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samedi 22 août 2026

Sud-Kivu : La prolifération anarchique des stations-service fait craindre le pire

La Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) tire la sonnette d'alarme face à la multiplication sauvage des points de vente de carburant à Uvira dans la province du Sud-Kivu. Faute de régulation, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu s'expose à un drame humanitaire et environnemental majeur.

La ville d’Uvira est-elle en train de se transformer en une vaste poudrière ? C’est la vive inquiétude exprimée le vendredi 21 août 2026 par la coordination urbaine de la SOCICO-RDC.

Dans un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Yoshuwa Barika, l'organisation dénonce avec force l'implantation désordonnée et illégale d'infrastructures pétrolières à travers la ville, pointant un danger de sécurité publique devenu critique.

Le quartier Kasenga au cœur de l'anarchie urbaine

Le constat dressé sur le terrain par les militants de la société civile est sans appel. Les stations-service surgissent désormais à chaque intersection, au mépris le plus total des règles d'aménagement du territoire. La situation s’avère particulièrement intenable dans la commune de Mulongwe, plus précisément au sein du quartier Kasenga.

Dans cette zone à forte densité, des pompes à essence sont érigées à proximité immédiate des habitations privées, des établissements scolaires, des marchés populaires et des axes routiers majeurs. Cette cohabitation forcée viole de plein fouet les principes élémentaires de la sécurité urbaine, transformant ces espaces de vie en de véritables « bombes à retardement » pour la population locale.

Une violation flagrante du Code des Hydrocarbures de la RDC

Au-delà du péril sécuritaire, la SOCICO-RDC rappelle que cette prolifération se fait au mépris des lois de la République. Ce désordre contrevient directement à la Loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures en RDC.

Les articles 178 et 179 de ce texte stipulent clairement que tout exploitant est soumis au strict respect d'un règlement d'hydrocarbures fixant des consignes rigoureuses de sécurité, d'hygiène et de salubrité publique afin de prévenir tout sinistre.

De plus, l'absence de dispositifs de confinement expose les sols et les nappes phréatiques à des risques de pollution chimique irréversibles. En s'affranchissant des permis d'exploitation obligatoires délivrés par l'État, ces stations opèrent en toute illégalité aux dépens de la vie humaine.

L'appel pressant aux ministères de tutelle

Face à ce péril imminent, la coordination urbaine d’Uvira refuse d'attendre une catastrophe pour pleurer des victimes de trop. Elle interpelle directement le ministre National des Hydrocarbures, ainsi que son homologue provincial du Sud-Kivu, exigeant des mesures conservatoires d'urgence.

La société civile recommande la suspension immédiate de tous les chantiers de stations-service suspectés d'illégalité, le lancement d'un audit technique de conformité sur l'ensemble des infrastructures de distribution existantes dans la ville, l'application stricte des sanctions réglementaires, allant jusqu'à la fermeture des stations ne respectant pas les distances légales de sécurité vis-à-vis des tiers.

« La vie de la population d'Uvira vaut infiniment plus que les intérêts commerciaux de quelques opérateurs économiques », martèle Yoshuwa Barika. Pour la société civile, l'autorité de l'État doit urgemment restaurer l'ordre public avant qu'un incendie majeur ne vienne endeuiller la province.


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