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mardi 21 avril 2026

RDC : les conseillers communaux dénoncent une “manipulation des chiffres” et manifestent devant le ministère des Finances

Une mobilisation nationale pour dénoncer des injustices a été constatée le 10 avril 2026 par les conseillers communaux de la République Démocratique du Congo qui se sont mobilisés devant le Ministère des Finances à Kinshasa pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de gestion opaque de leurs ressources.

Prenant la parole au nom de ses collègues, le coordonnateur du caucus, Willy Nzembela, a dénoncé une série d’irrégularités dans le traitement de leur enveloppe budgétaire, appelant le ministre des Finances à mettre fin à toute manipulation. 

Des accusations de réduction illégale de l’enveloppe

Au cœur des revendications, les conseillers communaux accusent le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, de réduire de manière injustifiée leur enveloppe globale de fonctionnement.

Selon eux, jusqu’à 50 % des fonds auraient été retranchés, alors que ces ressources couvrent : la location des sièges administratifs, la rémunération du personnel d’appoint, les charges de fonctionnement, ainsi que les indemnités des élus.

Ils dénoncent également la signature tardive des documents techniques, évoquant une incohérence majeure dans l’exécution budgétaire de l’exercice 2025.

Des institutions fragilisées dès leur mise en place

Les conseillers communaux rappellent qu’ils représentent de nouvelles institutions encore en phase de structuration, sans infrastructures propres. « Nous n’avons pas de sièges. Tout repose sur les frais de fonctionnement », ont-ils insisté, soulignant que ces coupes budgétaires compromettent directement leur capacité à travailler et à servir les populations locales.

Les manifestants affirment que les réductions auraient commencé dès 2025, avec une baisse d’environ 30 % de l’enveloppe initiale. Ils s’interrogent sur la destination des fonds retranchés, affirmant ne retrouver aucune trace de ces montants dans les documents officiels, notamment la loi de reddition des comptes.

Un appel à la Première ministre et au Parlement 

Face à cette situation, une correspondance officielle a été adressée à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de dénoncer ces pratiques remontant à 2024.

Les conseillers communaux appellent également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle pour établir les responsabilités, clarifier la gestion des fonds publics, et garantir un traitement équitable entre institutions.

Des paiements partiels et irréguliers

Les élus reconnaissent avoir commencé à percevoir des frais de fonctionnement en 2025, mais dénoncent des paiements incomplets et irréguliers. Sur 12 mois, seuls 8 mois auraient été payés, souvent après des pressions et des sit-in.

« Devons-nous manifester pour être payés ? », s’interrogent-ils

Se réclamant de l’Union sacrée, les conseillers communaux mettent en garde contre les conséquences politiques de cette situation dans un contexte jugé sensible. Ils appellent le ministre des Finances à « revoir ses calculs » afin d’éviter une escalade, estimant que ces pratiques sont discriminatoires par rapport à d’autres institutions publiques comme les assemblées provinciales ou les gouvernements provinciaux.

“Trop, c’est trop” 

Unis et venus de plusieurs provinces, les conseillers communaux affirment leur détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des réponses concrètes.

Pour eux, cette lutte dépasse la simple question salariale. Elle concerne la reconnaissance et le respect des élus locaux, considérés comme les plus proches de la population.


Prison de Makala : le calvaire des visiteurs dénoncé par Me Fiston Mukinayi

Aller rendre visite à un proche à la Prison centrale de Makala relève d’un véritable parcours du combattant, entre humiliations, tracasseries et paiements informels à répétition. C’est ce que dénonce Me Fiston Mukinayi dans un témoignage publié sur Facebook.

Dès l’entrée, le visiteur est confronté à une série d’exigences financières : jetons, accès aux différentes portes, dépôt de téléphone… À chaque étape, quelques francs sont exigés. Une accumulation de frais qui, selon ce récit, transforme la visite en une épreuve éprouvante, tant sur le plan moral que financier.

Une succession de paiements informels

Le témoignage décrit un système bien rodé où chaque passage donne lieu à un paiement. De l’enregistrement des visiteurs au contrôle des colis destinés aux détenus, tout semble conditionné à des frais supplémentaires.

Même les denrées alimentaires apportées aux prisonniers sont soumises à des restrictions, parfois arbitraires, poussant les visiteurs à payer davantage pour les faire accepter.

Un coût élevé pour quelques minutes de visite

Au final, le coût total pour accéder à un détenu peut atteindre 40.000 francs congolais, une somme considérable pour de nombreuses familles.

Et pour ce montant, le visiteur n’obtient que quelques minutes d’échange : parfois même, il faut encore payer pour une chaise afin de s’asseoir face à son proche.

Au-delà des montants, c’est la dimension humaine qui choque. Les visiteurs, souvent déjà fragilisés par la situation de leurs proches incarcérés, se retrouvent confrontés à un système qui exploite leur vulnérabilité.

« On ne vient pas ici par plaisir », souligne Me Fiston Mukinayi, évoquant une expérience marquée par les larmes et l’indignation.

Un appel implicite à la responsabilité de l’État

Ce témoignage met en lumière des pratiques qui se déroulent sous le regard des autorités, dans un lieu censé incarner l’autorité de l’État.

Pour l’auteur, cette réalité quotidienne à Makala soulève une question fondamentale : comment des citoyens, déjà éprouvés, peuvent-ils être ainsi soumis à un tel traitement ?

Une situation qui, selon lui, ne devrait pas exister, mais qui semble s’être installée comme une routine.


Kinshasa : projection du documentaire “Femmes en RDC”, Patrick Muyaya Katembwe salue un récit inspirant

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part le 8 avril 2026 à Kinshasa à la projection critique du documentaire « Femmes en RDC – Forces en mouvement », organisée au siège de la représentation de l’Union européenne.

Ce film, fruit d’un partenariat entre plusieurs acteurs internationaux – dont la GIZ, ENABEL, la coopération suisse, néerlandaise, l’AFD et Expertise France – met en lumière les avancées en matière d’autonomisation des femmes en République Démocratique du Congo.

Des parcours de femmes au centre du récit

Issu d’une dynamique lancée fin 2025, le documentaire plonge au cœur des réalités féminines en RDC à travers plusieurs secteurs entre autres entrepreneuriat, agriculture, gouvernance, sport et lutte contre les violences basées sur le genre.

Le film donne la parole aux femmes elles-mêmes, mettant en avant leurs parcours, leur résilience et leur capacité à transformer leur environnement.

