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jeudi 25 juin 2026

Ébola : un médecin congolais diagnostiqué positif en France après une mission en Ituri

L'Ambassade de France en République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026, qu'un médecin humanitaire congolais ayant participé à la riposte contre l'épidémie d'Ébola en Ituri a été diagnostiqué positif à la maladie après son arrivée en France.

Le praticien, qui intervenait pour le compte de l'ONG ALIMA, constitue le premier cas confirmé d'Ébola enregistré sur le territoire français.

Une prise en charge immédiate et sécurisée 

Selon le communiqué, le patient a développé les premiers symptômes au cours de son vol de retour vers la France, où il réside habituellement. Dès son arrivée, il s'est présenté dans un service d'urgence et a été pris en charge dans des conditions de sécurité renforcées afin de prévenir tout risque de contamination.

Les autorités sanitaires françaises assurent actuellement son suivi médical conformément aux protocoles en vigueur.

Une coopération entre la France et la RDC 

Les autorités françaises et congolaises travaillent conjointement pour identifier et suivre les personnes susceptibles d'avoir été en contact avec le malade.

Cette collaboration s'inscrit dans le cadre des mécanismes de surveillance épidémiologique mis en place pour limiter tout risque de propagation du virus.

Appel à la vigilance et à la responsabilité 

L'Ambassade de France invite toute personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie ou estimant avoir été exposée à un risque potentiel à suivre scrupuleusement les recommandations des autorités sanitaires compétentes.

Elle appelle également la population à faire preuve de calme et de responsabilité, tout en privilégiant les informations issues de sources officielles afin d'éviter la circulation de rumeurs ou de fausses informations.

Est de la RDC : l’UNICEF et l’Union européenne mobilisent l’opinion à travers une exposition immersive à Kinshasa

L’UNICEF et l’Union européenne, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, ont inauguré mardi 24 juin 2026 à Kinshasa une exposition photo immersive consacrée à la crise humanitaire qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo.

Organisée à l’Espace Bilembo, cette initiative vise à sensibiliser le public à l’ampleur des souffrances vécues par les populations affectées par les conflits et les déplacements forcés, tout en mettant en lumière les réponses humanitaires déployées sur le terrain.

Le vernissage a réuni des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, du système des Nations unies ainsi que des jeunes ambassadeurs et des U-Reporters engagés dans la promotion des causes humanitaires.

Témoignages et images pour raconter la réalité du terrain

À travers des photographies, des contenus audiovisuels et des témoignages, l’exposition plonge les visiteurs au cœur des réalités vécues dans les provinces touchées par les violences.

L’accent est mis sur les résultats obtenus grâce aux mécanismes de réponse rapide de l’UNICEF, notamment UniRR et CATI, déployés dans les zones affectées par les déplacements massifs de populations et les épidémies.

Ces dispositifs permettent d’intervenir rapidement auprès des communautés en détresse afin de répondre à leurs besoins les plus urgents en matière d’eau potable, de santé et de protection de l’enfance.

Une crise humanitaire qui s’aggrave dans l’Est

Selon les organisateurs, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment autour de Goma, Minova et Kalehe.

L’intensification des violences a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, souvent contraintes de vivre dans des conditions précaires. 

Cette situation expose particulièrement les enfants à de multiples risques de protection.

Parallèlement, les mouvements de populations et la saturation des services sociaux favorisent la propagation de maladies telles que le choléra, la rougeole et le Mpox dans des zones où l’accès aux soins reste limité.

Des mécanismes de réponse rapide soutenus par l’Union européenne

Grâce au financement de l’Union européenne, l’UNICEF met en œuvre deux mécanismes d’intervention d’urgence.

Le programme UniRR permet d’apporter une assistance multisectorielle dans les sept jours suivant l’évaluation des besoins, ce qui en fait l’un des mécanismes humanitaires les plus rapides du pays.

De son côté, le dispositif CATI intervient dans les 48 heures après la détection de cas suspects de choléra afin de limiter la propagation de la maladie.

Ces actions ont déjà permis d’apporter une aide vitale à des milliers de personnes affectées par les crises dans l’est de la RDC.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Pour la ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Eve Bazaiba, cette exposition constitue également un appel à la mobilisation collective face à l’ampleur des besoins humanitaires.

Même message du côté de l’Union européenne. Lucas Honauer, chef de mission d’ECHO en RDC, a souligné l’importance de maintenir un engagement international durable afin de soutenir les communautés les plus vulnérables.

Le représentant de l’UNICEF en RDC, John Agbor, a quant à lui rappelé que chaque image exposée raconte l’histoire d’enfants et de familles qui continuent d’avoir besoin d’une assistance urgente.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Ouverte gratuitement au public du 24 au 30 juin 2026 à Kinshasa, l’exposition se veut un espace d’information, de dialogue et de sensibilisation.

L’initiative se prolongera également à l’international à travers une exposition numérique et une campagne digitale destinées à renforcer la solidarité entre les publics congolais et européens.

Face à l’ampleur des défis humanitaires, l’UNICEF appelle les bailleurs de fonds et partenaires à accroître leur soutien afin de garantir une réponse rapide, coordonnée et durable en faveur des enfants et des communautés affectées par les crises dans l’est de la RDC.


RDC : la VSV appelle Félix Tshisekedi à désamorcer les tensions politiques pour éviter une crise des droits humains

Alors que le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution continue de polariser la classe politique congolaise, la Voix des Sans Voix (VSV) tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains craint une aggravation des tensions et appelle le président Félix-Antoine Tshisekedi à prendre des mesures d’apaisement pour préserver l’unité nationale et prévenir de nouvelles violations des droits humains.

Un climat politique explosif sur fond de guerre dans l’Est

La VSV se dit profondément préoccupée par la détérioration du climat politique depuis l’annonce par certains partis membres de l’Union sacrée de leur volonté de modifier ou de changer la Constitution de la République démocratique du Congo.

Selon l’organisation, cette controverse intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par l’occupation de Goma, Bukavu et de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des groupes soutenus par le Rwanda. Une situation qui fragilise davantage la cohésion nationale alors que le pays est confronté à une menace sécuritaire majeure.

