APO

lundi 21 septembre 2026

Nord-Kivu : un défenseur des droits humains dénonce le blocage des salaires de plus de 100 infirmiers

Un défenseur des droits humains dénonce le blocage des salaires de 115 infirmiers affectés dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu, notamment Binza, Oicha, Mutwanga, Karisimbi et Beni-Ville.

Selon Aimé Mukanda Mbusa, notable et défenseur des droits humains, ces agents auraient été recrutés et régulièrement rémunérés par l'État pendant près de vingt ans, avant de voir leurs salaires bloqués à partir de 2025.

Le blocage serait lié, selon les explications rapportées aux intéressés, à des doutes sur l'authenticité d'un arrêté de 2005 attribué à l'ancien ministre de la Fonction publique, Athanase Matenda Kyelu.

Le défenseur des droits humains affirme toutefois qu'aucune décision judiciaire déclarant cet arrêté faux ne leur aurait été présentée.

Une contestation de la procédure administrative

Aimé Mukanda Mbusa estime qu'un simple doute administratif ne devrait pas, à lui seul, entraîner la suspension du paiement des salaires des agents concernés.

Il demande aux autorités compétentes de produire les éléments permettant d'établir l'authenticité ou non de l'arrêté incriminé et, en cas de contestation persistante, de recourir aux procédures administratives et judiciaires prévues par la loi.

« On ne bloque pas 20 ans de carrière d'un infirmier qui a risqué sa vie dans des zones affectées par les conflits et les épidémies avec de simples mots. On va devant le juge », soutient-il.

Les infirmiers concernés travaillent dans des zones du Nord-Kivu confrontées à des conditions sécuritaires difficiles.

Le dossier des numéros matricules en doublon

À cette situation s'ajoute, selon le même défenseur des droits humains, celle d'autres agents dont les salaires seraient bloqués en raison de numéros matricules considérés comme des doublons. Des cas seraient signalés à Rutshuru et dans d'autres territoires du Nord-Kivu.

Pour Aimé Mukanda Mbusa, les agents ne devraient pas être tenus responsables d'une éventuelle anomalie dans le fichier administratif de la Fonction publique, puisque les numéros matricules sont attribués par l'administration.

Il plaide ainsi pour une procédure de dédoublonnage, permettant de vérifier l'identité, l'ancienneté et les pièces administratives des agents concernés, plutôt que de maintenir leurs rémunérations bloquées.

Appel à une vérification administrative

Le défenseur des droits humains demande aux services compétents de procéder rapidement à l'examen des dossiers concernés, de corriger les éventuelles anomalies dans le fichier de la Fonction publique et de rétablir les salaires lorsque les droits des agents sont établis.

Il réclame également le paiement des arriérés correspondant, selon lui, aux mois durant lesquels les infirmiers auraient travaillé sans percevoir leur rémunération.

Trois demandes principales

Les revendications formulées portent sur le déblocage des salaires des infirmiers concernés lorsque leur situation administrative est régulière ; la vérification et le dédoublonnage des numéros matricules litigieux ; l'ouverture, si nécessaire, d'une procédure administrative ou judiciaire formelle pour établir l'authenticité de l'arrêté de 2005.

Aimé Mukanda Mbusa appelle enfin les autorités de la Fonction publique et les autres services concernés à traiter ces dossiers avec diligence, afin d'éviter que les agents affectés dans des zones à haut risque ne restent durablement privés de leur rémunération.


CNDH : Paul Nsapu appelle à renforcer le dialogue avec la société civile

Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), Paul Nsapu Mukulu, a ouvert, vendredi 18 septembre 2026 à Kinshasa, des consultations avec les organisations et les différentes composantes de la société civile congolaise.

Dans son discours d’ouverture, il a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre la CNDH et la société civile pour renforcer la promotion et la protection des droits humains en République Démocratique du Congo.

Pour Paul Nsapu, la société civile constitue un « partenaire incontournable » de l’action de la CNDH. Il a notamment salué son rôle dans la documentation des violations des droits humains, l’accompagnement des victimes, l’alerte des pouvoirs publics ainsi que les actions de sensibilisation et de plaidoyer.

La situation des droits humains dans l’Est au cœur des préoccupations

Le président de la CNDH a relevé les difficultés auxquelles sont confrontées les populations civiles dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans l’Est de la RDC, où la situation affecte l’exercice de leurs droits fondamentaux.

Il a également évoqué les difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de l’homme. Certains, a-t-il indiqué, ont été contraints de quitter temporairement leurs zones d’intervention pour rejoindre Kinshasa en raison de la situation de guerre.

Paul Nsapu estime que l’empêchement d’un défenseur des droits humains d’exercer sa mission affecte également la capacité de la société à documenter les violations, à alerter les autorités et à accompagner les victimes. Il a ainsi salué leur engagement dans des contextes qu’il a qualifiés d’extrêmement difficiles.

Une collaboration appelée à devenir permanente

Le président de la CNDH a plaidé pour une collaboration avec la société civile qui ne soit plus limitée à des rencontres occasionnelles. Il souhaite qu’elle soit permanente, structurée et fondée sur la confiance mutuelle.

Il a également appelé à maintenir le dialogue même en cas de divergences d’approches. Selon lui, les organisations de la société civile doivent pouvoir formuler leurs observations et critiques sur l’action, les méthodes de travail et les mécanismes d’intervention de la CNDH.

L’objectif est, a-t-il expliqué, d’identifier ensemble les mécanismes qui fonctionnent, ceux qui doivent être améliorés et ceux qui nécessitent d’être renforcés.

Des consultations devant déboucher sur des propositions concrètes

Les consultations organisées vendredi et samedi 19 septembre 2026 doivent permettre aux différentes composantes de la société civile de s’exprimer librement et de faire part de leurs expériences, préoccupations, attentes et propositions.

Paul Nsapu a précisé que la CNDH ne souhaite pas que ces rencontres constituent une simple formalité. Il veut qu’elles servent de point de départ à une relation plus étroite, régulière et efficace avec la société civile congolaise.

Une conférence plus large est également prévue le jeudi 24 septembre 2026 au Golden Tulip Hôtel, dans la cité Kin-Oasis, à Bandal. Elle doit permettre de poursuivre les échanges autour des enjeux de promotion et de protection des droits de l’homme en RDC.