À l’issue de la projection, Patrick Muyaya Katembwe a salué la qualité du travail réalisé. « Le récit est bien construit et les femmes sont effectivement en mouvement », a-t-il déclaré, tout en soulignant que le film, bien que court, reste accessible et dynamique.

Le porte-parole du gouvernement a également insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation, notamment dans les milieux traditionnels où persistent encore des obstacles à l’épanouissement des femmes.

Un partenariat international mis en avant

Le chargé de mission intérimaire de l’Union européenne, Fabrice Basile, a salué l’approche collaborative du projet, illustrant l’esprit “Team Europe”.

De son côté, l’ambassadrice d’Espagne en RDC, Maria Del Carmen Diez Orejas, a mis en avant un film « inspirant », qui rompt avec l’image de la femme uniquement perçue comme victime.

Un projet porteur de transformation sociale 

La représentante de la GIZ, Catherine Van Even, a expliqué que ce documentaire vise à montrer l’intégration de la dimension genre dans l’ensemble des projets de développement, tout en garantissant une approche éthique respectueuse des participantes.

Réalisé avec la journaliste Yolande Nymi et les cinéastes Simone Hardenne et Aubin Mukoni, le film a été tourné dans plusieurs provinces du pays.

Au-delà de sa portée artistique, « Femmes en RDC – Forces en mouvement » se veut un outil de plaidoyer en faveur des droits des femmes.

Plusieurs projections sont prévues dans les prochaines semaines, notamment lors du Festival du film européen. Le ministre Patrick Muyaya Katembwe a, pour sa part, exprimé sa volonté de soutenir sa large diffusion, notamment via la Radio-Télévision Nationale Congolaise.


Une journaliste décroche une avancée historique : les anciennes Léopards dames enfin reconnues et prises en charge

Une offensive politique au cœur du ministère des Sports à Kinshasa, la candidate à la présidence de la Ligue nationale de football féminin (Linaff), la journaliste Arlette Butela, a marqué un tournant décisif dans la défense des droits des anciennes internationales congolaises.

Jeudi 9 avril 2026, celle que les milieux sportifs surnomment déjà « Maman Linaff » s’est rendue au cabinet du ministre des Sports, Didier Budimbu, avec un plaidoyer d'obtenir justice et reconnaissance pour ces joueuses qui ont représenté la RDC sur la scène mondiale.

Objectif atteint. Son initiative a débouché sur une décision aux implications majeures, à la fois politiques et sociales.

Une reconnaissance officielle enfin actée

Au centre des discussions : les anciennes Léopards dames ayant participé aux compétitions internationales, notamment aux éditions mondiales de 2006 en Russie et 2008 au Chili. Longtemps restées dans l’ombre, ces athlètes devraient désormais bénéficier d’un statut officiel.

Le ministre Didier Budimbu a annoncé leur reconnaissance « au même titre » que les Léopards masculins, notamment ceux sacrés champions d’Afrique en 1968 et 1974 et ayant marqué l’histoire du football congolais.

Une décision qui corrige une inégalité mémorielle persistante et réhabilite la contribution des femmes dans l’histoire sportive nationale.

De la symbolique à l’action : vers des emplois stables 

Au-delà de la reconnaissance, une mesure concrète a été annoncée : la « mécanisation » de ces anciennes joueuses.

Dans le contexte administratif congolais, cette intégration signifie l’accès à un emploi stable au sein des structures publiques, accompagné d’une rémunération régulière.

Cette avancée marque une rupture avec des décennies de précarité pour ces sportives, souvent oubliées après leur carrière, malgré leur engagement au service du pays.

Un signal fort pour le sport féminin congolais

Cette décision envoie un message clair : le temps de l’invisibilisation des femmes dans le sport congolais doit appartenir au passé.

Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage des politiques sportives, en valorisant les parcours féminins et en leur offrant des perspectives concrètes.

Arlette Butela, d’outsider à actrice influente

Par cette initiative, Arlette Butela s’impose comme une figure montante du leadership sportif en RDC. Plus qu’une candidate à la tête de la Linaff, elle apparaît désormais comme une interlocutrice crédible capable de mobiliser les autorités autour de causes longtemps négligées.

Son action pourrait bien redéfinir les priorités du football féminin congolais et peser dans la course à la présidence de la Ligue.

Vers une nouvelle ère pour les anciennes Léopards dames ? 

Si la mise en œuvre effective des engagements reste attendue, cette annonce constitue déjà une victoire symbolique majeure.

Pour ces anciennes internationales, c’est la promesse d’une reconnaissance tardive, mais essentielle. Pour le sport congolais, c’est peut-être le début d’une réforme plus profonde, où mérite et équité ne seront plus dissociés.


“Niama ya munene” : plongée dans une affaire de tracasseries policières qui a viré au scandale à Kinshasa

Tout commence lorsqu’un couple se forme à distance via les réseaux sociaux. Lui vit en Europe, elle à Lubumbashi. Après plusieurs mois d’échanges, les deux décident de franchir le cap : le mariage sera célébré à Kinshasa, en une seule journée, combinant cérémonie coutumière, civile et religieuse.

Le programme est millimétré. Le futur époux prévoit même de repartir en Europe deux jours plus tard avec son épouse. Pour la jeune femme, ce voyage constitue une première découverte de Kinshasa.

Le jour J, deux membres de sa famille prennent la route vers l’aéroport international de N’djili pour l’accueillir. Le timing est serré : à peine descendue de l’avion, la mariée doit être conduite directement à l’état civil.

Mais sur le trajet, à hauteur du pont Matete, un motard de la police se lance à la poursuite du véhicule familial. Il finit par le rattraper sur le boulevard Lumumba et leur barre la route, évoquant un excès de vitesse.

La situation est délicate : il ne reste qu’une quinzaine de minutes avant l’atterrissage de l’avion, et la mariée, qui ne connaît pas la ville, attend seule à l’aéroport.

Pressé par le temps, le conducteur propose au policier de monter à bord pour régler la situation en chemin. Contre toute attente, l’agent accepte. Il charge lui-même sa moto dans le coffre du véhicule et s’installe avec les passagers.

De la complicité apparente au piège bien orchestré

L’atmosphère devient étonnamment détendue durant le trajet. Mieux encore, la présence du policier facilite l’accès du véhicule à l’aéroport. Il accompagne même un membre de la famille jusqu’au tarmac pour récupérer la mariée.

