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dimanche 25 octobre 2026

RDC : cybersécurité, diplomatie et transformation locale des minerais au cœur de la 101ème réunion du Conseil des ministres

Le président Félix-Antoine Tshisekedi a présidé, vendredi 23 octobre 2026, à la cité de l’Union africaine, à Kinshasa, la 101ème réunion ordinaire du Conseil des ministres. Les échanges ont porté sur le renforcement de la cybersécurité, la coordination de l’action diplomatique, la transformation locale des ressources minières, la protection des héritiers vulnérables et la sécurisation des approvisionnements du pays par le corridor central.

Cybersécurité : un impératif de souveraineté nationale

Dans sa communication, le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence institutionnelle dans la conduite de la diplomatie congolaise. Il a réaffirmé le rôle central du ministère des Affaires étrangères comme principal canal de communication avec les missions diplomatiques accréditées en République Démocratique du Congo.

Le chef de l’État a appelé à une meilleure coordination des initiatives internationales des membres du gouvernement, afin d’éviter les démarches parallèles susceptibles de compromettre la crédibilité de la diplomatie nationale.

La Première ministre est chargée de veiller à la cohérence des actions diplomatiques du gouvernement. Un mécanisme permanent de coordination avec la Primature doit également être mis en place pour faciliter les échanges et assurer le suivi des accords intergouvernementaux, en collaboration avec les ministères concernés.

Face aux vulnérabilités des systèmes informatiques, Félix-Antoine Tshisekedi a présenté la protection des infrastructures numériques comme un enjeu de sécurité nationale, de souveraineté numérique et de continuité de l’action publique.

Le ministère des Postes et Télécommunications, en concertation avec celui du Numérique et les structures compétentes, a été chargé de coordonner un audit de sécurité des infrastructures numériques publiques et de proposer des mesures urgentes.

Les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Finances à travers la Banque centrale du Congo, devront également renforcer la surveillance et la protection des systèmes sensibles, ainsi que la sécurité des opérations de paiement.

Transformation locale des minerais : Mutoshi appelé à devenir un centre d’excellence

Le troisième axe de la communication présidentielle a concerné la transformation locale des ressources minières stratégiques. Le chef de l’État a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire des minerais congolais un levier de souveraineté économique et d’industrialisation. Cette ambition repose sur le développement des compétences nationales, la recherche et la maîtrise des technologies liées aux chaînes de valeur industrielles, en particulier celle des batteries.

Dans cette perspective, le Conseil des ministres a salué le démarrage effectif du projet de transformation de l’Institut technique Mutoshi, à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en centre d’excellence.

Porté par la Gécamines, en partenariat avec les acteurs des secteurs des mines, de l’électricité et de l’éducation, ce projet vise à renforcer les capacités locales de formation et à mieux préparer les compétences nationales aux besoins de l’industrie minière et énergétique. La Première ministre a soulevé la nécessité d’engager une réforme globale du régime des successions en RDC.

Cette réforme vise à mieux protéger les héritiers vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les enfants mineurs, souvent exposés aux dépossessions et aux conflits familiaux après le décès d’un proche.

Les ministères de la Justice, de l’Intérieur, des Finances et des Affaires foncières ont reçu des instructions pour dresser un état des lieux de la situation et proposer des mesures législatives susceptibles de renforcer la protection des droits successoraux.

Sécurité nationale : situation territoriale et tensions à l’étranger

Le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, a présenté le rapport sur l’état du territoire et son administration.

Ce point a porté sur les développements sécuritaires liés au mouvement M23, présenté dans le compte-rendu comme un groupe supplétif de l’agression rwandaise, ainsi que sur les réactions suscitées par l’officialisation de prises d’armes attribuées à l’ancien président sous l’appellation de « M23 rénové ».

Le Conseil a également été informé des tensions apparues à la suite des perquisitions menées à Bruxelles dans les résidences de certains proches du président de la République.

Inondations, intempéries et violences intercommunautaires

La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, a présenté la situation humanitaire dans plusieurs régions du pays. Le rapport a fait état d’inondations à Mbandaka et dans la commune de Wangata, dans la province de l’Équateur, ainsi que de fortes intempéries à Kasongo, dans la province du Maniema.

Des violences intercommunautaires ont également été signalées à Yanja-Li 2, dans le territoire d’Isangi. La situation des Congolais réfugiés au Burundi a, par ailleurs, été examinée. Ces différents événements soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes d’assistance aux populations affectées et d’assurer un suivi des besoins humanitaires sur le terrain.

Mpox : la riposte se poursuit dans sept provinces

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a présenté un état de la situation épidémiologique, avec un accent particulier sur la riposte contre la variole du singe, également appelée Mpox.

La maladie demeure sous surveillance dans sept provinces, tandis qu’une attention particulière est accordée à la zone de Mandima, en Ituri.

Le rapport a également mis en avant l’élargissement du réseau des laboratoires et des centres de traitement afin de renforcer les capacités de détection, de prise en charge et de riposte face à la maladie.

Affaires étrangères : relance du projet e-Visa

Le ministère des Affaires étrangères prévoit de relancer le processus de mise en place du dispositif électronique e-Visa, après l’annulation d’un précédent contrat jugé non viable.

Des ateliers techniques sont annoncés pour novembre 2026. L’objectif est de moderniser et d’harmoniser les procédures de délivrance des visas, dans une perspective d’amélioration du service public et de rationalisation du système.

Enseignement supérieur : consolider le système LMD

Concernant l’enseignement supérieur et universitaire, les orientations pour l’année académique 2026-2027 ont été présentées au Conseil.

Elles portent sur la consolidation du système Licence-Master-Doctorat (LMD), le développement des innovations pédagogiques et le renforcement de la recherche scientifique.

Le gouvernement entend poursuivre les réformes engagées tout en s’attaquant aux fragilités persistantes du système universitaire.

Médias, justice et sécurité : renforcer la protection des journalistes

Le ministre de la Communication et des Médias a présenté les conclusions de la table ronde « Médias, Justice et Sécurité », organisée le 12 octobre 2026 à Kinshasa. Les travaux ont débouché sur l’approbation de mécanismes destinés à protéger les journalistes en danger.

La numérisation des cartes d’identité professionnelle des journalistes par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) figure également parmi les mesures annoncées. Cette démarche vise à moderniser les outils d’identification professionnelle et à contribuer à l’amélioration de l’encadrement du secteur médiatique.

Corridor central : sécuriser les importations et les exportations

Au chapitre de l’examen et de l’adoption des dossiers, le ministre du Commerce extérieur a présenté la stratégie gouvernementale visant à mieux capter, sécuriser et maîtriser les flux commerciaux transitant par le port de Dar es-Salaam et les autres infrastructures du corridor central.

Cette orientation vise à sécuriser les approvisionnements des provinces de l’est et du sud-est de la RDC, en améliorant le suivi des marchandises et la coordination des opérations de transport.

Le gouvernement prévoit l’élaboration d’une feuille de route conjointe avec la Tanzanie ainsi que la mise en place d’un système électronique de traçabilité des frets.

Ce dispositif devrait contribuer à améliorer la visibilité sur les marchandises, à faciliter leur suivi et à renforcer la maîtrise des flux d’importation et d’exportation empruntant cet axe régional.


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