Le
Collectif des agents et cadres de Lignes aériennes congolaises (LAC-Sarl), à
travers l’organisation non gouvernementale Défense des droits des agents et
cadres de LAC (DAC-ONG), interpelle la ministre du Portefeuille sur la gestion
de la liquidation de cette ancienne compagnie aérienne publique. Dans une
correspondance datée du 25 septembre 2026, les représentants des
ex-travailleurs dénoncent la lenteur de la procédure, le faible niveau de
paiement des décomptes finaux et la dégradation des conditions de vie des
anciens employés.
Adressée
à la ministre du Portefeuille, cette lettre sollicite une évaluation urgente du
comité de liquidation et une réforme de son fonctionnement. Les signataires
estiment que les douze années écoulées depuis le lancement de la procédure
n’ont pas permis de répondre suffisamment aux attentes des anciens
travailleurs, dont beaucoup attendent toujours le règlement de leurs droits
sociaux.
Douze
ans de liquidation pour 10 % des décomptes payés selon le collectif
Dans
sa correspondance référencée DAC/P/PKL/SG/LKT/008/2026, le collectif affirme
que le comité de liquidation n’a versé que 10 % des montants dus au titre des
décomptes finaux aux ayants droit, après plus d’une décennie de procédure.
Pour
les représentants des ex-travailleurs, cette situation traduit les
insuffisances du dispositif de liquidation et l’absence de résultats à la
hauteur des attentes du personnel licencié pour motif économique.
Le
collectif rappelle que la dissolution de LAC-Sarl a entraîné la cessation des
activités de la compagnie et le licenciement collectif de ses agents et cadres.
Il soutient que les obligations liées au paiement des droits des travailleurs
n’ont pas été respectées et invoque les articles 100 et 110 du Code du travail.
L’article
100, cité dans la lettre, prévoit le paiement des sommes restant dues au
travailleur à la cessation définitive de ses services, dans le délai légal
indiqué par le texte. De son côté, l’article 110 est invoqué par les
signataires pour rappeler le caractère privilégié des créances salariales dans
le cadre du règlement des dettes de l’employeur.
Les
ex-travailleurs demandent ainsi que le processus de liquidation permette de
régler prioritairement les droits sociaux conformément aux dispositions légales
applicables.
Plus
de 3.500 décès évoqués parmi les anciens travailleurs
Au-delà
des aspects financiers, le collectif met en avant les conséquences humaines de
cette longue procédure. Il affirme que plus de 3.500 anciens travailleurs
seraient décédés depuis le début de la liquidation, dans un contexte marqué par
la précarité et l’absence de couverture sociale adéquate.
Selon
les signataires, de nombreux anciens agents, dont l’âge moyen serait désormais
de 75 ans, sont confrontés à des difficultés d’accès aux soins de santé et à
l’absence de revenus suffisants pour assurer leur retraite.
Le
collectif estime que le retard dans le règlement des décomptes finaux fragilise
davantage les familles des anciens employés, après des années de service au
sein de cette compagnie aérienne congolaise.
Ces
chiffres et appréciations sont avancés par les représentants des
ex-travailleurs dans leur correspondance.
Le
fonctionnement du comité de liquidation remis en question
Les
signataires rappellent que le comité de liquidation avait été mis en place avec
un mandat initial de douze mois, renouvelable une fois, conformément au
procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du 12 septembre 2014.
Ils
indiquent toutefois que, lors de l’assemblée générale ordinaire du 9 janvier
2021, la durée de ce mandat a été prorogée jusqu’à la clôture effective de la
liquidation. Selon le collectif, cette modification n’a pas été accompagnée de
mesures suffisantes pour renforcer le contrôle et améliorer les résultats du
processus.
La
représentation des travailleurs au sein du comité aurait également été réduite,
une évolution que les signataires regrettent, estimant qu’elle limite la
participation des principaux bénéficiaires de la liquidation aux décisions les
concernant.
Dans
leur lettre, ils reprochent au comité de fonctionner sans objectifs
suffisamment précis, sans indicateurs de performance clairement établis et sans
évaluation périodique de ses activités ou des opérations de cession du
patrimoine de la société.
Pour
DAC-ONG, cette situation aurait contribué à prolonger indéfiniment une
procédure qui devait, à l’origine, être temporaire et aboutir au règlement des
dettes de l’entreprise ainsi qu’à la répartition de ses actifs.
Six
mesures proposées à la ministre du Portefeuille
Face
à ces difficultés, le collectif demande à la ministre du Portefeuille, en sa
qualité d’autorité de tutelle, d’intervenir pour réorienter la gestion de la
liquidation des LAC-Sarl.
Les
représentants des anciens agents et cadres proposent l’évaluation immédiate du
comité de liquidation, afin d’examiner son parcours de gestion, ses résultats
et l’utilisation des ressources issues de la liquidation.
La
redynamisation du comité ou la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante,
avec une feuille de route précise, des objectifs chiffrés et un mandat limité
dans le temps. Le rétablissement d’une représentation effective des
travailleurs au sein du comité, pour renforcer leur participation et la
transparence des décisions.
La
réforme des méthodes de vente des actifs, dans le respect des procédures
statutaires d’adjudication et des exigences de transparence. L’implication du
gouvernement dans le recouvrement des créances ciblées par le Conseil des
ministres, ainsi que dans la récupération du patrimoine que le collectif estime
avoir été spolié. Le paiement urgent du solde des décomptes finaux, grâce à une
accélération des opérations de liquidation et à une gestion transparente des
actifs de la société.
Le
collectif considère que ces mesures sont nécessaires pour sortir de l’impasse
et permettre aux anciens employés ainsi qu’à leurs ayants droit de récupérer
les sommes qui leur sont dues.
Un
appel à la responsabilité du gouvernement
Dans
leur correspondance, les représentants des ex-travailleurs inscrivent leur
démarche dans la volonté qu’ils attribuent au président de la République lors
du Conseil des ministres du 2 janvier 2026.
Ils
demandent à la ministre du Portefeuille de prendre des mesures concrètes pour
mettre fin aux retards, assurer le suivi des opérations et garantir que les
ressources issues de la liquidation contribuent effectivement au règlement des
obligations de l’entreprise.
Pour
les anciens agents et cadres des LAC-Sarl, l’enjeu dépasse désormais la seule
gestion administrative d’une entreprise dissoute. Il concerne également la
protection des droits sociaux, la prise en charge des retraités et des familles
endeuillées, ainsi que la transparence dans la gestion du patrimoine public.
À ce
stade, la correspondance ne précise pas si la ministre du Portefeuille a déjà
répondu aux demandes formulées ni si une évaluation officielle du comité de
liquidation a été engagée. Les suites réservées à cette démarche sont donc
attendues par les anciens travailleurs, qui réclament un règlement rapide de
leurs droits après douze années de procédure.
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