Pendant ce temps, une passagère restée dans le véhicule prend discrètement des photos de la moto logée dans le coffre — un détail qui s’avérera crucial.

La mariée récupérée, le groupe reprend la route, cette fois en direction de la commune de Maluku pour chercher un oncle paternel. À sa vue, ce dernier est pris de panique en apercevant le policier, avant d’être rassuré par les explications des proches.

Mais au retour, l’ambiance change. La même passagère commence à enregistrer les conversations à bord, comme si elle pressentait un basculement.

“Commandant, namemeli yo niama ya munene” : le piège se referme

Arrivés à hauteur d’un bureau de police à Masina, sur le boulevard Lumumba, le ton change brutalement. Le policier ordonne au conducteur de s’y arrêter.

À peine descendus, l’agent lance à son supérieur une phrase révélatrice : “Commandant, namemeli yo niama ya munene” (Commandant, je vous ai amené une grosse prise).

Face au commandant, les passagers se voient reprocher plusieurs contraventions supposées. Mais cette fois, la situation ne tourne pas à l’avantage des policiers.

Un retournement spectaculaire

 Les occupants du véhicule sortent alors leurs preuves : vidéos, enregistrements audio et photos prises tout au long du trajet.

Le choc est total lorsque l’homme présente sa carte d’avocat et que la passagère dévoile la sienne de journaliste. Pris au piège, le commandant perd totalement contenance. Selon les témoins, il est submergé par la panique et l’humiliation. L’avocat annonce son intention de porter plainte dès le lundi suivant devant l’auditorat militaire.

Dans un retournement inattendu, le commandant tente d’éteindre l’affaire en négociant un arrangement à l’amiable. Il finit par proposer une compensation financière de 450 dollars américains.

Un système bien ancré malgré les sanctions

Au-delà de cet épisode spectaculaire, l’affaire met en lumière une réalité persistante à Kinshasa : les tracasseries policières ou routières.

Malgré les interpellations, arrestations et procès, ces pratiques continuent de prospérer. La capitale compterait plus d’une soixantaine de points fixes de contrôle abusif, sans compter les dispositifs mobiles improvisés.

Fait troublant : après cet incident, le véhicule impliqué serait devenu “intouchable”. Certains policiers évitaient désormais de l’arrêter, et il aurait même été utilisé par des proches de forces de l’ordre pour circuler sans être inquiétés sur le boulevard Lumumba. 

Entre abus d’autorité et culture d’impunité

Cette affaire illustre un mécanisme bien rodé : interception arbitraire, intimidation, tentative d’extorsion, puis négociation informelle.

Elle révèle aussi les limites des mesures disciplinaires face à un phénomène profondément enraciné.

Si, ce jour-là, la situation a tourné en faveur des victimes grâce à leur statut et aux preuves réunies, la majorité des citoyens, eux, ne disposent ni de ces moyens, ni de cette protection.

Et pendant que certains policiers continuent de “ramener de la viande”, la question demeure : jusqu’à quand ces pratiques survivront-elles au cœur de la capitale congolaise ?


Kinshasa : le député Israël Kabenda interpelle la DGRK sur une gestion jugée opaque

Le député provincial Israël Kabenda Kayuwa a déposé, le 7 avril 2026, une question orale avec débat auprès du Bureau du Président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Adressée au Chargé de Missions de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa, cette démarche s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire prévu par la Constitution.

Des recettes en baisse malgré la modernisation 

Au cœur de cette interpellation, la mobilisation des recettes de la ville, jugée préoccupante. Le député souligne un paradoxe : malgré l’introduction de réformes numériques, notamment la plateforme IRMS, certaines recettes, comme celles liées aux vignettes, affichent une stagnation, voire une baisse, par rapport aux exercices précédents.

Il s’interroge ainsi sur la pertinence technique des dispositifs mis en place et sur la coexistence de plusieurs systèmes de perception.

Une architecture financière controversée

Israël Kabenda dénonce également la prolifération de comptes dits « dédiés » ainsi que la multiplication de commissions d’encadrement opérant, selon lui, en marge des textes réglementaires en vigueur.

Cette organisation fragmentée, combinée à une externalisation croissante vers des prestataires privés, soulève des inquiétudes quant à la transparence des flux financiers et à la souveraineté fiscale de la ville.

Des inquiétudes sur la légalité de certaines pratiques

L’élu provincial questionne la conformité de certaines mesures, notamment la retenue de 5 % au profit d’une commission d’encadrement, dont la base légale reste, selon lui, floue. Il pointe également une possible contradiction entre des instructions administratives créant des comptes dédiés et les dispositions imposant l’unicité du compte public, soulevant ainsi un problème de respect de la hiérarchie des normes.

Un malaise social profond au sein de la régie

Au-delà des aspects financiers, le député met en lumière une crise sociale au sein de la DGRK. Parmi les griefs évoqués : disparités dans le paiement des primes, absence de couverture santé et conditions de travail précaires.

Ce climat, estime-t-il, favorise le phénomène dit « Mamé-Mamé », assimilé à des pratiques de détournement ou de coulage des recettes.

Exigence de transparence et de résultats

À travers une série de 18 questions, le député exige des éclaircissements sur plusieurs points clés notamment la part des prestataires privés dans la collecte des recettes ; la gestion des comptes et la traçabilité des fonds ; le bilan chiffré des opérations fiscales, notamment la « Grande Échéance » ; les conditions de vie et de travail des agents ; ainsi que la politique de recrutement et de gestion des carrières.

Un appel à des réformes profondes

En initiant cette question orale avec débat, Israël Kabenda Kayuwa entend obtenir des réponses claires sur la gestion de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa. Cette démarche pourrait ouvrir la voie à des réformes visant à renforcer la transparence, améliorer les performances de la régie financière et restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des finances publiques de la capitale congolaise.


RN1 : un axe vital en dégradation entre Mbanza-Ngungu et Lukala

La route nationale numéro un (RN1), principal corridor reliant Kinshasa au Kongo Central, se détériore progressivement sur le tronçon compris entre Mbanza-Ngungu et Lukala. Malgré le paiement systématique du péage par les usagers, l’état de la chaussée suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Des nids de poule persistants malgré les travaux

Sur plusieurs sections, les nids de poule se multiplient, rendant la circulation difficile et risquée. Pourtant, des travaux sont en cours depuis quelque temps. Entre Lukala et Kwilu-Ngongo, des buses ont notamment été installées pour améliorer l’évacuation des eaux de pluie. Des efforts visibles, mais jugés insuffisants face à la dégradation globale de la route.

