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samedi 17 octobre 2026

RDC : le GTCR-R veut renforcer le leadership féminin et l’inclusion sociale dans les programmes REDD+

Le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) et le Groupe de travail climat REDD+ rénové (GTCR-R) ont organisé, le 16 octobre 2026 à Kinshasa, un atelier national de restitution et de validation des résultats de l’analyse Genre, équité et inclusion sociale (GEIS). Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en République Démocratique du Congo, financé par le Fonds national REDD+ (FONAREDD) et l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI).

Menée à l’échelle nationale auprès du réseau GTCR-R et de ses organisations membres, cette analyse vise à évaluer la prise en compte du genre et de l’inclusion sociale dans les activités du projet, les pratiques internes du réseau ainsi que ses interventions en faveur d’un processus REDD+ plus équitable.

L’atelier a réuni des représentants de la société civile environnementale, des organisations membres du GTCR-R, des communautés locales, des peuples autochtones pygmées et de l’administration publique. Les échanges ont porté sur la validation des résultats de l’étude, l’identification des insuffisances et la formulation de recommandations destinées à améliorer la participation effective des femmes et des groupes souvent marginalisés.

Des écarts persistent entre les politiques de genre et leur application sur le terrain

Les résultats présentés mettent en évidence des difficultés dans la mise en œuvre concrète des politiques et stratégies de genre au sein des organisations de la société civile environnementale. Si certains documents de référence existent, leur application demeure inégale sur le terrain, où persistent des disparités liées notamment aux facteurs culturels et aux obstacles à la participation des femmes.

Pour Freddy Mumba Mukuba, chargé du renforcement des capacités des fédérations de la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC), cette étude permet de mieux comprendre les écarts entre les engagements institutionnels et les pratiques réelles.

Il estime que l’existence d’une politique de genre ne suffit pas si celle-ci ne se traduit pas par des changements tangibles dans les organisations et auprès des communautés.

L’enjeu consiste désormais à passer d’une simple représentation des femmes à leur participation effective aux processus de décision et à la mise en œuvre des projets. Cette exigence concerne également les jeunes et les peuples autochtones pygmées, qui restent confrontés à des formes de marginalisation dans plusieurs initiatives de développement.

Chouchouna Losale plaide pour le leadership féminin et l’autonomisation économique des femmes

Vice-coordinatrice et chargée de programmes au sein de la Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable (CFLEDD), Chouchouna Losale, également membre du comité de pilotage du GTCR-R, considère les résultats de l’analyse comme une occasion de renforcer les capacités des organisations membres du réseau.

Selon elle, les différentes recommandations formulées permettront de combler certaines lacunes, notamment en matière de leadership féminin et de sensibilisation aux questions de genre.

Le GTCR-R, qui rassemble plusieurs composantes, dont les femmes, les peuples autochtones, les jeunes et les comités de sages, doit renforcer l’accompagnement de ses organisations membres afin de mieux intégrer ces enjeux dans leurs activités. Chouchouna Losale insiste également sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources financières pour soutenir les initiatives consacrées à l’éveil de conscience des femmes, à leur leadership et à la défense de leurs droits fonciers et forestiers.

Pour elle, la reconnaissance des droits des femmes doit aller de pair avec leur autonomisation économique. Sans moyens financiers suffisants, les femmes risquent de ne pas disposer des capacités nécessaires pour exercer pleinement leurs droits et mener des actions concrètes sur le terrain.

La responsable de la CFLEDD appelle ainsi le GTCR-R à renforcer la mobilisation des financements et à soutenir davantage les organisations membres engagées dans la promotion des droits et de l’autonomie des femmes.

La CONAPAC appelle à une participation effective des femmes et des groupes vulnérables

Freddy Mumba Mukuba souligne, pour sa part, que l’étude constitue un état des lieux utile de l’intégration du genre dans les organisations impliquées dans le suivi des programmes et projets REDD+. Il relève que les difficultés observées ne concernent pas uniquement les textes ou les politiques internes, mais également leur appropriation et leur mise en pratique au niveau des structures de terrain.

Le renforcement des capacités apparaît, dès lors, comme une priorité pour améliorer le leadership féminin et favoriser une participation plus équilibrée aux processus de décision.

Cette démarche doit également tenir compte des réalités vécues par les communautés locales, les jeunes et les peuples autochtones pygmées, afin que les projets environnementaux profitent à toutes les catégories de la population.

Le responsable de la CONAPAC a par ailleurs salué l’accompagnement du CIFOR ainsi que le soutien financier du FONAREDD et de la CAFI, qu’il considère essentiels pour poursuivre le renforcement des capacités de la société civile environnementale.

Martine Kankolongo préconise la formation des femmes comme des hommes

Martine Kankolongo, directrice cheffe de service à la Direction de la gestion forestière du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, a salué l’initiative du CIFOR et du GTCR-R.

Elle estime que les faiblesses relevées par l’étude peuvent devenir des leviers d’amélioration, à condition que les recommandations soient traduites en actions concrètes et que les communautés s’approprient les résultats.

Pour elle, la promotion de l’égalité de genre ne doit pas être considérée comme une préoccupation exclusivement féminine. Les hommes doivent également être sensibilisés et formés à l’approche genre, afin de favoriser une compréhension commune des enjeux et de faciliter les changements de comportement.

Martine Kankolongo a également insisté sur l’entrepreneuriat féminin, qu’elle considère comme un moyen de renforcer l’autonomie financière des femmes et leur capacité à prendre en charge leurs propres besoins.

Elle appelle ainsi à un renforcement des capacités à tous les niveaux, aussi bien au sein des institutions que dans les communautés concernées.

Le GTCR-R annonce des actions concrètes après la validation de l’étude

À l’issue de l’analyse, les responsables du GTCR-R entendent traduire les recommandations en mesures opérationnelles. La chargée de programmes du réseau, Mathilde Roffet a annoncé la diffusion à plus grande échelle des expériences de terrain qui ont déjà fait leurs preuves en matière de promotion du genre.

Le réseau, qui compte près de 450 membres selon les informations communiquées lors de l’entretien, souhaite identifier les pratiques efficaces au sein de ses organisations et favoriser leur appropriation par l’ensemble de ses composantes.

Les actions envisagées concernent également la gouvernance interne, les politiques du réseau, les projets et les budgets. L’objectif est de prévoir des lignes budgétaires et des activités spécifiques consacrées au genre, au renforcement du leadership féminin, à l’autonomisation économique des femmes et à la sensibilisation de toutes les parties prenantes, y compris les hommes.

La chargée de programmes estime que les changements doivent être impulsés au niveau de la gouvernance pour produire des effets jusque dans les structures locales et les communautés bénéficiaires.

Faire de l’équité et de l’inclusion sociale une réalité dans les projets REDD+

Au-delà de la validation des résultats, cet atelier marque une étape dans la recherche de solutions aux inégalités qui persistent au sein de la société civile environnementale congolaise.

Les recommandations issues de l’étude devront contribuer à améliorer les pratiques des organisations, à renforcer la participation des femmes aux décisions et à garantir une meilleure prise en compte des besoins des jeunes, des communautés locales et des peuples autochtones pygmées.

Pour le GTCR-R et ses partenaires, le défi est désormais de transformer les constats en actions mesurables, soutenues par des ressources suffisantes et un engagement durable des organisations membres.

L’objectif final est de faire en sorte que les programmes REDD+ en RDC ne se limitent pas aux enjeux climatiques et forestiers, mais contribuent également à l’égalité des chances, à la justice sociale et à une participation plus inclusive des communautés concernées.


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