APO

samedi 30 mai 2026

Kasaï : condamnations dans l’affaire Kamuina Nsapu, le Tribunal militaire de Tshikapa prononce la peine de mort et des peines lourdes

Le Tribunal militaire de garnison de Tshikapa a rendu, le 25 mai 2026 à Lukuaya, dans le territoire de Luebo, son jugement dans le procès de quatre prévenus poursuivis pour leur implication présumée dans le mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu.

Ces audiences foraines, ouvertes le 15 mai 2026 dans le secteur de Ndjoko-Punda, portaient sur des faits graves commis entre mars et avril 2017 dans plusieurs villages du territoire de Luebo, au Kasaï.

Des crimes contre l’humanité retenus contre les accusés

À l’issue du procès, les quatre prévenus ont été reconnus coupables de crimes contre l’humanité. Ils sont notamment poursuivis pour meurtre, torture, viol, privation de liberté, disparition forcée, pillage, destruction de biens ainsi que participation à un mouvement insurrectionnel. Le principal accusé a été condamné à la peine de mort. Les trois autres prévenus ont, quant à eux, écopé de 25 ans de servitude pénale. Le Tribunal a également condamné la République Démocratique du Congo à des réparations civiles et a reconnu 187 parties civiles constituées dans ce dossier.

Une avancée dans la lutte contre l’impunité au Kasaï

Ce procès est présenté comme une nouvelle étape dans la lutte contre l’impunité des crimes commis durant la crise liée au mouvement Kamuina Nsapu dans l’espace Kasaï. Il intervient après une première audience foraine tenue à Tshikapa en décembre 2025, confirmant une dynamique progressive de justice de proximité dans la province.

Les autorités judiciaires entendent ainsi poursuivre les auteurs présumés de crimes internationaux et renforcer la reconnaissance des droits des victimes.

TRIAL International critique la peine de mort

Dans une réaction, l’organisation TRIAL International a exprimé son regret face au recours à la peine capitale dans cette affaire, rappelant son opposition à toute forme d’exécution judiciaire. L’organisation appelle les autorités congolaises à restaurer le moratoire sur la peine de mort et à poursuivre les réformes visant à garantir une justice équitable et respectueuse des droits humains.

Un soutien international aux efforts judiciaires

TRIAL International souligne que son action dans ce dossier s’inscrit dans le cadre du Cadre de Concertation de Tshikapa, un réseau d’acteurs nationaux et internationaux appuyant les juridictions congolaises dans la lutte contre les crimes de masse.

Son travail dans la région du Kasaï bénéficie notamment de l’appui de l’Union européenne, de l’Agence suédoise de coopération internationale (SIDA) ainsi que du Fonds national pour les réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).


Saint-Denis/Pierrefitte : annulation de la venue de Fally Ipupa, la municipalité exprime ses regrets

La ville de Saint-Denis/Pierrefitte a annoncé, dans un communiqué publié le lundi 25 mai 2026, l’annulation de la venue de l’artiste congolais Fally Ipupa, initialement prévue pour un temps d’échange et de dédicace avec les habitants.

Cette rencontre, très attendue par les fans, devait s’inscrire dans une démarche de proximité culturelle entre l’artiste et les populations de la commune.

Un protocole officiel déjà engagé avec les autorités locales

Selon la municipalité, l’événement faisait suite à plusieurs échanges préparatoires avec les équipes de l’artiste afin d’organiser une rencontre avec les habitants de Saint-Denis et Pierrefitte. Un rendez-vous protocolaire officiel devait également avoir lieu entre le maire de la ville, Bally Bagayoko, le député Carlos Martens Bilongo et Fally Ipupa, en vue notamment de la désignation de l’artiste comme citoyen d’honneur de la commune.

La rencontre devait ensuite se prolonger par une séance de dédicaces et d’échanges directs avec le public.

Une organisation mobilisée et des moyens importants engagés

La collectivité souligne avoir mobilisé d’importants moyens humains, logistiques et financiers pour assurer la réussite de cet événement culturel, notamment en matière d’organisation et de sécurisation. Fidèle à son engagement en faveur d’une culture accessible à tous, la ville affirme avoir toujours accueilli de grandes figures de la scène artistique nationale et internationale.

Des pressions évoquées autour de l’entourage de l’artiste

Dans son communiqué, la municipalité indique que l’entourage de l’artiste aurait subi des pressions, laissant entendre une crainte de récupération politique autour de cette rencontre. La ville regrette profondément cette situation, estimant qu’une initiative conçue pour les habitants n’a pas pu se tenir dans les conditions prévues.

Une main tendue pour une future rencontre

Malgré cette annulation, la municipalité réaffirme son attachement à la culture et à l’accès des habitants aux grandes figures artistiques.

Elle se dit disposée à travailler avec l’équipe de Fally Ipupa afin de trouver une solution permettant la tenue d’une rencontre future, dans le respect des attentes du public et de l’esprit initial du projet.


Piratage audiovisuel en RDC : le CSAC suspend quatre chaînes et durcit le ton

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a décidé de renforcer sa lutte contre le piratage des contenus audiovisuels en République démocratique du Congo. Réunie en session ordinaire le 21 mai 2026 à Kinshasa, l’Assemblée plénière de cette institution d’appui à la démocratie a prononcé la suspension, pour une durée de 90 jours, des chaînes Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV.

Ces médias sont accusés de récidive dans la diffusion frauduleuse de contenus audiovisuels protégés, notamment à travers le piratage des signaux d’autres opérateurs.

Selon le CSAC, ces pratiques constituent une violation grave des règles de la concurrence loyale, des droits des détenteurs de contenus ainsi qu’une menace pour l’ordre public médiatique.

Le retrait des fréquences demandé pour certaines chaînes

Dans le cas de Fou de Jésus TV et Mercure TV, l’organe de régulation des médias est allé plus loin en sollicitant officiellement auprès de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) le retrait des fréquences attribuées à ces chaînes. Dans une correspondance adressée au Directeur général de l’ARPTC, le président du CSAC, Christian Bosembe, estime que le maintien de ces médias sur les fréquences qui leur ont été accordées n’est plus compatible avec les exigences de légalité, de responsabilité et d’ordre public médiatique.

Le CSAC reproche notamment à ces chaînes d’avoir persisté dans des violations répétées malgré plusieurs avertissements et rappels à l’ordre.

Le CSAC veut mettre fin à l’impunité médiatique

À travers cette décision, le régulateur entend envoyer un message clair à l’ensemble du secteur audiovisuel congolais. Pour l’institution, la liberté de la presse et la liberté d’entreprendre dans les médias ne peuvent être assimilées à l’anarchie, à la fraude ou à la violation des droits des tiers.

