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jeudi 30 avril 2026

Transport aérien en RDC : le ras-le-bol des passagers face aux dérives des compagnies

En République Démocratique du Congo, de plus en plus de passagers dénoncent le non-respect des horaires de vol par certaines compagnies aériennes, notamment Gomair. Des voyageurs censés embarquer le jeudi 23 avril 2026 ont été contraints de modifier leurs plans après un changement unilatéral de programme, leur vol ayant été avancé au 22 avril 2026 sans préavis suffisant.

Bagages abandonnés et passagers lésés

Selon plusieurs témoignages, la compagnie serait coutumière de pratiques controversées, notamment l’abandon de bagages à l’aéroport international de N'djili en raison de surcharge. Une situation incompréhensible pour certains passagers qui s’interrogent sur l’utilité des formalités de check-in si leurs effets personnels ne suivent pas. À destination, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans bagages, accentuant leur frustration.

Un monopole qui inquiète

Pour plusieurs usagers, ces dérives s’expliquent en partie par l’absence de concurrence sur certaines lignes. Le retrait d’Air Kasaï sur des axes comme Lodja aurait laissé le champ libre à Gomair, réduisant les options pour les voyageurs. Dans ce contexte, certains passagers dénoncent une forme d’abus, allant jusqu’au débarquement imprévu de clients le jour même du vol.

Désorganisation totale à l’embarquement

Les témoignages font état d’une grande confusion autour des heures de départ. Le 21 avril 2026, un passager a été informé à la dernière minute du changement de son vol au lendemain, avec des consignes contradictoires sur l’heure d’arrivée à l’aéroport. 

Sur place, les formalités se sont déroulées dans des conditions difficiles : bousculades, chaleur étouffante, lenteur du service et absence d’informations claires.

Même dans la salle d’attente, les passagers ont dû faire face à une climatisation défaillante et à une incertitude totale quant à l’heure de décollage.

Attente sous le soleil et embarquement chaotique

L’embarquement s’est fait dans une confusion générale. Après un transport en bus jusqu’à l’avion, les passagers ont été contraints d’attendre sous une chaleur accablante, certains invités à se réfugier sous les ailes de l’appareil. Pendant ce temps, le personnel au sol s’activait à réaménager l’avion, allant jusqu’à démonter des sièges pour charger des marchandises.

Conditions de vol dénoncées

À bord, les conditions de voyage ont choqué plus d’un passager. Des marchandises entassées dans la cabine, une allée encombrée de colis, des odeurs nauséabondes et la présence d’insectes — mouches et même cafards — ont marqué ce vol à destination de Lodja. Une situation jugée inacceptable par les voyageurs, y compris les habitués de la compagnie.

Une indignation croissante des voyageurs

Le décollage n’est finalement intervenu qu’à 14h13, après de longues heures d’attente. Excédés, certains passagers ont exprimé leur amertume face à ces conditions qu’ils jugent incompatibles avec toute ambition de développement du pays.

« On ne peut pas construire un pays dans ces conditions », déplore un voyageur, contraint de passer toute une journée à attendre un vol incertain. Dans un mélange de résignation et d’ironie, un autre lance en Tshiluba : « Kwata bukole », tenez bon, comme pour encourager ses compagnons d’infortune à supporter l’insupportable.

Retards, désordre et frustrations des passagers entre Kinshasa et Lodja

Malgré la forte pluie qui s’est abattue le 24 avril 2026 sur Kinshasa, plusieurs passagers se sont mobilisés pour arriver à temps à l’aéroport. À leur grande surprise, ils apprennent sur place que l’avion est immobilisé à Beni, faute de carburant.

Face à cette situation, la compagnie aérienne remet 10 dollars américains à chaque passager pour leur permettre de rentrer et revenir le lendemain. Le voyage vers Lodja sera finalement effectué avec un important retard.

Bagages laissés et solutions improvisées

À l’arrivée à Lodja, une passagère constate la disparition de son sac d’habits. Contrainte de s’adapter, elle décide d’acheter des vêtements sur place. Le 28 avril 2026, lors d’un appel téléphonique, elle demande expressément à la compagnie de ne pas envoyer son bagage, estimant avoir déjà acquis suffisamment d’habits pour éviter tout excédent de poids. Elle prévient qu’en cas d’envoi du sac, elle refusera de payer les frais supplémentaires. Malgré cela, son bagage sera tout de même acheminé à Lodja.

Incertitudes autour des vols de retour

La veille du 29 avril 2026, des passagers en partance pour Kinshasa tentent d’obtenir des informations sur leur vol auprès de l’agence locale de la compagnie. En vain, aucune heure de départ n’est communiquée. Face à cette incertitude, les voyageurs ne savent pas à quel moment se rendre à l’aéroport. Un cadre du secteur de la santé relativise, « attendons la fin des travaux de la piste de l’aéroport de Lodja. Pour le moment, il faut faire avec, faute d’alternative ».

Plusieurs passagers dénoncent cependant une situation jugée injuste : si des pénalités sont appliquées aux voyageurs en cas de retard, ils estiment qu’une réciprocité devrait s’imposer aux compagnies aériennes qui ne respectent pas leurs engagements.

Désordre à l’embarquement et pratiques décriées

Au moment du retour depuis l’aéroport local le 30 avril 2026, l’organisation laisse à désirer. Sous la menace de nouvelles pluies, l’agence de Lodja ne maîtrise ni l’heure d’atterrissage ni celle du décollage de l’appareil en provenance de Kinshasa via Beni.

Lors des formalités d’embarquement, certains agents exigent 10.000 francs congolais pour éviter une fouille approfondie des bagages. Un passager, refusant de céder, affirme n’avoir rien à cacher et invite les agents à faire leur travail correctement. En réaction, des fouilles désordonnées sont menées, perturbant les effets personnels de plusieurs voyageurs.

Décollage précipité dans des conditions précaires

Le contrôle à l’embarquement se fait à la hâte. Il est près de 18h30 à Lodja, et la piste, non balisée, impose un départ rapide avant la tombée de la nuit. L’embarquement s’effectue dans la précipitation. À bord, les sièges sont cette fois correctement installés, mais une odeur désagréable est perceptible dans la cabine. L’avion décolle finalement vers 18h30 et atterrit à l’aéroport international de N'djili aux alentours de 19h38.


RDC : choléra, mpox et rougeole sous pression, l’OMS intensifie la riposte sanitaire au premier trimestre 2026

Le bulletin trimestriel du Programme des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en République Démocratique du Congo dresse un constat préoccupant pour les trois premiers mois de 2026. Cette période a été marquée par une intensification des interventions pour faire face à des crises sanitaires et humanitaires, particulièrement dans l’Est du pays.

