L’Union
Nationale des Cameramen du Congo (UNCC) monte au créneau après l’arrestation de
deux de ses membres en Afrique du Sud. Dans une déclaration faite mardi 25 août
2026 à Kinshasa, l’organisation appelle les autorités congolaises à intervenir
rapidement en faveur de Talik Tombisa et Daniel Mukendi, détenus à Durban dans
le cadre d’une affaire liée au 46ème sommet de la Communauté de développement
de l’Afrique australe (SADC).
Selon
l’UNCC, les deux professionnels de l’image se trouvaient en Afrique du Sud dans
le cadre d’une mission officielle de la République Démocratique du Congo, au
sein de la délégation du ministère de la Défense nationale et des Anciens
combattants.
Le
contexte de l’arrestation
L’affaire
remonte au 15 août 2026, à Durban, quelques jours avant le 46ème sommet de la
SADC, organisé le 17 août 2026. Les informations rapportées par plusieurs
médias sud-africains indiquent que deux membres de la délégation congolaise ont
été interpellés alors qu’ils tentaient d’accéder au site du sommet. Les
autorités sud-africaines leur reprochent notamment d’avoir présenté une
accréditation qui ne leur aurait pas été délivrée, ou qui aurait appartenu à
une autre personne.
La
justice sud-africaine les poursuit notamment pour fraude, usurpation d’identité
et intrusion dans une zone sécurisée. Le dossier a été placé sous le contrôle
des juridictions sud-africaines.
Il
convient toutefois de préciser que ces accusations demeurent, à ce stade, des
accusations faisant l’objet d’une procédure judiciaire et ne constituent pas
une condamnation.
Kinshasa
évoque une confusion autour des badges
La
version congolaise diffère de celle présentée par les autorités judiciaires
sud-africaines. Des sources proches du cabinet du vice-premier ministre,
ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo
Mwadiamvita, affirment que les deux personnes étaient bien en mission
officielle pour accompagner le ministre au sommet de la SADC.
Selon
ces sources, elles disposaient notamment d’ordres de mission, de cartes de
service et de passeports de service. L’incident serait donc lié à une confusion
concernant les badges donnant accès aux espaces sécurisés du sommet.
L’ambassade
de la RDC à Pretoria a, de son côté, confirmé l’interpellation et indiqué avoir
engagé des démarches auprès du ministère sud-africain des Relations
internationales et de la Coopération, ainsi qu’auprès des autorités
compétentes, afin de clarifier le statut des deux ressortissants et d’assurer
leur suivi diplomatique et consulaire.
L’UNCC
réclame une assistance juridique et consulaire immédiate
Face
à cette situation, l’Union Nationale des Cameramen du Congo demande aux
autorités congolaises de garantir à ses deux membres une assistance consulaire
et juridique appropriée. L’organisation exige également que leurs droits
fondamentaux soient pleinement respectés conformément à la législation
sud-africaine et aux instruments internationaux applicables.
Pour
l’UNCC, l’urgence est d’autant plus grande que le dossier a déjà été porté
devant la justice sud-africaine.
Une
procédure judiciaire toujours en cours
Une
audience qui devait notamment examiner la demande de mise en liberté sous
caution était prévue le 24 août 2026. Mais, selon la chaîne sud-africaine
Channel Africa, l’affaire a été reportée au 27 août 2026 pour une audience
procédurale préalable, avant l’examen de la demande de caution. Les deux
prévenus restent en détention dans l’attente de cette nouvelle étape
judiciaire.
Cette
évolution renforce la nécessité, selon l’UNCC, d’un accompagnement juridique
rapproché des deux professionnels congolais.
L’UNCC
demande des explications sur la préparation de la mission
Au-delà
de la libération de ses membres, l’Union Nationale des Cameramen du Congo
souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant entouré la
préparation de cette mission officielle. Elle demande notamment que soient
examinées les questions liées aux accréditations, aux autorisations d’accès,
aux formalités administratives et à la coordination de la délégation
congolaise.
Pour
l’organisation, cette clarification est indispensable afin d’éviter qu’un
incident similaire ne se reproduise lors de prochaines missions officielles à
l’étranger.
Vers
un mécanisme de protection des professionnels des médias
L’UNCC
plaide également pour la mise en place d’un mécanisme permanent de protection,
d’accompagnement et de suivi des professionnels congolais de l’image et des
médias appelés à travailler dans le cadre de missions officielles hors du pays.
L’organisation
estime que les cameramen et autres professionnels de l’image doivent bénéficier
d’un encadrement approprié concernant les accréditations et les règles de
sécurité applicables dans les pays où ils sont déployés.
Une
affaire à la fois judiciaire et diplomatique
Cette
affaire dépasse désormais le seul cadre professionnel. Elle met en jeu à la
fois la procédure judiciaire sud-africaine, les démarches diplomatiques de
Kinshasa et la responsabilité de l’encadrement des délégations officielles.
L’UNCC
appelle ainsi à une mobilisation diplomatique urgente, tout en demandant le
respect de la procédure judiciaire et des droits des deux Congolais.
L’organisation
réaffirme enfin sa détermination à défendre ses membres et à préserver la
dignité du métier de cameraman en République Démocratique du Congo.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire