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dimanche 25 octobre 2026

RDC : cybersécurité, diplomatie et transformation locale des minerais au cœur de la 101ème réunion du Conseil des ministres

Le président Félix-Antoine Tshisekedi a présidé, vendredi 23 octobre 2026, à la cité de l’Union africaine, à Kinshasa, la 101ème réunion ordinaire du Conseil des ministres. Les échanges ont porté sur le renforcement de la cybersécurité, la coordination de l’action diplomatique, la transformation locale des ressources minières, la protection des héritiers vulnérables et la sécurisation des approvisionnements du pays par le corridor central.

Cybersécurité : un impératif de souveraineté nationale

Dans sa communication, le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence institutionnelle dans la conduite de la diplomatie congolaise. Il a réaffirmé le rôle central du ministère des Affaires étrangères comme principal canal de communication avec les missions diplomatiques accréditées en République Démocratique du Congo.

Le chef de l’État a appelé à une meilleure coordination des initiatives internationales des membres du gouvernement, afin d’éviter les démarches parallèles susceptibles de compromettre la crédibilité de la diplomatie nationale.

La Première ministre est chargée de veiller à la cohérence des actions diplomatiques du gouvernement. Un mécanisme permanent de coordination avec la Primature doit également être mis en place pour faciliter les échanges et assurer le suivi des accords intergouvernementaux, en collaboration avec les ministères concernés.

Face aux vulnérabilités des systèmes informatiques, Félix-Antoine Tshisekedi a présenté la protection des infrastructures numériques comme un enjeu de sécurité nationale, de souveraineté numérique et de continuité de l’action publique.

Le ministère des Postes et Télécommunications, en concertation avec celui du Numérique et les structures compétentes, a été chargé de coordonner un audit de sécurité des infrastructures numériques publiques et de proposer des mesures urgentes.

Les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Finances à travers la Banque centrale du Congo, devront également renforcer la surveillance et la protection des systèmes sensibles, ainsi que la sécurité des opérations de paiement.

Transformation locale des minerais : Mutoshi appelé à devenir un centre d’excellence

Le troisième axe de la communication présidentielle a concerné la transformation locale des ressources minières stratégiques. Le chef de l’État a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire des minerais congolais un levier de souveraineté économique et d’industrialisation. Cette ambition repose sur le développement des compétences nationales, la recherche et la maîtrise des technologies liées aux chaînes de valeur industrielles, en particulier celle des batteries.

Dans cette perspective, le Conseil des ministres a salué le démarrage effectif du projet de transformation de l’Institut technique Mutoshi, à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en centre d’excellence.

Porté par la Gécamines, en partenariat avec les acteurs des secteurs des mines, de l’électricité et de l’éducation, ce projet vise à renforcer les capacités locales de formation et à mieux préparer les compétences nationales aux besoins de l’industrie minière et énergétique. La Première ministre a soulevé la nécessité d’engager une réforme globale du régime des successions en RDC.

Cette réforme vise à mieux protéger les héritiers vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les enfants mineurs, souvent exposés aux dépossessions et aux conflits familiaux après le décès d’un proche.

Les ministères de la Justice, de l’Intérieur, des Finances et des Affaires foncières ont reçu des instructions pour dresser un état des lieux de la situation et proposer des mesures législatives susceptibles de renforcer la protection des droits successoraux.

Sécurité nationale : situation territoriale et tensions à l’étranger

Le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, a présenté le rapport sur l’état du territoire et son administration.

Ce point a porté sur les développements sécuritaires liés au mouvement M23, présenté dans le compte-rendu comme un groupe supplétif de l’agression rwandaise, ainsi que sur les réactions suscitées par l’officialisation de prises d’armes attribuées à l’ancien président sous l’appellation de « M23 rénové ».

Le Conseil a également été informé des tensions apparues à la suite des perquisitions menées à Bruxelles dans les résidences de certains proches du président de la République.

Inondations, intempéries et violences intercommunautaires

La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, a présenté la situation humanitaire dans plusieurs régions du pays. Le rapport a fait état d’inondations à Mbandaka et dans la commune de Wangata, dans la province de l’Équateur, ainsi que de fortes intempéries à Kasongo, dans la province du Maniema.

Des violences intercommunautaires ont également été signalées à Yanja-Li 2, dans le territoire d’Isangi. La situation des Congolais réfugiés au Burundi a, par ailleurs, été examinée. Ces différents événements soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes d’assistance aux populations affectées et d’assurer un suivi des besoins humanitaires sur le terrain.

Mpox : la riposte se poursuit dans sept provinces

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a présenté un état de la situation épidémiologique, avec un accent particulier sur la riposte contre la variole du singe, également appelée Mpox.

La maladie demeure sous surveillance dans sept provinces, tandis qu’une attention particulière est accordée à la zone de Mandima, en Ituri.

Le rapport a également mis en avant l’élargissement du réseau des laboratoires et des centres de traitement afin de renforcer les capacités de détection, de prise en charge et de riposte face à la maladie.

Affaires étrangères : relance du projet e-Visa

Le ministère des Affaires étrangères prévoit de relancer le processus de mise en place du dispositif électronique e-Visa, après l’annulation d’un précédent contrat jugé non viable.

Des ateliers techniques sont annoncés pour novembre 2026. L’objectif est de moderniser et d’harmoniser les procédures de délivrance des visas, dans une perspective d’amélioration du service public et de rationalisation du système.

Enseignement supérieur : consolider le système LMD

Concernant l’enseignement supérieur et universitaire, les orientations pour l’année académique 2026-2027 ont été présentées au Conseil.

Elles portent sur la consolidation du système Licence-Master-Doctorat (LMD), le développement des innovations pédagogiques et le renforcement de la recherche scientifique.

Le gouvernement entend poursuivre les réformes engagées tout en s’attaquant aux fragilités persistantes du système universitaire.

Médias, justice et sécurité : renforcer la protection des journalistes

Le ministre de la Communication et des Médias a présenté les conclusions de la table ronde « Médias, Justice et Sécurité », organisée le 12 octobre 2026 à Kinshasa. Les travaux ont débouché sur l’approbation de mécanismes destinés à protéger les journalistes en danger.

La numérisation des cartes d’identité professionnelle des journalistes par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) figure également parmi les mesures annoncées. Cette démarche vise à moderniser les outils d’identification professionnelle et à contribuer à l’amélioration de l’encadrement du secteur médiatique.