Les autorités sanitaires et leurs partenaires ont dû répondre simultanément à plusieurs épidémies, notamment le choléra, le mpox et la rougeole, tout en poursuivant les efforts de résilience après les épidémies d’Ebola. Le choléra reste la menace sanitaire majeure. Entre la semaine 1 de 2025 et la semaine 8 de 2026, 83.266 cas et 2.384 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 3 %. La ville de Kinshasa concentre à elle seule près de 30 % des cas.

Parallèlement, l’épidémie de mpox a comptabilisé 11.577 cas suspects pour 130 décès. Quant à la rougeole, elle a touché 44.379 personnes, causant 428 décès, confirmant la pression persistante sur le système de santé.

La situation sanitaire est aggravée par une crise humanitaire durable dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Environ 6,47 millions de personnes déplacées vivent dans des conditions précaires, augmentant leur vulnérabilité face aux maladies.

Des avancées dans la préparation et la coordination

Malgré ce contexte difficile, des progrès ont été enregistrés dans le renforcement des capacités nationales liées au Règlement sanitaire international (RSI 2005). Ces avancées concernent notamment la surveillance épidémiologique, la communication des risques, l’engagement communautaire, la sécurité sanitaire des aliments, la surveillance des zoonoses et la gestion des points d’entrée. Deux exercices stratégiques ont orienté la riposte : la revue intra-action sur le choléra, qui a permis d’améliorer la coordination et les interventions communautaires, et la revue après-action Ebola, centrée sur la préparation et la gestion des urgences sanitaires.

Sur le plan opérationnel, les capacités de diagnostic ont été renforcées, notamment grâce à l’extension du diagnostic du mpox via la plateforme RadiOne et la mise à disposition de 1.500 cartouches GeneXpert.

La lutte contre le choléra s’est intensifiée à Kinshasa et dans plusieurs provinces, avec le déploiement du quadrillage communautaire, l’ouverture du Centre de traitement du choléra de Binza Ozone et le prépositionnement de plus de 12 tonnes de matériels médicaux.

Avec l’appui de l’OMS, 25 kits de prise en charge de la rougeole ont permis de traiter près de 14.000 patients dans 13 zones de santé. Par ailleurs, 4.236 agents de première ligne ont été formés dans des domaines clés tels que la surveillance, la prévention et le contrôle des infections, la prise en charge des cas et la communication des risques.

Des investissements pour renforcer le système de santé

L’OMS a également soutenu la réhabilitation des infrastructures sanitaires et le renforcement des services de santé dans plusieurs zones, notamment autour de Bulape. Ces interventions ont amélioré l’accès à l’eau potable, aux médicaments et aux services de laboratoire, contribuant à la continuité des soins.

Malgré les efforts engagés, de nombreux défis subsistent. L’insuffisance de ressources humaines qualifiées, la couverture limitée en laboratoires de santé publique, la faible implication de certains secteurs dans la lutte contre le choléra et le manque de coordination multisectorielle au niveau provincial continuent de freiner l’efficacité de la riposte. Face à cette situation, l’OMS appelle à une mobilisation accrue pour renforcer durablement le système de santé et mieux préparer le pays aux futures urgences sanitaires.


Sankuru : l’association Sankuru Ndeka Waho Waso dénonce des dérives judiciaires et exige le départ du Premier président de la Cour d’appel

L’association Sankuru Ndeka Waho Waso pour la paix, l’unité et le développement est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de corruption et de graves dérives au sein de la justice dans la province du Sankuru. À cet effet, une marche a été organisée le 29 avril 2026 dans la ville de Lodja avec point de chute, le bâtiment de l'administration du Territoire.

Dans une déclaration rendue publique, l’organisation accuse le Premier président de la Cour d’appel du Sankuru, Jean-Jacques Womodi Yodi, de violations répétées des lois dans le traitement des dossiers judiciaires, notamment en matière électorale, depuis sa prise de fonctions.

Selon cette structure de la société civile, « la justice, censée élever une nation, est devenue un service sélectif réservé aux plus offrants », entraînant une perte de confiance de la population envers l’appareil judiciaire. Elle dénonce également une « privatisation de la justice » et un comportement jugé arbitraire dans l’exercice de ses fonctions.

Parmi les faits évoqués, l’association cite notamment la décision du magistrat de statuer sur une procédure le concernant sans se déporter, l’arrestation d’un greffier pour lui avoir notifié une prise à partie, ainsi que la violation présumée des droits de la défense, illustrée par le refus de donner la parole à Me Makondjo lors d’une audience publique du 29 avril 2026 relative au contentieux électoral de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur.

L’association Sankuru Ndeka Waho Waso pour la paix, l’unité et le développement évoque aussi l’expulsion du public lors de cette audience, en violation du principe de publicité des débats, ainsi que des tirs d’armes à feu attribués à la garde du magistrat, ayant perturbé le déroulement de l’audience et la quiétude dans la ville de Lodja.

Estimant que ces actes portent atteinte à l’impartialité de la justice et discréditent l’institution judiciaire, l’association Sankuru Ndeka Waho Waso demande le départ immédiat du Premier président de la Cour d’Appel du Sankuru. Elle appelle également le Conseil supérieur de la magistrature à désigner un nouveau responsable afin de restaurer la crédibilité de la justice dans la province.


Football : un match commémoratif pour honorer l’enseignant congolais

Dans une atmosphère mêlant ferveur sportive et recueillement, les équipes de la MESP National et de la MESP Provincial Kinshasa se sont affrontées lors d’une rencontre de football à forte portée symbolique. La formation nationale s’est imposée le 30 avril 2026sur le score de 3 buts à 1.

Organisé à l’occasion de la journée dédiée à l’enseignement en République Démocratique du Congo, ce match visait à rendre un hommage appuyé à l’enseignant congolais, pilier du système éducatif et acteur clé du développement national.

Dès l’entame de la rencontre, la MESP National a imposé son rythme face à une équipe provinciale pourtant déterminée.

Après une première période relativement équilibrée, les nationaux ont pris l’ascendant grâce à une meilleure cohésion collective et une efficacité offensive accrue.

Le score final (3-1) traduit cette montée en puissance, malgré la résistance de la MESP Provincial Kinshasa, qui est parvenue à inscrire un but sans toutefois réussir à renverser la dynamique du match.

Au-delà de l’aspect sportif, cette rencontre s’inscrit dans une démarche de reconnaissance envers les enseignants, véritables artisans de l’éducation. Un moment de recueillement a d’ailleurs été observé par les joueurs et le public, en hommage à ces acteurs souvent confrontés à des conditions de travail difficiles.

Ce match restera comme un symbole d’unité et de solidarité au sein de la communauté éducative. Il illustre également le rôle du sport comme levier de valorisation et de reconnaissance sociale.

À travers cette initiative, le MESP réaffirme son engagement en faveur de l’éducation et de la promotion des valeurs de cohésion, de respect et de solidarité nationale.


