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samedi 17 octobre 2026

RDC : les FPAU accusent Joseph Kabila de trahison

Les Forces politiques et alliées unies (FPAU) dénoncent l’engagement présumé de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, dans le Front pour la refondation de la nation, qu’elles présentent comme un mouvement rebelle opposé aux institutions de la République Démocratique du Congo. Dans un communiqué politique publié à Kinshasa, le 14 octobre 2026, cette plateforme estime que la présence de l’ancien chef de l’État aux côtés des acteurs de la rébellion constitue une rupture grave avec les principes démocratiques et les responsabilités attachées à son ancienne fonction.

Signé par son coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, le document appelle également la communauté internationale à sortir de son silence et exhorte la population congolaise à préserver son unité face aux menaces contre l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays.

Les FPAU dénoncent un engagement qui, selon elles, remonte à plusieurs années

Réagissant aux développements politiques et sécuritaires annoncés le 12 octobre 2026 à Goma, les FPAU accusent Joseph Kabila de s’être engagé dans une dynamique de déstabilisation de la RDC, en collaboration avec le Rwanda de Paul Kagame.

La plateforme considère que cette évolution ne constituerait pas un changement récent de position, mais plutôt la manifestation publique d’une orientation que l’ancien président aurait longtemps dissimulée derrière son statut d’ancien chef de l’État.

Pour étayer leur position, les FPAU rappellent les déclarations faites le 14 février 2025 à Munich, en Allemagne, par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Celui-ci avait alors accusé Joseph Kabila d’être le véritable commanditaire de la rébellion menée avec le soutien du Rwanda. Pour les signataires du communiqué, les événements actuels donnent une nouvelle dimension à ces accusations présidentielles.

Le statut des anciens présidents au cœur de la controverse

Les FPAU estiment que l’engagement reproché à Joseph Kabila serait incompatible avec les obligations morales et politiques liées à son ancienne fonction. Elles invoquent notamment la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens présidents de la République élus.

Selon cette plateforme, les principes démocratiques consacrés dans ce texte impliquent notamment le respect de la souveraineté populaire, la dévolution du pouvoir par les urnes et le rejet de toute conquête du pouvoir par la force ou de tout renversement d’un régime constitutionnel.

Les signataires dénoncent ainsi ce qu’ils considèrent comme une contradiction majeure entre les responsabilités exercées par Joseph Kabila durant ses années au pouvoir et les accusations portées aujourd’hui contre lui.

Les FPAU évoquent le sacrifice des militaires tombés au front

Le communiqué consacre une partie importante aux conséquences humaines des conflits armés dans l’est de la RDC. Les FPAU s’interrogent sur le sens du sacrifice des militaires qui ont perdu la vie en défendant le territoire national contre les groupes armés.

Elles citent les généraux Félix Mbunza Mabe, Lucien Bahuma Ambamba et Peter Cirimwami Nkuba, ainsi que le colonel Mamadou Ndala et le colonel Alexis Rugabisha.

Pour la plateforme, la proximité alléguée entre Joseph Kabila et des figures de la rébellion soulève une question de responsabilité historique envers les soldats tombés au combat, leurs veuves, leurs orphelins et leurs familles.

Les FPAU rappellent que l’ancien président était, durant son mandat, le commandant suprême des Forces armées de la RDC. Elles estiment que les militaires engagés sur le front l’étaient dans le cadre de la défense de la République et de ses institutions.

Le communiqué exprime ainsi une indignation politique face à ce que ses auteurs considèrent comme une trahison des engagements pris envers la nation et les forces de défense.

Un retour en arrière pour la démocratie congolaise

Les FPAU rappellent que Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant environ dix-huit ans, après son accession à la tête de l’État en 2001. Elles évoquent également les contestations ayant entouré les élections présidentielles de 2006 et de 2011, respectivement marquées par ses confrontations électorales avec Jean-Pierre Bemba et Étienne Tshisekedi.

La plateforme estime que la situation actuelle constitue un recul démocratique, dans la mesure où un ancien président et Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), sont accusés de s’associer dans une dynamique armée visant les institutions qu’ils ont, à différentes périodes, contribué à faire fonctionner.

Les FPAU opposent cette situation à la passation du pouvoir intervenue entre Joseph Kabila et Félix-Antoine Tshisekedi, qu’elles présentent comme un précédent de transfert institutionnel du pouvoir.

Elles considèrent que le recours à la lutte armée pour contester les institutions constitue une remise en cause des mécanismes démocratiques de règlement des différends politiques.

La condamnation de Joseph Kabila rappelée dans le communiqué

Les FPAU font également référence à la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila, prononcée le 30 septembre 2025 par la Haute Cour militaire.

Elles estiment que les développements qu’elles dénoncent aujourd’hui renforcent, à leurs yeux, la nécessité de tirer toutes les conséquences de cette décision judiciaire.

Cette référence s’inscrit dans l’argumentaire de la plateforme, qui demande que les actes reprochés à l’ancien président soient appréciés à la lumière de leur gravité.

Un appel à la communauté internationale et à l’unité nationale

Dans sa déclaration, la plateforme compare la situation congolaise à celle d’autres pays africains, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, où d’anciens chefs d’État peuvent continuer à jouer un rôle de médiation et de conseil après leur départ du pouvoir.

Pour les FPAU, cette comparaison pose la question de l’héritage politique que laisse un ancien président lorsqu’il est accusé de rejoindre une dynamique de rébellion contre les institutions nationales.

La plateforme réaffirme par ailleurs son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de chef de l’État et de commandant suprême des FARDC.

Elle appelle enfin la communauté internationale à prendre la mesure de la situation et à assumer ses responsabilités face aux menaces qui pèsent, selon elle, sur la souveraineté congolaise.

À la population, les FPAU demandent de rester unie et vigilante pour défendre l’intégrité territoriale du pays.


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