La dignité humaine comme principe commun

Dans son appel à la responsabilité collective, le président de la CNDH a reconnu que les acteurs peuvent avoir des méthodes, des priorités et des appréciations différentes d’une même situation.

Il a toutefois souligné que la dignité et les droits de la personne humaine doivent rester au centre de l’action de tous les acteurs.

La CNDH entend notamment renforcer les mécanismes d’échange d’informations, améliorer la coordination des interventions, mieux exploiter les données et rapports disponibles, renforcer le plaidoyer et assurer un meilleur accompagnement des victimes et des personnes dont les droits sont menacés ou violés.

« Une étape » dans la construction d’un partenariat durable

Paul Nsapu Mukulu a enfin remercié les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme ayant répondu à l’invitation de la CNDH, malgré l’envoi tardif des invitations.

Il a assuré que la Commission prendra en considération les contributions formulées au cours des consultations, avec l’objectif d’améliorer durablement ses relations avec la société civile congolaise.

Les consultations ont ainsi été officiellement ouvertes le 18 septembre 2026, sous le signe de l’écoute, du dialogue et du partenariat.


Tshopo : Mateus Kanga répond aux propos de Martin Fayulu et appelle à un débat politique respectueux

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, a publié, le 18 septembre 2026, une mise au point à la suite des propos tenus par Martin Fayulu, président de l’ECiDé, lors d’un Space X consacré à la marche de l’opposition du 15 septembre 2026.

Deux préoccupations au cœur de son intervention

Selon Mateus Kanga, son intervention lors de cet échange visait à obtenir de Martin Fayulu des éclaircissements sur deux questions : la portée de son appel à « recourir à tous les moyens » pour s’opposer à un éventuel changement de la Constitution, ainsi que les raisons de la faible mobilisation observée lors de la manifestation de l’opposition du 15 septembre 2026.

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo affirme que ces interrogations avaient pour objectif de contribuer à un débat démocratique fondé sur les idées, les arguments et la confrontation constructive des points de vue.

Martin Fayulu réaffirme son opposition à la rébellion armée

Sur la question relative au recours à « tous les moyens », Mateus Kanga relève que Martin Fayulu a réaffirmé son opposition à toute forme de rébellion armée contre la République.

Il estime que cette position s’inscrit dans l’attachement aux principes républicains et à la préservation des valeurs démocratiques.

En revanche, il considère qu’une partie de l’intervention de Martin Fayulu est restée centrée sur son interprétation des résultats de l’élection présidentielle de 2018. Mateus Kanga l’invite ainsi à davantage se projeter vers l’avenir plutôt qu’à rester focalisé sur les événements politiques de cette période.

La mobilisation de l’opposition également évoquée

Concernant la faible participation à la manifestation du 15 septembre 2026, Mateus Kanga regrette que les échanges n’aient pas permis d’approfondir les facteurs susceptibles d’expliquer le niveau de mobilisation.

Il estime que, dans une démocratie, l’analyse des forces et des faiblesses d’une action politique constitue un exercice normal et nécessaire.

Une critique du ton employé durant le débat

Dans sa mise au point, Mateus Kanga revient également sur certaines remarques qu’il affirme avoir perçues comme personnelles et éloignées du sujet initial.

Il évoque notamment le qualificatif de « saoul » qui lui aurait été attribué, alors qu’il affirme ne consommer aucune boisson alcoolisée.

Pour le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, ce type de propos peut être perçu comme une manifestation d’intolérance politique.

Il rappelle par ailleurs que le prénom « Mateus » signifie « Don de Dieu » ou « Don de Yahvé ».

Appel au respect du pluralisme politique

Mateus Kanga réaffirme son attachement au pluralisme politique et à la liberté d’expression. Il estime que les divergences de vues doivent pouvoir s’exprimer dans le respect mutuel, la courtoisie républicaine et la recherche de l’intérêt supérieur de la Nation.

Tout en exprimant sa solidarité envers les victimes des incidents survenus en marge de la manifestation de l’opposition, il appelle Martin Fayulu à éviter, selon lui, le sensationnalisme dans l’espace public et à privilégier une posture conforme à la fonction politique à laquelle il aspire.

Le débat d’idées doit prévaloir

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo invite également les acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition à ne pas s’en prendre à ceux qui défendent des opinions différentes.

Pour lui, le débat d’idées doit primer sur les ressentiments personnels. Il appelle ainsi l’ensemble de la classe politique à privilégier, en toutes circonstances, le dialogue, l’argumentation et le respect réciproque.

Mateus Kanga conclut que la RDC a besoin d’un débat politique « élevé, responsable » et orienté vers la recherche de solutions aux préoccupations des citoyens.


RDC : MSF alerte sur une épidémie d’Ebola qui se déplace vers de nouvelles zones

La riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo est loin d’être terminée, alerte Médecins Sans Frontières (MSF). L’organisation estime qu’une baisse des admissions dans certains Centres de traitement Ebola (CTE) et un ralentissement local de la transmission ne suffisent pas à conclure à une maîtrise de l’épidémie.

Selon MSF, la situation demeure préoccupante, notamment en raison de l’apparition de nouveaux cas dans des zones où les capacités de préparation et de réponse restent limitées.

Une épidémie qui se déplace

« Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola (CTE) reçoivent moins de patients serait une erreur », affirme Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, dans la province de l’Ituri.

D’après lui, la situation semble actuellement ralentir en Ituri, considérée comme l’un des principaux foyers initiaux de l’épidémie. Toutefois, cette évolution locale ne refléterait pas la tendance observée à l’échelle nationale.

MSF souligne l’apparition de nouveaux cas dans le Sud-Ubangi, devenue la septième province touchée, ainsi que la progression de la maladie au Nord-Kivu. Cette dernière province représente désormais, selon l’organisation, près de la moitié des nouveaux cas confirmés, avec une hausse importante du taux de positivité ces derniers jours.

Pour MSF, le risque est d’autant plus important que des chaînes de transmission non détectées pourraient déjà être présentes dans certains foyers.

Plus de 7.200 cas confirmés et 3.500 décès

La RDC fait actuellement face, selon MSF, à sa plus importante épidémie de maladie à virus Ebola jamais enregistrée.