Journée mondiale de la liberté de la presse : l’UNPC annonce un forum sur la paix et clarifie la décoration des journalistes

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, placée cette année sous le thème « Façonner un avenir de paix », l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) organise, le jeudi 30 avril 2026 à Kinshasa, un forum technique consacré au rôle des médias dans la consolidation de la paix et de la cohésion nationale.

Organisé en collaboration avec plusieurs organisations professionnelles, notamment Journaliste en danger (JED), l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM), le Forum des rédacteurs en chef (FRPC), l’Association nationale des éditeurs de la presse (ANEAP), l’Association nationale des éditeurs congolais (ANECO) et l’Observatoire des médias (MILRDC), ce cadre d’échanges réunira experts et professionnels du secteur.

L’objectif principal est de produire et soumettre au Gouvernement trois documents stratégiques : un acte d’engagement pour un journalisme responsable en période de conflit, un plan de relance et de soutien à la presse congolaise, ainsi qu’un mécanisme national de protection des journalistes.

Par ailleurs, l’UNPC a tenu à apporter des éclaircissements sur le processus de décoration des journalistes ayant rendu des services éminents à la Nation. Elle précise que cette initiative émane des organisations professionnelles des médias, sous sa coordination, dans le but de relancer une pratique républicaine suspendue depuis plusieurs années et de valoriser le mérite professionnel.

Soumise au ministre de la Communication et Médias dans le cadre des préparatifs de cette journée, la démarche a également été portée à l’attention du Conseil des ministres lors de sa réunion du 24 avril 2026. L’UNPC rappelle que la mise en œuvre du processus de décoration relève exclusivement de la Chancellerie des Ordres nationaux, conformément aux textes légaux en vigueur. Une commission technique mixte UNPC–Chancellerie sera mise en place pour identifier les récipiendaires, dans le respect des critères légaux, ainsi que des principes de transparence et d’équité.

Face aux débats suscités, l’organisation appelle les journalistes au calme, à la responsabilité et à la retenue, les invitant à éviter toute désinformation ou prise de position susceptible de fragiliser la cohésion de la profession.

Enfin, l’UNPC réaffirme son engagement en faveur de la liberté de la presse, du respect de l’éthique et de la déontologie, ainsi que de la défense des droits et intérêts des journalistes.


Partenariat FPI–IDC : une délégation sud-africaine à Kinshasa pour finaliser les derniers réglages

Après la mission économique RDC–Afrique du Sud tenue à Kinshasa et la signature, en février dernier au Cap en Afrique du Sud, d’un mémorandum d’entente entre le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et l’Industrial Development Corporation (IDC), une délégation sud-africaine séjourne actuellement dans la capitale congolaise. L'objectif est de consolider et finaliser un partenariat stratégique axé sur l’industrialisation de la République Démocratique du Congo.

Porté par le Directeur général du FPI, Hervé Claude Batukonke, ce rapprochement entre les deux institutions entre désormais dans sa phase opérationnelle. La délégation de l’IDC, conduite par sa CEO Mmakgoshi Lekhethe, comprend notamment des investisseurs issus de divers secteurs clés, dont l’industrie pharmaceutique, les mines, l’agro-industrie ainsi que le développement énergétique.

Au cours de leur séjour, les échanges portent sur plusieurs aspects pratiques du partenariat, notamment les opportunités d’investissements en RDC, le chronogramme des activités à venir et les formalités administratives requises. Dans cette optique, les membres de la délégation ont rencontré plusieurs autorités gouvernementales, dont les ministres en charge des Mines, du Commerce, de l’Industrie et de la Santé, ainsi que la Première ministre.

Les secteurs ciblés par les investisseurs sud-africains couvrent principalement l’agro-industrie, les ressources minières, l’énergie et la santé. Des domaines jugés prioritaires pour soutenir la transformation locale des matières premières et renforcer la diversification économique du pays.

Le gouvernement congolais a, de son côté, réaffirmé son engagement à accompagner cette coopération bilatérale, en garantissant un cadre propice aux investissements et en apportant des clarifications sur les mécanismes de transformation locale.

Afin de mieux illustrer les opportunités existantes et la nouvelle dynamique économique en cours, le FPI prévoit également d’organiser une visite des zones économiques spéciales de Kinshasa à l’intention des investisseurs sud-africains.

Ce partenariat entre le FPI et l’IDC s’inscrit dans une logique de cofinancement de projets structurants, avec pour ambition de développer des chaînes de valeur locales et de créer des emplois durables en République démocratique du Congo.


Pont Cabu : des agents de transport arrêtés pour tracasseries sur les usagers

Plusieurs agents de la Division urbaine des transports de la ville de Kinshasa commis au contrôle des documents de bord au niveau du Pont Cabu ont été interpellés, mercredi 29 avril 2026, pour des faits présumés de tracasseries visant des usagers pourtant en règle.

La situation a été mise au jour à la suite d’une descente surprise du commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) ville de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu Bakulu.

Sur place, il a découvert un poste de police détourné de sa mission, transformé en un espace de verbalisation abusive, voire d’extorsion. Selon les premières constatations, certains agents de la Division urbaine des transports de la ville de Kinshasa agissaient en connivence avec des éléments de la Police de circulation routière (PCR), dont plusieurs ont pris la fuite à l’arrivée du chef de la police kinoise.

Ce carrefour, devenu au fil du temps un point noir décrié par les conducteurs, faisait déjà l’objet de nombreuses plaintes. Malgré des instructions fermes données le 11 avril 2026 pour mettre fin à ces pratiques, les abus auraient persisté, voire été renforcés.

Face à ce constat, le commissaire provincial de la Police ville de Kinshasa a ordonné l’arrestation des agents impliqués ainsi que la saisie de leurs équipements, en vue d’une enquête approfondie. Il a rappelé avec insistance que les postes de police ne sauraient en aucun cas être transformés en lieux d’extorsion au détriment de la population.

Présents lors de cette intervention, plusieurs Kinois ont salué cette action, tout en appelant les autorités à étendre ces contrôles à d’autres points de la capitale où des pratiques similaires sont régulièrement dénoncées.

« On m’a infligé une amende injustifiée »

Parmi les victimes, un conducteur raconte « qu'au niveau de Pont Cabu, un agent m’a demandé tous les documents de mon véhicule. Je les ai présentés sans problème. Mais après un appel, on m’a affirmé que ma vignette n’était pas valide, alors que mon véhicule a été mis en circulation en juin 2025. On m’a exigé d’acheter une vignette pour une période antérieure, ce qui n’a aucun sens. Ensuite, on m’a imposé une amende de 10.500.000 francs congolais, tout en me demandant de payer encore la vignette.

J’ai demandé des explications et un document officiel, mais aucune réponse claire ne m’a été donnée. J’ai même tenté de revenir plus tard, sans succès. Finalement, grâce à l’intervention d’un responsable, j’ai pu être remboursé.

Ce genre de pratiques ne doit pas salir l’image de toute la police. Ce sont des cas isolés, mais ils doivent être sanctionnés. J’appelle à plus de transparence dans les contrôles, car ces abus pénalisent injustement les citoyens ».

Cette opération marque un signal fort des autorités contre les dérives constatées sur les axes routiers de la capitale, dans un contexte où la lutte contre les tracasseries administratives demeure une priorité affichée. 

Enseignement en RDC : un pilier stratégique au cœur des réformes du Gouvernement

À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement, la République Démocratique du Congo réaffirme son engagement en faveur de l’éducation, considérée comme le socle du développement national. Cette commémoration intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre de réformes ambitieuses visant à améliorer l’accès et la qualité du système éducatif.

Avec une population estimée à plus de 100 millions d’habitants, dont près de 60 % ont moins de 25 ans, le pays fait de l’enseignement un levier essentiel pour son avenir. Chaque année, des millions d’enfants rejoignent les bancs de l’école, rendant indispensable une politique éducative structurée et durable.

Une explosion des effectifs grâce à la gratuité du primaire

La gratuité de l’enseignement primaire, initiée par le Chef de l’État, a profondément transformé le paysage éducatif congolais.

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation, le nombre d’élèves inscrits au primaire dépasse aujourd’hui les 20 millions, contre environ 12 millions avant l’entrée en vigueur de cette mesure. Une progression notable qui témoigne de l’impact direct de cette politique sur l’accès à l’école.

Mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette réforme a permis d’alléger considérablement les charges des ménages, tout en favorisant une plus grande inclusion scolaire.

Au-delà de l’accès à l’éducation, le Gouvernement s’emploie à améliorer les conditions de travail des enseignants, qui sont au cœur du système éducatif. Le pays compte plus de 800.000 enseignants, dont beaucoup ont longtemps exercé dans des conditions précaires. Plusieurs mesures ont été engagées, notamment la régularisation progressive de la paie, l’intégration des « nouvelles unités » dans le circuit officiel de rémunération, ainsi que la revalorisation graduelle des salaires.

La question des enseignants retraités, longtemps négligée, connaît également des avancées. Des milliers d’entre eux commencent à percevoir leurs droits, traduisant une volonté de corriger les retards accumulés. Dans cette dynamique, environ 4.000 enseignants pourraient être mis à la retraite dans un premier temps, tandis que 43.000 autres sont concernés à partir de 2026, avec une prise en charge prévue dans le cadre budgétaire à venir.

Parallèlement, 3.000 enseignants supplémentaires sont appelés à être pris en charge dès ce mois d’avril.

Des défis persistants, mais une volonté de transformation affirmée

Malgré ces progrès, le secteur éducatif reste confronté à plusieurs défis majeurs, notamment le déficit en infrastructures scolaires, la surcharge des classes, avec parfois plus de 50 élèves par enseignant, et la question de la qualité de l’enseignement.

Pour y répondre, le Gouvernement s’appuie sur des programmes structurants tels que le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T), qui prévoit notamment la construction d’écoles à travers le pays afin de réduire les inégalités d’accès.

Un engagement pour un système éducatif plus performant

La dynamique actuelle traduit une volonté claire de bâtir un système éducatif plus équitable, performant et adapté aux réalités du pays. L’objectif est de faire de l’éducation un véritable moteur de développement, de citoyenneté et de promotion des valeurs éthiques. En ce 30 avril, la nation rend hommage aux enseignants, véritables artisans de l’avenir, tout en réaffirmant la nécessité de poursuivre les efforts pour un système éducatif capable de répondre aux défis du présent et aux ambitions de demain.


Sanctions américaines : Joseph Kabila visé par l’OFAC pour ses liens présumés avec le M23, après plusieurs proches déjà ciblés

Sanctions américaines contre Joseph Kabila : Kinshasa salue une avancée majeure contre l’impunité

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a salué le 30 avril 2026 la décision du Département du Trésor des États-Unis, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), d’imposer des sanctions ciblées à l’encontre de Joseph Kabila Kabange. Ces mesures font suite à son implication présumée dans l’agression menée contre la RDC par les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs alliés du mouvement AFC/M23.

Pour Kinshasa, cette décision s’inscrit dans la continuité des sanctions prises le 2 mars 2026 contre des responsables militaires rwandais. Elle constitue un signal fort dans la lutte contre l’impunité et en faveur du respect de la souveraineté de la RDC. Le Gouvernement souligne également la portée concrète de ces sanctions, qui limitent les capacités financières, logistiques et de mobilité susceptibles d’alimenter le conflit et les actions de déstabilisation.

Les autorités congolaises rappellent que la justice nationale s’est déjà prononcée sur le cas de l’ancien président, le condamnant pour des faits jugés particulièrement graves, notamment la trahison, la participation à un mouvement insurrectionnel, les crimes de guerre et atteinte à la sûreté de l’État. Selon le Gouvernement, l’agression attribuée aux RDF et à leurs supplétifs de l’AFC/M23, avec la complicité de Joseph Kabila, continue de provoquer de lourdes conséquences humanitaires dans l’Est du pays : pertes en vies humaines, déplacements massifs de populations, destructions d’infrastructures et violations graves des droits humains.

Kinshasa exprime par ailleurs sa reconnaissance à l’administration américaine pour cette décision, qu’elle considère comme conforme aux engagements pris dans le cadre des Accords de Washington. Le Gouvernement appelle à l’adoption de mesures similaires contre tous les acteurs impliqués dans l’instabilité persistante dans la région des Grands Lacs.

Il insiste sur le fait qu’aucun processus de paix durable ne peut se construire sans justice ni responsabilité. « La paix exige la vérité, la réparation et des garanties de non-répétition », souligne-t-il.

Enfin, le Gouvernement rappelle que le retour à la paix passe par le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense rwandaises du territoire congolais, ainsi que par la fin de tout soutien au M23/AFC, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies et aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington. Le Gouvernement réaffirme sa volonté de poursuivre, de bonne foi, la mise en œuvre des engagements en cours afin de restaurer pleinement la sécurité et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

 


mardi 28 avril 2026

Contentieux électoral au Sankuru : un avocat dénonce “l'arbitraire” du premier président de la Cour d’Appel

Une prise de parole refusée en pleine audience le 28 avril 2026 à Me Lambert Makondjo, avocat et conseil de Joseph Lumu Akutu, candidat aux élections de gouverneur et vice-gouverneur du Sankuru. Il affirme s’être vu refuser la parole lors d’une audience à la Cour d’appel. Arrivé alors que les débats étaient déjà en cours, il indique avoir fait acte de comparution. « La raison, je ne la connais pas », déclare-t-il, dénonçant une décision qu’il juge « illégale et arbitraire ».