Le spectre des crises de 2015 et 2016

Pour la VSV, les divisions actuelles rappellent les tensions qui avaient précédé la fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila. L’organisation évoque notamment les graves violations des droits humains enregistrées à cette période, notamment les assassinats d’activistes pro-démocratie, les atteintes aux libertés publiques ainsi que les violences commises contre des responsables religieux.

La VSV estime que le débat constitutionnel risque aujourd’hui de devenir un facteur de fracture supplémentaire dans un pays déjà fortement divisé.

Des acquis reconnus, mais des défis persistants

L’organisation reconnaît toutefois plusieurs réalisations enregistrées sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, notamment dans les domaines des infrastructures routières, aéroportuaires, sanitaires, universitaires et scolaires. Elle souligne également les efforts consentis pour l’amélioration des rémunérations des policiers et militaires. 

Cependant, la VSV rappelle que de nombreux défis demeurent, notamment l’accès à l’eau potable et l’amélioration des conditions de vie des populations dans plusieurs provinces du pays. 

L’intolérance politique et le rétrécissement de l’espace civique dénoncés

La VSV s’inquiète de la montée de l’intolérance politique qu’elle juge préoccupante. Selon elle, l’espace civique est de plus en plus menacé et plusieurs acteurs de la société civile préfèrent désormais s’autocensurer par crainte de représailles.

L’organisation dénonce également les agissements de personnes se réclamant de la Force du progrès, structure considérée comme proche de l’UDPS, accusées de commettre des actes portant atteinte aux droits humains sans être inquiétées par les services de sécurité.

La VSV affirme avoir reçu des informations faisant état de menaces visant des opposants politiques ainsi que des responsables religieux.

Un appel à l’apaisement adressé au chef de l’État

Face à cette situation, la VSV appelle les autorités à multiplier les messages de rassemblement et à décourager tout discours susceptible d’exacerber les divisions entre Congolais.

L’organisation invite également le pouvoir à se méfier des « flatteurs » qui, selon elle, encouragent les tensions dans l’espoir d’obtenir ou de conserver des avantages politiques et financiers.

L’unité nationale doit primer sur toutes les divergences

En conclusion, la VSV estime que le président Félix Tshisekedi demeure l’acteur le mieux placé pour décrisper le climat politique et favoriser un dialogue susceptible de préserver la stabilité du pays.

L’organisation appelle l’ensemble des acteurs politiques, toutes tendances confondues, à faire preuve de retenue afin d’éviter que la RDC ne bascule dans une nouvelle crise. 

Elle rappelle que l’unité et la cohésion nationales doivent prévaloir sur les considérations partisanes, tribales ou ethniques, particulièrement dans le contexte actuel d’agression et d’occupation de certaines parties du territoire national.

La VSV met enfin en garde contre les conséquences que pourraient entraîner des atteintes aux libertés fondamentales et au processus démocratique, rappelant que de telles dérives peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions nationales ou internationales.


Cinéma : la RDC officiellement admise à concourir aux Oscars 2027

La République Démocratique du Congo franchit une étape majeure dans l'histoire de son cinéma. L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), organisatrice des Oscars, a officiellement autorisé la RDC à soumettre un film dans la catégorie du Meilleur Film International lors de la 99ème cérémonie des Oscars prévue le 15 mars 2027 à Los Angeles.

L'annonce a été faite par la professeure Cecilia Zoppelletto Mpinga, responsable des Relations publiques et internationales de l'Association des Professionnels du 7ème Art (APRO7). Selon elle, cette reconnaissance est le fruit de plusieurs mois d'échanges avec l'Académie américaine et constitue une avancée décisive pour l'industrie cinématographique congolaise.

Création de la DRC Film Commission

Pour permettre cette participation, l'AMPAS a validé la création de la première commission nationale chargée de sélectionner le film qui représentera officiellement la RDC aux Oscars : la DRC Film Commission.

Cette structure aura pour mission d'examiner les candidatures, de vérifier leur conformité aux règles de l'Académie et de désigner l'œuvre qui portera les couleurs du pays. 

Afin de garantir l'indépendance du processus, l'identité des membres de la commission restera confidentielle jusqu'à l'annonce du film retenu.

La commission instituera également le « Léopard du 7ème Art », une distinction honorifique attribuée chaque année au film sélectionné pour représenter la RDC aux Oscars.

Un seul processus officiel de sélection

La DRC Film Commission rappelle qu'elle est l'unique structure reconnue pour conduire la sélection nationale. Aucun individu, organisation ou intermédiaire ne peut garantir ou négocier la sélection d'un film.

Les responsables appellent les professionnels du secteur à la vigilance face à toute tentative d'influence ou de fraude, soulignant que le choix final reposera exclusivement sur l'évaluation des œuvres par la commission officielle.

Les conditions pour candidater

Pour être éligible, un film devra notamment être un long métrage de plus de 40 minutes, produit principalement hors des États-Unis, comporter plus de 50 % de dialogues dans une langue autre que l'anglais et avoir bénéficié d'une exploitation commerciale en salle durant au moins sept jours consécutifs.

Les films devront également avoir connu leur première sortie entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026, être accompagnés de sous-titres en anglais et respecter l'ensemble des critères fixés par l'Académie. Les documentaires et films d'animation sont également admissibles.

Ouverture des inscriptions

Les inscriptions sont désormais ouvertes. Les producteurs et réalisateurs sont invités à soumettre leurs œuvres exclusivement auprès de la DRC Film Commission via l'adresse électronique officielle : drcfilmcommission@gmail.com.

Les frais de soumission sont fixés à 70.000 francs congolais par film. Le film retenu devra être transmis à l'Académie au plus tard le 30 septembre 2026. Pour Cecilia Zoppelletto Mpinga, cette reconnaissance dépasse la simple participation aux Oscars. Elle constitue avant tout une validation du potentiel du cinéma congolais et une opportunité de promouvoir la créativité nationale sur la scène internationale.


