La
Présidence de la République a lancé, vendredi 9 octobre 2026, la deuxième édition
du Baromètre national du climat des affaires (BNCA). Cette nouvelle enquête
doit actualiser le diagnostic établi en 2023, mesurer l’évolution de la
perception des entreprises et contribuer à l’élaboration d’un plan stratégique
destiné à renforcer l’attractivité de l’économie congolaise. Les organisations
patronales sont appelées à mobiliser leurs membres pour garantir une
participation large et représentative du secteur privé.
Anthony
Nkinzo Kamole préside la réunion de lancement
Le
Directeur de Cabinet du Président de la République, Anthony Nkinzo Kamole, a
présidé, le 8 octobre 2026, au Palais de la Nation, à Kinshasa, la réunion de
lancement de la deuxième édition du Baromètre national du climat des affaires.
La rencontre s’est tenue en présence de plusieurs organisations représentatives
du secteur privé, notamment la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la
Confédération des petites et moyennes entreprises congolaises (COPEMECO),
l’Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP) et le réseau
d’affaires Makutano.
Cette
initiative fait suite aux orientations formulées par le Chef de l’État lors de
la 99ème réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 25 septembre
2026. À cette occasion, Félix-Antoine Tshisekedi avait instruit son Cabinet, à
travers la Cellule Climat des Affaires, de lancer cette deuxième édition en
veillant à assurer une participation suffisamment représentative des opérateurs
économiques.
L’objectif
est de disposer de données actualisées sur les réalités auxquelles sont
confrontées les entreprises en République Démocratique du Congo, mais également
d’identifier les obstacles qui continuent de freiner l’investissement privé.
Un
diagnostic actualisé après trois ans
Dans
son intervention, Anthony Nkinzo Kamole a rappelé l’importance du BNCA dans le
processus de transformation structurelle de l’économie congolaise. Cet outil
doit contribuer à l’élaboration du Plan stratégique climat des affaires pour la
transformation structurelle de l’économie, dont les travaux ont été lancés par
le Président de la République lors d’une réunion de haut niveau, le 20 mars
2025.
Interrogé
sur les raisons de ce lancement trois ans après la première édition, le
Coordonnateur de la Cellule Climat des Affaires, Rock Bashala Kubindia, a
expliqué que le contexte électoral, postélectoral et sécuritaire n’avait pas
permis de poursuivre rapidement le processus.
Il a
toutefois souligné que les orientations du Chef de l’État avaient été
réaffirmées, notamment lors de la dernière réunion du Conseil des ministres,
permettant désormais d’engager cette nouvelle phase.
La
deuxième édition poursuit ainsi un double objectif : actualiser le diagnostic
du climat des affaires en RDC et fournir des données essentielles à la
préparation des réformes destinées à améliorer l’environnement économique.
À la
suite de l’arrêt du rapport Doing Business de la Banque mondiale, la RDC s’est
dotée de son propre instrument d’évaluation du climat des affaires, fondé sur
la perception des opérateurs économiques et adapté aux réalités nationales.
La
première édition, réalisée en 2023 auprès de 403 entreprises, avait enregistré
un score global de 37 sur 100. Dans le détail, le score relatif à
l’environnement des affaires s’élevait à 35 sur 100, celui de la conjoncture
économique à 53 sur 100 et celui des sujets d’actualité à 37 sur 100.
La
nouvelle enquête devra permettre de mesurer l’évolution de ces perceptions,
d’évaluer les effets des réformes entreprises et de relever les contraintes qui
demeurent.
Le
secteur privé appelé à participer massivement
Pour
garantir la fiabilité des résultats, le Directeur de Cabinet du Président de la
République a insisté sur la nécessité d’une participation large des
entreprises, tant sur le plan sectoriel que territorial.