Me Lambert Makondjo

Me Lambert Makondjo met directement en cause le premier président de la Cour d’Appel du Sankuru qu’il accuse « d'afficher une attitude manifestement partiale » dans le litige opposant son client à Jules Lodi, gouverneur provisoirement proclamé. Selon lui, le refus de donner la parole à un conseil régulièrement constitué constitue une atteinte grave aux droits de la défense et au principe du procès équitable.

“Un juge n’est pas la loi” 

Dans une déclaration ferme, Me Lambert Makondjo rappelle que le juge est tenu de se conformer à la loi et ne peut s’y substituer. Il critique également l’ordre qui lui aurait été donné de quitter la salle d’audience, estimant qu’un avocat ne peut être expulsé dans de telles conditions. « Cette salle est un bâtiment de l’État, pas une propriété privée », insiste-t-il.

La défense évoque un climat peu rassurant, estimant que l’attitude du juge laisse penser que « la décision est déjà prise ». Elle rappelle par ailleurs que des tentatives de récusation auraient été introduites sans aboutir, accusant le magistrat d’avoir refusé de se déporter malgré les contestations.

Des recours envisagés après le verdict

Interrogé sur les suites à donner en cas de décision défavorable, Me Lambert Makondjo se montre prudent.  Nous attendons la décision et nous en tirerons les conséquences conformément à la loi ». Il affirme toutefois que son équipe reste déterminée à contester toute décision qui ne respecterait pas les principes d’un procès équitable.

Au nom de son client, Me Lambert Makondjo conclut en dénonçant une situation qu’il juge incompatible avec les exigences de l’État de droit, tout en annonçant que des démarches seront entreprises « au moment opportun » pour faire valoir leurs droits.

lundi 27 avril 2026

Contentieux électoral au Sankuru : la défense de Jules Lodi plaide pour la confirmation du scrutin en l’absence de la partie adverse

Une audience marquée par le retrait de la partie requérante le 27 avril 2026 devant la Cour d’Appel du Sankuru qui a examiné le contentieux relatif à l’élection du gouverneur. La défense de Jules Lodi a plaidé pour la confirmation des résultats, tandis que la partie requérante, qui sollicitait l’annulation du scrutin, s’est retirée de la barre.

Me Dieudonné Ewanga

Selon Me Dieudonné Ewanga, avocat du gouverneur élu, ce retrait traduit un défaut manifeste d’intérêt à poursuivre la procédure. « La partie requérante s’est désistée de fait. Nous avons, pour notre part, suivi la procédure normale et l’affaire a été prise en délibéré », a-t-il déclaré.

La défense affirme ne pas avoir été surprise par la récusation de deux juges, une information déjà relayée sur les réseaux sociaux avant l’audience. Toutefois, elle estime cette démarche juridiquement infondée. Au Sankuru, la Cour d’Appel ne compte que quatre juges. Selon Me Ewanga, récuser deux magistrats revient à paralyser le fonctionnement de la juridiction. De plus, la procédure de récusation n’aurait pas été régulièrement signifiée aux juges concernés, rendant la requête irrecevable.

La Cour a ainsi décidé de poursuivre l’examen du dossier, invitant les parties à présenter leurs moyens.

La question de la qualité pour agir de Justin Omokala

Un autre point central du débat concerne la qualité de Justin Omokala à contester les résultats. La défense soutient qu’il ne pouvait introduire ce recours, n’ayant pas été régulièrement candidat. Elle s’appuie sur une décision antérieure de la Cour d’Appel, confirmée en appel, qui avait déclaré Omokala non éligible faute de dépôt des documents requis par la loi électorale. Cette décision étant devenue irrévocable, il ne pouvait, selon la défense, contester une élection à laquelle il n’avait pas valablement pris part.

La régularité des députés provinciaux mis en cause 

La requête évoquait également l’irrégularité de trois députés ayant participé au vote. La défense a rejeté ces arguments. Concernant Jean-Pierre Djongandeke, bien que nommé magistrat, il n’a jamais exercé ses fonctions et a été mis en disponibilité, lui permettant de conserver son mandat de député.

S’agissant de Richard Loleha, ancien ministre provincial, sa démission et sa réintégration à l’Assemblée provinciale sont jugées conformes aux textes en vigueur, notamment au règlement intérieur de l’organe délibérant.

La défense a également démontré que même en retirant les voix des trois députés contestés, l’issue du scrutin resterait inchangée. Sur 25 députés, 24 ont pris part au vote. Jules Lodi a obtenu 15 voix contre 10 pour son principal adversaire. En retranchant trois voix litigieuses, il conserverait 12 voix sur 22 votants, soit toujours la majorité absolue requise.

Selon les avocats, d’éventuelles irrégularités individuelles ne peuvent entraîner l’annulation totale du scrutin, mais seulement l’invalidation des votes concernés. 

Des manœuvres dilatoires dénoncées

Pour la défense, les démarches entreprises par la partie Omokala relèvent de manœuvres dilatoires visant à retarder l’investiture du gouverneur et de son vice-gouverneur. Elle souligne que la procédure électorale exige célérité, notamment en raison des délais fixés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour la proclamation définitive des résultats.

Estimant avoir apporté toutes les clarifications nécessaires, les avocats de Jules Lodi attendent désormais la décision de la Cour d’Appel du Sankuru, qui devra se prononcer dans les délais légaux. L’enjeu reste la confirmation ou non de l’élection du gouverneur et de son vice-gouverneur, dans un dossier où la question de la qualité pour agir du requérant demeure centrale.

Contentieux électoral au Sankuru : le camp Omokala justifie son retrait et maintient sa demande d’annulation du scrutin

Devant la Cour d’appel du Sankuru, le 27 avril 2026, Me Émile Vital Okoko, conseil des requérants Justin Omokala et Mambolo, a défendu les raisons de leur recours contre l’élection du gouverneur Jules Lodi. Selon lui, même lorsqu’un scrutin semble s’être déroulé dans des conditions régulières, la loi autorise tout candidat à le contester en cas de doute sérieux.

Me Emile Vital Okoko

« En matière électorale, la fraude corrompt tout. Lorsqu’il existe des indices, notamment des votes irréguliers, la justice doit être saisie », a-t-il expliqué.

La requête s’appuie principalement sur la participation jugée irrégulière de trois électeurs. Parmi eux figure Richard Loleha, ancien ministre provincial des Mines et Hydrocarbures. Bien qu’il ait présenté sa démission avant le scrutin, celle-ci n’aurait pas été entérinée par l’autorité compétente, ce qui remettrait en cause sa qualité d’électeur.

Autre cas soulevé est celui de Jean-Pierre Djungandeke, magistrat de son état, accusé de cumul de fonctions incompatibles avec le mandat de député provincial et la participation à un vote électoral. Pour la défense des requérants, ces irrégularités suffisent à entacher la crédibilité du scrutin.

Une récusation motivée par un doute sur l’impartialité

Le camp Omokala affirme également avoir introduit une requête en récusation visant un juge de la Cour d’appel. Me Okoko évoque une « crise de confiance » liée à des relations supposées entre un membre du camp adverse et un magistrat. « La loi permet la récusation lorsqu’il existe un doute légitime sur l’impartialité d’un juge », a-t-il rappelé, en référence aux dispositions légales en vigueur.

C’est la gestion de cette récusation qui a conduit les requérants à se retirer de l’audience. Selon leur avocat, le juge concerné aurait participé à l’examen de sa propre récusation, une situation jugée contraire aux principes fondamentaux du droit. « Les conditions d’un procès équitable n’étaient plus réunies », a-t-il affirmé.

Le retrait de la partie requérante se veut donc un acte de protestation, tout en laissant la porte ouverte à d’autres recours.

Aucune implication dans les perturbations de l’audience

Interrogé sur les incidents signalés lors de l’audience, Me Okoko a rejeté toute responsabilité de son camp. Il explique la forte affluence par l’intérêt suscité par cette affaire auprès de la population du Sankuru, soulignant le caractère public des audiences judiciaires.

Menace de nouvelles poursuites contre les magistrats 

Face à l’évolution du dossier, les requérants n’excluent pas d’autres actions judiciaires.

Si la Cour validait l’élection du gouverneur, leur avocat évoque la possibilité d’une procédure de « prise à partie » contre le magistrat contesté. Cette démarche viserait à engager sa responsabilité pour avoir statué dans une affaire où son impartialité était mise en cause.

« Nous avons le sentiment que l’issue était déjà orientée, mais nous utiliserons toutes les voies de droit possibles », a-t-il averti.

Pour l’heure, le camp Omokala dit attendre que la justice se prononce dans le respect des règles. Il espère encore un revirement, notamment lors du délibéré, avec un éventuel retrait des juges contestés.

Dans ce dossier sensible, la décision de la Cour d’Appel du Sankuru sera déterminante pour la suite du processus électoral et l’investiture du gouverneur élu.


samedi 25 avril 2026

Kinshasa encadre les “Wewa” : nouvelles règles face aux dérives du transport à moto

Le secteur de transport en moto est en plein essor dans la ville de Kinshasa mais également à risque. Un député provincial propose un Edit portant des restrictions strictes pour les conducteurs et passagers. Il propose la sécurité routière et au renforcement des sanctions pour que cette catégorie des transporteurs respecte le Code de la route.

Les autorités provinciales devraient durcir le ton face aux dérives observées dans le transport à moto, communément appelé “Wewa”. Un nouvel édit, porté par le député provincial Nicolas Wemakoy, fixe désormais des règles strictes pour encadrer cette activité devenue incontournable dans la capitale congolaise.

Un secteur en plein essor mais à risque

Très prisé pour sa rapidité et son accessibilité, le transport à moto s’est imposé comme une solution face aux embouteillages chroniques dans la ville de Kinshasa. Cependant, il est aussi pointé du doigt pour ses nombreux abus, notamment le non-respect du Code de la route, la surcharge de passagers, la conduite dangereuse, voire l’implication dans des actes criminels tels que vols à l’arraché ou facilitation de fuite après des braquages.

Les accidents impliquant des motos-taxis sont également fréquents, souvent liés à l’excès de vitesse, à l’absence d’équipements de protection ou à la conduite sous l’influence de l’alcool.

Le nouvel encadrement interdit désormais le transport de certaines catégories de personnes, notamment les femmes enceintes à terme, les enfants de moins de 12 ans non accompagnés et les personnes en état d’ivresse sans assistance.

Par ailleurs, l’activité de conducteur de “Wewa” est interdite aux militaires, policiers, fonctionnaires, mineurs et étrangers, dans le but de mieux réguler le secteur et d’identifier clairement les opérateurs autorisés. 

Sécurité routière et sanctions renforcées

Les conducteurs devront se conformer strictement aux règles de circulation entre autres au respect du Code de la route, à la limitation de vitesse, à l’interdiction de conduire sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, et au respect du nombre de passagers autorisé.

Parmi les obligations figurent également la détention de documents en règle (permis de conduire, assurance, contrôle technique, autorisation de transport) ainsi que le port obligatoire du casque et d’un gilet d’identification. Chaque moto devra disposer de deux casques, un pour le conducteur et un pour le passager.

En cas d’infraction, les sanctions prévues vont de 20.000 à 1.000.000 de francs congolais, avec des peines de prison pouvant aller jusqu’à 30 jours. Des sanctions plus lourdes sont prévues en cas de récidive.

Ce nouvel édit entrera en vigueur 90 jours après sa promulgation par le gouverneur de la ville de Kinshasa, laissant ainsi un délai d’adaptation aux conducteurs. Les autorités espèrent pouvoir, à travers ces mesures, réduire l’insécurité routière et assainir un secteur vital mais longtemps resté peu réglementé.

 


vendredi 24 avril 2026

De Bukavu à Kinshasa : le long périple d’un voyageur congolais

Depuis l’occupation de plusieurs villes de l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment Bukavu et Goma, se déplacer vers d’autres régions du pays relève désormais du parcours du combattant.

Pour rejoindre Bujumbura, depuis Bukavu, les voyageurs sont contraints de passer par Kigali, puis par la Tanzanie, avant de redescendre vers Uvira. Un itinéraire long, coûteux et éprouvant.

Même constat pour ceux qui veulent atteindre Bunia : ils doivent transiter par Kigali, l’Ouganda et le lac Albert. Des détours imposés qui rallongent considérablement les délais de voyage.

Des obstacles administratifs supplémentaires

Au-delà de la distance, les difficultés administratives compliquent davantage les déplacements. Les documents délivrés dans les zones sous contrôle du M23 ne sont pas reconnus ailleurs. Résultat, les voyageurs doivent souvent se procurer de nouveaux documents à chaque étape. Une situation qui fait des Congolais vivant dans ces zones des victimes à plusieurs niveaux.

Un voyage éprouvant vers Kinshasa

C’est dans ce contexte que Justin Murhula, habitant de Bukavu, raconte son expérience personnelle. En novembre 2025, il entreprend de rejoindre Kinshasa pour une affaire privée. Son itinéraire le conduit de Kigali à Kinshasa, avec escale à Addis-Abeba. Après six heures de route entre Kamembe et Kigali, puis un trajet en moto jusqu’à l’aéroport, il embarque pour son vol. Mais à Addis-Abeba, un retard de dix minutes lui fait manquer sa correspondance. Il passera la nuit sur place, prise en charge par la compagnie aérienne, avant de reprendre l’avion le lendemain. Il atterrit finalement à Kinshasa, épuisé par ce voyage à rallonge.

