Les
anciens agents et cadres de Lignes aériennes congolaises (LAC), réunis au sein
du Collectif de défense des droits des travailleurs de la compagnie, ont
organisé, jeudi 1er octobre 2026, un sit-in devant le ministère du Portefeuille
à Kinshasa. Ils réclament la reprise du processus de liquidation, le paiement
de leurs pensions de retraite et le règlement de leurs décomptes finaux.
Cette mobilisation intervient alors que, selon le collectif, aucun paiement n'aurait été effectué depuis décembre 2025 dans le cadre de la liquidation de la compagnie. Les anciens travailleurs demandent au gouvernement de prendre des mesures urgentes face à une situation qu'ils qualifient de préoccupante.
Le collectif réclame des avancées dans la liquidation des LAC
Prenant la parole au terme de l'action, Léonard Kinsembe, secrétaire général et porte-parole du Collectif de défense des droits des travailleurs de la LAC, a expliqué que le sit-in visait principalement à obtenir des informations sur l'évolution des différents dossiers concernant les anciens agents.
Selon lui, l'absence de paiements depuis plusieurs mois aggrave la précarité des anciens travailleurs, dont certains attendent depuis plusieurs années le règlement de leurs droits.
« Ça fait depuis décembre 2025 jusqu'à aujourd'hui qu'il n'y a eu aucun paiement qui est intervenu au niveau de la liquidation », a-t-il déclaré, ajoutant que l'absence de ventes dans le cadre du processus de liquidation suscite également des inquiétudes au sein du collectif.
Léonard Kinsembe affirme que les travailleurs des LAC ont traversé une longue période de difficultés. Il évoque plus de douze années d'attente et déclare que plus de 3.500 anciens travailleurs seraient décédés durant cette période.
La pension de retraite au cœur des revendications
Le collectif souhaite voir aboutir rapidement le dossier relatif aux pensions de retraite. D'après Léonard Kinsembe, les représentants des anciens travailleurs ont été informés qu'un protocole d'accord serait en préparation entre le ministère des Finances, le ministère du Portefeuille et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Cet accord devrait permettre de finaliser le mécanisme devant conduire au règlement de la question des pensions.
«
Nous avons été informés également qu'il y a un protocole d'accord qui est déjà
dans les pipes pour être signé entre le ministère des Finances, le ministère du
Portefeuille et la CNSS ».
Le collectif appelle ainsi le ministère des Finances à accélérer l'examen de ce dossier, estimant qu'un paiement des pensions constituerait une première réponse urgente à la situation des anciens agents.
Une demande d'acompte sur les décomptes finaux
Outre les pensions, les anciens travailleurs réclament également le versement d'un acompte sur leurs décomptes finaux.
Selon le collectif, une créance certifiée serait déjà engagée dans la chaîne de la dépense. Les représentants des anciens agents demandent donc au ministère des Finances de permettre la libération des fonds nécessaires.
L'objectif, explique Léonard Kinsembe, est d'obtenir dans un premier temps une solution palliative permettant de soulager les anciens travailleurs, dans l'attente du règlement progressif et intégral de leurs droits.
Le collectif invoque à ce sujet l'article 110 du Code du travail, qu'il considère comme fondement légal du paiement des décomptes finaux dus aux travailleurs.
Le dossier foncier de Kimpoko
Les revendications concernent également un dossier foncier situé à Kimpoko, dans la commune de Maluku. Le collectif affirme que les anciens travailleurs ont, depuis plusieurs années, engagé des démarches en vue de l'acquisition et de la répartition d'un terrain destiné aux agents des LAC. Selon Léonard Kinsembe, les frais liés à cette opération auraient déjà été payés.
Le principal obstacle resterait l'obtention d'un arrêté de morcellement permettant de poursuivre le processus et de distribuer les parcelles aux bénéficiaires.
« Ça fait 12 ans que nous courons derrière un arrêté de morcellement », a-t-il déploré, faisant également état de risques d'expropriation qui pèseraient sur les terrains concernés.
Le collectif appelle ainsi la ministre des Affaires foncières à examiner ce dossier et à prendre les mesures nécessaires pour permettre aux anciens travailleurs de jouir de leurs droits fonciers.
Des immeubles concernés par le processus de liquidation
Les anciens agents des LAC demandent également des éclaircissements sur la vente des biens immobiliers de l'entreprise dans le cadre de sa liquidation.
Selon leur porte-parole, certains immeubles feraient l'objet de situations de spoliation. Le dossier aurait été transmis au ministre d'État, ministre de la Justice, auprès duquel le collectif attend des mesures permettant de faire évoluer la situation.
Pour les représentants des travailleurs, la clarification de la situation des biens des LAC est importante, ces actifs devant contribuer au processus de liquidation et, par conséquent, au règlement des droits des anciens agents.
Les travailleurs demandent davantage d'implication dans la liquidation
Au-delà des questions financières et foncières, le collectif réclame une participation plus étroite des représentants des travailleurs au processus de liquidation.
Léonard Kinsembe estime que la liquidation, présentée comme étant menée à l'amiable, devrait associer toutes les parties concernées, notamment les représentants des anciens travailleurs.
Pour le collectif, leur participation permettrait d'améliorer la circulation de l'information auprès des bénéficiaires et de réduire les tensions liées au manque d'informations sur l'évolution des dossiers.
« L'information quand même est capitale », a insisté le porte-parole, qui plaide pour davantage de transparence et de redevabilité dans la conduite du processus.
Plusieurs ministères interpellés
À l'issue de leur démarche au ministère du Portefeuille, les anciens agents des LAC indiquent avoir obtenu des explications auprès d'un collaborateur de la ministre, faute d'avoir pu rencontrer directement la ministre.
Ils saluent les informations communiquées sur l'évolution de leurs dossiers, tout en appelant désormais les ministères des Finances, de la Justice et des Affaires foncières à agir sur les dossiers relevant de leurs compétences.
Le collectif souhaite en particulier voir avancer simultanément les dossiers des pensions de retraite, de l'acompte sur les décomptes finaux, des biens immobiliers et du terrain de Kimpoko.
Après plus d'une décennie d'attente, les anciens travailleurs des LAC demandent ainsi au gouvernement des mesures concrètes pour permettre le règlement progressif de leurs droits.
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