Les
organisations professionnelles présentes sont ainsi appelées à relayer le
questionnaire auprès de leurs membres, en s’appuyant notamment sur leurs
représentations provinciales et sectorielles. Cette mobilisation doit permettre
de recueillir les préoccupations d’entreprises de différentes tailles et issues
de secteurs d’activité variés.
Le
président national de la Fédération des entreprises du Congo, Robert Malumba, a
salué le lancement de cette deuxième édition, estimant qu’elle était attendue
par le secteur privé.
« La
première édition était en 2023. Aujourd’hui, presque trois ans passés, nous
devons nous rencontrer pour évaluer tout ce qui s’était décidé dans la première
édition, si les choses ont évolué ou n’ont pas évolué », a-t-il déclaré,
qualifiant cette nouvelle édition d’« évaluation ».
Pour
le responsable de la FEC, l’enjeu est également de dépasser les engagements
théoriques afin de s’assurer que les décisions prises se traduisent
effectivement par des changements sur le terrain.
«
Nous allons évaluer tout ce qui était décidé dans la première édition pour
qu’on ne reste pas seulement dans la théorie, de façon que ce que nous
décidons, ça doit être mis en pratique », a-t-il insisté.
Robert
Malumba a, par ailleurs, lancé un appel à l’ensemble des opérateurs économiques
établis en RDC, les invitant à prendre part à l’enquête et à exprimer leurs
difficultés ainsi que leurs préoccupations.
Selon
lui, cette participation est indispensable pour permettre une évaluation
concrète de l’environnement des affaires et orienter les prochaines décisions.
Une
enquête en ligne prévue sur trois à quatre semaines
La
collecte des données démarre le 8 octobre 2026 à travers un questionnaire en
ligne, dont le lien doit être mis à la disposition des entreprises par le
cabinet consultant retenu pour accompagner la Cellule Climat des Affaires.
D’après
Rock Bashala Kubindia, la durée envisagée pour cette phase est de trois à
quatre semaines, en fonction notamment de la rapidité et du niveau de
participation des entreprises.
À
l’issue de la collecte, les contributions seront analysées afin de produire un
rapport permettant de dresser un état actualisé du climat des affaires en RDC.
Les conclusions de cette enquête devront ensuite alimenter les travaux
d’élaboration du Plan stratégique climat des affaires.
Une
campagne d’information est également prévue du 8 octobre au 6 novembre 2026, à
travers les réseaux sociaux de la Cellule Climat des Affaires, ainsi que les
médias audiovisuels et la presse écrite.
La
Cellule invite toutes les entreprises formelles, indépendamment de leur taille,
de leur secteur d’activité ou de leur province d’implantation, à répondre au
questionnaire.
Vers
des réformes prioritaires et un dialogue public-privé
Au-delà
de la collecte des perceptions, le BNCA doit contribuer à la définition d’un
cadre cohérent de réformes visant à lever les obstacles persistants à
l’investissement privé et à renforcer l’attractivité de l’économie congolaise.
Le
Plan stratégique climat des affaires ambitionne notamment d’accompagner le
passage d’une économie de rente à une économie diversifiée, capable de générer
davantage de valeur ajoutée et d’emplois.
Les
contraintes identifiées à travers l’enquête devront servir à déterminer les
réformes prioritaires, en cohérence avec le Programme d’action du Gouvernement
2024-2028.
Les
conclusions du baromètre doivent également nourrir un dialogue public-privé que
le Président de la République entend présider personnellement. Ce cadre
d’échanges devra permettre de confronter les préoccupations des entreprises aux
engagements des pouvoirs publics et de favoriser la mise en œuvre effective des
réformes.
Pour
les autorités comme pour les organisations patronales, la réussite de cette
deuxième édition dépendra donc de la capacité des opérateurs économiques à
participer activement à l’enquête et à faire remonter leurs difficultés
réelles. L’enjeu est de transformer les résultats du baromètre en mesures
concrètes, susceptibles d’améliorer durablement les conditions d’exercice des
activités économiques en République Démocratique du Congo.
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