Après
l’enlèvement présumé de leur collègue, des médecins réunis en assemblée
générale extraordinaire dénoncent les circonstances de sa disparition et
demandent aux autorités de garantir ses droits. Ils réclament que le médecin
orthopédiste soit localisé et, si des faits lui sont reprochés, présenté devant
les instances compétentes conformément à la procédure légale.
Le
Syndicat national des médecins (SYNAMED), section des Cliniques universitaires
de Kinshasa, hausse le ton après la disparition du docteur Lucien Bukasa,
médecin spécialiste en orthopédie et chef de travaux à la faculté de médecine
de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Réunis en assemblée générale
extraordinaire le 23 octobre 2026, ses collègues ont exprimé leur inquiétude
face aux circonstances de son enlèvement présumé et exigé des autorités des
informations précises sur le lieu où il se trouve.
A
l’issue de cette rencontre, le docteur Aldo Mavinga Nzita, secrétaire
sectionnaire principal du SYNAMED aux Cliniques universitaires de Kinshasa, a
indiqué que les informations disponibles demeuraient floues. Selon les
témoignages et informations relayés par ses collègues, le médecin aurait été
interpellé la veille, entre 17 heures et 18 heures, à la sortie d’une
intervention chirurgicale dans une clinique orthopédique située dans la commune
de Lemba.
Le Dr
Lucien Bukasa aurait été emmené par des personnes non identifiées circulant à
bord d’un véhicule de couleur noire, dépourvue de plaques d’immatriculation,
vers une destination qui restait inconnue au moment de l’assemblée.
Le
responsable syndical a précisé que plusieurs informations circulaient sur les
réseaux sociaux au sujet du lieu de détention présumé du médecin, voire de sa
prétendue libération. Toutefois, aucune de ces informations n’avait pu être
confirmée de manière fiable.
Une
priorité : savoir où se trouve le médecin
Pour
le docteur Aldo Mavinga Nzita, la préoccupation immédiate des médecins n’est
pas de déterminer les raisons de cette interpellation présumée, mais de
connaître le lieu où se trouve leur collègue et de s’assurer de sa sécurité.
«
Nous ne voulons pas connaître d’abord la cause, nous voulons savoir où il est
», a-t-il insisté en résumant les principales préoccupations exprimées au cours
de l’assemblée.
Le
SYNAMED estime que, quels que soient les faits éventuellement reprochés au
médecin, ceux-ci doivent être examinés dans le respect des lois et des
procédures en vigueur en République Démocratique du Congo.
Le
docteur Mavinga Nzita a rappelé le parcours professionnel de son collègue,
présenté comme un spécialiste chevronné en orthopédie et un enseignant ayant
contribué à la formation de plusieurs générations de médecins à l’UNIKIN. À ses
yeux, cette responsabilité professionnelle justifie également que ses droits et
sa dignité soient préservés.
Des
informations contradictoires sur une éventuelle libération
Au
cours des échanges, plusieurs participants ont fait état de messages diffusés
sur les réseaux sociaux annonçant que le médecin aurait été retrouvé ou libéré.
Ces informations ont toutefois suscité la prudence des membres de l'assemblée.
Un
participant a affirmé avoir pris contact avec un médecin, présenté durant la
réunion comme le frère du médecin recherché et lui-même gynécologue aux
Cliniques universitaires de Kinshasa. Selon son compte rendu, ce dernier avait
démenti l'information faisant état d'une libération.
À
l'issue de cette vérification, les participants ne disposaient d'aucune
confirmation officielle permettant d'établir où se trouvait leur collègue.
Certains
intervenants ont également souligné la nécessité de distinguer les rumeurs des
informations vérifiées et d'éviter la propagation de nouvelles susceptibles
d'entretenir la confusion autour de cette affaire.
Le
recours aux autorités et aux instances médicales envisagé
Au
cours de l'assemblée générale extraordinaire, plusieurs médecins ont proposé
différentes démarches pour obtenir des éclaircissements. Ils ont recommandé de
mobiliser les structures syndicales et ordinales de la profession médicale afin
d'approcher les autorités compétentes.
Parmi
les pistes évoquées figurent des démarches auprès des ministères de la Santé et
de l'Intérieur, ainsi qu'auprès des services chargés de la sécurité, dans le
but de vérifier si le médecin est effectivement détenu par un service officiel
et, le cas échéant, de connaître le fondement de cette détention.
Les
participants ont estimé que les organisations représentatives des médecins
disposent de relais institutionnels susceptibles de faciliter ces démarches.
Ils ont appelé à privilégier les voies appropriées pour obtenir des réponses
rapides, sans exclure une mobilisation plus large si la situation persistait.
Une
éventuelle grève évoquée en cas d'absence de réponse
Au
cours des discussions, un participant a proposé de lancer une campagne
médiatique pendant 48 heures pour sensibiliser l'opinion publique et exercer
une pression sur les autorités. En l'absence de résultats, il a également
évoqué la possibilité d'un mouvement de grève.
Cette
proposition a été formulée comme une piste d'action au cours des échanges.
Aucun déclenchement effectif d'une grève n'a été annoncé dans les éléments
rapportés de cette assemblée.
Pour
les médecins présents, l'objectif demeure d'obtenir la localisation de leur
collègue et de garantir le respect de ses droits, tout en privilégiant les
démarches susceptibles de conduire à une issue rapide.
Le
respect de la procédure judiciaire exigé
Les
participants ont rappelé qu'une personne soupçonnée d'avoir commis une
infraction doit être prise en charge dans le respect des procédures légales.
Ils ont insisté sur l'importance d'informer la famille et de permettre, le cas
échéant, la présentation de l'intéressé devant les autorités judiciaires
compétentes.
Leur
démarche, ont-ils expliqué, ne vise pas à faire obstacle à une éventuelle
enquête, mais à obtenir des garanties sur la situation du médecin et à prévenir
toute atteinte à ses droits fondamentaux. « S'il y a un problème, qu'il soit
présenté devant le tribunal qui va statuer sur ce problème », a résumé l'un des
intervenants au cours des discussions.
Un
communiqué annoncé pour formaliser les revendications
À la
clôture de la réunion, le docteur Aldo Mavinga Nzita a annoncé la préparation
d'un communiqué destiné à formaliser la position des participants et à porter
leurs préoccupations à la connaissance des autorités et de l'opinion publique.
Le
SYNAMED et les médecins des Cliniques universitaires de Kinshasa entendent
ainsi réclamer des éclaircissements sur les circonstances de la disparition du
docteur Lucien Bukasa, sa localisation et la garantie de ses droits.
En
attendant des informations officielles, l'assemblée a réaffirmé sa volonté de
poursuivre les démarches nécessaires pour retrouver la trace de leur collègue.
À ce
stade, les circonstances exactes de la disparition présumée du médecin, le
service qui pourrait le détenir et les éventuels motifs de son interpellation
restent à établir officiellement.
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