Depuis le mois de mai, plus de 7.200 cas confirmés et 3.500 décès ont été rapportés. L’organisation estime toutefois que le bilan réel pourrait être supérieur, en raison notamment des insuffisances dans la surveillance et la détection des cas.

Face à l’évolution de la situation, MSF indique avoir renforcé le déploiement de personnel et de ressources à travers des équipes de réponse rapide.

Ces équipes interviennent notamment dans la détection précoce des cas, la prise en charge des patients, la prévention et le contrôle des infections, le suivi des contacts, la surveillance épidémiologique ainsi que la sensibilisation et l’implication des communautés.

Des systèmes de santé déjà fragiles

MSF cite notamment la zone de santé de Bambu, où une équipe de réponse rapide est actuellement déployée.

Dans cette région, explique l’organisation, le système de santé est déjà confronté à un sous-financement chronique, à un déficit de personnel et à des capacités limitées pour orienter les patients vers des structures adaptées.

« L’épidémie pousse ces structures fragiles au-delà de leurs limites », souligne Anthony Kergosien.

Selon lui, les équipes de MSF assurent ainsi une réponse de première ligne afin de couvrir les besoins les plus urgents, dans l’attente d’un renforcement plus large du dispositif de riposte.

MSF appelle à renforcer la mobilisation internationale

L’organisation humanitaire estime toutefois qu’elle ne peut pas, à elle seule, faire face à l’expansion de l’épidémie.

MSF appelle ainsi à un renforcement significatif du soutien opérationnel des agences des Nations unies, en particulier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’objectif est de renforcer l’ensemble des piliers de la riposte, notamment dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels, où les capacités de réponse demeurent limitées.

Pour MSF, une mobilisation plus rapide et plus globale permettrait de déployer efficacement les équipes dans les nouvelles zones affectées, tout en garantissant aux communautés touchées l’accès aux services nécessaires pour interrompre les chaînes de transmission et contenir l’épidémie.


Fondation Chantal Massembo : une approche de proximité fondée sur l’écoute et l’accompagnement des communautés

La Fondation Chantal Massembo met en avant une approche de proximité destinée à mieux répondre aux besoins des populations africaines. Selon les informations communiquées par la Fondation, son réseau aurait déjà touché 98 millions de personnes à travers l’Afrique et disposerait d’une représentation dans plus de 28 pays africains.

Chantal Massembo est une militante écologiste, entrepreneure sociale et figure de l'engagement citoyen originaire de Brazzaville, en République du Congo. Elle est principalement reconnue pour son action en faveur du développement durable, des droits des femmes et de la lutte contre la pauvreté en Afrique.

À travers ce réseau, la Fondation affirme maintenir des contacts avec des représentants issus de différentes villes, villages et provinces. Ces relais locaux permettent aux communautés de faire remonter directement leurs préoccupations, leurs difficultés ainsi que les besoins auxquels elles sont confrontées au quotidien.

Placer l’écoute des communautés au cœur de l’action

Pour la Fondation Chantal Massembo, l’identification des besoins constitue une étape préalable à toute intervention. Son approche repose d’abord sur l’écoute des populations et le dialogue avec les acteurs locaux.

L’objectif est de comprendre précisément les problèmes rencontrés sur le terrain, d’identifier les besoins prioritaires et d’échanger avec les personnes directement concernées avant d’envisager l’accompagnement d’un projet.

Cette démarche vise notamment à éviter que les initiatives sociales soient conçues sans tenir suffisamment compte des réalités locales et des attentes des bénéficiaires.

Trois domaines d’intervention prioritaires

La Fondation indique concentrer notamment son action autour de trois secteurs prioritaires : l’éducation et la formation, la santé ainsi que la protection de l’environnement.

Dans le domaine de l’éducation et de la formation, l’accent est mis sur le développement des capacités et l’acquisition des compétences. La santé constitue également un axe majeur, compte tenu de son impact direct sur les conditions de vie des populations.

La protection de l’environnement complète ces priorités, avec une attention portée aux enjeux environnementaux auxquels les communautés africaines sont confrontées.

Une évaluation préalable avant tout financement

La Fondation précise que l’accompagnement financier d’un projet ne constitue pas le point de départ de son intervention. Avant toute décision, plusieurs éléments doivent être examinés.

Il s’agit notamment de déterminer le problème auquel le projet entend répondre, les bénéficiaires concernés, les objectifs poursuivis, les capacités de l’équipe chargée de sa mise en œuvre ainsi que les résultats attendus.

Cette phase d’analyse doit permettre de mieux apprécier la pertinence du projet et sa capacité à produire des résultats correspondant aux besoins identifiés sur le terrain.

Renforcer les capacités des porteurs de projets

Au-delà du financement, la Fondation Chantal Massembo met également en avant le renforcement des capacités des équipes et des porteurs de projets.

Elle défend l’idée qu’un investissement social efficace ne repose pas uniquement sur la disponibilité des ressources financières. La compréhension du problème, la connaissance des bénéficiaires et la capacité des acteurs locaux à mettre en œuvre et à suivre les projets sont également considérées comme des éléments essentiels.

La Fondation entend ainsi contribuer à rapprocher les communautés, les porteurs de projets et les partenaires financiers autour d’initiatives répondant aux réalités exprimées localement.

Rapprocher les communautés et les partenaires

À travers son réseau de proximité, la Fondation ambitionne de créer un lien entre les besoins exprimés par les populations et les ressources susceptibles de soutenir les initiatives locales.

Cette approche entend favoriser une meilleure adéquation entre les investissements sociaux et les priorités des communautés, en privilégiant une démarche fondée sur l’écoute, l’identification des besoins et l’accompagnement.

Pour la Fondation Chantal Massembo, cette philosophie se résume en quatre mots : « Écouter. Former. Accompagner. Agir ».


ADCN : Justin Dédé Kodoro célèbre les trois ans du parti à Gbadolite et appelle au dialogue national

L’Agir pour le Développement du Congo Nouveau (ADCN) a célébré, le samedi 19 septembre 2026 à Gbadolite, dans le Nord-Ubangi, le troisième anniversaire de sa création. La cérémonie s’est déroulée à la mythique Place de l’Unité, en présence d’une importante mobilisation populaire. Le président national et initiateur de l’ADCN, le député Justin Dédé Kodoro, a saisi cette occasion pour revenir sur le parcours de sa formation politique, mais aussi pour aborder plusieurs questions d’actualité nationale.

