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samedi 17 octobre 2026

LAC-Sarl en liquidation : les ex-travailleurs dénoncent 12 ans de procédure sans suite

Le Collectif des agents et cadres de Lignes aériennes congolaises (LAC-Sarl), à travers l’organisation non gouvernementale Défense des droits des agents et cadres de LAC (DAC-ONG), interpelle la ministre du Portefeuille sur la gestion de la liquidation de cette ancienne compagnie aérienne publique. Dans une correspondance datée du 25 septembre 2026, les représentants des ex-travailleurs dénoncent la lenteur de la procédure, le faible niveau de paiement des décomptes finaux et la dégradation des conditions de vie des anciens employés.

Adressée à la ministre du Portefeuille, cette lettre sollicite une évaluation urgente du comité de liquidation et une réforme de son fonctionnement. Les signataires estiment que les douze années écoulées depuis le lancement de la procédure n’ont pas permis de répondre suffisamment aux attentes des anciens travailleurs, dont beaucoup attendent toujours le règlement de leurs droits sociaux.

Douze ans de liquidation pour 10 % des décomptes payés selon le collectif

Dans sa correspondance référencée DAC/P/PKL/SG/LKT/008/2026, le collectif affirme que le comité de liquidation n’a versé que 10 % des montants dus au titre des décomptes finaux aux ayants droit, après plus d’une décennie de procédure.

Pour les représentants des ex-travailleurs, cette situation traduit les insuffisances du dispositif de liquidation et l’absence de résultats à la hauteur des attentes du personnel licencié pour motif économique.

Le collectif rappelle que la dissolution de LAC-Sarl a entraîné la cessation des activités de la compagnie et le licenciement collectif de ses agents et cadres. Il soutient que les obligations liées au paiement des droits des travailleurs n’ont pas été respectées et invoque les articles 100 et 110 du Code du travail.

L’article 100, cité dans la lettre, prévoit le paiement des sommes restant dues au travailleur à la cessation définitive de ses services, dans le délai légal indiqué par le texte. De son côté, l’article 110 est invoqué par les signataires pour rappeler le caractère privilégié des créances salariales dans le cadre du règlement des dettes de l’employeur.

Les ex-travailleurs demandent ainsi que le processus de liquidation permette de régler prioritairement les droits sociaux conformément aux dispositions légales applicables.

Plus de 3.500 décès évoqués parmi les anciens travailleurs

Au-delà des aspects financiers, le collectif met en avant les conséquences humaines de cette longue procédure. Il affirme que plus de 3.500 anciens travailleurs seraient décédés depuis le début de la liquidation, dans un contexte marqué par la précarité et l’absence de couverture sociale adéquate.

Selon les signataires, de nombreux anciens agents, dont l’âge moyen serait désormais de 75 ans, sont confrontés à des difficultés d’accès aux soins de santé et à l’absence de revenus suffisants pour assurer leur retraite.

Le collectif estime que le retard dans le règlement des décomptes finaux fragilise davantage les familles des anciens employés, après des années de service au sein de cette compagnie aérienne congolaise.

Ces chiffres et appréciations sont avancés par les représentants des ex-travailleurs dans leur correspondance.

Le fonctionnement du comité de liquidation remis en question

Les signataires rappellent que le comité de liquidation avait été mis en place avec un mandat initial de douze mois, renouvelable une fois, conformément au procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du 12 septembre 2014.

Ils indiquent toutefois que, lors de l’assemblée générale ordinaire du 9 janvier 2021, la durée de ce mandat a été prorogée jusqu’à la clôture effective de la liquidation. Selon le collectif, cette modification n’a pas été accompagnée de mesures suffisantes pour renforcer le contrôle et améliorer les résultats du processus.

La représentation des travailleurs au sein du comité aurait également été réduite, une évolution que les signataires regrettent, estimant qu’elle limite la participation des principaux bénéficiaires de la liquidation aux décisions les concernant.

Dans leur lettre, ils reprochent au comité de fonctionner sans objectifs suffisamment précis, sans indicateurs de performance clairement établis et sans évaluation périodique de ses activités ou des opérations de cession du patrimoine de la société.

Pour DAC-ONG, cette situation aurait contribué à prolonger indéfiniment une procédure qui devait, à l’origine, être temporaire et aboutir au règlement des dettes de l’entreprise ainsi qu’à la répartition de ses actifs.

Six mesures proposées à la ministre du Portefeuille

Face à ces difficultés, le collectif demande à la ministre du Portefeuille, en sa qualité d’autorité de tutelle, d’intervenir pour réorienter la gestion de la liquidation des LAC-Sarl.

Les représentants des anciens agents et cadres proposent l’évaluation immédiate du comité de liquidation, afin d’examiner son parcours de gestion, ses résultats et l’utilisation des ressources issues de la liquidation.

La redynamisation du comité ou la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante, avec une feuille de route précise, des objectifs chiffrés et un mandat limité dans le temps. Le rétablissement d’une représentation effective des travailleurs au sein du comité, pour renforcer leur participation et la transparence des décisions.

La réforme des méthodes de vente des actifs, dans le respect des procédures statutaires d’adjudication et des exigences de transparence. L’implication du gouvernement dans le recouvrement des créances ciblées par le Conseil des ministres, ainsi que dans la récupération du patrimoine que le collectif estime avoir été spolié. Le paiement urgent du solde des décomptes finaux, grâce à une accélération des opérations de liquidation et à une gestion transparente des actifs de la société.

Le collectif considère que ces mesures sont nécessaires pour sortir de l’impasse et permettre aux anciens employés ainsi qu’à leurs ayants droit de récupérer les sommes qui leur sont dues.

Un appel à la responsabilité du gouvernement

Dans leur correspondance, les représentants des ex-travailleurs inscrivent leur démarche dans la volonté qu’ils attribuent au président de la République lors du Conseil des ministres du 2 janvier 2026.

Ils demandent à la ministre du Portefeuille de prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux retards, assurer le suivi des opérations et garantir que les ressources issues de la liquidation contribuent effectivement au règlement des obligations de l’entreprise.

Pour les anciens agents et cadres des LAC-Sarl, l’enjeu dépasse désormais la seule gestion administrative d’une entreprise dissoute. Il concerne également la protection des droits sociaux, la prise en charge des retraités et des familles endeuillées, ainsi que la transparence dans la gestion du patrimoine public.

À ce stade, la correspondance ne précise pas si la ministre du Portefeuille a déjà répondu aux demandes formulées ni si une évaluation officielle du comité de liquidation a été engagée. Les suites réservées à cette démarche sont donc attendues par les anciens travailleurs, qui réclament un règlement rapide de leurs droits après douze années de procédure.


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