En
République Démocratique du Congo, de plus en plus de passagers dénoncent le
non-respect des horaires de vol par certaines compagnies aériennes, notamment
Gomair. Des voyageurs censés embarquer le jeudi 23 avril 2026 ont été
contraints de modifier leurs plans après un changement unilatéral de programme,
leur vol ayant été avancé au 22 avril 2026 sans préavis suffisant.
Bagages
abandonnés et passagers lésés
Selon
plusieurs témoignages, la compagnie serait coutumière de pratiques
controversées, notamment l’abandon de bagages à l’aéroport international de
N'djili en raison de surcharge. Une situation incompréhensible pour certains
passagers qui s’interrogent sur l’utilité des formalités de check-in si leurs
effets personnels ne suivent pas. À destination, nombreux sont ceux qui se
retrouvent sans bagages, accentuant leur frustration.
Un
monopole qui inquiète
Pour
plusieurs usagers, ces dérives s’expliquent en partie par l’absence de
concurrence sur certaines lignes. Le retrait d’Air Kasaï sur des axes comme
Lodja aurait laissé le champ libre à Gomair, réduisant les options pour les
voyageurs. Dans ce contexte, certains passagers dénoncent une forme d’abus,
allant jusqu’au débarquement imprévu de clients le jour même du vol.
Désorganisation
totale à l’embarquement
Les
témoignages font état d’une grande confusion autour des heures de départ. Le 21
avril 2026, un passager a été informé à la dernière minute du changement de son
vol au lendemain, avec des consignes contradictoires sur l’heure d’arrivée à
l’aéroport.
Sur
place, les formalités se sont déroulées dans des conditions difficiles :
bousculades, chaleur étouffante, lenteur du service et absence d’informations
claires.
Même
dans la salle d’attente, les passagers ont dû faire face à une climatisation
défaillante et à une incertitude totale quant à l’heure de décollage.
Attente
sous le soleil et embarquement chaotique
L’embarquement
s’est fait dans une confusion générale. Après un transport en bus jusqu’à
l’avion, les passagers ont été contraints d’attendre sous une chaleur
accablante, certains invités à se réfugier sous les ailes de l’appareil.
Pendant ce temps, le personnel au sol s’activait à réaménager l’avion, allant
jusqu’à démonter des sièges pour charger des marchandises.
Conditions
de vol dénoncées
À
bord, les conditions de voyage ont choqué plus d’un passager. Des marchandises
entassées dans la cabine, une allée encombrée de colis, des odeurs nauséabondes
et la présence d’insectes — mouches et même cafards — ont marqué ce vol à
destination de Lodja. Une situation jugée inacceptable par les voyageurs, y
compris les habitués de la compagnie.
Une
indignation croissante des voyageurs
Le
décollage n’est finalement intervenu qu’à 14h13, après de longues heures
d’attente. Excédés, certains passagers ont exprimé leur amertume face à ces
conditions qu’ils jugent incompatibles avec toute ambition de développement du
pays.
« On ne peut pas construire un pays dans ces conditions », déplore un voyageur, contraint de passer toute une journée à attendre un vol incertain. Dans un mélange de résignation et d’ironie, un autre lance en Tshiluba : « Kwata bukole », tenez bon, comme pour encourager ses compagnons d’infortune à supporter l’insupportable.
Retards, désordre et frustrations des passagers entre Kinshasa
et Lodja
Malgré
la forte pluie qui s’est abattue le 24 avril 2026 sur Kinshasa, plusieurs
passagers se sont mobilisés pour arriver à temps à l’aéroport. À leur grande
surprise, ils apprennent sur place que l’avion est immobilisé à Beni, faute de
carburant.
Face
à cette situation, la compagnie aérienne remet 10 dollars américains à chaque
passager pour leur permettre de rentrer et revenir le lendemain. Le voyage vers
Lodja sera finalement effectué avec un important retard.
Bagages
laissés et solutions improvisées
À
l’arrivée à Lodja, une passagère constate la disparition de son sac d’habits.
Contrainte de s’adapter, elle décide d’acheter des vêtements sur place. Le 28
avril 2026, lors d’un appel téléphonique, elle demande expressément à la
compagnie de ne pas envoyer son bagage, estimant avoir déjà acquis suffisamment
d’habits pour éviter tout excédent de poids. Elle prévient qu’en cas d’envoi du
sac, elle refusera de payer les frais supplémentaires. Malgré cela, son bagage
sera tout de même acheminé à Lodja.
Incertitudes
autour des vols de retour
La
veille du 29 avril 2026, des passagers en partance pour Kinshasa tentent
d’obtenir des informations sur leur vol auprès de l’agence locale de la
compagnie. En vain, aucune heure de départ n’est communiquée. Face à cette
incertitude, les voyageurs ne savent pas à quel moment se rendre à l’aéroport.
Un cadre du secteur de la santé relativise, « attendons la fin des travaux de
la piste de l’aéroport de Lodja. Pour le moment, il faut faire avec, faute
d’alternative ».
Plusieurs
passagers dénoncent cependant une situation jugée injuste : si des pénalités
sont appliquées aux voyageurs en cas de retard, ils estiment qu’une réciprocité
devrait s’imposer aux compagnies aériennes qui ne respectent pas leurs
engagements.
Désordre
à l’embarquement et pratiques décriées
Au
moment du retour depuis l’aéroport local le 30 avril 2026, l’organisation
laisse à désirer. Sous la menace de nouvelles pluies, l’agence de Lodja ne
maîtrise ni l’heure d’atterrissage ni celle du décollage de l’appareil en
provenance de Kinshasa via Beni.
Lors
des formalités d’embarquement, certains agents exigent 10.000 francs congolais
pour éviter une fouille approfondie des bagages. Un passager, refusant de
céder, affirme n’avoir rien à cacher et invite les agents à faire leur travail
correctement. En réaction, des fouilles désordonnées sont menées, perturbant
les effets personnels de plusieurs voyageurs.
Décollage
précipité dans des conditions précaires
Le
contrôle à l’embarquement se fait à la hâte. Il est près de 18h30 à Lodja, et
la piste, non balisée, impose un départ rapide avant la tombée de la nuit.
L’embarquement s’effectue dans la précipitation. À bord, les sièges sont cette
fois correctement installés, mais une odeur désagréable est perceptible dans la
cabine. L’avion décolle finalement vers 18h30 et atterrit à l’aéroport
international de N'djili aux alentours de 19h38.


