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mercredi 5 août 2026

Après sa démission d'Ensemble pour la République, Sona Kamitatu consulte José Endundo avant un nouveau combat politique

Quelques jours après avoir annoncé sa démission d'Ensemble pour la République, Sona Kamitatu prend la parole pour expliquer le sens de son choix et esquisser la suite de son parcours politique.

Dans une lettre adressée au président du parti, Moïse Katumbi, elle affirme avoir pris cette décision après « une longue réflexion », estimant que le cadre actuel du parti ne lui permet plus de défendre les valeurs qui ont motivé son engagement politique.

« Je préfère me retirer sans amertume plutôt que de demeurer sans conviction », écrit-elle, tout en exprimant sa gratitude envers le parti et son président pour la confiance qui lui a été accordée au fil des années.

Un engagement politique qu'elle dit inchangé

Sona Kamitatu rappelle avoir commencé son parcours politique très jeune au sein de l'Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC), avant de rejoindre Ensemble pour la République.

Selon elle, son départ ne signifie pas un renoncement à ses convictions.

Elle affirme vouloir poursuivre son combat pour les libertés publiques, la démocratie ainsi que pour une plus grande participation des jeunes et des femmes à la gestion des affaires publiques.

Elle insiste sur le fait que cette décision ne constitue ni un désaveu personnel ni une rupture avec les responsables du parti, mais résulte d'une évolution de son appréciation du contexte politique.

José Endundo, première étape de son nouveau parcours

Dans un message publié sur X après sa démission, Sona Kamitatu révèle avoir choisi de rencontrer José Endundo Bononge avant d'entamer une nouvelle étape de son engagement.

Elle présente l'ancien ministre et président du Comité des sages d'Ensemble pour la République comme une figure majeure de la vie politique congolaise et un patriarche influent de l'espace Grand Équateur.

Sona Kamitatu retrace son parcours, rappelant ses responsabilités à la tête d'entreprises publiques sous le régime Mobutu, son passage dans les mouvements politico-militaires, notamment le RCD et le MLC, son implication dans les négociations politiques ayant conduit aux accords de paix, ainsi que la création du Parti démocrate chrétien.

Quatre leçons pour une nouvelle génération

Sona Kamitatu affirme avoir retenu quatre enseignements de José Endundo durant leur collaboration au Sénat, peser dans le jeu politique sans fermer les portes au dialogue ; assumer son identité sans tomber dans le communautarisme ; privilégier la force des arguments plutôt que le rapport de force ; construire des institutions durables plutôt que rechercher des avantages immédiats.

Elle indique vouloir faire de ces principes le socle de son action politique.

Le pari d'une nouvelle génération politique

Sona Kamitatu annonce désormais vouloir mener son combat avec les femmes et les hommes de sa génération, qu'elle décrit comme celle ayant grandi dans « le Congo des occasions manquées ».

Elle dit aspirer à un pays où la Constitution est respectée, où les élections déterminent véritablement l'alternance politique et où les jeunes ainsi que les femmes occupent une place réelle dans les instances de décision.

Sans dévoiler sa prochaine destination politique, l'ancienne sénatrice laisse entendre qu'elle entend poursuivre son engagement dans un nouveau cadre, tout en revendiquant l'héritage des alliances et des valeurs qui ont marqué son parcours.


RN2 au Sud-Kivu : SKD SAS rejette les accusations d'un député et défend la légalité de ses travaux

La société Kivu Développement SAS (SKD SAS) a publié un démenti officiel en réaction à la note de dénonciation et d'alerte à la vigilance adressée le 4 août 2026 au vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur par le député national Trésor Lutala Mutiki.

Dans ce document, l'entreprise affirme maintenir intégralement la position exprimée dans ses communiqués des 29 et 31 juillet 2026. Elle rejette notamment les accusations selon lesquelles ses représentants auraient appelé la population à se retourner contre les élus ou accusé les autorités de Kinshasa de détruire le pays.

Selon SKD SAS, les propos tenus visaient uniquement certains membres des Wazalendo que l'entreprise estime manipulés, et non l'ensemble de la population.

La société défend la légalité du partenariat avec le Sud-Kivu

Sur le plan administratif, SKD SAS soutient que le protocole de partenariat public-privé (PPP) conclu avec la province du Sud-Kivu pour la réhabilitation de la Route nationale n°2 (RN2), sur le tronçon Bukavu-Lwino, est conforme à la Constitution.

L'entreprise rappelle que l'article 203 de la Constitution confère à la fois au pouvoir central et aux provinces des compétences en matière de construction et d'entretien des routes d'intérêt national.

Elle estime également que l'autorisation accordée en mai 2026 par le vice-gouverneur du Sud-Kivu, agissant comme gouverneur intérimaire, respecte le principe de continuité de l'administration publique.

Concernant les critiques sur son statut, SKD SAS affirme que ses statuts lui permettent d'exécuter des travaux de génie civil et de construction d'infrastructures routières. Elle réfute également les accusations d'exploitation minière illégale à Tubimbi.

Financement et perception de carburant : SKD apporte ses précisions

La société indique que les travaux sont financés par son représentant, Me Asaph Wenda Lukangyela, dans le cadre d'un contrat PPP signé en janvier 2025 avec la province du Sud-Kivu.

À propos des contributions en carburant réclamées aux transporteurs, SKD SAS affirme qu'il ne s'agit pas d'une taxe obligatoire. Selon elle, cette initiative est née d'un partenariat avec l'Association des transporteurs pour le développement au Congo (ATDCO), dont les membres auraient accepté volontairement de fournir deux bidons de carburant par voyage pendant trois jours afin de soutenir les travaux.

L'entreprise assure par ailleurs qu'aucune taxe n'est perçue par SKD SAS et que l'évolution du chantier est régulièrement communiquée aux autorités compétentes.

Des accusations sécuritaires qualifiées de "contre-vérités"

Face aux soupçons de liens avec la rébellion du M23 et d'éventuels intérêts miniers dans les zones sous tension, SKD SAS dément catégoriquement toute collaboration avec des groupes armés.

L'entreprise affirme qu'aucune preuve n'étaye les accusations formulées par le député Mutiki et soutient que les travaux de réhabilitation ont débuté en janvier 2025 dans des zones alors sous contrôle gouvernemental.

