La
mauvaise qualité des services de téléphonie mobile et d’internet continue de
susciter de nombreuses plaintes en République Démocratique du Congo. Face à
cette situation persistante, le gouvernement entend renforcer le contrôle des
opérateurs et établir clairement les responsabilités de chaque acteur du
secteur.
Le
ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a effectué le
mardi 25 août 2026 une visite des équipements récemment acquis et installés par
l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo
(ARPTC).
Ces
équipements sont destinés au suivi et au contrôle de la qualité des services, à
la surveillance des flux de télécommunications ainsi qu’à la gestion du spectre
des fréquences.
Au
cours de sa visite, le ministre a assisté à une démonstration du fonctionnement
de ces dispositifs.
Selon
le ministère, ils doivent permettre à l’ARPTC d’obtenir une vision globale et
précise des opérations effectuées par les différents opérateurs, presque en
temps réel.
Une
crise qui dure depuis plusieurs mois
Cette
nouvelle étape intervient alors que les plaintes des abonnés se multiplient
depuis plusieurs mois. Appels qui n’aboutissent pas ou qui se coupent, absence
de réseau, lenteur ou interruption de la connexion internet, consommation
contestée des forfaits et perturbations des services mobiles : les difficultés
sont signalées dans plusieurs régions du pays, y compris à Kinshasa.
Dès
septembre 2025, le gouvernement avait officiellement reconnu la dégradation de
la qualité des télécommunications. Les autorités avaient notamment évoqué les
coupures intempestives des communications, la saturation des réseaux, les
pertes de crédits et forfaits, les transactions de mobile money non abouties
mais facturées, ainsi que l’absence de connexion internet malgré un forfait
encore valide.
En
janvier 2026, le président de la République avait également instruit les
autorités compétentes de renforcer le monitoring permanent des réseaux et
d’appliquer, sans complaisance, les sanctions prévues contre les opérateurs ne
respectant pas leurs obligations de qualité, de couverture et de continuité des
services.
Des
opérateurs déjà sous pression
La
pression gouvernementale s’est accentuée en mai 2026. Le ministre José Mpanda
Kabangu avait tenu plusieurs séances de travail avec les responsables de
Vodacom, Airtel, Orange et Africell afin d’obtenir des explications et des
engagements sur l’amélioration de la qualité des services.
Les
opérateurs avaient alors assuré prendre au sérieux les préoccupations exprimées
par les autorités et annoncé des mesures d’amélioration.
Parallèlement,
l’ARPTC avait déjà renforcé le cadre réglementaire. Une décision adoptée en
avril 2025 a modifié les objectifs de performance et de qualité de service
applicables aux réseaux mobiles, en intégrant notamment les technologies 3G et
4G et en précisant les mécanismes de contrôle et de sanction.
Les
infrastructures également pointées du doigt
La
dégradation de la qualité des services ne serait toutefois pas imputable aux
seuls opérateurs. En mai 2026, l’ARPTC avait indiqué que les travaux routiers
et le manque de coordination autour des infrastructures de télécommunications
figuraient parmi les causes des perturbations du réseau internet.
Des
coupures répétées de câbles à fibre optique lors des travaux de voirie
affectent notamment la continuité des services.
L’enjeu
est donc désormais d’identifier objectivement l’origine de chaque
dysfonctionnement : insuffisance d’investissement ou de maintenance des
opérateurs, problèmes d’infrastructures, coupures de fibre, congestion des
réseaux ou autres contraintes techniques.
Vers
des sanctions fondées sur des données vérifiables
Avec
les nouveaux équipements présentés le mardi 25 août 2026, l’ARPTC devrait
disposer de moyens supplémentaires pour accéder aux données des opérateurs, les
analyser et transmettre des informations précises aux décideurs.
Le
ministère estime que ces outils permettront de constater objectivement les
éventuels manquements aux cahiers des charges et, le cas échéant, de déterminer
les sanctions ou pénalités prévues par la réglementation.
L’objectif
affiché par les autorités est donc de passer d’un système reposant largement
sur les plaintes des consommateurs à un contrôle technique permanent, documenté
et mesurable.
La
balle désormais dans le camp du régulateur et des opérateurs
Cette
visite du ministre marque ainsi une nouvelle étape dans le bras de fer engagé
par les autorités pour améliorer les télécommunications en RDC.
Après
les plaintes des usagers, les alertes du gouvernement, les réunions avec les
opérateurs et le renforcement du cadre réglementaire, les autorités disposent
désormais d’outils supplémentaires pour mesurer la qualité réelle des services.
Reste
à savoir si cette capacité de contrôle débouchera rapidement sur des mesures
correctives concrètes et, lorsque les manquements seront établis, sur
l’application effective des sanctions prévues par la réglementation.
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