Corridor central : sécuriser les importations et les exportations

Au chapitre de l’examen et de l’adoption des dossiers, le ministre du Commerce extérieur a présenté la stratégie gouvernementale visant à mieux capter, sécuriser et maîtriser les flux commerciaux transitant par le port de Dar es-Salaam et les autres infrastructures du corridor central.

Cette orientation vise à sécuriser les approvisionnements des provinces de l’est et du sud-est de la RDC, en améliorant le suivi des marchandises et la coordination des opérations de transport.

Le gouvernement prévoit l’élaboration d’une feuille de route conjointe avec la Tanzanie ainsi que la mise en place d’un système électronique de traçabilité des frets.

Ce dispositif devrait contribuer à améliorer la visibilité sur les marchandises, à faciliter leur suivi et à renforcer la maîtrise des flux d’importation et d’exportation empruntant cet axe régional.


Ebola en RDC : la surveillance transfrontalière renforcée à Aba pour prévenir la propagation du virus

Face à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo qui touche plusieurs zones de santé du Haut-Uélé, les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo et du Soudan du Sud renforcent leur collaboration à Aba. Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les deux pays misent sur la surveillance, le partage d’informations et la sensibilisation des communautés, notamment des réfugiés sud-soudanais.

Les réfugiés mobilisés dans la prévention

« L’information est importante. Être informé fait partie de la prévention », souligne Cosmas Sandani Lasuba, réfugié sud-soudanais vivant dans le camp de Méri, dans la zone de santé d’Aba, à environ 18 kilomètres de la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud.

Président des réfugiés sud-soudanais installés sur ce site, il participe à une séance de sensibilisation consacrée à la maladie à virus Bundibugyo. Son rôle consiste à relayer les messages de prévention auprès des autres réfugiés.

« Les gens doivent se laver les mains et respecter la distanciation. Je pense que c’est très important pour éviter d’être contaminé par Ebola », explique-t-il.

À l’instar de Cosmas Sandani Lasuba, les responsables communautaires sont appelés à contribuer à la diffusion des bonnes pratiques sanitaires auprès des populations. Plus de 26.000 réfugiés sud-soudanais vivent dans la zone de santé d’Aba, ce qui renforce l’importance de la sensibilisation et de la surveillance épidémiologique.

Aba, une zone stratégique à la frontière

Située à environ 436 kilomètres d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, Aba occupe une position stratégique dans la surveillance sanitaire entre la RDC et le Soudan du Sud.

La proximité des communautés, les déplacements transfrontaliers et les mouvements réguliers des réfugiés imposent une vigilance permanente aux autorités sanitaires des deux pays.

Cette situation intervient alors que l’épidémie d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo, touche plusieurs zones de santé du Haut-Uélé. Au 17 octobre 2026, la province avait enregistré 408 cas confirmés et 176 décès, tandis que sept de ses treize zones de santé étaient touchées.

Bien qu’aucun cas n’ait été signalé à Aba à cette date, sa situation géographique et les mouvements de populations en font un point de vigilance important pour prévenir une éventuelle propagation du virus.

La RDC et le Soudan du Sud coordonnent leur riposte

Pour limiter les risques, les autorités sanitaires congolaises et sud-soudanaises, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé, intensifient leur coopération transfrontalière.

L’objectif est de détecter rapidement toute alerte, d’échanger les informations nécessaires et de coordonner les interventions en cas de suspicion ou de confirmation d’un cas.

Pour le Dr Simon Sebit Yatoma, directeur médical du comté de Yei River, au Soudan du Sud, cette collaboration est essentielle compte tenu de la proximité géographique entre les zones concernées.

« Ebola est en RDC et la RDC est proche de Yei. C’est pourquoi nous travaillons ensemble afin que, si un cas survenait, nous soyons capables de réagir ensemble, rapidement ».

Il insiste également sur la nécessité d’une solidarité entre les deux pays face à la menace épidémique en disant que « les virus n’ont pas de frontières et seule notre solidarité peut nous aider à les vaincre ».

Une feuille de route pour renforcer la surveillance

Les responsables sanitaires de la RDC et du Soudan du Sud se sont réunis à Aba afin de définir des mécanismes communs de surveillance et de réponse à l’épidémie.

À l’issue des échanges, une feuille de route a été adoptée. Elle prévoit le partage d’informations, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la conduite d’investigations conjointes et l’amélioration de la communication sur les risques sanitaires.

Cette approche vise à permettre aux équipes des deux pays de réagir de manière coordonnée face à toute alerte et à réduire les risques de propagation transfrontalière.

Dans cette zone où cohabitent communautés locales et réfugiés, la sensibilisation demeure un maillon essentiel du dispositif. L’implication des responsables communautaires, à l’image de Cosmas Sandani Lasuba, contribue à faire de l’information et de la prévention des outils indispensables dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola en RDC


Mongala : tensions meurtrières à Lisala après le recouvrement forcé des taxes

La ville de Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, est secouée par des manifestations contre une opération de recouvrement forcé des taxes visant les conducteurs de motos. Selon un bilan provisoire rapporté localement, quatre personnes, dont deux policiers et deux civils, ont été tuées lors d’affrontements survenus vendredi 23 octobre 2026. La population réclame le départ du gouverneur Jean Collins Makaka Pap’Ekaka.

Une taxe de 95.000 francs congolais au cœur de la contestation

La tension est montée à Lisala à la suite d’une opération de recouvrement des taxes provinciales auprès des conducteurs de motos, auxquels il est demandé de débourser 95.000 francs congolais pour l’achat d’une plaque d’immatriculation.

Cette mesure suscite le mécontentement d’une partie des conducteurs motos et des habitants, qui contestent le montant exigé et s’interrogent sur l’utilisation des recettes collectées. Pour ces derniers, les prélèvements fiscaux devraient se traduire par une amélioration visible des conditions de vie et des services publics.

Selon les informations rapportées localement, le gouverneur Jean Collins Makaka aurait averti les conducteurs qui refuseraient de se conformer à cette obligation qu’ils s’exposeraient à des arrestations. Cette déclaration présumée aurait contribué à exacerber les tensions entre les autorités provinciales et les contestataires.

La mobilisation a progressivement pris de l’ampleur, transformant le désaccord autour de la fiscalité en une crise sociale et sécuritaire.

Mercredi : blessés, dégâts matériels et arrestations

Les premières manifestations, organisées mercredi 21 octobre 2026, ont été marquées par des incidents violents. Plusieurs personnes auraient été blessées et des dégâts matériels signalés.

Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations parmi les conducteurs de motos impliqués dans la contestation.

Ces interpellations ont contribué à alimenter le mécontentement, alors que les manifestants dénonçaient les modalités du recouvrement des taxes et réclamaient des explications aux autorités provinciales.

Jeudi : des conducteurs de motos interpellés présentés devant la justice

Le lendemain, jeudi 22 octobre 2026, le Tribunal de paix de Lisala a organisé une audience publique en chambre foraine devant la prison centrale de la ville. Cette audience concernait les personnes arrêtées lors des manifestations, parmi lesquelles figuraient plusieurs conducteurs de motos.

La procédure judiciaire est intervenue dans un climat déjà tendu, marqué par les revendications des conducteurs des motos et les appels d’une partie de la population à un changement à la tête de la province.

Vendredi 23 octobre 2026 : des affrontements meurtriers lors d’une tentative de transfert des détenus

La situation s’est davantage détériorée vendredi 23 octobre 2026, lorsque des conducteurs des motos auraient appris que leurs collègues détenus devaient être transférés vers la prison militaire d’Angenga, sur instruction attribuée au gouverneur.

Pour empêcher ce transfert, certains manifestants auraient barricadé la route. La police et les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sont ensuite intervenues, provoquant de nouveaux affrontements.

Selon un bilan provisoire communiqué dans les informations disponibles, ces violences auraient fait quatre morts, dont deux policiers et deux civils.

Les circonstances précises de ces décès, les responsabilités dans les affrontements et le bilan définitif restent à établir de manière indépendante.

La population réclame le départ du gouverneur

Malgré la reprise de la circulation, le climat demeure tendu à Lisala. Une partie de la population continue de réclamer le départ de Jean Collins Makaka Pap’Ekaka, dont la gestion de l’opération de recouvrement des taxes est vivement contestée.

La crise met en évidence les tensions autour de la pression fiscale, de la perception des recettes publiques et des méthodes employées pour faire respecter les obligations administratives.

Dans ce contexte, la clarification des modalités de paiement des taxes, la transparence sur l’affectation des recettes et le respect des procédures légales apparaissent comme des enjeux majeurs pour apaiser la situation.

Alors que les violences ont fait des victimes, l’évolution de la situation à Lisala reste préoccupante. Des informations officielles sur le bilan des affrontements, les arrestations et les mesures envisagées par les autorités provinciales permettraient de mieux cerner les suites de cette crise.


RDC : les FARDC démentent le recrutement des étudiants dans l’armée

Les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont démenti, samedi 24 octobre 2026, une information circulant sur les réseaux sociaux faisant état d’un prétendu recrutement d’étudiants encore en formation dans les universités. Dans un communiqué de presse, l’état-major général dénonce un document présenté comme officiel, mais dont l’en-tête, le cachet et la signature ne seraient pas conformes aux communications officielles de l’armée.

Un faux communiqué diffusé sur les réseaux sociaux

Les FARDC alertent l’opinion publique sur la circulation d’un document daté du 22 octobre 2026, annonçant le recrutement d’étudiants universitaires au sein de l’armée congolaise.

Selon le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, ce document n’émane pas des services officiels de communication des Forces armées. Il comporte notamment des éléments d’identification jugés non conformes, dont l’en-tête, le cachet et la signature.

L’armée considère cette publication comme une fausse information, diffusée délibérément par un individu malintentionné dans le but de semer la confusion au sein de la population et de porter atteinte à la crédibilité de l’institution militaire.

Les FARDC rappellent les conditions de recrutement

Dans son communiqué, l’état-major général précise que le recrutement des spécialistes au sein des FARDC s’effectue sur titre. Les candidats concernés doivent également se soumettre au concours national obligatoire.

Le porte-parole de l’armée indique, à ce sujet, que ce concours venait de se dérouler le mois précédent, soit en septembre 2026.

Cette précision vise à clarifier les modalités officielles d’accès aux Forces armées et à dissiper toute confusion liée à la prétendue campagne de recrutement des étudiants en cours de formation universitaire.

La population appelée à ne pas relayer la fausse information

Face à la propagation de ce document, les FARDC exhortent la population à ne pas prendre son contenu au sérieux. Elles invitent ainsi l’opinion à faire preuve de vigilance face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux et à ne pas accorder de crédit aux annonces de recrutement qui ne proviennent pas de leurs canaux officiels.

Le communiqué a été signé à Kinshasa, le 24 octobre 2026, par le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, porte-parole des Forces armées de la RDC.

Les FARDC rappellent, à travers cette mise au point, l’importance de se référer à leurs communications officielles pour toute information relative au recrutement au sein de l’armée congolaise.


Nord-Kivu : l’OMS mobilise les leaders religieux contre Ebola à Alimbongo

Dans la zone de santé d’Alimbongo, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) renforcent la sensibilisation communautaire pour freiner la propagation de la maladie à virus Bundibugyo, une forme de maladie à virus Ebola.

À Nduta, des centaines de fidèles de la 55ème Communauté évangélique baptiste au Congo Est (CEBCE) ont été sensibilisés aux mesures de prévention, à la détection précoce des cas suspects et à l’importance de signaler rapidement les décès inhabituels. Les responsables religieux sont appelés à devenir des relais de confiance pour combattre les rumeurs et encourager la collaboration avec les équipes de santé.


À Nduta, un rassemblement religieux transformé en séance de sensibilisation

Ce qui devait être une célébration spirituelle à l’occasion du départ à la retraite d’un responsable religieux de la 55ème CEBCE s’est transformé en une mobilisation communautaire contre la maladie à virus Bundibugyo. Sur l’esplanade de la paroisse de Nduta, dans la zone de santé d’Alimbongo, des centaines de fidèles, de responsables religieux et de leaders communautaires ont suivi les messages de prévention transmis par les équipes sanitaires.

Cette activité, organisée par la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu avec l’appui de l’OMS, à travers le pilier Communication des risques et engagement communautaire (CREC), vise à renforcer la vigilance de la population face à la circulation du virus.

Dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo, confrontée à des crises sanitaires, sécuritaires et humanitaires récurrentes, les autorités sanitaires estiment que la lutte contre l’épidémie doit également se mener au sein des familles et des villages, au-delà des structures de soins.

La détection précoce, un enjeu majeur pour freiner la transmission

Pour le médecin chef de zone de santé d’Alimbongo, le Dr Thadée Kaveho Masumbuko, l’implication de la population est déterminante dans la riposte.