Elle précise que ses engins sont stationnés depuis cette période à la paroisse catholique de Mukasa, à Kasika, et rejette également les allégations concernant une prétendue installation irrégulière de ressortissants étrangers ou un financement du terrorisme.

Une polémique aux relents politiques

Dans son démenti, SKD SAS estime que les accusations portées contre elle relèvent davantage d'un différend politique que d'éléments factuels.

La société accuse le député Trésor Mutiki de chercher à bloquer un projet de désenclavement du territoire de Mwenga pour des considérations politiques et électorales.

Elle soutient que les attaques viseraient également son représentant, Me Asaph Wenda Lukangyela, présenté comme un acteur engagé dans le développement de la région.

Enfin, SKD SAS rappelle que le député Mutiki avait lui-même, par le passé, entrepris des travaux de réhabilitation de ponts sur la RN2 ainsi que des travaux d'entretien de l'aérodrome de Manungu, s'interrogeant sur les autorisations administratives dont il disposait alors.

L'entreprise conclut en réaffirmant sa disponibilité à fournir aux autorités tous les documents relatifs à son existence légale, à son immatriculation et au partenariat conclu avec la province du Sud-Kivu.


dimanche 2 août 2026

VAR4 : plus de 10.000 jeunes attendus à Kinshasa pour promouvoir une « Jeunesse ya BONNE QUALITÉ »

L'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa accueillera, le 9 août 2026, la quatrième édition de Du Virtuel au Réel (VAR4), un événement organisé par Team Booster Digital et Miteka Advertising.

Placée sous le thème « Jeunesse ya BONNE QUALITÉ », cette rencontre ambitionne de promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux, la citoyenneté numérique et l'entrepreneuriat chez les jeunes.

Au fil des éditions, VAR4 s'est imposé comme l'un des plus importants rassemblements de la jeunesse numérique en République Démocratique du Congo.

La communauté compte aujourd'hui 10.732 membres, parmi lesquels des créateurs de contenus, entrepreneurs, étudiants et professionnels, représentant une audience cumulée de plus de 32 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. Plus de 10.000 participants sont déjà inscrits pour cette nouvelle édition.

Une édition axée sur la sensibilisation et les bonnes pratiques du numérique

Lors d'une conférence de presse organisée le 1er août 2026 à Kinshasa, les organisateurs ont dévoilé les principales innovations de cette édition.

Jonathan Botolikissi, membre du comité d'organisation, a expliqué que l'événement renforcera son volet de sensibilisation en abordant plusieurs enjeux d'actualité.

Outre les échanges sur la réputation numérique, la citoyenneté digitale, les droits et devoirs des internautes ou encore l'entrepreneuriat, des sessions seront consacrées à la sensibilisation sur l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en RDC, à l'hygiène, ainsi qu'au projet Genocost porté par le FONAREV.

L'objectif est également de montrer aux jeunes que les réseaux sociaux peuvent devenir un véritable outil de création d'opportunités, de développement personnel et de réussite professionnelle, au-delà de leur simple utilisation quotidienne.

Des personnalités et partenaires mobilisés

La journée réunira plusieurs personnalités issues des institutions publiques, du secteur privé et des organisations internationales.

Parmi les intervenants figurent Jean Goubald Kalala, Benji4, Christian Bosembe, des représentants des ministères de la Justice et de l'Économie numérique, du FONAREV, du PNUD, de l'UNICEF, de l'Office national du tourisme ainsi que de l'ambassade des États-Unis en RDC.

L'entrepreneur Ernest Kaninda assurera le parrainage de cette quatrième édition, qui bénéficie également du soutien d'Airtel RDC, de Novotel Kinshasa et d'autres partenaires.

Une rencontre gratuite pour bâtir une communauté engagée

Au-delà des conférences et ateliers, VAR4 se veut également un espace de rencontre entre des milliers de jeunes qui échangent habituellement sur les plateformes numériques. Des prestations artistiques et des activités de réseautage ponctueront la journée, qui se déroulera de midi jusqu'en soirée. L'accès à l'événement sera entièrement gratuit, seules les consommations sur place étant payantes.

Selon les organisateurs, les trois premières éditions ont permis de créer une véritable communauté d'internautes engagés.

Cette année, plus de 10.000 jeunes ont déjà généré leur badge d'adhésion via le portail officiel de l'événement, un indicateur qui, selon eux, témoigne de l'adhésion croissante au message de promotion d'une utilisation responsable du numérique et d'une jeunesse porteuse de valeurs positives.


Route Kisangani–Ubundu : la NSCC Tshopo conteste les déclarations du Maniema sur le financement des travaux

La polémique enfle autour de la réhabilitation de l'axe stratégique, quelques jours après l'annonce de l'arrivée à Kindu du premier lot de marchandises ayant emprunté la route Kisangani–Ubundu. Les déclarations dgouverneur de province du Maniema sur le financement des travaux suscitent une vive réaction.

La Coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de la Tshopo affirme que la réhabilitation de cet axe stratégique n'a pas été financée exclusivement par le Gouvernement provincial du Maniema, contrairement aux affirmations relayées dans les médias.

Dans une déclaration signée le 2 août 2026, son coordonnateur provincial, Ir Djey Amisi Yatonga, dénonce ce qu'il qualifie de communication contraire à la réalité des faits.

La NSCC évoque un projet lancé par le Gouvernement central

Selon la NSCC Tshopo, les travaux de réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu ont été officiellement lancés par le Gouvernement central de la République Démocratique du Congo. L'organisation estime donc que l’autorité provinciale du Maniema ne peut revendiquer un financement exclusif de ce chantier.

Elle reconnaît néanmoins que le Gouvernement provincial du Maniema a apporté un appui à l'entreprise chargée des travaux afin de renforcer les moyens d'exécution et d'accélérer la réhabilitation de cette infrastructure, essentielle pour les échanges entre les provinces de la Tshopo et du Maniema.

Une route à fort impact économique

La réouverture progressive de la route Kisangani–Ubundu est considérée comme un tournant économique majeur pour le Maniema. Le premier bateau ayant acheminé des marchandises à Kindu via cet axe a ravivé l'espoir d'une baisse des coûts de transport et, par conséquent, des prix des produits de première nécessité.

Les opérateurs économiques anticipent notamment une diminution du prix du ciment, actuellement vendu autour de 40 dollars américains le sac à Kindu, ainsi que des baisses sur le carburant, le sel, les barres de fer et d'autres marchandises. Cette route devrait également faciliter l'évacuation des produits agricoles et renforcer les échanges commerciaux entre les deux provinces.

