La
Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) tire la sonnette
d'alarme face à la multiplication sauvage des points de vente de carburant à
Uvira dans la province du Sud-Kivu. Faute de régulation, le chef-lieu de la
province du Sud-Kivu s'expose à un drame humanitaire et environnemental majeur.
La
ville d’Uvira est-elle en train de se transformer en une vaste poudrière ?
C’est la vive inquiétude exprimée le vendredi 21 août 2026 par la coordination
urbaine de la SOCICO-RDC.
Dans
un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Yoshuwa Barika,
l'organisation dénonce avec force l'implantation désordonnée et illégale
d'infrastructures pétrolières à travers la ville, pointant un danger de
sécurité publique devenu critique.
Le
quartier Kasenga au cœur de l'anarchie urbaine
Le
constat dressé sur le terrain par les militants de la société civile est sans
appel. Les stations-service surgissent désormais à chaque intersection, au
mépris le plus total des règles d'aménagement du territoire. La situation
s’avère particulièrement intenable dans la commune de Mulongwe, plus
précisément au sein du quartier Kasenga.
Dans
cette zone à forte densité, des pompes à essence sont érigées à proximité
immédiate des habitations privées, des établissements scolaires, des marchés
populaires et des axes routiers majeurs. Cette cohabitation forcée viole de
plein fouet les principes élémentaires de la sécurité urbaine, transformant ces
espaces de vie en de véritables « bombes à retardement » pour la population
locale.
Une
violation flagrante du Code des Hydrocarbures de la RDC
Au-delà
du péril sécuritaire, la SOCICO-RDC rappelle que cette prolifération se fait au
mépris des lois de la République. Ce désordre contrevient directement à la Loi
n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures en RDC.
Les
articles 178 et 179 de ce texte stipulent clairement que tout exploitant est
soumis au strict respect d'un règlement d'hydrocarbures fixant des consignes
rigoureuses de sécurité, d'hygiène et de salubrité publique afin de prévenir
tout sinistre.
De
plus, l'absence de dispositifs de confinement expose les sols et les nappes
phréatiques à des risques de pollution chimique irréversibles. En
s'affranchissant des permis d'exploitation obligatoires délivrés par l'État,
ces stations opèrent en toute illégalité aux dépens de la vie humaine.
L'appel
pressant aux ministères de tutelle
Face
à ce péril imminent, la coordination urbaine d’Uvira refuse d'attendre une
catastrophe pour pleurer des victimes de trop. Elle interpelle directement le
ministre National des Hydrocarbures, ainsi que son homologue provincial du
Sud-Kivu, exigeant des mesures conservatoires d'urgence.
La
société civile recommande la suspension immédiate de tous les chantiers de
stations-service suspectés d'illégalité, le lancement d'un audit technique de
conformité sur l'ensemble des infrastructures de distribution existantes dans
la ville, l'application stricte des sanctions réglementaires, allant jusqu'à la
fermeture des stations ne respectant pas les distances légales de sécurité
vis-à-vis des tiers.
« La
vie de la population d'Uvira vaut infiniment plus que les intérêts commerciaux
de quelques opérateurs économiques », martèle Yoshuwa Barika. Pour la société
civile, l'autorité de l'État doit urgemment restaurer l'ordre public avant
qu'un incendie majeur ne vienne endeuiller la province.
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