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vendredi 2 octobre 2026

Justice transitionnelle en RDC : le gouvernement appelle à passer aux actions concrètes

La République Démocratique du Congo veut donner une nouvelle impulsion à sa politique de justice transitionnelle. À l’ouverture de la deuxième réunion du cadre de concertation consacré à cette question, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a appelé les différents acteurs à passer des orientations aux actions concrètes, coordonnées et mesurables.

Pour le gouvernement, la justice transitionnelle ne doit pas se limiter à la réparation des préjudices du passé. Elle doit également contribuer à restaurer la confiance, renforcer la cohésion sociale, consolider l’État de droit et créer les conditions d’une paix durable.

Les travaux ont porté sur le renforcement de la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation du Kasaï Central, ainsi que sur l’accompagnement des victimes. Il est question de leur assurer écoute, protection et accompagnement psychosocial, juridique et socio-économique.

La médecine légale au cœur de la lutte contre l’impunité

Autre priorité retenue, c'est l’institutionnalisation de la médecine légale en RDC. Selon Samuel Mbemba, cet outil est essentiel pour documenter les violations graves, identifier les victimes, établir les responsabilités et préserver les éléments de preuve.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective associant institutions nationales, partenaires internationaux, société civile et, surtout, victimes et communautés concernées.

Il a également remercié les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement, avant d’appeler à des propositions susceptibles de déboucher sur des actions concrètes au bénéfice des victimes et de la consolidation de la paix.

Le BCNUDH plaide pour une meilleure coordination

Patrice Vahard, directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, a salué les avancées enregistrées ces dernières années, notamment l’adoption de la politique nationale de justice transitionnelle et la mise en place progressive de mécanismes tels que le FONAREV et le FRIVAO.

Il a toutefois relevé plusieurs défis, notamment la fragmentation des interventions, les capacités encore limitées de la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation, la protection des victimes et des témoins ainsi que le faible développement des capacités médico-légales nationales.

Pour le responsable onusien, trois priorités doivent retenir l’attention : renforcer la Commission provinciale du Kasaï Central, développer les capacités nationales en médecine légale et mieux articuler la justice transitionnelle avec les processus de dialogue et de paix, les processus de Washington et de Doha.

Il estime que la justice transitionnelle doit contribuer à restaurer la confiance entre les communautés, renforcer la légitimité des institutions et prévenir la répétition des violences.

Belgique et Union européenne réaffirment leur soutien

La conseillère politique près l’ambassade de Belgique en RDC, Griet Gregoir, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la justice transitionnelle et de la lutte contre l’impunité.

Elle a souligné l’importance du rôle des acteurs congolais, de la société civile et des associations de victimes dans la conduite de ce processus. La Belgique entend poursuivre son accompagnement du gouvernement congolais, notamment à travers son soutien au Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et à ses partenaires.

De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Carpenter, a insisté sur les principes de vérité, justice, réparation et garanties de non-répétition, avec les victimes au centre du processus.

Il a cité plusieurs avancées institutionnelles enregistrées depuis 2020, notamment l’adoption de la loi 22/065, la création du FONAREV, la mise en place de la CIA-VAR et l’adoption de la politique nationale de justice transitionnelle.

Le Kasaï Central présenté comme une expérience à consolider

L’expérience du Kasaï Central a occupé une place importante dans les interventions. Douglas Carpenter, qui revenait d’une mission de plusieurs jours à Kananga et Tshikapa, a présenté la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation comme une expérience illustrant l’intérêt d’une approche territorialisée, proche des communautés.

Il a appelé à un appui financier conséquent du gouvernement pour permettre à cette commission d’entrer pleinement dans sa phase opérationnelle, avec le concours des partenaires techniques et financiers.

Pour les différents intervenants, la consolidation de la justice transitionnelle en RDC passe désormais par une meilleure articulation entre institutions publiques, mécanismes judiciaires et non judiciaires, société civile, associations de victimes et partenaires internationaux.

L’objectif affiché est de transformer les engagements institutionnels en résultats concrets pour les victimes, tout en faisant de la vérité, de la justice, de la réparation et de la non-répétition des violences des leviers de consolidation de la paix en RDC.


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