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vendredi 8 mai 2026

Martin Fayulu dénonce une « tentative de coup d’État constitutionnel » et met en garde contre un troisième mandat

Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, Martin Fayulu a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « tentative de coup d’État constitutionnel » à travers la proposition de loi référendaire portée par le professeur et député Paul Gaspard Ngondankoy.

Initialement convoquée pour dénoncer cette initiative parlementaire, la conférence de presse a également été l’occasion pour l’opposant congolais de réagir aux récentes déclarations du président Félix Tshisekedi lors de sa conférence de presse du mercredi précédent.

Fayulu critique la gestion de la crise sécuritaire

Dans son intervention, Martin Fayulu a dressé un tableau sombre de la situation que traverse actuellement la République Démocratique du Congo. Il a évoqué l’occupation de plusieurs localités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu par le Rwanda à travers le M23/AFC, les massacres perpétrés dans les zones non occupées par les ADF avec l’implication de l’Ouganda, ainsi que les millions de déplacés internes.

L’opposant a également dénoncé l’insécurité généralisée, les tensions persistantes aux frontières, la pauvreté, le chômage, ainsi que « le vol, la corruption et l’enrichissement sans cause de certains dirigeants ».

Selon lui, certaines déclarations du chef de l’État laissent craindre une volonté de se maintenir au pouvoir au-delà des échéances constitutionnelles de 2028. Martin Fayulu s’est interrogé sur les véritables bénéficiaires de la guerre dans l’Est du pays et sur l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Une proposition de loi jugée dangereuse

Au cœur de sa critique figure la proposition de loi référendaire du député Paul Gaspard Ngondankoy. Pour Martin Fayulu, ce texte constitue « un subterfuge destiné à permettre à Félix Tshisekedi de réaliser un véritable coup d’État constitutionnel ».

L’opposant estime que les articles 87 à 90 de cette proposition introduisent un mécanisme permettant de contourner les dispositions jugées intangibles par la Constitution, notamment celles protégées par l’article 220.

Selon lui, le recours à la notion de « dysfonctionnement majeur » ouvre la voie à une remise en cause des principes fondamentaux de la République. Il a rejeté l’idée selon laquelle des experts désignés par ordonnance pourraient se substituer à la souveraineté populaire et à la Constitution. « Aucune majorité, aucun consensus, aucune consultation ne peut rendre légal ce que la Constitution interdit », a-t-il martelé devant la presse.

« Barrer la route à un troisième mandat »

Martin Fayulu a rappelé que l’article 220 constitue, selon lui, une garantie essentielle pour préserver l’alternance démocratique, les libertés et l’équilibre des pouvoirs.

Il a appelé les députés nationaux à retirer purement et simplement les articles contestés de la proposition de loi, évoquant le précédent de janvier 2015 lorsque le Sénat avait rejeté une disposition controversée de la loi électorale à la suite de la mobilisation populaire.

L’opposant a également estimé que les promoteurs de cette initiative devraient répondre devant la justice pour atteinte à l’ordre constitutionnel.

Enfin, Martin Fayulu a assuré que « la majorité du peuple congolais » s’opposerait à toute tentative de troisième mandat de Félix Tshisekedi, comme cela avait été le cas, selon lui, sous Joseph Kabila.

Appel au dialogue national inclusif

Dans la conclusion de son intervention, Martin Fayulu a lancé un appel à la « sagesse » et au « sens des responsabilités » du président Félix Tshisekedi. Il a averti contre toute initiative susceptible, selon lui, de fragiliser la cohésion nationale et de favoriser la balkanisation du pays. « Le Congo est plus grand que nos ambitions personnelles. Le Congo doit rester un, indivisible et souverain », a-t-il déclaré, plaidant pour un dialogue national inclusif comme seule issue à la crise actuelle.


mercredi 6 mai 2026

Conférence de presse de Félix Tshisekedi : sécurité, Constitution, gouvernance et dialogue au cœur des échanges

Le Chef de l’État défend sa stratégie diplomatique et ouvre le débat sur la Constitution. Lors de sa conférence de presse tenue le 6 mai 2026 à Kinshasa, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a répondu sans détour aux questions des journalistes nationaux et internationaux sur la guerre dans l’Est de la RDC, les accords avec les États-Unis, la gouvernance, l’insalubrité à Kinshasa, les tensions politiques internes ainsi que le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle.

Pendant plusieurs heures, le Chef de l’État a défendu son action diplomatique face à l’agression rwandaise, justifié l’ouverture d’une réflexion sur la Constitution et rejeté les accusations de vouloir s’accrocher au pouvoir.

« Le Rwanda vivait du pillage des ressources congolaises »

Revenant sur les discussions diplomatiques engagées autour du conflit dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a estimé que les difficultés dans les négociations s’expliquent par les intérêts économiques que Kigali tirerait depuis plusieurs décennies de l’exploitation illégale des ressources congolaises.

Selon lui, « l’économie rwandaise vantée comme un modèle de gouvernance repose en réalité sur le pillage des ressources de la RDC ».

Le Président congolais a également dénoncé des complicités internationales ayant permis l’écoulement des minerais exploités illégalement avant de saluer les sanctions prises récemment contre Kigali.

Pour le Chef de l’État, les États-Unis jouent désormais un rôle central dans le processus de paix après les engagements signés à Washington.

« Les États-Unis n’accepteront pas que leur honneur et leur image soient compromis », a-t-il déclaré, affirmant que les parties signataires doivent respecter leurs engagements sous peine de sanctions.

Tshisekedi assume le choix de la diplomatie

Face aux critiques sur sa gestion de la guerre dans l’Est, le Président de la République a reconnu avoir initialement privilégié la voie diplomatique, expliquant avoir découvert une armée « infiltrée », « désorganisée » et insuffisamment équipée.

Il a admis avoir été mal informé sur les capacités réelles des Forces armées congolaises au début du conflit.

« On ne va pas à la guerre avec une armée totalement désorientée », a-t-il affirmé, évoquant des militaires sans équipements adéquats et une profonde infiltration ennemie au sein des FARDC à travers les anciens brassages et mixages militaires.

Félix Tshisekedi assure toutefois que l’armée congolaise est aujourd’hui « montée en puissance » grâce aux réformes engagées et aux investissements réalisés dans le secteur de la défense.

Le Chef de l’État a également justifié le recours à des partenaires internationaux, estimant que la diplomatie constitue « une autre arme » dans la recherche de la paix.

Révision constitutionnelle : « le débat ne doit pas être interdit »

Interrogé sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle et d’un troisième mandat, Félix Tshisekedi a rejeté les accusations de dérive autoritaire.

Le Président a rappelé que son parti avait déjà critiqué certains aspects de la Constitution depuis plusieurs années et estimé qu’aucun texte ne devait être considéré comme intouchable.

Selon lui, certaines réformes exigées dans le cadre du partenariat avec les États-Unis, notamment dans le secteur de la justice, nécessiteraient une adaptation de la Constitution.

« Le fait de regarder une Constitution pour se demander quel pays nous allons laisser aux générations futures n’est pas un crime », a-t-il déclaré.

Le Chef de l’État a toutefois insisté sur le fait qu’aucune réforme ne pourrait se faire sans consultation populaire, notamment par référendum.

« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat »

Concernant l’après-2028, Félix Tshisekedi affirme ne pas chercher à se maintenir au pouvoir.

« Je serai heureux de terminer mes deux mandats en laissant le pays sur de bons rails », a-t-il déclaré, tout en ajoutant que si « le peuple » lui demandait de poursuivre, il resterait « à sa disposition ».

Le Président a cependant averti qu’en cas de poursuite de la guerre, l’organisation des élections pourrait devenir difficile, citant l’exemple de l’Ukraine en guerre.

Il a rejeté les accusations selon lesquelles il entretiendrait volontairement le conflit pour prolonger son pouvoir.

Refus d’un dialogue politique sous pression

Sur les appels à un dialogue intercongolais inclusif, le Chef de l’État s’est dit ouvert aux discussions avec toutes les forces politiques, y compris certains opposants déjà reçus en consultation.

Mais il a estimé qu’un dialogue politique ne suffirait pas à mettre fin à la guerre.

« Croyez-vous que parce que quelques Congolais se réunissent à Kinshasa, le Rwanda retirera ses troupes ? », a-t-il lancé.

Pour lui, la priorité reste la restauration complète de la paix et de l’intégrité territoriale avant tout grand forum politique national.

Il a également évoqué la détresse des populations de Goma et Bukavu qui, selon lui, se sentent abandonnées par Kinshasa.

Kinshasa, embouteillages et insalubrité : Tshisekedi reconnaît les limites de l’État

Interrogé sur l’insalubrité persistante et les embouteillages dans la capitale, le Président de la République a reconnu les difficultés auxquelles fait face Kinshasa.

Il a attribué cette situation à plusieurs décennies d’absence de politique d’urbanisation dans une ville passée de moins d’un million d’habitants dans les années 1960 à près de 20 millions aujourd’hui.

Félix Tshisekedi affirme suivre personnellement les dossiers liés à la salubrité et aux déchets ménagers.

Il a annoncé des discussions avec de nouveaux partenaires pour le ramassage, le traitement et le recyclage des déchets, tout en reconnaissant que les solutions prendront du temps.

Concernant les embouteillages, il a promis des sanctions contre les autorités qui empruntent les voies en sens interdit.

« Si vous voyez un ministre rouler à contresens, donnez-moi son nom, il quittera le gouvernement immédiatement », a-t-il averti.

Joseph Kabila : « un vrai gâchis »

Le Chef de l’État s’est également exprimé sur ses relations avec son prédécesseur, Joseph Kabila.

Félix Tshisekedi a regretté la détérioration de leurs relations après l’alternance de 2019, qualifiant la situation actuelle de « vrai gâchis ».

Il estime que l’ancien président, acteur majeur de la première alternance pacifique du pays, est devenu « le fossoyeur de cette belle œuvre » en choisissant « un autre chemin ».

Le Président congolais affirme avoir détecté dès 2023 une stratégie visant à empêcher la tenue des élections et à imposer un dialogue politique.

Concernant les sanctions américaines prises contre Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a déclaré qu’elles ne le surprenaient pas.

Des réformes promises malgré le contexte de guerre

Le Chef de l’État a enfin rappelé que plusieurs projets de développement, notamment le programme PDL-145 territoires, visent à désenclaver les provinces et relancer les économies locales.

Il a reconnu les difficultés liées au manque de moyens dans certaines nouvelles provinces issues du découpage territorial, qu’il juge parfois « non viables ».

Malgré les contraintes budgétaires imposées par la guerre, Félix Tshisekedi a assuré vouloir poursuivre les réformes engagées dans les secteurs des infrastructures, de la sécurité, de la gouvernance et de l’intégration nationale.

« Tant que cette guerre ne sera pas terminée, le combat continuera », a conclu le Chef de l’État.

Kinshasa : la Police judiciaire rappelée à l’ordre sur la discipline et ses missions

Le commissaire général adjoint en charge de la Police judiciaire, le commissaire divisionnaire Bertin Balekupayi, a tenu une parade le lundi 4 mai 2026 au siège de la coordination nationale à Kinshasa. M'objectif était de rappeler aux cadres et agents les principes fondamentaux encadrant leurs missions, notamment la discipline, la hiérarchie et le rôle exact de la Police judiciaire.

Une hiérarchie stricte et des missions verticales

Au cours de cette rencontre, Bertin Balekupayi a relayé les instructions du commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), le commissaire divisionnaire principal Benjamin Alonga Boni. Il a insisté sur le respect strict de la discipline et des lois régissant le fonctionnement du service.

Selon lui, les missions au sein de la Police judiciaire sont « verticales », ce qui implique que toute revendication ou préoccupation doit suivre la voie hiérarchique normale. Il a mis en garde contre toute forme d’indiscipline susceptible de compromettre le bon fonctionnement de la coordination.

Encadrement des OPJ : mettre fin à la divagation

Le commissaire général adjoint a déploré la « divagation » de certains officiers de police judiciaire (OPJ) à travers la ville de Kinshasa. Il a rappelé que chaque responsable est tenu de savoir où se trouvent ses éléments et quelles missions leur sont assignées. « Les tâches doivent être clairement réparties avant toute descente sur le terrain afin de garantir la maîtrise des effectifs et de répondre efficacement aux autorités en cas de besoin ».

Il a également dénoncé des pratiques abusives de certains agents opérant dans des zones reculées, notamment l’interpellation d’opérateurs économiques étrangers suivie d’exigences financières illégales. Certains cas de séquestration visant à extorquer de l’argent ont été évoqués. Un message a été adressé au commissaire provincial de la police de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu, afin que ces instructions soient relayées dans tous les postes et commissariats pour mettre fin à ces dérives.

Renforcement des capacités des OPJ

Sur le plan technique, Bertin Balekupayi a annoncé un programme de remise à niveau de 40 officiers de police judiciaire, en collaboration avec des partenaires tels que le PNUD et EUPOL. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents services spécialisés, notamment le Bureau central national (BCN) Interpol, la Police technique et scientifique, ainsi que les cours et tribunaux de Kinshasa. Les OPJ traitant des dossiers de criminalité transnationale sont appelés à passer par le BCN Interpol, interlocuteur des polices étrangères.