Des épaves abandonnées, un danger permanent 

Autre source de préoccupation : la présence d’épaves de véhicules accidentés abandonnées sur la chaussée ou à ses abords. Ces carcasses constituent un véritable piège pour les automobilistes, surtout en l’absence d’un service chargé de leur évacuation rapide. Plusieurs usagers dénoncent un laisser-aller qui met en danger la vie des conducteurs et des passagers.

Embouteillages et absence d’assistance routière 

La RN1, limitée à deux voies (aller-retour), est régulièrement sujette à des embouteillages. Ceux-ci sont souvent causés par des pannes ou des accidents, aggravés par l’absence d’un dispositif d’intervention efficace pour fluidifier le trafic. Dans certains cas, les automobilistes passent des heures à attendre le dégagement de la voie.

Kasangulu : des travaux sans déviation

À Kasangulu, où des travaux de réhabilitation sont en cours, la situation est encore plus compliquée. Aucune voie de déviation n’a été aménagée, obligeant les véhicules à circuler alternativement sur une seule bande. Une organisation qui ralentit fortement le trafic et accentue les désagréments pour les usagers.

Un contraste décrié avec Kinshasa

Pendant ce temps, à Kinshasa, des opérations de remorquage ciblent régulièrement des véhicules en bon état pour des cas de stationnement jugé irrégulier. Une pratique que certains conducteurs estiment plus lucrative qu’efficace, surtout lorsqu’on la compare à l’absence d’intervention sur les épaves abandonnées le long de la RN1.

Face à cette situation, de nombreux usagers appellent les autorités à renforcer l’entretien de cet axe stratégique, à améliorer la gestion des incidents routiers et à garantir un meilleur usage des recettes issues du péage.


Bombardements à Minembwe : les FARDC dénoncent une nouvelle attaque et promettent des ripostes

Au lendemain de la neuvième session des pourparlers entre le Gouvernement congolais et la coalition AFC/M23 soutenue pr le Rwanda à Montreux, en Suisse, la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ces discussions visaient pourtant à désamorcer les tensions et à favoriser un retour progressif à la paix dans les zones affectées par les conflits armés.

Des frappes de drones meurtrières dans les Hauts Plateaux de Minembwe

Dans un communiqué rendu public le 19 avril 2026, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) accusent l’armée rwandaise d’avoir mené de nouvelles attaques dans les Hauts Plateaux de Minembwe, en province du Sud-Kivu. Selon l’armée congolaise, des drones opérés par la coalition RDF-AFC/M23 ont bombardé, dans la soirée du samedi 18 avril 2026, plusieurs positions militaires congolaises situées à Mikenge et Kakenge. Ces frappes n’ont pas uniquement ciblé des positions des FARDC, mais ont également atteint des zones habitées, notamment au Point Zéro.

Un bilan humain encore provisoire

Les premières informations font état d’un bilan provisoire de quatre civils tués et huit blessés, parmi lesquels une majorité de femmes et d’enfants. Ces attaques ont semé la panique au sein des populations locales, déjà éprouvées par des années d’insécurité.

Face à cette situation, les FARDC condamnent avec la plus grande fermeté ce qu’elles qualifient « d'attitude belliqueuse » de l’armée rwandaise et de ses alliés. Elles dénoncent une violation répétée des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix en cours. L’armée congolaise a, par ailleurs, présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé sa compassion aux blessés.

Une riposte envisagée pour protéger les civils

Les FARDC affirment se réserver le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la défense du territoire et la protection des populations civiles. Elles indiquent que des ripostes appropriées pourraient être engagées conformément à leur mission régalienne.


Kisangani : l’histoire poignante d’un enfant abandonné qui émeut la Tshopo

Dans la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo, une scène bouleversante a récemment ému toute une communauté. Un jeune garçon, identifié sous le nom de Davi, a été retrouvé endormi sur la tombe de sa mère, après avoir été chassé de son domicile, rapporte Me Didier Bikaki sur sa page Facebook.

Un drame familial aux lourdes conséquences

Selon des témoignages recueillis dans le voisinage, Davi, encore élève, avait récemment perdu sa mère des suites d’une maladie. Une perte déjà difficile à surmonter pour cet enfant, profondément affecté sur le plan émotionnel. Peu après ce décès, son père aurait refait sa vie. Mais l’arrivée de la nouvelle épouse dans le foyer aurait progressivement détérioré les conditions de vie du jeune garçon.

Une expulsion qui choque

En l’absence de son père, parti travailler dans le nord du pays, Davi vivait sous la responsabilité de sa belle-mère. Plusieurs sources affirment qu’il ne bénéficiait ni d’attention ni de soutien. La situation aurait empiré jusqu’au jour où il aurait été expulsé de la maison, sans assistance. Livré à lui-même, sans abri ni protection, l’enfant a trouvé refuge là où reposait la seule personne qui représentait encore pour lui un sentiment de sécurité : sa mère.

Une nuit au cimetière, symbole d’une détresse profonde

C’est ainsi que Davi a été découvert, allongé sur la tombe maternelle, dans un geste aussi poignant que révélateur de sa détresse. Une image qui a profondément marqué les habitants de Kisangani et relancé le débat sur la protection des enfants en situation de vulnérabilité.

Un appel à la responsabilité parentale

Au-delà de l’émotion, cette histoire met en lumière une réalité sociale préoccupante : celle des enfants fragilisés par la perte d’un parent et parfois négligés dans des familles recomposées. Des voix s’élèvent pour rappeler que la reconstruction d’un foyer après un deuil ne doit jamais se faire au détriment du bien-être des enfants.

L’encadrement, l’écoute et la protection restent des devoirs fondamentaux pour tout parent, quelles que soient les circonstances.

Cette situation interpelle sur la nécessité d’une vigilance accrue des proches, des autorités et de la société, afin d’éviter que d’autres enfants ne se retrouvent dans des conditions similaires.


Indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda : un atelier stratégique lancé à Kinshasa

Le Fonds spécial de répartition de l’indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) organise, du 20 au 26 avril 2026 à Kinshasa, un atelier consacré à l’élaboration d’un manuel de procédures pour l’identification des victimes. Cette activité s’inscrit dans une série d’actions visant la relance et le redressement du processus d’indemnisation, après une période marquée par de nombreuses dérives décriées.

Le gouvernement engagé pour plus de transparence

L’atelier a été officiellement lancé par le représentant du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me José Butima. Il a salué particulièrement la présence des délégations venues des provinces du Bas-Uélé, du Haut-Uélé, de l’Ituri et de la Tshopo, ainsi que celle des représentants des victimes et des experts nationaux et internationaux.

Des irrégularités à corriger dans le processus d’indemnisation

Lancé en novembre 2023, le processus d’indemnisation s’est déroulé dans un contexte difficile, marqué notamment par l’absence d’un document de référence pour encadrer l’identification des victimes, a indiqué le coordonnateur de Fravao, Mgr François Mwarabu.

Cette lacune a favorisé des dérives importantes, dont l’augmentation du nombre de bénéficiaires avec l’intégration de personnes non éligibles, tant physiques que morales. Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement a décidé d’un recadrage global du processus.

Un manuel de procédures pour garantir l’équité

Au cœur de cet atelier figure l’élaboration d’un manuel de procédures destiné à encadrer de manière rigoureuse l’identification des victimes des violences sexuelles, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis entre 1998 et 2003. Ce document devra répondre à plusieurs exigences essentielles, notamment de garantir la transparence et l’équité dans l’identification des victimes ; de respecter les normes internationales en matière de droits humains et de justice transitionnelle ; de faciliter l’accès à la réparation en tenant compte des vulnérabilités spécifiques, notamment celles des femmes, des enfants et des personnes déplacées ; d'harmoniser les pratiques avec celles d’autres mécanismes similaires.

Une démarche participative avec les acteurs de terrain

Les travaux réunissent un large éventail d’acteurs clés du processus, dont une importante délégation issue des provinces concernées. Cette approche participative vise à intégrer les réalités locales dans l’élaboration des outils, afin de garantir leur pertinence et leur efficacité.

L’initiative s’inscrit dans le cadre de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice dans le différend ayant opposé la République démocratique du Congo à l’Ouganda.

Un appel à la rigueur pour une indemnisation crédible

Depuis son opérationnalisation en novembre 2021, le FRIVAO a procédé à des indemnisations dans des conditions complexes, avec des résultats jugés insuffisants en raison des faiblesses des outils utilisés.

Avec l’élaboration de ce nouveau manuel, les autorités entendent doter le processus d’un cadre plus crédible, transparent et objectif, capable de restaurer la confiance et de garantir une réparation juste aux victimes.

Clôturant son intervention, le représentant du ministre a exhorté les participants à faire preuve de rigueur et d’abnégation, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de cet atelier stratégique pour l’avenir du processus d’indemnisation en République Démocratique du Congo.


FRIVAO : vers un nouveau guide pour assainir l’indemnisation des victimes

Le président du Conseil d’administration du FRIVAO, Dismas Kitenge Senga, a reconnu le 20 avril 2026 que les activités du Fonds ont démarré depuis 2021, avec des premières indemnisations effectives dès 2023.

Cependant, il admet que ce processus s’est appuyé sur des documents présentant des insuffisances majeures, notamment en ce qui concerne les critères objectifs d’identification et d’indemnisation des victimes. Ces failles ont conduit à des pratiques non conformes aux standards internationaux.

Un nouveau guide méthodologique en préparation

Pour corriger ces lacunes, une commission a été mise en place avec l’appui du ministère de la Justice afin d’élaborer un guide méthodologique d’identification et d’indemnisation des victimes. Ce document devra répondre à des questions essentielles. Qui peut être considéré comme victime ? Comment identifier les victimes de manière fiable ? Quel type d’indemnisation leur accorder ?

Le futur guide mettra fin à la standardisation des montants jusque-là pratiquée, en introduisant une approche individualisée basée sur les préjudices subis, conformément notamment à l’arrêt de la Cour internationale de Justice.

Face aux accusations de paiement de fausses victimes, le Conseil d’administration annonce un audit approfondi du fichier des bénéficiaires. Deux missions sont en cours : un consultant international chargé d’évaluer la gouvernance du Fonds ; un cabinet spécialisé chargé d’auditer la base de données des victimes.

Ces travaux permettront d’identifier les victimes réelles, les fausses victimes, ainsi que les cas fictifs. Les mesures à prendre, notamment la récupération éventuelle des fonds indûment perçus, dépendront des recommandations issues de ces audits.

Pour éviter toute récidive, le FRIVAO mise sur une démarche inclusive. L’élaboration du nouveau guide implique les autorités publiques, la société civile, les représentants des victimes, ainsi que des institutions comme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Ce processus participatif vise à garantir la transparence, la redevabilité et le contrôle citoyen dans la mise en œuvre des indemnisations.

Un appel à la patience des victimes

Alors que les victimes expriment leur impatience, notamment à Kisangani, Dismas Kitenge appelle à la patience. « Nous devons aller lentement mais sûrement », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de concilier célérité et rigueur pour éviter de nouvelles irrégularités.

Il rassure toutefois que le processus est en cours de relance et que, dans un délai raisonnable — estimé à moins de trois mois —, les véritables victimes pourront accéder à une indemnisation juste, transparente et conforme aux normes internationales.


Justice en RDC : la FBCP dénonce des critiques « politisées » contre le ministre d'État, ministre de la Justice

La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) rejette les critiques visant le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, qu’elle qualifie de campagne de désinformation portée par des acteurs politiques en quête de positionnement.

L’organisation rappelle que les faiblesses actuelles de la justice congolaise ne sont pas nouvelles. Sous le régime de Joseph Kabila, plusieurs responsables avaient déjà dénoncé une magistrature minée par la corruption, notamment Alexis Thambwe Mwamba. Plus récemment, le président Félix-Antoine Tshisekedi lui-même a reconnu publiquement que la justice congolaise est « malade ».

Des attentes jugées irréalistes

Pour la FBCP, il est illusoire d’exiger du ministre actuel qu’il redresse en quelques mois un appareil judiciaire affaibli par des années de dysfonctionnements structurels. À son arrivée, il aurait hérité d’un système marqué par un manque de moyens, une désorganisation chronique et des conditions carcérales préoccupantes.

Des responsabilités souvent mal attribuées

L’ONG insiste également sur une confusion fréquente dans l’opinion : le ministre de la Justice n’exerce pas d’autorité directe sur les magistrats, cette compétence relevant du Conseil supérieur de la magistrature. Lui imputer l’ensemble des dérives du système judiciaire relèverait donc, selon elle, d’une mauvaise interprétation ou d’une volonté délibérée de nuire.

Des réformes qui dérangent

La FBCP estime que les critiques actuelles visent à affaiblir des réformes jugées sensibles, notamment la fermeture des cachots clandestins, la lutte contre les arrestations arbitraires, l’amélioration des conditions de détention. Autant d’initiatives qui, selon l’organisation, bousculent des intérêts établis.

Appel à la responsabilité collective

La FBCP appelle à dépasser les polémiques politiciennes et à soutenir un processus de réforme qui nécessite du temps, des moyens et une volonté politique constante.

« Le peuple congolais mérite une justice crédible et digne », insiste l’organisation, qui met en garde contre toute tentative de sabotage des efforts en cours.


Grand Nord : James Swan en mission à Beni pour consolider la protection des civils

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, a entamé le 20 avril 2026 à Beni, Nord-Kivu, sa première visite de terrain dans l’est du pays depuis sa prise de fonctions. Cette mission vise à évaluer la situation sécuritaire dans le Grand Nord, à renforcer les efforts de protection des civils et à consolider le dialogue avec les autorités locales.

Un état des lieux sécuritaire préoccupant

Dès son arrivée, le chef de la Mission onusienne a reçu un briefing sécuritaire avant de se rendre au quartier général de la Force, où il a été accueilli par un détachement d’honneur. Les échanges ont porté sur l’évolution de la situation dans le Grand Nord, notamment les menaces persistantes contre les populations civiles et les dispositifs mis en place pour leur protection. Malgré une accalmie observée dans certaines zones, la région demeure fragile en raison de la mobilité des groupes armés.

La présence active des ADF continue en effet de peser sur la stabilité du Nord-Kivu, où les violences ont marqué durablement plusieurs territoires.

Coordination avec les agences des Nations Unies

Dans l’après-midi, James Swan a pris part à une réunion avec les responsables de la MONUSCO et de l’Équipe pays des Nations Unies. Les discussions ont permis d’évaluer la situation humanitaire et sécuritaire à Beni et dans l’ensemble du Grand Nord, ainsi que les réponses apportées conjointement par les agences onusiennes. L’accent a été mis sur les besoins urgents des populations affectées par l’insécurité et sur les stratégies d’appui à la stabilisation.

Renforcement du partenariat avec les autorités provinciales

Le chef de la Mission s’est ensuite rendu au gouvernorat pour une rencontre avec le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Kakule Somo.

Les échanges ont porté sur la coopération entre la MONUSCO et les autorités congolaises, notamment en matière de protection des civils et de lutte contre les groupes armés. Une séance de travail a également été consacrée au suivi des recommandations issues du forum de paix sur la problématique des ADF.

Une approche axée sur la proximité et l’action

Cette première journée à Beni illustre la volonté de James Swan d’inscrire son mandat dans une dynamique de proximité avec les acteurs locaux et de partenariat avec les institutions congolaises. Elle témoigne aussi de l’engagement renouvelé de la MONUSCO en faveur de la protection des civils et de la stabilisation du Grand Nord, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par de nombreux défis.

Projet Vault : vers un contrôle citoyen renforcé des ressources minières en RDC

La République Démocratique du Congo (RDC) amorce un tournant majeur dans sa politique minière avec l’annonce d’une augmentation significative des exportations de cuivre vers les États-Unis, visant un volume annuel de 500.000 tonnes, annonce dans un communiqué du 21 avril 2026 l'ONG basée à Lubumbashi dans le Haut-Katanga, l'Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH).

Cette initiative repose sur une joint-venture entre Gécamines et Mercuria Energy Group, soutenue financièrement par International Development Finance Corporation (DFC). Les ressources proviendront notamment des participations de l’État dans des sociétés clés comme Kamoto Copper Company et Tenke Fungurume Mining.

L’initiative Vault et les attentes accrues des communautés

L’arrivée de nouveaux investisseurs dans le cadre du projet « Vault », soutenu par les États-Unis, marque une évolution importante dans les standards du secteur. Des entreprises telles que KoBold Metals et Virtus Minerals Inc. redéfinissent les pratiques d’exploration minière en mettant l’accent sur la transparence et la traçabilité.

Pour les communautés locales, cette dynamique renforce les exigences en matière de respect des droits humains et de protection de l’environnement. Le respect de ces normes devient désormais une condition essentielle à tout investissement, offrant ainsi aux populations riveraines un levier inédit de contrôle.

Une industrie dominée par des géants mondiaux

Le secteur minier congolais reste dominé par de grandes multinationales. Parmi elles figurent Zijin Mining, CMOC Group Limited, China Minmetals Corporation, Jinchuan Group, Huayou Cobalt Co. Ltd, Ivanhoe Mines, Eurasian Resources Group et Glencore. Selon les données du Cadastre minier, plus de 3.300 titres ont été attribués, dont près de 1.600 actifs, principalement concentrés dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.

Des financements massifs sous pression géopolitique 

L’exploitation minière en RDC s’inscrit dans une compétition stratégique entre grandes puissances, notamment les États-Unis et la Chine. Le financement du secteur mobilise des institutions majeures comme le Groupe de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Africa Finance Corporation et la Trade and Development Bank. À leurs côtés, des négociants tels que Trafigura et des institutions bancaires comme BNP Paribas participent à cette architecture financière complexe.

Le paradoxe congolais : richesses minières et pauvreté persistante

 Malgré l’ampleur des investissements, les retombées pour les populations locales restent limitées. Les zones minières continuent de faire face à une grande précarité, tandis que les multinationales sont régulièrement accusées de manquements à leurs obligations sociales et environnementales.

Ce décalage met en évidence les limites des mécanismes actuels de contrôle et alimente un sentiment d’impunité.

Vers un Observatoire pour renforcer la redevabilité 

Face à ces défis, la société civile est appelée à adopter une approche plus contraignante. La création d’un Observatoire de la redevance minière et des fonds connexes s’impose comme une réponse structurante. Cet organe aurait pour rôle de surveiller l’utilisation des ressources issues de la redevance minière, de la dotation de 0,3 % et des cahiers des charges, tout en veillant à la réparation des dommages environnementaux.

Une mission axée sur l’action judiciaire et la transparence 

L’Observatoire ambitionne de transformer les rapports produits par des initiatives comme l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la Cour des comptes ou les ONG en preuves exploitables devant les juridictions congolaises. En cas de fraude ou de détournement, il pourra engager des poursuites judiciaires et administratives, et réclamer réparation pour les victimes.