« Le combat contre la maladie à virus Bundibugyo se remporte surtout dans les communautés, lorsque les populations signalent rapidement les malades, recherchent les soins sans délai et adoptent les mesures de prévention ».

L’objectif est d’encourager les habitants à reconnaître les signes suspects, à se rendre rapidement dans une structure sanitaire et à alerter les services compétents sans attendre une aggravation de l’état du malade. Le Dr Pablo Kanyamihigo, membre du pilier CREC, a également insisté sur la responsabilité individuelle et collective dans la prévention.

Selon lui, la reconnaissance rapide des symptômes, le recours immédiat aux soins et l’alerte des services de santé contribuent à protéger non seulement la personne malade, mais aussi sa famille et son entourage.

Les responsables religieux mobilisés contre les rumeurs

À Nduta, les autorités sanitaires misent particulièrement sur l’influence des responsables religieux, dont la parole est écoutée par de nombreuses familles.

Ces derniers sont appelés à transmettre des informations fiables, à rassurer les fidèles et à combattre les rumeurs susceptibles d’alimenter la peur ou de provoquer la méfiance envers les équipes sanitaires.

« Nos églises rassemblent des milliers de personnes. Nous avons la responsabilité de transmettre les informations correctes, de rassurer nos fidèles et de les encourager à collaborer avec les agents de santé », a déclaré Alexandre Kamabu, acteur communautaire et responsable ecclésiastique à Nduta.

Cette approche vise à instaurer un climat de confiance entre les populations et les intervenants sanitaires. Elle doit également faciliter le signalement des cas suspects et réduire les résistances qui peuvent retarder la prise en charge des malades.

Lavage des mains, consultation rapide et signalement des décès

Au cours de la séance, les agents de santé ont rappelé plusieurs mesures essentielles pour limiter les risques de transmission du virus. Parmi les recommandations figurent le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, l’évitement des contacts physiques à risque, ainsi que le recours immédiat aux structures sanitaires en présence de symptômes suspects.

Les participants ont également été sensibilisés à l’importance de signaler rapidement tout décès inhabituel dans leur communauté.

La Dre Micheline Feza Malira, épidémiologiste de l’OMS et membre de l’équipe de riposte déployée à Alimbongo, a souligné les risques liés aux décès qui ne sont pas signalés aux services compétents.

Elle a expliqué qu’une alerte rapide permet aux équipes sanitaires de mener les investigations nécessaires et d’organiser des funérailles dignes et sécurisées, tout en réduisant les risques de transmission.

Une riposte renforcée dans les communautés d’Alimbongo

La sensibilisation organisée à Nduta s’inscrit dans un dispositif plus large déployé par les autorités sanitaires congolaises, avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires.

Depuis l’apparition de l’épidémie dans la zone de santé d’Alimbongo, plusieurs actions sont menées, notamment le renforcement de la surveillance communautaire, la formation des prestataires de santé, l’accompagnement des comités de santé et la recherche active des alertes.

Quelques jours avant cette rencontre, l’OMS avait déjà appuyé une séance préparatoire destinée aux infirmiers titulaires et aux présidents des comités de santé. Cette activité visait à améliorer leurs capacités en matière de détection précoce et de notification rapide des cas suspects.

L’approche retenue repose sur une mobilisation à plusieurs niveaux : les professionnels de santé assurent la surveillance et la prise en charge, tandis que les leaders communautaires et religieux contribuent à la diffusion des messages de prévention et à l’alerte précoce.

Chaque village appelé à devenir un acteur de la prévention

À travers ces initiatives, les autorités sanitaires et l’OMS veulent faire de chaque village un maillon actif de la riposte contre la maladie à virus Bundibugyo.

L’ambition est de permettre à chaque habitant de connaître les principales mesures de prévention, de savoir comment réagir devant des symptômes suspects et de comprendre l’importance d’une collaboration rapide avec les équipes de santé.

À la fin de la rencontre de Nduta, le message transmis aux fidèles était clair : la lutte contre l’épidémie ne dépend pas uniquement des médecins, des infirmiers et des équipes d’intervention. Elle nécessite également la vigilance quotidienne des familles et l’engagement des communautés.

Dans la zone de santé d’Alimbongo, la confiance entre les populations et les services sanitaires apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la détection des cas et limiter la transmission du virus.

L’implication des responsables religieux pourrait contribuer à faire circuler les bonnes informations et à encourager les comportements susceptibles de sauver des vies.


LAMUKA dénonce l’enlèvement présumé de Prince Epenge à l’aéroport de N’Djili et exige sa libération

La coalition politique LAMUKA dénonce l’interpellation de Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de cette plateforme, survenue dimanche 25 octobre 2026 à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa. Dans un communiqué signé par son premier vice-président, Jean-Félix Nsenga, la coalition exige la communication immédiate du lieu où il se trouve, sa libération sans condition et la restitution de son passeport.

Selon LAMUKA, les faits se sont produits alors que Prince Epenge s’apprêtait à prendre un vol à destination de Rome, en Italie, en compagnie de Martin Fayulu, président de l’ECiDé, et de Jean-Baptiste Kasekwa, vice-président du même parti. Les trois responsables politiques devaient participer à une réunion de la Coalition article 64 (C64).

La plateforme affirme que les services de la Direction générale de migration (DGM) ont retenu les passeports des trois voyageurs avant de restituer ceux de Martin Fayulu et de Jean-Baptiste Kasekwa. Celui de Prince Epenge, en revanche, ne lui aurait pas été rendu, l’empêchant ainsi de poursuivre son voyage.

Une destination inconnue, selon LAMUKA

Dans son communiqué, LAMUKA affirme que Prince Epenge a ensuite été emmené par des individus dont l’identité n’a pas été précisée. La coalition indique ne disposer d’aucune information officielle sur sa destination ni sur les motifs de cette interpellation.

La plateforme politique fait état de son inquiétude concernant la sécurité et l’intégrité physique de son porte-parole, tout en déplorant l’absence, selon elle, d’informations communiquées à ses proches sur son lieu de détention.

Face à cette situation, LAMUKA demande aux autorités compétentes de clarifier sans délai les circonstances de cette affaire et de communiquer officiellement le lieu où se trouve Prince Epenge.

À ce stade, le communiqué ne fait état d’aucune explication officielle des autorités concernant les faits dénoncés.

LAMUKA invoque la Constitution et les libertés fondamentales

Pour appuyer ses revendications, la coalition rappelle les garanties prévues par la Constitution de la République Démocratique du Congo en ses articles 17, 18 et 30, relatifs à la liberté individuelle, aux garanties en matière de privation de liberté et à la liberté de circulation.

LAMUKA estime qu’aucune divergence politique ne peut justifier une privation de liberté en dehors des procédures et garanties prévues par la loi.

La plateforme demande, en conséquence, la confirmation immédiate du lieu où se trouve Prince Epenge, sa libération sans condition et la restitution de son passeport.

Un appel à l’opinion nationale et internationale

Au-delà des autorités congolaises, LAMUKA prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les représentations diplomatiques accréditées en RDC.

Par cette démarche, la coalition entend attirer l’attention sur ce qu’elle considère comme une atteinte aux libertés fondamentales et sollicite une clarification rapide de la situation de son porte-parole.

Le communiqué conclut à une exigence de transparence sur les circonstances de l’interpellation et le sort réservé à Prince Epenge.


Maniema : Judith Suminwa attendue à Kindu pour divers projets

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, est attendue lundi 26 octobre 2026 à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, pour une visite de travail axée sur les infrastructures, l’énergie et le développement économique. Au programme figurent le lancement du projet TRANSFORME, le démarrage des travaux de voirie urbaine et la pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque.

Cette visite, présentée comme la première visite officielle de la cheffe du gouvernement dans la province depuis sa prise de fonctions, devrait se dérouler en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’élus nationaux originaires du Maniema.

À la veille de cette arrivée, les habitants de Kindu expriment leurs attentes en matière d’accès à l’électricité, d’amélioration de la voirie urbaine, de désenclavement de la province et de réhabilitation des routes de desserte agricole.

TRANSFORME : 300 millions de dollars pour soutenir les entreprises

L’un des temps forts de cette visite sera le lancement, dans le Maniema, du projet TRANSFORME, une initiative du gouvernement congolais mise en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale. Doté d’un financement de 300 millions de dollars américains, ce programme vise à soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, à promouvoir l’entrepreneuriat féminin et à favoriser la création d’emplois.

Le projet entend améliorer l’accès des entrepreneurs au financement, renforcer leurs capacités et favoriser le développement des activités économiques. Il prévoit également un accompagnement des institutions de microfinance et la modernisation des services financiers, notamment grâce à la digitalisation.

Dans le Maniema, la mise en œuvre de TRANSFORME représente un enjeu pour les entrepreneurs locaux, en particulier les femmes et les jeunes confrontés aux difficultés d’accès au crédit et aux ressources nécessaires au développement de leurs activités.

Le gouvernement, à travers le ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, entend ainsi rapprocher les dispositifs de soutien économique des acteurs de terrain et élargir les possibilités de création et de consolidation des entreprises.

La présence de Judith Suminwa à Kindu devrait marquer une nouvelle étape dans le déploiement provincial de ce programme, inscrit dans la stratégie gouvernementale de développement du secteur privé.

Voirie urbaine : lancement annoncé des travaux à Kindu

La modernisation des infrastructures routières figure également parmi les priorités de la visite. La Première ministre doit procéder au lancement officiel des travaux de voirie urbaine dans la ville de Kindu.

Parmi les axes concernés figure la route Lwama, qui dessert plusieurs usagers et permet d’accéder à l’Université de Kindu ainsi qu’à l’hôpital militaire. L’amélioration de cet axe devrait faciliter les déplacements des étudiants, des enseignants, des riverains et des autres usagers.

Pour la population, la réhabilitation de la voirie constitue un enjeu important, particulièrement pendant la saison des pluies, lorsque les difficultés de circulation peuvent compliquer les déplacements et l’accès à certains services.

Au-delà du réseau urbain, les habitants attendent également des avancées concernant les routes de desserte agricole. Leur réhabilitation permettrait de faciliter l’évacuation des produits des zones de production vers les marchés, de réduire les difficultés de transport et de renforcer les échanges commerciaux au sein de la province.

Le désenclavement du Maniema demeure ainsi un enjeu majeur pour améliorer la mobilité des personnes et des marchandises et favoriser l’intégration économique des territoires.

Centrale photovoltaïque : l’électricité au cœur des attentes

L’approvisionnement en électricité constitue un autre volet important du séjour de Judith Suminwa à Kindu. Les besoins en énergie de la ville continuent de peser sur les ménages, les commerces, les services et les petites entreprises.

Dans ce contexte, la cheffe du gouvernement doit procéder à la pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque destinée à contribuer au renforcement de l’offre énergétique.

Le développement de cette infrastructure s’inscrit dans la recherche de solutions permettant d’améliorer l’accès à l’électricité et de soutenir les activités économiques locales.

Pour les entrepreneurs, une alimentation électrique plus régulière pourrait contribuer à réduire certaines contraintes de production et de fonctionnement, tandis que les ménages attendent une amélioration de leurs conditions d’accès à l’énergie.

La concrétisation de cet investissement sera donc suivie de près par la population, qui attend des résultats tangibles sur la desserte électrique de Kindu.

Le programme gouvernemental au centre de la visite

Cette mission s’inscrit dans le cadre du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028, notamment ses piliers consacrés à la création d’emplois, à l’amélioration de la connectivité du territoire et à l’accès aux services sociaux de base.

À Kindu, les initiatives annoncées associent ainsi trois leviers du développement : le soutien à l’entrepreneuriat, la modernisation des infrastructures et le renforcement de l’approvisionnement énergétique.

Au-delà des cérémonies de lancement, les attentes de la population porteront sur la mise en œuvre effective des projets, le respect des engagements annoncés et leurs retombées sur les conditions de vie.

La visite de Judith Suminwa intervient ainsi dans un contexte où les habitants du Maniema espèrent voir les investissements publics contribuer davantage au désenclavement de la province, à la création d’emplois et au développement des activités économiques locales.


vendredi 23 octobre 2026

Air France et Air Côte d’Ivoire renforcent leur coopération sur la ligne Paris-Abidjan

Air France et Air Côte d’Ivoire ont annoncé la signature d’un accord réciproque de partage de codes sur la liaison aérienne entre Paris-Charles-de-Gaulle et l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Cette coopération, annoncée le 19 octobre 2026 à l’occasion de la réunion de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF), à Ajaccio, entrera en vigueur le 25 octobre 2926.