Révision de la Constitution : les conseillers communaux annoncent une conférence nationale à Kinshasa

Le Collectif des conseillers communaux de la République Démocratique du Congo a annoncé, jeudi 25 juin 2026 à Kinshasa, la tenue de la deuxième édition de la Conférence des présidents des conseils communaux. Prévue dans la salle Virunga du ministère de l’Intérieur, cette rencontre réunira les présidents des conseils communaux, les membres des bureaux ainsi que les représentants des coordinations provinciales venus des différentes provinces du pays.

Selon le coordonnateur national du collectif, Willy Nzembela, ces assises serviront de cadre d’échanges sur les questions d’intérêt national, avec un accent particulier sur le projet de révision ou de changement de la Constitution.

Un soutien affiché au processus de réforme

Les conseillers communaux estiment que les élus de proximité doivent prendre position sur le débat constitutionnel en cours. À l’issue de la conférence, une déclaration officielle sera rendue publique afin de faire connaître la position des élus locaux à l’opinion nationale et internationale.

Le collectif a également réaffirmé sa volonté de participer à toutes les étapes du processus constitutionnel jusqu’à l’adoption éventuelle d’une nouvelle loi fondamentale. À cet effet, il sollicite du président de la République l’intégration des conseillers communaux au sein d’une future Assemblée constituante, au nom de leur rôle de représentants de la population à la base.

Plaidoyer pour la consultation populaire

Les conseillers communaux soutiennent l’organisation d’un référendum et considèrent que seul le peuple congolais est habilité à se prononcer sur l’avenir de la Constitution.

Ils saluent le vote de la loi référendaire par les deux chambres du Parlement, estimant que ce texte ouvre la voie à une consultation directe de la population. Selon eux, de nombreux citoyens jugent la Constitution actuelle inadaptée aux réalités et aux aspirations du pays.

Évaluation de la gouvernance locale et de l’assainissement

Outre les questions constitutionnelles, la conférence permettra d’évaluer la mise en œuvre de la circulaire du Vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, relative à la collaboration entre les bourgmestres et les conseils communaux.

Les participants aborderont également les défis liés à l’assainissement des villes. Le collectif a réaffirmé son engagement dans les actions de salubrité publique et salué la nomination du général Jean=Pierre Kasongo Kabwit à la tête de l’opération d’assainissement de Kinshasa, tout en plaidant pour l’extension de cette initiative à d’autres villes et provinces du pays.


mardi 23 juin 2026

RDC : la DYSEMIP-RDC soutient la réforme constitutionnelle et plaide pour la protection des enfants des militaires et policiers

La Dynamique des Structures des Enfants des Militaires et Policiers de la République démocratique du Congo (DYSEMIP-RDC) a exprimé son soutien total à l'initiative de réforme constitutionnelle en cours dans le pays.

Dans un communiqué de presse publié le 12 juin 2026 à Kinshasa, la coordination nationale de cette organisation affirme adhérer pleinement au projet de changement de la Constitution, qu'elle considère comme une opportunité de renforcer la protection des droits de certaines catégories sociales, notamment les enfants des militaires et des policiers.

Un plaidoyer pour un « bouclier juridique » en faveur des enfants des forces de sécurité

La DYSEMIP-RDC indique que sa principale préoccupation est l'intégration, dans le futur texte constitutionnel, de mécanismes juridiques solides garantissant les droits sociaux et l'avenir des enfants issus des familles militaires et policières.

L'organisation plaide pour l'instauration d'un « bouclier juridique inviolable » capable d'assurer une meilleure protection sociale à ces enfants, souvent confrontés aux conséquences des missions, des mutations ou des sacrifices consentis par leurs parents au service de la nation.

Des remerciements adressés au Chef de l'État

Dans son communiqué, la structure remercie le Président de la République pour l'attention accordée à ses préoccupations ainsi que pour l'avis favorable réservé à sa démarche.

La DYSEMIP-RDC estime que la réforme constitutionnelle constitue une occasion de consolider les acquis institutionnels tout en prenant davantage en compte les besoins spécifiques des familles des membres des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

Une contribution au débat national sur les réformes

Par cette prise de position, la DYSEMIP-RDC rejoint les nombreuses organisations de la société civile, plateformes citoyennes et mouvements associatifs qui participent actuellement au débat autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles envisagées en République Démocratique du Congo.

L'organisation affirme vouloir poursuivre son plaidoyer auprès des autorités afin que les préoccupations des enfants des militaires et policiers soient prises en compte dans les discussions relatives au futur texte fondamental.

Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution congolaise continue d'alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs organisations ont déjà exprimé leurs positions, certaines soutenant l'initiative au nom du renforcement des institutions, tandis que d'autres appellent à la prudence et à un large consensus national.

Dans ce contexte, la DYSEMIP-RDC fait entendre la voix des enfants des militaires et policiers en plaidant pour l'inscription de garanties constitutionnelles destinées à protéger leurs droits sociaux et leur avenir.


Un an après la béatification de Floribert Bwana Chui : un modèle d’intégrité toujours d’actualité

L’Église catholique élevait Floribert Bwana Chui Bin Kositi le 15 juin 2025 au rang de bienheureux, reconnaissant le sacrifice de cet agent de l’Office congolais de contrôle (OCC) qui avait refusé de céder à la corruption au prix de sa vie. Un an après cet événement historique pour la RDC, l’ancien député national Juvénal Munubo estime que son témoignage demeure une source d’inspiration pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Une grâce pour la RDC

Pour Juvénal Munubo, la béatification de Floribert Bwana Chui constitue avant tout une grâce pour la République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’après la béatification de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, celle de Floribert Bwana Chui est venue consacrer un homme qui a choisi l’intégrité plutôt que les avantages de la corruption.

« Floribert était un fonctionnaire de l’OCC qui a refusé de laisser entrer des produits avariés sur le territoire national. Il a dit non à la corruption et en a payé le prix. C’est une grâce pour notre pays de compter parmi ses fils de tels exemples », souligne-t-il.

Un héritage difficile à mesurer

Interrogé sur l’impact concret de cette béatification dans la société congolaise, Juvénal Munubo reconnaît qu’il est difficile d’en faire immédiatement l’évaluation. Il estime que c’est à travers les comportements des dirigeants, des élus, des fonctionnaires et des gestionnaires des entreprises publiques que l’on pourra apprécier si le message porté par Floribert Bwana Chui a réellement fait progresser la lutte contre la corruption.