Par ailleurs, les services techniques doivent être sollicités pour appuyer les enquêtes, notamment à travers l’exploitation des nouvelles technologies, y compris la géolocalisation dans les affaires de crimes, vols ou assassinats.

Clarification sur le statut des OPJ

Le commissaire général adjoint a également levé l’équivoque autour des officiers de police judiciaire issus d’autres services de l’État. Il a rappelé que certains ministères et d'autres structures de l'État disposent de leurs propres OPJ, nommés par arrêté du ministre de la Justice, puis habilités après prestation de serment devant le procureur général. Cependant, ces derniers ont une compétence territoriale limitée, contrairement à ceux relevant de la Police nationale congolaise.

S’appuyant sur la loi organique du 11 août 2011, notamment en son article 86, alinéa 2, il a précisé que seuls le BCN Interpol et la police judiciaire des parquets sont regroupés au sein de la PNC. « Il n’existe pas d’autre service de Police judiciaire en dehors de ce cadre légal ». Il a enfin rappelé qu’une loi organique ne peut être abrogée par un simple texte réglementaire, invitant ainsi les OPJ à dissiper toute confusion sur leur statut et leurs prérogatives.

Affaire René Capain Bassène au Sénégal : le chef rebelle César Atoute Badiate conteste sa condamnation

Le chef rebelle César Atoute Badiate a publiquement réfuté toute implication du journaliste René Capain Bassène dans les violences de 2018 en Casamance.bSelon lui, Bassène « n’est ni membre ni porte-parole » du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) et ne lui a jamais donné d’instructions. Il affirme l’avoir uniquement connu comme journaliste et écrivain.

Une condamnation de plus en plus contestée

Condamné à la prison à vie en 2022 pour complicité dans l’assassinat de 14 coupeurs de bois dans la forêt des Bayottes, Bassène est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qualifie cette affaire comme l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal et appelle à sa libération.

De nouvelles révélations mettent en cause la solidité du dossier : témoignages obtenus sous contrainte, incohérences dans les procès-verbaux, doutes sur des preuves numériques et géolocalisation contestée. Plusieurs anciens coaccusés, acquittés, affirment avoir été forcés à l’incriminer.

Soutiens et indignation

Plusieurs voix s’élèvent en faveur du journaliste. L’ancien diplomate américain Mark Boulware décrit Bassène comme un professionnel indépendant et une ressource précieuse dans le processus de paix. De son côté, le sociologue Paul Diédhiou dénonce une « diabolisation médiatique » d’un chercheur reconnu pour son objectivité.

Un expert du conflit en Casamance

Spécialiste du conflit en Casamance, qui dure depuis 1982, Bassène a consacré sa carrière à documenter ses causes et ses acteurs à travers enquêtes et publications.

Ses travaux, basés sur des centaines d’entretiens, font aujourd’hui référence et participent à la mémoire historique du Sénégal.

Malgré les zones d’ombre entourant le procès, la condamnation a été confirmée par la Cour suprême. Pour ses proches, dont son épouse Odette Victorine Coly, cette détention prolongée est une injustice qui prive ses enfants de leur père depuis 2018. Dans un contexte où couvrir le conflit reste risqué pour les journalistes, l’affaire Bassène est devenue emblématique des défis liés à la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.


Journée internationale de la sage-femme : un million de vies à portée de main

Chaque 5 mai, le monde célèbre la Journée internationale de la sage-femme, rendant hommage à ces professionnelles de santé souvent discrètes, mais essentielles : les sages-femmes, véritables gardiennes de la vie. Selon Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), il faudra former et déployer un million de sages-femmes supplémentaires d’ici 2035 pour sauver plus de 4 millions de vies chaque année. Un chiffre qui souligne l’ampleur du défi mondial en matière de santé maternelle et néonatale.

Un rôle vital dans les systèmes de santé

Les sages-femmes jouent un rôle central dans la prévention des décès évitables liés à la grossesse et à l’accouchement. Leur présence augmente considérablement les chances pour une femme de vivre un accouchement sans complications et pour son bébé de survivre. Dans de nombreuses régions fragiles, notamment en Afrique, elles sont parfois les seules à fournir des soins de santé essentiels. Or, c’est précisément sur ce continent que se concentre près de la moitié du déficit mondial en sages-femmes, alors même que les taux de mortalité maternelle y restent parmi les plus élevés.

Investir pour transformer des vies

Former, recruter et fidéliser davantage de sages-femmes permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi de renforcer durablement les systèmes de santé. Ces professionnelles assurent une large gamme de services : planification familiale, suivi de grossesse, accouchements assistés, soins postnataux, dépistages, conseils nutritionnels, entre également. L’investissement est également économiquement judicieux : chaque dollar investi dans les soins obstétricaux peut générer jusqu’à 16 dollars de retombées socio-économiques.

Vers des systèmes de santé plus équitables

À travers des initiatives comme la coalition Midwifery Accelerator, l’UNFPA accompagne plusieurs pays dans l’élaboration de stratégies adaptées à leurs réalités locales. L’objectif est clair : promouvoir des modèles de soins respectueux des droits des femmes et accessibles à toutes. Mais pour atteindre ce cap, il est crucial d’améliorer les conditions de travail des sages-femmes, notamment par une rémunération équitable, des perspectives de carrière et un accès aux technologies modernes de santé.

À l’occasion de cette journée, Diene Keita appelle à un engagement urgent en faveur des sages-femmes : investir dans leur formation, renforcer leur leadership et garantir leur protection. Car soutenir les sages-femmes, c’est investir dans la vie, la dignité des femmes et l’avenir des communautés.

Haut-Katanga : le FPI évalue des projets industriels porteurs et renforce la confiance

En mission à Lubumbashi, le directeur général du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), Hervé Claude Batukonke, a palpé du doigt l’état d’avancement des projets financés par son institution, mettant en avant leur impact économique et social.

Hervé Claude Batukonke, conduit une délégation chargée de vérifier sur place la mise en œuvre des projets financés. Cette démarche vise à confronter les données des rapports reçus à Kinshasa avec la réalité du terrain, dans une logique de gestion axée sur les résultats.

MES : un modèle industriel en pleine expansion

Parmi les initiatives visitées, le groupe Mining Engineering Services (MES) se distingue par la diversité de ses activités et son potentiel de croissance. Bénéficiaire d’un financement du FPI, ce consortium regroupe plusieurs filiales spécialisées notamment dans la construction de sites miniers, la production de plaques anodiques, la fabrication de câbles électriques et de matériaux de construction, ainsi que la production de boissons et de détergents.

Implantée majoritairement à Lubumbashi, avec une unité à Kinshasa dédiée aux emballages, cette structure industrielle contribue à réduire la dépendance aux importations. Tous ses produits sont certifiés aux normes internationales ISO, renforçant ainsi la compétitivité des produits congolais sur le marché.

Déjà, le groupe a remboursé plus de la moitié du crédit obtenu et envisage d’étendre ses activités à travers un financement complémentaire actuellement à l’étude.

Création d’emplois et exigence de conditions décentes 

Au-delà des performances économiques, le groupe MES a généré plus de 1.500 emplois directs et indirects. Un résultat salué par le DG du FPI, qui insiste sur la nécessité de garantir des conditions de travail dignes et durables. Hervé Claude Batukonke a également rappelé l’importance du respect des obligations fiscales, notamment le paiement de la taxe de promotion de l’industrie, soulignant qu’un partenariat responsable repose sur le respect des lois et des engagements mutuels.

Éthique et reconnaissance dans le partenariat

La collaboration entre le FPI et MES est jugée satisfaisante par les deux parties. En guise de reconnaissance, le groupe a offert une œuvre d’art au directeur général. Fidèle à ses principes, ce dernier a tenu à rappeler sa règle personnelle de ne pas accepter de cadeaux d’une valeur supérieure à 50 dollars américains, affirmant ainsi son attachement à l’éthique et à la transparence dans la gestion publique.

Une gestion de proximité qui fédère les équipes

Dans un geste apprécié par le personnel local, le DG du FPI s’est présenté de manière inopinée au siège de Lubumbashi dès 7 heures du matin. Cette démarche, qui traduit un management de proximité, a permis un échange direct avec les agents autour de leurs préoccupations professionnelles. Une séance de travail approfondie a suivi, durant laquelle plusieurs questions ont été abordées.

Certaines préoccupations ont reçu des réponses immédiates, tandis que d’autres feront l’objet d’un examen approfondi. La mission du FPI s’inscrit également dans une dynamique de collaboration avec les autorités provinciales. Le DG a ainsi présenté ses civilités au gouverneur du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula. Les échanges ont porté sur le développement industriel, les investissements et les mécanismes de mobilisation des recettes.

Hervé Claude Batukonke a sollicité l’appui du gouverneur dans la collecte de la taxe de promotion de l’industrie, essentielle au financement de nouveaux projets. Une demande favorablement accueillie, le gouverneur s’étant engagé à soutenir les efforts d’industrialisation dans la province.

À travers cette mission, le FPI confirme son rôle central dans la relance industrielle en RDC, en misant sur des projets structurants, créateurs d’emplois et porteurs de croissance durable.

Nkamba : le Fonds social clôt une mission de prospection axée sur l’emploi des jeunes

Une mission de terrain pour structurer les formations du Coordonnateur national du Fonds social de la République Démocratique du Congo (FSRDC), Philippe Ngwala Malemba, a achevé le 3 mai 2026 au terme de quatre jours à Nkamba, dans la province du Kongo Central. À la tête d’une délégation composée d’experts et de chefs de projets, il a conduit une mission de prospection visant à structurer les activités de formation en faveur des jeunes de cette cité.

Des filières adaptées aux réalités du marché Inscrite dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance et de développement des compétences (PAGDC), en soutien au Programme de transformation de l’agriculture (PTA), cette mission, menée du 30 avril au 3 mai 2026 dans la province du Kongo Central, vise à renforcer les capacités des jeunes kimbanguistes. L’accent est mis sur des formations adaptées aux exigences du marché, notamment dans les métiers agricoles modernes, l’entrepreneuriat, l’agriculture numérique ainsi que les métiers verts et innovants en milieux rural et périurbain.

Identification des besoins et opportunités

La visite de plusieurs sites, effectuée le samedi 2 mai 2026, a permis à la délégation d’évaluer les infrastructures existantes et d’identifier les besoins techniques, logistiques et financiers. Cette démarche doit faciliter la définition des filières prioritaires et favoriser l’émergence d’opportunités concrètes d’insertion professionnelle et entrepreneuriale pour les jeunes.

Des échanges approfondis ont réuni les représentants du FSRDC et les autorités locales ainsi que les structures communautaires kimbanguistes. Ces discussions ont abouti à des propositions concrètes sur l’organisation des formations et leurs modalités pratiques, ouvrant la voie à un partenariat opérationnel durable.

Une initiative soutenue au plus haut niveau de l’État

Cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement congolais, impulsée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a mobilisé des financements auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour soutenir la transformation du secteur agricole et améliorer les conditions de vie des populations. Le choix de Nkamba se justifie par son importance stratégique et par la solidité de son organisation communautaire.


TV5MONDE+ élargit son offre avec le Swahili et le Lingala

À l’occasion du Sommet Africa Forward prévu les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, la plateforme gratuite de streaming TV5MONDE+ annonce l’intégration de deux nouvelles langues de sous-titrage : le Swahili et le Lingala. C'est un pas de plus vers la diversité linguistique.

Avec cette initiative, TV5MONDE+ renforce l’accessibilité et la visibilité de ses contenus en Afrique. L’ajout du Swahili et du Lingala, deux langues reconnues par l’Union africaine, s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir la diversité linguistique et culturelle sur le continent.

Une innovation rendue possible par l’intelligence artificielle

Ce projet a représenté un défi technique majeur, en l’absence de solutions préexistantes. Il a pu voir le jour grâce à un partenariat inédit entre TV5MONDE et la startup franco-béninoise Bivariant. Cette dernière a développé des modèles de traduction spécifiques, alimentés par des données collectées, numérisées puis traitées via l’intelligence artificielle.

Une première mondiale pour le Lingala

Avec cette avancée, TV5MONDE+ devient la première plateforme de vidéo à la demande à proposer des sous-titres en lingala, et l’une des rares à offrir ce service en swahili. Plus de 200 millions d’Africains pourront désormais accéder gratuitement à des milliers d’heures de programmes francophones dans leur langue maternelle.

Au-delà de l’accès aux contenus, cette innovation contribue à renforcer la présence des langues africaines dans l’environnement numérique, encore largement dominé par l’anglais. Elle participe également à enrichir les bases de données linguistiques et à favoriser les échanges entre le français et les langues locales.

Une offre multilingue en expansion

Le Swahili et le Lingala viennent compléter une offre déjà riche de six langues de sous-titrage : allemand, anglais, arabe, espagnol, français et roumain

mardi 5 mai 2026

“Peaux noires : quel héritage ?” : TV5MONDE explore l’identité noire francophone dans une nouvelle série-documentaire

À l’occasion du Sommet Africa Forward prévu les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, TV5MONDE annonce le lancement d’une nouvelle création originale intitulée Peaux noires : quel héritage ?. Cette série-documentaire propose une plongée inédite dans les dimensions intimes, sociales et historiques du rapport à la couleur de peau chez les personnes noires francophones. Elle sera disponible dès le 3 juin 2026 sur la plateforme TV5MONDE+.

Une réflexion intime et collective sur la couleur de peau

À travers cinq épisodes, la série met en lumière un sujet encore peu traité à l’écran qui est la perception et la signification de la couleur de peau. Entre introspection personnelle et regard collectif, Peaux noires : quel héritage ? aborde les enjeux d’acceptation de soi, de diversité et de reconnaissance.

Réalisée par Johanna Boyer-Dilolo et Estelle Ndjandjo, la série donne la parole à plusieurs figures issues de divers horizons, notamment Aïssa Maïga, Rachel Keke, Estelle Mendy ou encore Juste Shani.

À leurs côtés, sociologues, historiens et professionnels de santé apportent un éclairage scientifique, permettant de relier les expériences individuelles aux héritages historiques, notamment coloniaux.

Coproduite avec La Félicité, la série aborde des thématiques telles que la mélanine, le colorisme, la dépigmentation ou encore l’héritage colonial. Elle s’inscrit dans la lignée de la série Cheveux Afro, réalisée par Rachel Kwarteng, qui explorait déjà les représentations du cheveu crépu à travers l’histoire, des périodes précoloniales jusqu’à l’ère des réseaux sociaux.

Une avant-première au Quai Branly

Une projection en avant-première est prévue le 3 juin 2026 au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, suivie d’une visite de l’exposition Africa Fashion. Cet événement marquera le lancement officiel de la série avant sa diffusion grand public.

Diffusion multiplateforme

La série sera accessible dès le 3 juin 2026 sur la plateforme gratuite TV5MONDE+ ; chaque samedi à 16h45 à partir du 6 juin 2026 sur TV5MONDE Afrique (heure de Dakar) ; ainsi que sur YouTube et les réseaux sociaux de TV5MONDE.

Cinq épisodes pour explorer les héritages

Les cinq volets de la série sont intitulés : Mélanine ; la peau en héritage ; les représentations ; le colorisme ; l'empouvoirement et la fiche technique.

TV5MONDE, un acteur majeur de la francophonie

Présent dans plus de 400 millions de foyers à travers le monde, TV5MONDE s’impose comme le premier réseau mondial de télévision généraliste francophone. Son offre s’étend de la diffusion télévisée à la plateforme numérique TV5MONDE+, en passant par des contenus éducatifs via TV5MONDE EDU.

La Félicité, une jeune production engagée

Fondée en 2025, La Félicité développe des projets documentaires et de fiction ancrés dans les réalités contemporaines. La société se distingue par une approche artistique qui interroge les identités, les héritages et les transformations sociales, en tissant des liens entre l’Afrique et l’Europe.

Cour des comptes : un nouveau plan stratégique pour renforcer le contrôle des finances publiques

À l’occasion du lancement des travaux du plan stratégique 2026-2030, le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, a clarifié le 4 mai 2026 à Kinshasa les ambitions de son institution qui sont entre autres de consolider les acquis, de corriger les insuffisances et hisser davantage la qualité du contrôle des finances publiques en République Démocratique du Congo.

Un plan stratégique est avant tout un outil d’orientation et de pilotage. Il permet à une institution de définir clairement ses objectifs, les résultats attendus, ainsi que les moyens à mobiliser pour les atteindre. À la Cour des comptes, ce document sert de boussole pour organiser, de manière coordonnée, l’ensemble des actions liées à sa mission de contrôle des finances publiques.

Un accompagnement technique du CREFIAF

Pour élaborer ce nouveau plan, la Cour des comptes bénéficie de l’appui du Conseil régional de formation des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (CREFIAF), une structure sous-régionale spécialisée dans le renforcement des capacités des institutions de contrôle. Cet accompagnement vise à garantir un document conforme aux standards internationaux.

À travers ce plan stratégique, la Cour des comptes ambitionne de redynamiser ses missions fondamentales, notamment le contrôle juridictionnel et les audits. Il s’agit, entre autres, de produire des arrêts de qualité susceptibles de contribuer à une meilleure gestion des finances publiques, mais aussi de réaliser des audits conformes aux normes internationales établies par l’INTOSAI.

Depuis sa réhabilitation en 2022 par le chef de l’État, la Cour des comptes a enregistré des avancées notables. Pour la première fois, elle a rendu des arrêts dans le cadre du contrôle juridictionnel et a mené plusieurs audits à impact visible. Ces progrès, issus du précédent plan stratégique, constituent une base solide sur laquelle s’appuie la nouvelle feuille de route.

L’élaboration d’un nouveau plan stratégique ne signifie pas un échec du précédent. Arrivé à échéance, celui-ci doit être renouvelé pour permettre à l’institution de poursuivre son évolution. Toutefois, certaines faiblesses ont été identifiées, notamment l’absence d’audits de suivi des recommandations et une collaboration encore insuffisante avec certaines institutions, dont le Parlement.

Vers plus de professionnalisme et de synergie institutionnelle

Le nouveau plan stratégique entend renforcer le professionnalisme dans la production des arrêts et des rapports, en intégrant davantage les normes internationales. Il prévoit également d’améliorer la gouvernance interne de la Cour et de développer une collaboration plus étroite avec les parties prenantes, notamment le Parlement, le gouvernement, la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers.

En définitive, ce plan stratégique 2026-2030 vise à doter la Cour des comptes des mécanismes nécessaires pour jouer pleinement son rôle de garant de la bonne gestion des finances publiques. L’objectif est de contribuer à une gouvernance plus transparente, plus responsable et plus efficace au service des citoyens.

Le partage d’expériences au cœur de l’accompagnement

Le CREFIAF, en tant qu’organisation spécialisée dans le renforcement des capacités des institutions de contrôle des finances publiques, privilégie une méthode basée sur le partage d’expériences et de connaissances. Cette approche vise à enrichir les compétences des experts congolais appelés à mettre en œuvre le futur plan stratégique, à déclaré Hassan Idi, directeur du CREFIAF.

L’un des objectifs majeurs de cet accompagnement est de permettre à la Cour des comptes de s’approprier pleinement le processus d’élaboration du plan stratégique. L’équipe locale, en collaboration avec les experts du CREFIAF, bénéficiera d’un transfert de compétences destiné à améliorer durablement la planification et la gestion stratégique de l’institution.