L’accord vise à élargir les possibilités de réservation pour les voyageurs entre la France et la Côte d’Ivoire, en combinant les offres commerciales et les fréquences des deux compagnies aériennes.

Une offre élargie entre Paris et Abidjan

À compter du 25 octobre 2026, Air France apposera son code commercial sur les vols opérés par Air Côte d’Ivoire entre Paris et Abidjan. De son côté, la compagnie ivoirienne commercialisera sous son propre code les vols assurés par Air France sur cette même liaison.

Ce mécanisme de partage de codes permettra aux clients des deux transporteurs d’accéder à un choix plus large d’horaires et de possibilités de voyage. Il doit également faciliter la commercialisation des billets auprès des clientèles françaises, ivoiriennes et internationales.

Pour les deux compagnies, cette coopération constitue un levier pour améliorer la connectivité aérienne entre les deux pays et soutenir les échanges économiques, touristiques et culturels.

Un partenariat appelé à s’étendre

Actionnaire et partenaire stratégique d’Air Côte d’Ivoire depuis la création de cette dernière en 2012, Air France franchit une nouvelle étape dans sa collaboration avec la compagnie nationale ivoirienne.

La direction générale d’Air France souligne que cet accord doit offrir davantage de flexibilité aux voyageurs tout en consolidant les liens entre la France et la Côte d’Ivoire.

« En associant nos offres sur la liaison Paris-Abidjan, nous proposons à nos clients français, ivoiriens et internationaux davantage de choix et de flexibilité », a déclaré Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

De son côté, Laurent Loukou, directeur général d’Air Côte d’Ivoire, présente cet accord comme le début d’une coopération plus large. La compagnie ivoirienne prévoit d’étendre progressivement ce dispositif à d’autres destinations du réseau Air France avant la fin du premier semestre 2027.

Cette extension devrait permettre à Air Côte d’Ivoire de bénéficier d’une commercialisation plus large de ses vols grâce au réseau international d’Air France, au départ et à destination de la Côte d’Ivoire.

Vers un rapprochement des programmes de fidélité

Les deux compagnies ont également annoncé le rapprochement de leurs programmes de fidélité respectifs, Flying Blue pour Air France et sMiles pour Air Côte d’Ivoire, dont le lancement est prévu à la fin de l’année 2026.

Grâce à ce dispositif, les membres de sMiles pourront cumuler des miles sur les vols entre Abidjan et Paris opérés par Air France et, à terme, les utiliser sur l’ensemble du réseau de la compagnie française.

Réciproquement, les adhérents de Flying Blue pourront cumuler et utiliser leurs miles sur les vols d’Air Côte d’Ivoire entre Paris et Abidjan.

Une meilleure connectivité pour les voyageurs

Avec cet accord commercial et le rapprochement de leurs programmes de fidélité, Air France et Air Côte d’Ivoire entendent proposer une expérience de voyage plus fluide sur l’un des principaux axes aériens reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe.

Au-delà de l’élargissement des possibilités de réservation, cette coopération doit favoriser une meilleure visibilité internationale d’Air Côte d’Ivoire et renforcer les relations aériennes entre Paris et Abidjan, avant une éventuelle extension à d’autres destinations.


Grand Inga : la RDC mise sur la formation des compétences locales pour concrétiser son ambition hydroélectrique

La République Démocratique du Congo entend renforcer les compétences nationales afin de mieux préparer la réalisation de ses ambitions hydroélectriques, notamment le développement du complexe d’Inga. Du 3 au 9 octobre 2026, une délégation congolaise de 11 représentants a participé au salon Business Hydro, organisé à Grenoble, en France.

Cette mission, menée dans le cadre du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), mis en œuvre par Expertise France et financé par l’Agence française de développement (AFD), visait à promouvoir le projet Grand Inga, à valoriser le PAES 2 Inga et à explorer de nouvelles possibilités de coopération avec les acteurs de la filière hydroélectrique.

Grand Inga : préparer les compétences nécessaires aux ambitions nationales

Le potentiel hydroélectrique de la République Démocratique du Congo constitue un levier stratégique pour son développement économique et énergétique. Toutefois, la concrétisation de cette ambition ne dépend pas uniquement de la construction des infrastructures. Elle nécessite également des ingénieurs, des techniciens et des professionnels qualifiés, capables d’intervenir dans la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance des installations.

C’est dans cette perspective qu’une délégation congolaise a pris part au salon Business Hydro 2026, organisé les 6 et 7 octobre 2026 à Grenoble, en France. Composée de représentants de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI), de la Société nationale d’électricité (SNEL), du ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MESURSI), ainsi que de plusieurs établissements d’enseignement supérieur, notamment l’Université de Lubumbashi (UNILU), l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) et l’Institut supérieur des techniques appliquées de Kinshasa (ISTA-KIN), cette délégation a échangé avec des acteurs français et internationaux du secteur.

L’objectif était de rapprocher les formations universitaires et techniques des besoins réels de l’industrie hydroélectrique, afin de mieux préparer les ressources humaines appelées à accompagner les futurs projets énergétiques du pays.

Le PAES 2 Inga au cœur du développement des compétences

La mission a mis en lumière le Projet d’appui à l’enseignement supérieur, dans sa composante PAES 2 Inga, qui vise à renforcer les formations dans les métiers de l’hydroélectricité. Cette initiative entend développer les synergies entre les universités congolaises, les entreprises, les industriels et les centres de recherche. Il s’agit de mieux anticiper les besoins en qualifications, de renforcer la dimension pratique des enseignements et de faciliter l’accès aux équipements pédagogiques, aux stages professionnels et à la recherche appliquée.

Cette démarche revêt une importance particulière au regard des perspectives de développement du complexe hydroélectrique d’Inga, du projet Inga 3. La disponibilité de compétences locales adaptées aux exigences techniques de ces infrastructures représente en effet un enjeu majeur pour permettre aux Congolais de participer pleinement à leur réalisation et à leur exploitation.

À travers le PAES 2 Inga, l’ambition est de faire évoluer l’enseignement supérieur en fonction des besoins du secteur énergétique et de favoriser une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les emplois de demain.

Business Hydro 2026 : une vitrine pour les ambitions congolaises

Avec 205 stands professionnels et plus de 2.500 visiteurs, le salon Business Hydro 2026 a constitué une occasion pour la RDC de présenter ses ambitions et de nouer des contacts avec les acteurs de la filière hydroélectrique.