Juvénal Munubo est d'avis également que les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer dans cette évaluation en observant l’évolution des pratiques de gouvernance et de gestion des ressources publiques.

Dire non à la corruption pour construire le pays

Pour l’ancien parlementaire, l’exemple de Floribert Bwana Chui rappelle qu’il est possible de servir l’État avec honnêteté et de vivre de son salaire sans céder à la corruption.

« Avec la corruption, ce sont souvent quelques individus qui s’enrichissent tandis que la population demeure pauvre. La RDC est un pays potentiellement riche, mais la corruption empêche cette richesse de profiter à tous », explique-t-il.

L'ancien député du Nord-Kivu considère que la lutte contre ce fléau est indispensable pour assurer une meilleure répartition des richesses, renforcer la classe moyenne, réduire la criminalité et offrir davantage de perspectives à la jeunesse.

Un message porté auprès des responsables publics

Juvénal Munubo affirme qu’il ne manque aucune occasion de rappeler l’exemple de Floribert Bwana Chui dans ses échanges avec les responsables publics. Tout en s’interrogeant sur son propre parcours lorsqu’il était député national, il insiste sur la responsabilité de chaque détenteur d’un mandat public ou d’une fonction de gestion de l’État.

« Les Congolais comptent sur ceux qui gèrent les affaires publiques. Chacun doit faire sa part pour combattre la corruption et contribuer au développement du pays », plaide-t-il.

Floribert n’est pas mort pour rien

Face aux nombreux scandales de détournement des deniers publics qui continuent de défrayer la chronique, certains s’interrogent sur l’utilité du sacrifice de Floribert Bwana Chui. Pour Juvénal Munubo, cette lecture est erronée. 

Munubo compare son témoignage à une semence appelée à produire ses fruits avec le temps.

« On ne peut pas dire qu’il est mort pour rien. Le témoignage d’un martyr est comme une graine semée. Certaines tombent sur un sol fertile et finissent par porter du fruit », affirme-t-il.

Il établit également un parallèle avec Patrice Lumumba, dont le combat pour l’unité et l’intégrité territoriale de du Congo continue d’inspirer plusieurs générations de Congolais.

Un appel permanent à la conscience collective

Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui demeure ainsi, selon Juvénal Munubo, un symbole vivant de l’intégrité morale et du refus de la corruption.

Si les résultats de son héritage ne sont pas toujours immédiatement visibles, son exemple continue d’interpeller les responsables publics, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens sur leur devoir de servir l’intérêt général avec probité et responsabilité.


Affaires étrangères : la RDC lance son Schéma directeur numérique 2026-2030 avec l'appui de l'Union européenne

Le ministère des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise a officiellement lancé, jeudi 18 juin 2026 à Kinshasa, son Schéma directeur numérique (SDN) 2026-2030, une feuille de route destinée à accélérer la transformation digitale de l'administration diplomatique congolaise.

Présidant la cérémonie au nom de la ministre d'État, la vice-ministre Noëlla Ayeganagato a souligné que cette initiative s'inscrit dans la dynamique de modernisation de l'administration publique portée par le Programme d'action du gouvernement 2024-2028. Elle vise à doter le ministère des outils, des compétences et des infrastructures nécessaires pour répondre aux exigences d'un environnement international de plus en plus numérisé.

Le SDN prévoit notamment la modernisation des méthodes de travail, l'amélioration de la gestion de l'information, le renforcement de l'interconnexion entre les services ainsi que le développement de services plus performants au bénéfice des citoyens, de la diaspora et des partenaires internationaux.

L'Union européenne accompagne la transformation numérique

Partenaire de cette réforme, la Délégation de l'Union européenne en République Démocratique du Congo soutient le projet à travers l'instrument NDICI-Global Gateway Europe et la mission d'assistance technique au partenariat entre l'Union européenne et la RDC.

Fabrice Basile, chargé d'affaires de la Délégation de l'Union européenne, a salué une étape importante dans la modernisation du ministère des Affaires étrangères.

Selon lui, l'appui européen dépasse le simple accompagnement technique et traduit un engagement à renforcer l'efficacité, la transparence, la sécurité et l'accessibilité des services publics.

« L'Union européenne est fière de soutenir la mise en place de ce Schéma directeur numérique qui contribuera directement à l'amélioration des capacités du ministère et lui permettra de mieux remplir ses missions au service des citoyens et des intérêts de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

Le système de gestion électronique du courrier comme premier chantier

L'appui européen vise notamment à accompagner les premières étapes de mise en œuvre du SDN, avec comme projet phare le déploiement d'un système de gestion électronique du courrier et d'archivage (GEC), considéré comme le premier marqueur concret de cette transformation.

Plusieurs sessions de formation ont déjà été organisées au profit d'une cinquantaine d'agents de l'administration centrale, tandis qu'une centaine d'autres agents, notamment au sein des missions diplomatiques à l'étranger, devraient être formés à distance.

La mission d'assistance, prévue de mars à novembre 2026, repose sur un plan d'action comprenant dix actions prioritaires et plus de quarante tâches destinées à fournir au ministère une feuille de route opérationnelle pour sa transition numérique.

Des investissements déjà engagés

Le ministère a déjà entrepris plusieurs investissements structurants pour soutenir cette modernisation. Parmi les réalisations figurent le déploiement d'un réseau LAN et Wi-Fi au sein de l'administration centrale, l'acquisition d'un nouveau serveur informatique ainsi que l'aménagement en cours d'une salle dédiée à l'hébergement des infrastructures numériques.

La Banque mondiale a également annoncé la fourniture prochaine de 200 ordinateurs pour accompagner cet effort de modernisation.

Malgré certaines contraintes, notamment la faible intégration du service informatique dans le fonctionnement global du ministère, les partenaires saluent l'implication des autorités administratives et techniques dans la réussite du projet.