Des recommandations pour préserver les travaux

Face à la polémique, la NSCC Tshopo appelle les autorités du Maniema à recadrer leur communication afin qu'elle reflète fidèlement la réalité du financement du projet, dans un esprit de transparence et de collaboration institutionnelle.

Cette organisation de la société civile invite également les populations et les transporteurs à patienter jusqu'à l'achèvement complet des travaux avant une reprise normale du trafic, estimant que la circulation sur des portions encore non compactées pourrait accélérer leur dégradation.

Elle recommande par ailleurs à l'entreprise chargée des travaux d'accélérer le chantier afin de soulager les populations, tout en demandant aux autorités de la Tshopo et du territoire d'Ubundu d'assurer un suivi rigoureux de l'exécution des travaux et du respect des normes techniques.

La NSCC réaffirme son engagement pour la transparence

En conclusion, la Coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) Tshopo réaffirme son engagement à défendre la vérité, à promouvoir la transparence dans la gestion des projets publics et à veiller à la préservation des intérêts des populations, tout en reconnaissant l'importance stratégique de la réhabilitation de la route Kisangani–Ubundu pour le développement économique de la Tshopo et du Maniema.


Genocost 2026 : Le Sud-Kivu exige la fin de « l'économie du sang »

En ce 2 août 2026, journée commémorative du Genocost, la République Démocratique du Congo s'incline devant la mémoire de millions de compatriotes fauchés par plus de trois décennies de conflits.

Cette année, la société civile du Sud-Kivu par la voix de Me Néné Bintu Iragi, présidente du Bureau de Coordination provinciale de la Société Civile du Sud-Kivu, porte un message central : les massacres perpétrés à l'Est du pays sont indissociables du pillage des ressources naturelles.

Les minerais du sang : le vrai moteur des massacres

Les tueries en RDC ne sont pas des actes aveugles. Elles répondent à une logique de prédation. On tue pour s'accaparer les terres du Kivu, voler le coltan, l'or, le cuivre ou le cobalt, et contrôler les routes commerciales.

Derrière chaque vie humaine fauchée se cache l'exploitation illégale d'une mine, d'une forêt ou d'un champ. Face à cette tragédie, la société civile rappelle une vérité absolue en disant que la vie des Congolais a plus de valeur que toutes les richesses du sous-sol. Le développement du pays ne pourra jamais se bâtir sur des fosses communes.

Justice et réparations : les immenses défis du FONAREV

Reconnaître le Genocost exige des actions concrètes pour les survivants. Il est urgent d'indemniser les familles, de reconstruire les villages détruits, de scolariser les orphelins et de soigner les traumatisés.

Face à l'ampleur systémique de ces crimes, le Fonds National des Réparations des Victimes (FONAREV) fait face à des défis colossaux et doit intensifier ses efforts pour répondre aux attentes légitimes des communautés meurtries.

Souveraineté économique : Industrialiser pour briser le cycle 

La fin des violences passe par une rupture économique radicale. La société civile appelle l'État congolais et la communauté internationale — particulièrement les États-Unis et la Chine — à appliquer une traçabilité stricte des minerais et à sanctionner sévèrement les réseaux mafieux.

La solution durable réside dans l'industrialisation locale : transformer les ressources sur place pour créer des emplois dignes, tout en sécurisant les défenseurs des droits humains qui dénoncent ces pillages.

Un appel à la jeunesse pour un Congo souverain

Le Bureau de Coordination de la société civile du Sud-Kivu réaffirme son engagement à perpétuer le devoir de mémoire, à dénoncer la prédation et à accompagner les victimes.

Le message adressé à la jeunesse est un appel à la résistance constructive : bâtir une RDC nouvelle où la richesse ne coûtera plus jamais de vies humaines. Le Congo appartient aux Congolais, et le peuple refuse désormais la paix des cimetières.


GENOCOST 2026 : une tribune retrace trente ans de conflits dans l'est de la RDC et appelle au devoir de mémoire

À l'occasion de la Journée nationale de commémoration du GENOCOST, célébrée le 2 août 2026, le politologue congolais Julien Paluku Kahongya publie une tribune consacrée à l'évolution des conflits armés dans l'est de la République Démocratique du Congo depuis le milieu des années 1990.

Intitulé « Guerre à l'Est de la RDC : 30 ans de tragédie, la chronologie pour comprendre le GENOCOST », le texte entend offrir des repères historiques, particulièrement à la jeunesse congolaise, afin de mieux comprendre les origines et les conséquences des violences qui ont marqué le pays depuis près de trois décennies.

Une chronologie des principales étapes du conflit

L'auteur revient d'abord sur les événements ayant précédé les guerres du Congo, notamment l'ouverture politique au Zaïre au début des années 1990, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, l'arrivée massive de réfugiés rwandais dans l'est de la RDC et les bouleversements sécuritaires qui s'en sont suivis.

La tribune retrace ensuite la première guerre du Congo, l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en 1997, puis le déclenchement de la deuxième guerre du Congo le 2 août 1998. Elle évoque également les massacres commis dans plusieurs localités de l'est du pays, notamment à Kasika et Makobola, ainsi que les différentes rébellions qui se sont succédé, du RCD au CNDP, puis au M23.

Julien Paluku revient également sur les accords de paix, les périodes de transition politique et les développements intervenus sous les présidences de Joseph Kabila et de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Une analyse axée sur les enjeux sécuritaires et économiques

Selon Julien Paluku Kahongya, les différents mouvements armés apparus dans l'est de la RDC s'inscrivent dans une continuité historique qu'il associe à des stratégies d'occupation, de déstabilisation et d'exploitation des ressources naturelles du pays.

La tribune soutient que le concept de « GENOCOST » renvoie au coût humain des conflits liés aux enjeux économiques et géopolitiques, marqués par des massacres, des déplacements forcés de populations, des violences sexuelles et des destructions d'infrastructures.

L'ex-gouverneur du Nord-Kivu estime que ces événements doivent conduire les Congolais à renforcer leur vigilance, à préserver la mémoire collective et à tirer les leçons de l'histoire.

Un plaidoyer pour la mémoire et la justice

Dans son texte, Julien Paluku Kahongya salue l'institution de la Journée nationale du GENOCOST par le Président Félix-Antoine Tshisekedi, qu'il présente comme une étape importante dans la reconnaissance des souffrances endurées par les populations congolaises.