Le CSAC affirme également vouloir protéger les opérateurs qui acquièrent légalement les droits de diffusion, s’acquittent des redevances requises et respectent les règles du secteur audiovisuel.

Le piratage des contenus protégés cause en effet d’importantes pertes économiques aux ayants droit, aux producteurs, aux distributeurs officiels ainsi qu’aux partenaires du secteur créatif.

Un avertissement à tous les médias

Au-delà des sanctions prises contre Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV, le CSAC prévient que les contrôles seront désormais renforcés dans l’ensemble du paysage médiatique congolais.

Les médias qui continueront à diffuser illégalement des programmes, films, compétitions sportives ou autres contenus protégés s’exposeront à des sanctions proportionnelles à la gravité des faits constatés.

L’Autorité de régulation annonce également un contrôle accru dans d’autres domaines sensibles, notamment la diffusion de la publicité dans les médias traditionnels, les plateformes numériques et les nouveaux supports de communication.

Restaurer l’ordre dans l’espace médiatique congolais

Par cette série de mesures, le CSAC affiche sa volonté de restaurer la discipline, la responsabilité et le respect des règles dans l’espace médiatique national.

L’institution rappelle que la régulation constitue une exigence légale visant à protéger le public, les professionnels sérieux du secteur, les ayants droit ainsi que l’équilibre de l’écosystème médiatique congolais.

La suspension de ces quatre chaînes apparaît ainsi comme un signal fort : les médias impliqués dans le piratage audiovisuel devront désormais répondre de leurs actes devant l’autorité de régulation.


Ebola en RDC : Tedros Adhanom assure que le pays a les moyens de contenir la nouvelle épidémie

En visite à Kinshasa, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réaffirmé le 29 mai 2016 le soutien de son institution à la République Démocratique du Congo dans la lutte contre la nouvelle flambée d’Ebola qui touche l’Est du pays. Reçu par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, il a salué l’expertise acquise par la RDC au fil des années et s’est montré confiant quant à la capacité du pays à maîtriser cette crise sanitaire.

L’OMS mise sur l’expérience congolaise

Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné que la RDC possède aujourd’hui une solide expérience dans la gestion des épidémies d’Ebola. Malgré les défis liés à l’insécurité et aux déplacements de populations dans les zones affectées, le patron de l’OMS estime que les autorités congolaises disposent des compétences nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée.

« La RDC a déjà démontré sa capacité à faire face à Ebola. Nous sommes convaincus qu’elle pourra une nouvelle fois maîtriser cette épidémie ».

Renforcer durablement le système de santé

Le Directeur général de l’OMS a également salué la volonté du gouvernement congolais de transformer cette crise en opportunité pour consolider le système national de santé.

Il a mis en avant les efforts déjà engagés par les autorités ainsi que l’appui des partenaires internationaux, tout en réaffirmant l’engagement de l’OMS à accompagner la RDC dans toutes les étapes de la riposte.

L’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo

Tedros Adhanom Ghebreyesus a reconnu que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo constitue l’un des principaux défis de cette épidémie.

Identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, cette souche a jusqu’ici provoqué peu de flambées, ce qui a limité les avancées de la recherche scientifique.

Selon l’OMS, plusieurs candidats vaccins et traitements sont néanmoins en cours de développement et pourraient être évalués dans le cadre de la réponse actuelle.

Contre la fermeture des frontières

Le responsable de l’OMS s’est également opposé aux restrictions de voyage et aux fermetures de frontières adoptées par certains pays. Pour lui, ces mesures ne permettent pas d’arrêter durablement la propagation du virus et peuvent même freiner la coopération internationale nécessaire à une riposte efficace.

« La meilleure façon de lutter contre Ebola est de soutenir les efforts déployés à l’épicentre de l’épidémie ».

Une visite à Bunia pour évaluer la riposte

Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé son déplacement à Bunia, en Ituri, afin de rencontrer les équipes engagées sur le terrain et d’évaluer les besoins opérationnels de la riposte. Cette mission vise à renforcer davantage le soutien de l’OMS aux autorités sanitaires congolaises dans la lutte contre l’épidémie.

Agir sur les causes profondes de la maladie

Évoquant le retour régulier d’Ebola en RDC, où cette flambée est la 17ème recensée officiellement, le Directeur général de l’OMS a souligné l’importance du travail communautaire. Selon lui, certaines pratiques à risque, notamment lors des funérailles et des enterrements, continuent de favoriser la transmission du virus lorsque les mesures sanitaires ne sont pas respectées.

Pour l’OMS, la lutte contre Ebola doit ainsi combiner renforcement du système de santé, sensibilisation des communautés, surveillance épidémiologique et coopération internationale afin de bâtir une réponse durable face aux futures épidémies.


RDC : « Nous sommes aussi des artistes », plaide Noëlla Budjamabe Moseka de l’Association des Femmes Stylistes du Congo

Une association créée pour valoriser les femmes stylistes et la trésorière de l’Association des Femmes Stylistes du Congo (AFSC), Noëlla Budjamabe Moseka, a expliqué les motivations ayant conduit à la création de cette structure qui réunit des professionnelles de la mode et de la couture en République Démocratique du Congo.

Selon Budjamabe Moseka, l’AFSC existe depuis deux ans et est née de la volonté de quelques stylistes de travailler dans un cadre plus restreint et plus efficace. « Nous avons essayé avec plusieurs associations réunissant beaucoup de personnes, mais cela ralentissait les initiatives. Quand dix personnes proposent une idée et que dix autres refusent, cela devient compliqué. Nous avons donc décidé de nous mettre ensemble à cinq pour faire avancer les choses avec plus de volonté », explique-t-elle.

Les stylistes créent des œuvres d’esprit

Interrogée sur le rôle des stylistes, Noëlla Budjamabe Moseka rappelle qu’il ne s’agit pas simplement de couture, mais d’un véritable travail artistique. « Nous créons des vêtements, nous les concevons et nous les réalisons. Quand on crée quelque chose, c’est une œuvre d’esprit. Donc, nous sommes aussi des artistes », affirme-t-elle.

Elle regrette cependant que les stylistes soient souvent marginalisés dans le paysage culturel congolais où, selon elle, le mot “artiste” est principalement associé aux musiciens et aux comédiens.

« Au Congo, quand on parle d’artistes, on pense directement aux musiciens. Pourtant, nous aussi, nous faisons de l’art », déplore-t-elle.

Une profession qui évolue avec le temps

Avec plus de vingt ans d’expérience dans la couture, la trésorière de l’AFSC estime que le métier de styliste a considérablement évolué. Elle reconnaît que certains couturiers avaient autrefois la réputation de ne pas respecter les délais, mais souligne qu’aujourd’hui la profession se professionnalise davantage grâce aux écoles spécialisées.

« Maintenant, la couture ne s’apprend plus seulement chez une tante ou une maman. Il existe des écoles où l’on apprend aussi la gestion du temps et le management », indique-t-elle.

Pour éviter les retards, elle affirme avoir instauré une organisation stricte dans son atelier. « Si mon calendrier est plein, je préfère refuser une commande plutôt que de ne pas respecter les délais donnés au client », précise-t-elle.

Les stylistes congolais réclament plus de reconnaissance

Noëlla Budjamabe Moseka regrette également le manque de valorisation des créations locales par certaines personnalités congolaises, notamment dans le milieu artistique. Car, de nombreux musiciens et personnalités publiques portent des créations congolaises sans toujours reconnaître publiquement le travail des stylistes locaux.

« Dans d’autres pays, les artistes sont fiers de dire qui les habille. Ici, certains préfèrent dire qu’ils ont acheté leurs vêtements ailleurs au lieu de valoriser les stylistes congolais », dénonce-t-elle.

Le prêt-à-porter n’a pas tué la couture congolaise

Contrairement à certaines idées reçues, la styliste estime que le prêt-à-porter importé n’a pas détruit la couture congolaise. Elle explique que la confection sur mesure conserve une valeur particulière grâce au travail personnalisé qu’elle exige.

« Un vêtement sur mesure demande beaucoup plus d’attention. On prend les mesures, on conçoit le modèle et on adapte le vêtement à la personne. C’est un travail plus complexe et plus coûteux que le prêt-à-porter », souligne-t-elle.

Les difficultés liées à l’électricité et aux embouteillages

Parmi les défis auxquels les stylistes font face à Kinshasa, Noëlla Budjamabe Moseka cite notamment les coupures d’électricité et les embouteillages. Pour continuer à satisfaire sa clientèle, elle dit recourir à des machines mécaniques ainsi qu’à un groupe électrogène, malgré les coûts supplémentaires que cela engendre.

« Les machines mécaniques ralentissent le travail et le carburant pour le générateur représente des dépenses supplémentaires. Cela peut parfois décaler les rendez-vous de livraison », explique-t-elle.

Malgré ces difficultés, la styliste affirme ne nourrir aucun regret concernant son métier.

« La couture est ma passion et mon gagne-pain. Si c’était à refaire, je serais encore couturière », conclut-elle, tout en appelant l’État congolais et la population à soutenir davantage les stylistes du pays.


RDC : la Fondation Bill Clinton pour la Paix exige la libération de Barnabé Milinganyo

La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) a demandé, le 27 mai 2026, la libération de Barnabé Milinganyo, arrêté à Kinshasa le 26 mai 2026 à la suite d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dans cette séquence, Barnabé Milinganyo affirmait que le président rwandais Paul Kagame serait d’origine congolaise, une déclaration qui a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique.

À travers un communiqué signé par son président, Emmanuel Adu Cole, la FBCP estime que ces propos relèvent de la liberté d’expression et ne constituent pas une infraction pénale.

La FBCP évoque la liberté d’expression

Dans son communiqué, l’organisation s’interroge sur les motifs ayant conduit à l’arrestation de Barnabé Milinganyo. « Peut-on arrêter une personne pour avoir déclaré que le président Paul Kagame a des origines congolaises ? », questionne la fondation.

Pour cette structure de défense des droits humains, les déclarations de Barnabé Milinganyo s’inscrivent dans le cadre du débat d’opinion et de la liberté d’expression garantie dans un État de droit.

La FBCP rappelle également que, par le passé, certaines personnalités avaient soutenu publiquement que l’ancien président libérien William Tolbert était d’origine congolaise, sans qu’aucune poursuite judiciaire ne soit engagée contre elles.

Un appel à une libération « pure et simple »

Face à cette situation, la Fondation Bill Clinton pour la Paix réclame la libération immédiate de Barnabé Milinganyo.

L’organisation estime que le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, constitue l’un des piliers essentiels de l’État de droit que la République Démocratique du Congo affirme vouloir consolider.

« Voilà pourquoi nous demandons sa libération pure et simple », conclut le communiqué rendu public à Kinshasa.

Barnabé Milinganyo a été interpellé le 26 mai 2026 à Kinshasa après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il affirmait que le président rwandais Paul Kagame aurait des origines congolaises.

Cette déclaration a rapidement provoqué des réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Les circonstances exactes de son arrestation ainsi que les éventuelles charges retenues contre lui n’ont pas encore été officiellement détaillées par les autorités compétentes.


Afrique : la croissance économique résiste malgré les tensions mondiales, selon la BAD

L’économie africaine continue de faire preuve de résilience malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le durcissement des conditions financières et les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement mondiales.

C’est ce qui ressort du rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 », publié le 26 mai 2026 à Brazzaville lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement.

Selon ce document, le continent a enregistré une croissance moyenne estimée à 4,4 % en 2025, avant un léger ralentissement attendu à 4,2 % en 2026. La croissance devrait ensuite rebondir à 4,4 % en 2027.

La BAD souligne que l’Afrique demeure l’une des régions les plus dynamiques au monde, avec vingt-deux pays affichant des taux de croissance supérieurs à 5 % en 2025.

Les matières premières et les réformes soutiennent l’économie

D’après le rapport, cette performance économique a été portée par plusieurs facteurs, notamment une meilleure gestion macroéconomique, une production agricole plus importante, le maintien des prix élevés des matières premières ainsi que la poursuite des réformes structurelles dans plusieurs pays africains.

Publié sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », le rapport insiste toutefois sur la nécessité pour le continent de renforcer ses capacités de financement.

La BAD estime qu’une croissance plus inclusive et plus résiliente passera par une mobilisation accrue des ressources internes, l’intégration des systèmes financiers africains, le développement des marchés de capitaux et un renforcement de l’autonomie financière du continent.

Des perspectives contrastées selon les régions

Les perspectives économiques varient d’une région africaine à l’autre. L’Afrique de l’Est devrait conserver sa position de région la plus dynamique du continent, avec une croissance attendue à 5,9 % en 2026 après 6,6 % en 2025, avant un rebond à 6,4 % en 2027.

En Afrique de l’Ouest, la croissance devrait rester relativement stable autour de 4,7 % en 2026, soutenue notamment par les investissements dans les infrastructures et la production agricole.

L’Afrique du Nord enregistrerait un ralentissement à 4,0 % en 2026 contre 4,4 % l’année précédente, en raison notamment des perturbations du commerce mondial et du recul de la demande touristique provenant des pays du Golfe.

L’Afrique centrale figure parmi les rares régions affichant une amélioration, avec une croissance qui devrait passer de 3,6 % en 2025 à 3,8 % en 2026 grâce au maintien de prix élevés du pétrole.

En Afrique australe, la croissance resterait plus faible, autour de 2,1 % en 2026, affectée par la baisse de la production minière et agricole ainsi que par la hausse des coûts énergétiques.

Une inflation persistante et des risques importants

Malgré ces perspectives encourageantes, la BAD avertit que plusieurs risques continuent de peser sur les économies africaines. L’inflation devrait demeurer élevée à 10,4 % en 2026, compliquant davantage la stabilité macroéconomique dans plusieurs pays.

Les tensions géopolitiques internationales, les perturbations prolongées des chaînes logistiques mondiales et la volatilité des marchés financiers pourraient également fragiliser davantage les équilibres budgétaires et accroître les pressions sur les dettes publiques.

Le rapport souligne aussi les risques liés à la fragmentation croissante de l’économie mondiale, susceptible de réduire les flux de financement extérieur et l’aide publique au développement.

Plus de 1.300 milliards de dollars américains manquent chaque année à l’Afrique

Le rapport de la BAD dresse également un constat préoccupant concernant le financement du développement du continent.

Selon l’institution, l’Afrique fait face à un déficit annuel supérieur à 1.300 milliards de dollars américains pour atteindre les Objectifs de développement durable.

Cette situation est attribuée notamment à une faible mobilisation des ressources nationales, à une intermédiation financière insuffisante ainsi qu’au resserrement des conditions de financement extérieur.

Cependant, la BAD estime que l’Afrique dispose d’importantes marges de manœuvre pour mobiliser davantage de ressources.

D’importants leviers de financement encore inexploités

Avec des réformes adaptées, le continent pourrait mobiliser jusqu’à 1.430 milliards de dollars américains par an grâce à une meilleure collecte des recettes publiques, une gestion plus efficace des investissements, la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites ainsi qu’au développement des partenariats public-privé.

Le rapport identifie notamment un potentiel de 469 milliards de dollars américains de recettes supplémentaires par an grâce à un renforcement de la mobilisation fiscale.

La BAD souligne également que les investisseurs institutionnels africains, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, gèrent près de 4.000 milliards de dollars américains d’actifs, dont moins de 2,7 % sont actuellement investis dans les infrastructures et les secteurs productifs du continent.

Vers une nouvelle architecture financière africaine

Pour renforcer la résilience économique du continent, le rapport recommande l’accélération de l’intégration financière africaine à travers les banques panafricaines, les marchés de capitaux intégrés ainsi que des instruments innovants comme la finance climatique et la finance islamique.

La BAD met également en avant le rôle stratégique de la nouvelle Agence africaine de notation de crédit, lancée en janvier 2026, pour corriger les biais perçus dans l’évaluation du risque souverain africain.

Le rapport insiste enfin sur l’importance de mécanismes continentaux comme le Mécanisme africain de stabilité financière afin d’aider les États africains à mieux gérer leurs besoins de financement et les risques liés à la dette.


Brazzaville : un mikiliste tué par un taxi conduit par un chauffeur ivre

Arrivé de France dimanche 24 mai 2026 avec l’espoir de retrouver sa famille, Patrick Kifoula n’aura passé qu’une seule journée à Brazzaville en République du Congo avant de perdre tragiquement la vie dans un accident routier survenu lundi soir 25 mai 2026 à Makélékélé, près du marché Bourreau, rapporte Brazza.maville sur Facebook.

Selon les témoignages relayés, le jeune homme venait de partager un repas familial chez sa mère et s’apprêtait à accompagner sa sœur pour lui montrer l’appartement où il séjournait. Alors qu’il traversait la route et pensait être en sécurité, un taxi l’a violemment percuté.

Un chauffeur sans permis et en état d’ivresse

Le choc a été d’une extrême violence. Patrick Kifoula est décédé sur le coup après avoir été projeté au sol, souffrant de graves fractures et d’un traumatisme crânien fatal.

Toujours selon les premières informations, le conducteur du taxi roulait en état d’ivresse et ne possédait pas de permis de conduire. Gravement blessé lui aussi dans l’accident, il aurait été admis dans un état critique.

L’indignation face au manque d’assistance

Le drame a également suscité une vive émotion en raison de l’attitude de plusieurs témoins présents sur les lieux. Des vidéos montrant la victime agonisant au sol ont circulé sur les réseaux sociaux, tandis que de nombreux badauds filmaient la scène sans intervenir.

Le corps de Patrick Kifoula serait resté exposé durant plusieurs heures avant sa prise en charge. Une situation qui relance le débat sur l’absence de formation aux gestes de premiers secours et sur les comportements observés lors des accidents dans les grandes villes africaines.

Sorcellerie et rumeurs sur les réseaux sociaux

Comme souvent après le décès brutal d’un membre de la diaspora, des rumeurs de sorcellerie et de jalousie mystique ont rapidement envahi les réseaux sociaux.

Plusieurs internautes ont dénoncé cette tendance à attribuer systématiquement les tragédies touchant les « mikilistes » à des causes surnaturelles, alors que les accidents de circulation restent fréquents et meurtriers au Congo comme ailleurs dans le monde.

Un nouveau drame qui relance la question de la sécurité routière

Ce drame remet une nouvelle fois en lumière les dangers liés à l’insécurité routière à Brazzaville, notamment la circulation de conducteurs non qualifiés ou sous l’emprise de l’alcool.

Au-delà de l’émotion, l’accident de Patrick Kifoula soulève aussi la question du civisme, de l’assistance aux victimes et de la responsabilité collective face aux drames urbains.


Ituri : le premier patient guéri d’Ebola quitte le centre de traitement

Une avancée encourageante a été constatée le 27 mai 2026 dans la lutte contre la 17ème épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo. Le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, à travers l’Institut National de Santé Publique, a annoncé la guérison et la sortie du tout premier patient pris en charge dans le cadre de la 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola déclarée dans la province de l’Ituri.

Cette annonce constitue un signal encourageant pour les équipes engagées dans la riposte contre cette nouvelle flambée épidémique qui continue de mobiliser les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires. Selon les autorités sanitaires, cette première guérison reflète l’efficacité de la prise en charge médicale, l’engagement du personnel de santé ainsi que la collaboration des communautés locales dans les zones affectées.

Une maladie qui continue de menacer les populations

La maladie à virus Ebola demeure l’une des épidémies les plus redoutées en Afrique en raison de son taux élevé de mortalité et de sa rapidité de propagation lorsqu’elle n’est pas rapidement maîtrisée. La République Démocratique du Congo fait partie des pays les plus touchés par cette maladie au cours des dernières décennies. Depuis la découverte du virus en 1976 près de la rivière Ebola dans l’ex-Équateur, le pays a connu plusieurs flambées épidémiques, notamment dans les provinces de l’Équateur, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

La 17ème épidémie actuellement en cours en Ituri intervient dans un contexte où les autorités sanitaires tentent de renforcer les capacités de surveillance, de dépistage et de prise en charge rapide des cas suspects afin d’éviter une propagation à grande échelle.

Les autorités appellent à maintenir la vigilance

Malgré cette première guérison, le ministère de la Santé insiste sur la nécessité de maintenir une vigilance maximale au sein des communautés. Les autorités sanitaires rappellent notamment l’importance de signaler rapidement tout cas suspect, de respecter les mesures d’hygiène et de prévention ainsi que de se laver régulièrement les mains.

Le gouvernement et les partenaires de santé poursuivent également les opérations de sensibilisation communautaire afin de limiter les risques de transmission du virus dans les zones concernées.

Une riposte soutenue par plusieurs partenaires

La lutte contre Ebola en RDC bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires nationaux et internationaux impliqués dans les interventions sanitaires d’urgence. Les équipes médicales, les agents de surveillance, les laboratoires mobiles ainsi que les structures de traitement restent mobilisés pour détecter rapidement les cas, assurer le suivi des contacts et interrompre les chaînes de transmission.

Les autorités sanitaires espèrent que cette première guérison renforcera la confiance des populations envers les dispositifs de prise en charge et encouragera davantage les communautés à collaborer avec les équipes de riposte.


RDC : le FNRSIT engage la modernisation de la recherche scientifique autour des normes internationales

Le Fonds national de recherche scientifique et de l’innovation technologique (FNRSIT) a lancé, le jeudi 28 mai 2026 à Kinshasa, un atelier de deux jours consacré au renforcement des capacités de ses cadres et agents. Cette rencontre réunit plusieurs responsables scientifiques et administratifs autour des enjeux liés à la gouvernance institutionnelle, à la modernisation des structures de recherche ainsi qu’à l’intégration des normes internationales de qualité, notamment la norme ISO 9001 version 2015.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Recherche scientifique et Innovation, Marie-Thérèse Sombo, du directeur général de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe, ainsi que du directeur général du FNRSIT, Dieudonné Mumba.

Marie-Thérèse Sombo appelle à une réforme profonde du système scientifique

Dans son discours d’ouverture, la ministre Marie-Thérèse Sombo a présenté cet atelier comme une étape importante dans la transformation du système national de recherche scientifique. Selon la ministre, la RDC ne peut envisager un développement durable sans une recherche scientifique structurée, financée et orientée vers les besoins réels du pays.

« Il ne s’agit pas d’une simple rencontre technique, mais d’un moment décisif dans la transformation de notre système national de recherche », a-t-elle déclaré. La ministre a souligné que cette réforme s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi et du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Elle a également insisté sur l’importance du respect des normes internationales afin de renforcer l’efficacité, la crédibilité et la compétitivité des institutions scientifiques congolaises. « La qualité n’est pas une option, c’est une obligation », a affirmé la ministre devant les participants.

Jean-Jacques Muyembe veut rapprocher la science de la politique

Le professeur Jean-Jacques Muyembe a regretté le faible intérêt accordé à la science dans les sphères politiques congolaises. Le directeur général de l’INRB estime que les scientifiques doivent jouer un rôle plus important dans la gestion des affaires publiques afin de contribuer activement au développement du pays.

« Souvent, lorsque les scientifiques organisent des manifestations, il y a très peu de ministres qui assistent à nos réunions. C’est comme si la science était éloignée de la politique », a-t-il déclaré.

Le célèbre virologue a aussi insisté sur l’importance des normes ISO dans le fonctionnement des institutions scientifiques et administratives. Absolument avis, le respect des standards internationaux constitue la meilleure voie pour permettre à la RDC de gagner en crédibilité et en reconnaissance sur le plan international.

Dieudonné Mumba mise sur une institution plus performante

Pour le directeur général du FNRSIT, Dieudonné Mumba, cet atelier doit permettre aux cadres et agents de l’institution de renforcer leurs compétences afin d’améliorer la gestion et le fonctionnement du fonds. Il estime que le FNRSIT doit devenir une institution moderne, crédible et performante capable d’accompagner efficacement le développement scientifique et technologique du pays.

Le responsable du FNRSIT a particulièrement insisté sur la nécessité d’instaurer une culture de performance, de responsabilité et de travail basé sur les résultats. D'après lui, le respect des normes internationales permettra également de renforcer la qualité des services et de moderniser les méthodes de gestion au sein de l’institution.

La recherche scientifique présentée comme un levier de développement

À travers cet atelier, les autorités congolaises affichent leur volonté de faire de la recherche scientifique et de l’innovation technologique un véritable moteur de transformation nationale.

Les participants sont appelés à renforcer la coordination entre les institutions scientifiques, à promouvoir une culture de qualité et à développer des mécanismes de gestion plus efficaces afin de répondre aux défis économiques, sanitaires et technologiques auxquels fait face la RDC.


Ebola en Ituri : l’UNICEF déploie plus de 100 tonnes de fournitures d’urgence en RDC

L’UNICEF a lancé une vaste opération aérienne d’acheminement de fournitures humanitaires vers la République Démocratique du Congo dans le cadre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans la province de l’Ituri. Selon l’agence onusienne, plus de 100 tonnes de matériel d’urgence sont en cours d’acheminement afin de renforcer les capacités de réponse face à la propagation du virus dans le nord-est du pays.

Cette opération bénéficie du soutien de l’Union européenne à travers les services humanitaires et de protection civile de la Commission européenne (ECHO).

Des équipements destinés aux agents de santé et aux communautés

La cargaison comprend notamment des équipements de protection individuelle pour les agents de santé de première ligne, des médicaments, des fournitures médicales ainsi que du matériel d’hygiène destiné à limiter la transmission du virus dans les communautés touchées.

Les équipements proviennent de l’entrepôt humanitaire de l’UNICEF basé à Copenhague et sont transportés grâce à un dispositif aérien humanitaire spécialisé.

Le représentant de l’UNICEF en RDC, John Agbor, actuellement en mission à Bunia, a indiqué que la situation reste particulièrement préoccupante. « Nous sommes engagés dans une véritable course contre la montre pour contenir cette épidémie », a-t-il déclaré, soulignant que ces fournitures sont essentielles pour protéger les équipes de terrain et soutenir les populations affectées, notamment les enfants.

Près de 100.000 personnes ciblées par l’assistance

D’une valeur estimée à plus de 751.000 dollars américains, cette première cargaison devrait bénéficier à près de 100.000 personnes vivant dans des zones déjà fragilisées par les conflits armés, les déplacements de populations et le manque d’accès aux services sociaux de base.

L’UNICEF indique travailler en étroite collaboration avec les autorités congolaises et les partenaires humanitaires dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la prévention et le contrôle des infections, l’approvisionnement médical, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène ainsi que la sensibilisation communautaire.

La sensibilisation communautaire au cœur de la lutte contre Ebola

Le directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a insisté sur l’importance de la communication et de l’implication des communautés dans la lutte contre Ebola.

Selon lui, les précédentes épidémies ont démontré que la confiance des populations constitue un élément clé dans la réussite de la riposte.

L’UNICEF affirme ainsi travailler avec les leaders communautaires, les groupes religieux, les associations de femmes, les organisations de jeunes et les agents de santé afin de renforcer la sensibilisation, la détection précoce des cas et l’adoption de pratiques sanitaires sûres.

Une épidémie en progression dans le nord-est de la RDC

Au 26 mai 2026, les autorités sanitaires congolaises avaient enregistré 121 cas confirmés d’Ebola ainsi que 17 décès parmi les cas confirmés. Plus de 1.077 cas suspects ont également été recensés dans plusieurs provinces et zones de santé du nord-est de la RDC.

Face à l’évolution rapide de l’épidémie, l’UNICEF a activé son niveau d’urgence maximal, appelé « urgence organisationnelle de niveau 3 ».

L’agence onusienne indique avoir déjà mobilisé plus de 6,5 millions de dollars américains sur ses propres ressources afin de soutenir les opérations d’urgence, en attendant des financements supplémentaires.

Ebola : une menace récurrente en RDC

La République Démocratique du Congo fait partie des pays les plus touchés par les épidémies d’Ebola depuis la découverte du virus en 1976 près de la rivière Ebola, dans l’actuelle province de l’Équateur.

Le pays a connu plusieurs flambées au cours des dernières décennies, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Équateur et de l’Ituri.

Les autorités sanitaires et les partenaires internationaux poursuivent actuellement les efforts pour limiter la propagation du virus et protéger les populations les plus vulnérables.


RDC : le ministère de la Santé lance le système LOGIMEV pour digitaliser la gestion des produits de santé

Le secrétaire général au ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a procédé, jeudi 29 mai 2026 à Kinshasa, au lancement officiel de la phase pilote du système LOGIMEV dans la ville-province de Kinshasa et au Maniema.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le Programme Élargi de Vaccination, UNICEF, Gavi ainsi que l’ONG internationale VillageReach.

À travers ce projet, les autorités sanitaires congolaises veulent renforcer la digitalisation du système de santé et moderniser la gestion logistique des produits médicaux et des vaccins.

Un système numérique pour améliorer la chaîne d’approvisionnement

Développé sur la plateforme OpenLMIS, LOGIMEV est conçu pour améliorer la visibilité des stocks, renforcer la traçabilité des produits de santé et fournir des données logistiques fiables en temps réel. Le système couvre déjà 154 produits de santé répartis dans 14 programmes nationaux, dont le Programme élargi de vaccination.

Selon le PEV, cette solution permettra notamment de limiter les ruptures de stock, d’améliorer la planification des approvisionnements et de renforcer la prise de décision à tous les niveaux du système de santé.

Le Programme élargi de vaccination a salué la collaboration avec la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et intrants essentiels, estimant que cette complémentarité est essentielle pour garantir une meilleure disponibilité des vaccins dans le pays.

Gavi et les partenaires soutiennent la réforme

Le représentant de Gavi, le Dr John Otomba, a indiqué que ce projet s’inscrit dans le cadre des financements RSS3 destinés à soutenir la modernisation de la chaîne d’approvisionnement sanitaire en RDC.

Il a souligné que LOGIMEV représente un outil stratégique capable de renforcer durablement la gestion des produits de santé grâce à des solutions numériques adaptées aux réalités du terrain.

Les partenaires ont également salué l’approche collaborative ayant réuni le ministère de la Santé, l’UNICEF, VillageReach, CHAI ainsi que plusieurs autres structures nationales et internationales.

VillageReach insiste sur la modernisation du système sanitaire

Le directeur des programmes de VillageReach, le professeur Patou Musumari, a estimé que LOGIMEV constitue une avancée majeure vers un système logistique plus transparent et plus performant.

Selon lui, cette initiative permettra d’améliorer la disponibilité des médicaments, vaccins et autres produits essentiels dans les structures sanitaires.

Il a également insisté sur l’importance du renforcement des capacités nationales afin de garantir une appropriation durable du système par les institutions congolaises.

L’UNICEF appelle à une mobilisation financière

De son côté, le délégué du représentant de l’UNICEF, le Dr Thomas Noël Gaha, a indiqué que l’extension du système à l’ensemble du territoire national nécessitera un financement estimé à près de 13 milliards de francs congolais.

Il a appelé les partenaires et bailleurs de fonds à accompagner le gouvernement congolais dans cette phase décisive du projet.

L’UNICEF a également insisté sur trois priorités majeures : faire de LOGIMEV un véritable système national sous le leadership du ministère de la Santé, garantir l’interopérabilité entre les différents outils numériques et assurer un suivi rigoureux de la phase pilote afin de préparer une future extension nationale.

Une étape vers la modernisation du système de santé

Avec le lancement de LOGIMEV, les autorités congolaises affichent leur ambition de renforcer durablement le système national de santé grâce à la digitalisation et à l’amélioration de la gestion des produits médicaux.

La phase pilote lancée à Kinshasa et au Maniema doit permettre d’évaluer le fonctionnement du système avant une éventuelle généralisation à l’ensemble du pays.


