Le
Groupe de la Banque mondiale a organisé le 29 septembre 2026 à Kinshasa une
consultation sectorielle réunissant les acteurs de l’entrepreneuriat, de
l’industrie et de l’investissement. Cette rencontre s’inscrit dans la
préparation du prochain Cadre de partenariat pays (CPF) entre la RDC et la
Banque mondiale, qui couvrira la période 2027-2036.
La
consultation vise à recueillir les propositions des pouvoirs publics, du
secteur privé, des institutions financières et des structures d’accompagnement
afin d’identifier les priorités qui guideront l’intervention de la Banque
mondiale au cours des dix prochaines années.
Les
travaux ont été ouverts par Justin Kalumba Mwana-Ngongo, ministre de
l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, assurant également l’intérim du
ministre de l’Industrie, et Albert G. Zeufack, directeur des opérations de la
Banque mondiale pour la RDC.
Faire
du secteur privé un moteur de la transformation économique
Les
échanges portent sur l'accès au financement, la croissance des PME,
l'industrialisation, l'amélioration du climat des affaires, l'attractivité des
investissements et la création d'emplois.
Albert
G. Zeufack a souligné les contraintes qui continuent de freiner le
développement du secteur privé congolais, notamment l'informalité, la faiblesse
de la capitalisation des entreprises, les difficultés d'accès au crédit, aux
marchés, aux équipements et aux technologies, ainsi que les insuffisances en
infrastructures et en compétences entrepreneuriales.
Selon
lui, la Banque mondiale a déjà mobilisé plus de 850 millions de dollars
américains en RDC dans les domaines de la finance, de la compétitivité et de
l'investissement. Ces interventions auraient contribué à la création de
milliers d'entreprises et de plus de 15.000 emplois, dont 43 % au bénéfice des
femmes.
Le
ministre plaide pour des réformes et de meilleurs outils de suivi
Justin
Kalumba Mwana-Ngongo a insisté sur la nécessité de construire un partenariat fondé
sur des réformes cohérentes et des résultats mesurables.
Le
ministre a plaidé pour la simplification de la création d'entreprises, y
compris dans les zones éloignées de Kinshasa, grâce à la dématérialisation des
procédures.
Il a
également appelé à mieux suivre la durée de vie des entreprises, les emplois
créés et leur contribution à l'économie nationale.
Il a
par ailleurs relevé les difficultés auxquelles sont confrontés les petits
entrepreneurs, notamment les femmes exerçant dans le secteur informel et ayant
un accès limité aux financements.
Une
relance industrielle à consolider
Sur
le volet industriel, le ministre a évoqué une évolution du nombre d'unités
industrielles opérationnelles en RDC. Selon les données qu'il a citées, le pays
serait passé de 525 unités industrielles recensées en 2017 à 1.014 unités
opérationnelles en décembre 2025, sur un total de 1.226 unités industrielles
recensées.
Pour
Justin Kalumba, cette progression doit toutefois être consolidée par des
politiques adaptées aux réalités des différentes provinces. Il préconise une
approche reposant sur des pôles industriels, des zones économiques et des
corridors capables de concentrer les infrastructures, l'énergie et les
investissements.
Le
ministre a également appelé à davantage de cohérence entre les interventions de
l'État, des bailleurs de fonds et des partenaires techniques.
La
propriété intellectuelle au cœur des réformes
Autre
priorité évoquée, c'est la réforme du système de propriété intellectuelle.
Justin Kalumba estime que la protection des inventions et innovations
congolaises doit accompagner les investissements dans les infrastructures
physiques.
Il a
plaidé pour une meilleure protection de la propriété industrielle, des droits
d'auteur et des droits voisins, afin de permettre aux jeunes innovateurs
congolais de valoriser leurs créations.
Un
CPF sur dix ans
Les
recommandations issues de cette consultation doivent contribuer à l'élaboration
du prochain Cadre de partenariat pays RDC-Banque mondiale. Ce document
stratégique définira les principaux axes de coopération entre les deux parties
pour la période 2027-2036, ainsi que les domaines dans lesquels la Banque
mondiale concentrera ses appuis financiers, techniques et analytiques.
Le
processus de préparation prévoit des consultations avec les institutions
publiques, le secteur privé, la société civile et les partenaires au
développement.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire