Le
cinéma congolais franchit une nouvelle étape avec l’instauration du Léopard du
7ème Art, une distinction nationale destinée à mettre en valeur les œuvres
cinématographiques congolaises et à accompagner leur rayonnement au-delà des
frontières.
À
l’issue d’un processus national de sélection, la RDC Film Commission a décerné
le tout premier Léopard du 7ème Art au film « Rumba Royale », réalisé par
Yohane Dean Lengol et Hamed Mobasser.
Cette
distinction intervient après la mise en place d’une Commission chargée
d’examiner les candidatures et de sélectionner l’œuvre appelée à représenter la
République Démocratique du Congo dans la catégorie du Meilleur Film
International aux 99èmes Oscars.
Une
commission composée de professionnels du secteur
La
composition de la Commission de sélection, tenue confidentielle durant ses
travaux, a été officiellement dévoilée le 8 octobre 2026 lors de la cérémonie à
Kinshasa. Elle réunit plusieurs professionnels issus du cinéma, de la
production audiovisuelle, du droit d’auteur et des industries culturelles.
Parmi
eux figure Michel Kabeya Kalala, professionnel du cinéma et spécialiste du son.
Collaborateur de plusieurs productions congolaises, dont Viva Riva !, Congo en
4 et L’Arbre à palabres, il a également été secrétaire général de l'Apro7. Il
préside actuellement le Groupement des Entreprises Cinématographiques du Congo.
La
Commission compte également Alain Yav Ndua, entrepreneur et producteur à la
tête de Pygma Communication. Depuis plus de deux décennies, il développe des
projets dans les domaines de la création, de la production audiovisuelle et de
la diffusion en RDC.
Autre
membre : Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto, réalisateur, producteur, professeur
et pionnier du cinéma d’animation en Afrique centrale. Docteur en arts et
sciences de l’art de l’Université libre de Bruxelles, il est également
professeur associé à l’Institut National des Arts de Kinshasa.
Clarisse
Muvuba, réalisatrice, productrice et opératrice culturelle, complète cette
équipe. Elle dirige depuis 2014 le festival Cinéma au Féminin, consacré à la
visibilité des femmes dans le secteur cinématographique.
La
Commission comprend aussi Me Théodore Nsansi Ndoni, professeur et spécialiste
du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. Ses travaux portent sur
les droits d’auteur et les patrimoines culturels.
S’y
ajoutent Diane Bakajika, productrice et scénariste, secrétaire générale de
l'Apro7 et fondatrice de Dimonaprods, ainsi que Yann Matanda Nda Mupulu,
producteur, réalisateur, scénariste et acteur, formé en Tunisie et en France.
Un
travail de sélection basé sur plusieurs critères
La
RDC Film Commission souligne que les membres de la Commission ont travaillé
dans la confidentialité afin de préserver l’indépendance et la sérénité du
processus de sélection. Leur travail a porté sur le visionnage des œuvres, la
vérification des critères d’éligibilité, les échanges et les délibérations.
Pour
être retenu, le film devait répondre à plusieurs conditions : avoir une durée
supérieure à 40 minutes, comporter majoritairement des dialogues dans une
langue autre que l’anglais, avoir fait l’objet d’une sortie commerciale payante
pendant la période requise, ne pas avoir bénéficié d’une diffusion publique
préalable, disposer de sous-titres anglais et présenter un contrôle créatif
principal assuré par des citoyens ou résidents de la RDC.
«
Rumba Royale », premier lauréat
Au
terme de ce processus, la Commission a porté son choix sur « Rumba Royale »,
réalisé par Yohane Dean Lengol et Hamed Mobasser. Le film est également
présenté comme la sélection officielle de la République Démocratique du Congo
pour le prix du Meilleur Film International aux 99èmes Oscars.
La
Commission a mis en avant la qualité de sa photographie, le travail sur la
lumière, le cadrage et la composition des images. Elle a également souligné
l’intérêt de son récit, qui replonge le spectateur dans le Léopoldville de la
fin des années 1950, une période marquée par d'importants bouleversements
sociaux et historiques.
À
travers une histoire d’amour, le film explore un univers où se croisent
musique, rencontres et tensions sociales, tout en ouvrant une fenêtre sur une
partie de la mémoire collective congolaise.
Un
trophée inspiré du léopard
Le
premier Léopard du 7ème Art bénéficie également d’une identité artistique
particulière. Le trophée a été conçu et réalisé par Sona Kappela Badibanga,
sculptrice, architecte d’intérieur et designer.
Pour
cette création, l’artiste a choisi de mettre en avant la tête et le regard du
léopard, symbole de force, de détermination, de vigilance et de caractère.
Selon
sa conceptrice, cette représentation traduit l’ambition de voir le cinéma
congolais acquérir davantage de puissance, s’affirmer et rayonner sur la scène
internationale.
Le
trophée se veut ainsi plus qu'une récompense : il symbolise l'ambition de
construire une véritable identité pour le cinéma congolais et de célébrer
durablement ses talents.
Yohane
Dean Lengol : le Congo a quelque chose à dire au monde
Recevant
la distinction au nom de l’équipe de Rumba Royale, le réalisateur Yohane Dean
Lengol a salué une reconnaissance qui, selon lui, dépasse le seul cadre du
film. Il a dédié le prix à toutes les personnes ayant participé à l’aventure et
remercié la RDC Film Commission pour avoir retenu leur œuvre au terme du
processus national.
Pour
le réalisateur, le cinéma congolais peut contribuer au développement du pays en
créant des emplois, en offrant des perspectives à la jeunesse, en valorisant la
culture et en présentant une nouvelle image de la RDC à l’international. Il a
également appelé les jeunes Congolais intéressés par le cinéma, l’art, la
culture et l’entrepreneuriat à faire preuve d’ambition et à croire dans le
potentiel du pays.
« Le
Congo a quelque chose à dire au monde », a-t-il notamment souligné, en appelant
à construire une véritable industrie autour des talents et des histoires
congolaises.
Une
nouvelle étape pour l’industrie cinématographique congolaise
Avec
l’instauration du Léopard du 7ème Art et la mise en place d’un processus
national de sélection, la RDC Film Commission entend renforcer la structuration
du secteur cinématographique. Cette initiative vise notamment à offrir une
reconnaissance nationale aux œuvres congolaises susceptibles de rayonner sur la
scène internationale.
Le
premier Léopard du 7ème Art attribué à « Rumba Royale » marque ainsi le début
d’une nouvelle tradition de reconnaissance des professionnels du septième art
en République Démocratique du Congo.
La
distinction constitue également un signal en faveur d’une meilleure
organisation de l’industrie cinématographique, de la valorisation des talents
locaux et de la diffusion des récits congolais auprès des publics
internationaux.
Avec
« Rumba Royale », le cinéma congolais entend désormais porter ses histoires
plus loin, tout en renforçant leur reconnaissance sur le plan national.
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