À l’international, il s’appuiera sur des mécanismes de redevabilité tels que le Point de contact national de l’OCDE, la U.S. Securities and Exchange Commission ou la China Securities Regulatory Commission.

En documentant rigoureusement les violations, l’Observatoire entend transformer les manquements sociaux et environnementaux en risques financiers et réputationnels pour les entreprises, contraignant ainsi les acteurs du secteur à un respect strict de leurs engagements.


Est de la RDC : entre alerte rouge et exigence de dignité nationale face à l’escalade sécuritaire

Les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP Wazalendo-RDC) tirent la sonnette d’alarme sur une dégradation rapide de la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Entre avancées armées, exactions contre les civils et tensions régionales, l’heure est à des décisions fortes.

Une progression armée jugée inquiétante

Les VDP Wazalendo-RDC ont alerté, le 21 avril 2026, sur une détérioration préoccupante de la sécurité dans la chefferie de Burhinyi (territoire de Mwenga) ainsi que dans le groupement de Kisimba, en territoire de Walikale. Selon des informations recoupées, des éléments armés identifiés comme RDF/M23 auraient mené une progression coordonnée en empruntant les axes Marundi et Muhi/Rweja. À Rweja, un civil aurait été enlevé et contraint de servir de guide vers Muhuzi, une pratique dénoncée comme contraire au droit humanitaire.

Risque d’embrasement des Hauts Plateaux

D’autres mouvements de troupes sont signalés dans plusieurs localités stratégiques, notamment Kitoga, Bijojo, Bibangwa, Marungu jusqu’à Minembwe.

Cette avancée fait craindre une extension des affrontements vers les Hauts Plateaux, avec un impact direct sur la stabilité sécuritaire de la région d’Uvira.

Renforcement militaire et présence aérienne accrue

Les VDP rapportent également un renforcement significatif des dispositifs militaires rwandais dans la plaine de la Ruzizi, en direction d’Uvira, ainsi que dans les Hauts Plateaux vers Minembwe. À cela s’ajoute une intensification des activités aériennes, marquée par des survols réguliers de drones armés et d’aéronefs de combat dans plusieurs zones, dont Minembwe, Mikenge, Bijombo et Point Zéro, perçus comme une violation de la souveraineté nationale.

Attaques meurtrières contre les civils

Dans le territoire de Walikale, les VDP dénoncent une attaque attribuée aux RDF-UPDF-M23 dans le groupement de Kisimba, ayant coûté la vie à dix civils.

Le 21 avril 2026 à l’aube, une nouvelle offensive a visé leurs positions dans le groupement de Bambo, en chefferie de Bwito. Le bilan des affrontements reste en cours d’évaluation.

Appel à des mesures urgentes et à une mobilisation nationale

Face à cette situation, les VDP Wazalendo-RDC condamnent fermement les actions attribuées au Rwanda, estimant qu’elles fragilisent la stabilité régionale.

Ils expriment des réserves quant à la poursuite des négociations dans un contexte marqué par des violations répétées des engagements, et appellent à une réévaluation stratégique des démarches en cours.

Le mouvement exhorte le Gouvernement congolais à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils et garantir l’intégrité territoriale, tout en intensifiant les efforts diplomatiques auprès des instances régionales et internationales.

Un tournant décisif pour la nation

Pour les VDP, la République Démocratique du Congo fait face à un moment crucial de son histoire. La paix durable, soulignent-ils, ne peut se construire sans sincérité ni respect des engagements. Dans cet esprit, ils appellent à l’unité nationale, à la vigilance collective et à un engagement responsable de tous les citoyens. “Le fer aiguise le fer” : une maxime qui rappelle que les épreuves peuvent renforcer une nation, à condition que lucidité et responsabilité guident l’action publique.

Nkamba : entre incompréhension et reconnaissance, l’Église kimbanguiste recadre le débat

L’Église kimbanguiste, par la voix de son conseiller international, le Révérend Bernard Bena Nsilu, a réagi aux propos attribués à Mgr Fulgence Muteba concernant le statut particulier de la Cité de Nkamba dans une réaction empreinte de tristesse et d’espoir.

D’entrée de jeu, deux sentiments contrastés sont exprimés : un profond regret, mais aussi une réelle satisfaction. Le regret naît du constat que, dans un pays où Simon Kimbangu a vécu, souffert et passé trente années de détention dans des conditions éprouvantes, son histoire reste encore méconnue d’une large frange de la population, y compris parmi certaines élites.

À l’inverse, la satisfaction provient de l’intérêt suscité par le débat dans l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux. Pour le Révérend Bena Nsilu, cette mobilisation traduit une prise de conscience progressive au sein de la société congolaise.

Pas de conflit avec l’Église catholique

L’Église kimbanguiste insiste qu'il ne s’agit nullement d’une déclaration de guerre contre l’Église catholique. Selon elle, les propos de Mgr Fulgence Muteba n’engagent pas l’ensemble de l’institution catholique, mais relèvent d’une prise de position personnelle.

Toutefois, ces déclarations sont jugées regrettables, d’autant plus qu’elles proviennent d’une autorité religieuse censée maîtriser l’histoire religieuse du pays.

Nkamba, une cité sainte bien avant toute reconnaissance officielle

Contrairement à certaines interprétations, Nkamba n’est pas devenue une « ville sainte » par décision récente des autorités politiques. L’Église Kimbanguiste rappelle que ce caractère sacré remonte à 1921, à l’époque de Simon Kimbangu lui-même. Plusieurs pratiques, comme le fait de se déchausser en entrant dans la cité, témoignent de cette sacralité ancienne.

De nombreux chefs d’État congolais, dont le Maréchal Mobutu et Joseph Kabila, ont d’ailleurs respecté ces traditions lors de leurs visites à Nkamba. Ainsi, pour les kimbanguistes, la reconnaissance du statut particulier de Nkamba par le Président Félix-Antoine Tshisekedi ne constitue qu’une officialisation d’une réalité déjà établie.

La notion universelle de “terre sainte

En réponse à ceux qui limitent la notion de « terre sainte » à la Palestine, l’Église Kimbanguiste souligne que plusieurs religions reconnaissent des lieux sacrés à travers le monde. Si la Palestine est historiquement associée aux récits bibliques, d’autres espaces comme La Mecque pour les musulmans ou Nkamba pour les kimbanguistes sont également des lieux de forte manifestation spirituelle.