Après avoir salué les habitants de Gbadolite, Justin Dédé Kodoro a appelé les participants à un moment de recueillement en mémoire des personnalités disparues, notamment le Maréchal Mobutu Sese Seko.

Une minute de silence en mémoire de Mobutu

Évoquant le mois de septembre, marqué par le souvenir de la disparition de l’ancien président zaïrois, originaire de la région, le président de l’ADCN a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence.

Ce moment de recueillement a été présenté comme un hommage à la mémoire de Mobutu Sese Seko et à la place qu’il occupe dans l’histoire du Nord-Ubangi et de la République démocratique du Congo.

Justin Dédé Kodoro soutient l’initiative de dialogue national

Sur le plan politique, le président de l’ADCN s’est également exprimé sur l’initiative de dialogue entre les Congolais portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Justin Dédé Kodoro a apporté son soutien à cette démarche, dans un contexte marqué notamment par la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Pour le leader de l’ADCN, les consultations entre les filles et fils du pays doivent contribuer à rechercher des solutions aux crises qui affectent la RDC et à renforcer l’unité nationale ainsi que l’intégrité territoriale.

Le Nord-Ubangi veut faire entendre ses préoccupations

Justin Dédé Kodoro a toutefois insisté sur la nécessité de prendre en compte les réalités spécifiques de chaque province dans le cadre de ce dialogue.

Pour le Nord-Ubangi, plusieurs préoccupations devraient notamment être mises sur la table : l’état des infrastructures routières, le déficit d’opportunités économiques, le chômage des jeunes diplômés et, plus largement, les besoins de développement socio-économique de la province.

Le président de l’ADCN a annoncé la préparation d’un cahier des charges destiné à rassembler les principales revendications et attentes de la population du Nord-Ubangi.

Ce document devrait, selon lui, être porté auprès des autorités et des instances nationales afin que les préoccupations de cette partie du pays soient prises en compte dans les discussions nationales.

Trois ans après sa création

Trois ans après son lancement officiel, l’ADCN entend ainsi poursuivre son implantation à travers le pays, tout en mettant en avant les préoccupations locales dans le débat national. La célébration organisée à Gbadolite aura donc été à la fois un anniversaire politique, un moment de rassemblement populaire et une occasion pour Justin Dédé Kodoro de réaffirmer son positionnement en faveur d’une concertation nationale.


Biens mal acquis : Ali Bongo défend la mémoire de son père et conteste les termes employés par l’État gabonais

L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence, samedi 19 septembre 2026, pour réagir au dossier judiciaire français dit des « biens mal acquis ».

Dans une déclaration adressée aux Gabonais, il conteste principalement les observations formulées par la République gabonaise dans cette procédure, estimant qu’elles portent atteinte à la mémoire de son père, Omar Bongo Ondimba.

Une réaction centrée sur la mémoire d’Omar Bongo

Ali Bongo précise que sa prise de parole ne vise pas à remettre en cause le principe même de la procédure judiciaire. Il affirme que la justice doit poursuivre son travail devant les juridictions compétentes.

Son intervention porte plutôt sur les termes employés par l’État gabonais à l’égard de son père, ancien président de la République décédé en 2009.

L’ancien chef de l’État rappelle son lien filial avec Omar Bongo et affirme qu’il peut accepter que l’action politique de son père soit examinée et critiquée, sans accepter, selon lui, que sa mémoire soit bafouée.

Le Gabon partie civile dans la procédure

Cette sortie intervient dans un contexte de polémique sur la position actuelle de l’État gabonais dans cette affaire. La chronologie rappelle toutefois que la République gabonaise avait engagé sa démarche judiciaire avant le changement de pouvoir de 2023.

Selon des éléments rapportés par la presse gabonaise, l’État avait cherché à obtenir le statut de partie civile sous la présidence d’Ali Bongo. Après un premier refus en 2022, la Cour d’appel de Paris lui a reconnu cette qualité le 14 mars 2023, soit plusieurs mois avant la chute du régime d’Ali Bongo.

Juger l’action politique sans bafouer la mémoire

Dans sa déclaration, Ali Bongo établit donc une distinction entre l'examen de l'action politique d'Omar Bongo et ce qu'il considère comme une remise en cause de son honneur et de sa mémoire.

Il présente cette démarche comme celle d'un ancien président, mais aussi comme celle d'un fils souhaitant défendre la mémoire de son père. Il souligne par ailleurs qu’Omar Bongo appartient désormais à l’histoire du Gabon.

Ali Bongo ne s’est pas limité au dossier des biens mal acquis. Il a également annoncé une prochaine prise de parole destinée aux militants du Parti démocratique gabonais (PDG).

Cette intervention devrait porter sur l’organisation du parti, son unité et son avenir dans le nouveau contexte politique gabonais.

Sa déclaration du 19 septembre 2026 apparaît ainsi comme une première prise de position publique après plusieurs mois de silence, avant un développement annoncé sur l’avenir de sa formation politique.

Une controverse qui relance le débat sur l’héritage des Bongo

La réaction d’Ali Bongo intervient alors que le dossier des « biens mal acquis » ravive au Gabon les débats sur l’héritage politique, familial et patrimonial de l’ancien président Omar Bongo.

Elle a déjà suscité des réactions publiques, notamment celle de Serge Abessolo, qui a répondu à Ali Bongo en mettant l’accent sur la manière dont l’ancien président aurait préservé l’héritage de son père durant ses quatorze années au pouvoir.

Ces appréciations relèvent du débat politique et doivent être distinguées des éléments judiciaires établis dans la procédure.

Au cœur de cette controverse demeure donc une question distincte : d’un côté, la procédure judiciaire française et la défense des intérêts patrimoniaux de l’État gabonais ; de l’autre, la volonté d’Ali Bongo de préserver la mémoire de son père et de contester la formulation retenue par les autorités actuelles.