Un outil stratégique au service du mandat de la RDC à l'ONU

Cette réforme intervient dans un contexte particulier marqué par l'entrée en fonction de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027.

Pour les partenaires européens, la mise en place d'outils numériques sécurisés de gestion documentaire et de circulation de l'information constitue un atout important pour permettre au ministère de relever les défis liés à ce mandat international.

À travers ce Schéma directeur numérique, le ministère des Affaires étrangères entend renforcer sa souveraineté numérique, améliorer ses performances administratives et inscrire durablement le numérique au cœur de l'action diplomatique congolaise.


Mongala : la Prison militaire d’Angenga compte plus de 1.500 détenus, l’AJBS alerte sur le nombre élevé de condamnés à mort

La Prison militaire d'Angenga est historique et est confrontée à une forte population carcérale. L’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS), basée à Lisala, dans la province de la Mongala, a publié le 18 juin 2026 son rapport de monitoring sur la situation carcérale de la Prison militaire d’Angenga.

Située à environ 25 kilomètres de Lisala, au cœur de la forêt équatoriale, cette prison construite en 1959 dispose d’une capacité d’accueil de 1.500 détenus. Selon l’AJBS, elle héberge actuellement plus de 1.500 pensionnaires provenant de plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo ainsi que de pays étrangers.

Plus de 370 détenus en attente de jugement

Le rapport fait état de 74 inculpés, dont une majorité de civils détenus depuis plus de douze mois sans jugement définitif.

Par ailleurs, la prison compte 297 prévenus, répartis entre les juridictions de premier et de second degré. Parmi eux figurent plusieurs détenus, civils, militaires et étrangers, en détention préventive depuis plus d’une année, une situation qui soulève des préoccupations quant à la célérité du traitement des dossiers judiciaires.

Plus d’un millier de condamnés, dont 342 à la peine de mort

La catégorie des condamnés demeure la plus importante au sein de l’établissement pénitentiaire. Elle regroupe des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers purgeant des peines allant de quelques années de servitude pénale à la prison à perpétuité.

Selon les statistiques de l’AJBS, la prison d’Angenga compte 342 condamnés à mort, dont 134 militaires, 30 policiers, 167 civils et 11 étrangers. L’organisation affirme qu’il s’agit du nombre le plus élevé de condamnés à mort recensé dans une prison de la RDC.

Le rapport relève également la présence de 211 détenus condamnés à perpétuité, parmi lesquels des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers.

Des détenus étrangers également concernés

Parmi les condamnés à perpétuité figurent six étrangers, dont quatre Rwandais, un Ougandais et un Tanzanien. Onze autres étrangers sont condamnés à mort, notamment des ressortissants rwandais, ougandais et tanzaniens.

L’AJBS signale également la présence de femmes parmi certains détenus étrangers et civils condamnés à de longues peines.

L’AJBS plaide pour la commutation des peines de mort

Face à cette situation, l’Action des jeunes pour le bien-être social appelle les partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains à plaider auprès des autorités congolaises pour la commutation des peines de mort en peines de servitude pénale à perpétuité, voire en peines de vingt ans de prison.

L’organisation estime qu’une telle mesure contribuerait à améliorer les conditions de détention et à renforcer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté au sein de cette prison militaire considérée comme l’une des plus importantes du pays. 


DRC Mining Week 2026 : les Nations Unies plaident pour une exploitation minière durable et respectueuse des droits humains en RDC

Le Système des Nations Unies en République Démocratique du Congo a réaffirmé son engagement à accompagner le gouvernement congolais dans la transformation du secteur minier en un véritable moteur de développement durable. Cette position a été exprimée lors de la DRC Mining Week 2026, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

À travers sa participation à ce rendez-vous majeur de l’industrie extractive, l’ONU a réitéré sa volonté de soutenir les efforts visant à rendre le secteur minier plus transparent, inclusif et bénéfique pour les populations.

Une gouvernance transparente au cœur des recommandations

Au cours des discussions, les Nations Unies ont préconisé une approche intégrée reposant sur plusieurs piliers essentiels. Il s’agit notamment du renforcement de la gouvernance du secteur, de l’amélioration des conditions de travail, de la formalisation de l’exploitation minière artisanale et de la lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles.

L’ONU a également insisté sur la nécessité de promouvoir l’inclusion économique des femmes et des jeunes, tout en veillant à la protection de l’environnement, de la santé publique et de la cohésion sociale dans les communautés minières.

L’intégration des droits humains dans les politiques minières

Les Nations Unies ont recommandé l’intégration systématique des évaluations d’impact sur les droits humains dans les politiques publiques et les investissements miniers. Cette démarche vise à prévenir les risques, améliorer la prise de décision et renforcer la redevabilité des différents acteurs du secteur.

Selon le Système des Nations Unies, ces orientations s’inscrivent dans le respect des standards internationaux, notamment les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains.

Le recensement général, un outil stratégique pour le développement

Par ailleurs, l’ONU s’est félicitée des progrès enregistrés dans le processus du recensement général de la population et de l’habitat en RDC. Cette opération est considérée comme essentielle pour disposer de données démographiques fiables et désagrégées.

Ces informations permettront d’améliorer la planification territoriale, de mieux orienter les politiques publiques et de renforcer la gestion du secteur minier. Elles contribueront également à la mise en œuvre d’interventions plus équitables et adaptées aux réalités locales, conformément au principe de ne laisser personne de côté.

Un partenariat renforcé pour un développement durable

Grâce à son expertise multisectorielle, le Système des Nations Unies continue d’appuyer la RDC dans le renforcement des cadres normatifs et institutionnels, la promotion des normes environnementales et sociales ainsi que l’intégration du genre et des droits humains dans les politiques publiques.

Les Nations Unies ont enfin réaffirmé leur volonté de travailler étroitement avec le gouvernement, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers afin de promouvoir un secteur minier créateur d’emplois décents, respectueux des droits humains et contribuant pleinement à la stabilité ainsi qu’au développement durable de la République Démocratique du Congo.