La délégation congolaise disposait d’un espace consacré au projet Grand Inga et au PAES 2 Inga. Cette présence a permis de faire connaître les initiatives engagées par le pays et de susciter l’intérêt des professionnels pour les perspectives offertes par le développement du potentiel hydroélectrique congolais.

Les projets de la RDC ont également été présentés au cours d’une séquence destinée aux donneurs d’ordre, aux côtés d’entreprises et d’acteurs importants du secteur, dont EDF, Vinci Énergies, Artelia et Eiffage.

Au-delà de cette visibilité, la participation au salon a permis d’identifier des partenaires potentiels susceptibles de contribuer au développement des formations, au transfert de savoir-faire et au renforcement des relations entre les établissements d’enseignement supérieur congolais et les entreprises spécialisées.

Des échanges techniques pour ouvrir la voie à de nouveaux partenariats

La mission s’est poursuivie par des rencontres professionnelles et des visites de sites d’exploitation et de formation auprès d’EDF et de Vinci Énergies. Ces échanges ont permis aux membres de la délégation de découvrir différentes approches en matière de formation professionnelle, de maintenance des installations hydroélectriques et de transmission des compétences techniques.

Plusieurs pistes de coopération ont ainsi été explorées en ce qui concerne la mise à disposition d’équipements pédagogiques, le développement de plateaux techniques, la recherche appliquée, l’organisation de stages en entreprise et l’amélioration de l’insertion professionnelle des diplômés.

Pour les institutions congolaises participantes, le défi consiste désormais à transformer les contacts établis à Grenoble en partenariats concrets, adaptés aux réalités et aux priorités de la RDC.

Ces collaborations pourraient contribuer à moderniser les dispositifs de formation, à renforcer les capacités des enseignants et des étudiants et à faciliter l’acquisition de compétences directement mobilisables dans les projets énergétiques nationaux.

Former les talents congolais pour soutenir la transition énergétique

À travers le PAES 2 Inga, l’Agence française de développement et Expertise France soutiennent une approche qui associe le développement des infrastructures énergétiques, la modernisation de l’enseignement supérieur et le renforcement des compétences locales.

La participation congolaise au salon Business Hydro 2026 constitue une étape dans cette dynamique. Le suivi des contacts établis et la poursuite des échanges devront permettre de préciser les partenariats envisageables et de concevoir des formations davantage adaptées aux besoins de l’industrie hydroélectrique.


Surpopulation à la Prison Centrale de Makala : la DCDHE réclame une réforme judiciaire

La Dynamique chrétienne pour la défense des droits humains et de l’environnement (DCDHE) salue la décision du ministre d’État, ministre de la Justice, portant suspension provisoire de l’admission de nouveaux détenus à la Prison centrale de Makala, à Kinshasa.

Dans un communiqué de presse publié le 22 octobre 2026, cette organisation estime toutefois que cette mesure d’urgence doit être accompagnée de réformes structurelles pour lutter durablement contre la surpopulation carcérale et les détentions arbitraires en République Démocratique du Congo.

Makala : un établissement conçu pour 1.500 personnes, mais qui en accueille plus de 16.000

Pour la DCDHE, la suspension des nouvelles admissions constitue une mesure conservatoire importante face à une situation carcérale alarmante. Selon les chiffres officiels cités par l’organisation, la Prison centrale de Makala, prévue pour accueillir 1.500 détenus, en compte actuellement 16.155.

Si la décision du ministère de la Justice est saluée par les défenseurs des droits humains, elle ne saurait, à elle seule, résoudre les problèmes structurels du système pénitentiaire congolais.

La DCDHE pointe notamment le non-respect des garanties constitutionnelles et procédurales par certains magistrats, ainsi que le recours excessif à la détention préventive. Ces pratiques contribuent, selon elle, à faire de la privation de liberté le principe et de la liberté l’exception.

Renforcer les mécanismes de contrôle contre les arrestations arbitraires

Pour répondre à cette crise, l’organisation, présidée par Me Carlos Mupili, préconise, à court terme, le renforcement des mécanismes d’inspection et de contrôle des lieux de détention.

L’objectif est de permettre aux avocats et aux défenseurs des droits humains de disposer de mécanismes efficaces pour signaler les arrestations arbitraires, les détentions irrégulières et les éventuelles violations des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Dans son intervention, Carlos Mupili compare la suspension des admissions à un traitement symptomatique qui, bien qu’utile dans l’urgence, ne s’attaque pas aux causes profondes de la crise.

« Cette mesure a la valeur de l’aspirine contre la fièvre et doit être accompagnée d’un traitement efficace », souligne-t-il, insistant sur la nécessité de mettre en place des solutions durables.

Introduire un juge d’instruction et un juge des libertés et de la détention

À plus long terme, la DCDHE plaide pour une réforme de l’organisation judiciaire et du Code de procédure pénale. Elle propose notamment l’introduction des fonctions de juge d’instruction et de juge des libertés et de la détention.

Cette réforme viserait à renforcer les garanties entourant les procédures judiciaires et à mieux encadrer le recours à la détention préventive, tout en préservant les missions légales du ministère public en matière d’enquête et de poursuite.

Pour l’organisation, une telle évolution contribuerait à mieux protéger les droits de la défense et à garantir que toute privation de liberté respecte les exigences constitutionnelles et procédurales.

Vers un cadre de concertation réunissant les institutions judiciaires et sécuritaires

Dans l’attente de réformes législatives, Carlos Mupili propose également que le ministre de la Justice coordonne la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les principales institutions concernées par la protection des droits humains.

Cette plateforme pourrait rassembler le président de la Cour constitutionnelle, le premier président de la Cour de cassation, le procureur général près la Cour de cassation, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), les organisations de défense des droits humains ainsi que les responsables des services de sécurité.

Parmi les structures évoquées figurent notamment l’Agence nationale de renseignements (ANR), les services de sécurité de la police, la DEMIAP et les structures compétentes en matière de cybersécurité.

Selon le président national de la DCDHE, cette concertation permettrait aux différents acteurs d’échanger sur les pratiques en vigueur, d’identifier les dysfonctionnements et de définir des mesures concrètes pour assurer un meilleur respect des droits humains en RDC.

La DCDHE appelle à des mesures qui s’attaquent aux causes profondes

Au-delà de la situation de Makala, la DCDHE invite le Gouvernement à dépasser les réponses ponctuelles et à engager une réforme approfondie du système judiciaire et pénitentiaire.