Entre formalités et soulagement

À son arrivée à l’aéroport de N'djili, Justin passe par la Direction générale de migration. Avec d’autres compatriotes venus de Bukavu et Goma, il répond aux questions d’usage avant de récupérer ses documents. Une phrase prononcée par un agent le marque profondément : « Bon séjour chez vous à Kinshasa ». Un moment chargé d’émotion, symbole d’appartenance à un même pays malgré les divisions.

Dans la zone de récupération des bagages, Justin découvre une ambiance bruyante et animée. Entre les porteurs qui sollicitent les passagers et le vacarme des installations, il décrit une véritable effervescence.

Un ami lui lance alors : « C’est ça Kinshasa ! » Une immersion immédiate dans l’intensité de la capitale congolaise.

Durant son séjour de 23 jours, Justin affirme n’avoir subi aucune stigmatisation liée à sa langue. Avec ses amis, il s’exprime librement en Swahili, sans crainte. Mieux encore, une habitante de Kinshasa lui demande de lui apprendre cette langue, témoignant de son intérêt pour l’Est du pays et ses richesses. Pour lui, Kinshasa reste une ville d’accueil : « Kinshasa, c’est chez nous ».

Justin met en garde contre les généralisations et les discours de division. Selon lui, les tensions ne doivent pas faire oublier l’essentiel : l’unité nationale.

Il rappelle que le conflit à l’Est reste une tragédie pour les populations locales, bouleversant profondément leur quotidien.

Un trajet qui prenait autrefois deux heures entre Goma et Kinshasa peut désormais dépasser quatre jours.

Une réalité marquée par la guerre

Ce témoignage illustre les conséquences concrètes du conflit dans l’Est de la RDC : mobilité entravée, coûts élevés et souffrances humaines. Un rappel poignant que, derrière les chiffres et les analyses, il y a des vies bouleversées.


Affaire Steeve Mbuyi : entre dénonciation d’irrégularités judiciaires, litige locatif et climat d’intimidation

Le journaliste Steeve Mbuyi de la chaîne de radio et télévision B-One a été entendu, mercredi 22 avril 2026, à l’auditorat général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), où il s’est présenté sur invitation des autorités judiciaires militaires. Cette audition visait à confirmer sa dénonciation contre certains magistrats militaires, dans une procédure qu’il juge entachée de nombreuses irrégularités.

À l’origine de cette affaire, son arrestation et sa détention durant 48 heures à l’auditorat militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, alors même qu’il affirme ne pas être militaire. Selon lui, cette procédure a été initiée à la suite d’une plainte déposée par sa bailleresse.

Des accusations d’irrégularités et de traitements inhumains

Devant l’auditorat général, Steeve Mbuyi a dénoncé un traitement qu’il qualifie d’illégal, inapproprié et inhumain. Il évoque de multiples violations des procédures judiciaires, tant dans son arrestation que dans la gestion de son dossier.

Le journaliste affirme vouloir, au-delà de son cas personnel, attirer l’attention sur les dysfonctionnements du système judiciaire congolais. Il rappelle que si certains acteurs judiciaires respectent les normes, d’autres, selon lui, s’en écartent, au détriment des justiciables ordinaires.

Un litige locatif à l’origine du conflit

Parallèlement, une procédure est en cours au Parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, où Steeve Mbuyi a porté plainte contre sa bailleresse et ses enfants pour coups et blessures.

Le différend serait né d’un désaccord autour d’une facture d’eau jugée anormalement élevée. La parcelle concernée n’étant pas enregistrée auprès de la REGIDESO, le journaliste affirme que sa facture aurait doublé en l’espace de trois mois. Après avoir exigé des explications et une facture formelle, il dit avoir été agressé par les fils de la propriétaire, avec la complicité de cette dernière.

Interpellés par la police, les présumés agresseurs ont été relâchés peu après. De son côté, la REGIDESO a ouvert une enquête et effectué une descente sur le site pour vérifier la situation.

Accusations croisées et intervention de la justice militaire

En réaction, la bailleresse et ses enfants ont saisi l’auditorat militaire de Kinshasa-Ngaliema, accusant le journaliste d’avoir sollicité des « kuluna » pour les attaquer. Une accusation que Steeve Mbuyi rejette catégoriquement, affirmant n’avoir fait appel à aucun groupe de bandits.

Cette démarche a conduit à son interpellation et à sa détention temporaire, épisode qu’il conteste aujourd’hui devant les instances compétentes. 

Menaces et inquiétudes pour sa sécurité 

Depuis qu’il a engagé des poursuites contre les magistrats militaires et sa bailleresse, le journaliste affirme être la cible d’intimidations et de menaces téléphoniques provenant d’inconnus.

Craignant pour sa sécurité, Steeve Mbuyi indique avoir quitté son domicile, bien que son contrat de bail soit toujours en cours de validité.

Une affaire révélatrice de tensions autour de la justice

Alors que les différentes procédures suivent leur cours, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour du fonctionnement de la justice en République démocratique du Congo. Entre accusations d’abus, conflits privés et insécurité personnelle, le dossier Steeve Mbuyi soulève des questions plus larges sur la protection des citoyens et le respect des procédures judiciaires.


Tribu Tetela : entre identité culturelle et symbolique des noms commençant par “O”, selon Bonheur Onema

Au cœur de la République Démocratique du Congo, la tribu Tetela, originaire notamment de la région du Sankuru, se distingue par une richesse culturelle et linguistique particulière. Parmi les traits identitaires les plus marquants figure la structure des noms propres, qui, selon certaines interprétations, portent un sens profond lié à l’histoire et à la mission du peuple Tetela.

Bonheur Onema et la signification des noms en “O”

Dans une explication détaillée, Bonheur Onema Emavonga, de communicologue de formation de l'Université de Lodja, met en lumière une spécificité souvent observée chez les Tetela : la majorité de leurs noms commencent par la lettre “O”. Selon lui, cette caractéristique n’est pas anodine, mais renvoie à une identité originelle qu’il désigne comme “O-Tetela”.

D’après son interprétation, le préfixe “O” est une abréviation porteuse de sens. Il évoque “O-tcho”, signifiant “aller” ou “va”, tandis que la lettre “T” renvoie à “T-Totshungole”, traduit par “libérer”. L’ensemble formerait une expression symbolique : “aller libérer les souffrants”, notamment dans des contextes de guerre ou de souffrance. Ainsi, pour Bonheur Onema, le peuple Tetela serait historiquement et spirituellement perçu comme un peuple libérateur.

Une lecture historique liée à Patrice Lumumba

Pour illustrer cette idée, Bonheur Onema fait référence à Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise et lui-même originaire du peuple Tetela. Selon cette lecture, Lumumba incarne cette mission de libération, ayant joué un rôle clé dans l’accession de la RDC à l’indépendance en 1960.

Il souligne également que, même lorsque les noms ne commencent pas explicitement par “O”, cette lettre serait parfois présente à l’intérieur du nom, comme une marque identitaire persistante.