Kinshasa : les tracasseries policières continuent de gangrener la circulation routière

Les tracasseries policières sur la voirie urbaine de Kinshasa demeurent une préoccupation majeure pour les conducteurs et les usagers. Malgré les multiples dénonciations, les arrestations, les procès et même les révocations de certains agents de la Police nationale congolaise (PNC), cette pratique est loin d’être éradiquée.

Depuis plusieurs années, les automobilistes dénoncent des contrôles abusifs, des amendes arbitraires et des extorsions devenues monnaie courante sur plusieurs artères de la capitale. Pour de nombreux usagers, ces comportements ont fini par s’installer comme une norme plutôt qu’une exception.

Des amendes souvent supérieures aux montants légaux

Afin de lutter contre les abus et d’informer la population, l’Inspection générale de la Police nationale congolaise a publié en 2025 un fascicule intitulé « Tout ce que vous devez savoir sur les montants à payer en cas d’infraction ou contravention routière », accompagné du message : « Bâtissons notre pays en payant correctement nos amendes transactionnelles ».

Cependant, faute d’une large diffusion de ces informations, certains policiers continuent d’imposer aux usagers des montants largement supérieurs à ceux prévus par l’arrêté interministériel du 22 août 2012 fixant les taux des droits et taxes à percevoir à l’initiative de la PNC.

Selon plusieurs témoignages, des conducteurs sont contraints de verser entre 200 et 500 dollars américains pour des infractions dont les amendes officielles sont souvent inférieures à 40 dollars américains. 

Seules quelques infractions graves, notamment la conduite en état d’ivresse, l’excès de vitesse ou les dommages causés à la voie publique, peuvent légalement entraîner des amendes comprises entre 50 et 100 dollars.

La circulation routière transformée en source de revenus

Pour de nombreux observateurs, certains agents affectés à la circulation routière considèrent désormais la route comme une source de revenus personnels.

Un ancien responsable de la police avait déjà reconnu que certains policiers cherchaient à intégrer les unités de circulation routière en raison des gains financiers qu’elles procurent. 

Cette situation favorise la multiplication des contraventions contestées ou parfois créées de toutes pièces dans le but de soutirer de l’argent aux conducteurs.

Paradoxalement, alors que les embouteillages s’aggravent dans plusieurs carrefours stratégiques de Kinshasa, certains agents peinent à assurer efficacement la régulation du trafic. 

Dans plusieurs cas, ils sont même assistés par des receveurs de taxis-bus ou des gardes du corps improvisés pour fluidifier la circulation.

Une présence policière jugée excessive à certains endroits

Dans plusieurs points de conflit routier, les usagers dénoncent une concentration importante de policiers dont l’utilité opérationnelle reste contestée.

Certains axes secondaires, notamment dans la commune de Limete, à hauteur des 1ère, 14ème et 15ème rues, comptent régulièrement plusieurs agents alors que la circulation y demeure relativement fluide. 

Des conducteurs estiment que cette présence vise davantage les contrôles financiers que la gestion du trafic.

Les amendes officielles fixées par l’État

L’arrêté interministériel du 22 août 2012 fixe pourtant clairement les montants applicables aux principales infractions routières.

À titre d’exemple : défaut de casque pour motocycliste : 20 à 25 dollars ; défaut de ceinture de sécurité : 20 à 35 dollars ; non-respect des feux de signalisation : 20 à 35 dollars ; conduite sans permis : 30 à 60 dollars ; circulation sans plaque d’immatriculation : 45 à 90 dollars ; excès de vitesse : 50 à 100 dollars ; conduite en état d’ivresse : 50 à 100 dollars.

Ces montants constituent les plafonds légaux que les agents sont tenus de respecter lors de la perception des amendes transactionnelles.

Des recettes qui échappent au Trésor public

La question de la destination des recettes issues des amendes routières demeure également préoccupante.

Selon des observations relayées par la Cour des comptes, des milliers d’usagers sont verbalisés chaque année à Kinshasa et dans d’autres villes du pays. Pourtant, une part importante des sommes perçues n’apparaîtrait pas dans les comptes officiels de l’État.

Cette situation alimente les soupçons de détournement et renforce les appels à une réforme profonde du système de contrôle routier, à une meilleure traçabilité des paiements et à un renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption au sein des services chargés de la circulation.


L'intersyndicale accuse la direction de violer le protocole d'accord

Dans son préavis de grève adressé à la direction générale le 10 juin 2026, l'intersyndicale reproche à la direction générale le non-respect du protocole d'accord signé le 13 février 2026 sous l'égide du ministère des Postes, Télécommunications et du Travail.

Parmi les griefs figurent notamment l'irrégularité du paiement des salaires malgré l'engagement d'un versement dans un délai de 45 jours ; la prise en charge jugée insuffisante des soins de santé des travailleurs ; les retenues contestées sur les indemnités de logement ; les prélèvements effectués sur certains arriérés de salaires ; l'absence de réajustement des frais de transport conformément aux dispositions provinciales en vigueur.

Le personnel exige le départ du comité de gestion

Au-delà des revendications salariales, les agents réclament désormais le départ du comité de gestion qu'ils tiennent pour responsable de la dégradation de la situation de l'entreprise. Les syndicats dénoncent également ce qu'ils qualifient de bradage du patrimoine de la société, notamment un site situé en diagonale de l'ancien IFASIC, dans la commune de la Gombe.

Ils mettent aussi en cause le partenariat conclu avec la société Yozma dans le cadre du projet de poste mobile. Selon eux, cette société utiliserait les infrastructures et le personnel de la SCPT sans qu'un contrat formel n'ait été présenté aux travailleurs.

La direction rejette les accusations et saisit l'Inspection du travail

Face à la menace de grève, la directrice générale de la SCPT, Sandra Tshibonge Mbiye, a saisi l'Inspection générale du travail pour demander un arbitrage. Dans une correspondance datée du 19 juin 2026, elle qualifie la grève annoncée de « prématurée » et d'« irrégulière », estimant que les mécanismes de règlement prévus dans le protocole d'accord n'ont pas été épuisés.

La direction affirme avoir déjà procédé au paiement de trois mois de salaires en faveur des travailleurs actifs et des retraités malgré les difficultés financières auxquelles fait face l'entreprise. Elle invoque notamment la vétusté des infrastructures, la baisse des revenus postaux internationaux et les contraintes de trésorerie pour justifier les retards observés.