L’organisation estime que le désengorgement des prisons ne peut être durable sans une meilleure application de la Constitution, le respect des droits de la défense et la reconnaissance du caractère exceptionnel de la détention préventive.

Pour la DCDHE, lutter contre la surpopulation carcérale, c’est aussi prévenir les arrestations arbitraires, mettre fin aux détentions irrégulières et renforcer l’État de droit en République Démocratique du Congo.


Désenclavement du Kasaï : Judith Suminwa soutient le projet de construction de la route Ilebo–Kananga

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, jeudi 22 octobre 2026, à Kinshasa, une délégation de l’entreprise Arab Contractors Sub-Sahara, conduite par son directeur régional, Hassan Mohamed Hassoun. Au centre des échanges était le projet de construction et de modernisation de la route Ilebo–Kananga, un axe stratégique de 370 kilomètres comprenant également quatre ponts, destiné à améliorer la connectivité du Kasaï et à faciliter les échanges commerciaux avec Kinshasa.

Accompagnée de ses partenaires financiers, la délégation est venue présenter à la cheffe du Gouvernement l’évolution du dossier, notamment ses dimensions techniques et financières. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de renforcer les infrastructures de transport et de stimuler le développement économique des provinces du Kasaï.

Déjà engagée dans les travaux de construction de la route Kamwesha–Kananga, Arab Contractors entend étendre ses activités dans cette région à travers ce nouveau projet. Pour en assurer le financement et la couverture des risques, l’entreprise s’est associée à plusieurs partenaires, dont la Trade and Development Bank (TDB), United Bank for Africa (UBA) et la compagnie d’assurances Rawsur.

Ilebo–Kananga, un axe stratégique pour les échanges commerciaux

Reliant le port fluvial d’Ilebo à la ville de Kananga, cette route est appelée à jouer un rôle majeur dans l’amélioration de la circulation des personnes et des marchandises. Elle devrait notamment faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les centres de consommation et renforcer les échanges entre le Kasaï et Kinshasa.

Au sortir de l’audience, Hassan Mohamed Hassoun a souligné l’importance de cette infrastructure pour le développement régional.

« Nous avons eu l’occasion d’être reçus par Son Excellence Madame la Première Ministre pour lui présenter un projet majeur de développement de la région du Kasaï, portant sur la construction de l’axe routier Ilebo–Kananga. L’objectif était de lui présenter l’évolution du projet et son montage technique et financier ».

Au-delà de la construction de la route principale, le projet prévoit, dans une deuxième phase, l’aménagement de routes de desserte agricole. Ces voies secondaires devraient permettre aux producteurs locaux d’évacuer plus facilement leurs récoltes vers les marchés et de réduire les difficultés liées à l’enclavement des zones de production.

La production agricole et les coopératives féminines au cœur du projet

Pour Arab Contractors, la modernisation de cet axe routier ne constitue pas seulement un investissement dans les infrastructures. Elle représente également une opportunité de dynamiser l’économie locale, de soutenir les activités agricoles et de favoriser la création d’emplois.

L’entreprise entend notamment encourager le développement des coopératives agricoles, avec une attention particulière accordée aux initiatives portées par les femmes.

« Cette route va permettre de désenclaver la région et de développer les activités agricoles. Le projet ne s’arrête pas à la construction de la route principale. Dans une deuxième phase, nous prévoyons des routes de desserte agricole pour permettre aux producteurs d’acheminer leurs marchandises vers les marchés. Nous voulons également encourager les coopératives, notamment celles des femmes ».

La réalisation de ces aménagements pourrait contribuer à améliorer les conditions de commercialisation des produits agricoles, à élargir l’accès aux marchés et à renforcer les revenus des communautés rurales concernées.

Le Gouvernement promet un accompagnement dans le respect des procédures

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a manifesté son intérêt pour cette initiative et assuré ses interlocuteurs de l’accompagnement du Gouvernement dans le suivi du dossier. Elle a néanmoins insisté sur la nécessité de respecter les procédures administratives et réglementaires applicables avant toute concrétisation du projet.

Selon Hassan Mohamed Hassoun, la cheffe du Gouvernement entend suivre de près l’évolution de ce dossier, compte tenu de son importance pour le désenclavement et le développement économique du Kasaï.

« Madame la Première Ministre nous a rassurés de son accompagnement. Elle va suivre de près l’évolution du dossier parce qu’elle est consciente de l’importance de cet axe routier pour la région. Mais nous devons respecter toutes les procédures prévues par l’État ».

Arab Contractors et ses partenaires ont déjà soumis officiellement leur offre à l’autorité compétente. Les prochaines étapes dépendront donc de l’avancement des démarches administratives et de la finalisation des préparatifs techniques et financiers.

Une première pierre envisagée au début de 2027

Forte de sa présence actuelle dans la région, notamment à travers le chantier Kamwesha–Kananga, l’entreprise estime pouvoir mobiliser plus facilement les moyens techniques et logistiques nécessaires à la réalisation du nouvel axe.

Sous réserve de l’évolution favorable des procédures, Arab Contractors envisage de finaliser les préparatifs dans les deux à trois prochains mois et de procéder à la pose de la première pierre au début de l’année 2027.

« Si les procédures avancent normalement, nous pouvons finaliser les préparatifs dans les deux à trois prochains mois et envisager la pose de la première pierre dès le début de l’année prochaine », a annoncé Hassan Mohamed Hassoun.

La délégation reçue à la Primature comprenait également Mahmoud Nassef Baioumy, directeur général d’Arab Contractors RDC ; John Esther, directeur régional de TDB Bank ; Jerry Mushayuma, responsable de TDB Bank en RDC ; ainsi que Bobby Singa, directeur des Grandes Entreprises à UBA RDC.

Un projet inscrit dans les priorités gouvernementales

La construction de la route Ilebo–Kananga s’inscrit dans les priorités du Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka en matière de modernisation des infrastructures de transport, de désenclavement des territoires et de soutien à la production agricole.

Elle rejoint les objectifs du troisième pilier du Programme d’actions du Gouvernement pour la période 2024-2028, consacré notamment à l’amélioration des infrastructures et au développement économique.

Si le projet se concrétise conformément aux prévisions annoncées, cet axe de 370 kilomètres pourrait contribuer à mieux relier les centres de production agricole aux marchés, à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique du Kasaï avec le reste du pays. Sa mise en œuvre effective reste toutefois tributaire de la finalisation des procédures administratives et financières nécessaires.