Pour les fidèles, Nkamba est un lieu de prière, de guérison et de communion avec Dieu, ce qui justifie pleinement son statut.

Un passé douloureux, mais dépassé

Le Révérend Bena Nsilu évoque également les relations historiques difficiles entre l’Église Kimbanguiste et certaines autorités religieuses durant la période coloniale. Des persécutions et incompréhensions ont marqué cette époque, alimentant encore aujourd’hui certaines sensibilités. Cependant, il insiste sur le fait que cette page est tournée : le pardon a été accordé et les catholiques sont désormais considérés comme des frères dans la foi chrétienne.

Un appel au dialogue et à la connaissance

Plutôt que d’alimenter les tensions, l’Église kimbanguiste appelle à la compréhension mutuelle. Le Révérend Bena Nsilu invite notamment Mgr Muteba à visiter les lieux historiques liés à Simon Kimbangu, notamment son lieu de détention, ainsi que la cité de Nkamba, afin de mieux saisir la portée spirituelle et historique de ce site.

Selon lui, une telle démarche permettrait d’éviter les jugements hâtifs et de renforcer la cohésion entre confessions religieuses en République Démocratique du Congo.

Réforme constitutionnelle : l’Union Sacrée clarifie son communiqué et appelle à l’unité

Le Secrétariat permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN) a publié, le 21 avril 2026, un communiqué de clarification à la suite de diverses interprétations jugées inexactes de sa note du 20 avril portant sur les propositions de réforme constitutionnelle. Ce communiqué est signé depuis Johannesburg par le Professeur André Mbata Betukumesu Mangu, Secrétaire permanent et porte-parole de l’Union Sacrée de la Nation.

L’organe insiste sur la nécessité de rétablir les faits et d’éclairer l’opinion publique. Selon le Secrétariat permanent, le communiqué initial faisait suite aux préoccupations exprimées par plusieurs milliers de citoyens rencontrés lors des missions de redynamisation de la plateforme présidentielle. Ces derniers ont manifesté leur volonté de voir engager une réforme de la Constitution, une demande que le Secrétaire permanent s’était engagé à relayer à la Haute Autorité politique.

Parallèlement, diverses initiatives ont émergé, portées notamment par des parlementaires, des partis politiques, des associations et certaines confessions religieuses. Toutefois, le Secrétariat permanent souligne que plusieurs de ces démarches manquent de clarté quant aux dispositions constitutionnelles ciblées.

Un rôle limité à la transmission des attentes

Le communiqué du 20 avril 2026 visait uniquement à préparer un cadre de synthèse des propositions afin de les transmettre à la Haute Autorité politique pour information. Le Secrétariat permanent précise qu’il ne s’agissait ni d’une position officielle de l’USN, ni d’une décision émanant de la Haute Autorité.

Dans cette optique, une commission technique a été envisagée afin de centraliser les différentes contributions et d’élaborer un rapport destiné à la hiérarchie de la plateforme.

Démenti des tensions internes et rappel des règles

Le Secrétariat permanent déplore les tentatives de manipulation visant à créer des tensions entre ses instances dirigeantes. Il rappelle que la convocation du Présidium relève exclusivement de la Haute Autorité politique, conformément à la Charte. De même, il souligne que la mise en place de structures techniques spécifiques entre pleinement dans ses prérogatives.

Appel à l’unité autour du Chef de l’État

En conclusion, le Secrétariat permanent réaffirme la nécessité de maintenir la cohésion au sein de l’Union Sacrée de la Nation. Il invite les membres et sympathisants à rester unis derrière le Président de la République et espère que cette clarification mettra fin aux polémiques nées d’une mauvaise interprétation du communiqué initial.


samedi 11 avril 2026

Les Conseils Communaux dénoncent un traitement discriminatoire dans la gestion des fonds publics

Le Coordonnateur national des conseillers communaux de la RDC Willy Nzembela, accompagné du président de la Commission de suivi et de paie des Conseillers communaux, Blondel Mazebo, ainsi que du vice-président Cédric Tumusifu et du rapporteur Bonheur Mayamba, ont adressé le 30 mars 2026 une correspondance de dénonciation à la Première ministre Judith Suminwa.
Cette lettre met en lumière ce qu’ils qualifient de traitement discriminatoire et de prélèvements irréguliers sur les fonds publics destinés aux Conseils communaux.

Des amputations injustifiées des enveloppes de fonctionnement

Selon la lettre, depuis l’année précédente, les Conseils communaux subissent des réductions répétées et injustifiées de leurs enveloppes mensuelles de fonctionnement. Ces coupes, soulignent les auteurs, sont contraires au principe d’égalité entre les institutions provinciales, toutes censées bénéficier de la rétrocession légale de 40 % des recettes à caractère national.

Ils dénoncent une inégalité flagrante dans la répartition des fonds publics, soulignant que les Assemblées provinciales, les Entités Territoriales Décentralisées (ETD) et les gouvernements provinciaux ne sont pas concernés par de telles réductions.

Cinq milliards de francs congolais retranchés en 2026

Les signataires s’alarment particulièrement d’un nouveau prélèvement de plus de cinq milliards de francs congolais effectué sur les fonds du mois en cours, en contradiction avec les engagements du ministère du Budget.
Ils estiment que cette situation soulève de sérieuses présomptions d’irrégularités financières et de mauvaise gouvernance au sein du ministère des Finances.

Une demande urgente de suspension des paiements

Face à ces irrégularités présumées, les responsables communaux demandent la suspension immédiate du processus de paie du mois de janvier à la Banque Centrale du Congo, en attendant que toute la lumière soit faite sur l’origine et la régularité des prélèvements constatés.
Ils soulignent que ces pratiques entravent gravement le bon fonctionnement des Conseils communaux et violent les principes de transparence, d’équité et de légalité dans la gestion des finances publiques.

Des exigences claires pour rétablir la justice

Dans leur correspondance, les signataires formulent plusieurs revendications précises :

  • L’ouverture d’une enquête administrative et financière indépendante ;
  • La clarification du sort des montants prélevés ;
  • L’établissement des responsabilités et des sanctions légales ;
  • La restitution intégrale des fonds indûment prélevés.

Appel à l’intervention du Président de la République

Enfin, les Conseils communaux sollicitent l’implication personnelle de la Première ministre et appellent le Président de la République, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, à se saisir de ce dossier aux implications institutionnelles majeures.
Ils réaffirment leur attachement à l’État de droit et réclament avec fermeté justice, équité et respect de leurs droits institutionnels.