DPMER au Sud-Kivu : la société civile de Mwenga et Kamituga exige la traçabilité des recettes et refuse les paiements en espèces

La Société civile du peuple Mwenga/Kamituga hausse le ton contre les modalités de perception de la Direction provinciale de la mobilisation et de l’encadrement des recettes (DPMER) dans le territoire de Mwenga et la ville de Kamituga. Dans une dénonciation adressée à la Présidence de la République et au gouverneur du Sud-Kivu, elle demande que les recettes publiques soient versées par voie bancaire et réclame des explications sur leur utilisation.

Des interrogations sur la collecte des recettes

Dans sa correspondance, la Société civile du peuple Mwenga/Kamituga affirme s’opposer au paiement de la DPMER « dans les mains des individus ». Elle estime que les recettes publiques doivent être versées dans un circuit financier permettant leur traçabilité.

L’organisation interpelle ainsi les autorités provinciales et nationales sur l'identité des personnes chargées de collecter ces fonds, ainsi que sur leur destination.

« Un individu peut-il garder l’argent de Mwenga et Kamituga ? Si l’argent se perd, qui va nous rembourser ? », s’interroge-t-elle. La Société civile demande de connaître la banque destinataire des recettes, le numéro du compte utilisé ainsi que les mécanismes de contrôle et de justification des montants collectés. « Depuis 2025, vous collectez notre argent. Où est-il ? »

La société civile affirme que la perception des recettes se poursuit depuis 2025, sans que les populations ne disposent, selon elle, d'informations suffisantes sur les montants mobilisés et leur affectation. Elle demande aux autorités de publier les données relatives aux recettes collectées dans la région et de préciser leur destination dans les différents exercices budgétaires.

La Société civile soulève également une préoccupation concernant la prise en compte de Mwenga dans le budget provincial pour l'exercice 2026, estimant que le territoire ne bénéficie pas suffisamment des retombées des recettes perçues auprès de sa population.

Routes, électricité et transport : le sentiment d’abandon

Dans sa dénonciation, la Société civile dresse un constat particulièrement critique de la situation des infrastructures à Mwenga et Kamituga. Elle évoque l'état des routes, qu'elle juge très préoccupant, en faisant référence aux accidents impliquant des motocyclistes. Pour les auteurs de la correspondance, l'état des infrastructures routières constitue un problème majeur pour les déplacements des personnes et l'acheminement des biens.

L'organisation déplore également l'absence, selon elle, d'améliorations significatives dans le secteur de l'électricité. Sur le plan du transport, elle affirme que la moto demeure pratiquement le principal moyen de déplacement, notamment pour les populations qui doivent parcourir de longues distances dans une région où les infrastructures routières restent difficiles.

Les conducteurs des motos au centre des préoccupations

La Société civile demande par ailleurs aux autorités de mettre fin à ce qu'elle qualifie de « tracasseries » visant les motocyclistes.

Elle dénonce les opérations de bouclage ainsi que les multiples barrières installées sur la RN2, où, selon elle, des éléments des FARDC et de la PNC exigeraient quotidiennement 1.000 francs congolais aux motocyclistes.

Ces pratiques sont présentées comme une charge supplémentaire pour des conducteurs dont l'activité constitue, selon la Société civile, l'une des principales sources de mobilité et de revenus dans la région. « Laissez nos conducteurs des motos tranquilles, c’est notre seul espoir », plaide-t-elle.

Pas de banque à Mwenga, pas de paiement DPMER

Face à ces préoccupations, la Société civile du peuple Mwenga/Kamituga formule une revendication centrale : le paiement des recettes publiques par un mécanisme bancaire officiellement identifié et accessible à la population locale. Elle résume sa position par cette formule : « Pas de banque à Mwenga, pas de paiement DPMER ».

La Société civile appelle ainsi la Présidence de la République et le gouvernorat de la province du Sud-Kivu à clarifier le dispositif de perception des recettes, à garantir leur traçabilité et à renforcer les mécanismes de contrôle.

La dénonciation est signée par Frédéric Muyengo, présenté comme représentant de la Société civile du peuple Mwenga/Kamituga. Les griefs et chiffres avancés dans cette correspondance relèvent des déclarations de cette structure et appellent, pour leur vérification, des éléments de réponse des autorités provinciales et des services concernés.


Kadogo Mikobi : De Masimanimba à Wenge Musica Maison Mère, les révélations d'un parcours gravé par la musique

Repéré lors d’un concert dans son Kwilu natal, Kadogo Mikobi est revenu en détail sur ses quatre années passées au sein du groupe emblématique Wenge Musica Maison Mère. Entre souvenirs de scène, retour au pays et profonde gratitude envers son mentor Werrason, l'artiste congolais se livre sans détour sur son expérience et la suite de sa carrière.

Un parcours gravé par la musique : Kadogo Mikobi se confie à la Gazette du Continent sur son passage chez Wenge Musica Maison Mère. De son vrai nom Samy Mikobi, l'artiste musicien Kadogo Mikobi, originaire de Masi-Manimba dans la province du Kwilu, se livre dans un entretien à cœur ouvert. Découvert à l'origine dans sa région natale lors d'un concert avant d'intégrer Kinshasa et l'orchestre Wenge Musica Maison Mère de Werrason, il revient sur ses quatre années et demi au sein du groupe, les raisons de son retour dans sa terre natale, ainsi que la profonde reconnaissance qu'il garde envers son ancien leader.

Kadogo, bonjour.

Kadogo Mikobi : Bonjour, monsieur le journaliste.

Lorsque Werrason est venu jouer à Masi-Manimba, vous vous êtes fait remarquer. Comment cela s’est-il passé pour que Werrason vous découvre ?

Kadogo Mikobi : Merci, monsieur le journaliste, pour la question. Quand Werrason m'a découvert pour m'amener dans Maison Mère, c'était parce qu'à Masi-Manimba, j'avais un petit talent qu'il a remarqué. On n'emmène pas quelqu'un par hasard ; ils ont entendu mon talent, et c'est ainsi qu'ils m'ont retiré de Masi-Manimba pour m'amener à Kinshasa. J'ai fait 4 ans et demi à Kinshasa, à La Zamba.

Où vous a-t-il exactement repéré ?

À Masimanimba, là où nous sommes. Il m'a repéré lors d'un concert en 2009 organisé par le député Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui avait fait venir Werrason. C'est là que Wera nous a vus. Nous étions trois personnes : mon camarade De Zebbass, mon autre camarade Elvis Mampuya, et moi-même. Eux sont restés là-bas, mais moi j'ai joué quelque trois ans après, et aujourd'hui je suis de retour à Masi-Manimba où j'évolue et continue de me battre en faisant de la musique.

