Face
à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo qui touche plusieurs zones de santé
du Haut-Uélé, les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo
et du Soudan du Sud renforcent leur collaboration à Aba. Avec l’appui de
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les deux pays misent sur la
surveillance, le partage d’informations et la sensibilisation des communautés,
notamment des réfugiés sud-soudanais.
Les
réfugiés mobilisés dans la prévention
«
L’information est importante. Être informé fait partie de la prévention »,
souligne Cosmas Sandani Lasuba, réfugié sud-soudanais vivant dans le camp de
Méri, dans la zone de santé d’Aba, à environ 18 kilomètres de la frontière
entre la RDC et le Soudan du Sud.
Président
des réfugiés sud-soudanais installés sur ce site, il participe à une séance de
sensibilisation consacrée à la maladie à virus Bundibugyo. Son rôle consiste à
relayer les messages de prévention auprès des autres réfugiés.
« Les
gens doivent se laver les mains et respecter la distanciation. Je pense que
c’est très important pour éviter d’être contaminé par Ebola », explique-t-il.
À
l’instar de Cosmas Sandani Lasuba, les responsables communautaires sont appelés
à contribuer à la diffusion des bonnes pratiques sanitaires auprès des
populations. Plus de 26.000 réfugiés sud-soudanais vivent dans la zone de santé
d’Aba, ce qui renforce l’importance de la sensibilisation et de la surveillance
épidémiologique.
Aba,
une zone stratégique à la frontière
Située
à environ 436 kilomètres d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, Aba
occupe une position stratégique dans la surveillance sanitaire entre la RDC et
le Soudan du Sud.
La
proximité des communautés, les déplacements transfrontaliers et les mouvements
réguliers des réfugiés imposent une vigilance permanente aux autorités
sanitaires des deux pays.
Cette
situation intervient alors que l’épidémie d’Ebola, causée par le virus
Bundibugyo, touche plusieurs zones de santé du Haut-Uélé. Au 17 octobre 2026,
la province avait enregistré 408 cas confirmés et 176 décès, tandis que sept de
ses treize zones de santé étaient touchées.
Bien
qu’aucun cas n’ait été signalé à Aba à cette date, sa situation géographique et
les mouvements de populations en font un point de vigilance important pour
prévenir une éventuelle propagation du virus.
La
RDC et le Soudan du Sud coordonnent leur riposte
Pour
limiter les risques, les autorités sanitaires congolaises et sud-soudanaises,
avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé, intensifient leur
coopération transfrontalière.
L’objectif
est de détecter rapidement toute alerte, d’échanger les informations
nécessaires et de coordonner les interventions en cas de suspicion ou de
confirmation d’un cas.
Pour
le Dr Simon Sebit Yatoma, directeur médical du comté de Yei River, au Soudan du
Sud, cette collaboration est essentielle compte tenu de la proximité
géographique entre les zones concernées.
«
Ebola est en RDC et la RDC est proche de Yei. C’est pourquoi nous travaillons
ensemble afin que, si un cas survenait, nous soyons capables de réagir
ensemble, rapidement ».
Il
insiste également sur la nécessité d’une solidarité entre les deux pays face à
la menace épidémique en disant que « les virus n’ont pas de frontières et seule
notre solidarité peut nous aider à les vaincre ».
Une
feuille de route pour renforcer la surveillance
Les
responsables sanitaires de la RDC et du Soudan du Sud se sont réunis à Aba afin
de définir des mécanismes communs de surveillance et de réponse à l’épidémie.
À
l’issue des échanges, une feuille de route a été adoptée. Elle prévoit le
partage d’informations, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la
conduite d’investigations conjointes et l’amélioration de la communication sur
les risques sanitaires.
Cette
approche vise à permettre aux équipes des deux pays de réagir de manière
coordonnée face à toute alerte et à réduire les risques de propagation
transfrontalière.
Dans
cette zone où cohabitent communautés locales et réfugiés, la sensibilisation
demeure un maillon essentiel du dispositif. L’implication des responsables
communautaires, à l’image de Cosmas Sandani Lasuba, contribue à faire de
l’information et de la prévention des outils indispensables dans la lutte
contre l’épidémie d’Ebola en RDC
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