Il affirme que cette commémoration doit contribuer à transmettre l'histoire aux jeunes générations, à lutter contre l'oubli et à renforcer les réflexions sur la gouvernance, la sécurité nationale et la défense de l'intégrité territoriale.

La tribune se conclut par un appel au devoir de mémoire, à la vigilance citoyenne et à une meilleure compréhension des causes profondes des conflits qui continuent d'affecter l'est de la République Démocratique du Congo.


Mongala : une ONG dénonce de graves violations des droits des Pygmées et porte plainte contre des militaires, des policiers et une société forestière

L'Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a saisi les autorités judiciaires et militaires d'une plainte visant des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que la société d'exploitation forestière Booming Green. L'ONG les accuse d'avoir commis de graves violations des droits des peuples autochtones Pygmées dans le territoire de Bongandanga, en province de la Mongala.

Une intervention armée après un conflit autour des droits communautaires

Dans sa dénonciation, l'AJBS affirme que les tensions trouvent leur origine dans l'absence de cahier des charges social entre la société Booming Green et les communautés locales de Mongo-Yakata, dans le secteur de Boso-Simba. Selon l'organisation, cette situation prive les populations des retombées de l'exploitation forestière de leurs terres ancestrales et alimente depuis plusieurs années un climat de contestation.

L'ONG explique que les communautés avaient entrepris des actions pacifiques pour réclamer l'ouverture d'un dialogue, notamment en bloquant temporairement la circulation des véhicules de l'entreprise.

Elle soutient toutefois que, le 22 juillet 2026, la société aurait fait appel aux forces de sécurité plutôt que de privilégier une solution concertée.

Des accusations de torture, de pillages et de détentions arbitraires

Selon l'AJBS, l'intervention des éléments des FARDC et de la PNC aurait été marquée par un usage excessif de la force. L'organisation affirme que plus de seize coups de feu auraient été tirés pour disperser les habitants, provoquant la panique au sein des communautés, notamment parmi les femmes, les enfants et les personnes âgées.

La plainte fait également état d'actes de torture, de traitements cruels, de pillages d'habitations et de destructions de biens. L'ONG cite notamment le cas de Boengela Kombe, qui aurait subi de graves violences ayant entraîné la perte de deux dents.

Deux membres de la communauté, Boengela Kombe et Ifefo Monganga, auraient par ailleurs été arrêtés sans procédure régulière. Selon l'AJBS, ils auraient d'abord été retenus par une autorité locale avant d'être détenus plusieurs jours dans les installations de Booming Green, puis transférés au sous-commissariat de Yakata, où ils seraient toujours détenus.

L'AJBS réclame des poursuites et la fermeture d'un cachot présumé

L'organisation se dit particulièrement préoccupée par l'existence présumée d'un lieu de détention au sein des installations de l'entreprise forestière, qu'elle considère comme une violation grave de l'État de droit et de la loi sur la protection des peuples autochtones Pygmées.

Dans sa plainte, l'AJBS demande notamment la libération immédiate des deux personnes détenues, l'ouverture d'une enquête judiciaire et militaire indépendante, l'identification et la poursuite des auteurs présumés, la protection des victimes et des témoins, ainsi que la fermeture de tout lieu de détention illégal qui existerait dans les installations de Booming Green.

L'ONG sollicite également une réparation intégrale des préjudices subis par les victimes et affirme rester disponible pour collaborer avec les autorités afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

À ce stade, les personnes et entités mises en cause n'ont pas publiquement réagi à ces accusations.


samedi 1 août 2026

Décès de Marie Louise Ilomba Ekanga : disparaît à 107 ans la muse de Wendo Kolosoy, immortalisée dans la chanson « Marie Louise »

Le ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale a annoncé le décès de Marie Louise Ilomba Ekanga, survenu le 21 juillet 2026 au Home des vieillards de Kintambo, à Kinshasa. Elle s'est éteinte à l'âge de 107 ans.

Connue simplement sous le nom de « Marie Louise », elle est entrée dans l'histoire de la musique congolaise comme la muse et la compagne de Antoine Wendo Kolosoy. Elle était également la sœur du guitariste Henri Bowane, autre grande figure de la musique congolaise.

La femme qui a inspiré un classique de la musique africaine

Marie Louise Ilomba Ekanga restera à jamais associée à la chanson « Marie Louise », enregistrée en 1948 par Wendo Kolosoy avec Henri Bowane. Considérée comme l'un des premiers grands succès de la rumba congolaise, cette œuvre a marqué l'histoire de la musique africaine et contribué au rayonnement culturel du Congo bien au-delà de ses frontières.

Au fil des décennies, son nom est devenu indissociable de cette chanson mythique, qui demeure une référence incontournable du patrimoine musical congolais.

Un héritage culturel qui traverse les générations

La disparition de Marie Louise Ilomba Ekanga marque la fin d'un lien vivant avec les débuts de la rumba congolaise, aujourd'hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO. Son histoire rappelle une époque fondatrice de la musique moderne congolaise, portée par des artistes tels que Wendo Kolosoy et Henri Bowane.

Le ministère des Affaires sociales a salué la mémoire de cette figure historique, dont le nom restera gravé dans le patrimoine culturel national.

Programme des obsèques

Selon le communiqué officiel, les hommages seront rendus le samedi 1er août 2026, de 17 heures à 19 heures, au Home des vieillards de Kintambo. La veillée mortuaire est prévue le lundi 3 août 2026 dans la salle polyvalente La Grâce, à Matonge, dans la commune de Kalamu.

L'inhumation interviendra le mardi 4 août 2026 au cimetière de Kintambo.


Ordonnances judiciaires : une organisation salue la promotion des femmes magistrates et réaffirme son engagement pour une justice d'excellence

L'Académie des Femmes Magistrates pour l'Émergence d'un État de Droit (AFMEED) a salué la publication, le 28 juillet 2026, des ordonnances présidentielles portant organisation judiciaire. Ces textes, signés par le Président de la République en sa qualité de Magistrat suprême, consacrent la nomination de plusieurs chefs de juridictions et de parquets ainsi que la promotion en grade de nombreux magistrats.