Quelle chanson aviez-vous interprétée pour captiver Werrason au point qu'il vous emmène à Kinshasa ?

J'ai fait "confession intime" Watanabe Héritier. J'ai chanté cette chanson, c'était très bien, nous avons chanté ensemble avec les musiciens de Maison Mère. Ça m'a fait du bien, c'était un avantage et une progression dans le monde de la musique. J'ai vu que la musique pouvait m'orienter quelque part. Même si je suis revenu sans avoir enregistré de disque ni chanté sur un album, les connaissances acquises là-bas m'aident toujours. Je n'abandonnerai pas la musique, nous continuons à nous battre.

Vous avez donc fait 4 ans et demi dans Maison Mère ?

J'ai fait 4 ans et demi là-bas, jusqu'à mon retour vers 2012.

Pourquoi êtes-vous retourné à Masi-Manimba ?

Certains disent que ce sont les aléas du parcours. Parfois, quand un chemin ne donne pas ce qu'on espère, on revient au point de départ pour mieux préparer un autre voyage.

Avez-vous fui ou avez-vous décidé de partir ?

Je n'ai pas fui, personne ne m'a chassé. Là-bas, je n'ai pas été maltraité. C'est mon cœur et ma famille qui m'ont rappelé. À un moment donné, j'ai vu ma famille s'inquiéter. « Il est parti là-bas, il va devenir un fétichiste, il va nous oublier... ». Quand un enfant sort de la maison et que ça ne tourne pas bien, on comprend qu'il n'y aura pas de progression. C'est pourquoi j'ai pris du recul pour prendre soin de ma famille et de mes proches. Mais le lien est là ; même si aujourd'hui je dis que je rentre, ils me recevront. Personne ne m'a chassé et je ne suis en conflit avec personne.

Aviez-vous informé Werrason de votre retour à Masi-Manimba ?

Le patron ne le savait pas. J'étais en voyage et je suis venu à Masi-Manimba. Pendant mon absence, le groupe s'apprêtait déjà à venir jouer ici pour la deuxième fois. Le groupe est arrivé alors que j'étais déjà à Kinshasa. Trois jours après mon arrivée à Kinshasa, le groupe est parti. Souvent, après un concert, il y a deux ou trois jours de pause. Cette pause a créé un malentendu, le groupe est parti et je suis resté à Kinshasa. C'est ainsi que je n'ai pas pu les voir pour la deuxième fois. Mais Werrason reste mon père. Je lui envoie beaucoup de salutations, que Dieu le bénisse. La notoriété que j'ai aujourd'hui, c'est grâce à lui et au député Tryphon Kin-kiey Mulumba. Aujourd'hui, si tout le monde connaît le nom de Samy, c'est grâce à Werrason.

Pendant que vous étiez ici à Masi-Manimba, étiez-vous en contact avec des musiciens de Wenge Musica Maison Mère ?

Oui, j'avais les numéros de De Zebbass, d'Elvis, de Paradis Solo, de mon grand frère Kambuya, de Nicolas... Mais j'ai perdu ma carte SIM. Quand j'aurai à nouveau ces numéros, nous reprendrons contact. Mais nous sommes une famille ; si je vais à Kinshasa, nous nous verrons et nous parlerons.

Mais qu'est-ce qui a fait que vous reveniez à Masi-Manimba sans même en informer votre patron ou la direction du groupe ?

Ce qui s'est passé... c'était parfois la peur de me présenter devant le président pour lui dire que je rentrais, car le bilan n'était pas encore celui espéré. On se dit qu'on risque de perturber le programme. Je suis venu dans l'idée qu'ils étaient déjà à Masi-Manimba pour leur deuxième tournée. Malheureusement, quand je suis arrivé, le concert était déjà fini. Passer dans les médias pour parler de ça aurait créé des polémiques, alors j'ai préféré rester discret.

Quels souvenirs gardez-vous de vos 4 ans et demi au sein de Wenge Musica Maison Mère ?

Il y en a beaucoup ! Le grand souvenir, ce sont les connaissances musicales que j'ai développées là-bas. J'ai appris auprès des anciens et des prêtres de la musique. En tant que musicien venu de province, j'ai volé un peu de leur savoir-faire. Aujourd'hui, grâce à ça, j'ai pu ouvrir mon salon de coiffure qui me fait vivre, et j'ai créé un espace culturel "La Zamba" à Masi-Manimba. C'est un cadre aménagé avec kiosques, podium, congélateur... Tout cela vient des idées et de l'expérience acquises là-bas. Je n'en suis pas sorti les mains vides.

Pouvez-vous nous rappeler votre identité et vos origines dans le secteur de Kitoy ?

Je m'appelle Samy Mikobi. Je suis né dans le secteur de Kitoy, mon territoire est Masi-Manimba, ma province est le Kwilu. Je suis un fils du terroir, un Mbala de Masi-Manimba.

Quand vous êtes revenu de Kinshasa après votre passage chez Maison Mère, certains dans le village ont eu peur de vous...

(Sourire) Pourquoi ont-ils eu peur ? Ils se disaient « qu'il revient de chez Werrason, qu'est-ce qu'il est venu chercher ? » Les gens racontent toutes sortes d'histoires. Ils ont paniqué dans la famille, se demandant ce que je transportais dans mes bagages. Alors que moi, je suis juste venu pour arranger les choses avec mes oncles, mes mères, mes pères, et faire la paix.

Mais à votre arrivée au village maternel, beaucoup de gens ont fui dans la brousse ?

Ils ont fui en me prenant pour un mystique parce que j'avais changé de look et que je revenais de chez Werrason ! Certains disent que Werrason utilise la magie. Je leur dis toujours : ne salissez pas le nom du patron ! Ce n'est pas de la magie, c'est de la stratégie et du travail.

Depuis votre retour, avez-vous fait du mal à quelqu'un dans la famille ?

Je n'ai fait de mal à personne. Je n'ai pas cette pensée. Chacun mourra de son propre sort. Je ne suis rentré dans la maison de personne pour faire du mal. Ma richesse, c'est la connaissance. Je suis chrétien, je fréquente l'église et je prie.