Miser sur le suivi et l’évaluation

Au-delà de l’élaboration du document, l’accent sera mis sur la mise en place de mécanismes de suivi et d’indicateurs de performance. Ces outils permettront d’évaluer efficacement la mise en œuvre du plan stratégique et d’en mesurer l’impact sur la qualité du contrôle des finances publiques. À travers cet appui technique, le CREFIAF entend contribuer à renforcer l’efficacité de la Cour des comptes et à consolider son rôle dans la promotion de la bonne gouvernance en République démocratique du Congo.


Mobilisation de l’UDPS : soutien à la diplomatie présidentielle et appel à la justice contre les acteurs de la déstabilisation

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), à travers sa branche Kibassa, a pris part le 4 mai 2026 à Kinshasa à une marche de soutien au chef de l’État et aux récentes sanctions internationales visant l’ancien président Joseph Kabila. À cette occasion, son secrétaire général, Alain Kyungu, a réaffirmé la position de son parti en faveur de mesures judiciaires fortes, y compris l’idée d’un mandat d’arrêt international.

Une solidarité nationale et internationale mise en avant

Selon les organisateurs, cette mobilisation traduit l’adhésion des forces vives de la nation, des membres de l’Union sacrée, des confessions religieuses ainsi que des alliés extérieurs à une même cause qui est la défense de la République Démocratique du Congo.

« Nous avons répondu à l’appel de solidarité lancé par nos alliés naturels. Aujourd’hui, la nation s’est levée pour exiger justice », a déclaré Alain Kyungu.

Les participants estiment que la voix de la RDC est désormais entendue sur la scène internationale, comme en témoignent les sanctions récemment prises contre certains acteurs accusés de déstabilisation.

Appui à la diplomatie du chef de l’État

Les manifestants ont salué ce qu’ils qualifient de « diplomatie agissante » du président de la République, estimant qu’elle commence à produire des résultats concrets. « Tous ceux qui sont impliqués dans la déstabilisation de notre pays sont désormais connus. Nous sommes venus pour témoigner notre solidarité et appuyer le président dans ses efforts », a insisté le secrétaire général de l’UDPS/Kibassa.

Dans cette dynamique, le parti encourage également les initiatives internationales, notamment du côté des États-Unis, en faveur de poursuites judiciaires contre les personnes mises en cause. Une exigence est que justice soit faite.  Au-delà du soutien politique, les participants ont insisté sur la nécessité de voir les procédures judiciaires aller jusqu’à leur terme. Ils appellent les instances compétentes à établir les responsabilités et à sanctionner les coupables.

« La justice doit suivre son cours. Les institutions habilitées doivent faire leur travail afin que les responsabilités soient clairement établies », ont-ils martelé.

Les cadres de l’UDPS ont également salué la forte mobilisation populaire observée lors de cette marche, y voyant un signe d’unité nationale face aux défis sécuritaires et politiques. Ils ont réitéré leur soutien au chef de l’État dans ses efforts visant à restaurer l’intégrité territoriale du pays, tout en se disant confiants quant aux résultats à venir.

Révision constitutionnelle : attente du Parlement

Concernant la question d’une éventuelle modification de la Constitution, l’UDPS/Kibassa adopte une posture prudente. Le parti affirme suivre de près les travaux du Parlement, qu’il considère comme l’organe habilité à trancher cette question. « Nous faisons confiance au Parlement pour apprécier cette question. Nous suivons le processus avec beaucoup d’attention », a conclu Alain Kyungu.

Ledya Group dément tout lien avec Joseph Kabila et clarifie sa participation au Matadi Gateway Terminal

Face aux rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux, Ledya Group a publié, le 4 mai 2026, un communiqué officiel pour rétablir les faits. Par la voix de son directeur de cabinet, Claude Bossio wa Bossio, le groupe dément toute implication de Joseph Kabila dans son capital, après les sanctions américaines récemment évoquées à son encontre.

Dans son communiqué, Ledya Group rejette catégoriquement les allégations selon lesquelles l’ancien chef de l’État détiendrait des parts au sein de ses structures. Le groupe insiste sur son indépendance et rappelle qu’il n’a « ni vocation ni compétence à s’immiscer dans le champ politique ».

Fort de plus de cinquante-trois années d’existence, le consortium affirme s’être construit sur des principes d’excellence et de neutralité, en maintenant des relations strictement institutionnelles, orientées vers l’intérêt général.

Un acteur économique majeur en RDC

Présent dans plusieurs secteurs d’activité, Ledya Group revendique une contribution significative à l’économie nationale, notamment à travers la création de plus de 2.000 emplois directs à travers le pays.

Le groupe souligne que ses investissements couvrent divers domaines, dont les infrastructures, l’agro-pastoral et l’énergie, avec une approche axée sur la performance et la durabilité.

MGT : une participation basée sur des apports réels

S’agissant du Matadi Gateway Terminal (MGT), Ledya Group rappelle qu’il s’agit d’une infrastructure portuaire moderne, opérationnelle depuis 2016 et considérée comme un maillon stratégique du système logistique national. Le groupe précise que sa participation repose sur un apport en nature, notamment la mise à disposition du foncier ayant permis la réalisation du projet. Il ajoute que les investissements financiers ont été assurés par un partenaire international, avec un financement structuré incluant un prêt actionnaire soutenu par Citibank, depuis remboursé par la société.

Ce partenaire, selon Ledya, dispose d’une expertise reconnue dans la gestion de plus de 34 ports maritimes à travers le monde.

Un engagement réaffirmé pour le développement national

Ledya Group conclut en réaffirmant son engagement en faveur d’un développement économique fondé sur la responsabilité, la transparence et le patriotisme économique. Le groupe met en avant des standards élevés de qualité et de performance dans l’ensemble de ses projets.

Ces clarifications interviennent dans un contexte marqué par la circulation de rumeurs liant certains acteurs économiques congolais à des figures politiques, notamment après l’annonce de sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila. Plusieurs publications sur les réseaux sociaux ont ainsi évoqué, sans preuve formelle, une supposée implication de ce dernier dans des entreprises stratégiques du pays, dont Ledya Group.

Le groupe dit vouloir, à travers ce communiqué, « rétablir la vérité des faits » et préserver sa crédibilité ainsi que celle de ses partenaires.


Kinshasa : la Police judiciaire rappelée à l’ordre sur la discipline et ses missions

Le commissaire général adjoint en charge de la Police judiciaire, le commissaire divisionnaire Bertin Balekupayi, a tenu une parade le lundi 4 mai 2026 au siège de la coordination nationale à Kinshasa. M'objectif était de rappeler aux cadres et agents les principes fondamentaux encadrant leurs missions, notamment la discipline, la hiérarchie et le rôle exact de la Police judiciaire.