Dans un communiqué publié le 31 juillet 2026 à Kinshasa, l'AFMEED a adressé ses chaleureuses félicitations aux femmes magistrates ayant bénéficié de ces nominations et promotions, estimant qu'elles récompensent leur mérite, leurs compétences et leur professionnalisme.

Un appel à l'exemplarité dans l'exercice des nouvelles fonctions 

L'organisation considère que ces distinctions traduisent la volonté des autorités de promouvoir une justice plus performante, inclusive et fondée sur l'excellence. Elle encourage les nouvelles responsables à exercer leurs fonctions avec indépendance, intégrité, impartialité, compétence et un profond sens du service public afin de renforcer le pouvoir judiciaire et de consolider l'État de droit en République Démocratique du Congo.

L'AFMEED réaffirme son soutien à la magistrature 

Fidèle à sa mission, l'AFMEED réitère son engagement à accompagner les magistrats à travers des formations continues, des journées scientifiques, des séminaires et des activités de vulgarisation de la science juridique. L'organisation affirme vouloir contribuer à l'émergence d'une magistrature d'excellence, capable de répondre aux exigences de la justice moderne.

Elle a enfin renouvelé sa disponibilité à collaborer avec les institutions judiciaires pour améliorer durablement la qualité de la justice au bénéfice des justiciables.

dimanche 26 juillet 2026

Nord et Sud-Kivu : 41 survivantes de violences sexuelles décrochent leur diplôme d'État grâce à un programme du PNUD

Quarante-et-une survivantes de violences basées sur le genre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont obtenu leur diplôme d'État grâce à un programme soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD-RDC), avec l'appui du gouvernement du Canada et de la République de Corée.

Pour le PNUD, cette réussite dépasse le simple cadre scolaire. Elle illustre l'importance d'investir dans l'éducation, la protection et la réinsertion socio-économique des survivantes afin de renforcer leur résilience, de favoriser leur relèvement et de contribuer à la consolidation de la paix dans les communautés affectées par les conflits.

Une réussite porteuse d'espoir

Malgré les traumatismes, les déplacements forcés et les nombreuses difficultés rencontrées, ces 41 jeunes femmes ont poursuivi leur parcours scolaire jusqu'à l'obtention de leur diplôme d'État.

Leur réussite symbolise, selon le PNUD, des parcours de vie reconstruits et un nouvel espoir pour leurs familles et leurs communautés.

L'éducation comme levier de résilience

L'agence onusienne souligne que l'accès à l'éducation constitue un outil essentiel pour permettre aux survivantes de retrouver leur autonomie, leur dignité et leur place dans la société. Chaque diplôme obtenu est présenté comme une victoire sur les violences subies et un pas vers un avenir plus stable.

Un accompagnement pour reconstruire des vies

Le programme a combiné un accompagnement psychosocial, des mesures de protection, un soutien à la scolarisation et des initiatives de réinsertion socio-économique.

Le PNUD estime que cette approche intégrée permet de transformer des parcours marqués par la violence en véritables histoires de résilience et de réussite.

À travers cette initiative, le PNUD, avec le soutien du Canada et de la République de Corée, réaffirme son engagement à accompagner les survivantes des violences basées sur le genre vers une reconstruction durable de leur avenir.

Maï-Ndombe : un notable de Mushie appelle à la révision des contrats fonciers et à la protection des communautés locales

La population du territoire de Mushie, dans la province du Maï-Ndombe, demande aux autorités nationales et provinciales d'intervenir afin de protéger les droits des communautés locales et de restaurer un climat de paix.

Dans une note de plaidoyer signée par le notable et opérateur culturel Gabriel Moz Massa, plusieurs préoccupations sont soulevées concernant l'exploitation des terres par la Société générale d'élevage et d'agriculture au Congo (SOGENAC).

Des contrats fonciers jugés dépassés

Le document rappelle que la société Jules Van Lancker (JVL) s'est installée à Mushie en 1966 grâce à des contrats conclus avec les chefs coutumiers de l'époque pour une durée de 25 ans renouvelable.

Selon les auteurs du plaidoyer, ces conventions n'ont jamais été réévaluées malgré les profondes évolutions sociales, démographiques et juridiques intervenues depuis leur signature.

Ils estiment également que les superficies actuellement exploitées par la SOGENAC dépasseraient les limites prévues dans les contrats initiaux, avec l'occupation de terres, de savanes et de forêts qui ne seraient pas couvertes par les accords d'origine.

Des griefs contre la SOGENAC

Le plaidoyer fait état de plusieurs préoccupations exprimées par les communautés locales. Parmi celles-ci figurent des restrictions d'accès à certaines zones forestières, des allégations de pollution des eaux par des pesticides, des difficultés d'accès aux terres agricoles, ainsi qu'une recrudescence des violences et des pillages.

Le document évoque également des conflits liés au braconnage qui auraient entraîné des pertes en vies humaines. Les auteurs demandent que des enquêtes soient menées pour faire toute la lumière sur ces faits.

Par ailleurs, la population déplore le manque d'investissements sociaux malgré la présence de longue date de l'entreprise, citant notamment l'insuffisance d'infrastructures scolaires, sanitaires et routières, ainsi que l'absence de services jugés bénéfiques pour les communautés.

Un appel à l'État pour restaurer la paix et la justice

Dans leur note, les signataires sollicitent la révision des contrats fonciers, une délimitation officielle des terres concernées, la restitution des espaces occupés au-delà des limites contractuelles, la protection de l'environnement et des villages, ainsi que la garantie de l'accès des populations à leurs terres et aux ressources naturelles.

Le document appelle également les autorités à enquêter sur les violences dénoncées et à prendre des mesures contre tout comportement discriminatoire portant atteinte à la dignité des populations.

Enfin, les auteurs du plaidoyer affirment que les habitants de Mushie ne sont pas opposés aux investissements privés, mais souhaitent que ceux-ci soient réalisés dans le respect de la loi, des droits des communautés locales et de l'environnement.

Ils demandent aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la paix, la sécurité et la justice dans le territoire de Mushie.

Riposte contre Ebola : Judith Suminwa renforce le soutien du Gouvernement en Ituri

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, vendredi 24 juillet 2026, une mission de terrain dans les zones de santé de Rwampara et de Mongbwalu, en Ituri, où sévit l'épidémie d'Ebola de souche Bundibugyo. À la tête d'une délégation réunissant le Gouvernement et les partenaires de la riposte, la Cheffe du Gouvernement est allée évaluer les dispositifs de prise en charge, encourager les équipes soignantes et réaffirmer l'engagement de l'État à contenir l'épidémie.