La direction menace de sanctions disciplinaires

Dans une note de service publiée le 19 juin 2026, la direction générale indique qu'aucune activité syndicale n'est autorisée le 22 juin 2026 et prévient que tout agent participant à un mouvement non autorisé s'exposera à des mesures disciplinaires.

Malgré cette mise en garde, l'intersyndicale maintient son mot d'ordre de grève et affirme attendre des réponses concrètes à l'ensemble de ses revendications. La crise sociale à la SCPT pourrait ainsi connaître un nouveau tournant dans les prochains jours.


SCPT : les travailleurs en grève exigent le paiement des arriérés de salaires et le départ du comité de gestion

Une grève déclenchée après plusieurs mois de négociations infructueuses et la crise sociale s'aggrave à la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT). Depuis le 22 juin 2026, les agents et cadres observent un mouvement de grève pour réclamer le paiement de 17 mois d'arriérés de salaires, l'amélioration des conditions de travail ainsi que le respect des engagements contenus dans le protocole d'accord signé en février 2026.

Selon les responsables syndicaux, cette décision intervient après plusieurs mois de négociations avec la direction générale, le ministère de tutelle et l'Inspection générale du travail, sans résultats concrets.

« Nous ne savons pas combien de temps la grève va durer. Elle se poursuivra jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée », a déclaré Jeanne Kajangu, présidente de la délégation syndicale.

Le départ du comité de gestion réclamé

Au-delà des revendications salariales, les travailleurs exigent le départ du comité de gestion qu'ils accusent de mauvaise gouvernance et de manque de transparence dans la gestion du patrimoine de l'entreprise.

Le président de l'intersyndicale, Jean Makayanga, demande notamment la publication des résultats de l'enquête annoncée sur la vente de plusieurs parcelles appartenant à la SCPT ainsi que l'élaboration d'un calendrier de paiement des arriérés accumulés sous l'actuelle gestion.

Les syndicats estiment que la direction n'a pas apporté de réponses satisfaisantes à leurs préoccupations malgré les multiples démarches entreprises.

Le dossier Yozma au cœur des tensions

Parmi les griefs soulevés figure également le partenariat entre la SCPT et la société Yozma. Les représentants des travailleurs dénoncent un dossier qu'ils jugent opaque et demandent sa suspension immédiate.

Selon Jean Makayanga, ce partenariat n'aurait pas reçu l'aval préalable du conseil d'administration. 

Le vice-président de l'Intersyndicale évoque également les conclusions de certaines discussions internes faisant état d'un possible conflit d'intérêts.

Les syndicalistes réclament l'exécution des recommandations contenues dans le mémorandum qu'ils ont déposé auprès du conseil d'administration.

Une entreprise jugée viable malgré les difficultés

Contrairement à la direction générale qui invoque des difficultés financières, les syndicats affirment que la SCPT dispose d'un potentiel économique important grâce à son positionnement dans le secteur des télécommunications.

Ils soutiennent que les difficultés actuelles résultent principalement de problèmes de gestion et du faible recouvrement des recettes.

Les représentants des travailleurs rappellent également que l'État congolais demeure débiteur de l'entreprise à hauteur d'environ 56 millions de dollars américains. Selon eux, plusieurs démarches ont été engagées depuis plus d'une année auprès de la Présidence de la République et des services chargés de la gestion de la dette publique afin d'obtenir le remboursement de cette créance.

Des travailleurs confrontés à une précarité croissante

Les syndicats décrivent une situation sociale de plus en plus difficile pour les agents de la SCPT. Ils affirment que de nombreux travailleurs peinent à assurer leurs déplacements quotidiens faute de moyens financiers.

« Lorsque les salaires ne sont pas payés, il devient impossible de couvrir les frais de transport », explique Jeanne Kajangu.

Les responsables syndicaux dénoncent également des retenues opérées sur certains salaires alors que les travailleurs continuent d'accumuler des mois d'impayés.

La direction conteste la légalité de la grève

De son côté, la direction générale considère le mouvement comme « irrégulier » et a saisi l'Inspection générale du travail afin d'obtenir un arbitrage dans ce conflit social.

Malgré cette démarche, les syndicats restent déterminés à poursuivre leur mouvement. 

Ils annoncent qu'il n'y aura pas de service minimum tout en attendant des mesures concrètes des autorités et de la direction générale pour sortir l'entreprise de l'impasse.

À défaut d'un accord rapide, le bras de fer entre les travailleurs et la direction de la SCPT pourrait encore se prolonger dans les prochains jours.

‎ RDC : la VSV réclame la protection des opposants politiques et de leurs sièges

‎Dans un communiqué daté du 23 juin 2026, la Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV) exprime sa profonde inquiétude face aux récentes attaques visant des sièges et permanences de partis politiques de l’opposition à Kinshasa.

L’organisation dénonce des actes de vandalisme attribués à des individus se présentant comme membres de la Force du Progrès, structure de jeunesse de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti au pouvoir.

‎Selon la VSV, ces incidents constituent une menace pour l’exercice des libertés politiques et pour la consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo.

‎Le siège de l’ADD-Congo pris pour cible à Kasa-Vubu

‎L’organisation cite notamment l’attaque perpétrée le 12 juin 2026 contre le siège de l’Alliance des Démocrates pour le Développement du Congo (ADD-Congo), situé sur l’avenue de l’Enseignement dans la commune de Kasa-Vubu.

‎D’après les informations recueillies par la VSV, plusieurs présumés membres de la Force du Progrès, dont la base serait installée à proximité du siège du parti, auraient fait irruption dans les locaux en forçant portes et fenêtres alors qu’une réunion se tenait sous la conduite du secrétaire général du parti, en présence d’une dizaine de militants et sympathisants.