Une hiérarchie stricte et des missions verticales

Au cours de cette rencontre, Bertin Balekupayi a relayé les instructions du commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), le commissaire divisionnaire principal Benjamin Alonga Boni. Il a insisté sur le respect strict de la discipline et des lois régissant le fonctionnement du service.

Selon lui, les missions au sein de la Police judiciaire sont « verticales », ce qui implique que toute revendication ou préoccupation doit suivre la voie hiérarchique normale. Il a mis en garde contre toute forme d’indiscipline susceptible de compromettre le bon fonctionnement de la coordination.

Encadrement des OPJ : mettre fin à la divagation

Le commissaire général adjoint a déploré la « divagation » de certains officiers de police judiciaire (OPJ) à travers la ville de Kinshasa. Il a rappelé que chaque responsable est tenu de savoir où se trouvent ses éléments et quelles missions leur sont assignées. « Les tâches doivent être clairement réparties avant toute descente sur le terrain afin de garantir la maîtrise des effectifs et de répondre efficacement aux autorités en cas de besoin ».

Il a également dénoncé des pratiques abusives de certains agents opérant dans des zones reculées, notamment l’interpellation d’opérateurs économiques étrangers suivie d’exigences financières illégales. Certains cas de séquestration visant à extorquer de l’argent ont été évoqués. Un message a été adressé au commissaire provincial de la police de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu, afin que ces instructions soient relayées dans tous les postes et commissariats pour mettre fin à ces dérives.

Renforcement des capacités des OPJ

Sur le plan technique, Bertin Balekupayi a annoncé un programme de remise à niveau de 40 officiers de police judiciaire, en collaboration avec des partenaires tels que le PNUD et EUPOL. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents services spécialisés, notamment le Bureau central national (BCN) Interpol, la Police technique et scientifique, ainsi que les cours et tribunaux de Kinshasa. Les OPJ traitant des dossiers de criminalité transnationale sont appelés à passer par le BCN Interpol, interlocuteur des polices étrangères.

Par ailleurs, les services techniques doivent être sollicités pour appuyer les enquêtes, notamment à travers l’exploitation des nouvelles technologies, y compris la géolocalisation dans les affaires de crimes, vols ou assassinats.

Clarification sur le statut des OPJ

Le commissaire général adjoint a également levé l’équivoque autour des officiers de police judiciaire issus d’autres services de l’État. Il a rappelé que certains ministères et d'autres structures de l'État disposent de leurs propres OPJ, nommés par arrêté du ministre de la Justice, puis habilités après prestation de serment devant le procureur général. Cependant, ces derniers ont une compétence territoriale limitée, contrairement à ceux relevant de la Police nationale congolaise.

S’appuyant sur la loi organique du 11 août 2011, notamment en son article 86, alinéa 2, il a précisé que seuls le BCN Interpol et la police judiciaire des parquets sont regroupés au sein de la PNC. « Il n’existe pas d’autre service de Police judiciaire en dehors de ce cadre légal ». Il a enfin rappelé qu’une loi organique ne peut être abrogée par un simple texte réglementaire, invitant ainsi les OPJ à dissiper toute confusion sur leur statut et leurs prérogatives.

Journée internationale de la sage-femme : un million de vies à portée de main

Chaque 5 mai, le monde célèbre la Journée internationale de la sage-femme, rendant hommage à ces professionnelles de santé souvent discrètes, mais essentielles : les sages-femmes, véritables gardiennes de la vie. Selon Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), il faudra former et déployer un million de sages-femmes supplémentaires d’ici 2035 pour sauver plus de 4 millions de vies chaque année. Un chiffre qui souligne l’ampleur du défi mondial en matière de santé maternelle et néonatale.

Un rôle vital dans les systèmes de santé 

Les sages-femmes jouent un rôle central dans la prévention des décès évitables liés à la grossesse et à l’accouchement. Leur présence augmente considérablement les chances pour une femme de vivre un accouchement sans complications et pour son bébé de survivre. Dans de nombreuses régions fragiles, notamment en Afrique, elles sont parfois les seules à fournir des soins de santé essentiels. Or, c’est précisément sur ce continent que se concentre près de la moitié du déficit mondial en sages-femmes, alors même que les taux de mortalité maternelle y restent parmi les plus élevés.

Investir pour transformer des vies

Former, recruter et fidéliser davantage de sages-femmes permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi de renforcer durablement les systèmes de santé. Ces professionnelles assurent une large gamme de services : planification familiale, suivi de grossesse, accouchements assistés, soins postnataux, dépistages, conseils nutritionnels, entreégalemen. L’investissement est également économiquement judicieux : chaque dollar investi dans les soins obstétricaux peut générer jusqu’à 16 dollars de retombées socio-économiques.

Vers des systèmes de santé plus équitables

À travers des initiatives comme la coalition Midwifery Accelerator, l’UNFPA accompagne plusieurs pays dans l’élaboration de stratégies adaptées à leurs réalités locales. L’objectif est clair : promouvoir des modèles de soins respectueux des droits des femmes et accessibles à toutes. Mais pour atteindre ce cap, il est crucial d’améliorer les conditions de travail des sages-femmes, notamment par une rémunération équitable, des perspectives de carrière et un accès aux technologies modernes de santé.

À l’occasion de cette journée, Diene Keita appelle à un engagement urgent en faveur des sages-femmes : investir dans leur formation, renforcer leur leadership et garantir leur protection. Car soutenir les sages-femmes, c’est investir dans la vie, la dignité des femmes et l’avenir des communautés.

Affaire René Capain Bassène au Sénégal : le chef rebelle César Atoute Badiate conteste sa condamnation

Le chef rebelle César Atoute Badiate a publiquement réfuté toute implication du journaliste René Capain Bassène dans les violences de 2018 en Casamance.bSelon lui, Bassène « n’est ni membre ni porte-parole » du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) et ne lui a jamais donné d’instructions. Il affirme l’avoir uniquement connu comme journaliste et écrivain.

Une condamnation de plus en plus contestée

Condamné à la prison à vie en 2022 pour complicité dans l’assassinat de 14 coupeurs de bois dans la forêt des Bayottes, Bassène est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qualifie cette affaire comme l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal et appelle à sa libération.

De nouvelles révélations mettent en cause la solidité du dossier : témoignages obtenus sous contrainte, incohérences dans les procès-verbaux, doutes sur des preuves numériques et géolocalisation contestée. Plusieurs anciens coaccusés, acquittés, affirment avoir été forcés à l’incriminer.