Rwampara, le symbole d'une riposte qui sauve des vies 

Première étape de la visite : le Centre de traitement d'Ebola (CTE) de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia. Après avoir observé le protocole sanitaire, Judith Suminwa a suivi, depuis la zone verte, le parcours de prise en charge des cas suspects et confirmés.

Le centre est aujourd'hui porteur d'espoir. Plusieurs patients y ont récemment été déclarés guéris, dont un nourrisson de 15 mois et sa mère. L'enfant est devenu le premier bébé officiellement guéri de cette flambée d'Ebola de souche Bundibugyo.

La visite de la Première ministre a été accueillie avec satisfaction par les habitants, qui y voient un signe de la mobilisation des autorités nationales.

« C'est une chance exceptionnelle de voir la Première Ministre venir elle-même ici, là où peut-être d'autres hésiteraient. Avec elle, nous savons qu'il y aura un changement », confie Jeannine Mabusi, membre de la société civile de l'Ituri.

Des moyens supplémentaires pour les équipes de la riposte

Au-delà du message de solidarité adressé aux soignants, Judith Suminwa a posé un acte concret en faveur des équipes engagées dans la lutte contre Ebola.

Confrontés quotidiennement aux opérations de dépistage, d'isolement, de prise en charge des malades, de suivi des cas contacts et de sensibilisation des communautés, les intervenants disposeront désormais de nouveaux moyens logistiques. La Première Ministre a procédé à la remise officielle d'une dizaine de véhicules tout-terrain au coordonnateur provincial de la riposte, le professeur Steve Ahuka, afin de renforcer la mobilité des équipes sur le terrain.

Mongbwalu, entre défis logistiques et détermination des soignants

La délégation gouvernementale s'est ensuite rendue à Mongbwalu, épicentre de l'épidémie, où le virus circule depuis près de deux mois.

Sur place, la Cheffe du Gouvernement a pris la mesure des contraintes qui compliquent les opérations : déficit en eau potable et en électricité, difficultés d'accès à certaines zones en raison de l'insécurité, poursuite des activités minières dans les secteurs affectés, résistances communautaires et précarité des relais communautaires.

Malgré ce contexte difficile, les équipes poursuivent leur mission. Le Centre de traitement d'Ebola de Mongbwalu a récemment enregistré la guérison d'un nourrisson âgé d'un mois, présenté à la Première Ministre au cours de sa visite.

Les ressources existent, la priorité est désormais la logistique

En échangeant avec les équipes de la riposte, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité de lever les derniers obstacles opérationnels afin d'améliorer l'efficacité de la réponse.

Selon elle, les financements mobilisés par le Gouvernement et ses partenaires permettent désormais de concentrer les efforts sur les besoins logistiques.

« Quand on regarde la mobilisation de fonds qui a été faite par le Gouvernement et au niveau des différents partenaires, on se rend compte que, d'un point de vue financier, nous n'avons pas de problème majeur. Maintenant, il faut s'assurer que toute la logistique est prise en charge : ambulances, approvisionnement en eau, oxygène, équipements pour les enterrements sécurisés, afin de couvrir toutes les zones affectées », a déclaré la Première ministre.

Renforcer la sensibilisation et protéger les populations vulnérables

Judith Suminwa a également appelé à intensifier la sensibilisation des communautés afin de favoriser leur adhésion aux mesures de prévention et de prise en charge.

Elle a, en outre, demandé un meilleur alignement des priorités entre les différents acteurs de la riposte et réaffirmé la volonté du Gouvernement d'améliorer les conditions de vie des familles installées dans les camps de déplacés, où la promiscuité favorise la transmission de la maladie.

Faire de cette épidémie un tournant pour le système de santé 

Au terme de sa mission en Ituri, la Première ministre a souligné que cette crise devait permettre à la République démocratique du Congo de renforcer durablement son dispositif de réponse aux urgences sanitaires.

Pour Judith Suminwa, l'expérience acquise dans la lutte contre Ebola doit servir à améliorer la préparation, la coordination et la capacité d'intervention du pays face aux futures épidémies.

Mongala : OLPA demande la réouverture immédiate de la radio La Voix de Bumba

L'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) a exigé le 24 juillet 2926 la réouverture de La Voix de Bumba, une radio privée émettant à Bumba, dans la province de la Mongala, après la fermeture de ses installations par la Police nationale congolaise.

Selon l'organisation de défense de la liberté de la presse, les locaux de la station ont été pris d'assaut et scellés le 21 juillet 2026 par des policiers agissant sur la base d'une réquisition signée par le gouverneur de la Mongala, Jean Collins Makaka Pap'ekaka.

Le gouverneur évoque des contenus jugés subversifs

Dans sa réquisition, l'autorité provinciale reproche à la radio de diffuser de manière répétée de fausses informations, des propos injurieux et diffamatoires à l'encontre des autorités publiques, ainsi que des messages susceptibles d'inciter à la haine, à la désobéissance civile, aux troubles à l'ordre public et de mener des campagnes jugées antipatriotiques.

La décision est intervenue peu après la diffusion de l'émission « Ligne 11 », au cours de laquelle le journaliste Crispin Ligbada a reçu des jeunes de Bumba ayant appelé à une mobilisation populaire prévue le 23 juillet 2026 pour réclamer la démission du gouverneur, qu'ils accusent de ne pas avoir respecté ses engagements en faveur du développement de la province.

OLPA dénonce une atteinte à la liberté de la presse 

Pour l'OLPA, la fermeture de La Voix de Bumba constitue une entrave à la libre circulation de l'information et une violation de la liberté de la presse garantie par la Constitution de la République Démocratique du Congo ainsi que par les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains.

L'organisation condamne cette interruption des émissions et appelle les autorités à lever les scellés afin de permettre à la radio de reprendre ses activités dans les plus brefs délais.

Un appel à la reprise des émissions 

Estimant que cette mesure porte atteinte au droit du public à l'information, l'OLPA demande la réouverture immédiate de La Voix de Bumba et le respect des garanties légales protégeant l'exercice du métier de journaliste en RDC.

RDC : le BCNUDH alerte sur une hausse de 26 % des violations des droits humains en mai 2026

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a publié le 24 juillet 2026 son rapport sur les principales tendances des violations des droits humains en République Démocratique du Congo pour le mois de mai 2026.

