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dimanche 25 octobre 2026

Ebola en RDC : la surveillance transfrontalière renforcée à Aba pour prévenir la propagation du virus

Face à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo qui touche plusieurs zones de santé du Haut-Uélé, les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo et du Soudan du Sud renforcent leur collaboration à Aba. Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les deux pays misent sur la surveillance, le partage d’informations et la sensibilisation des communautés, notamment des réfugiés sud-soudanais.

Les réfugiés mobilisés dans la prévention

« L’information est importante. Être informé fait partie de la prévention », souligne Cosmas Sandani Lasuba, réfugié sud-soudanais vivant dans le camp de Méri, dans la zone de santé d’Aba, à environ 18 kilomètres de la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud.

Président des réfugiés sud-soudanais installés sur ce site, il participe à une séance de sensibilisation consacrée à la maladie à virus Bundibugyo. Son rôle consiste à relayer les messages de prévention auprès des autres réfugiés.

« Les gens doivent se laver les mains et respecter la distanciation. Je pense que c’est très important pour éviter d’être contaminé par Ebola », explique-t-il.

À l’instar de Cosmas Sandani Lasuba, les responsables communautaires sont appelés à contribuer à la diffusion des bonnes pratiques sanitaires auprès des populations. Plus de 26.000 réfugiés sud-soudanais vivent dans la zone de santé d’Aba, ce qui renforce l’importance de la sensibilisation et de la surveillance épidémiologique.

Aba, une zone stratégique à la frontière

Située à environ 436 kilomètres d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, Aba occupe une position stratégique dans la surveillance sanitaire entre la RDC et le Soudan du Sud.

La proximité des communautés, les déplacements transfrontaliers et les mouvements réguliers des réfugiés imposent une vigilance permanente aux autorités sanitaires des deux pays.

Cette situation intervient alors que l’épidémie d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo, touche plusieurs zones de santé du Haut-Uélé. Au 17 octobre 2026, la province avait enregistré 408 cas confirmés et 176 décès, tandis que sept de ses treize zones de santé étaient touchées.

Bien qu’aucun cas n’ait été signalé à Aba à cette date, sa situation géographique et les mouvements de populations en font un point de vigilance important pour prévenir une éventuelle propagation du virus.

La RDC et le Soudan du Sud coordonnent leur riposte

Pour limiter les risques, les autorités sanitaires congolaises et sud-soudanaises, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé, intensifient leur coopération transfrontalière.

L’objectif est de détecter rapidement toute alerte, d’échanger les informations nécessaires et de coordonner les interventions en cas de suspicion ou de confirmation d’un cas.

Pour le Dr Simon Sebit Yatoma, directeur médical du comté de Yei River, au Soudan du Sud, cette collaboration est essentielle compte tenu de la proximité géographique entre les zones concernées.

« Ebola est en RDC et la RDC est proche de Yei. C’est pourquoi nous travaillons ensemble afin que, si un cas survenait, nous soyons capables de réagir ensemble, rapidement ».

Il insiste également sur la nécessité d’une solidarité entre les deux pays face à la menace épidémique en disant que « les virus n’ont pas de frontières et seule notre solidarité peut nous aider à les vaincre ».

Une feuille de route pour renforcer la surveillance

Les responsables sanitaires de la RDC et du Soudan du Sud se sont réunis à Aba afin de définir des mécanismes communs de surveillance et de réponse à l’épidémie.

À l’issue des échanges, une feuille de route a été adoptée. Elle prévoit le partage d’informations, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la conduite d’investigations conjointes et l’amélioration de la communication sur les risques sanitaires.

Cette approche vise à permettre aux équipes des deux pays de réagir de manière coordonnée face à toute alerte et à réduire les risques de propagation transfrontalière.

Dans cette zone où cohabitent communautés locales et réfugiés, la sensibilisation demeure un maillon essentiel du dispositif. L’implication des responsables communautaires, à l’image de Cosmas Sandani Lasuba, contribue à faire de l’information et de la prévention des outils indispensables dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola en RDC


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