinces du pays. Les consultations menées permettent aux victimes de faire entendre leur voix et de participer à la réflexion nationale sur la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition.

Pour les Nations Unies, la participation des victimes constitue un élément important dans la construction d’une paix durable.

Ressources minières et respect des droits humains

La gouvernance des ressources naturelles a également été évoquée devant le Conseil des droits de l’homme.

Le Représentant spécial estime que les importantes ressources minières de la RDC doivent contribuer à la paix, au développement durable et au respect des droits humains.

Dans cette perspective, les évaluations d’impact sur les droits humains soutenues par le Bureau conjoint sont présentées comme un outil de prévention et de renforcement de la confiance entre les entreprises, les communautés locales et les autorités.

Ebola et choléra aggravent la vulnérabilité

Malgré les progrès enregistrés, les défis restent considérables. Les violences persistent et les besoins humanitaires demeurent importants.

À cette situation s’ajoutent des urgences sanitaires. L’épidémie d’Ebola accentue notamment la vulnérabilité des populations déjà affectées par les conflits. Le choléra, présent dans certaines zones, exerce également une pression supplémentaire sur des communautés et des services essentiels déjà fragilisés.

Face à cette situation, le Représentant spécial appelle les autorités congolaises à poursuivre et approfondir leurs efforts pour protéger les civils, préserver l’espace civique et renforcer l’État de droit.

Il insiste également sur la nécessité de faire répondre de leurs actes les auteurs de violations et d’atteintes graves aux droits humains.

Maintenir l’engagement international

Le responsable onusien appelle enfin les partenaires internationaux à maintenir leur soutien politique, technique et financier en faveur d’un engagement durable pour la paix en RDC.

Pour les Nations Unies, les droits humains doivent rester au cœur des initiatives de paix, de sécurité et de développement.

« Les droits humains ne sont pas une conséquence de la paix. Ils en sont l’une des conditions essentielles », a-t-il rappelé, soulignant qu’une paix qui ne protège pas les civils, ne garantit pas la justice aux victimes ou ne respecte pas la dignité de chacun demeure fragile et incomplète.

Malgré l’ampleur des défis, il estime que des progrès restent possibles. L’enjeu est désormais de transformer les avancées enregistrées en changements concrets dans la vie des populations : davantage de sécurité, de justice, de protection et d’espoir.

Les victimes et les communautés affectées, conclut-il, ne doivent pas porter seules le poids de la crise. Les institutions nationales, les Nations Unies et la communauté internationale doivent rester mobilisées à leurs côtés.


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