Le document met en évidence une nette dégradation de la situation sécuritaire, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, où les conflits armés continuent de faire de nombreuses victimes.

Au cours du mois de mai 2026, le BCNUDH a documenté 481 violations et atteintes aux droits humains, ayant touché au moins 1.188 victimes. Par rapport au mois d'avril, cela représente une augmentation de 26 % des violations et de 20 % du nombre de victimes.

Selon le Bureau, cette hausse est notamment liée à l'intensification odes attaques contre les civils menées par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Beni et Mambasa, ainsi qu'à la résurgence de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la province du Bas-Uélé.

Les provinces en conflit concentrent l'essentiel des violations

Le rapport indique que 393 violations, ayant affecté 886 victimes, ont été recensées dans oles provinces touchées par les conflits armés.

Dans les provinces non affectées par les combats, le BCNUDH a néanmoins documenté 88 violations et atteintes, concernant 302 victimes, notamment en raison des restrictions persistantes de l'espace civique.

Des violences sexuelles toujours préoccupantes

Le BCNUDH a recensé 40 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant fait 59 victimes, dont 33 femmes, 25 filles et un homme.

Le Nord-Kivu concentre près de 73 % des victimes, suivi du Sud-Kivu (15 %) et de l'Ituri (10 %).

Les acteurs étatiques sont mis en cause dans 46 % des cas, avec 27 victimes, dont 26 attribuées aux FARDC. Parmi les groupes armés, le M23 est cité comme le principal auteur présumé, avec 14 victimes.

Journalistes et défenseurs des droits humains toujours ciblés

Le rapport relève également la persistance des restrictions de l'espace civique. En mai 2026, le BCNUDH a documenté six violations visant des défenseurs des droits humains, des journalistes, des leaders communautaires et des acteurs de la société civile, pour un total de 22 victimes, dont 20 femmes.

Par ailleurs, sept cas de protection individuelle oont nécessité l'intervention du BCNUDH. Les menaces provenaient notamment d'éléments de l'AFC/M23, d'agents de la Police nationale congolaise (PNC), d'autorités judiciaires et des services de renseignement.

Grâce au plaidoyer du Bureau, huit défenseurs des droits humains ont bénéficié de mesures destinées à renforcer leur sécurité.

Des poursuites engagées contre militaires, policiers et civils

Dans le cadre de la lutte contre l'impunité, plusieurs procédures judiciaires ont été enregistrées au cours du mois de mai dans des affaires impliquant des militaires des FARDC, des policiers et des membres de groupes armés.

Au total, 66 poursuites ont été engagées contre cinq militaires des FARDC, cinq policiers et 56 civils. Ces procédures ont abouti à la condamnation de 49 personnes, dont cinq militaires des FARDC, cinq agents de la PNC et 39 civils, pour des faits de meurtre, viol, extorsion et autres violations graves des droits humains.

Le rapport précise que trois militaires des FARDC, trois policiers et quatre civils ont été condamnés à la peine de mort. Avec l'appui du BCNUDH, 23 victimes, dont 12 femmes, ont également bénéficié de mesures de protection judiciaire.

Ce rapport s'inscrit dans le mandat du BCNUDH consistant à surveiller la situation des droits humains en RDC et à partager régulièrement ses constats avec les autorités afin de favoriser des poursuites contre les auteurs présumés des violations.

Makala : le bourgmestre Kafelio Ngidia et le député Éric Tshikuma mobilisés pour renforcer la sécurité après les récents meurtres

À la suite des récents incidents meurtriers enregistrés dans les quartiers Tamba et Malala, dans la commune de Makala à Kinshasa, le bourgmestre Kafelio Ngudia Kabongo a présidé le 24 juillet 2026 une réunion élargie du comité local de sécurité afin d'évaluer la situation sécuritaire de la municipalité et de renforcer les mécanismes de prévention.

La rencontre a réuni les chefs de quartiers, les chefs de rues, des notables, les services de sécurité ainsi que le député national Éric Tshikuma.

Cette réunion intervient alors que plusieurs habitants restent préoccupés par les récents actes criminels signalés dans la commune, notamment le meurtre d'un habitant sur l'avenue Makala 15, dans le quartier Tamba.

Selon les informations rapportées, des individus non identifiés et cagoulés auraient fait irruption dans une résidence avant de commettre ce crime, relançant le débat sur la sécurité dans cette commune de la Funa.

Une situation sécuritaire jugée globalement maîtrisée

Conformément au décret portant création, organisation et fonctionnement des comités locaux de sécurité, les participants ont procédé à une analyse détaillée de la situation dans chacun des 18 quartiers de Makala.

À l'issue des échanges, le bourgmestre Kafelio Ngudia Kabongo a affirmé que l'autorité de l'État est aujourd'hui rétablie dans la quasi-totalité de la commune.

« Sur les 18 quartiers de Makala, 16 connaissent une situation sécuritaire stable. Le phénomène Kuluna appartient désormais au passé et l'ordre public est restauré », a-t-il déclaré.

L'autorité municipale a toutefois reconnu l'existence de certaines menaces ponctuelles, notamment des cas de tracasseries attribuées à des hommes armés se présentant comme des policiers ou des militaires ainsi que des actes criminels isolés.

Les enquêtes se poursuivent sur les meurtres de Tamba et Malala

Revenant sur les incidents récents, le bourgmestre a condamné des actes qu'il considère comme une tentative de remettre en cause les efforts consentis pour restaurer la sécurité dans la commune.

Il a annoncé que la commune et les familles concernées se constitueront partie civile afin d'obtenir que les auteurs soient identifiés, arrêtés et jugés.

« Ces actes ne doivent pas rester impunis. Nous voulons que les responsables répondent de leurs actes devant la justice », a-t-il insisté.

Kafelio Ngudia a également appelé les habitants à la vigilance, rappelant que la sécurité demeure une responsabilité collective.

Éric Tshikuma salue les progrès réalisés

Prenant part à la réunion, le député national Éric Tshikuma a salué la démarche initiée par les autorités communales et l'implication des acteurs de proximité dans l'évaluation de la situation sécuritaire.

Selon lui, les interventions des chefs de quartiers, des chefs de rues et des notables ont permis de dresser un état des lieux fidèle de la réalité sur le terrain.