Soutiens et indignation

Plusieurs voix s’élèvent en faveur du journaliste. L’ancien diplomate américain Mark Boulware décrit Bassène comme un professionnel indépendant et une ressource précieuse dans le processus de paix. De son côté, le sociologue Paul Diédhiou dénonce une « diabolisation médiatique » d’un chercheur reconnu pour son objectivité.

Un expert du conflit en Casamance

Spécialiste du conflit en Casamance, qui dure depuis 1982, Bassène a consacré sa carrière à documenter ses causes et ses acteurs à travers enquêtes et publications. Ses travaux, basés sur des centaines d’entretiens, font aujourd’hui référence et participent à la mémoire historique du Sénégal.

Malgré les zones d’ombre entourant le procès, la condamnation a été confirmée par la Cour suprême. Pour ses proches, dont son épouse Odette Victorine Coly, cette détention prolongée est une injustice qui prive ses enfants de leur père depuis 2018. Dans un contexte où couvrir le conflit reste risqué pour les journalistes, l’affaire Bassène est devenue emblématique des défis liés à la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.


lundi 4 mai 2026

Insécurité à la paroisse Saint Théophile : un suspect se livre à la police

La paroisse Saint Théophile a été le théâtre d’un acte criminel qui a profondément bouleversé les fidèles et les habitants du quartier. Selon plusieurs témoignages, des individus non identifiés s’étaient introduits sur le site dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026 dans la commune de Kimbanseke, semant la panique et alimentant un climat d’insécurité déjà préoccupant dans cette partie de la ville.

Cet incident s’inscrit dans une série d’actes similaires signalés ces dernières semaines, renforçant le sentiment de vulnérabilité au sein de la population. Contre toute attente, un tournant est intervenu ce matin. D’après des sources concordantes au sein de la paroisse, l’un des présumés auteurs s’est présenté de lui-même sur les lieux. Il aurait affirmé être venu se dénoncer auprès des prêtres. Les motivations réelles de cette démarche restent, à ce stade, inconnues, et suscitent de nombreuses interrogations tant chez les responsables religieux que parmi les fidèles.

Descente des autorités et ouverture d’enquête 

Face à la gravité des faits, le général Israël Nkatu s’est rendu sur place pour une mission d’évaluation. Il a procédé à une inspection minutieuse des lieux, cherchant à reconstituer le déroulement exact des événements.

Au cours de cette visite, il a échangé avec les responsables de la paroisse ainsi qu’avec plusieurs témoins, recueillant leurs versions afin d’alimenter l’enquête en cours.

Le général a également prêté une oreille attentive aux préoccupations des habitants, qui dénoncent une recrudescence inquiétante de l’insécurité. Il a, à cette occasion, insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre la population et les forces de l’ordre, rappelant que la sécurité demeure une responsabilité collective.

L’appel du Cardinal Ambongo

Dans ce contexte tendu, Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, est intervenu pour condamner fermement cet acte. Il a exprimé sa solidarité avec la communauté paroissiale et a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des lieux de culte.

Le Cardinal a également exhorté les fidèles à garder leur calme, tout en refusant la banalisation de la violence. Il a insisté sur la nécessité de préserver les églises comme des espaces de paix, de prière et de refuge.

Alors qu’une enquête a été officiellement ouverte pour faire toute la lumière sur cet acte criminel, la population attend désormais des actions concrètes. Entre peur persistante et espoir de justice, les habitants espèrent que cet énième incident servira de déclic pour un renforcement durable de la sécurité dans la zone.


Xénophobie en Afrique du Sud : la FBCP hausse le ton et interpelle les instances panafricaines

La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) exprime sa vive inquiétude et son indignation face à la résurgence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Dans une déclaration solennelle, l’organisation rappelle que l’État sud-africain est tenu de respecter ses engagements internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que les conventions relatives à la protection des réfugiés.

Selon la FBCP, la situation actuelle révèle une dégradation préoccupante des valeurs humanistes dans un pays autrefois symbole de lutte contre l’oppression, incarnée par Nelson Mandela. Le constat dressé par l’organisation est jugé alarmant et appelle une réaction urgente de la communauté internationale, les violations des droits fondamentaux : des réfugiés, notamment originaires de la République Démocratique du Congo, auraient été expulsés de leurs lits d’hôpital en pleine prise en charge médicale ; atteintes à l’éducation et à l’emploi : des ressortissants africains, dont des Nigérians, Zimbabwéens et Ghanéens, seraient exclus des écoles et de leurs activités professionnelles.

Insécurité et violences : la FBCP dénonce des exactions commises par des milices civiles, opérant en dehors de tout cadre légal, dans un climat rappelant les heures sombres de l’Apartheid. La FBCP critique vivement l’inaction et l’ambiguïté des autorités sud-africaines. Elle estime que, malgré des déclarations officielles, des pratiques telles que les arrestations arbitraires, les actes de torture et même des homicides continuent de se produire dans une impunité préoccupante.

L’Union africaine interpellée pour son silence

L’organisation dénonce également le manque de réaction de l’Union africaine, qu’elle accuse de passivité face à ces dérives. Ce silence, selon la FBCP, fragilise la crédibilité de l’institution et met en péril l’idéal d’unité africaine. Elle évoque aussi une propagation inquiétante de ces pratiques dans d’autres pays, citant notamment des interpellations massives survenues à Kumasi le 26 avril 2026.

Vers des poursuites devant les juridictions africaines

Face à la gravité des faits, la FBCP envisage des actions judiciaires. Elle appelle les États et les organisations de la société civile à saisir la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples afin de faire constater les violations répétées imputées à Pretoria. L’organisation exige également l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour identifier les responsables de ces violences et garantir réparation aux victimes.

Des recommandations pour une action urgente

Dans sa déclaration, la FBCP formule plusieurs recommandations au gouvernement sud-africain d'adopter des mesures concrètes pour protéger les étrangers et restaurer l’autorité de l’État.

À l’Union africaine de sortir de son silence et condamner officiellement ces actes.

À la Commission africaine des droits de l’homme d'engager des poursuites judiciaires contre l’État sud-africain.

Sur le plan institutionnel : engager une réforme profonde de l’Union africaine pour renforcer son indépendance et son efficacité.

Pour Emmanuel Adu Cole, président de la FBCP, il est impératif de mettre fin à l’impunité et de réaffirmer les principes fondamentaux de solidarité et de dignité humaine sur le continent. L’organisation conclut en rappelant que le droit international ne saurait tolérer que des frontières servent de refuge à l’injustice et à la haine.