‎Au cours de cette attaque, plusieurs biens auraient été emportés, notamment un téléviseur, des ordinateurs portables, des téléphones, des imprimantes, des tables et des chaises. La VSV affirme que des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), arrivés sur les lieux à bord de deux bus, n’auraient pas réussi à empêcher les actes de vandalisme.
‎Des blessés et un climat d’insécurité

‎Selon la même source, l’intervention des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) a permis l’évacuation du secrétaire général de l’ADD-Congo et de ses visiteurs vers un lieu sûr. Les autres occupants de la parcelle, dont des membres de la famille du propriétaire, auraient été contraints d’escalader les murs de clôture pour échapper aux assaillants.

Plusieurs militants du parti auraient été blessés lors de l’incident. La VSV rapporte également que le président de l’ADD-Congo, Prince Epenge, affirme vivre dans un climat d’insécurité depuis plusieurs semaines. Pour des raisons de sécurité, le siège du parti serait aujourd’hui presque abandonné.

‎La VSV appelle à une enquête et au renforcement de la sécurité

‎Face à cette situation, la VSV exhorte les autorités congolaises, en particulier le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur ainsi que les autorités judiciaires, à prendre des mesures urgentes. L’organisation demande l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier les auteurs et commanditaires des actes de vandalisme et de les traduire en justice.

‎La VSV réclame également la fin de la présence des personnes se réclamant de la Force du Progrès à proximité du siège de l’ADD-Congo, ainsi que leur poursuite judiciaire en cas de responsabilité établie. La VSV sollicite en outre l’indemnisation de l’ADD-Congo pour les préjudices subis, la prise en charge des blessés et le renforcement de la sécurité des sièges des partis politiques de l’opposition, de leurs membres et de leurs sympathisants.


RDC : une formation pour accompagner les entreprises dans la conformité à la protection des données personnelles

Face à l'entrée en vigueur du Code du numérique et aux récentes mesures réglementaires en matière de protection des données personnelles, l'ASBL Think Tank Law & Technologies organise, le 25 juin 2026 à Kinshasa, une formation Corporate Premium destinée aux acteurs des secteurs public et privé.

‎Selon le président de l'organisation, Me Prosper Ntetika, cette initiative vise à permettre aux entreprises, administrations et autres structures traitant des données personnelles de mieux comprendre leurs nouvelles obligations légales.

‎« Nous avons aujourd'hui en RDC un cadre contraignant en matière de traitement des données personnelles. Toutes les entités publiques et privées concernées doivent connaître les exigences légales et les étapes nécessaires pour se mettre en conformité », explique-t-il.

‎Des outils pratiques pour éviter les sanctions

‎La formation mettra l'accent sur les dispositions du Code du numérique ainsi que sur les procédures instaurées par l'Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC).

‎Pour les organisateurs, de nombreuses structures demeurent encore en situation de non-conformité, souvent par manque d'information. Pourtant, le cadre légal prévoit désormais des sanctions administratives, civiles et pénales en cas de manquement.

‎« Cette session a une particularité : elle est résolument pratique. Au-delà du cadre légal, elle fournira aux participants des outils concrets pour mettre en place une conformité effective et réduire les risques liés aux violations des règles de protection des données », souligne Me Prosper Ntetika.

Une première initiative du genre en RDC

‎Présentée comme une première en République démocratique du Congo, cette formation réunira des experts du droit du numérique, de la conformité réglementaire et de la gouvernance des données.

‎L'objectif est d'aider les organisations à mettre en œuvre des mécanismes adaptés de protection des données personnelles et à intégrer les bonnes pratiques de gouvernance numérique.


dimanche 14 juin 2026

Human Rights Watch accuse le Rwanda et le M23 de recrutements forcés et de détentions abusives en RDC

L’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse les forces rwandaises et les rebelles du M23 d’avoir mené une vaste campagne de recrutement forcé et de détention arbitraire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Dans un rapport de 87 pages publié le 10 juin 2026, l’ONG documente de graves violations des droits humains commises entre mi-2024 et décembre 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon HRW, des milliers de civils, policiers, militaires congolais et combattants Wazalendo ont été arrêtés ou enrôlés de force, parfois avec la participation directe de militaires rwandais. Des enfants âgés d’à peine 12 ans figureraient également parmi les victimes.

Des camps de formation transformés en lieux de sévices

L’enquête met particulièrement en cause les camps militaires de Rumangabo et de Tshanzu, situés au Nord-Kivu. D’après les témoignages recueillis auprès de 102 anciens détenus, les recrues y ont subi des passages à tabac, des actes de torture, des privations de nourriture et de soins, ainsi que des travaux forcés.

Les personnes interrogées rapportent également des exécutions sommaires contre ceux qui tentaient de s’évader ou enfreignaient les règles imposées dans les camps. Plusieurs témoins évoquent des centaines de décès liés aux mauvais traitements, aux conditions de détention et aux exécutions. « La mort était partout », résume le titre du rapport de HRW.

Le rôle présumé des forces rwandaises

Selon l’organisation, de nombreux anciens détenus ont identifié des soldats rwandais lors des rafles et au sein de la chaîne de commandement des camps. Ces témoignages sont corroborés par des sources militaires, des services de renseignement et des responsables des Nations unies.

HRW estime que l’ampleur de la présence militaire rwandaise et son influence sur les opérations du M23 pourraient répondre aux critères d’une occupation belligérante au regard du droit international humanitaire, engageant ainsi la responsabilité des autorités rwandaises.

Des appels à des enquêtes et à des sanctions

L’organisation appelle les autorités congolaises à préserver les preuves des crimes présumés commis dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu et à engager des poursuites judiciaires. Elle exhorte également le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur ces faits en tant que possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Human Rights Watch demande par ailleurs aux Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et aux États-Unis de renforcer la pression sur Kigali et d’envisager de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables du M23 et des forces rwandaises impliqués dans ces abus.

La situation des ex-recrues détenues à Kinshasa

L’ONG s’inquiète également du sort de dizaines de personnes recrutées de force par le M23 puis arrêtées après leur reddition aux forces congolaises. Lors d’une mission menée en mai 2026 à la prison de Makala, à Kinshasa, HRW affirme avoir rencontré 34 détenus, dont 14 enfants, qui disent avoir été interrogés et détenus par les services de renseignement militaires avant leur transfert en prison.