« Nous avons constaté que le phénomène Kuluna n'existe pratiquement plus à Makala. Cependant, les récents meurtres ainsi que certaines tracasseries signalées par la population nécessitent une réponse ferme des autorités », a déclaré l'élu de la Funa.

Le député Tshikuma a promis de mener un plaidoyer auprès des instances compétentes afin d'accélérer les enquêtes et de garantir la sanction des auteurs des crimes.

Renforcement des patrouilles et accompagnement des familles

Pour prévenir de nouveaux incidents, le bourgmestre a annoncé le renforcement des patrouilles mixtes associant les forces de sécurité et les structures communautaires dans les zones considérées comme sensibles.

De son côté, Éric Tshikuma a indiqué qu'il se rapprocherait des familles touchées afin d'évaluer leurs besoins et les mécanismes d'assistance pouvant être mobilisés.

Il a également plaidé pour un accompagnement accru des victimes par les pouvoirs publics et pour la publication des résultats des enquêtes en cours.

D'autres défis identifiés

Au-delà des questions sécuritaires, la réunion a permis d'identifier plusieurs préoccupations soulevées par les habitants, notamment la pollution sonore, la délinquance juvénile et d'autres défis sociaux qui affectent le quotidien de la population.

PLes autorités communales et le pdéputé national se sont engagés à poursuivre leur collaboration afin de consolider les acquis sécuritaires et garantir un climat de paix dans l'ensemble de la commune de Makala.

Présence présumée de mercenaires français dans l'Est : des députés congolais annoncent un mémorandum à l'ambassade de France

Un collectif de députés nationaux issus de toutes les legislatures envisage de déposer un mémorandum à l'ambassade de France en République Démocratique du Congo afin de demander des explications sur la présence présumée de mercenaires français aux côtés de l'armée rwandaise et de la rébellion de l'AFC/M23 dans l'Est du pays.

À l'issue d'un échange avec le conseiller diplomatique de l'ambassade de France, le coordonnateur du collectif, Ntumba Tshabola Bintou, a indiqué que les diplomates français avaient proposé l'organisation d'une rencontre officielle avec l'ambassadeur afin d'examiner cette question.

« Nous sommes venus dénoncer la présence de mercenaires français sur le sol congolais. L'ambassade nous a demandé de ne pas nous limiter aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et de privilégier un échange officiel avec l'ambassadeur », a-t-il déclaré.

Le collectif réclame des clarifications

Selonble député Ntumba Tshabola Bintou, les députés souhaitent obtenir des informations précises avant de tirer des conclusions définitives.

Il affirme recevoir régulièrement des témoignages en provenance des zones affectées par le conflit et estime qu'il est nécessaire de confronter ces informations à la position officielle des autorités françaises.

Le collectif annonce qu'il adressera formellement une correspondance à l'ambassade de France en vue d'obtenir un rendez-vous dans les meilleurs délais.

Si la présence de ressortissants français engagés comme mercenaires était confirmée, les députés demandent leur arrestation et leur traduction devant les juridictions compétentes.

Une démarche élargie aux partenaires internationaux

Les initiateurs de cette démarche précisent qu'ils ne comptent pas limiter leurs actions à la représentation diplomatique française. Ils annoncent leur intention de poursuivre leurs démarches auprès d'autres partenaires internationaux qu'ils estiment susceptibles d'influencer une désescalade du conflit dans l'Est de la RDC.

Selon eux, la priorité demeure la fin des violences qui touchent les populations civiles depuis plusieurs décennies. 

Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des combats dans l'Est de la République Démocratique du Congo entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l'AFC/M23, un mouvement que Kinshasa accuse d'être soutenu par le Rwanda. Kigali rejette régulièrement ces accusations.

Ces derniers jours, des publications relayées sur les réseaux sociaux ont affirmé que des ressortissants français participeraient aux combats aux côtés de l'AFC/M23 et de l'armée rwandaise. À ce stade, ces allégations n'ont pas été étayées par des éléments de preuve rendus publics ni confirmées officiellement par les autorités françaises.

C'est dans ce contexte que le collectif de députés souhaite obtenir des explications directes de l'ambassade de France avant de poursuivre sa démarche.

Sud-Kivu : la société civile alerte sur une crise alimentaire à Ziralo et réclame une aide d'urgence

La coordination de Ziralo du Mouvement de la Société Civile du Congo (MSCO) appelle les autorités provinciales, le gouvernement central et les partenaires humanitaires à intervenir en urgence face à la dégradation de la situation alimentaire dans le groupement de Ziralo, situé dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.

Dans un plaidoyer, la société civile explique que les récents conflits armés ont provoqué le déplacement massif des populations, désorganisant l'économie locale. Les ménages qui regagnent progressivement leurs villages retrouvent des champs abandonnés, des réserves alimentaires épuisées ainsi que des outils agricoles pillés ou détruits.

La faim et la malnutrition gagnent du terrain

Selon le MSCO, de nombreuses familles vivent aujourd'hui dans une situation d'extrême précarité. Certaines passent plusieurs jours sans repas suffisant, faute de production agricole et de moyens de subsistance.

Cette organisation locale met également en garde contre l'aggravation de la malnutrition, notamment chez les enfants et les personnes âgées, tout en craignant que l'absence d'une réponse rapide n'enferme durablement les populations dans un cycle de pauvreté et de dépendance.

La société civile plaide pour une assistance et une relance agricole

Face à cette situation, le MSCO demande la réalisation urgente d'une évaluation multisectorielle afin d'identifier les besoins prioritaires et d'organiser une distribution ciblée de vivres aux ménages les plus vulnérables.

La coordination plaide également pour la mise en œuvre d'un programme de relance agricole comprenant la distribution de semences et d'outils aratoires, afin de permettre aux familles de reprendre les activités agricoles dès la prochaine saison culturale. 

Elle appelle enfin le gouvernement et les partenaires techniques et financiers à mieux coordonner leurs interventions pour garantir une assistance à tous les ménages de retour dans le groupement de Ziralo.

Un appel à ne pas abandonner Ziralo

Réaffirmant son engagement en faveur du rétablissement de la paix et du relèvement socio-économique dans le territoire de Kalehe, le MSCO estime que l'État et ses partenaires ont la responsabilité d'apporter une réponse rapide afin d'éviter une aggravation de la crise humanitaire qui frappe le groupement de Ziralo.