La
Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, jeudi 22 octobre 2026, à
Kinshasa, une délégation de l’entreprise Arab Contractors Sub-Sahara, conduite
par son directeur régional, Hassan Mohamed Hassoun. Au centre des échanges
était le projet de construction et de modernisation de la route Ilebo–Kananga,
un axe stratégique de 370 kilomètres comprenant également quatre ponts, destiné
à améliorer la connectivité du Kasaï et à faciliter les échanges commerciaux
avec Kinshasa.
Accompagnée
de ses partenaires financiers, la délégation est venue présenter à la cheffe du
Gouvernement l’évolution du dossier, notamment ses dimensions techniques et
financières. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de renforcer les
infrastructures de transport et de stimuler le développement économique des
provinces du Kasaï.
Déjà
engagée dans les travaux de construction de la route Kamwesha–Kananga, Arab
Contractors entend étendre ses activités dans cette région à travers ce nouveau
projet. Pour en assurer le financement et la couverture des risques,
l’entreprise s’est associée à plusieurs partenaires, dont la Trade and
Development Bank (TDB), United Bank for Africa (UBA) et la compagnie
d’assurances Rawsur.
Ilebo–Kananga,
un axe stratégique pour les échanges commerciaux
Reliant
le port fluvial d’Ilebo à la ville de Kananga, cette route est appelée à jouer
un rôle majeur dans l’amélioration de la circulation des personnes et des
marchandises. Elle devrait notamment faciliter l’acheminement des produits
agricoles vers les centres de consommation et renforcer les échanges entre le
Kasaï et Kinshasa.
Au
sortir de l’audience, Hassan Mohamed Hassoun a souligné l’importance de cette
infrastructure pour le développement régional.
«
Nous avons eu l’occasion d’être reçus par Son Excellence Madame la Première
Ministre pour lui présenter un projet majeur de développement de la région du
Kasaï, portant sur la construction de l’axe routier Ilebo–Kananga. L’objectif
était de lui présenter l’évolution du projet et son montage technique et
financier ».
Au-delà
de la construction de la route principale, le projet prévoit, dans une deuxième
phase, l’aménagement de routes de desserte agricole. Ces voies secondaires
devraient permettre aux producteurs locaux d’évacuer plus facilement leurs
récoltes vers les marchés et de réduire les difficultés liées à l’enclavement
des zones de production.
La
production agricole et les coopératives féminines au cœur du projet
Pour
Arab Contractors, la modernisation de cet axe routier ne constitue pas
seulement un investissement dans les infrastructures. Elle représente également
une opportunité de dynamiser l’économie locale, de soutenir les activités
agricoles et de favoriser la création d’emplois.
L’entreprise
entend notamment encourager le développement des coopératives agricoles, avec
une attention particulière accordée aux initiatives portées par les femmes.
«
Cette route va permettre de désenclaver la région et de développer les
activités agricoles. Le projet ne s’arrête pas à la construction de la route
principale. Dans une deuxième phase, nous prévoyons des routes de desserte
agricole pour permettre aux producteurs d’acheminer leurs marchandises vers les
marchés. Nous voulons également encourager les coopératives, notamment celles
des femmes ».
La
réalisation de ces aménagements pourrait contribuer à améliorer les conditions
de commercialisation des produits agricoles, à élargir l’accès aux marchés et à
renforcer les revenus des communautés rurales concernées.
Le
Gouvernement promet un accompagnement dans le respect des procédures
La
Première ministre Judith Suminwa Tuluka a manifesté son intérêt pour cette
initiative et assuré ses interlocuteurs de l’accompagnement du Gouvernement
dans le suivi du dossier. Elle a néanmoins insisté sur la nécessité de
respecter les procédures administratives et réglementaires applicables avant
toute concrétisation du projet.
Selon
Hassan Mohamed Hassoun, la cheffe du Gouvernement entend suivre de près
l’évolution de ce dossier, compte tenu de son importance pour le désenclavement
et le développement économique du Kasaï.
«
Madame la Première Ministre nous a rassurés de son accompagnement. Elle va
suivre de près l’évolution du dossier parce qu’elle est consciente de
l’importance de cet axe routier pour la région. Mais nous devons respecter
toutes les procédures prévues par l’État ».
Arab
Contractors et ses partenaires ont déjà soumis officiellement leur offre à
l’autorité compétente. Les prochaines étapes dépendront donc de l’avancement
des démarches administratives et de la finalisation des préparatifs techniques
et financiers.
Une
première pierre envisagée au début de 2027
Forte
de sa présence actuelle dans la région, notamment à travers le chantier
Kamwesha–Kananga, l’entreprise estime pouvoir mobiliser plus facilement les
moyens techniques et logistiques nécessaires à la réalisation du nouvel axe.
Sous
réserve de l’évolution favorable des procédures, Arab Contractors envisage de
finaliser les préparatifs dans les deux à trois prochains mois et de procéder à
la pose de la première pierre au début de l’année 2027.
« Si
les procédures avancent normalement, nous pouvons finaliser les préparatifs
dans les deux à trois prochains mois et envisager la pose de la première pierre
dès le début de l’année prochaine », a annoncé Hassan Mohamed Hassoun.
La
délégation reçue à la Primature comprenait également Mahmoud Nassef Baioumy,
directeur général d’Arab Contractors RDC ; John Esther, directeur régional de
TDB Bank ; Jerry Mushayuma, responsable de TDB Bank en RDC ; ainsi que Bobby
Singa, directeur des Grandes Entreprises à UBA RDC.
Un
projet inscrit dans les priorités gouvernementales
La
construction de la route Ilebo–Kananga s’inscrit dans les priorités du
Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka en matière de modernisation des
infrastructures de transport, de désenclavement des territoires et de soutien à
la production agricole.
Elle
rejoint les objectifs du troisième pilier du Programme d’actions du
Gouvernement pour la période 2024-2028, consacré notamment à l’amélioration des
infrastructures et au développement économique.
Si le
projet se concrétise conformément aux prévisions annoncées, cet axe de 370
kilomètres pourrait contribuer à mieux relier les centres de production
agricole aux marchés, à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer
l’intégration économique du Kasaï avec le reste du pays. Sa mise en œuvre
effective reste toutefois tributaire de la finalisation des procédures
administratives et financières nécessaires.
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