La
situation des droits humains demeure « profondément préoccupante » en
République Démocratique du Congo, particulièrement dans l’est du pays. C’est le
constat dressé par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
Unies devant le Conseil des droits de l’homme.
Dans
son intervention, James Swan a alerté sur la persistance des violences contre
les populations civiles, tout en saluant les avancées enregistrées dans les
efforts de paix et dans la lutte contre l’impunité.
Des
populations civiles toujours durement affectées
Dans
l’est de la RDC, les populations continuent de subir les conséquences d’un
conflit prolongé. Les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique,
les violences sexuelles liées aux conflits, les enlèvements, le recrutement
d’enfants et les déplacements forcés continuent d’affecter de nombreuses
communautés.
Le
responsable onusien a appelé à ne pas considérer cette situation comme une
réalité « normale ou inévitable ».
Il a
toutefois salué les avancées enregistrées dans les efforts de paix, notamment
le déploiement des premières missions de vérification du cessez-le-feu. Selon
lui, ces progrès restent fragiles, mais démontrent que le dialogue demeure
possible et doit être soutenu.
L’appel
à un dialogue intercongolais inclusif
Les Nations Unies encouragent également les initiatives en faveur d’un dialogue intercongolais inclusif. Pour le Représentant spécial, la construction de la paix passe par l’écoute, la participation et la confiance. Elle nécessite également un espace civique ouvert, dans lequel les libertés fondamentales sont respectées.
James
Swan estime ainsi que les efforts de paix doivent être accompagnés d’une
meilleure protection des droits humains et des acteurs engagés dans la défense
de ces droits.
Des
avancées dans la lutte contre l’impunité
Le Représentant spécial a par ailleurs relevé des progrès dans la lutte contre l’impunité. Avec l’appui des Nations Unies et de partenaires techniques et financiers, les autorités congolaises poursuivent leurs efforts pour renforcer la justice et accompagner les victimes. Des survivantes de violences sexuelles ont bénéficié d’une assistance juridique et psychosociale.
Des
victimes ont également été accompagnées dans leur quête de vérité, de justice
et de réparation. Des mesures de protection ont, en outre, bénéficié à des
magistrats, des journalistes et des défenseurs des droits humains.
Mais
ces avancées doivent encore être consolidées, a-t-il souligné. L’impunité
demeure, selon lui, un facteur favorisant la répétition des cycles de violence.
Violences
sexuelles : poursuivre les efforts
La mise en œuvre du Communiqué conjoint entre le Gouvernement congolais et les Nations Unies consacré à la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits a notamment conduit à l’adoption, par la Police nationale congolaise, d’un plan d’action quinquennal 2025-2029. Ce plan vise à renforcer la prévention et la redevabilité.
Le
Représentant spécial appelle à poursuivre cette dynamique à travers des
enquêtes crédibles, des poursuites impartiales ainsi que le renforcement des
institutions nationales chargées de protéger les droits humains et de rendre
justice.
La
justice transitionnelle au cœur des consultations
Les initiatives de justice transitionnelle progressent également dans plusieurs provinces du pays. Les consultations menées permettent aux victimes de faire entendre leur voix et de participer à la réflexion nationale sur la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition.
Pour
les Nations Unies, la participation des victimes constitue un élément important
dans la construction d’une paix durable.
Ressources
minières et respect des droits humains
La
gouvernance des ressources naturelles a également été évoquée devant le Conseil
des droits de l’homme.
Le
Représentant spécial estime que les importantes ressources minières de la RDC
doivent contribuer à la paix, au développement durable et au respect des droits
humains.
Dans
cette perspective, les évaluations d’impact sur les droits humains soutenues
par le Bureau conjoint sont présentées comme un outil de prévention et de
renforcement de la confiance entre les entreprises, les communautés locales et
les autorités.
Ebola
et choléra aggravent la vulnérabilité
Malgré
les progrès enregistrés, les défis restent considérables. Les violences
persistent et les besoins humanitaires demeurent importants.
À
cette situation s’ajoutent des urgences sanitaires. L’épidémie d’Ebola accentue
notamment la vulnérabilité des populations déjà affectées par les conflits. Le
choléra, présent dans certaines zones, exerce également une pression
supplémentaire sur des communautés et des services essentiels déjà fragilisés.
Face
à cette situation, le Représentant spécial appelle les autorités congolaises à
poursuivre et approfondir leurs efforts pour protéger les civils, préserver
l’espace civique et renforcer l’État de droit.
Il
insiste également sur la nécessité de faire répondre de leurs actes les auteurs
de violations et d’atteintes graves aux droits humains.
Maintenir
l’engagement international
Le
responsable onusien appelle enfin les partenaires internationaux à maintenir
leur soutien politique, technique et financier en faveur d’un engagement
durable pour la paix en RDC.
Pour
les Nations Unies, les droits humains doivent rester au cœur des initiatives de
paix, de sécurité et de développement.
« Les
droits humains ne sont pas une conséquence de la paix. Ils en sont l’une des
conditions essentielles », a-t-il rappelé, soulignant qu’une paix qui ne
protège pas les civils, ne garantit pas la justice aux victimes ou ne respecte
pas la dignité de chacun demeure fragile et incomplète.
Malgré
l’ampleur des défis, il estime que des progrès restent possibles. L’enjeu est
désormais de transformer les avancées enregistrées en changements concrets dans
la vie des populations : davantage de sécurité, de justice, de protection et
d’espoir.
Les
victimes et les communautés affectées, conclut-il, ne doivent pas porter seules
le poids de la crise. Les institutions nationales, les Nations Unies et la
communauté internationale doivent rester mobilisées à leurs côtés.
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