Entre tradition orale et réalités administratives

Bonheur Onema évoque aussi les transformations des noms au fil du temps, notamment sous des systèmes administratifs ou de l’évolution linguistique. Certains noms auraient été modifiés dans leur écriture ou leur prononciation, notamment par l’usage du “U” en français Lutundula Pena Apala Pene, qui correspondrait phonétiquement au “O” dans la langue Tetela.

Malgré ces adaptations, il insiste sur l’importance de préserver l’authenticité des noms traditionnels, considérés comme un héritage culturel essentiel. Pour lui, ces noms ne sont pas de simples identifiants, mais des porteurs d’histoire, de mission et d’identité collective.

Une interprétation à nuancer

Il convient toutefois de préciser que ces explications relèvent d’une interprétation personnelle et culturelle, ancrée dans la tradition orale. Les linguistes et historiens peuvent proposer d’autres analyses sur l’origine des noms Tetela. Néanmoins, ce type de discours contribue à valoriser une identité culturelle forte et à susciter un intérêt pour les racines et les significations profondes des noms africains.

À travers les propos de Bonheur Onema, les noms Tetela apparaissent comme bien plus que de simples appellations. Ils incarnent une mémoire, une mission et une vision du monde. Qu’elle soit symbolique ou historique, cette lecture renforce le sentiment d’appartenance et met en lumière la richesse des traditions congolaises.


Menuiserie : un champion africain dénonce le non-respect de ses droits

Sacré meilleur menuisier d’Afrique en 2022, le Congolais Daniel Tshimanga Mpoyi accuse les organisateurs nationaux de l’avoir écarté des compétitions mondiales, malgré son parcours exemplaire et sa qualification obtenue sur le terrain.

Originaire de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, Daniel Tshimanga Mpoyi s’est imposé en 2022 comme le meilleur menuisier du continent lors de la compétition WorldSkills Africa organisée à Swakopmund, en Namibie.

Son œuvre, une porte en bois décorée réalisée sans clous, sans vis ni colle, a impressionné le jury par son ingéniosité et sa précision technique, confirmant son savoir-faire exceptionnel.

Un parcours sans faute jusqu’au sommet

Avant ce sacre continental, le menuisier congolais avait franchi toutes les étapes, notamment compétition provinciale, puis nationale, où il a également remporté la médaille d’or, avant de représenter la République Démocratique du Congo à l’échelle africaine.

Cette victoire lui a ouvert automatiquement les portes de la compétition mondiale, ultime étape du circuit des métiers.

Des compétitions mondiales manquées

Malgré cette qualification, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme n’avoir jamais été aligné pour les compétitions mondiales de 2022 et 2024. Pour l’édition 2022, il indique que des raisons liées à un contexte de guerre auraient été avancées pour justifier son absence. En 2024, il déplore n’avoir reçu aucune information officielle. « Si je n’avais pas fait des recherches moi-même, je ne saurais même pas que la compétition est prévue », regrette-t-il.

Le champion pointe du doigt les organisateurs nationaux, notamment Enabel, qu’il accuse de mauvaise gestion et d’irrégularités dans le processus de sélection. Selon lui, cette structure, impliquée dans l’organisation des compétitions en RDC, serait également responsable de la sélection des représentants aux compétitions internationales.

Des droits non respectés

Daniel Tshimanga Mpoyi évoque plusieurs droits dont il n’a pas bénéficié depuis son sacre, par exemple le financement de sa préparation, un encadrement technique adéquat, un appui matériel, ainsi que sa participation aux compétitions mondiales.

Il rappelle que la compétition panafricaine constitue une passerelle directe vers la scène mondiale, rendant son exclusion difficile à comprendre.

À quelques mois de la prochaine compétition mondiale prévue en septembre 2026 à Shanghai en Chine, le menuisier lance un appel aux autorités congolaises.

Il demande au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et au gouvernement d’intervenir pour garantir sa participation et faire respecter ses droits, tout en exigeant des explications de la part de Enabel.

Une détermination intacte et hors paire

Malgré les obstacles, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme être prêt à représenter dignement la RDC. « J’ai encore la capacité de remporter la compétition », assure-t-il, tout en insistant sur l’urgence d’un encadrement à quelques mois de l’échéance.

Le cas de ce champion africain met en lumière les défis liés à la valorisation des talents en République Démocratique du Congo. Entre succès internationaux et manque d’accompagnement, la question de la gestion des compétences locales reste posée.


RDC : une note circulaire pour clarifier les rapports entre Conseils et Exécutifs communaux

Le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a publié le 22 avril 2026 à Kinshasa une note circulaire visant à encadrer les relations entre les Conseils communaux et les Exécutifs communaux, dans un contexte marqué par la coexistence de deux régimes administratifs au niveau local.

Une dualité administrative source de tensions

Selon le document signé à Kinshasa par Jacquemain Shabani, cette situation découle du non-achèvement du processus électoral local. D’un côté, les Conseils communaux, issus des élections, fonctionnent conformément à la loi organique sur les entités territoriales décentralisées. De l’autre, les Exécutifs communaux, notamment les bourgmestres et leurs adjoints, demeurent nommés et relèvent encore du régime administratif fixé par le décret-loi de 1998.

Cette dualité juridique, souligne la note, risque de paralyser le fonctionnement des communes si elle n’est pas encadrée de manière stricte.

Pour éviter toute confusion ou conflit de compétences, le ministère rappelle que les Conseils communaux doivent se limiter à leurs prérogatives légales, notamment en formulant des recommandations, sans toutefois prendre de décisions concernant les membres des exécutifs.

En cas de faute grave reprochée à un bourgmestre ou à son adjoint, les Conseils communaux sont appelés à saisir directement l’autorité de tutelle, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur, seul habilité à engager des mesures disciplinaires.

Les bourgmestres, quant à eux, sont tenus d’assurer la gestion administrative de leurs entités en conformité avec les lois et règlements en vigueur. Ils doivent également prendre en compte les recommandations des Conseils communaux. Tout manquement à ces obligations pourrait entraîner des sanctions hiérarchiques.

Transmission obligatoire des rapports

La note insiste par ailleurs sur l’obligation pour les Conseils communaux de transmettre régulièrement leurs rapports et recommandations à l’autorité de tutelle. Cette démarche vise à permettre une prise de décision rapide et appropriée en cas de dysfonctionnement au sein des exécutifs.

Dans cette optique, un comité ad hoc sera prochainement institué au sein du cabinet du ministre pour analyser et assurer le suivi des résolutions prises par les Conseils communaux.

Enfin, les gouverneurs de province sont appelés à veiller à l’application stricte de cette note circulaire. Ils devront également promouvoir un climat de collaboration entre les organes délibérants et exécutifs des communes, notamment à travers des cadres permanents de concertation.

Cette initiative vise à garantir la continuité et l’efficacité de l’administration locale, en attendant l’organisation complète des élections des bourgmestres et des conseillers urbains.