Un mot pour Werrason et les fans de Wenge Musica Maison Mère qui vous écoutent ?

À Maison Mère, à mon père Werrason : un grand merci. L'honneur et le respect que j'ai aujourd'hui à Masi-Manimba, c'est grâce à lui et au député Tryphon Kin-kiey Mulumba. Je ferai une chanson de reconnaissance pour me souvenir du jour où Wera m'a vu pour la première fois à Masi-Manimba. Que Dieu lui donne longue vie. Wenge est notre école. À maman Sylvie Mapata, Exaucée, Gladys, maman Linda, et à vous tous : merci pour la connaissance que vous avez mise en moi.


Journée internationale de la paix : la SFPS appelle à renforcer la place des femmes dans les processus de paix en RDC

À l’occasion de la Journée internationale de la paix 2026, la Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité (SFPS) organise, les 21 et 22 septembre 2026 à Kinshasa, deux journées consacrées à la reconnaissance du rôle des femmes et des filles dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix en République Démocratique du Congo.

Placée sous le thème « Femmes et filles : investir dans la paix, reconnaître celles qui la construisent », cette initiative s’inscrit dans le thème international « Investir dans la paix – Pour toutes et tous, partout, chaque jour ».

La SFPS, qui regroupe plus de 150 organisations et réseaux féminins, entend également renouveler son engagement en faveur de la mise en œuvre du Plan d’action national (PAN) 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.

Les femmes doivent être autour de la table

Représentant la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, la conseillère en genre Marie-Rose Mangwaa Ingoy a salué l’engagement des femmes congolaises dans les processus de paix. Elle a souligné que, depuis l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, les femmes ne doivent plus être considérées uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices de paix, de résilience et de transformation sociale.

La représentante de la ministre a appelé à poursuivre les efforts pour renforcer leur participation à la prévention des conflits, au dialogue, à la prise de décision et à la consolidation de la paix.

Julienne Lusenge : reconnaître les « héroïnes dans l’ombre »

Pour Julienne Lusenge, point focal de la SFPS, les femmes jouent quotidiennement un rôle essentiel dans les communautés affectées par les conflits, notamment dans l’Est de la RDC.

Elle estime toutefois que leur contribution reste insuffisamment reconnue dans les processus de décision. « On ne peut pas construire la paix sans la présence des femmes », a-t-elle insisté, appelant à leur participation effective à toutes les étapes des discussions sur la paix.

La SFPS prévoit également de mettre à l’honneur des « héroïnes dans l’ombre », ces femmes qui, souvent loin des projecteurs, contribuent à résoudre des conflits communautaires, protéger des vies et maintenir la cohésion sociale.

ONU Femmes appelle à capitaliser l’expérience congolaise

De son côté, Catherine Ondimba, représentant ONU Femmes, a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les femmes et de capitaliser les expériences acquises au fil des processus de paix en RDC.

Elle a notamment évoqué l’expérience de Sun City et appelé à davantage de dialogue intergénérationnel, à la valorisation de l’expertise des femmes et à la transmission de leurs acquis aux nouvelles générations.

Pour ONU Femmes, cette dynamique doit également s’appuyer sur une culture de paix, à travers le dialogue, les comportements pacifiques et la diffusion de ces valeurs dans les communautés.

Une mobilisation nationale autour de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité

Ces deux journées réunissent des femmes leaders, médiatrices, jeunes femmes, organisations de la société civile, réseaux de paix et représentantes des 26 provinces de la RDC, aux côtés d’acteurs religieux, des médias, du secteur privé et de partenaires institutionnels.

La SFPS souhaite notamment lancer une campagne nationale de sensibilisation sur la participation des femmes et des filles à la paix et à la sécurité, en s’appuyant sur les résolutions 1325 et 2250.

L’initiative vise enfin à renforcer les synergies autour du PAN 1325 et à rendre davantage visibles les contributions des femmes à la prévention des conflits, à la protection des communautés et à la consolidation de la paix en RDC.


Kongo Central : un journaliste dénonce des violences et des humiliations lors de son interpellation

Le journaliste Roger Nsingulu, correspondant d’Infobascongo.com à Kimpese, affirme avoir été interpellé et violemment brutalisé par des policiers samedi 19 septembre  2026 après-midi à son domicile. Selon son témoignage, les agents, engagés dans une opération de bouclage présentée comme visant des personnes soupçonnées de consommation ou de vente de chanvre, l’auraient accusé à tort avant de l’extraire de sa maison.

Roger Nsingulu dit avoir été insulté, frappé, menotté et conduit à travers plusieurs quartiers de Kimpese, notamment les quartiers 4, 3 et 1. Ses vêtements auraient été déchirés et il aurait été contraint de circuler pieds nus et torse presque nu, sous le regard des habitants.

Des propos attribués aux policiers

Roger Nsingulu rapporte également que certains policiers lui auraient tenu des propos menaçants au cours du trajet. Ils auraient affirmé compter parmi eux des « Kuluna » et reproché aux journalistes de les critiquer sur les antennes. Le journaliste affirme avoir également été traité de « vagabond » et d’« abruti ». Il dit avoir vécu cette interpellation comme une humiliation particulièrement grave du fait que ses enfants auraient été témoins de la scène.

Interrogatoire sans procès-verbal

Arrivé au poste de police vers 18 heures, Roger Nsingulu affirme avoir été maintenu au sol avant d’être interrogé par le responsable du poste. Selon lui, aucun procès-verbal n’a été établi au cours de cet interrogatoire. Il affirme finalement avoir été libéré sans qu’aucune charge ne lui soit officiellement signifiée.

La corporation des journalistes annonce des actions

De retour à son domicile, le journaliste a alerté ses confrères. Un groupe de journalistes s’est rendu sur place pour recueillir son témoignage et documenter les traces de l’interpellation. La corporation des journalistes du territoire de Songololo envisage, selon Roger Nsingulu, de saisir les autorités compétentes et de déposer une plainte à Mbanza-Ngungu. Un délai de 48 heures aurait été envisagé pour obtenir des explications et des suites de la part des autorités.

À défaut, les journalistes annoncent d’autres actions, une suspension temporaire des émissions radiophoniques dans le territoire de Songololo, suivie éventuellement d’un sit-in et du dépôt d’un mémorandum. Les accusations formulées par Roger Nsingulu restent à confronter aux explications de la police et aux conclusions d’une éventuelle enquête.