Vaccination en RDC : le PEV mobilise les leaders religieux pour renforcer la sensibilisation

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) a organisé, le 29 mai 2026, à Kinshasa, une séance de sensibilisation des leaders religieux sur l’importance de la vaccination dans la protection des communautés. Cette activité a été marquée par une visite guidée de l’entrepôt national de stockage des vaccins de Kinkole, dans la commune de la N’sele, afin de permettre aux responsables des confessions religieuses de mieux comprendre le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement des vaccins.

Le PEV veut faire des églises des partenaires de proximité

Le médecin directeur adjoint du PEV, le docteur Augustin Milapio, a expliqué que cette initiative vise à renforcer la collaboration avec les leaders religieux considérés comme des acteurs influents au sein des communautés. Après avoir travaillé avec les relais communautaires et les professionnels des médias, le PEV souhaite désormais intégrer davantage les responsables religieux dans les campagnes de sensibilisation sur la vaccination.

« Nous voulons maintenant que les leaders religieux deviennent nos partenaires traditionnels », a-t-il déclaré.

Le responsable du PEV estime que les chefs religieux disposent d’une importante capacité d’influence sur les comportements des populations et peuvent contribuer à renforcer la confiance autour des vaccins.

La vaccination présentée comme une protection contre les maladies infectieuses

Le docteur Milapio a rappelé que les maladies infectieuses continuent de représenter une menace majeure en Afrique, particulièrement dans les pays au climat tropical comme la RDC. Il a cité notamment la rougeole, la poliomyélite, la tuberculose ou encore la fièvre typhoïde parmi les maladies qui affectent encore les populations africaines.

Selon lui, la vaccination demeure le moyen le plus efficace pour interrompre la chaîne de transmission de ces maladies et renforcer l’immunité collective.

« Même les personnes non vaccinées peuvent être protégées lorsque la majorité de la population est vaccinée », a-t-il expliqué.

Le PEV appelle à combattre les fausses perceptions sur les vaccins

Le médecin directeur adjoint du PEV a également regretté les préjugés persistants autour des vaccins en RDC.

Il a souligné que plusieurs vaccins coûtent très cher sur le marché international et que leur mise à disposition gratuite grâce aux partenaires ne signifie nullement qu’ils sont de mauvaise qualité. Le responsable sanitaire a enfin appelé les leaders religieux à relayer des messages de sensibilisation permanents auprès de leurs fidèles afin de protéger les enfants et les communautés contre les maladies évitables par la vaccination.

Une stratégie pour améliorer la couverture vaccinale

À travers cette démarche, le Programme élargi de vaccination espère renforcer la couverture vaccinale en RDC et lutter contre les résistances observées dans certaines communautés. Le PEV mise ainsi sur l’implication des leaders religieux pour améliorer l’adhésion des populations aux programmes de vaccination et soutenir les efforts de santé publique dans le pays.

Réaction d'un chef religieux 

Mafungu Mayanda Muviniki, l’un des représentants légaux au sein d’une plateforme regroupant des leaders religieux a déclaré que "très souvent, lorsque des messages sont diffusés pour encourager la vaccination des enfants, d’autres messages apparaissent également et sèment la confusion au sein de la population".

Sur les réseaux sociaux, on voit circuler plusieurs messages disant aux parents de ne pas donner certains produits aux enfants ou de ne pas les faire vacciner, sous prétexte que cela pourrait leur nuire ou même les tuer.

Et de s'interroger s’il existe un service chargé de contrôler ou de vérifier les personnes qui diffusent ces messages ? Qui sont réellement ces personnes qui propagent ces informations ? Parce que ces messages créent aussi beaucoup de confusion et de peur dans la communauté.


« Je ne veux plus voir ça ! » : quand la colère de Tshisekedi expose les failles de gouvernance autour du pouvoir

Une phrase qui a résonné bien au-delà du marché Zando

« Je ne veux plus voir ça ! » Cette phrase prononcée avec colère par le président Félix-Antoine Tshisekedi lors de sa visite au grand marché de Kinshasa, communément appelé Zando, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Mais au-delà de l’émotion du moment, cette sortie présidentielle révèle surtout un malaise bien plus profond : le manque de sérieux, de discipline, d’éthique et, parfois même, de professionnalisme de certains responsables qui entourent le chef de l’État.

Le président semblait visiblement irrité par l’état de certaines installations et par des dysfonctionnements qui, manifestement, n’auraient jamais dû exister dans un projet présenté comme une vitrine de modernisation de la capitale congolaise. Cette réaction traduit également une frustration politique face à des collaborateurs qui peinent souvent à traduire les ambitions présidentielles en résultats visibles et durables.

Le problème n’est pas seulement le marché Zando 

Le véritable problème dépasse largement les murs du marché Zando. Cette scène symbolise une réalité devenue fréquente dans plusieurs secteurs de la gouvernance congolaise : projets mal exécutés, absence de suivi rigoureux, improvisation administrative, lenteurs bureaucratiques et manque de redevabilité.

Très souvent, les autorités annoncent de grands projets avec enthousiasme, mais la phase d’exécution révèle des défaillances inquiétantes. Les infrastructures sont parfois livrées sans contrôle de qualité suffisant, certains responsables cherchent davantage à impressionner politiquement qu’à garantir des résultats durables, et la culture du travail bien fait semble progressivement céder la place à la culture de l’apparence.

Le président Tshisekedi lui-même semble de plus en plus confronté à cette réalité. Derrière les cérémonies officielles, les discours et les inaugurations, les Congolais attendent surtout des résultats concrets dans leur vie quotidienne : des routes praticables, des marchés organisés, des hôpitaux fonctionnels, de l’eau, de l’électricité et des emplois.

Le déficit de professionnalisme fragilise l’action publique

L’une des grandes faiblesses de nombreux systèmes publics africains reste le déficit de professionnalisme dans la gestion des affaires publiques. Trop souvent, certaines nominations obéissent davantage à des équilibres politiques, familiaux ou communautaires qu’à la compétence et à l’expérience.

Résultat : des projets mal coordonnés, des fonds parfois gaspillés et une administration qui peine à répondre efficacement aux attentes de la population. Dans certains cas, les responsables semblent davantage préoccupés par leur visibilité médiatique, leurs intérêts personnels ou leur proximité avec le pouvoir que par la qualité du service rendu aux citoyens.

Or, gouverner un pays moderne exige de la rigueur, de la discipline et une véritable culture de résultats. Les populations ne jugent pas un pouvoir sur les promesses, mais sur l’impact concret des politiques publiques.

Tshisekedi face au piège de son propre entourage 

Comme beaucoup de dirigeants africains avant lui, Félix Tshisekedi risque aujourd’hui d’être politiquement fragilisé non seulement par l’opposition, mais aussi par les insuffisances de certains hommes qui composent son système de gouvernance.

L’histoire politique africaine montre que plusieurs chefs d’État ont souvent été victimes de la mauvaise qualité de leur entourage. Lorsque les conseillers, ministres, directeurs ou gestionnaires publics manquent de compétence ou de sens de responsabilité, c’est l’image même du président qui finit par être affectée.

La colère exprimée à Zando ressemble ainsi à un message d’avertissement lancé à son propre camp : le temps de l’improvisation et du laisser-aller devrait normalement toucher à sa fin.

Restaurer la culture de l’excellence dans la gestion publique 

La RDC a aujourd’hui besoin d’une véritable révolution de la gouvernance publique. Le pays ne manque ni de ressources, ni de talents, ni de potentiel humain. Ce qui fait souvent défaut, c’est la capacité à instaurer une culture de discipline, d’efficacité, de mérite et de responsabilité dans la gestion de l’État.

Les grands projets publics devraient être suivis par des mécanismes stricts d’évaluation, de contrôle de qualité et de redevabilité. Les responsables incapables de produire des résultats devraient être sanctionnés, tandis que les compétences sérieuses devraient être davantage valorisées.

Une colère présidentielle qui traduit aussi l’impatience des Congolais

Au fond, la phrase « Je ne veux plus voir ça ! » ne traduit pas seulement la colère d’un président ; elle reflète aussi l’exaspération silencieuse de millions de Congolais fatigués des promesses non tenues, des projets inachevés et des dysfonctionnements permanents.

Les Congolais ne demandent pas de miracles. Ils demandent simplement un État qui fonctionne, des dirigeants responsables et une gouvernance capable de transformer les richesses du pays en amélioration concrète des conditions de vie.

Car au final, le véritable défi de Félix Tshisekedi ne sera peut-être pas seulement de convaincre ses adversaires politiques, mais surtout de réussir à imposer autour de lui une culture de compétence, de sérieux et de résultats. Et c’est probablement là que se jouera une grande partie de son héritage politique.

Daniel Massamba Meboya


Retour au bercail sous condition : à Lukala, les enfants imposent un “avenant” au papa fugueur

Dans la cité de Lukala, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, province du Kongo Central, tout le monde ou presque connaît "La Cadette". Une femme réputée pour sa gentillesse, son sourire permanent et son courage à toute épreuve. Très jeune, elle tombe amoureuse d’un bel homme sans emploi stable, mais débrouillard dans le petit commerce. Les deux amoureux se marient civilement et religieusement dans une simplicité presque biblique : une chambre, un salon… et pratiquement aucun meuble.

À l’époque, la femme du bailleur leur offre quelques ustensiles de cuisine, une petite table et une unique chaise. Une seule chaise pour deux amoureux, cela peut sembler compliqué… mais pour eux, c’était le luxe. « Après avoir préparé le repas dans une casserole, je servais d’abord le plat dans une grande assiette avant de laver la casserole pour préparer le foufou », raconte-t-elle avec émotion.

Le couple mangeait alors côte à côte sur l’unique chaise, heureux comme des rois malgré les difficultés. Comme quoi, l’amour peut parfois remplacer le salon complet.

Le petit commerçant devient “international”… puis polygame confirmé

Au fil des années, le mari développe ses activités commerciales jusqu’à traverser régulièrement le fleuve Congo pour vendre ses marchandises au Congo-Brazzaville. La famille s’agrandit également avec la naissance de cinq enfants. Mais pendant que les enfants grandissaient, le cœur du mari, lui, semblait chercher plusieurs adresses à la fois.

Après quelques années de mariage, l’homme prend officiellement une deuxième épouse à Kimpese, dans le territoire de Songololo, sans compter plusieurs relations parallèles “de gauche à droite”, selon les proches du dossier sentimental.

Peu à peu, il abandonne son premier foyer de Lukala pour s’installer avec sa nouvelle épouse. Derrière lui, il laisse une femme et cinq enfants pratiquement sans assistance.

La Cadette transforme les souffrances en ciment solide. Heureusement, avant sa fuite conjugale, le mari avait acheté un terrain dans la cité de la Cimenterie de Lukala, aujourd’hui connue sous le nom de CILU. Pendant que monsieur construisait une nouvelle vie à Kimpese, la Cadette, elle, construisait une vraie maison.

À force de travaux champêtres, de petit commerce et d’innombrables sacrifices, elle réussit à scolariser ses cinq enfants jusqu’à la fin des études secondaires. Une mission accomplie avec “mille peines”, comme disent les voisins. Avec ses modestes revenus, elle parvient aussi à bâtir une maison composée de deux chambres, un salon et une cuisine. Certains enfants ont même quitté le nid familial pour louer leurs propres maisons ailleurs.

Le retour du mari prodigue… bloqué par un problème immobilier

Les années passant, la vie finit par rattraper le mari. Ses affaires commerciales chutent, et dans son second ménage, l’ambiance devient électrique. Selon les proches, la deuxième épouse ne lui témoigne plus le même respect depuis que l’argent se fait rare. L’homme vivrait désormais un véritable calvaire à Kimpese.

Fatigué des humiliations, il décide alors de demander pardon à sa première femme et à ses enfants pour les avoir abandonnés pendant tant d’années.

La Cadette accepte de pardonner. Mais les enfants, eux, ont sorti le règlement intérieur de la maison.

Les enfants posent une seule condition à leur père pour réintégrer le foyer familial, construire une troisième chambre. Et pour cause, dans la maison actuelle, les garçons occupent une chambre, tandis que la mère et les filles dorment dans l’autre. Impossible donc de réintégrer papa sans “extension immobilière”. Le problème, c’est que le père n’a actuellement ni moyens financiers ni matériaux pour lancer les travaux. Résultat, son retour au bercail reste suspendu à un chantier qui ne démarre pas.

Entre Lukala et Kimpese, un homme coincé par trois rangées de briques

En attendant de réunir le ciment, les blocs et peut-être aussi un peu de courage, l’homme continue de vivre chez sa deuxième épouse à Kimpese, dans des conditions décrites comme difficiles.

Pendant ce temps, à Lukala, la Cdette poursuit tranquillement sa vie dans la maison qu’elle a construite à la sueur de son front.

Elle attend toujours le retour de son mari. Lui aussi veut revenir. Mais entre les deux, il manque encore… une troisième chambre.

Comme quoi, parfois dans la vie, le pardon est gratuit… mais le retour coûte quelques briques de plus.