Les
Forces politiques et alliées unies (FPAU) dénoncent l’engagement présumé de
l’ancien président de la République, Joseph Kabila, dans le Front pour la
refondation de la nation, qu’elles présentent comme un mouvement rebelle opposé
aux institutions de la République Démocratique du Congo. Dans un communiqué
politique publié à Kinshasa, le 14 octobre 2026, cette plateforme estime que la
présence de l’ancien chef de l’État aux côtés des acteurs de la rébellion
constitue une rupture grave avec les principes démocratiques et les
responsabilités attachées à son ancienne fonction.
Signé
par son coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, le document appelle
également la communauté internationale à sortir de son silence et exhorte la
population congolaise à préserver son unité face aux menaces contre l’intégrité
territoriale et la souveraineté du pays.
Les
FPAU dénoncent un engagement qui, selon elles, remonte à plusieurs années
Réagissant
aux développements politiques et sécuritaires annoncés le 12 octobre 2026 à
Goma, les FPAU accusent Joseph Kabila de s’être engagé dans une dynamique de
déstabilisation de la RDC, en collaboration avec le Rwanda de Paul Kagame.
La
plateforme considère que cette évolution ne constituerait pas un changement
récent de position, mais plutôt la manifestation publique d’une orientation que
l’ancien président aurait longtemps dissimulée derrière son statut d’ancien
chef de l’État.
Pour
étayer leur position, les FPAU rappellent les déclarations faites le 14 février
2025 à Munich, en Allemagne, par le président Félix-Antoine Tshisekedi
Tshilombo. Celui-ci avait alors accusé Joseph Kabila d’être le véritable
commanditaire de la rébellion menée avec le soutien du Rwanda. Pour les
signataires du communiqué, les événements actuels donnent une nouvelle
dimension à ces accusations présidentielles.
Le
statut des anciens présidents au cœur de la controverse
Les
FPAU estiment que l’engagement reproché à Joseph Kabila serait incompatible
avec les obligations morales et politiques liées à son ancienne fonction. Elles
invoquent notamment la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 portant statut des
anciens présidents de la République élus.
Selon
cette plateforme, les principes démocratiques consacrés dans ce texte
impliquent notamment le respect de la souveraineté populaire, la dévolution du
pouvoir par les urnes et le rejet de toute conquête du pouvoir par la force ou
de tout renversement d’un régime constitutionnel.
Les
signataires dénoncent ainsi ce qu’ils considèrent comme une contradiction
majeure entre les responsabilités exercées par Joseph Kabila durant ses années
au pouvoir et les accusations portées aujourd’hui contre lui.
Les
FPAU évoquent le sacrifice des militaires tombés au front
Le
communiqué consacre une partie importante aux conséquences humaines des
conflits armés dans l’est de la RDC. Les FPAU s’interrogent sur le sens du
sacrifice des militaires qui ont perdu la vie en défendant le territoire
national contre les groupes armés.
Elles
citent les généraux Félix Mbunza Mabe, Lucien Bahuma Ambamba et Peter Cirimwami
Nkuba, ainsi que le colonel Mamadou Ndala et le colonel Alexis Rugabisha.
Pour
la plateforme, la proximité alléguée entre Joseph Kabila et des figures de la
rébellion soulève une question de responsabilité historique envers les soldats
tombés au combat, leurs veuves, leurs orphelins et leurs familles.
Les
FPAU rappellent que l’ancien président était, durant son mandat, le commandant
suprême des Forces armées de la RDC. Elles estiment que les militaires engagés
sur le front l’étaient dans le cadre de la défense de la République et de ses
institutions.
Le
communiqué exprime ainsi une indignation politique face à ce que ses auteurs
considèrent comme une trahison des engagements pris envers la nation et les
forces de défense.
Un
retour en arrière pour la démocratie congolaise
Les
FPAU rappellent que Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant environ dix-huit ans,
après son accession à la tête de l’État en 2001. Elles évoquent également les
contestations ayant entouré les élections présidentielles de 2006 et de 2011,
respectivement marquées par ses confrontations électorales avec Jean-Pierre
Bemba et Étienne Tshisekedi.
La
plateforme estime que la situation actuelle constitue un recul démocratique,
dans la mesure où un ancien président et Corneille Nangaa, ancien président de
la Commission électorale nationale indépendante (CENI), sont accusés de
s’associer dans une dynamique armée visant les institutions qu’ils ont, à
différentes périodes, contribué à faire fonctionner.
Les
FPAU opposent cette situation à la passation du pouvoir intervenue entre Joseph
Kabila et Félix-Antoine Tshisekedi, qu’elles présentent comme un précédent de
transfert institutionnel du pouvoir.
Elles
considèrent que le recours à la lutte armée pour contester les institutions
constitue une remise en cause des mécanismes démocratiques de règlement des
différends politiques.
La
condamnation de Joseph Kabila rappelée dans le communiqué
Les
FPAU font également référence à la condamnation à mort par contumace de Joseph
Kabila, prononcée le 30 septembre 2025 par la Haute Cour militaire.
Elles
estiment que les développements qu’elles dénoncent aujourd’hui renforcent, à
leurs yeux, la nécessité de tirer toutes les conséquences de cette décision
judiciaire.
Cette
référence s’inscrit dans l’argumentaire de la plateforme, qui demande que les
actes reprochés à l’ancien président soient appréciés à la lumière de leur
gravité.
Un
appel à la communauté internationale et à l’unité nationale
Dans
sa déclaration, la plateforme compare la situation congolaise à celle d’autres
pays africains, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, où d’anciens chefs
d’État peuvent continuer à jouer un rôle de médiation et de conseil après leur
départ du pouvoir.
Pour
les FPAU, cette comparaison pose la question de l’héritage politique que laisse
un ancien président lorsqu’il est accusé de rejoindre une dynamique de
rébellion contre les institutions nationales.
La
plateforme réaffirme par ailleurs son soutien au président Félix-Antoine
Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de chef de l’État et de commandant suprême
des FARDC.
Elle
appelle enfin la communauté internationale à prendre la mesure de la situation
et à assumer ses responsabilités face aux menaces qui pèsent, selon elle, sur
la souveraineté congolaise.
À la
population, les FPAU demandent de rester unie et vigilante pour défendre
l’intégrité territoriale du pays.
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