 


dimanche 20 septembre 2026

ADCN : Justin Dédé Kodoro célèbre les trois ans du parti à Gbadolite et appelle au dialogue national

L’Agir pour le Développement du Congo Nouveau (ADCN) a célébré, le samedi 19 septembre 2026 à Gbadolite, dans le Nord-Ubangi, le troisième anniversaire de sa création. La cérémonie s’est déroulée à la mythique Place de l’Unité, en présence d’une importante mobilisation populaire. Le président national et initiateur de l’ADCN, le député Justin Dédé Kodoro, a saisi cette occasion pour revenir sur le parcours de sa formation politique, mais aussi pour aborder plusieurs questions d’actualité nationale.

Après avoir salué les habitants de Gbadolite, Justin Dédé Kodoro a appelé les participants à un moment de recueillement en mémoire des personnalités disparues, notamment le Maréchal Mobutu Sese Seko.

Une minute de silence en mémoire de Mobutu

Évoquant le mois de septembre, marqué par le souvenir de la disparition de l’ancien président zaïrois, originaire de la région, le président de l’ADCN a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence.

Ce moment de recueillement a été présenté comme un hommage à la mémoire de Mobutu Sese Seko et à la place qu’il occupe dans l’histoire du Nord-Ubangi et de la République démocratique du Congo.

Justin Dédé Kodoro soutient l’initiative de dialogue national

Sur le plan politique, le président de l’ADCN s’est également exprimé sur l’initiative de dialogue entre les Congolais portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Justin Dédé Kodoro a apporté son soutien à cette démarche, dans un contexte marqué notamment par la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Pour le leader de l’ADCN, les consultations entre les filles et fils du pays doivent contribuer à rechercher des solutions aux crises qui affectent la RDC et à renforcer l’unité nationale ainsi que l’intégrité territoriale.

Le Nord-Ubangi veut faire entendre ses préoccupations

Justin Dédé Kodoro a toutefois insisté sur la nécessité de prendre en compte les réalités spécifiques de chaque province dans le cadre de ce dialogue.

Pour le Nord-Ubangi, plusieurs préoccupations devraient notamment être mises sur la table : l’état des infrastructures routières, le déficit d’opportunités économiques, le chômage des jeunes diplômés et, plus largement, les besoins de développement socio-économique de la province.

Le président de l’ADCN a annoncé la préparation d’un cahier des charges destiné à rassembler les principales revendications et attentes de la population du Nord-Ubangi.

Ce document devrait, selon lui, être porté auprès des autorités et des instances nationales afin que les préoccupations de cette partie du pays soient prises en compte dans les discussions nationales.

Trois ans après sa création

Trois ans après son lancement officiel, l’ADCN entend ainsi poursuivre son implantation à travers le pays, tout en mettant en avant les préoccupations locales dans le débat national. La célébration organisée à Gbadolite aura donc été à la fois un anniversaire politique, un moment de rassemblement populaire et une occasion pour Justin Dédé Kodoro de réaffirmer son positionnement en faveur d’une concertation nationale


ONU : Judith Suminwa représentera la RDC à la 81ème Assemblée générale à New York

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, représentera la RDC à la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue à New York, aux États-Unis, du 22 au 26 septembre 2026, selon un communiqué de la Primature publié le dimanche 20 septembre 2026.

Mandatée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cheffe du gouvernement prendra part aux travaux de haut niveau de cette rencontre annuelle qui réunit les États membres de l’ONU.

La 81ème session de l’Assemblée générale s’est officiellement ouverte le 8 septembre 2026 et s’étendra jusqu’au 7 septembre 2027.

Sa semaine de haut niveau se déroule du 22 au 28 septembre 2026, avec le débat général consacré aux principales préoccupations internationales.

Paix, sécurité et coopération internationale au centre des échanges

D’après la Primature, Judith Suminwa portera la voix de la RDC sur plusieurs dossiers internationaux, notamment la paix et la sécurité, le développement durable, la coopération internationale et le renforcement du multilatéralisme.

Cette participation intervient dans un contexte international marqué par plusieurs crises et défis, parmi lesquels les conflits, les inégalités, les urgences climatiques et les interrogations sur l’efficacité du système multilatéral.

La thématique officielle de cette 81ème session est de « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ». Ce thème est également celui retenu par le président de la 81ème session, le Bangladais Khalilur Rahman.

Des rencontres bilatérales annoncées en marge de l’Assemblée générale

En marge des travaux de l’Assemblée générale, la Première ministre congolaise doit également participer à plusieurs rencontres bilatérales.

Selon la Primature, ces échanges devraient réunir des partenaires de la RDC ainsi que différents interlocuteurs susceptibles de contribuer au renforcement de la coopération avec Kinshasa.

Les discussions devraient porter sur des secteurs considérés comme prioritaires pour le pays : la paix, la sécurité, le développement, les investissements et les partenariats économiques.

La semaine de haut niveau de l’ONU constitue traditionnellement un important cadre de rencontres entre dirigeants et représentants des États membres.

Pour l’édition 2026, l’ONU annonce des échanges consacrés à la paix, au développement durable, au climat, à la santé et à la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Kinshasa veut faire entendre sa voix sur la scène internationale

À travers la participation de Judith Suminwa, le gouvernement congolais affirme vouloir faire entendre la voix de la RDC au sein de la communauté internationale, défendre ses intérêts et consolider ses différents partenariats, conformément aux engagements du pays au sein des Nations unies.

La Primature présente ainsi cette participation comme une occasion pour la RDC de poursuivre ses échanges avec ses partenaires internationaux et de renforcer sa coopération dans plusieurs domaines stratégiques.

La 81ème Assemblée générale intervient par ailleurs alors que l’ONU place la question de la confiance dans le multilatéralisme au cœur de sa nouvelle session. Le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a identifié parmi ses priorités la paix et la sécurité, le développement durable, l’action climatique, les droits humains, les nouvelles technologies et le renouvellement du multilatéralisme.

La Première ministre Judith Suminwa devrait donc porter la position officielle de la RDC lors de cette importante séquence diplomatique internationale, tout en multipliant les contacts bilatéraux à New York.